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Ils arrivent avec le TTIP: porc, bœuf et lait aux hormones ,et poulets lavés au chlore!

2mars 2015

 Ils arrivent ! Porc, bœuf et lait aux hormones (et poulets lavés au chlore)

TTIP, ôtez vos pattes de notre nourriture !

 

 

Esther VIVAS

Un nouveau tour de vis vient d’être donné aux politiques agroalimentaires en Europe. Il s’agit du Traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne (UE), plus connu sous le nom de TTIP (son sigle en anglais pour Transatlantic Trade and Investment Partnership), l’ombre grandissante de l’agroalimentaire qui s’étend des champs à l’assiette. Comme des vampires assoiffés de sang, les multinationales du secteur attendent pour se sucrer, et ce beaucoup, grâce à ces nouvelles mesures de libéralisation commerciale.

Mais en quoi consiste le TTIP ? Il s’agit d’un traité négocié en secret durant des mois, divulgué au public, attendant l’approbation du Parlement européen, bénéficiant d’une campagne marketing en cours et qui a pour objectif final d’harmoniser à la baisse les législations des deux côtés de l’Atlantique, au seul profit des grandes entreprises. Ses conséquences : plus de chômage, plus de privatisations, moins de droits sociaux et environnementaux. En définitif, il apporte sur un plateau nos droits au capital.

Et en ce qui concerne l’agriculture et l’alimentation ? Les entreprises du secteur, des sociétés de semences en passant par l’industrie de la biotechnologie, des boissons, de l’élevage, de l’alimentaire, ou encore du fourrage… sont celles qui ont le plus fait pression en sa faveur, dépassant même le lobby pharmaceutique, de l’automobile et financier. L’enjeu est important pour les multinationales comme Nestlé, Monsanto, Kraft Foods, Coca Cola, Unilever, Bacardi-Martine, Cargill, entre autres. Sur les 560 réunions consultatives de la Commission européenne pour l’approbation dudit traité, 92% ont été réalisées avec des groupes d’entreprises, le restant avec des collectifs d’intérêt public, comme l’indique un rapport du Corporate Europe Observatory.

Si le Traité de libre échange entre les États-Unis et l’Union européenne devait être approuvé, quels impacts aurait-il dans nos assiettes ?

Plus d’OGM (Organismes Génétiquement Modifiés)

L’entrée massive des OGM en Europe sera une réalité. Bien qu’aujourd’hui nous importons déjà un nombre considérable d’aliments transgéniques - je pense en particulier pour le bétail et à beaucoup de produits transformés contenant des dérivés du soja et du maïs transgéniques, comme la lécithine, l’huile et la farine de soja, ou le sirop et la farine de maïs-, l’approbation du TTIP signifiera une augmentation desdites importations, notamment des premières, y compris l’entrée d’OGM actuellement non autorisés par l’UE.

Il faut tenir compte du fait que la législation aux États-Unis est beaucoup plus permissive que celle de l’Europe, aussi bien en qui concerne le mode de culture que la commercialisation des Organismes Génétiquement Modifiés. Aux États-Unis par exemple, l’étiquette qui identifie un aliment comme génétiquement modifié, n’existe pas, contrairement à l’Europe, où malgré les limitations, les lois obligent théoriquement bien à cette identification. De plus, dans l’Union Européenne, un seul aliment transgénique est cultivé à des fins commerciales : le maïs MON 810 de Monsanto, malgré l’impact environnemental négatif de celui-ci, qui contamine d’autres champs de maïs aussi bien conventionnel que biologique. 80% de sa production est réalisée en Aragon et en Catalogne, alors que la majeure partie des pays européens l’interdit. Aux États-Unis, au contraire, le nombre de cultures est beaucoup plus élevé. C’est pourquoi l’Europe est un gâteau alléchant pour les multinationales comme Monsanto, Syngenta, Bayer, Dupont... et le TTIP peut permettre que cela devienne une réalité.

