16 06 2015
La situation est d’une ironie mordante : après l’adoption à une écrasante majorité par l’Assemblée nationale du projet de loi controversé sur le renseignement et la surveillance, le Congrès américain a rechigné à renouveler le célèbre Patriot Act qui, peu après le 11-Septembre, a délié les mains de la National Security Agency (NSA). Et même si la posture critique de l’Amérique à l’égard de la surveillance de masse sera probablement de courte durée, il est choquant de voir la France avancer en sens inverse.
L’expérience américaine est éclairante pour comprendre le projet de loi française et notamment ses dispositions les plus controversées. Parmi ces dernières, de nombreux débats ont concerné les « boîtes noires » qui doivent être installées chez les principales entreprises de télécommunications, afin de repérer les comportements suspects d’internautes avec l’aide d’algorithmes et d’analyse de métadonnées (les données hors du contenu d’un message : son destinataire, son heure d’envoi…). Après tout, si des algorithmes sont capables de nous recommander des films à regarder, pourquoi ne pourraient-ils pas nous conseiller des suspects sur lesquels enquêter ?
Par La rédaction - Vidéosurveillance, fichage, biométrie
-Ensuite:
La NSA a mis la République sur écoute
Les présidents François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, ainsi que de nombreux ministres, des hauts-fonctionnaires, des parlementaires ou des diplomates, ont été directement ou indirectement écoutés pendant près d'une décennie par les services secrets américains, selon des documents confidentiels de la National Security Agency (NSA) obtenus par Wikileaks et Mediapart.
[ENQUÊTE] - 2004-2012 : Hollande, Sarkozy et Chirac directement écoutés
[DOCUMENT] - Ce que révèlent les documents Wikileaks
[ANALYSE] - Depuis Snowden, les silences gênés du pouvoir français
[PARTI PRIS] - Loi renseignement : un copier-coller des méthodes de la NSA
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