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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 09:28

Interception par  Pascal Dervieux ,  Lionel Thompson le dimanche de 9h10 à 10h


Bretagne : une histoire de grains pourris


Dangers Alimentaires

Gravement intoxiqués par les pesticides, ils portent plainte

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Laurent Guillou et Stéphane Rouxel, deux anciens salariés dans l’agroalimentaire, ont été intoxiqués par des pesticides qui servaient à conserver des céréales destinés à l’alimentation du bétail.

Les deux employés, ont annoncé aujourd’hui avoir engagé une triple procédure aux Prud’hommes contre leur ancien employeur, la société Nutréa, filiale de Triskalia, le plus important groupe d’agro-alimentaire de Bretagne (4 500 salariés et 20 000 agriculteurs adhérents). Ils veulent faire condamner leur entreprise pour atteinte à leur intégrité physique et pour avoir traité des céréales avec un produit antiparasitaire, le Nuvan Total (contenant du dichlorvos), interdit depuis juin 2007.

  • Nutréa a reconnu que le Nuvan Total avait été utilisé « par erreur » en mars 2009. Elle affirme que 180 litres de ce produit avait été utilisé alors que les employés en ont compté 575 litres.
  • En 2010, lorsque le Nuvagrain fût utilisé (un produit cette fois-ci autorisé), des prélèvement sur les céréales ont révélé que la teneur en pesticides était sept fois supérieure à la dose maximale autorisée. De plus, les protections ne s’avéraient pas suffisantes, les employés ne disposaient que de masques en papier.

Pourquoi utiliser des insecticides pour conserver les céréales ?

Photo de Claude Stéfan

Laurent explique la situation : « On réceptionnait et transportait des céréales venant de hangars où elles étaient stockées. Mais, pour des raisons d’économies, la direction a décidé de ne plus faire fonctionner la ventilation dans ces hangars. Du coup, les céréales entreposées ont commencé à s’échauffer et ont été infestées de vermines, des milliards de charançons, de moucherons… C’était l’horreur. Pour pouvoir s’en débarrasser, l’entreprise a traité avec de fortes doses de pesticides. C’est comme ça que l’on a été intoxiqué ». [1]

Des conséquences à tous les niveaux

  • Les deux salariés ne sont pas les seuls intoxiqués, sur 70 employés 18 sont suivis médicalement car présentent des problèmes de santé.
  • Selon l’Office National des Forêts, il y avait une mortalité anormale d’oiseaux autour de l’entreprise, qui se seraient sûrement nourris de ces grains contaminés.
  • Des éleveurs de porcs et de volailles ont également déploré une surmortalité de leurs bêtes. Plus d’animaux sont tombés malades et des truies ont avorté, rapportent les éleveurs.
  • Nous sommes également en mesure de nous demander les conséquences sanitaires pour les consommateurs qui ont à leur tour mangé ces animaux nourris au blé de Nutréa.

Les symptômes de l’intoxication…

L’intoxication c’est manifesté par des vomissements, démangeaisons, diarrhées, saignements de nez, raideurs dans les doigts, maux de tête, douleurs au ventre, aphtes dans la bouche, problèmes respiratoires, picotements de la langue… Les deux Bretons souffrent à présent d’un syndrome d’intolérance aux solvants et aux odeurs chimiques. Stéphane Rouxel déclare ainsi ne plus pouvoir s’approcher de produits chimiques sans souffrir de brûlures.

… avec à la clé le licenciement

Après de nombreux arrêts de travail, Laurent et Stéphane se font finalement licencier pour inaptitude en juin et juillet 2011. Leur avocat, maitre François Lafforgue, déclare « on intoxique des salariés, ils tombent malades et on s’en débarrasse, c’est trop facile. Nous allons contester le licenciement pour inaptitude au conseil des prud’hommes ». Désormais chômeurs, ils sont soutenus dans leur action par l’association Générations Futures, l’union syndicale Solidaires, l’association Phyto-victimes et Attac.

Le problème des pesticides nous concerne tous

François Veillerette, porte-parole de Générations Futures explique que « toutes les populations professionnelles exposées aux produits phytosanitaires sont potentiellement victimes ». Sont ainsi non seulement exposés, les agriculteurs, mais également les dockers, douaniers, magasiniers, chauffeurs routiers, logisticiens, les ouvriers des usines de traitement du bois, les jardiniers, etc. Sans parler des fruits et des légumes que nous mangeons, l’extrait du reportage suivant montre comment les insecticides arrivent dans nos assiettes chaque jour.

Voici un extrait du reportage « Manger peut-il nuire à la santé ? » :

Faire des économies sur le stockage de céréales par des insecticides n’est pas nouveau et ne concerne pas que l’alimentation destinée aux animaux.

Vous pouvez placer le curseur sur 8:55 minutes pour voir directement la séquence sur le stockage du blé.

 

« Conséquence, on retrouve dans la farine jusqu’à 1000 fois plus de résidus d’insecticides de stockage que d’insecticides utilisés lors de la culture du blé ».

Vous pouvez voir la suite du reportage ici : Manger peut-il nuire à la santé ? – Part 3

Articles similaires :

Sources Principales :

Pesticides: "faute inexcusable" de Nutrea

Le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Saint-Brieuc a reconnu ce jeudi "la faute inexcusable" de l'entreprise Nutréa, poursuivie par deux anciens salariés victimes d'une grave intoxication par des pesticides utilisés pour traiter des céréales. Pour le tribunal, l'accident du travail dont ont été victimes Laurent Guillou, 42 ans, et Stéphane Rouxel, 48 ans, le 15 mai 2010, après l'utilisation d'un pesticide en trop grande quantité sur le site de Plouisy (Côtes-d'Armor), "est dû à la faute inexcusable de la société NNA".

Il ordonne également une expertise médicale pour évaluer le préjudice et fixer le montant de l'indemnisation des victimes. En revanche, le tribunal a jugé prescrite la demande de reconnaissance en "faute inexcusable" de l'entreprise concernant l'intoxication de ces salariés en avril 2009 par un pesticide, le Nuvan total, qui avait été interdit en juin 2006.

"Aujourd'hui, c'est la satisfaction", a déclaré à la presse Laurent Guillou. "Ils se sont comportés comme des vrais voyous" mais "les conditions de travail n'ont pas changé", a-t-il poursuivi, en notant qu'"il n'y a pas besoin de tous ces produits chimiques pour conserver les céréales". Souffrant de maux de tête, de douleurs au ventre, de saignements, de brûlures au visage et au cuir chevelu récurrents, Laurent Guillou et Stéphane Rouxel ont subi de nombreux arrêts de travail dans le cadre d'un accident du travail reconnu par la sécurité sociale.

Ils souffrent toujours, depuis cet accident, d'un syndrome d'intolérance aux solvants et aux odeurs chimiques et ont été déclarés inaptes au travail avant d'être licenciés en juin et juillet 2011 par Nutréa, filiale de la coopérative bretonne Triskalia

 

 

 

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 11:33

l'article consacré aux impacts environnementaux du maïs GM Bt sur la faune aquatique vient d'etre mis à jour sur  le site d' inf'OGM;

 

Après les puces d'eau (Daphnia magna), ce sont les écrevisses (Orconectes rusticus) qui semblent souffrir des protéines Bt (notamment Cry1Ab).
Toutes ces études mériteraient d'être confirmées...
En tout cas les évaluations réalisées par les agences gouvernementales devraient en tenir compte avant de rendre des avis favorables sur des plantes transgéniques. L'évaluation actuellement réalisée est très en dessous de ce qu'elle devrait être, au regard des nombreux signaux que les chercheurs lancent depuis des années.

 

OGM : impacts de la protéine modifiée Bt sur la faune aquatique


OGM : impacts de la protéine modifiée Bt sur la faune aquatique

Christophe NOISETTE, Eric MEUNIER, février 2015  

L’évaluation des impacts environnementaux des plantes génétiquement modifiées (PGM) qui produisent, par elles-mêmes, un insecticide Bt, s’est aussi intéressée aux animaux aquatiques. En effet, il a été montré - notamment dans les cours d’eau du Midwest étasunien [1] - que les feuilles, tiges et autres épis de maïs se retrouvaient dans les rivières et que la protéine insecticide était détectable non seulement dans ces résidus de récolte mais aussi parfois directement dans l’eau. Ainsi, comme cette protéine persiste dans les rivières pendant plusieurs mois, il était pertinent de s’intéresser à sa capacité à modifier l’écosystème aquatique.

