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le patronage de bourreaux donne à l' union nationale un goût amer .

OUI,
Bien sûr,
J'emmerde les intégristes de tous bords,
Et j'emmerde aussi les pseudo-remparts fachos qui ne valent pas mieux,
MAIS,
J'emmerde AUSSI les Sarkollande et Valsuppé qui ont tué Rémi Fraisse et
plusieurs de mes soeurs et frères anonymes de toutes les couleurs,
Qui raflent les Roms et détruisent leurs maisons de fortune et leurs
affaires personnelles,
Ces tyrans en cravates et limousines qui se servent cette semaine de la
mort de mes confrères de Charlie
Pour justifier leurs lois sécuritaires, inégalitaires, destructrices et
répressives au service du capitalisme débridé,
Ces clones du PASOK et de Nea Demokratia qui ont mis à genoux des millions
de personnes martyrisées en Grèce
Et qui provoquent avec leurs copains du PSOE et du PP l'expulsion et le
suicide de milliers de familles désemparées en Espagne,
Alors,
NON ! NON, CEST NON !
Même à la mémoire de mon ami Tignous,
Je ne manifeste pas avec ces gens-là,
Qui sont tous, en réalité, derrière les mots, des ennemis de la liberté et de légalité
Et qui sont également des intégristes assassins,
Des intégristes du Dieu Argent.
NON !
JE NE MANIFESTE PAS AVEC LE PS ET L'UMP !

Je ne manifeste qu'avec les amoureux de la liberté et de légalité,
Pas avec leurs ennemis,
Pas avec les assassins de Rémi Fraisse,
Pas avec les rafleurs de Roms,
Pas avec les bourreaux des Grecs et des Espagnols en lutte.
J'emmerde les intégristes,
J'emmerde le Front National,
Mais j'emmerde aussi le PS, dont Thierry Carcenac, le président du Conseil
Général du Tarn,
Vient dannoncer sa candidature à la même fonction, avec le soutien de son
parti, malgré la mort retentissante de Rémi.
Et j'emmerde l'UMP, qui servira sans vergogne de marche-pied, le moment venu,
Pour donner le pouvoir à Marine Le Pen, en échange de strapontins.
On ne transige pas avec ces gens-là :
INTÉGRISTES DE LA RELIGION, DE LA NATION OU DE L'ARGENT.
On ne manifeste pas aux côtés des uns contre les autres.
On les combat tous.
Car ils se servent les uns des autres
Pour nous écraser,
Pour nous empêcher de changer ce monde.
REFUSONS DE MANIFESTER AVEC EUX.
Dégageons-les.
Partout.
Yannis Youlountas
http://zimbra.aliceadsl.fr/service/home/~/?auth=co&id=326202&part=2.2
TROIS BOURREAUX DU PEUPLE PALESTINIEN A PARIS LE 11 JANVIER :
QUELLE HONTE !

 
Benjamin Nétanyahou, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett représenteront le 11 janvier l’Etat d’Israël à la grande manifestation européenne de riposte aux fusillades contre Charlie Hebdo et contre le magasin casher à Paris. Ces trois personnages sont des criminels de guerre qui relèvent de la Cour Pénale Internationale pour les meurtres de masse commis à Gaza et ailleurs.
 
Ce sont trois sinistres artisans de la volonté d’Israël d’écraser le peuple palestinien : Nétanyahou, le dirigeant des massacres à Gaza, Lieberman et Bennett, deux ministres colons, l’un prévoit l’expulsion de tous les Palestiniens, y compris ceux qui vivent en Israël et l’autre se vante d’avoir tué des Palestiniens.
 
Ce qui est tout aussi grave, c’est la signification que leur présence confirme, concernant la nature de cette manifestation.
 
C’est pourquoi nous exhortons les diverses associations  amies du peuple palestinien qui comptent se rendre à cette manifestation à reconsidérer leur décision.
 
La manifestation devait être soi-disant « d’unité nationale » contre le terrorisme et pour la liberté d’expression.
Elle sera en réalité une représentation des « valeurs du monde civilisé occidental » contre les « menaces terroristes du monde arabo-musulman », une manifestation bien dans la tonalité du « choc des civilisations » qui d’après nos gouvernants, même quand ils se défendent de diffuser ce point de vue, régit le monde actuel.

En fin de compte tous ceux qui souhaitaient manifester demain leur solidarité avec les victimes  de ces terribles attentats  et pensaient  sincèrement  montrer une société française unie contre le crime, se sont fait confisquer leur  manifestation par les organisateurs autoproclamés d’une grande messe de « l’Axe du Bien » : le gouvernement, ses amis et tous ses concurrents de droite – hormis le Front National, dont  l’idéologie n'a nul besoin d'invitation pour prospérer. Les grands alliés internationaux seront présents :  ces mêmes  représentants d’État dont les politiques contre les peuples ont permis l’apparition du terrorisme djihadiste, les courants islamophobes, les amis de l’État d’Israël et bien sûr les représentants de cet État.
Quant aux populations dangereuses, postcoloniales, jeunes, éventuellement  porteuses de signes ostentatoires  musulmans, elles subiront  le dispositif de contrôle renforcé dans la période qui s’ouvre. Nous ne pouvons oublier  qu’à tous ceux-là les manifestations de solidarité et la liberté d’expression ont été interdites, l’été dernier,  pendant l'opération « Bordure de protection » menée contre Gaza  par les trois invités israéliens de demain.
 
Les représentants d’Israël ont commencé à faire de grands appels à la population juive française, soi-disant victime d’un déferlement antisémite sans précédent, pour qu’elle émigre en Israël, pays « de grande liberté ». Une fois de plus, les dirigeants israéliens mettent sciemment en danger les Juifs français par la peur et l’incitation au départ.


Le Bureau National de l’UJFP le 11 janvier 2015 

http://zimbra.aliceadsl.fr/service/home/~/?auth=co&id=326125&part=1.2.2Unanimité des hommages à « Charlie » : un « contre-sens » ?
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/10/unanimite-des-hommages-a-charlie-un-contre-sens_4553578_3224.html
 
 
Nous sommes Charlie.

A la veille des hommages œcuméniques rendus aux victimes de Charlie Hebdo, et alors que les Français se rassemblent déjà un peu partout en France, certains dessinateurs et journalistes de l'hebdomadaire satirique ont exprimé leur surprise face à un tel engouement. Des manifestations de soutien qui peuvent sonner étrangement, envers un journal qui a toujours cultivé l'irrévérence et l'art de ne pas se faire que des amis.

« Ils ont fait sonner les cloches de Notre-Dame pour Charlie, non mais on rêve ! », s'exclamait vendredi Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, pour souligner l'ironie de la situation d'un journal anticlérical célébré unanimement, jusque dans la plus célèbre cathédrale parisienne.

