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Envoyons nos factures à Robert Ménard ,Bernard-Henri Lévy et Stéphane Courtois ,ces trois glorieux maîtres de l'impensée politique,intellectuelle et historique.

PRCF 66, adhérent du Pôle de Renaissance Communiste en France

18 Février 2015

BHL : devoir de mémoire, la Libye

BHL : devoir de mémoire, la Libye

Non content d’être aux philosophes ce que Stéphane Courtois est aux historiens et ce que Robert Ménard est au « reportage sans frontières » – c’est-à-dire une contrefaçon bêtifiante et dangereuse – M. Bernard-Henri Lévy, dit BHL, est le spécialiste autoproclamé du « droit d’ingérence » impérialiste à prétexte humanitaire. D’ingérence des pays riches du Nord dans les affaires des pays pauvres ou mal-pensants du Sud et de l’Est, cette précision vaut d’être apportée !

Dans les années 80, cet avantageux personnage prêchait – et au nom de la gôôôche s’il vous plait ! – la croisade nucléaire contre l’Empire du mal, c’est-à-dire contre le camp socialiste en général et contre l’URSS en particulier. Par la suite, il n’a pas manqué une occasion d’applaudir – au nom des droits de l’homme évidemment ! – aux EXACTIONS D’ISRAËL CONTRE LES PALESTINIENS, de prêcher la guerre totale en YOUGOSLAVIE et d’appeler à l’ingérence française et à la guerre civile en SYRIE. Dernièrement, on l’a vu à Kiev sommer les Occidentaux de renverser le président élu, d’installer aux manettes le dangereux POROCHENKO (ami des antisémites et autres nazis de choc de PRAVY SEKTOR) et d’attiser la croisade militaire de l’OTAN contre la RUSSIE, première puissance militaire d’Europe.

Mais le plus grand exploit « historique » de celui qui se prend pour un nouveau Sartre et qui n’est en fait qu’un médiocre aboyeur de l’Empire atlantique, c’est d’avoir obtenu de Sarkozy qu’il attaque la Libye et que, violant le mandat de l’ONU qui interdisait aux puissances étrangères de renverser l’autorité libyenne légitime, il crée les conditions permettant d’abattre un chef d’Etat étranger en exercice et de laisser lyncher les membres de sa famille…

A l’époque, nombre de progressistes expliquaient que cette ingérence néocoloniale sèmerait le chaos en Libye, qu’elle y renforcerait l’islamisme fanatique, qu’elle déstabiliserait l’Afrique occidentale et qu’elle mettrait la population française aux premières loges du terrorisme religieux. Toutes ces prévisions ont été largement confirmées. Le Mali est en guerre civile et l’intervention néocoloniale de la France s’enlise en coûtant des milliards au contribuable déjà perclus d’euro-austérité. Le PNB de la Libye, naguère l’un des pays les plus riches d’Afrique, est tombé à… zéro. Les factions fanatiques rivales règlent leur compte à tous les carrefours de Tripoli et de Benghazi. Comme en Irak ou en Syrie, des milliers de braves gens cherchent à fuir pour sauver leur famille et quantité d’entre eux se noient en traversant la Méditerranée avec des moyens de fortune : car la généreuse UE est certes capable de déstabiliser un Etat voisin mais sûrement pas d’accueillir les habitants de cet Etat qui tentent de sauver leur famille en gagnant la terre du généreux « bienfaiteur »…

Enfin, les mêmes causes enfantant les mêmes effets, les purulents foyers fanatiques ou néo-nazis enfantés par les ingérences occidentales (Afghanistan, Irak, Libye, Mali, Ukraine, etc.) projettent leurs tentacules venimeuses sur l’Europe en général et sur la France en particulier : alors que la position raisonnable de CHIRAC-VILLEPIN, lors de l’invasion de l’Irak, avait relativement protégé notre pays du terrorisme aveugle, la France est désormais la cible « privilégiée » des fanatiques monstrueux que l’Occident « B-H-Lien » a fait sortir de leur boîte de Pandore. Pourtant, le monde médiatique étant ce qu’il est, c’est-à-dire très majoritairement incapable du moindre esprit critique et autocritique, le « philosophe » BHL n’en continue pas moins d’être invité sur tous les plateaux BCBG de la fausse gauche et de la vraie droite. Avec une bonne pub, on vend n’importe quoi, y compris une politique grossièrement anticommuniste, russophobe, néocoloniale, contraire à l’intérêt national réel de la France, une politique qui sue le mépris de classe pour les peuples du Sud et de l’Est ; sans parler de la classe laborieuse de France, dont les souffrances sociales n’intéressent EN RIEN ce richard « de gôôôche » débordant de bonne conscience.

