C'est donc le tracé au sud de l'A9 qui a les faveurs des élus du Bassin, tous bords confondus. "Dès 2000, il avait fait l'unanimité, étant déclaré projet d'intérêt général, rappelle Francis Veaute. Et il est inscrit depuis sur tous les documents d'urbanisme. J'en appelle à votre soutien", a lancé en conclusion le maire de Gigean, dont la commune serait la plus impactée par le tracé nord...
"Il faut qu'on se mobilise", a déclaré François Commeinhes, qui a demandé à ce que Thau agglo entre dans le comité de pilotage. "Il faut qu'on soit rassemblés autour de Francis Veaute, a renchéri Pierre Bouldoire, en accusant RFF, de privilégier le tracé nord parce qu'il est un peu moins cher. Mais ce sont des économies de bouts de chandelle ridicules par rapport à l'ensemble de la LGV".
Tout autant que la course contre la montre pour réaliser la LGV, le bras de fer semble bel et bien engagé entre l'agglo et RFF.
Véritable serpent de mer, la LGV (Ligne à grande vitesse) Montpellier-Perpignan est réapparue dans les radars médiatiques voici un an. En juin 2013, elle avait été repoussée à 2030. Mais six mois plus tard, le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, l’avait remise sur le tapis. Il faut dire que l’Europe s’est entre-temps engagée à financer à hauteur de 40 % neuf grands corridors, dont celui reliant la France à l’Espagne.
Avec 52 M€ d’argent public investis d’ici 2015 pour la ligne Montpellier-Perpignan. En juin dernier, le préfet de Région avait martelé qu’elle se fera. Réunis au début du mois à Gérone, les maires et présidents d’agglos français et espagnols ont exhorté le gouvernement français à s’engager à mettre en service la ligne nouvelle d’ici 2020. Le tracé définitif, ainsi que l’emplacement des nouvelles gares (Montpellier, Narbonne, Béziers), doivent être décidés d’ici juin 2015.
Mais dans son dernier rapport, la Cour des Comptes dénonce le forcing de RFF et SNCF, remettant en cause les LGV en raison de leur coût et d’estimations de rentabilité qu’elle juge surévaluées.
"J'en appelle à votre soutien"
NdR:
Il semblerait que :
"D'après cet article de Midi Libre, l’Europe se serait engagée à financer à hauteur de 40 % neuf grands corridors, dont celui reliant la France à l’Espagne !
Mais Michael Cramer (député européen, Président de la Commission des transports et du tourisme au Parlement européen) aurait déclaré « Je n'ai jamais vu un projet être financé à hauteur de 40% par l'Union européenne, renchérit Michaël Cramer, eurodéputé allemand (les Verts). Parmi les derniers exemples, la ligne traversant Vienne : 3% du montant a été payé par l'UE. Et pour Stuttgart-Ulm : 12 à 14% (les deux ouvrages font partie de la ligne grande vitesse est européenne, Paris-Bratislava, ndlr). C'est complètement fou. Si l'Union européenne payait 40% du tunnel, elle n'aurait quasiment plus les capacités de financer les autres projets. Or le Lyon-Turin n'est pas le seul projet pharaonique »
Bruxelles a en effet identifié quatre grands projets transfrontaliers prioritaires : le tunnel de base du Brenner (entre l'Italie et l'Autriche, rail), la ceinture de Fehmarn (entre l'Allemagne et le Danemark, rail et route), le canal Seine Nord Europe (entre la France et la Belgique, fluvial) et le rail Baltique (entre l'Estonie et la Pologne, rail)."