« UN JOURNAL QUI A ÉTÉ CONSPUÉ PAR TOUT LE MONDE »

Plusieurs membres de la rédaction ont reçu avec un peu d'amertume ces marques de solidarité envers un journal que peu soutenaient encore il y a quelques jours. Parmi eux, la rédactrice Zineb El Rhazoui, qui expliquait au Monde :

« J'aurais aimé que ceux qui sont morts bénéficient d'un tel soutien de leur vivant. Et ce n'était pas du tout le cas. 'Charlie Hebdo' est un journal qui a été conspué par tout le monde. Et ce qui est arrivé, on pouvait s'y attendre. On recevait des menaces tout le temps et certains nous disaient qu'on l'avait bien cherché… »

D'autres n'iront carrément pas manifester, à l'image de Laurent Léger, journaliste enquête et investigation de Charlie Hebdo

« Je n'irai pas à la manifestation de dimanche mais je crois que suis le seul de l'équipe de 'Charlie Hebdo' à avoir fait ce choix. Je n'aime pas manifester en général, je pense que 'Charlie Hebdo' peut être absent d'un cortège où il y aura des politiques de tous bords et au sujet duquel il y a eu une polémique avec le FN. Pour autant, je trouve que le mouvement de soutien actuel est formidable et j'espère qu'il y aura beaucoup de monde à manifester dimanche. »

Vidéo suggérée sur le même sujet

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    Manifestation à Paris : "des mesures exceptionnelles" de sécurité

    Bernard Cazeneuve a affirmé samedi que des " mesures exceptionnelles " de sécurité seront prises pour encadrer la manifestation parisienne : plus de 5 500 policiers et militaires seront mobilisés dimanche à Paris et son agglomération. Le ministre de l'intérieur a également annoncé que " le plan vigipirate sera maintenu au niveau alerte attentat en Ile-de-France " pour protéger les sites sensibles. Pour ce faire, " 2000 policiers et 1350 militaires seront mobilisés "

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    0:0

'Charlie Hebdo' a toujours été à part. Maintenant 'Charlie Hebdo' devient mainstream. On s'institutionnalise, pour une semaine ou deux. C'est nouveau. Mais c'est un passage obligé, je ne suis pas contre cela. Et je sais que dans quelques semaines, une actualité en aura chassé une autre et nous serons seuls. (...) On est un peu dépassés : ce n'est pas que pour 'Charlie' que les gens vont défiler. Ça se comprend. »

« NOUS VOMISSONS SUR TOUS CES GENS QUI, SUBITEMENT, DISENT ÊTRE NOS AMIS »

Dans Les Inrocks, le dessinateur Luz, rescapé de l'attentat du 7 janvier, estime de son côté que « la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé ». Il ajoute :

« C'est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de 'Charlie'. (...) Cet unanimisme est utile à Hollande pour ressouder la nation. Il est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort.
On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabu, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d'attitude. »

Le dessinateur néerlandais Willem, de son vrai nom Bernard Holtrop, a eu les mots les plus durs dans Le Point. Réagissant au soutien du chef de file de l'extrême droite néerlandaise Geert Wilders, il s'est exclamé : « Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis. »

Et pour ce qui est du soutien mondial à son journal :

« Ils n'ont jamais vu 'Charlie Hebd'o. Il y a quelques années, des milliers de gens sont descendus dans les rues au Pakistan pour manifester contre 'Charlie Hebdo'. Ils ne savaient pas ce que c'était.
Maintenant, c'est le contraire, mais si les gens manifestent pour défendre le libre mot, c'est naturellement une bonne chose. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/10/unanimite-des-hommages-a-charlie-un-contre-sens_4553578_3224.html#8cgZL1WZE3w1Gbmm.99

 

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Je suis l’Ouest

on 11 Gennaio 2015.

http://commonware.org/index.php/cloe/543-je-suis-ouest-fr

Entretien à MIGUEL MELLINO - de ANNA CURCIO

Cette conversation nait d’un malaise, d’une condition de dépaysement face aux analyses qui circulent, même à l’intérieur du mouvement, sur ce qui est arrivé à Paris. Se concentrer sur la liberté d’expression ou sur la nécessité de mettre un frein à l’islamophobie me semble plutôt faible, limité, en tout cas insatisfaisant. Ce n’est cependant pas mon ici intention de produire une évaluation ou un jugement de valeur sur les faits. En simplifiant, nous pourrions dire qu’il s’agit d’une action contraire à la construction de parcours de libération – dans une guerre où il ne s’agit ni d’un choc des civilisations, ni d’une opposition anti-impérialiste aux intérêts impérialistes, mais plutôt de l’affrontement de différentes formes d’oppression et d’exploitation interne à la civilisation capitaliste même. Dans cette perspective, ce qui nous intéresse, c’est surtout de réfléchir sur les généalogies de cette guerre et sur les refoulements qui l’accompagnent. Quel est ton point de vue à cet égard?

Je suis plutôt d’accord. Il est clair qu’il s’agit d’un affrontement interne à la civilisation capitaliste. Nous n’avons pas affaire à un clash de civilisations – les civilisations comme entités réifiées n’existent pas – et ici il n’y a pas deux factions dont l’une est nécessairement meilleure que l’autre. Elles expriment toutes les deux la même chose. Mais je crois qu’il faudrait commencer à raisonner à partir du peu que l’on connait. Et la première chose que je dirais c’est que ce sont des français qui ont accompli ces actes. Des personnes nées en France et ayant grandies en banlieue. La première question que nous devons nous poser est donc la suivante : pourquoi des jeunes français, nés et ayant grandis dans la culture métropolitaine des banlieues parisiennes – lesquelles sont un reflet important de la culture métisse européenne – ont-elles ressenti le besoin d’aller en Syrie intégrer une organisation politico-militaire islamique afin de lutter contre Assad pour ensuite rentrer en France et faire ce qu’ils ont fait ? Il me semble que c’est la question de départ. Qu’est-il en train de se passer ? Pourquoi y a-t-il ce besoin ? Il est inutile d’aller chercher – comme beaucoup de monde l’a fait ces derniers jours – la réponse du côté des agissements de Paris en Moyen-Orient ou dans les pays musulmans. C’est à partir de l’Europe qu’il faut commencer à se poser la question. Qu’est-il en train de se passer en Europe ? Nous devons interroger sérieusement cette Europe. Ce n’est pas la première fois que de telles choses se passent. Des épisodes analogues se sont déroulés pendant la guerre en Irak ou après l’attentat contre les Twin Towers de 2001. En Angleterre, par exemple, beaucoup de jeunes qui ne sont pas d’origine anglaise ou musulmane, ont à un moment donné ressenti le besoin de combattre contre l’Angleterre et ils ont planifié plusieurs actions. Il y a le cas fameux de Richard Reid, anglais d’origine caribéenne, qui a décidé de se remplir de T.N.T. et de faire exploser un avion. Au final, son opération était tellement grotesque qu’il s’est fait arrêter. Mais je vois la répétition d’une situation : ça c’est sûr. Et la question à partir de laquelle il faut raisonner c’est : qu’est-ce qui arrive ? Pourquoi ce besoin nait-il ? Evidemment nous pouvons partir du fait que la plus grande partie des sujets postcoloniaux (je n’emploie pas cette expression parce qu’elle est à la mode, mais comme définition pratique pour comprendre les migrants, les postmigrants, bref : les sujets et les groupes qui, d’une manière ou d’une autre, renvoient aux migrations et au colonialisme) a fait l’expérience, dès l’Après-guerre, mais surtout pendant les dernières 30 années avec le développement du néolibéralisme, d’un racisme qui, sur le territoire européen, est devenu une véritable composante structurelle, et cela même davantage qu’auparavant. Cette composante structurelle du racisme est consubstantielle à l’idée même de République à la française. On peut dire que la République constitue le nom de la Whiteness en France. Et quand je dis ici racisme je parle d’un régime d’exploitation matérielle. Je ne suis pas simplement en train de parler de discriminations ou de préjugés, comme dans le langage courant.