Porc, bœuf et lait aux hormones

Le véto à la viande et aux produits dérivés d’animaux traités aux hormones et aux techniques favorisant leur croissance, jusqu’à présent interdits en Europe, sera levé tout comme l’utilisation desdites substances, avec l’impact qui en découle sur notre santé.

Aux États-Unis, les porcs et les bovins, peuvent se voir prescrire des médicaments comme la ractopamine, un médicament utilisé comme additif alimentaire pour obtenir un meilleur engraissement de l’animal, et plus de bénéfice financier pour l’industrie de l’élevage. Dans l’UE, l’utilisation de ce produit et l’importation d’animaux traités par celui-ci est interdite, de même que dans 156 autres pays comme la Chine, la Russie, l’Inde, la Turquie, l’Égypte, qui considèrent qu’il n’y a pas de données suffisantes qui permettent d’écarter les risques pour la santé de l’Homme. 26 autres pays, comme les États-Unis, l’Australie, le Brésil, le Canada, l’Indonésie, le Mexique, ou les Philippines, l’utilisent.

La même scénario va se produire avec l’utilisation de l’hormone somatotropine bovine, utilisée principalement chez les vaches laitières afin d’augmenter leur productivité et obtenir entre 10 et 20% de lait supplémentaire. Cependant, les effets secondaires associés à son utilisation sur les animaux sont nombreux (stérilité, inflammation des pis, augmentation de l’hormone de croissance…) et son impact sur les êtres humains (certaines études la relient à une augmentation du risque de souffrir d’un cancer du sein ou de la prostate, et à la croissance des cellules cancéreuses). C’est pourquoi l’Union européenne, le Canada et d’autres pays interdisent son utilisation et son importation, alors que d’autres pays l’utilisent, notamment les États-Unis. De plus, l’entreprise américaine Monsanto, numéro 1 des semences génétiquement modifiés, est la seule du marché à commercialiser cette hormone, sous le nom commercial de Posilac. Quelle coïncidence.

Les poulets chlorés

La viande de poulet "désinfecté", avec du chlore arrivera aussi dans nos assiettes. Si en Europe, une méthode de contrôle des maladies des volailles d’élevage - allant de son élevage jusqu’à sa commercialisation, en passant par son abattage - est utilisée de manière préventive, les États-Unis ont choisi d’optimiser les coûts en baissant les standards de sécurité alimentaire. Ainsi, les volailles élevées et abattues sont désinfectées uniquement à la fin de la chaîne, en les immergeant dans une solution chimique antimicrobienne généralement à base de chlore, c’est-à-dire en leur donnant "un bain de chlore", point final. Ainsi les poulets sont "propres", sans bactéries, bien chlorés et le traitement revient beaucoup moins cher. Une fois encore, tout pour le fric.

Mais, quelles conséquences tout cela peut-il avoir sur notre santé ? Dans l’UE, depuis 1997, il est interdit de faire entrer de la viande de volaille de basse-cour nord-américaine, en raison de ces traitements et des résidus de chlore ou autres substances chimiques utilisées pour leur désinfection qui peuvent persister dans la viande que nous consommons ensuite. L’industrie bovine nord-américaine affirme que ces traitements permettent d’éliminer les micro-organismes pathogènes. Cependant les infections ne diminuent pas de manière significative, pire, l’utilisation continue de désinfectants peut finir par générer des résistances.

On nous dit que les standards de sécurité alimentaire nord-américains sont les plus sûrs. Des rapports ne vont pas dans le même sens en constatant qu’une personne sur quatre par an aux États-Unis, c’est-à-dire 76 millions de personnes, tombe malade à cause de maladies provoquées par la consommation d’aliments. Parmi ces millions de personnes, 325 000 sont hospitalisées et 5 000 meurent. Les experts signalent que la majorité des cas pourrait être évitée avec des améliorations dans le système de contrôle alimentaire. Tirez-en vos conclusions.

Il est grand temps que nous le disions au TTIP : ôtez vos sales pattes de notre nourriture !

Esther Vivas

http://esthervivas.com/francais/ttip-otez-vos-pattes-de-notre-nourriture/

*Traduit au français par Clémence Tavernier pour Ritimo.