Alors une suggestion : que les pays du Sud et de l’Est déstabilisés par cet irresponsable, que les peuples du Nord contraints, comme le nôtre, de gaspiller des milliards d’euros et de risquer des dizaines de jeunes vies pour assumer les fantasmes de toute-puissance de ce moderne Savonarole, LUI ENVOIENT ENFIN LA FACTURE ! Mais si riche soit-il, BHL pourra-t-il jamais payer le deuil, les larmes et la folie que ce faux ami de la sagesse n’a cessé de semer depuis que, à la fin des années 70, la marque « nouveaux philosophes » a été lancée sur le marché des idées par les puissants ennemis du marxisme et des idéaux républicains ?

Le va-t-en guerre BHL, sur la place Maïdan, le 2 mars 2014

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=L_K71FRJgmE

http://www.dailymotion.com/video/x10r255_bhl-se-fait-couper-les-dents-sur-la-lybie-dans-l-emission-onpc-08-06-2013_lifestyle

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=y1jfadSxNJ4

 

 L’obscurantisme a toujours été le mode d’éclairage du pouvoir
L’obscurantisme a toujours été le mode d’éclairage du pouvoir

jeudi 12 février 2015, par Raoul Vaneigem

Il y a des choses avec lesquelles on ne rit pas.
Pas assez !

Scutenaire

La bêtise est une bombe à fragmentation. Elle ne frappe pas seulement l’intelligence, sa cible de prédilection, elle se propage en trouant les consciences qui se mettent à pisser de partout. Celles — essentiellement gestionnaires — du monde étatique et politique ont célébré leur incontinence par des actions de grâce, qui leur étaient doublement profitables. Les notables ont pu, en toute immunité, remercier le ciel — fût-il celui d’Allah — de les avoir débarrassés d’une poignée d’irrévérencieux. Dans le même temps, ils se sont offert, avec une pompe nationale française, cléricalo-laïque et républicaine, le luxe de sanctifier en martyrs de la libre pensée des héritiers de Daumier et de Steinlen usant du droit, reconnu à chacun, de conchier en leur totalité les drapeaux, les religions, les margoulins politiques et bureaucratiques, les palotins au pouvoir (dont ceux qui jouèrent des coudes dans la manifestation ubuesque). Ils faisaient montre au demeurant de beaucoup de modération, si l’on compare Charlie à l’Assiette au beurre, au Père Peinard, à la Feuille de Zo d’Axa.

Sans doute n’a-t-on pas assez ri de cette messe œcuménique, célébrant les vertus d’une civilisation exemplaire, qui n’en finit pas de détruire les valeurs humaines au profit de la valeur marchande (il ne manquait au défilé de mannequins que Lehman Brothers, qui eût fait plaisir à Bernard Maris).

Passé l’onde de choc, si bien récupérée par les gens de pouvoir, que reste-t-il dans les décombres ?

Le même chaos psychologique et social, si profitable aux entreprises multinationales et aux mafias bancaires.
Le renforcement de la seule fonction encore assumée par l’État : la répression (de qui, de quoi ? Circulez il n’y a rien à voir !).
Le clientélisme de gauche et de droite.
L’hypocrisie humanitaire et les victimes en quête de coupables.
La stratégie du bouc émissaire (ce n’est pas le système qui m’écrase, c’est mon voisin).
L’idéologie enfin, ce tout à l’égout et à l’ego des intellectuels. L’idéologie où prolifèrent des idées qui, séparées de la vie, la vident de sa substance et n’en sont que les simulacres.
Du XIXe siècle à il n’y a pas si longtemps, on s’est battu, torturé, massacré pour des idéologies, comme au XVIe siècle, où un poil de cul biblique envoyait au bûcher.
Hier la bonne parole communiste masquait les goulags, les prêches nationalistes envoyaient des millions d’hommes au casse-pipe, l’éloquence socialiste occultait la solidarité des corrompus, partout, sous la table des valeurs évangéliques s’appliquait le « tuez-vous les uns les autres » (à quoi les Rwandais et les Yougoslaves ont au reste obtempéré sans avoir besoin de la religion).
Les idées passent, la tripaille reste. C’est ce que Lautréamont appelait la tache de sang intellectuelle.

Dans l’émotion provoquée par l’assassinat de Charlie, je n’ai pas entendu le cri de la vie. Or ce n’est pas la République, la France, la liberté de pensée qui ont été agressées, c’est notre droit de vivre comme nous voulons (je parle de vivre, non de cette survie où chacun fait où on lui dit de faire). Je ne dis pas que ce cri n’a pas retenti. Des millions d’êtres ont pressenti que ce qui était offensé, c’était leur humanité même. Je pense seulement que la conscience n’a pas encore fait son travail d’accouchement. Alors que l’obscurantisme émotionnel trouve partout des emplois.

Il faut en revenir à la base, à ce que nous vivons et voulons vivre, sans nous prendre au piège des symboles et des abstractions. Ce n’est pas si facile. Les grandes baudruches politiques ont crevé mais nous continuons à patauger dans leurs détritus.