Il faut donc se tourner vers le racisme structurel qui marque l’histoire entière de l’Europe…

Je partirais sans doute du fait qu’en Europe, et peut-être même à l’intérieur des mouvements, il n’y a pas de réponse “à la hauteur” du problème du racisme que beaucoup de groupes et de sujets (des communautés) ressentent comme faisant partie de leur exploitation et de marginalisation. Un racisme qui est véritablement intégral, pour employer de façon paradoxale le langage de Fanon. Qui a été à Paris ou à Londres dernièrement sait qu’il s’agit de villes militarisées, où il y a un contrôle et une répression de tout ce qui “à l’air” arabe, musulman, noir ou ce qu’un certain discours colonial mainstream, qui s’est fait Etat et culture, entend par non-européen. Il y a une pression très forte de la part de ce qu’Althusser nommait “les Appareils Idéologiques d’Etat”, dans ce cas l’armée et les forces de police, sur une large partie de la population qui est considérée comme ennemie, si tu veux même ennemie de classe, car le racisme ne fait que produire des nouvelles formes de classisme. Paris c’est une ville hautement militarisée. Il y a des troupes qui se déplacent dans les aéroports, dans les gares ou dans les rues des banlieues et qui contrôlent tous ceux qui « ont l’air » arabes ou algériens, ce qui qui renvoie à de vielles questions irrésolues du pays. Et qui nous rappelle l’état d’exception permanent dans lequel vit une partie de la population métropolitaine. Il est plutôt humiliant de constater ce qui se passe pour des personnes qui marchent tranquillement dans les temples de la consommation, des touristes insouciants, ou de gens qui vont travailler ou prendre un café. Ça m’a rappelé ce qui se passe en Amérique Latine, où ceux que nous pourrions définir comme les jeunes des « barrios » les plus pauvres et les plus périphériques, les jeunes des favelas, plus foncés que la population moyenne, sont agressés en continuation par les forces de l’ordre. Je chercherais donc à partir d’ici, du fait que nous n’avons pas bien affronté cette question. Racisme et antiracisme occupent-ils une place proéminente dans notre agenda politique et théorique, dans l’agenda des mouvements ou de ceux qui s’engagent dans un certain type de luttes en Europe ? Avons-nous dit quelque chose de prégnant sur ce sujet ? Et pourtant à Londres, il y a trois ans, nous avons assisté à d’importantes émeutes ; à Paris aussi, de telles choses s’étaient déjà passées. Pensons à ce qui s’est récemment passé à Stockholm ou à d’autres situations semblables. La question du racisme qui marque à un niveau matériel et symbolique l’espace métropolitain européen relève clairement de quelque chose comme un refoulement colonial, au sens de quelque chose de constitutif de l’histoire et du capitalisme européen, et cela revient aujourd’hui sous des formes grotesques, monstrueuses.

Je dirais que c’est surtout la réaction que suscitent de tels épisodes qui nous montre de manière évidente l’existence d’un refoulement. Comme tu le disais, les legs de l’expérience coloniale et le rôle du racisme dans l’organisation et la réorganisation des rapports sociaux et des rapports de production, autrefois dans les colonies, aujourd’hui en Europe, jusqu’à aujourd’hui, constituent des choses que nous ne pouvons pas ignorer, mais qui ne reçoivent pas toujours la place qu’elles méritent dans nos analyses. Souvent, quand on aborde la thématique du colonialisme et de ses conséquences, et quand on parle d’un refoulement colonial européen, on reste sur un plan trop abstrait, sans pénétrer le cœur du problème, celui du racisme et de l’exploitation qui marquent l’entièreté de la narration européenne. Et l’on finit ainsi, comme tu disais, à ne pas être à même de se poser les bonnes questions…

Parler d’un refoulement colonial ne veut pas simplement dire que l’on n’a pas parlé, ou pas suffisamment parlé, de colonialisme, ou que les fautes n’ont pas été expiées. Refoulement colonial signifie ici ne pas avoir réglé ses comptes avec l’héritage matériel et symbolique du colonialisme en tant qu'éléments constitutifs de l'espace matériel européen contemporain, avec pour conséquence la hiérarchisation de la citoyenneté, qui prévoit ce qu’on désigne, aussi dans les mouvements sociaux, comme une « inclusion différentielle » de différents sujets, qui, avec le développement du néolibéralisme, a pris une tournure plus dure et sauvage. Cette hiérarchisation, que dans les mouvements sociaux aussi l’on appelle « inclusion différentielle » des sujets, prend une tournure toujours plus dure et sauvage avec le développement du néolibéralisme. C’est à ça qu’on se réfère quand on parle de refoulement du colonialisme et du racisme. Et pas simplement au fait que l’Europe doit faire un mea culpa sur quelque chose qui relèverait du passé. L’héritage colonial imprègne la constitution matérielle de l’Europe, exactement comme son ordre discursif, dont les modalités de gouvernance des migrations sont le symptôme principal. Colonialisme et racisme restent donc d’actualité. Capitalisme, racisme et colonialisme sont historiquement enchevêtrés, en profondeur, et engendrent des effets terribles sur une bonne partie de la population du monde. Il s’agit d’un système qui crée des effets différenciés, qui n’ont pas les mêmes répercussions pour tous, car il se fonde sur une distribution hiérarchisée des droits d’accès et des privilèges qui finissent par agir sur un espace social déjà hétérogène et parcouru par des différences (qui sont aussi revendiquées en tant que telles). C'est une chose qui pose pas mal de problèmes à tout le processus de fragmentation qui s’est déterminé dans les vingt dernières années avec la néolibéralisation et la financiarisation du capital. C’est à cela que nous avons affaire. On a beaucoup parlé de fragmentation et de décomposition hiérarchisée du travail comme dispositifs centraux dans la chaîne de commandement du capital global ; on a beaucoup moins parlé du rôle cardinal qu'a joué le racisme dans la construction de cet ordre. Il me semble que sur ce point, sur le rôle du racisme dans la hiérarchisation et la fragmentation de la société, on ne s'est pas suffisamment interrogé. Et c’est peut-être même pour cette raison que nous n'arrivons pas à parler à une certaine partie de la population européenne qui est potentiellement aujourd'hui l'un des sujets politiques les plus intéressants et antagonistes. C'est-à-dire que nous n’arrivons pas à attenidre, ou pas toujours, ceux qui vivent dans les banlieues, les communautés postmigrantes, etc. Je ne veux pas caricaturer, il y a naturellement des mouvements métropolitains métisses. Il y a certainement eu des exemples de dialogues allant dans cette direction, mais il reste le problème d'un manque de prise en compte effective de la question du racisme/antiracisme et du colonialisme dans notre compréhension du présent, afin d’élaborer une réponse politique plus efficace à la fragmentation sociale. La fameuse insurrection des banlieues de 2005 est sûrement un exemple de renversement du dispositif raciste. Elle a vu une composition que l’on pourrait qualifier de « multicolore », dans le sens où il n’y avait pas que des jeunes d’origine arabe, mais aussi des « français français », comme d’ailleurs dans les émeutes de Londre en 2011. Il n'y avait pas que les sujets postcoloniaux pour mettre les villes à feu et à sang, mais aussi de vastes secteurs de ce que nous pourrions désigner comme un prolétariat autochtone, qui, sous l’effet du néolibéralisme radical, a été englouti par cette racialisation progressive de la société. Le processus d’appauvrissement et de marginalisation finit par engloutir aussi des sujets qui ne sont pas noirs, arabes ou coloniaux. Il ne s’agit jamais de séparation totale, comme la pensée afro-américaine a su le mettre en évidence, parce que nous sommes tous dans une certaine mesure absorbés par ces processus.