URL de cet article 28115
Accord de libre-échange UE-USA. Bruxelles rassure
France - 27 Février

Recueilli par Antonin Garnier

Le point avec le lituanien Vytenis Andriukaitis sur les dossiers agricoles les plus pressants.

Le commissaire européen à la santé, le lituanien Vytenis Andriukaitis, en charge de dossiers aussi importants que les OGM, la santé animale ou la sûreté alimentaire des produits alimentaires, a visité le Salon de l’agriculture le 26 février. 

Dans le cadre des négociations d’un accord de libre-échange avec les États-Unis, la question des OGM inquiète une partie de l’opinion publique européenne. Ces inquiétudes sont-elles justifiées ?

V.A.  : Non, elles ne sont pas justifiées. Dans le domaine de l'alimentation, la Commission européenne a été très claire : il n'y aura pas de changements dans les politiques ou les normes de l'Union européenne concernant les OGM mais aussi celles visant à protéger la santé humaine et animale, le bien-être, ou encore l'environnement. Tant l'Union européenne que les États-Unis ont très clairement indiqué que l’accord de libre-échange ne mènera pas à un affaiblissement de nos normes respectives en matière de sécurité alimentaire et de protection des consommateurs.

La Russie impose un embargo sur la viande de porc européenne depuis la découverte de cas de fièvre porcine africaine dans l’UE. Il y a quelques semaines certains États membres, dont la France, ont estimé que la Commission européenne leur donnait le feu vert pour entamer une reprise des échanges. Est-ce le cas ?

V.A.  : La Commission n'a jamais donné feu vert aux États Membres pour conclure des accords bilatéraux en vue de la reprise de leurs exportations avec la Russie. Toute reprise d'exportations par rapport aux produits soumis à l'embargo russe devrait avoir lieu exclusivement dans un cadre communautaire. Depuis plusieurs mois, la Commission consacre beaucoup d'énergie afin de trouver une solution, mais il y a un manque apparent de volonté de la partie russe de respecter les principes internationaux.

Depuis le scandale de la viande de cheval, le Parlement européen et la France, notamment, font pression pour la mise en place d’un dispositif obligatoire d’étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés. Allez vous répondre, d’une manière ou d’une autre, à cette demande ?

V.A.  : Nous prenons bien sûr note de la demande du Parlement européen qui s’est prononcé pour l'étiquetage obligatoire de l'origine de la viande transformée et nous allons réfléchir à la voie à suivre. Mais, je dois souligner que, dans le climat économique actuel, il est du devoir de la Commission d'assurer un processus de prise de décisions fondées sur des données probantes.

Autre demande du Parlement européen, et de certains États membres (du Nord de l’Europe) : renforcer les règles en matière de bien-être des animaux d’élevage, en particulier leurs conditions de transport. ? Et est-il nécessaire selon vous de légiférer à nouveau dans ce domaine ?

V.A. : la situation est encore loin d’être satisfaisante, principalement en raison d’une mise en œuvre inégale des règles en vigueur dans les États membres. La priorité de la Commission est donc de se concentrer sur l’application des règles existantes et d'offrir aux États membres et aux opérateurs un cadre juridique stable.

Le gouvernement français et les accords TAFTA : « Plus faux-cul que moi, tu meurs ! »

Tafta poissons.jpg

 

 

Pendant qu'on nous enfume avec les saloperies de Daech, la guerre d'Ukraine et les errements du Quinze de France, les négociations TAFTA entre l'Union européenne et les États-Unis se poursuivent dans la plus grande opacité.

 

On se souvient que dans ces négociations, il est question de donner la primauté juridique à des tribunaux d'arbitrages privés concernant les conflits entre multinationales et États. Ceci en passant par-dessus l’institution judiciaire de chaque pays concerné. Autrement dit, à titre d'exemple, l'industrie tabagique étazunienne pourrait attaquer un pays qui restreindrait par une loi la consommation de tabac sur son sol, au prétexte que la dite loi porterait préjudice aux intérêts de la multinationale en question ! L'Australie – qui a signé des accords de même type que TAFTA avec les USA – est actuellement attaqué par l'industrie tabagique US ! Qui lui réclame des fortunes ! C'est de cela dont il s'agit.