Une première étude a été menée en 2008 par l’équipe du Pr Bohn (Centre de Biosécurité, Université de Tromso, Norvège) [2]. Cette équipe a montré que le maïs Bt avait des impacts négatifs sur les puces d’eau Daphnia magna, un arthropode couramment utilisé par les scientifiques comme animal modèle dans les études d’écotoxicologie. Après avoir répété par trois fois leur expérience, qui consistait à nourrir des puces d’eau avec du maïs GM Bt ou non GM en suspension sur l’eau, les scientifiques ont constaté que les puces nourries avec du maïs Bt avaient une aptitude physique moindre, une mortalité plus élevée, une plus faible proportion de femelles atteignant leur maturation sexuelle et une production d’œufs globalement plus faible. La toxicité du maïs, plutôt qu’une valeur nutritionnelle moindre, est privilégiée par les scientifiques du fait de la combinaison d’une aptitude physique moindre et d’une capacité de reproduction plus faible.

Plus récemment, en 2014, des chercheurs de l’Université d’État de Bowling Green (Ohio, États-Unis) ont étudié l’impact du maïs Bt (et plus précisément de la protéine insecticide Cry1Ab qui vise notamment la pyrale du maïs - Ostrinia nubilalis) sur les écrevisses de rivières, Orconectes rusticus [3]. L’étude a été réalisée en laboratoire. Les chercheurs concluent que « après huit semaines d’exposition, il n’y avait pas de différence statistiquement significative de la croissance entre les écrevisses élevées dans un milieu contenant du maïs Bt ou un maïs isogénique non transgénique. Cependant, le taux de survie était de 31% inférieur dans le lot traité au Bt en comparaison avec celui traité avec un maïs isogénique. Ces résultats suggèrent que le maïs Bt et le maïs isogénique étaient d’une valeur nutritionnelle équivalente, mais que le maïs Bt a un effet toxique sur l’écrevisse américaine lors de l’exposition de longue durée ». Les auteurs précisent cependant que leur étude mériterait d’être refaite. En effet, précisent-ils, le phénomène observé (mortalité accrue des écrevisses) l’a été sur trop peu d’individus pour que ces résultats soient statistiquement significatifs. Interrogé par Inf’OGM, Jean-Marc Roussel, chercheur à l’Inra de Rennes, souligne que »cette faiblesse ne semble pas discutée par les auteurs, ce qui aurait pu être exigé par l’éditeur avant publication. C’est un écart assez courant, cependant, dans les journaux de cette catégorie, que de surestimer la portée de résultats basés sur un plan d’expériences peu robuste".

Un nouveau résultat qui montre que l’évaluation des plantes Bt a encore de beaux jours devant elle... Si cette étude est à utiliser avec précautions, elle n’en est pas moins un signal de plus d’un possible effet toxique sur les animaux non cibles de l’insecticide Bt tel que produit par un maïs transgénique.

[2« Reduced Fitness of Daphnia magna Fed a Bt-Transgenic Maize Variety », Bohn T. et al., Archives of Environmental Contamination and Toxicology, mars 2008

[3Linn, M.D., Moore, P.A., « The effects of Bt corn on rusty crayfish (Orconectes rusticus) growth and survival », Arch Environ Contam Toxicol 2014 Oct 8 ;67(3):436-43

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 09:01

  

Insolite au Sénat. Joël Labbé tombe la cravate pour montrer sa colère

 
Entorse majeure aux codes du Sénat, le sénateur du Morbihan Joël Labbé a tombé la cravate pour répondre aux ricanements et au rejet de sa résolution sur les insecticides.

 

En colère après le rejet par ses collègues de sa résolution en faveur de l’interdiction d’insecticides mortels pour les abeilles, Joël Labbé, ancien maire de Saint-Nolff et désormais sénateur du Morbihan a tombé la cravate en pleine séance, ce mercredi 4 février. Une entorse majeure au protocole, qui impose son port au Sénat !

"Je ne remettrai plus de cravate ici"

Une manière de manifester son mécontement après le vote des autres sénateurs mais également de réagir à leurs ricanements. "J'espérais qu'un avis de sagesse serait donné à l'assemblée des sages. Et je l'espère encore... Je vous respecte mais l'esprit de cette maison commence à me déranger. La cravate est obligatoire ici. J'ai fait l'effort de la porter. Maintenant je ne suis plus dans l'esprit. Alors la cravate je vais la tomber. Et je ne la remettrai plus."

En revanche, le sénateur morbihannais Joël Labbé, connu pour son attitude et son look rock'n'roll, n'a pas retiré les bagues qui ont fait sa réputation !

TERRITOIRE DE LA LOUVE SOLITAIRE

un blog qui parle d'écologie, de sports, musique, politique, plongée….

Pesticides Nicotinoïdes/ Sénat / Vote des sénateurs contre l’interdiction de ces poisons..

Scrutin n° 92 – séance du 4 février 2015

Sur l’ensemble de la proposition de résolution relative à la préservation des insectes pollinisateurs, de l’environnement et de la santé et à un moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes présentée, en application de l’article 34-1 de la Constitution

http://www.senat.fr/scrutin-public/2014/scr2014-92.html

N’écoutant que leurs propres intérêts et ceux des lobbys producteurs de l’agro-chimie, la majorité des sénateurs( -trices )  a voté contre le moratoire ( donc contre l’interdiction de ces pesticides ) : 248 votes contre pour 64 pour … Voir le détail des votes ( qui sont nominatifs ) … 64 sénateurs(-trices ) intègres seulement….. On voit où passent nos impôts..

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Payés ( grassement ) par les citoyens mais aussi semble-t-il,  payés par les industriels qui produisent ces pesticides…..

Pour info, ces pesticides de la famille des nicotinoïdes sont un danger pour la biodiversité ( abeilles, oiseaux ) , et pour la santé publique ( les études montrent qu’ils portent atteinte au développement du système nerveux des mammifères ( et comme vous le savez , nous sommes des mammifères ) et qu’ils sont perturbateurs endocriniens..( http://www.cancer-environnement.fr/274-Perturbateurs-endocriniens.ce.aspx )

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Mais les votes sont nominatifs donc vous pouvez savoir ce que chaque sénateur et chaque sénatrice a voté ………. Chacun de nous peut les interpeler par mail..n’hésitez pas …

Moi , je vais commencer par le sénateur P. Kaltenbach ( ancien maire de Clamart ) , je sens qu’il va apprécier….

http://www.lafranceagricole.fr/images/global/header.pngNéonicotinoïdes

Vote du Sénat contre la proposition de résolution sur un moratoire

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/neonicotinoides-vote-du-senat-contre-la-proposition-de-resolution-sur-un-moratoire-99730.html

 

Publié le mercredi 04 février 2015 - 17h25

  Le mercredi 4 février, les sénateurs ont voté contre (à 248 voix contre et 64 pour) la proposition de résolution n° 643 initiée par Joêl Labbé (du groupe écologiste), « relative à la préservation des insectes pollinisateurs, de l'environnement et de la santé et à un moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes ».

 

En 2013, trois substances de cette famille d'insecticide (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxam) ont été provisoirement interdites pour une durée de deux ans sur les cultures de maïs, colza, tournesol, coton et céréales à paille semées au printemps. Cette interdiction faisait suite à un avis de l'Efsa, reconnaissant la dangerosité de ces substances pour les abeilles.

 

F.M.


 


En savoir plus sur http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/neonicotinoides-vote-du-senat-contre-la-proposition-de-resolution-sur-un-moratoire-99730.html#gUJBzBrs1ZiT0VFf.99
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 09:37


 

 

/// cyber @ction N° 680: interdiction des néonicotinoïdes


http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/interdiction-neonicotinoides-907.html


Les sénateurs doivent examiner, le 4 février en soirée, la proposition de moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes, portée par le sénateur écologiste Joël Labbé. Si le texte était adopté, il faudrait encore que le gouvernement le relaie auprès de Bruxelles. Par ailleurs, le ministère de l'Agriculture a présenté le 30 janvier un plan "Ecophyto 2" repoussant à 2025 l'objectif de réduire les pesticides de 50%.

