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Anne Glover enfin congédiée par Bruxelles

  http://www.la-clau.net/img/contingut/logo.png


Bruxelles congédie Anne Glover, pro-OGM et gaz de schiste

http://www.la-clau.net/info/9698/bruxelles-congedie-anne-glover-defenseur-des-ogm-et-du-gaz-de-schiste-9698

 

Lundi 17.11.2014. 17:30h Une information majeure intervient dans le débat éthique sur les OGM et le gaz de schiste. Anne Glover, qui défendait ces solutions, est démise de son poste de conseillère scientifique en chef du président, Jean-Claude Juncker.


La biologiste écossaise Anne Glover / DR

La biologiste écossaise Anne Glover / DR

 

 

La biologiste moléculaire Anne Glover, conseillère scientifique principale du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a été démise de ses fonctions, selon une confirmation effectuée le 12 novembre par Bruxelles. Début 2012, la scientifique écossaise, âgée de 57 ans, avait été nommée à ce poste, créé par le président José Manuel Barroso. Mais en 2013, elle avait soutenu une étude de l'European Academies Science Advisory Council, selon laquelle les conséquences négatives des organismes génétiquement modifiés (OGM) sur la santé humaine et animale ne sont pas démontrées. Parallèlement, elle déclarait que leur refus était une "sorte de folie". La même année, elle défendait le gaz de schiste et redoutait que l’Union européenne, en n'acceptant pas son exploitation, entre "dans une phase de déni".

En août dernier, une vingtaine d’ONG, dont Greenpeace, ont exigé la suppression de son poste, estimé "trop dépendant d’une seule et même personne". Elles assuraient que "les lobbyistes de l’industrie ont compris depuis longtemps que plus l’avis scientifique est concentré dans les mains d’une seule personne, plus il est facile de le contrôler".

 

 la presse.ca 

  | Mis à jour le 18 novembre 2014 à 05h00

http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/paul-journet/201411/17/01-4819875-la-science-selective.php

La science sélective
Aucun trouble de santé lié à la consommation... (Photo Daniel Acker, archives Bloomberg)

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Aucun trouble de santé lié à la consommation d'OGM n'a été détecté, rappelait la prestigieuse revue « Nature ».

Photo Daniel Acker, archives Bloomberg.

Paul Journet
La Presse

La science est vulnérable à la démagogie. On le constate avec la nouvelle cohorte d'élus républicains aux États-Unis, qui prétendent que leur Dieu et leurs tripes suffisent pour réfuter l'écrasant consensus scientifique sur le climat.

Des groupes environnementalistes comme Greenpeace les dénoncent avec raison. Mais ils ont eux aussi la science sélective. Comme les marchands de doute du climat, ils ignorent parfois les faits qui leur déplaisent. La meilleure preuve : leur combat contre les organismes génétiquement modifiés (OGM).

L'année dernière, la conseillère scientifique en chef de la Commission européenne, Anne Glover, a rappelé que « pas un seul élément de preuve » ne justifie d'interdire les OGM.

Greenpeace et huit autres groupes ont alors réclamé sa tête, et même l'abolition de son poste. Ils l'accusaient d'émettre des « opinions partiales » sur ce dossier. Son travail n'était pas « imputable ou transparent », dénonçaient-ils. La riposte a été rapide. Pas moins de 40 grandes organisations scientifiques et 773 chercheurs ont appuyé Mme Glover.

Malgré tout, le couperet est tombé la semaine dernière. Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a aboli son poste. Il songe à le remplacer par une nouvelle formule de conseillers. Selon le quotidien anglais Telegraph, M. Juncker aurait cédé aux pressions des écolos et de pays comme la France.

Cette croisade pose deux problèmes. D'abord, contrairement à ce que prétendent les écolos, Mme Glover ne parlait pas en son nom personnel. Elle relayait un consensus scientifique clair, partagé entre autres par l'Organisation mondiale de la Santé, l'Association américaine pour l'avancement des sciences et l'Association médicale américaine. Aucun trouble de santé lié à la consommation d'OGM n'a été détecté, rappelait l'année dernière la prestigieuse revue Nature.

L'autre problème avec la missive des écolos, c'est leur solution. Si on tient à la science, il ne faut pas effacer le poste de conseiller en chef. Il faut le renforcer, en augmentant la transparence et les ressources.

***

On peut craindre avec raison l'hyper concentration de l'industrie agroalimentaire. Une poignée de joueurs détiennent les brevets, ce qui vulnérabilise les petits producteurs. Mais c'est avant tout un problème économique et agricole, et non de santé publique.

La science est rassurante à cet égard. Certes, consensus ne signifie pas unanimité. Et il n'est pas impossible que des problèmes avec les OGM soient détectés à l'avenir. Mais le principe de précaution ne doit pas se transformer en précautionnisme.