L’autre thème que je voudrais aborder concerne la liberté d’expression, pivot historique du discours libéral. Il faudrait la soumettre à un regard critique. Comment peut-on imaginer la liberté d’expression liée aux seuls individus et non aux dimensions collectives, c’est-à-dire à la liberté pour qui et en vue de quoi ? La liberté d’expression est toujours liée aux normes et aux rapports de force existants dans une société. Qu’est-ce que tu en penses ?

Je trouve franchement ridicule tout ce qui est en train de se passer, surtout dans certaines composantes du mouvement. Comme si les discours élaborés dans les dernières vingt ou trente années n’avaient jamais existé. De quoi parlait Foucault quand il parlait de l'ordre du discours ? Pour le dire de manière ironique, si nous voulons mesurer le degré de liberté des sociétés européennes, nous devons considérer quelles choses peuvent s’exprimer et comment elles peuvent s’exprimer, et ce qui reste en dehors des règles qui organisent le champ du discours. L’effet le plus clair est celui auquel nous assistons ces jours-ci, car pour pouvoir dire quelque chose à propos de ce qui s’est passé à Paris il faut toujours commencer par une prémisse et des justifications : « nous sommes contre ces faits, des assassinats barbares, etc. », et ce n'est qu'après que nous pouvons parler. Cela te donne l’idée qu’il y a une pression très forte, fournie par l’ordre du discours, qui amène à nous réfugier derrière la liberté d’expression. A mon sens, le slogan « Je suis Charlie » équivaut à dire « je suis l’Ouest ». Je ne veux diaboliser personne, mais ce que je lis dans cette expression, c’est surtout : moi, je suis l’Occident, je suis les droits, je suis la liberté des femmes, la liberté de la presse. Je suis beaucoup de belles choses et nous sommes assiégés par les barbares.

Une prétention à l’universalisme ...

Un faux universalisme. C’est plutôt l’Europe qui, depuis plusieurs siècles, est en train de barbariser le monde, qui s’est construite et qui continue à se construire sur la barbarie. Mais quand tu barbarises, tu ne peux pas soudainement te vouloir immunisé contre cette chose. Tôt ou tard, tu en subiras les effets, même chez toi. Comme on vient de le dire, ce qu’on peut affirmer sur ce type d’organisation politico-militaire qui est à l’origine de ce qui est arrivé à Paris est qu’il s’agit d’un renversement à la Frankenstein, le monstre qui se retourne contre son créateur. Et l’exemple de la Syrie est très clair. Là-bas, des personnes qui sont nées en France ou en Europe ont été entraînées par l’Occident, par les Etats-Unis et la CIA en premier lieu, pour combattre Assad. Ils ont aussi été employés dans d’autres contextes, comme en Irak, Libye, Ethiopie, etc., sous la masque des révolutions colorées. Ensuite le monstre est devenu autonome. Quelque chose de semblable, même si c'est avec d’autres acteurs sociaux, s’est passé en Ukraine. Pour revenir à notre discours, nous ne pouvons pas considérer aujourd'hui qu’une grande partie de la population du monde arabe-islamique se sente en guerre, parce qu’elle subit des agressions de toute sorte depuis longtemps ; elle sent que les élites des Etats-Unis et de l’Europe lui ont déclaré la guerre afin de défendre les intérêts capitalistes. Et la liberté d’expression, dans un tel contexte, n’est pas d’abord ou simplement aseptique, mais traduit bel et bien une prise de position. Il est peut-être difficile depuis le centre de Paris de voir qu’une bonne partie du monde est en guerre, qu'elle vit quotidiennement la guerre, avec tout ce que cela comporte. Mutatis mutandis, c’est comme si pendant la guerre d’Algérie un journal satirique se moquait des coutumes du sous-prolétariat algérien : comment les Algériens en lutte auraient-ils auraient-ils réagi ? La satire devrait être une critique du pouvoir.

Pour conclure, en résumant, je voudrais souligner la centralité de la lutte contre le racisme, qui semble toujours plus urgente, et particulièrement dans cette phase de crise du néolibéralisme – les événements américains de ces derniers mois, avec les assassinats par la police de jeunes Noirs, nous parlent de ça. Toutefois, comme tu le disais, la lutte contre le racisme, au moins en Europe, n’est pas très consistante. D’où faudrait-il partir ?

Le néolibéralisme est un système de domination qui se base sur une conception raciste de l’humanité. Quand je regardais ce qui se passait à Paris, je me suis rappelé la biographie de Malcolm X, là où il raconte sa conversion à l’islam dans les prisons américaines comme un passage qui l’a conduit à une conception moins nationaliste et plus internationaliste. Il dit que l’islam a été une sorte de remède contre la violence raciste au quotidien, qui te nie, t’exclut, te marginalise, etc. C’est pour cela que je dis qu'il est intéressant de relire la littérature produite par le mouvement afro-américain pendant les années 1960, parce que je crois qu’aujourd’hui l’Europe se trouve dans une situation semblable, si tant est que l’on puisse faire des analogies entre ces deux contextes. Il est clair que dès qu’une hétérogénéisation de la population s’est produite en Europe, avec la prise de parole de ceux qui étaient arrivés, ce syndrome de l’insécurité et de l’agression raciste inhérente au colonialisme s'est déchaîné. Le syndrome de l’enclave – de la race blanche assiégée par les pauvres, les barbares – est partie prenante de l’actuel dispositif sécuritaire.

