Publié le 13 avril 2015
EMPREINTE TERRE
Les climato-sceptiques ne désarment pas : au Congrès à Washington, dans certaines administrations en Floride, ou encore dans les musées d'histoire naturelle, ils tentent d'imposer leur vision du monde au sein de l’administration américaine. Et ce avec le soutien financier des lobbys du pétrole, du gaz et du charbon. Pour faire évoluer les mentalités, les spécialistes préviennent : il faudra faire beaucoup de pédagogie, et cela prendra du temps.
Quand on lui demande si le changement climatique existe, le gouverneur républicain de Floride Rick Scott se garde toujours de répondre "non". Il préfère expliquer qu'il n'a pas d'avis arrêté parce qu'il n'est pas un scientifique. En août dernier, dans ce qui ressemblait à un geste d'ouverture, il a convié quelques scientifiques pour parler précisément du climat.
Parmi eux, le Dr Harold Wanless, un géologue chevronné de l'université de Miami qui pensait tenir là une occasion de convaincre l'élu de l'urgence de la situation. "La rencontre a duré 30 minutes. Il avait l'air de penser à autre chose. Je ne suis même pas sûr qu'il faisait attention à nous", se désespère-t-il encore.
Des journalistes ont révélé, quelques mois plus tard, qu'au Ministère chargé de la protection de l'environnement de ce même État de Floride, les termes "changement climatique", "réchauffement de la planète" ou "développement durable" avaient carrément été bannis des mails et autres documents officiels. À titre d'exemple, dans l'édition 2009-2010 du rapport annuel sur les océans et les côtes de Floride, l'expression "changement climatique était mentionnée à 15 reprises. Dans l'édition 2014-2015, elle n'est plus mentionnée une seule fois. Entre les deux ? L'élection de Rick Scott.
En France, à quelques mois du rendez-vous crucial de la COP21, entendre un responsable politique de dimension nationale prétendre que le réchauffement climatique n'existe pas ou que l'homme n'en est pas responsable constituerait un dérapage isolé. Aux États-Unis en revanche, c'est monnaie courante.
Selon le think-tank progressiste Center for American Progress, au Congrès, 53% des représentants et 70% des sénateurs républicains sont ouvertement climato-sceptiques. "Ignorer les faits, c'est une arme politique redoutable, presque aussi efficace que bloquer une proposition de loi", constate, impuissant, Connor Gibson, chercheur pour l'organisation écologiste Greenpeace.
Les climato-sceptiques s'immiscent partout dans le débat. Parfois dès l'école : en Virginie-occidentale, des parents ont découvert qu'un élu avait fait modifier les programmes scolaires pour y instiller l'idée que la hausse générale des températures est un phénomène réversible. Autre lieu de bataille : les musées. Une trentaine de scientifiques de renom ont publié une lettre ouverte il y a quelques semaines, exigeant que les musées d'histoire naturelle n'acceptent plus de dons venant des lobbys des énergies fossiles.
Ils ont notamment fait remarquer que David Koch, l'un des deux frères milliardaires qui financent largement le climato-scepticisme aux États-Unis, siégeait en personne au conseil d'administration de deux musées prestigieux à New-York et Washington. "Quand des mécènes de théories fausses sur le réchauffement de la planète financent des expositions, ils portent atteintes à la crédibilité d'institutions responsables de transmettre au public le savoir scientifique", peut-on lire dans cette lettre ouverte.
Pour repérer ceux qui financent le climato-scepticisme, le sénateur démocrate Ed Markey propose de lancer une enquête parlementaire. Mais pour Greenpeace, les responsables sont connus : "Depuis 20 ans, en donnant massivement pour les campagnes électorales, l'industrie du gaz, du charbon et du pétrole pollue tout. Exactement comme l'industrie du tabac, au siècle dernier, a réussi à faire croire que fumer n'était pas mauvais pour la santé !", assène Connor Gibson.
Barack Obama, inquiet de l'image que cela peut donner des États-Unis, a lui-même pointé du doigt ces lobbys : "Vous avez des élus qui sont des complices des pétroliers ou des géants des industries fossiles et il y a beaucoup d'argent en jeu", n'a pas hésité à lancer le président américain dans une interview récente.
Contre les climato-sceptiques, l'ex vice-président Al Gore répète qu'il faudrait employer la manière forte : les "punir" avec des amendes. Aux États-Unis, pays de la liberté d'expression, le projet a peu de chance d'aboutir. Pour que les mentalités évoluent réellement, il faudra surtout du temps. "Les élus, ces imbéciles, sont en train de balader les électeurs. Il faut que les gens se réveillent, il faut éduquer le plus grand nombre", presse le Dr Harold Wanless.
Google, qui a investi massivement dans les énergies renouvelables, réfléchit de son côté à une solution pour désindexer de sa recherche les articles qui doutent du réchauffement climatique.