En 2008, le premier ministre Stephen Harper abolissait lui aussi son poste de conseiller scientifique. Sans cette expertise, le Canada deviendra vulnérable aux lobbys, s'inquiétait Greenpeace. « Ils chercheront de petites incertitudes dans les données et s'y attarderont pour jeter un doute sur les résultats. Toute science implique de l'incertitude - c'est ainsi que le système fonctionne. Mais il faut un oeil scientifique pour déterminer si ces incertitudes sont significatives ou non. »

Ça devrait autant être le cas pour les changements climatiques que pour les OGM.

 

Par Michel Soudais - Suivre sur twitter - 6 novembre 2014
Juncker au centre d’un scandale fiscal impliquant 340 multinationales

http://www.politis.fr/Juncker-au-centre-d-un-scandale,28907.html

 

Les accords fiscaux secrets passés entre des centaines de firmes et le Luxembourg, afin de soustraire des milliards d’euros à l’impôt, ont forcément été couverts par le président de la Commission européenne.

Quarante médias internationaux s’appuyant sur des documents obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) viennent de révéler l’existence d’accords fiscaux secrets entre le Luxembourg et 340 multinationales, dont Apple, Amazon, Ikea, Pepsi ou Axa. Ces accords, qui permettent à ces firmes de minimiser leurs impôts, représentent des milliards d’euros de recettes fiscales perdues pour les États où ces entreprises réalisent des bénéfices, selon l’ICIJ et ses médias partenaires, dont Le Monde en France, The Guardian au Royaume-Uni, le Süddeutsche Zeitung en Allemagne, l’Asahi Shimbun au Japon. Ils ont été passés entre 2002 et 2010, soit à une période où Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne depuis le 1er novembre, était aux commandes du Luxembourg.
Ministre des Finances du Grand Duché du 14 juillet 1989 au 23 juillet 2009, il a également été son Premier ministre durant près de 19 ans, du 20 janvier 1995 au 4 décembre 2013. Non seulement M. Juncker ne pouvait ignorer les pratiques mises à jour par l’ICIJ, mais aux postes qu’il occupait il les organisait.

On savait que le Luxembourg était le Duché de l’évasion fiscale. L’intérêt de l’enquête de l’ICIJ est d’en expliquer le mécanisme, révélant par là-même la complicité du pouvoir politique luxembourgeois. La pratique du « tax ruling », mise au jour dans cette enquête de six mois baptisée « Luxembourg Leaks » ou « LuxLeaks », est légale. Elle permet à une entreprise de demander à l’avance comment sa situation sera traitée par l’administration fiscale d’un pays, et d’obtenir certaines garanties juridiques. Les groupes concernés réalisent ainsi des milliards d’euros d’économies chaque année grâce à la création d’une filiale, d’une holding ou au déplacement d’un siège social sur le territoire du Grand-Duché. Avec pour but de payer le moins d’impôt possible.
Les 28 000 pages d’accords fiscaux secrets auxquels l’ICIJ a eu accès concernent 340 grandes entreprises – notamment Apple, Amazon, Verizon, AIG, Heinz, Pepsi, Ikea – et proviennent toutes du grand cabinet de conseil et d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC). Ces accords ne concernent donc que les entreprises clientes de PwC. Et le Luxembourg n’entend pas renoncer à la pratique du « tax ruling » : Elle « fait partie de notre patrimoine et nous voulons la perpétuer dans le respect des règles », déclarait son ministre des Finances, Pierre Gramegna, dans Le Monde du 29 octobre. Avant d’ajouter, non sans cynisme : « Le maintien d’une certaine compétitivité, loyale, entre les États dans le domaine fiscal est indispensable. »

Que ces mécanismes d’optimisation fiscale soient légaux n’en diminue pas le scandale à l’heure où l’Union européenne et ses États membres réclament sur tout le continent à leurs citoyens de se serrer la ceinture au motif qu’il n’y aurait plus d’argent dans les caisses. Derrière la technicité de ces mécanismes révélés par l’ICIJ, il y a des législations qui les ont permis, ces législations relèvent de décisions politiques voulues ou approuvées par des responsables politiques. Ces derniers devraient maintenant rendre des comptes. Dans une démocratie, c’est ainsi que les choses devraient se passer. Mais l’Europe en est-elle seulement une ?

Lorsqu’à l’été dernier il s’est agi de désigner le président de la Commission européenne, nul ne pouvait ignorer que Jean-Claude Juncker, qui était le candidat de la droite (sortie en tête des élections européennes), était aussi le candidat des paradis fiscaux.

Cela n’a pas gêné la plupart des sociaux-démocrates, François Hollande inclus, qui ont accepté de l’introniser. On a même vu Daniel Cohn-Bendit appeler ses amis Verts à faire de même, en vain. À ces derniers, Jean-Claude Juncker a été jusqu’à promettre de « lutter contre la fraude et l’évasion fiscales », promesse réitérée en séance plénière. Hier, interrogé sur le « Luxembourg Leaks » lors de son premier point de presse, Jean-Claude Juncker a promis de ne pas intervenir dans l’enquête européenne sur la pratique fiscale de « tax ruling » qui vise le Luxembourg et trois autres pays [1]. Ne pas intervenir n’est pas tout à fait ce qu’on attendrait d’un responsable politique déterminé à lutter contre l’évasion fiscale.