 

Alors que l'Initiative Citoyenne Européenne contre cette disposition, lancée à l'automne dernier vient de dépasser les 1.500.000 signatures, lors d'une réunion au sommet à Madrid fin février, les sociaux-démocrates européens se sont accordés pour sanctuariser le système de règlement des différends investisseur-État (ISDS) - en clair : pas de rejet du système d'arbitrage privé mais de simples réformes mineures. Pour parfaire la blague, le gouvernement français a salué cette nouvelle reculade comme une grande victoire de la diplomatie française. Un communiqué de la majorité, au titre mensonger [2], illustre ce double discours : critiques de façade du mécanisme face au rejet largement exprimé dans l'opinion publique [3] mais travail en souterrain pour s'assurer de son maintien dans les négociations. La note communiquée récemment aux eurodéputés français confirme ces manœuvres : alors que la résolution étudiée par le Parlement Européen penche en faveur d'un rejet du mécanisme, les autorités françaises conseillent aux parlementaires d'"adopter une approche plus prudente sur ce sujet délicat". En d'autres termes, le gouvernement demande aux parlementaires d'affaiblir la position, déjà bien timide, du rapporteur social démocrate allemand Bernd Langue. A travers le langage abscons de ces technocrates, on devine une réalité bien planquée derrière des paroles lénifiantes :

 

« S’agissant de la protection de l’investissement, au point (d) (xiv) [page 11], même si la France estime que l’inclusion d’un mécanisme d’arbitrage investisseur-Etat (RDIE/ISDS) n’est pas nécessaire avec les Etats-Unis, le projet de résolution tranche de manière un peu trop catégorique cette question. Une approche plus prudente sur ce sujet délicat pourrait être préférable en raison des risques de précédent, avec des États dont les standards juridictionnels ne correspondent pas à ceux qui prévalent aux États-Unis. Un temps de réflexion, consécutif aux résultats de la consultation publique, doit être mis à profit, comme cela est d’ailleurs souligné dans le considérant I de la résolution (“whereas now that the results of the public consultation on investment protection and ISDS in the TTIP are available, a reflection process – taking account of critical and constructive contributions – is needed within and between the three European institutions on the best way to achieve investment protection and equal treatment of investors”). De surcroît, d’un point de vue technique, un mécanisme de règlement des différends par l’arbitrage peut difficilement être dissocié du reste du chapitre sur la protection de l’investissement. La solution d’une réforme en profondeur du mécanisme d’arbitrage pour le rendre légitime et plus protecteur du droit à réguler des États, comme préconisé dans certaines contributions répondant à la consultation publique, mériterait d’être poursuivie dans le cadre de ces négociations ».

 

Cette note qui a fuitée livre des informations inédites sur la position particulièrement faux-cul du gouvernement, qui recommande en particulier de ne pas suivre la position de rejet de l’ISDS du rapporteur socialiste Bernd Langue...

 

Mais ce n'est pas tout. Les services financiers devaient être exclus de la négociation. Tè ! Fumes... Ils reviennent en toutes lettres :

 

« …/... dans le même ordre d’idées, les secteurs qui font actuellement l’objet des négociations de convergence réglementaire devraient être cités, et le secteur des services financiers, dans lequel l’Union a des intérêts offensifs, également mentionné …/... ».

 

TAFTA, c'est la vassalité totale des pays de l'U.E., donc de la France par rapport aux Etats-Unis.

 

Bougeons-nous, écrivons à nos députés nationaux comme européens pour leur faire part de notre vigilance et de notre rabia !

 

Sources :

https://france.attac.org/IMG/pdf/150224_sgae_note_de_commission_inta_ttip.pdf

https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/le-gouvernement-francais-defend-l

https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/comite-consultatif-tafta-la

 

 

 Illustration X - Droits réservés

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