Pour moi, le point de départ reste l’inscription de l’antiracisme en tant que priorité sur l’agenda politique et théorique des mouvements. Commencer à réfléchir sérieusement sur la question, en ne la considérant pas comme un simple agrégat parmi d’autres choses. Il ne suffit plus d’ajouter la lutte antiraciste aux autres luttes. C’est d’ici qu’il faut partir si nous ne voulons pas rester renfermés et impuissant entre la destruction sociale du modèle néolibéral et raciste opérée par l’actuelle UE et les identitarismes néofascistes qu'elle produit et alimente nécessairement comme son autre spéculaire.

 

* Traduction de Davide Gallo Lassere.

Déclaration de La Commune, 10 janvier 2015 

 

Contre les barbares et contre « l’Union nationale »

Nous sommes aux côtés des travailleurs et des jeunes qui, par millions, expriment leur indignation face à la barbarie qui a exécuté des journalistes, des salariés, des êtres humains. Avec eux, nous rejetons cet acte ignoble perpétré contre la liberté d’expression. Inconditionnellement. Nous avons exprimé notre révulsion dès la première heure et notre colère est à la hauteur de ces heures tragiques.

Pour cette même raison – le rejet de cette barbarie – nous n’irons pas manifester avec les « grands de ce monde » à Paris dans « l’Unité nationale », sous l’égide de l’Union européenne.

Nous ne hurlerons pas avec les loups.

Nous ne communierons pas avec Valls, l’expulseur des Roms et des sans-papiers.

Nous ne défilerons pas derrière la « communauté » des chefs d’Etat ou leurs représentants, avec tous les fauteurs de guerre à travers la planète qui se sont donné rendez-vous à paris au nom de la « liberté d’expression ». On croit rêver !

Pas avec Hollande, Sarkozy et tous ces va-t-en guerre qui portent la plus lourde responsabilité dans la prolifération de ces monstres barbares sans foi ni loi, du fait  de leurs interventions impérialistes guerrières passées et présentes en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Côte d’Ivoire, au Mali, en Centrafrique, du fait  de leur soutien direct ou indirect aux massacres génocidaires perpétrés par l’Etat criminel d’Israël contre le peuple Palestinien, Etat qui sera représenté par Benjamin Netanyahu bourreau du Peuple Palestinien.

Pas avec ce gouvernement qui entend se servir de ce  climat de tension pour faire passer ses plans contre les hôpitaux, la médecine, les médecins et  la Sécurité Sociale. Qui entend continuer son offensive contre  les salaires et les effectifs, contre les salariés, contre les toutes catégories sociales confondues de ce pays, contre les chômeurs et les jeunes.

Pas avec ce gouvernement qui, dans la continuité de ceux que l’ont précédé, attaque les immigrés, distille l’islamophobie au fil des déclarations à peine équivoques, paternalistes de type colonial, au fil des lois antilaïques qui entravent la liberté de croyance individuelle.

Pas avec Rajoy, Premier ministre de l’Etat espagnol, geôlier des peuples catalan, basque, galicien… qui vient d’engager un procès contre la liberté d’expression contre notre camarade Aurore Martin et 36 autres inculpés à Madrid, un Rajoy qui se refuse à engager un processus de négociation visant à la paix au Pays basque, paix à laquelle aspire pourtant l’écrasante majorité de la population et ses organisations.

Pas avec Poutine, le despote ex-KGB aux mains rouges du sang des peuples Tatars, Tchétchènes et fauteur de guerre contre le peuple Ukrainien, un Poutine ennemi juré, dans les pas de Staline, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Pas avec Erdogan, le dictateur turc, qui menace en ce moment même un caricaturiste turc de prison et qui entretient les relations les plus sales avec l’Etat islamique en Syrie contre le peuple kurde qui lutte pour sa survie.

Pas avec tous ces brigands impérialistes qui bombardent, pillent, asphyxient et tuent, partout dans le monde,  et créent ainsi des monstres aussi inhumains qu’obscurantistes, des Frankenstein dont ils sont les créateurs honteux, en Syrie avec l’Etat islamique ou en France même, comme on vient de le subir.

Le combat contre la barbarie ne se divise pas. Entre les barbares « civilisés » et les barbares « sauvages », nous ne choisissons pas. Pire, les premiers sont les responsables politiques de l’existence des seconds qui ne sont rien d’autre que leurs rejetons monstrueux qui balbutient quelques minables et indigents oripeaux qu’ils veulent idéologiques. Ces trois meurtriers racistes et antisémites sont de la même veine que les minables voyous qui ont attaqué un jeune couple au prétexte que « vous êtes juifs, donc vous avez de l’argent » La bêtise abyssale. Et la bêtise qui tue. Mais tous, « civilisés » ou pas, ils sont les ennemis de la liberté. On ne peut combattre les uns sans combattre les autres.

Hollande-Valls ont la bouche emplie de l’appel à l’unité pour nos « valeurs républicaines communes  et la République » Mais de quelles valeurs républicaines communes parlent-ils ? De celles de leurs amis et frères politiques tel Cahuzac, minable voleur et menteur ? De celles de ces députés qui s’émancipent de payer les impôts ? De tous ces copains et coquins qui multiplient scandales sur scandales et ont une fâcheuse tendance à confondre les derniers publics et leur portefeuille ? On en rirait si l’heure n’était pas si tragique.

De quelle République parlent-ils ? De celle des massacres de Setif et Guelma, de Madagascar ? Ah, c’est trop loin ? De celle qui matraque et jette à la Seine des centaines d’Algériens, de celle de Charonne ? Ah, encore trop loin ? De celle qui bombarde la Lybie, l’Afghanistan, le Mali, sur tous les coins de la planète ? Au nom de la « civilisation » ? Et qui plonge chaque jour un peu plus le monde dans la misère et la désolation.  Et c’est avec tous ces gens, ces chiens de guerre qu’on veut nous faire défiler ? Sans nous.

Quant à la liberté d’expression, les mêmes la répriment, en interdisant les manifestations qui les dérangent, en embastillant des manifestants arrêtés au hasard, en gazant les cheminots en grève rassemblés pacifiquement, en matraquant des lycéens en grève contre les expulsions de leurs camarades sans-papiers. Et il y aura aussi des représentants fort civilisés des Etats-Unis, où il ne fait pas bon être noir par les temps qui courent…

Toute cette hypocrisie gluante, nauséabonde fait le lit de Marine Le Pen, invitée spéciale de François Hollande, qui nous jurait, lui et les siens, qu’elle était le diable en personne.

Nous partageons l’indignation des millions d’êtres humains révulsés par les assassinats perpétrés par  ces individus sans conscience,  qu’aucune idéologie ne saurait justifier. Nous le répétons : nous sommes aux côtés des opprimés et exploités qui rejettent avec colère et dégoût de tels actes de folie meurtrière.

Mais nous ne sommes ni ne serons jamais aux côtés des ennemis des travailleurs. D’ailleurs, quelle aubaine que cette tuerie ignoble pour un Hollande qui est pourtant arrivé à un point de discrédit sans précédent et qui cherche, par cette grossière opération d’ « Union nationale », par cette honteuse récupération d’une légitime indignation, à se refaire une virginité ! A qui donc profite le crime de ces monstres écervelés ?