Un moyen simple de lutter contre l’évasion fiscale consisterait à rétablir « la souveraineté fiscale » en taxant les bénéfices là où ils sont réalisés. C’est ce que recommandait l’OCDE dans un document à destination du G20 publié en septembre. Mais c’est sans doute contraire à la religion néolibérale de Jean-Claude Juncker.

Nota Bene :

Montage photos : HANNELORE FOERSTER / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES/AFP et THOMAS COEX / AFP

[1] Cette enquête ne porte que sur des accords passés par le Luxembourg avec Fiat Finance and Trade, qui fournit des services de gestion de trésorerie au groupe automobile Fiat. Les trois autres visent : 1.L’Irlande pour des accords passés entre l’administration fiscale et le géant américain d’internet Apple, soupçonné d’avoir bénéficié d’un traitement de faveur contraire aux règles européennes de la concurrence. 2. Des soupçons d’avantages fiscaux accordés par les Pays-Bas à la chaîne de cafés Starbucks. 3. Gibraltar, cette dernière enquête ayant été ouverte en octobre.

 

Commission européenne: vers une expertise scientifique plus collégiale?
Le 17 novembre 2014 par Romain Loury
http://www.journaldelenvironnement.net/article/commission-europeenne-vers-une-expertise-scientifique-plus-collegiale,52318
 
Anne Glover quitte Bruxelles
Anne Glover quitte Bruxelles
DR

 

Objet de nombreuses critiques, le poste de conseiller scientifique principal auprès du président de la Commission européenne pourrait ne pas être renouvelé, après que la Britannique Anne Glover vient d’en être mise en congé. Un espoir pour les associations, qui espèrent plus de collégialité dans l’expertise scientifique.

C’est Anne Glover elle-même qui l’a annoncé jeudi dans un Email envoyé à Paul Nurse, président de la Royal Society. Selon ce message publié par le Guardian, ce poste, qui vient d’arriver à échéance en octobre, devrait être supprimé avec la disparition du Bureau des conseillers de politique européenne (BEPA). Il ne devrait pas apparaître dans le futur Centre de stratégie politique européenne (EPSC) qui lui succèdera, ajoute-t-elle.

Rien n’est pourtant certain: Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne, n’a fait aucune annonce à ce sujet, rappelle au JDLE Martin Pigeon de l’association Corporate European Observatory (CEO). Selon lui, Anne Glover pourrait avoir fait cette annonce afin de «forcer Jean-Claude Juncker à plus de lisibilité sur ce sujet».

Les associations ne se plaignent pas trop de l’éventuelle suppression de ce poste. Très favorable aux OGM, ayant joué un rôle que certains jugent trouble dans le dossier des perturbateurs endocriniens, Anne Glover était l’une de leurs bêtes noires.

Mais au-delà de la personne, c’est le bien-fondé d’un tel poste, réduit à une seule personne et doté d’un mandat aussi important, qui suscitait des critiques. Plusieurs associations, dont Greenpeace, les Amis de la Terre et Générations Futures, s’en étaient d’ailleurs plaintes dans des courriers envoyés cet été à Jean-Claude Juncker.

Un «court-circuit» pour les lobbies

Pour Martin Pigeon, ce poste un «court-circuit parfait» pour les lobbyistes, qui «entre en concurrence avec toutes les autres institutions scientifiques de l’UE». D’autant que les avis d’Anne Glover au président de la Commission étaient confidentiels. Pour Christophe Morvan, de la Fondation Sciences Citoyennes, l’existence de ce poste allait à l’encontre de «la collégialité de l’expertise scientifique et de l’expression des opinions minoritaires».

Outre Manche, la communauté scientifique se montre en revanche très critique quant à la suppression probable de ce poste. Le Guardian y voit même «une diminution sévère du rôle de l’expertise scientifique à la tête de la Commission». Pour le Telegraph, Anne Glover paie pour ses opinions pro-OGM, dossier sur lequel Jean-Claude Juncker serait bien moins zélé que son prédécesseur José Manuel Barroso.

Toujours selon le Telegraph, c’est d’ailleurs la France, meneur européen des pays anti-OGM, qui aurait eu la tête d’Anne Glover. Contactés lundi matin, ni le ministère des affaires étrangères (en charge des affaires européennes), ni celui de la recherche n’ont répondu aux sollicitations du JDLE.

Espérant tourner définitivement la page du conseiller spécial, l’association CEO publiera cette semaine des recommandations pour la mise en place d’une réelle expertise scientifique européenne. Interrogé sur la présidence Juncker, Martin Pigeon ne se dit «pas très optimiste: ses priorités iront avant tout à l’emploi et à la croissance, pas à la santé et à l’environnement».

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