Que reste-t-il de ces idéologies hier encore si puissantes ? Le clientélisme les a éviscérées. Les déclarations programmatiques n’ont que des résonances de pet médiatique. En revanche nous sommes environnés de ces paroles qu’évoque Rabelais : elles tournent affolées dans l’air parce que la gorge qui les a proférées, et où elles veulent retourner, a été tranchée.

On assassine la vie et les mots tournent en rond.

Qu’est-ce que la liberté de pensée sans la liberté de vivre ? Un « cause toujours » à l’usage du n’importe quoi. Le pouvoir se fout bien du peuple, il le piétine avec des mots en guise de bottines. Les bottes militaires ne sont même plus nécessaires.

Sous l’énormité du mensonge que l’économie diffuse à longueur de journée, il y a ceux qui courbent le dos, ceux que la peur du lendemain persuade d’avaler l’amertume du présent, ceux qui s’appauvrissent, s’enragent et se désespèrent sous le talon de fer du profit. Tout se joue sous le mensonge des mots.

La vie est aujourd’hui l’enjeu d’un véritable combat. Il se livre en chacun. La gueule de bois du désespoir, cet alcool frelaté, fait facilement vaciller et passer d’un comportement à son contraire, Entre résistance et passivité, on souhaiterait que la frontière fût nette. Elle ne l’est pas. Pourtant les enjeux sont clairs. La résignation et son impuissance hargneuse fabriquent avec une désolante facilité des apeurés ordinaires, des suicidaires, des tueurs, des terroristes (ainsi baptisés pour les distinguer des policiers en bavure, des milices des compagnies multinationales, des promoteurs immobiliers jetant les familles à la rue, des agioteurs multipliant le nombre de chômeurs, des ravageurs de l’environnement, des empoisonneurs de l’industrie agroalimentaire, des juristes du Marché transatlantique dont les lois l’emporteront sur celles des nations.

Vouloir vivre envers et contre tout est l’autre choix, plus passionnant, plus difficile : on est seul et il y a tout à créer. C’est cela ou sombrer dans la violence en la tournant contre soi et contre ses semblables.

Il n’est pas vrai que les mots tuent. Les mots servent seulement d’alibi aux tueurs. Quand l’énergie ne nourrit pas la joie de vivre, elle s’investit dans la haine, le ressentiment, le règlement de compte, la vengeance.

Avec sa peur du désir, de la nature, de la femme, de la vie libre, la religion est un grand réservoir de frustrations Ce n’est pas un hasard si les désespérés y puisent les mots qui leur permettront d’assouvir leur goût de la mort, des mots dont la sacralité invente du même coup ce qui la heurte et dont elle a besoin, le blasphème.

Le blasphème n’existant que pour le croyant, il suffit de faire glisser les mots comme des coquilles vides et de les remplir : attaquer la politique du gouvernement israélien, c’est être antisémite, écrire « ni maître ni Allah », c’est être islamophobe, dénoncer les curés pédophiles c’est blesser le chrétien dans sa foi. Je ne sais plus qui disait : donnez-moi une phrase d’un auteur, et je le ferai pendre.

La violence endémique est partout, produite et stimulée par un système économique qui ruine les ressources de la planète, appauvrit la vie quotidienne, menace jusqu’à la simple survie des populations. Les multinationales ont intérêt à favoriser les conflits locaux et la guerre de tous contre tous. Quelles meilleures conditions que le chaos pour piller impunément la planète, empoisonner des régions entières avec le gaz de schiste ou l’exploitation des filons aurifères ? C’est une stratégie peu coûteuse que d’enrôler dans des affrontements absurdes des gens qui, avec un peu de réflexion, risqueraient de dénoncer les manœuvres des exploiteurs et de se liguer contre eux.

Allez donc jouer le jeu des commanditaires en accordant plus d’importance à certaines catégories d’assassins qu’à d’autres. Sous quel label rangerez-vous le taré qui en Norvège a massacré une centaine de personnes au nom de la pureté ethnique ? Et l’écolier qui un beau matin tue froidement ses compagnons de classe ?

Encouragée ou non par des factions religieuses ou idéologiques, la bêtise a la même origine : l’ennui, la frustration, l’abrutissement, le désespoir, la sensation d’être pris au piège dont seul peut libérer un grand bond vers le néant.

C’est ce piège qu’il s’agit de briser en brisant l’économie marchande. Sur son passage, elle ne laisse aucune chance à la vie.

Il faudra bien que sur l’autre versant de la désespérance un grand rire se lève, un rire universel ne laissant aucune chance au commerce qui d’un homme fait une chose.

Le rire de la joie de vivre retrouvée.

Raoul Vaneigem
19 janvier 2015,
El Batia Moûrt Soû n° 71.

la voie du jaguar
 

 

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