Fannie Rascle, correspondante à Washington
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Gare si vous osez publier une étude contre les biotechnologies : Monsanto va vous diffamer, vous discréditer. Pour la première fois, un employé de Monsanto reconnaît publiquement qu’au sein de l’entreprise, un service entier a pour seul but de « discréditer » et « dégommer » les scientifiques qui critiquent les OGM .
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La photo vient d’être prise dans les Landes, près d’une zone sensible de captage des eaux !! Le couvert végétal de l’hiver est arrosé d’herbicide. Lorsque les herbes crèvent, elle prennent cette "belle" couleur rouge.
Un employé de Monsanto l’a reconnu : il existe un département entier pour « discréditer » les scientifiques. Mais personne ne le sait.
Gare si vous osez publier une étude contre les biotechnologies : Monsanto va vous diffamer, vous discréditer. Pour la première fois, un employé de Monsanto reconnaît publiquement qu’au sein de l’entreprise, un service entier a pour seul but de « discréditer » et « dégommer » les scientifiques qui critiquent les OGM .
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment classé le glyphosate – qui est présent dans le Roundup, le produit en tête des ventes chez Monsanto - comme cancérigène, une information qui enflamme le débat sur les biotechnologies. Monsanto a tout simplement exigé que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) reviennent sur leur position concernant le caractère toxique de ce produit pour la santé humaine.
Monsanto exige cela alors qu’une étude contrôlée par des pairs et publiée en mars 2015, dans le très respecté journal « The Lancet for Oncology » présentait des analyses qui prouvaient que le glyphosate était en fait « probablement cancérigène ».
Philip Miller, vice-président chez Monsanto pour les Affaires règlementaires mondiales, affirmait à l’agence Reuters dans une interview : « Nous nous posons des questions sur la qualité de l’évaluation. L’OMC doit des explications ». Pourtant, les explications ont déjà été données, Mr Miller. Dans l’étude, on peut lire :
« Le glyphosate est un herbicide à large spectre, dont les volumes de production sont actuellement les plus élevés de tous les herbicides. Il est utilisé dans plus de 750 produits en agriculture, sylviculture et dans des usages urbains et domestiques. Son utilisation a fortement augmenté avec l’expansion des variétés de plantes modifiées génétiquement pour être tolérantes au glyphosate. On a retrouvé du glyphosate dans l’air lors des épandages, dans l’eau, et dans les aliments. Il y AVAIT des preuves limitées du caractère cancérigène du glyphosate chez les humains.
On a mis en évidence la présence de glyphosate dans le sang et les urines de travailleurs agricoles, ce qui indique qu’il a été absorbé. Les microbes du sol dégradent le glyphosate en acide aminométhylphosphonique (AMPA). La recherche d’AMPA dans le sang après une intoxication, suggère un métabolisme microbien chez les humains. Le glyphosate et les formules à base de glyphosate provoquent des lésions de l’ADN et des chromosomes dans des cellules in vitro de mammifères et d’humains. Une étude fait état de lésions chromosomiques (micronoyaux) des marqueurs sanguins, chez les habitants de plusieurs collectivités après l’épandage de formules contenant du glyphosate. »
Lors d’une conférence à laquelle participaient essentiellement des étudiants qui espéraient recevoir des stages bien payés dans leur domaine, un étudiant demanda ce que Monsanto faisait pour contrer les allégations de « mauvaise science », à propos du travail de l’entreprise.
Le Dr Willian « Bill » Moar, qui est employé de Monsanto pour animer des conférences sur les produits de Monsanto dans le but de rassurer tout le monde sur le fait qu’ils sont sans danger, oublia peut-être que la conférence était publique, lorsqu’il révéla ouvertement que :
« Il y a tout un service (en écartant ses bras pour bien souligner l’ampleur) dédié uniquement au dégommage des scientifiques qui ne sont pas d’accord avec nous. »
C’est probablement la première fois qu’un salarié de Monsanto reconnaît publiquement que l’entreprise utilise tout son poids politique et financier pour faire pression sur les scientifiques qui osent publier quelque chose contre l’entreprise. Bien sûr, vous ne trouverez aucune trace de ce service de désinformation sur leur site Internet.
Rien n’empêchera cette entreprise de discréditer et de dévaluer les contributions d’une revue respectée et irréprochable comme le Lancet et d’organismes scientifiques comme l’OMS et le CIRC notamment.
Les enjeux sont particulièrement élevés. Toute l’industrie des semences OGM (Monsanto détient actuellement le monopole sur plus des trois quarts de ces semences) repose sur leur tolérance au Roundup (Roundup Ready). Le glyphosate est le produit phare de Monsanto et représente des milliards de dollars de vente si on y ajoute les semences qui sont vendues pour s’adapter à l’herbicide le plus vendu par Monsanto.