Bannir ces « poisons »

L’élu (EE-LV) du Morbihan soumettra à la Haute assemblée, le 4 février, une résolution proposant un moratoire européen sur les néonicotinoïdes, insecticides associés à l’effondrement des colonies d’abeilles(1). Ces pesticides sont aussi très toxiques pour la faune des sols, dont le « camarade » ver de terre, cet inlassable laboureur dont le ministre de l’Agriculture faisait l’éloge, le 27 novembre dernier. Une telle mesure nécessiterait l’intervention du gouvernement français auprès de la Commission européenne. Bruxelles a restreint, en 2013, l’usage de trois molécules. Joël Labbé, à l’origine de la loi de février 2014 proscrivant les pesticides dans les espaces publics à compter de fin 2016), appelle aujourd’hui au bannissement pur et simple des « poisons » que sont l’ensemble des néonicotinoïdes. Il y a vingt ans, après un parcours de 500 km en voiture, le pare-brise était maculé d’insectes. Ce n’est plus le cas : c’est le symptôme dramatique de la perte de biodiversité, explique le sénateur.
 
Une contamination généralisée

Introduits en France en 1994, les néonicotinoïdes, sont aujourd’hui présents « dans tous les compartiments de l’environnement : sol, eau et air », relève la proposition de résolution, déposée le 19 juin 2014(2). Ces toxiques très persistants dans les milieux ont chroniquement intoxiqué les abeilles et autres insectes pollinisateurs – à l’origine de 35 % de la production mondiale de nourriture, souligne le texte signé par 53 élus de tous bords. En Italie, l’abandon des néonicotinoïdes a fait baisser de moitié de la mortalité des abeilles en trois ans – sans que ne chute le rendement des cultures de maïs, note la résolution soutenue par des organisations syndicales et environnementalistes(3).
 
Menace sanitaire

Le texte se réfère aux récentes études de l’Autorité européenne de la sécurité des aliments, soupçonnant deux néonicotinoïdes d’altérer le développement du système nerveux humain, et de l’Agence pour la protection de l’environnement des Etats-Unis, classant un autre néonicotinoïde comme cancérigène probable. Menace directe pour les agriculteurs qui les appliquent, les néonicotinoïdes sont présents à l’état de résidus sur la plupart des fruits et légumes, affirme Générations futures. François Veillerette, président de cette association ainsi que du Pesticide Action Network européen, espère pouvoir s’appuyer sur la résolution française pour inciter les parlements voisins à reprendre la démarche.


Nous vous invitons à interpeller d'urgence les sénateurs de votre département pour éviter que les groupes de pression de l'agriculture productiviste n'obtiennent le rejet de cette recommandation.
 

PÉTITION pour un moratoire visant à stopper les pesticides tueurs d'abeilles !


Cher-es ami-es,

Cinquante-cinq sénateurs, de toutes tendances politiques confondues, ont déposé une proposition de résolution réclamant au Gouvernement d'agir rapidement auprès de l'Union européenne pour obtenir un moratoire afin interdire les pesticides de la famille des néonicotinoïdes.

Nous avons très peu de temps pour agir et interpeller tous les sénateurs : un vote interviendra mercredi 4 février vers 15h.

http://sauvonslesabeilles.agirpourlenvironnement.org/
Ces produits, très utilisés en grande culture, agissent sur le système nerveux central des insectes.
Chaque année, plusieurs millions d'abeilles (et plus encore de pollinisateurs sauvages) meurent à la suite de l'épandage de pesticides de la famille des néonicotinoïdes. En France, 30 % des colonies sont ainsi menacées.
L'effondrement des colonies d'abeilles est une menace considérable. En effet, la quasi-totalité des écosystèmes vivants dépend directement ou indirectement de la pollinisation.
Si tant est que l'on puisse quantifier la valeur monétaire d'une abeille, certaines études estiment que la valeur économique de la pollinisation avoisine les 153 milliards d'euros par an. Environ 35% de la production mondiale de nourriture est liée aux insectes pollinisateurs.
L'usage des néonicotinoïdes est d'autant plus indéfendable que des alternatives efficaces existent, comme le prouvent dans la durée les utilisateurs de préparations naturelles et les agriculteurs biologiques.
Malgré une décision de la Commission Européenne d'interdire la mise sur le marché des semences traitées avec ces produits :
  • les céréales d'hiver peuvent encore être enrobées d'insecticides néonicotinoïdes ;
  • Les traitements par pulvérisation après floraison sont également exclus du règlement européen.
  • la décision de la Commission européenne ne concerne que trois molécules, oubliant un peu vite les effets de deux autres molécules, pourtant considérées comme des perturbateurs endocriniens.
En France, rien que pour les céréales à paille, plus de deux millions d'hectares sont traités avec l'imidaclopride, qui peut aussi avoir une incidence sur le développement du système nerveux humain. Or, les semis d'automne s'effectuent à la période critique où les abeilles constituent des provisions.
Sans mobilisation massive, il est à craindre que les groupes de pression soutenant l'agriculture productiviste obtiennent le rejet de cette résolution.
Interpellez le sénateur de votre département maintenant !
 
 

Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé.★ - Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue.

Stéphen, Martin, Mickaël, Julie, Benjamin et toute l'équipe d'Agir pour l'Environnement.
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Ecophyto : report de l'objectif de réduction de 50% de l'usage des pesticides à 2025

Stéphane Le Foll a annoncé le report de l'objectif initial d'Ecophyto. Il entend inscrire le plan dans la perspective de l'agro-écologie. La diffusion des bonnes pratiques et la contractualisation sont les outils retenus pour sa mise en œuvre.

Il faut maintenir l'objectif du plan Ecophyto et "recentrer le calendrier", c'est-à-dire viser une réduction de 20% l'usage de pesticides à l'horizon 2020 et de 50% d'ici 2025. Telle est la principale annonce de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, à l'occasion de la présentation du nouveau plan Ecophyto, ce vendredi 30 janvier dans le cadre de la conférence nationale "2015 : l'An 1 de l'agro-écologie". Le ministre est par ailleurs revenu sur l'agro-écologie, rappelant l'ensemble des mesures prises pour "créer un nouveau paradigme" qui concilierait les enjeux économiques et écologiques. A ce sujet, le ministre a expliqué ne pas vouloir "dissocier les deux [enjeux] car on n'y arrivera pas". Pour parvenir à cet objectif, Stéphane Le Foll entend "diffuser et généraliser les bonnes pratique".

Pour rappel, le premier plan Ecophyto avait pour ambition de réduire de 50% "si possible" l'usage des pesticides d'ici à 2018. En juillet 2012, le ministre avait annoncé aux sénateurs de la mission commune d'information sur les pesticides que "la France n'atteindra pas l'objectif ambitieux de baisser de 50% la consommation de pesticides à 2018". L'augmentation de 9,2% entre 2012 et 2013 de l'utilisation des produits phytosanitaires dans les zones agricoles est venue confirmer l'échec annoncé. Depuis la fin 2012, le ministre plaide pour réorienter le plan Ecophyto  afin d'encourager de nouvelles pratiques agro-écologiques .

Nouveaux financements et Cepp précisés

"Le plan Ecophyto s'inscrit dans une démarche systémique d'agro-écologie" explique le ministre qui veut "créer une nouvelle dynamique" au cœur de l'agro-écologique. Selon lui, l'échec enregistré jusqu'à maintenant est dû à des objectifs fixés sans réflexion sur le modèle agricole. Le nouveau modèle d'agro-écologie, défendu par le ministère de l'Agriculture, doit permettre ce changement indispensable au succès d'Ecophyto. Pour y parvenir, le ministre insiste particulièrement sur l'amplification de la diffusion des bonnes pratiques. Par ailleurs, pour atteindre le nouvel objectif Ecophyto, il annonce de nouvelles mesures inspirées des préconisations du rapport du député Dominique Potier .

Sur le plan financier, l'enveloppe de 40 millions d'euros sera augmentée de 30 millions supplémentaires. Cette somme sera financée par un élargissement des taxes sur les produits phytosanitaires. Reste que l'effort financier correspond à la moitié des besoins identifiés par Dominique Potier. Ce dernier estimait les besoins de financement direct du plan Ecophyto à "au minimum à 100 millions d'euros", soit une augmentation nécessaire de 60 millions.

