"Un an après... Quelles réponses à la violence? "
Un an après les attentats de Janvier 2015, où en sommes-nous dans la compréhension de ces tragiques événements ? Après l’émotion suscitée par ces drames – colère, effarement, douleur, etc., sommes-nous en mesure, aujourd’hui, de prendre de la distance et d’analyser les ressorts qui ont conduit certains à perpétrer ces massacres. Quelle est la réelle dimension religieuse de ces évènements ? Et quelles sont les failles de notre société qui ont favorisé la radicalisation et l’émergence de ce que certains appellent le djihad de la troisième génération?
Cette violence est-elle le signe d’un dysfonctionnement psychique, d’un désarroi, d’une position radicale du refus de l’Autre, qui trouverait son origine dans le délitement de notre société?
Les réponses politiques apportées à ce moment là, à savoir la réaffirmation des valeurs républicaines et celles de laïcité, sont-elles encore susceptibles d’apaiser les tensions, d’éviter les ruptures ? Si oui, selon quelles modalités ? Comment les repenser tout en restaurant les liens sociaux et en incluant la société entière dans sa diversité?
Comment le modèle républicain français peut-il évoluer vers une citoyenneté plurielle et interculturelle, qui permettrait à chacun-e de trouver sa place, d’être reconnu-e dans ses filiations et affiliations?
Autant de pistes que la table ronde et la journée de travail se proposent de questionner. Nous privilégierons une approche pluridisciplinaire réunissant universitaires, professionnels, citoyens, pour éclairer la problématique de ces violences, et cela à travers le prisme du rapport à l’autre, du rapport à la différence culturelle. En effet, si la violence du terrorisme a été l’objet de réflexions dans plusieurs séminaires et journées d’étude qui se sont déroulés depuis janvier 2015, la question du traitement individuel, collectif, politique, institutionnel, étatique de la diversité culturelle dans une France profondément plurielle n’a pas été suffisamment abordée, voire même a été occultée.
Séminaire de psychologie interculturelle : "Un an après... Quelles réponses à la violence?"(université Jean-Jaurés, Toulouse)
07/01/16 : TABLE RONDE 20h
François CHILOWICZ, documentariste, Paris
Patrick DENOUX, Pr de Psychologie interculturelle, Responsable de l’axe de psychologie interculturelle du LCPI, UT2J
Marie-Christine JAILLET, Chercheuse en sociologie, CNRS/CIEU-LISST, UT2J
Odile REVEYRAND-COULON, MCF-HDR honoraire en psychologie interculturelle, Université Bordeaux 2
Le débat sera animé par Zohra GUERRAOUI, MCF en psychologie interculturelle, LCPI, UT2J
08/01/16 : RENCONTRE CHERCHEURS-PROFESSIONNELS
8h30 - Accueil des participants, café/croissants
9h-9h15 – Allocution de J.M. MINOVEZ, Président de l’Université de Toulouse 2 Jean Jaurès
9H15-9H30 – Allocution de G. PIRLOT, Directeur du LCPI, UT2J
9h30-10h – Zohra GUERRAOUI, MCF de Psychologie interculturelle, UT2J : Introduction de la journée
10h-10h45 –Yoram MOUCHENIK, Pr de Psychologie clinique interculturelle, Université Paris 13 : Affiliations meurtrières et radicalisation" quelles pistes de recherche ?
10h45 : Pause
11h-11h45 : Malika MANSOURI, MCF de Psychologie, Université Paris 5 : Les enjeux identificatoires des radicalités
11h45-12h30 : Audrey HEINE, Dr en psychologie sociale et interculturelle, CRPSI, Université Libre de Bruxelles : Rejet dans le pays d'origine des parents, complexe filiation et revendication identitaire
Modératrice : Gésine STURM, MCF en Psychologie interculturelle-LCPI, UT2J
12h - Déjeuner libre
14h-14h45 : Isabelle PATIN, Psychologue interculturelle, LCPI-UT2J-Association AMAR Montauban : La prise en compte des effets de la violence crée une nouvelle dynamique professionnelle interculturelle.
14h45-15h30 : Martine BOUDET, Pr agrégée de Lettres Modernes, Dr en littérature française, Lycée Raymond Naves, Toulouse : De la diversité et de l'interculturel dans les programmes de français et de morale laïque et citoyenne.