Nos pensées vont également à la population musulmane dont la stigmatisation va redoubler, qu’on va chercher, du plus haut de l’appareil d’Etat, à mettre au pas. D’ailleurs, ces derniers jours, se multiplient les agressions contre des citoyens arabes et noirs, contre des musulmans et des mosquées, dans le silence médiatique le plus pesant. Les organisations ouvrières et démocratiques doivent mettre un point d’honneur à placer cette population, ses enfants, salariés et leurs familles, sous leur protection !

Pour nous, unité contre la barbarie va de pair avec le rejet de   « l’Union  nationale »   : unité contre la barbarie des bandes armées réactionnaires et unité contre la barbarie impérialiste.   Deux formes de barbaries qui se nourrissent l’une de  l’autre, contre les exploités et les opprimés du monde entier.

Nous partageons  la réaction du dessinateur de Charlie-Hebdo, Willem, qui, dans la presse, déclare «vomir sur ceux qui, subitement, disent être nos amis […] Nous avons beaucoup de nouveaux amis, comme le pape, la reine Elizabeth ou Poutine : ça me fait bien rire »

Nous appelons donc les organisations ouvrières et démocratiques à rompre ce carcan nauséabond et dangereux de « l’Union sacrée », de « l’Union nationale » manœuvre classique des gouvernants pour attacher les peuples à leur propre déchéance et dépendance aux plans anti-ouvriers en cours. A l’heure où s’applique le Pacte de responsabilité dicté par le Medef et les commissaires « européens ». A l’heure où  tous les jours, des millions de salariés sont rejetés dans le chômage et la précarité sans fin, du fait exclusif de la politique des Sarkozy et Hollande, cette « Union nationale » tombe à pic pour tenter le sauvetage d’un  gouvernement en crise et à bout de souffle.

En toutes circonstances et particulièrement en ce moment-ci, notre principe est le même :

Indépendance des travailleurs et de leurs organisations vis-à-vis de tout Etat, tout gouvernement, tout patron.

C’est une question vitale. Demain, c’est sans nous. Irrémédiablement. Mais nous sommes confiants dans la lucidité des opprimés qui sauront ne pas tomber dans le piège tendu. Qu’ils soient demain massivement dans la rue ne  pose aucun problème car nous savons qu’ils ne seront pas pour autant  les proies de la manipulation de nos gouvernants, définitivement discrédités.

 

La Commune, pour un Parti des travailleurs

Paris, le samedi 10 janvier 2015, 23h.

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Zob de dieu



Date de la parution : 2005-02-01

 

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Marie-José Mondzain: «Nous ne nous en sortirons que par une révolution politique»

|  Par Antoine Perraud

La philosophe Marie-José Mondzain, spécialiste de l'image, du regard et de la démesure, revient pour Mediapart sur les attentats de Paris. Avec, comme après le 11 septembre 2001, le souci de penser l'impensable. uand il s'agit de troquer le trauma pour le panorama, de passer de la sidération à la réflexion face aux images, il n'y a pas trente-six chemins : il y a la philosophe Marie-José Mondzain. Spécialiste de l'iconoclasme, Marie-José Mondzain s'investit dans les affaires de la cité, en dépit des frontières naturelles ou artificielles. De l'UEC (Union des étudiants communistes) dans les années 1960, à l'analyse du 11 septembre 2001, en passant par la défense de la liberté contre les nationalismes pendant la guerre en Yougoslavie, elle tente de faire face. Comme aujourd'hui, vingt morts après...

Marie-José Mondzain, chez elle, à Paris, le 10 janvier 2015.Marie-José Mondzain, chez elle, à Paris, le 10 janvier 2015.

MEDIAPART : Comment avez-vous reçu les attentats de Paris ?

MARIE-JOSÉ MONDZAIN : Comme quelque chose de totalement éruptif et bouleversant, mais pressenti et loin d’être achevé.

Il y a bien sûr cette violence si particulière, qui touche au plus près : je connaissais certaines des victimes de Charlie Hebdo. Stupeur, chagrin, deuil. Mais si je me réfère à l’état commotionnel du 11 septembre 2001 – on ne s’y attendait alors pas du tout –, notre désarroi vient aujourd’hui de ce que nous y réfléchissions depuis des mois et des années, du fait de ce qui s’est passé en Irak, en Libye, en Syrie, ou au Mali. Le Proche et le Moyen-Orient, l’islamisme, l’intégration ou la non-intégration d’une certaine communauté musulmane en France, sont des questions qui n’ont cessé de se dresser et de se tresser sous nos yeux. Nous ne tombons pas des nues. « J’attendais ça », soupira la vendeuse d’un magasin de vêtements de la rue Saint-Antoine à Paris, où j’ai appris la nouvelle mercredi.

C’est comme la mort annoncée de quelqu’un : il y a toujours quelque chose d’irréductiblement surprenant. On nous dit que ce n’est pas fini. Quand cela recommencera, nous serons à nouveau commotionnés, envahis par le même chagrin et le même désespoir. Nous sommes donc pris dans ce double registre émotionnel, qui cumule l’attente et la surprise.

Comment y faire face, intellectuellement ?

La mort et le mal nous agressent et nous laissent sans réponse, tout en nous fécondant : il faut que l’impensable soit pensé et lui seul mérite finalement de l’être… Si nous nous unissons au nom de l’impensable, nous nous livrons aux mains de ceux qui pensent à notre place et qui prendront des décisions terribles sans que nous ayons pu exprimer nos doutes, nos interrogations, nos analyses. En tant que philosophe et citoyenne, je me dis : au travail ! Je l’avais tenté – et on m’en fit grand reproche –, au lendemain du 11-Septembre. C’était dans Le Monde, qui venait de publier son fameux éditorial : « Nous sommes tous américains. »Ma tribune avait pour titre : « Je ne me sens pas américaine. »

« Je ne suis pas Charlie Hebdo » est déjà confisqué, pas par la pensée de gauche, cette fois…

Quand j’ai vu surgir « Je suis Charlie », j’ai constaté, effectivement, une forme d’invariant dans le lexique des lendemains de catastrophe : cette signalisation de l’identification, empathique, compassionnelle, qui a sa valeur “fraternisante”. Mais attention ! Elle peut être très contre-productive. Ce « tous unis dans la terreur » induit une indistinction, une union de tous à tous les niveaux, dans toutes les classes sociales et dans tous les coins du monde : ce n'est pas vrai, c’est une fausse universalité qui opère comme slogan de communication massifiante.

Nous ne sommes pas tous pareils face à cet événement. Certains vont tenter d’en tirer parti politiquement ; d’autres le vivront d’une façon purement primaire et affective, haineuse parfois ; enfin une minorité, que je souhaite voir devenir majoritaire, entend donc réfléchir aux causes véritables et profondes de cette situation.

Un responsable du maintien de l’ordre l’a très bien dit lui-même, au soir du dénouement de ces attentats : nous continuerons à nous opposer par la force au terrorisme mais il faut réfléchir aux sources, nous ne sommes pas la solution. Voilà ce que cet homme a signalé au pouvoir et aux médias. C’est précisément quand nous avancerons dans l’analyse des causes que nous trouverons des désaccords.

