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Allez-y donc ,vous ,refroidir les nuages!

Le journal de l'environnement

Il n’y a pas de panacée climatique

Le vendredi 28 novembre 2014 à 17h 26 par Valéry Laramée de Tannenberg
  http://www.journaldelenvironnement.net/article/il-n-y-a-pas-de-panacee-climatique,52876
Des techniques de refroidissement moins efficaces que prévu
Des techniques de refroidissement moins efficaces que prévu

 

Dans l’état actuel des connaissances, il ne faut pas compter sur la capacité de la géo-ingénierie pour contrebalancer le réchauffement. C’est l’une des conclusions que l’on peut tirer à la lecture des résultats de trois programmes de recherche britanniques, publiés en début de semaine.

Extrait : Depuis plusieurs années, physiciens, climatologues, mais aussi sociologues et philosophes cherchent à évaluer l’efficacité de ces technologies de «refroidissement» du réchauffement, de contrôle du rayonnement solaire ou d’extraction du CO2 de l’atmosphère. 

Refroidir les nuages

Tout a commencé en 2009, avec la publication d’un rapport de la Royal Society montrant les avantages (une certaine capacité à refroidir le climat) et les inconvénients potentiels (dommages régionaux, inaction sur les émissions ou l’acidification) de concepts technologiques: sulfatage de l’atmosphère pour refroidir les températures, réémission vers l’espace d’une partie de l’énergie solaire, blanchiment des nuages pour accroître l’albédo du globe, fertilisation de l’océan, etc.

Dans la foulée, les universités de Leeds, d’Oxford et de Bristol ont initié trois programmes de recherches: IAGP, pour évaluer la pertinence technique des solutions proposées; SPICE, pour valider le concept de sulfatage de l’atmosphère (comme le ferait une grosse éruption volcanique) et CGG pour étudier la gouvernance de projets de géo-ingénierie. 

Une efficacité modérée

Lundi 24 novembre, c’est encore une fois à la Royal Society que les scientifiques ont rendu leurs premières conclusions. Les techniques de refroidissement de l’atmosphère sont moins efficaces qu’on ne le pensait. Les simulations réalisées sur des modèles informatiques montrent qu’elles ne rafraichissent pas le climat partout. Très efficaces au pôle Sud, le long des côtes des continents, dans certaines régions des Amérique, elles ne sont, en revanche, d’aucune utilité pour le continent euro-asiatique.

Pis, elles pourraient bouleverser le régime des précipitations au-dessus de l’Afrique, de l’Australie, de l’Europe du Nord, du centre de l’Amérique du Sud et de l’Asie centrale. Autre sujet d’inquiétude: l’effet climatiseur, dont l’ampleur est difficile à évaluer, est de courte durée. «Aucune des solutions testées n’a permis de conserver très longtemps un niveau de températures comparable à celui observé entre 1986 et 2005», indique une note publiée par l’IAGP.

L’opinion publique n’a pas été oubliée. Plusieurs petites conférences de consensus ont été organisées dans des villes du Royaume, comme cela a été fait sur d’autres sujets clivants, tels les OGM ou les nanotechnologies. Les Britanniques ne débordent pas d’enthousiasme à l’idée de manipuler (une fois de plus) le climat. Si la réduction des émissions des gaz à effet de serre reste leur mode d’action favori, ils préfèrent, dans l’absolu, capter le CO2 atmosphérique (grâce à des arbres artificiels ou à des efflorescences algales) plutôt que de déployer des miroirs spatiaux pour renvoyer dans le cosmos une partie de l’énergie solaire.

Les conclusions des chercheurs britanniques rejoignent celles des rédacteurs du dernier rapport du Giec[1]. En France, l’atelier Réagir avait estimé qu’il fallait poursuivre la recherche, en particulier sur les potentiels, les risques, la faisabilité et les contingences politiques ou éthiques de certaines techniques.

[1] Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat.