15h30 : Pause
15h45-16h30 : Pascal MARCHAND, Membre de la Ligue des Droits de l’Homme, Section de Toulouse : La radicalisation: entre vraies questions et fausses réponses.
16h30-17h : Clôture de la journée par Patrick DENOUX, Pr en psychologie interculturelle, LCPI-UT2J
Modérateur : Françoise GOUZVINSKI, Psychologue, PAST en Psychologie interculturelle-LCPI, UT2J
Lieu(x) :Jeudi 7 janvier 2016
Espace de la diversité et de la citoyenneté
38, Rue d’Aubuisson 31000 Toulouse
Vendredi 8 janvier 2016
Université Toulouse 2-Jean Jaurès,
Amphithéâtre de la MDR
Laboratoire Cliniques Pathologique et Interculturelle
LE MONDE | 05.01.2016 à 11h03 • Mis à jour le 05.01.2016 à 19h20 | Par Jean-Baptiste Jacquin
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Dans le texte transmis au Conseil d’Etat, le gouvernement explique donc vouloir « renforcer de façon pérenne les outils et moyens mis à disposition des autorités administratives et judiciaires, en dehors du cadre juridique temporaire mis en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence ». Le projet de loi « renforçant la lutte contre la criminalité organisée et son financement, l’efficacité et les garanties de la procédure pénale » ne devrait pas être prêt avant début février.
Dans ce projet de loi initialement prévu pour ne concerner que la procédure pénale a été introduit un certain nombre de dispositions voulues par le ministère de l’intérieur après les attentats du 13 novembre. Avec pour objectif « d’obtenir des outils performants susceptibles de réduire la nécessité de l’état d’urgence », décrypte un proche du dossier.
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Exemple : les perquisitions de nuit peuvent être décidées par les préfets dans le cadre de l’état d’urgence alors qu’en temps normal elles sont réservées aux informations judiciaires, donc décidées par un juge d’instruction – les locaux d’habitation en étaient en outre exclus. Désormais, elles pourront être ordonnées dès l’enquête préliminaire dans des affaires de terrorisme, y compris dans les logements, et seront même possibles de façon préventive lorsqu’il s’agira de « prévenir un risque d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ». Les pouvoirs de la police judiciaire sont ici considérablement renforcés. Néanmoins, on reste éloigné des mesures propres à l’état d’urgence.
Mais la tendance est bien au glissement des méthodes du renseignement vers l’antiterrorisme, de celles de l’antiterrorisme vers le crime organisé, puis du crime organisé vers la délinquance ordinaire. La France s’accoutume de certaines procédures d’exception au point où elles se retrouvent dans le droit commun.
Les policiers, prévoit le texte, pourront désormais fouiller les bagages, les voitures, et contrôler l’identité de n’importe qui. Il fallait jusqu’ici une présomption d’infraction, ou une autorisation sur un périmètre délimité et une durée limitée des parquets. Désormais, les gardiens de la paix y seront autorisés, en cas de suspicion d’activité terroriste, à la seule demande des préfets.
Par ailleurs, les forces de l’ordre peuvent aujourd’hui retenir une personne sans pièce d’identité pendant quatre heures. La nouveauté, c’est qu’elles pourront aussi le faire si cette personne, même mineure, et hors la présence d’un avocat, a une pièce d’identité. A la condition assez floue qu’il y ait « des raisons sérieuses » de penser qu’elle a un lien avec une activité terroriste.
Le projet de loi assouplit les règles d’engagement armé des policiers au-delà de la légitime défense. Ils pourront utiliser leur arme lorsque cela apparaît « absolument nécessaire pour mettre hors d’état de nuire une personne venant de commettre un ou plusieurs homicides volontaires et dont il existe des raisons sérieuses et actuelles de penser qu’elle est susceptible de réitérer ces crimes dans un temps très voisin des premiers actes ».
Autre innovation, la création d’une assignation à résidence et d’un contrôle administratif, hors état d’urgence, pour les personnes revenant d’Irak ou de Syrie, ou seulement soupçonnées d’avoir « tenté de se rendre sur un théâtre d’opérations de groupements terroristes ». Les nouveaux outils à la disposition de la police s’accumulent. Mais, le gouvernement ne parviendra pas à la faire adopter avant la fin de l’état d’urgence, le 26 février. A moins qu’il ne soit prolongé en attendant.
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