Le ministre a aussi apporté quelques détails sur la mise en œuvre des certificats d'économie de produits phytosanitaires (Cepp). Conformément aux recommandations de la mission chargée de définir les modalités pratiques de fonctionnement du dispositif , le ministre a annoncé la mise en œuvre d'une expérimentation sur cinq ans, entre 2016 et 2020. L'objectif retenu est une baisse de 20% du nombre de doses unités (Nodu), l'indicateur utilisé dans le cadre d'Ecophyto pour suivre l'évolution des pratiques agricoles. Pour réduire la vente de produits phytosanitaires exprimée en terme de Nodu, les distributeurs pourront développer une série d'actions en matière de conseil, d'équipement de précision ou encore de promotion du biocontrôle. "Chaque action vaut une diminution de Nodu", explique le ministre. A l'échéance, les distributeurs ayant dépassé leur objectif pourront céder leur réduction de Nodu excédentaire aux distributeurs n'ayant pas atteint leur objectif. Conformément à la recommandation de la mission, la pénalité financière est fixée à 11 euros par Nodu excédentaire par rapport à l'objectif fixé. "Un groupe va caller le dispositif", annonce le ministre, qui souhaite, grâce à de tels dispositifs "passer de la norme au contrat".

Quant aux fermes Dephy, le but fixé est de les multiplier par un "facteur 10", conformément à la recommandation du rapport Potier. L'objectif est d'atteindre 3.000 fermes Dephy, "chacune entraînant dix exploitations autour d'elle", soit un total de 30.000 exploitations concernées.

Par ailleurs, le ministre est revenu sur plusieurs points du dispositif Ecophyto qui seront précisés ultérieurement. Tout d'abord, un appel à projets sur la réduction de l'usage des produits phytosanitaires sera lancé conjointement avec le ministère de l'Ecologie. Le ministre compte aussi décloisonner l'étude des impacts sectoriels grâce à une "vigie des impacts à 360°", c'est-à-dire un outil qui offre une vision globale "liant les usages et les impacts". Un référentiel de la protection intégrée sera élaboré, puis décliné par filière et aux échelons national et régional. Les projets collectifs de réduction de l'usage des pesticides seront soutenus "à l'échelle des territoires et au sein des filières". L'étude d'un "mécanisme de couverture des risques liés à l'adoption de nouvelles techniques" sera lancée. Enfin, l'agro-écologie tropicale reste à construire avec les Outre-mer. L'objectif est d'"éviter d'arriver dans une impasse écologique, économique et sociale", comme ce fut le cas avec le chlordécone.

         

Pévision du plan Ecophyto sur l’usage des pesticides : Il n’est pas question de recommencer tous les 10 ans !

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Révision du plan Ecophyto sur l’usage des pesticides : Il n’est pas question de recommencer tous les 10 ans !

Echec du plan Ecophyto 2018. Les résultats sont là, sans appel. Le rapport Potier[1] en est le constat. Ce rapport, pour lequel GF fut auditionné et présenté en décembre, a le mérite de présenter un certain nombre de mesures intéressantes, reprises à son compte ce jour par le Ministre de l’agriculture, S Le Foll lors du CNOS présentant la V2 du plan Ecophyto. Cette révision du plan était évidemment nécessaire car le constat d’échec du plan était patent, comme l’atteste les mauvais chiffres, année après année, portant sur l’objectif de réduction de l’usage des pesticides[2], échec enfin admis même si ce ne fut pas toujours le cas[3].

Les grands axes de la révision. Pour M. Le Foll, il faut notamment mettre l’accent sur l’optimisation du matériel et le soutien au biocontrôle. Avec ces premières mesures (que de nombreux agriculteurs ont déjà prises depuis 10 ans ….) qui misent sur du matériel plus performant, plus précis (avec des systèmes de buses anti dispersion par exemple), la réduction se fera à la marge, de quelques pourcentage, mais au final cela maintien l’agriculteur dans un système dépendant aux pesticides. La « couche » supplémentaire réside dans le développement et le soutien aux produits de biocontrole. Avec ces produits, dont il faudra finement contrôler les risques et impacts sanitaires/environnementaux, la réduction nous amènera aux alentours 20-25%. Le bémol reste qu’un produit de synthèse ne se remplace pas par un produit biocontrôle sans penser à l’évolution du système de culture en profondeur ! Donc, si on veut vraiment faire évoluer le système, et atteindre cet objectif de 50%, il faudra tout mettre en œuvre pour contraindre et accompagner les filières vers des systèmes, réellement alternatifs. C’est là que les vraies difficultés se font jour !

Maintenir le cap et ne pas faiblir ! Pour obtenir des résultats positifs, il faudra réellement appliquer et valoriser certaines des mesures mises en avant dans le rapport Potier comme celles qui mise sur l’évolution des systèmes de culture (eh oui il faudra faire de l’agronomie avant de faire de la chimie…), le développement de l’Agriculture Biologique ( avec + de moyens + de soutien à la conversion) et récompenser les plus vertueux tout en sanctionnant les autres notamment avec les certificats d’économie de pesticides avec un objectif contraignant pour les distributeurs (il faudra bien prendre garde que ce dispositif ne soit pas être dévoyé comme cela est parfois le cas avec les certificats d’économie d’énergie). Il sera aussi essentiel de vraiment pousser fort sur la formation (initiale et continue) à des modes de cultures alternatives, et renforcer le transfert des connaissances entre la recherche et les acteurs de terrain, sans quoi les blocages perdureront. Surtout il sera urgent de ne pas plier à la moindre pression du lobby agricole et agroalimentaire dominant.

« Aujourd’hui la grande culture représente à elle seule 70% des usage de pesticides, la viticulture 20%  de ces usages. Avec 2 types de cultures nous avons près de 90% de tous les usages de pesticides. Si on travaille efficacement sur ces cultures, l’effet positif pourrait se faire sentir rapidement. Sur la grande culture, dans de nombreux domaines, la recherche a déjà produit des effets comme le prouve des recherches réalisés en Picardie/Normandie qui montrent que lorsque des fermes tentent le défi, elles ne perdent pas en rentabilité. 4 Années sur 5 les exploitations sont même plus rentables ! Tout cela rendu possible par l’accompagnement de techniciens formés à ces techniques alternatives ».  déclare F. Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « Il n’est plus temps d’attendre. Il n’est pas question que dans 10 ans on refasse le constat de l’échec et qu’on reparte à zéro avec un nouveau plan qui reculerait encore l’objectif de réduction. Le système actuel est à bout de souffle, tous les signaux sont aux rouges (pollution des eaux, de l’air, perte en biodiversité, impacts sanitaires avérés….). Il n’est en effet plus temps de tergiverser mais bien d’agir. Des agriculteurs conventionnels ont déjà décidés de dire stop avec le soutien de leur coop. Bien sûr le cheminement est long mais au bout du compte, chacun y gagne contrairement au système actuel qui ne profite qu’à quelques-uns. Gageons que d’autres suivront et qu’ils seront pour cela récompensés et fortement soutenus. Nous y veillerons scrupuleusement. » conclut-il.

La presse en parle

Tout les documents du ministère de l’Agriculture sur le plan Ecophyto V2 – An 1 de l’Agro-ecoogie

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 10:50
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Pesticides: la Fondation Hulot veut des mesures sur les néonicotinoïdes

La Fondation Nicolas Hulot (FNH) a réclamé mardi, à trois jours de la présentation d'un nouveau plan de réduction des pesticides, des mesures sur les insecticides néonicotinoïdes, directement mis en cause dans la surmortalité des abeilles.

"En ouverture de la conférence environnementale, François Hollande s'est engagé à ce que la France aille plus loin sur les néonicotinoïdes: le nouveau plan Ecophyto ne doit pas seulement rappeler cet engagement mais dire comment y arriver et selon quel calendrier", a déclaré Matthieu Orphelin, porte-parole de la FNH, lors d'une conférence de presse.

En 2013, trois substances néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) ont été provisoirement interdites au niveau européen pour deux ans pour certaines cultures (maïs, colza, tournesol et coton).

Mais d'autres molécules néonicotinoïdes restent autorisées et l'interdiction ne concerne pas les céréales d'hiver.