 

L’EPA veut moins d’ozone

Le 28 novembre 2014 par Romain Loury

 http://www.journaldelenvironnement.net/article/l-epa-veut-moins-d-ozone,52879

En bleu foncé, les zones où le seuil de 70 ppb est dépassé

En bleu foncé, les zones où le seuil de 70 ppb est dépassé

 

Les Etats-Unis s’apprêtent à abaisser leur norme de qualité de l’air pour l’ozone, actuellement fixée à 75 ppb, jusqu’à 60 ppb. Selon l’Agence de protection de l’environnement (EPA), cela permettrait d’éviter jusqu’à 4.300 décès prématurés par an.

Gina McCarthy, directrice de l’EPA, l’a annoncé mercredi 26 novembre: le seuil d’ozone va être abaissé à une valeur comprise «entre 65 et 70 ppb», voire à 60 ppb. Une fois la proposition publiée au Federal Register, elle sera soumise à consultation publique pour une durée de 90 jours, avec une norme publiée le 1er octobre 2015. Selon leur niveau de pollution, les Etats auront de 2020 à 2037 pour s’y conformer.

«L’exposition à l’ozone à des niveaux inférieurs à 75 ppb –seuil actuel- pose déjà de sérieux problèmes pour la santé publique, aussi bien au niveau du système respiratoire –entraînant ou aggravant l’asthme et d’autres maladies pulmonaires-, et est liée à des décès prématurés de nature respiratoire ou cardiovasculaire», rappelle l’EPA. 

Un dollar investi, 3 épargnés

Selon une analyse de la littérature menée par l’agence, un seuil fixé entre 65 ppb et 70 ppb serait bénéfique aussi bien chez les enfants, en prévenant jusqu’à 960.000 crises d’asthme par an et un million de jours d’école manqués, que chez les adultes, en évitant jusqu’à 4.300 décès prématurés et 180.000 jours d’arrêt-maladie. Bilan: tout dollar investi afin de respecter le nouveau seuil permettra d’en économiser 3 en coûts de santé.

Dans l’UE, c’est le seuil de 60 ppb –équivalent à 120 µg/m3 d’air- qui est en cours depuis 2010. Il s’agit d’une moyenne maximale sur une période de 8 heures (comme aux Etats-Unis), à ne pas dépasser plus de 25 jours par année civile, avec une moyenne calculée sur 3 ans.

Outre le risque sanitaire, l’ozone constitue un véritable danger pour l’agriculture mondiale. Selon une étude de 2009 citée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son dernier rapport, l’élévation du niveau d’ozone au cours de l’ère industrielle a sévèrement amputé les rendements agricoles de plusieurs grandes cultures: -10% pour le blé et le maïs, -3% à -5% pour le soja et le riz.

 

147 installations génèrent la moitié des émissions industrielles

Le 25 novembre 2014 par Stéphanie Senet

 http://www.journaldelenvironnement.net/article/147-installations-generent-la-moitie-des-emissions-industrielles,52711

Carte des 147 installations les plus polluantes de l'UE

Carte des 147 installations les plus polluantes de l'UE

La pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre provenant des installations industrielles ont causé en Europe des dommages compris entre 59 et 189 milliards d’euros en 2012, selon un rapport publié ce 25 novembre par l’Agence européenne de l’environnement (AEE). 

Les usines ne génèrent pas toutes des émissions problématiques pour l’environnement ou la santé. L’AEE relève que 147 installations seulement (soit 1% des 14.325 installations observées entre 2008 et 2012[1]) causent la moitié de ces dommages annuels, dont le montant total pourrait être comparable au PIB de la Finlande.

Parmi les 30 installations les plus dommageables (cf. illustration), on trouve 26 installations de production d’énergie, alimentées au charbon ou au lignite (centrales électriques, chaudières, réseaux de chaleur). Celles-ci sont situées en Allemagne, Bulgarie, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni. Selon l’agence basée à Copenhague, les oxydes d’azote, l’ammoniac, les particules fines PM10 et le dioxyde de soufre causent le plus de dégâts (de 40 à 115 Md€), devant le dioxyde de carbone (18 à 73 Md€). En comparaison de ces factures au montant faramineux, les dommages liés aux métaux lourds et aux polluants organiques (benzène, dioxines, furanes) apparaissent mineurs: respectivement 340 M€ et 100 M€ en 2012.

[1] L’AEE s’est intéressée aux 27 Etats membres de 2008 ainsi qu’à la Norvège et la Suisse.

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