Lesquels ?

Il faut demander des comptes à une grande partie des médias sur leur gestion de l’invisibilité ou même de l’effacement d’une jeunesse en déshérence, en désarroi, sans avenir, sans racines, ni culture, ni langue, ni mémoire : une jeunesse qui n’a jamais eu qu’une place réservée à la Star Academy ou dans certains sports, pour accéder à la visibilité et à l'illusion d'une intégration.

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Après que la traque était terminée, que la tragédie s’était achevée dans le sang, qu’il n’y avait donc plus lieu de se lancer dans des appels à témoins, avez-vous remarqué comment BFMTV et bien d’autres n’ont cessé, vendredi 9 janvier, de 17 h 30 à minuit passé, d’afficher les visages des trois terroristes qui avaient donc été déjà reconnus, nommés, tués : un Noir et deux personnages « de type maghrébin », comme on dit, dont l’un avec un petit peu de barbe. Et ça revenait en boucle…

Pourquoi ? Pourquoi, puisqu’ils sont morts, sinon que ces médias étaient en train de fabriquer des effigies, des icônes de la terreur, avec une typologie sous-jacente et silencieuse. Les télévisions d'information en continu ont imprimé, dans la rétine de nos concitoyens, des vignettes propres à nous embarquer dans un face-à-face anthropométrique. La télévision a transformé des visages en faciès.

« Il faut se battre pour la laïcité »

Faut-il renoncer à toute image ?

Là n’est pas la question : il faut des images ! Sont alors épinglées des personnes qui ont passé leur vie à se masquer et à voiler leurs femmes, qui ont donc de véritables stratégies d’invisibilité, de clandestinité, comme s’il fallait redoubler la disparition dont ils furent d’abord victimes, de par leur propre effacement initial dans la société française. Et ces personnes passent, tout à coup, dans un régime spectaculaire de héros meurtriers flamboyants. Au lieu d’enregistrer cet événement sous le mode respectueux dont doit bénéficier un être humain même condamné à mort – et de toute façon ils sont morts et ont payé pour leurs crimes –, nous entretenons les braises du faciès haïssable, de l’iconicité de l’homme à abattre. Ben Laden en fut un gestionnaire exemplaire.

Dans toute l’histoire – coloniale puis de l’immigration –, de tels visages ont été des visages de clandestins. Ils voyagent en se cachant. Ils ne sont découverts que morts. Ils ont été frappés par un continuel non-droit à l’image. Et tout cela s’inverse quarante-huit heures durant à la télévision : survalorisation effarante de la médiatisation par l’image. J’y vois le contrepoint direct des décapitations, des horreurs et des tortures balancées sur YouTube par Daesh : puisque nous vivons dans l’image, en voici ! Le clandestin maintenu dans l’invisibilité devient alors le deus ex machina du spectaculaire et de la mise en scène. Et il nous renvoie nos idoles, en un effet miroir.

etienne_davodeau.jpg© Etienne Davodeau.

En jouant sur la religion…

Ils viennent effectivement d’une culture marquée par la méfiance voire le refus à l’égard des images, mais ils deviennent les maîtres des images. Ils répondent, en veux-tu en voilà, à la demande des iconolâtres. Ils appellent au téléphone le moteur de la visibilité : BFM-TV, pas l’AFP. Ils médiatisent et théâtralisent. Stockhausen avait même parlé du 11-Septembre comme d’une « performance artistique », pour insister sur cette mise en spectacle pratiquée par les terroristes, ce qui avait choqué beaucoup de monde.

Treize ans plus tard, l’organisation pyramidale avec un chef charismatique, iconique et sacralisé (Ben Laden) a disparu, au profit d’instances disséminées. Voilà qui s’avère également en miroir avec ce que vivent les sociétés occidentales : nous n’avons plus guère de chef non plus, et surtout pas charismatiques, en France singulièrement ! Personne pour « défendre nos valeurs », comme on dit. Aucune figure rédemptrice à l’horizon quant à la République ou à la démocratie : avis de recherche généralisé… Les citoyens s’organisent alors pour ne plus penser en termes de politiciens providentiels, d’élections, ou de partis. Fini, les héros, pensons en termes de réseaux, d’associations, de for

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ces microsismiques. Si nous pouvons changer ce monde, ce ne peut être qu’en travaillant la trame de la société de la façon la plus souterraine qui soit. Nous ne sommes pas loin de la dissémination clandestine.

Or c’est exactement la leçon tirée par Daesh, comme le dit Gilles Kepel : constituer, grâce à la dissémination, un tissu de plus en plus menaçant, qui va ronger de l’intérieur et de façon insidieuse la structure sociale et politique de l’ennemi désigné. Les islamistes se posent donc la question du pouvoir dans les mêmes termes que nous ! Avec un supplément : ils se sont saisis d’une idéologie religieuse. Elle leur sert de fil conducteur, à la fois ancestral et artificiel. L'islamisme est un islam trafiqué, qui trahit, nous dit-on, les véritables valeurs musulmanes, ce que je suis prête à croire – comme je suis prête à croire qu’il existe, au contraire, un islam parfaitement libéral, humaniste, apte à vivre dans la République française ou en Europe, dans la concitoyenneté la plus paisible.

Mais quand j’entends à la radio un responsable musulman français déclarer qu’il attend, au lendemain des attentats de Paris, que l’islam soit considéré comme une religion nationale, je regimbe. La question me semble plutôt de savoir si les musulmans, comme les chrétiens ou les juifs de France, s’accorderont pour vivre dans une société laïque.

Je suis sûre que les attentats de Paris n’ont rien à voir avec l’islam – ce n’est qu’une idéologie perverse de manipulation agitée par les recruteurs des terroristes –, mais il serait bon que la communauté musulmane condamne un jour publiquement, en France, l’exercice de la charia.

Une telle injonction n’est-elle pas, à cette heure, d’une grande violence suspicieuse à l’égard de tout citoyen français de confession musulmane ?

Je pense que la situation des femmes musulmanes doit partager les libertés et les acquis – culturels ou politiques – des femmes juives, chrétiennes, etc. Peut-être que j’ai tort d’en faire la demande – je n’en fais pas une condition et suis d’accord pour qu’il y ait, dans l’état des choses, une normalisation absolue de la religion musulmane à l’égale des autres confessions. Toutefois, en tant que femme, je souffre lorsque je vois la condition des musulmanes, citoyennes françaises, en France. Tout comme pour certaines femmes juives ultra orthodoxes, ajouterai-je. Sans oublier les fous furieux de la communauté chrétienne aperçus lors de “la Manif pour tous”. Il faut se battre pour la laïcité.