Ce moratoire avait été décidé à la suite d'un avis de l'agence européenne sanitaire (Efsa) en janvier 2013 qui avait reconnu que certains néonicotinoïdes étaient dangereux pour les abeilles, dont les taux de mortalité sont en forte hausse (30%).

"Le gouvernement français doit prendre une initiative au niveau national et au niveau européen pour aller vers une interdiction de tous les néonicotinoïdes", souhaite la Fondation Hulot.

Stéphane le Foll, le ministre de l'Agriculture doit présenter vendredi un nouveau plan visant à réduire l'usage des pesticides en France, suite au constat d'échec du plan Ecophyto en cours.

Ecophyto avait pour ambition de réduire, entre 2008 et 2018, de 50% le volume de pesticides utilisé en France, qui est de l'ordre de 100.000 tonnes.

Les dernières chiffres officiels font état d'une hausse moyenne de 5% en 2009 et 2013.

Selon FNH, le nouveau plan devrait a priori maintenir l'objectif d'une réduction de 50% mais en allongeant le délai à 2025, avec un palier de moins 25% en 2020, toujours par rapport à 2008.

Le plan comportera des mesures pour favoriser le biocontrôle (protection des végétaux par des mécanismes naturels), les agro-équipements (utilisation de GPS, de drones, etc. pour optimiser l'utilisation de pesticides), ou l'extension du réseau de fermes DEPHY (3.000 fermes engagées dans des mesures de réduction).

La Fondation Hulot estime aussi qu'il faudrait stimuler la demande de produits locaux de qualité via la restauration collective scolaire, qui représente 8 millions de repas par jour, pour inciter les agriculteurs à se tourner vers de pratiques utilisant moins de pesticides.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »


 
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 10:09
 

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14ème législature

Question N° : 60550 de M. Pierre Morel-A-L'Huissier ( Union pour un Mouvement Populaire - Lozère ) Question écrite
Ministère interrogé > Agriculture, agroalimentaire et forêt Ministère attributaire > Agriculture, agroalimentaire et forêt
Rubrique > produits dangereux Tête d'analyse > produits phytosanitaires Analyse > round up. OGM. perspectives
Question publiée au JO le : 15/07/2014 page : 5928
Réponse publiée au JO le : 09/12/2014 page : 10226
Date de changement d'attribution : 27/08/2014
Date de renouvellement : 21/10/2014

Texte de la question

M. Pierre Morel-A-L'Huissier attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, sur l'étude effectuée par le professeur Gilles-Eric Séralini et les conclusions analogues du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique tendant à démontrer la toxicité du « round up » ainsi que les effets nocifs des OGM. Il souhaiterait savoir quelles sont les intentions du Gouvernement à ce sujet.

Texte de la réponse

L'étude conduite par le professeur Gilles-Eric Séralini sur le maïs génétiquement modifié NK603 et l'herbicide Roundup, a été publiée une première fois en 2012. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et le haut conseil des biotechnologies (HCB), saisis par le Gouvernement, avaient alors conclu que les résultats de l'étude ne sont pas de nature à remettre en cause les précédentes évaluations sanitaires de ces produits en raison de biais importants dans le protocole et dans l'analyse des données. Par ailleurs, l'Anses avait recommandé d'engager des recherches sur les effets à long terme de la consommation des organismes génétiquement modifiés (OGM) et des pesticides, sur la base de protocoles précis. L'évaluation conduite en parallèle par l'autorité européenne de sécurité des aliments a confirmé l'évaluation nationale. L'étude a ensuite été retirée de la publication par la revue, puis republiée récemment dans une autre revue. L'Anses a été à nouveau saisie afin de déterminer si cette nouvelle publication est susceptible de modifier les conclusions émises précédemment par l'Anses sur l'étude. S'agissant de l'évaluation des effets à long terme de la consommation des OGM, deux projets de recherche ont été engagés, l'un au niveau européen et l'autre au niveau national. Le premier projet, financé par la Commission européenne, vise à étudier la valeur ajoutée des études de toxicité à long terme sur animaux pour l'évaluation des OGM. Dans ce cadre, une étude de toxicité de deux ans sera conduite sur des rats nourris avec du maïs NK603. Le second projet, financé par le ministère chargé de l'écologie, vise à optimiser le potentiel prédictif des études de toxicité subchronique de 90 jours sur rats. Il est piloté par l'institut national de la recherche agronomique. S'agissant de l'évaluation de la toxicité des produits à base de glyphosate, dont les produits de la famille RoundUp, le glyphosate a été approuvé au niveau européen en 2002 au terme d'une évaluation des risques complète et répondant aux standards réglementaires européens. Les produits à base de glyphosate ne peuvent être autorisés au niveau français que sur la base d'une évaluation du risque acceptable par l'Anses, sur la base de critères également harmonisés au niveau européen. L'évaluation par l'Anses de la première étude publiée par le professeur Séralini n'a remis en cause ni l'approbation européenne de la substance active, ni les autorisations nationales de mise sur le marché pour cette famille de produits. Le renouvellement du glyphosate est en cours au niveau européen. Les autorités allemandes, en tant qu'État membre rapporteur, appuyées par la Slovaquie en tant que co-rapporteur ont fourni une première évaluation favorable du dossier mis à jour selon les connaissances scientifiques actuelles, y compris l'analyse de la littérature scientifique publiée dans des revues à comité de lecture. Les autorités françaises suivront attentivement la relecture de l'évaluation allemande par les pairs européens.
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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 04:28

 

Les femmes vont-elles donner naissance à de plus en plus d'enfants retardés ?

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C'est un article du journal Le Monde qui pose le problème : "La pollution met en danger le cerveau".

Stéphane Foucart, le journaliste, évoque une étude américaine portant sur la diminution du QI chez de plus en plus d'enfants nés de mères exposées à la pollution.

Quels sont les constats ?

Les scientifiques détectent de plus en plus souvent des anomalies de l’hormone thyroïdienne chez les femmes enceintes.

En même temps, depuis 30 ans, on assiste à une sérieuse augmentation de la fréquence des troubles neuro-cognitifs des enfants. Voir le diagramme ci-dessous :

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On pourrait penser que c’est une meilleure détection de ces troubles qui est à l’origine de cette augmentation. Il est possible que ce facteur joue un rôle mais il ne suffit pas à lui seul car l’importance de l’augmentation est trop importante.

En particulier, on assiste à une augmentation de la fréquence de l’autisme. L’autisme est une forme de trouble neuro-cognitif. Ce trouble existe dès la naissance. Et ici aussi, une meilleure détection ne suffit pas à expliquer la nette augmentation des cas décelés ces dernières années au sein de la population infantile. Lire ici.

Par ailleurs, nous assistons à une augmentation très importante des substances chimiques présentes dans notre environnement. Augmentation en quantité et en variété.

La présence de ces substances est liée aux modifications dans notre façon de vivre : modification de notre agriculture (pesticides, engrais,…), modification dans  nos façons de gérer ce que nous consommons (emballages, conservateurs,…), utilisation toujours plus grande de toutes sortes d’additifs dans les produits que nous utilisons (cosmétiques, édulcorant, conservateurs, produits d’entretien,…), utilisation de dérivés du pétrole (plastiques,…).

Jamais, dans notre environnement, un tel bouleversement chimique n’était intervenu sur une période aussi courte et dans autant de domaines.

Quelles sont ces substances toxiques ?

Elles sont très variées.

Il peut s’agir de métaux lourds (mercure,...), de pesticides, de phtalates (plastifiants des synthétiques, dans les cosmétiques, dans les aérosols, jouets en plastique).

Il est également question des particules fines.

De nombreuses substances sont des dérivés halogénés (iode, chlore, fluor) qui constituent la classe de composés organiques dont les applications sont les plus diverses et les plus nombreuses dans les domaines agricole, industriel, médical et domestique. Outre leur utilisation comme solvants, on les utilise comme intermédiaires de synthèse (pour la fabrication d’insecticides et de matières plastiques), anesthésiques (chloroforme), retardateurs de flamme (dérivés bromés), fluides frigorifiques, fluides propulseurs des générateurs d’aérosols, etc.