Avec une seule phrase rendue publique, Moar a reconnu que les données scientifiques financées par Monsanto ne sont que de la propagande pure et simple. En fait, cette entreprise emploie des douzaines, voire des centaines de personnes pour s’assurer qu’aucune étude scientifique qui dit la vérité sur les produits de Monsanto et leur caractère cancérigène, ne puisse être jugée crédible dans l’ère de l’information.
Monsanto a aussi retenu les informations d’organismes de régulation, en particulier aux Etats-Unis, où le système des vases communicants entre les multinationales de l’agrochimie et le gouvernement semble ne jamais vouloir s’achever.
Par Christina Sarich, paru dans NaturalSociety le 6 avril 2015. Traduction amis de la Terre Landes.
Pour en savoir plus sur le glyphosate, voir notre article et les fiches téléchargeables.
"L’herbicide le plus vendu dans le monde, présent dans le corps humain" : http://www.amisdelaterre.org/L-herbicide.html
"Est-ce que le glyphosate favorise la résistance aux antibiotiques" : http://www.amisdelaterre.org/Nouvel-article,1878.html
"Glyphosate : intolérance au gluten et maladies cœliaques" : http://www.amisdelaterre.org/Glyphosate-intolerance-au-gluten.html
Rédigé le 11 avril 2015
-Marche mondiale contre Monsanto le 23 mai 2015
Le 23 mai 2015, les citoyens du monde entier, dans une cinquantaine de pays et une vingtaine de villes françaises, marcheront à nouveau contre Monsanto et consorts (Bayer, Syngenta, les multinationales des OGM et des pesticides). Toutes et tous dans la rue pour condamner ce modèle agricole accro à la chimie et aux manipulations du vivant, imposé au détriment des peuples et des paysans qui les nourrissent !
OGM et TAFTA, même combat De même, nous affirmerons notre opposition au projet de Grand marché transatlantique (TAFTA ou TTIP), cheval de Troie des multinationales de l’agrobusiness pour imposer les OGM et réduire toujours plus les normes sanitaires supposées protéger la santé des consommateurs.
Avec le nouveau règlement européen sur la nationalisation des autorisations de mises en culture des OGM voté en janvier 2015, nous devons nous mobiliser pour montrer que les Français ne veulent toujours pas d’OGM, ni dans nos champs, ni dans nos assiettes.
Réclamer une alimentation saine pour tous Nous manifesterons notre volonté d’une agriculture respectueuse des travailleurs agricoles comme des écosystèmes, et d’une alimentation capable de garantir notre santé et celle de nos enfants.
Nous défendrons une agriculture relocalisée et écologique permettant d’assurer aux producteurs un revenu juste et aux consommateurs des produits sains. L’agriculture biologique, sans OGM ni pesticide toxique, ne doit pas devenir une niche commerciale, mais bien la solution pour offrir une alimentation saine pour TOUS.
20 marches organisées en France, besoin de soutien Nous invitons toutes les organisations, associations, collectifs, coopératives ou Amaps, à se joindre à l’organisation de l’une des vingt marches qui auront lieu dans toutes les régions de France. Lancées de façon autogérée par des citoyens soucieux de s’engager, ou par des militants associatifs locaux, ces marches sont des événements ouverts, sur un positionnement 100% citoyen, sans étiquette politique.
Toutes et tous dans la RUE le 23 Mai 2015
PENSEZ À INVITER VOS AMI(E)S A L’EVENT sur Facebook pour retrouver la liste de toutes les marches ! #MaM2015 : https://www.facebook.com/events/333023593561520
Voici une première liste des marches régionales pour la #MaM2015 !!!
Paris : https://www.facebook.com/events/996899193657121/
Brest : https://www.facebook.com/events/663061860468975/
Lille : https://www.facebook.com/events/1542680492652211/
Strasbourg : https://www.facebook.com/events/1540787802832413/
Tours : https://www.facebook.com/events/773730486044457/
Bordeaux : https://www.facebook.com/events/433120260190336/
Lyon : https://www.facebook.com/events/652392381555877/
Nice : https://www.facebook.com/events/991536840873684/
Cherbourg : https://www.facebook.com/events/625997460862465/
Clermont-Ferrand : https://www.facebook.com/events/1611872439032444
Caen : https://www.facebook.com/events/850962354970901
Peyrehorade (où il y a une usine de Monsanto) : https://www.facebook.com/events/637272466418738
Bayonne : https://www.facebook.com/events/1446511682254117
Nantes : https://www.facebook.com/events/420568914773141
Marseille : https://www.facebook.com/events/912268158804334
Carhaix : https://www.facebook.com/events/643366982435444
Rennes : https://www.facebook.com/events/1617007215185992
Montpellier : https://www.facebook.com/events/360112537512276
Toulouse : https://www.facebook.com/events/1562576807362400/1577807852505962/
Combat Monsanto et le Collectif citoyen les Engraineurs