Côte landaise, le jour d'après Le calme semble être revenu ce matin sur les Landes. Les oiseaux, le bruit d'une tondeuse à gazon au loin remplacent hélicos et fourgon bleus. Hier après-midi déjà les barrages étaient levés et toutes traces de cet épisode paraissaient effacées, comme après un tournage, une superproduction. On pourrait même croire que la liberté d'expression est de nouveau possible. Hier l'armée française a bombardé l'Atlantique Nord à coup de missile M 51, sans déclaration de guerre. Opération Polyodon, ça claque. Ca passe inaperçu Tant que les écolos ne condamnent pas la pêche en eau profonde au missile nucléaire, tout va bien. Aucune attaque suicide de requins n'est attendue en représailles sur les côtes, la menace est contenue. Reste le coût, 120 millions d'euros pour atomiser quelques sardines, mais pour la grandeur de la France, rien n'est trop cher. Dehors, tout semble normal et pourtant, rien ne sera plus comme avant. C'est étrange les réflexes qui restent. Certain/e/s ancien/ne/s taulard/e/s racontent les barreaux qui collent, la liberté à réapprendre. Mais même « libre », je sais désormais les moyens que l'état peut mettre en ?uvre pour me confisquer ma liberté. Je ne comprends pas qu'aussi peu de personnes se sentent concernées par la perte de nos libertés publiques et privées, par cette surveillance de chacun/e qui se met en place. Je ne souhaite à personne de vivre l'enfer de la surveillance 24/24, cachée ou ouverte, de se savoir épié, écouté en permanence sans jamais savoir si l'on a réussi à s'extraire de leur toile. Je ne souhaite à personne de savoir son entourage, sa famille en liberté surveillée pour ses choix idéologiques, pour ses combats. Peut être que penser que ça n'arrive qu'aux autres rassure, mais après nous, qui sont les autres ? Les pratiques illégales, ou légales avec l'accord du parquet, complice parfois, vont être légalisées et étendues aux services de police et militaire, les pratiques illégales pourront désormais aller plus loin. Une dictature en silence s'est installée localement, le temps d'un tir de missile. Le plus grand nombre n'en aura vu que les aspects visibles semblables à ceux d'un état policier, barrages sur les routes, interdiction de zones, des plages. Peu en auront connu les aspects les plus invisibles et les plus sombres, la traque aux opposant/e/s et là, tous les coups sont permis avec tous les moyens disponibles. La liberté d'expression s'arrête visiblement aux portes du nucléaire et du militaire, mais je sais cette liste si peu exhaustive. Comme dans toute bonne dictature, les forces de l'ordre et les services de renseignement sont mobilisés pour dissuader, dans une grande démonstration de force, toutes tentatives de contestation. Les indissuadables seront soumis au régime supplémentaire « barbouzes et coups tordus » et si l'on peut les clouer au pilori en place publique, ça fera des exemples. Les marchands de mort sont partis entraînant dans leur sillage leurs escortes de militaires, forces spéciales, gendarmes et renseignant/e/s en tout genre, le rideau peut se tirer. La France continue d'être un grand gendarme du monde et exporte toujours sa démocratie à géométrie variable dans des opérations guerrières ou dans le soutien aux répressions, propositions d'envoi de nos spécialistes du maintien de l'ordre en Tunisie, envoi d'instructeurs à Bahreïn, vente d' Amesys à Kadhafi avant de finalement le lâcher??. Côte landaise, le jour d'après, réapprendre à vivre normalement en attendant le prochain jour d'avant.