Certaines de ces molécules sont regroupées sous le terme commun de PE (Perturbateurs Endocriniens) en raison du fait que leur mode d’action s’apparente à celui d’hormones. Il s’agit de certains pesticides, de bisphénols, de retardateurs de flamme dans des aérosols, etc.

On connaît la toxicité de certains et une législation existe déjà pour s’en protéger (interdiction des phtalates dans les jouets pour enfant, interdiction de bisphénols, etc).

On le voit, ces substances sont partout. Elles nous concernent tous, où que nous vivions, qui que nous soyons.

Quels sont les troubles rencontrés chez les enfants ?

Nous avons déjà évoqué l’autisme mais, dans ces études, il est aussi question de la diminution du QI, d’hyperactivité, de troubles de l’attention, de retards d’acquisition. On trouve des retards mentaux, des handicaps moteurs.

L'exposition des femmes enceintes à un pesticide particulier (le Chlorpyriphos-éthyl) entrainerait un développement anormal de certaines zones du cerveau de l’enfant, visibles par IRM. Lire ici.

Au total, des troubles neurologiques très divers, de gravité très variable. Certains scientifiques vont jusqu’à redouter une « fuite chimique des cerveaux » liée à une diminution des compétences cérébrales des enfants, comme l'évoque l'article de Le Monde !

À quel moment détecte-t-on ces troubles ?

Il s’agit de troubles détectés précocement. Parfois déjà durant la grossesse mais le plus souvent peu après la naissance.

Tout se passerait comme si nous assistions aux conséquences de mécanismes perturbants qui se seraient déroulés avant la naissance, durant la grossesse.

Quels seraient les mécanismes d’action de ces substances ?

L’hypothèse la plus souvent retenue est celle d’une interférence entre ces différentes molécules et l’hormone thyroïdienne.

Nous savons que l’hormone thyroïdienne de la mère passe au travers du placenta et joue un rôle essentiel dans le développement harmonieux du cerveau du fœtus, avant que celui-ci ne se mette à produire sa propre hormone.

Tout ce qui peut induire une modification du taux de cette hormone risque d’avoir des conséquences sur le système nerveux du fœtus.

Un déficit d’apport iodé chez une femme enceinte peut interférer avec le développement harmonieux du cerveau. Ce déficit peut induire une hypothyroïdie congénitale chez l’enfant (risque de retard mental ultérieur). Lire ici.

Certains des agents chimiques de notre environnement ont une formule chimique assez proche de celle de l’hormone thyroïdienne. Ces molécules pourraient « prendre la place » de l’hormone thyroïdienne et agir comme s’il existait un trouble hormonal.

L’hormone thyroïdienne circulant dans le sang du fœtus au moment du développement du cerveau constituerait donc le point commun de l’action de très nombreuses substances toxiques de notre environnement. 

De plus en plus de chercheurs se penchent sur cette question. Des études sont réalisées chez des animaux (le rat par exemple). Elles semblent bien confirmer l’hypothèse de la relation entre des polluants, l’hormone thyroïdienne et le développement du cerveau.

C’est également par le biais d’une interférence avec d’autres hormones qu’agiraient ailleurs les perturbateurs endocriniens (puberté précoces, micropénis,…).

Les particules fines agiraient directement pour favoriser l'autisme. Lire ici.

Conclusions

La présence de ces diverses molécules (ou particules), de plus en plus nombreuses dans notre environnement, liée à la fréquence grandissante de troubles neuro-cognitifs de l’enfance, conduit à se poser la question du rôle toxique joué par ces substances. Il existe une sorte de parallélisme entre les deux.

L’importance essentielle de l’hormone thyroïdienne dans le développement harmonieux du cerveau de l’enfant et la proximité de cette hormone avec certains toxiques de notre environnement (pesticides, phtalates, métaux lourds,…) impose d’approfondir la question et de prendre dès à présent toutes les mesures de protection pour éviter aux femmes enceintes de se retrouver contaminées. C’est le sort de nos générations futures qui est en jeu.

°°°

D’autre part, je ne peux m'empêcher d’évoquer ici une autre source de perturbations thyroïdiennes liées à notre environnement et dans de toutes autres circonstances. Je veux parler des rayonnements ionisants observés lors des explosions de Hiroshima et Nagasaki mais aussi après des accidents nucléaires.

Qu’il s’agisse de Tchernobyl ou de Fukushima, nous assistons à des modifications du fonctionnement de la thyroïde chez les adultes mais aussi et surtout chez les enfants. Lire ici.

Après le passage du nuage radioactif de Fukushima sur les côtes de Californie (que l’on a pu prouver par la présence de radionucléides spécifiques dans le lait de cette région), on a observé une augmentation du nombre de cas d’hypothyroïdie chez les enfants nés de mères exposées. Lire ici.

Aux environs de Fukushima, chez les enfants, on assiste à une forte augmentation de nodules thyroïdiens (dont certains sont des cancers). Lire ici

Il en est de même dans cette partie de la Biélorussie exposée à la radioactivité du nuage de Tchernobyl.

Dans ces cas, l'action des radiations se situerait plutôt au niveau de l'ADN. Mais pas seulement.

°°°

On le voit, tout ce qui risque de perturber la fonction thyroïdienne des femmes enceintes ou des jeunes enfants peut avoir des répercussions sur le plan neurologique.

La nette augmentation de ces troubles, au cours des dernières décennies, pourrait être liée à l’explosion du nombre et à la quantité des molécules de toutes sortes, présentes dans notre environnement. Et, de la même façon, chez les femmes et enfants exposés à des radiations ionisantes (Tchernobyl, Fukushima).

A l’avenir, en terme de santé, nous n’aurions pas seulement à faire face aux conséquences directes du réchauffement climatique (voir ici l’avis de l’OMS à ce sujet) mais également aux conséquences de l’emploi d’un nombre de molécules (et/ou de radiations)  de plus en plus important.

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 09:31

 

Bientot_dans_vos_assiettes_04_VI

Paul Moreira répond point par point aux attaques du géant des OGM

2 décembre 2014

BIENTOT DANS VOS ASSIETTES

Le film de Paul Moreira, « Bientôt dans vos assiettes » (fiche du film, articles de presse, extrait), diffusé par CANAL+ en septembre 2014, établissait les dégâts causés en Argentine par une utilisation de plus en plus massive et incontrôlée de produits chimiques dangereux sur les zones de culture OGM.

L’existence de cocktails chimiques dangereux était révélée. Des combinaisons toxiques dont personne n’a évalué la dangerosité sur l’être humain.

 

Le film soulignait l’explosion des pathologies autour des champs transgéniques.

Pendant les six mois qu’a duré l’enquête, Monsanto a systématiquement refusé de s’exprimer devant une caméra ou même par écrit.

Aujourd’hui, alors que l’impact de nos révélations provoque des remous, les responsables de Monsanto publient une attaque en règle contre notre enquête sur leur site internet ainsi qu’une lettre à la direction de CANAL+. Ils citent aussi des sites internet qui leur sont acquis. L’objectif de ce tir groupé est de décrédibiliser l’enquête. De donner le sentiment qu’elle est controversée.

 

Nous allons donc ici répondre point par point à ces attaques. En essayant de garder le sourire.

 

Après avoir refusé pendant des mois de répondre à nos questions, oralement ou par écrit, Monsanto se réveille enfin.

A la lecture de leur lettre, nous nous demandons si la firme transgénique dispose d’un service de communication vraiment compétent.

Attention : loin de nous l’idée de dénier à une multinationale le droit de dénigrer un journaliste. Nous sommes de farouches défenseurs de la liberté d’expression même pour une entreprise condamnée en justice pour avoir menti au public dans des publicités pour son produit phare, le Round up, un désherbant à base de glyphosate.

 

Le courrier est signé du Directeur des Affaires Institutionnelles de Monsanto. Comme il semble avoir un avis très sûr en matière de déontologie de l’information, il nous chapitre en préambule sur ce qu’on est « en droit d’attendre d’un reportage dit d’investigation ».

De la « neutralité », écrit-il…

Au risque de vous décevoir, Monsieur le Directeur, ce qu’on demande à un journaliste d’investigation, n’est pas d’être neutre ou lisse mais d’établir des faits, même et surtout quand ceux ci sont dissimulés.

Et c’est ce que, bien modestement, ce film tente de faire.