« Grimace disqualifiante virant à la nausée »

Une laïcité de tolérance ; pas forcément si sourcilleuse à l’endroit de l’ensemble d’une communauté ainsi montrée du doigt…

Sans doute faut-il procéder par étapes. Et sûrement pas au lendemain des attentats de Paris. Mais à plus ou moins long terme, il faudra en passer par là. J’ai de plus en plus de mal avec le voile intégral qui condamne les femmes à l’invisibilité – même si certaines prétendent ne pas se sentir effacées, mais se sentent protégées voire sacralisées et toutes-puissantes sous leur voile.

La place des femmes revenait dans le discours des assassins de Charlie Hebdo

Oui, avec aussi l’assertion « on n’a pas tué de civils ». La violence n’a donc pas été « aveugle » – un responsable musulman interrogé sur une radio l’a condamnée en ce terme –, mais ciblée. Le supermarché casher était bien en ligne de mire. Rien d’aveugle dans ce choix, tout au contraire.

De même que les serial killers ne tuent pas n’importe qui n’importe comment, les trois terroristes avaient leurs obsessions ritualisées. Le tueur en série se vit déjà lui-même dans la série : il n’existe pas, il est irrepérable et sérialisé. Il agit précisément depuis cet effacement dans la série. C’est un numéro : un non-sujet qui fait un “numéro”, c’est-à-dire une performance spectaculaire. Il sort  paradoxalement de l’anonymat par la destruction des autres et par sa propre destruction, sacralisée, idéalisée.

Avec dix-sept victimes en trois jours, trois terroristes tueurs en série se sont donné des cibles, tout comme Mohammed Merah voilà bientôt trois ans. À Toulouse, ce n’étaient pas des dessinateurs de presse mais des militaires et comme toujours des juifs. Cibler la création, c’est avouer sa propre haine de la vie et croire dans l’impossibilité de la liberté. Cela suppose un effondrement subjectif, dont les causes nous concernent au plus vif.

Qu’ont-elles en commun, ces cibles, à leurs yeux de terroristes ?

Elles incarnent l’objet d’un immense dégoût et d’un rejet radical qu’inspire l’Occident à l’islamisme fondamentaliste – et parfois, il faut bien le dire, à des tenants moins extrémistes de la religion musulmane. L’Occident néolibéral apparaît politiquement et moralement pornographique, idolâtre et profanateur de la transcendance.

La civilisation ou bien la démocratie occidentale ?

La civilisation capitaliste occidentale issue de l’impérialisme colonial et de la généralisation de la corruption.

La faiblesse que perçoivent les terroristes dans une démocratie délibérative, qui prétend accueillir autrui, n’est-elle pas à rapprocher de leur mépris envers la femme ?

Le dégoût, surtout dans une passion meurtrière, n’est pas une chose simple. Il y a sûrement un dégoût sexuel et politique se fixant sur la faiblesse, à laquelle s’oppose une exaltation de la force.

La situation coloniale permet de comprendre d’où vient ce genre de répulsion. Je suis née en Algérie en 1942. Adolescente, j’ai constaté le haut-le-cœur qu’inspirait le colonisé chez le colonisateur. Qu’il s’agît de son habillement, de son odeur, de sa cuisine, de sa culture, de sa langue, de sa famille : tout était l’objet d’une grimace disqualifiante virant à la nausée. Le colonisé était perçu et décrit comme un animal sans hygiène physique ni morale.

Le dégoût du terroriste actuel serait en miroir du dégoût du colon de jadis ?

Oui. Abdelwahab Meddeb avait analysé tous les registres de causalité de ce qu’il appelait La Maladie de l’islam : la colonisation n’était pas des moindres. De la Compagnie des Indes orientales en Afrique du Sud aux “boat people” de Lampedusa ou Gibraltar, il y a un fil rouge dont nous payons le prix aujourd’hui.

Mais il est essentiel, pour comprendre ce qui se passe sous nos yeux, de faire une analyse des enjeux financiers et de la duplicité de certains pays musulmans à l’égard du fondamentalisme. Les stratégies meurtrières que nous voyons opérer au Moyen-Orient, face à la passivité tout aussi stratégique de l’Europe, sont inséparables des intérêts pétroliers, ou des trafics d’armes et de drogue.  

C'est en réaction à une telle géopolitique, qui s'est pétrifiée avant de se putréfier comme en Syrie, que l’islam devient une force purificatrice menant à cet islamisme d’ange exterminateur, à même de parcourir une jeunesse désespérée, du Sud au Nord. Voilà comment certains éléments les plus enragés entendent devenir, à partir de leur invisibilité, la puissance la plus spectaculaire en tant que puissance de mort : c’est une sorte de « Viva la muerte ! ».

Comment est-ce réparable ?

En France, il y a une défaillance fondamentale dans la distribution du savoir et de l’égalité des chances. La société massifiée par le néolibéralisme est fondamentalement inégalitaire. Nous ne nous en sortirons que par une révolution politique. Celle-ci n'a encore effleuré ni la médiocratie régnante, ni la domination néolibérale : privilégier l’éducation, séparer la culture de la communication, apprendre l’art du voisinage et le débat conflictuel non meurtrier. La réponse à ce qui se passe ne peut être que politique et doit passer par les énergies créatrices. Ce n’est pas un hasard si les victimes, mercredi, étaient des artistes. Si ce monde doit changer, pensons alors ce changement en termes de création, d’invention, d’imagination. Gide disait : « Les criminels manquent d’imagination. »

 

 

-Soirée "La dissidence, pas le silence"

c'est lundi 12 !

Notre grande soirée se tiendra bien le 12 janvier, à 19 h, à la Bourse du Travail (3 rue du Château d'eau, Paris - métro République)

Néanmoins, au vu des événements, et à moins d’une profonde surdité, on ne saurait conserver notre rencontre telle quelle.

"Il ne faut pas que la République ressemble à une pleureuse de la Corée du Nord. Ce serait dommage", expliquait samedi Luz, dessinateur rescapé de Charlie Hebdo. On aura à coeur de respecter cet esprit.

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En continuant de proposer la dissidence plutôt que le silence : au-delà de l’évidente émotion, que nous inspire ce moment présent ? Que traduit-il de la société française ? Que risque-t-il d’en sortir ? Quel rôle pouvons-nous remplir ? Et si dans l'unanimisme, le consensus, le poison, ce n'était pas l'union ? Bref, quelle ébauche d’analyse esquissons-nous.

En compagnie de Frédéric Lordon, d'Emmanuel Vire (SNJ-CGT), de Gérard Mordillat, de Lionel Thompson (SNJ-CGT France Inter), d'Eric Coquerel (PG), de Gérard Filoche, de Julien Salingue (Acrimed) et d’autres. Seront également parmi nous pour cette soirée Soulcié, Lardon et Rodho, pour lancer leurs dessins en direct !

Toute la soirée sera retransmise en direct sur ce lien (qui sera activé au lancement de la soirée), en espérant que la qualité audio-visuelle soit au rendez-vous !

Vous êtes également les bienvenus à 16 h30 au Côte d'Azur (en face de la Bourse du Travail) pour une réunion publique à propos de la campagne "De l'air à France  Inter".

On vous attend nombreux pour cette soirée. Parce que sans vous on ne peut rien, mais avec vous on peut beaucoup
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