 

Dans votre premier paragraphe, vous nous accusez de n’avoir pas rencontré des « agriculteurs argentins » pour leur demander quels sont les bienfaits des ogm, de leur point de vue.

 

 

Excusez nous mais à vous lire, nous sommes pris d’un doute : avez vous vu le film ?

Quand nous arrivons en Argentine, les deux premières personnes interviewées, les Vacarezza, utilisent vos produits.

Votre critique « A aucun moment la question de l’utilité des cultures OGM n’est posée » est fausse. Nous glissons l’extrait vidéo pour que chacun puisse se faire une idée.

 

Bon, en même temps, je vous comprend, vous n’êtes pas payés pour lui trouver des qualités, à ce documentaire…

 

- Sur l’alimentation animale transgénique, ensuite.

Vous affirmez qu’il n’existe aucun problème « documenté ».

 

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Je vous rappelle qu’il existe une épidémie de diarrhée porcine dramatique dont, pour l’instant, on ignore la cause et qui touche des millions de bêtes sur la planète. Des bêtes nourries aux OGM.

Or, un éleveur danois touché par cette même diarrhée, Ib Pedersen, a décidé de cesser de donner du soja ogm au glyphosate à ses bêtes (il a été suivi par un autre éleveur dans le sud du pays). Il constate une amélioration, voire une éradication de la diarrhée. C’est vrai, cet éleveur est alors devenu un de vos principaux opposants.

Mais le gouvernement danois l’a pris suffisamment au sérieux pour nommer un scientifique afin de voir s’il peut exister un problème. Il a révisé la littérature scientifique concernant l’impact du glyphosate dans l’alimentation animale.

Nous l’avons interviewé. Pour des raisons de place nous ne l’avons pas gardé dans le film. Mais puisque vous soulevez le problème, nous allons mettre en ligne son interview sur notre site. Je ne vous cache pas qu’elle vous sera désagréable. Il s’agit de Martin Tang Sorensen, un scientifique indépendant de l’université de Aarhus.

Il affirme que sur cette question (impact du glyphosate sur les bactéries digestives) rien ou presque n’a été fait en termes d’étude de risque. Et qu’il faut lancer une recherche indépendante. Notez bien qu’il ne met pas en cause les ogm mais les résidus de pesticides dans les ogm. Vous trouverez le compte rendu de son rapport ici : http://dca.au.dk/en/current-news/news/show/artikel/behov-for-flere-undersoegelser-af-ukrudtsmiddel/

 

 

 

A l’issue de ce premier constat, je me demande dans quelles conditions est produit le soja transgénique et je pars vérifier en Argentine.

Et là, vous faites semblant de ne pas comprendre. Vous reconnaissez dans votre lettre que le glyphosate ne suffit plus à tuer les mauvaises herbes. Qu’elles deviennent résistantes. Que c’est bien connu, ça arrive toujours. Dont acte. Mais que ne le dites vous dans vos publicités alors ?…

Que n’expliquez vous aux agriculteurs qu’il leur faudra augmenter les doses et demain mélanger avec des produits de plus en plus dangereux pour pouvoir venir à bout de ces mauvaises herbes résistantes ?…

Votre promesse, c’était : toujours moins de produits chimiques, toujours moins d’impact toxique pour la planète.

C’est le contraire qui se passe.

Car là est le coeur de notre découverte. Pour contrôler les mauvaises herbes, les OGM ont besoin de cocktails de produits toxiques.

Le glyphosate ne suffit plus et les agriculteurs argentins sont en train non seulement d’augmenter les doses mais de faire des mélanges de pesticides dangereux de manière incontrôlée (du propre aveu du ministère des sciences). Des produits interdits en Europe. Et qui, oui, sont tératogènes, mutagènes et toxiques.

Vous ne pouvez pas répondre aux craintes suscitées par ces combinaisons d’herbicide en affirmant que le glyphosate est testé et qu’il ne donne pas le cancer. Il ne s’agit plus du glyphosate uniquement mais de synérgies chimiques inconnues.

 

Vous me reprochez de ne pas avoir rencontré d’experts pour leur poser la question.

 

 

C’est faux, une fois de plus. Contrairement à ce que vous dites nous avons posé la question à des agronomes de l’INTA (un organisme de recherche agronomique avec lequel vous collaborez étroitement). Comme vous pouvez le constater dans cette extrait. Et ce qu’ils disent est terrifiant.

 

 

 

 

Je répète donc la question, importante, à laquelle pendant plusieurs mois vous n’avez jamais répondu :

Existe-t-il, oui ou non, des études de risques sanitaires liés aux combinaisons de produits chimiques comme le 2,4 D, l’Atraxine et le Round up ? Et si oui, peut on les lire ?…

 

Vous le savez, les villages agricoles argentins qui bordent les champs de cultures transgéniques sont victimes de pathologies graves. Se peut-il que ces fameuses combinaisons de produits chimiques soient à l’origine de ces pathologies ? Devant une telle épidémie, n’est-il pas de votre devoir d’étudier la question ?

 

 

Cette augmentation des pathologies a été repérée par plusieurs structures médicales. (http://www.gmwatch.eu/files/Chaco_Government_Report_English.pdf).

Avez vous investi dans des enquêtes sanitaires auprès de ces populations ? Pensez vous que l’idée pourrait être légitime ?

 

Vous nous accusez d’avoir mentionné la republication de l’étude de Seralini sans « mention aucune » des critiques à son encontre d’une partie des scientifiques. C’est faux, nous diffusons la réaction d’un comité d’experts qui rejettent ses conclusions. Les avez vous vus ?…

 

Anecdote. La dame qui nous refuse une interview à la conférence organisée par votre lobby, Europabio, travaille bien pour Monsanto et représentait votre entreprise lors de cet évènement. Et vous le savez parfaitement.

 

Enfin, last but not least, votre accusation de ne pas vous avoir interviewés. On en rirait si ce n’était pas pitoyable.

Vous dites que nous ne vous avons pas « offert d’espace médiatique pour exposer sereinement (votre) métier »…

 

Voici donc la copie du mail que nous vous avons envoyé. Nous vous épargnons les cinq mails qui ont suivi pour n’aboutir à rien.

Nous sommes passés par les services de Fleishmann Hillard, l’entreprise de « relations publiques » qui vous représente en France.

 

« A l’attention de Monsanto France

Service  Presse  –

et Mathilde Bigot , FleishmanHillard Paris

Bonjour,

Je réalise pour la chaine canal plus un documentaire qui tente d’établir un premier bilan après 15 ans d’ogm. Nous sommes allés en Amérique Latine, où une majorité des cultures est ogm, soja notamment. Vos produits y sont très largement utilisés. Nous avons constaté un problème de plantes résistantes. Après quelques années de grande efficacité de vos herbicides couplés avec vos graines ogm, la nature a muté et les agriculteurs doivent trouver d’autres solutions.

Sur le terrain, on nous a indiqué avoir recours à des cocktails de produits chimiques. Des mélanges de divers produits. En fait, ces résistances ont déclenché une course aux produits chimiques et à une augmentation des doses. J’ai rencontré des agronomes qui m’ont dit ne pas connaitre l’impact de ces nouveaux cocktails de pesticides et herbicides.

Nous avons aussi été témoins de beaucoup de problèmes de santé dans les communautés qui bordent les champs. D’après les médecins, ce serait lié aux produits chimiques massivement employés. La marque Monsanto est régulièrement citée par nos interlocuteurs. Je pense qu’une interview de la part de Monsanto serait nécessaire.Je suis prêt à me déplacer aux USA s’il n’y a pas moyen de faire autrement. Sinon, nous pouvons organiser cela en France. Voici les quelques points importants sur lesquels une réaction serait la bienvenue.

- Existe-t-il un dossier d’évaluation sanitaire du Round Up et si oui pouvez vous me permettre d’y accéder ?

- Existe-t-il des évaluations des synérgies et interactions possibles entre différents herbicides-pesticides ? Par exemple : Round up (Glyphosate) + 2,4D + Atraxine… Ce n’est qu’une des combinaisons dont nous avons été témoins mais il y en a bien d’autres.

- Ces cocktails de produits chimiques, de l’aveu même des agronomes de l’INTA argentin avec lesquels vous collaborez étroitement, sont une pratique massive et en accélération en Amérique Latine. Ils nous ont affirmé ne pas connaitre l’impact de ces cocktails sur l’environnement et la santé des populations. Par manque d’études scientifiques et de visibilité. Est-ce pour vous un sujet d’inquiétude ? Et comment y faites vous face, très concrètement ?

- D’après les acteurs de terrain (médecins, politiques, société civile), il existe un lien statistique entre l’apparition de pathologies graves dans les villages ruraux et le développement du couple ogm-produits chimiques. Quelle est votre position à ce sujet ? Avez vous fait des études sanitaires pour tenter de savoir si les deux sont liés ? Et si oui, pouvez vous me dire où je peux y accéder ?

Je suis sûr que vous comprendrez l’intérêt qu’il y a pour le grand public à pouvoir répondre à ces questions en toute transparence.

Merci de votre aide.

Vous pouvez voir sur notre site internet l’étendue et le sérieux de nos productions :

http://www.pltv.fr

Salutations distinguées,

Paul Moreira »

 

Nous avons répondu à toutes vos critiques. Nous attendons toujours votre réponse à notre principale question : avez vous étudié l’impact sanitaire des combinaisons de produits chimiques appliqués sur vos plantes OGM ?

 

OGM en Argentine : l’enfer du décor

Christophe NOISETTE, décembre 2014

L’Argentine est le premier exportateur mondial d’huile de soja, le second exportateur de maïs et le troisième pour les graines de soja. Il est courant d’entendre que l’agriculture argentine est une manne pour le pays, et que les plantes génétiquement modifiées (PGM), dont le soja GM notamment, participent de l’amélioration des conditions de vie, non seulement de ceux qui les utilisent mais de l’ensemble de la société. Mais évasion fiscale à grande échelle, exploitation de la main d’œuvre saisonnière, abus de position dominante... : voilà la réalité des grandes entreprises agricoles en Argentine.

Argentine : les zones de production du soja
Argentine : les zones de production du soja
Crédits : siia.gov.ar

Monsanto est une entreprise qui fait la promotion de l’agriculture durable et des droits de l’homme… En tout cas, c’est ce qu’on peut lire sur la page qui présente le fonds de soutien de Monsanto (Monsanto Fund) : « Sur la période 2010-2011, le Monsanto Fund a alloué plus de 30 millions de dollars à des communautés brésiliennes, indonésiennes, mexicaines, kényanes ou paraguayennes. Sur cette même période, son action a bénéficié, entre autres, à plus de 5 millions de personnes au Brésil et 3000 familles en Inde » [1]. Outre le fait que ces 30 millions de dollars ne correspondent qu’à une infime part des bénéfices de l’entreprise (avec 1,48 milliard de dollars de bénéfices en 2012, ces fameux 30 millions correspondent au bénéfice réalisé par Monsanto en... une semaine !), ce fonds permet une publicité à peu de frais et une défiscalisation… Or, cette entreprise est loin d’être aussi « responsable » qu’elle le soutient. Aider les pauvres, c’est bien, mais payer ses impôts, c’est mieux... et théoriquement obligatoire !

 Monsanto, Bunge, Cargill, condamnées pour évasion fiscale

En 2012, l’entreprise Monsanto a été suspendue à deux reprises du Registre national argentin des Céréales [2], pour ne pas avoir payé correctement ses taxes à l’État argentin : en février 2012 [3], car l’administration fiscale lui réclamait 8,5 millions de dollars US ; et en octobre 2012 [4], pour une somme non payée de 70 millions de dollars US de taxes pour la période 2001 / 2008. Le Trésor public argentin (AFIP) [5] précise que Monsanto s’étant acquittée de la première somme, il avait procédé à sa réinscription au Registre. Concrètement, les enquêteurs de l’AFIP précisent que Monsanto a inventé des prêts fictifs à des sociétés installées dans des paradis fiscaux (Monsanto Panama, Monsanto Bermudes) pour payer moins d’impôts sur ses bénéfices. A l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas si Monsanto a finalement payé les 70 millions de dollars. En tout état de cause, Monsanto n’a jamais vraiment été inquiétée car cette entreprise a pu continuer à vendre ses semences de soja transgénique…

En Argentine, les herbicides sont pulvérisés par avion
En Argentine, les herbicides sont pulvérisés par avion
Crédits : Santiago Nicolau

Une autre fraude de Monsanto, qui était à l’étude par l’AFIP en 2012, concerne la cession de parts à une entreprise espagnole, qui n’aurait pas été effective. Cette manipulation aurait entraîné une évasion fiscale de l’ordre de sept millions de dollars, en vertu des accords de double imposition. L’AFIP n’a pas encore répondu aux demandes de précisions d’Inf’OGM.

D’après le journal en ligne Bloomberg [6], Monsanto a indiqué que cette suspension n’empêcherait pas l’entreprise de continuer son activité en Argentine. De même Bunge, le deuxième exportateur en Argentine qui a été suspendu de ce registre début octobre 2012, pour des raisons similaires, a pu continuer sans difficulté à exporter, précisent les responsables de l’entreprise. Concrètement, la suspension n’implique qu’une simple suspension temporaire du régime des avantages fiscaux pour les entreprises inscrites au registre des commerçants de céréales, comme des réductions de taxes à l’exportation. Autrement dit, pendant la période de suspension, Monsanto se verra appliquer un taux de 25% (contre 10% précédemment).

Cargill est aussi sur la sellette, de même que de nombreuses autres entreprises impliquées dans les mines (Barrick), ou la métallurgie (la branche nationale de Metallurgical Corp. of China Ltd), etc. L’année dernière, précise le Trésor, les dix plus importantes entreprises impliquées dans l’exportation ou la transformation des céréales et du soja n n’ont pas payé l’ensemble des taxes dues. Bunge, Cargill, Molinos Rio de la Plata, à eux trois, devaient, pour la période de 2005 à 2009, la modique somme de 65 millions de dollars.

 L’exploitation d’une main-d’œuvre précaire...

L’Argentine est un eldorado pour les grandes entreprises, où elles font la pluie et le beau temps. Les droits humains sont bafoués. La production de maïs hybride exige une très grande quantité de petites mains, notamment pour castrer les maïs. Les entreprises semencières embauchent des saisonniers qu’elles payent à peine, qui travaillent sept jours sur sept, entre 9 et 14 heures par jour, logent dans des baraquements de tôle (voir photo ci-dessous), sans eau, sans électricité, etc. Leurs conditions de travail sont tout à fait alarmantes, voire se rapprochent de l’esclavage. Selon le Registre national des Travailleurs Ruraux et des Employés, 1,3 million de personnes travaillent dans les champs, mais seulement un quart (autour de 325 000) sont déclarées. Ces pratiques ont mené l’administration argentine à réagir, notamment sous l’influence du procureur de la ville de San Nicolas, Rubén Darío Giagnorio. Malheureusement, les contrôles n’ont pas changé fondamentalement la situation de ces travailleurs.

Les habitats précaires des saisonniers
Les habitats précaires des saisonniers
Crédits : inconnu

Ainsi, les grandes entreprises multinationales se préoccupent peu du respect du droit du travail. Nidera, une importante entreprise néerlandaise impliquée dans le commerce du grain, a fait l’objet de plaintes pour fraude fiscale (49 000 euros…), ce qui a conduit l’administration a découvrir qu’elle exploitait ses « ouvriers ». Nidera fait partie des six plus grandes entreprises (après Cargill, Bunge, ADM, Dreyfus et Toepfer) qui exportent des céréales argentines, et une des premières à avoir reçu l’autorisation de commercialiser des semences de soja transgénique tolérant le glyphosate en 1996. En 2011, le procureur de San Nicolás a donc porté plainte contre Nidera.
Tout comme Monsanto, cette entreprise a un double visage. Son président, Martin Mayer Wolf, était en 2010 très impliqué dans l’ONG Acción Internacional, dont le but est d’aider à sortir de la pauvreté via le micro-crédit [7].
D’autres multinationales, comme Pioneer, ou des entreprises semencières nationales installées dans la sous-région, comme Tobin, ont aussi fait l’objet de dénonciation par l’AFIP [8].

Mais le plus souvent ce sont des sous-traitants qui sont les responsables de cette forme moderne d’esclavage. Deux cas de figure existent : les entreprises qui fournissent la main-d’œuvre aux multinationales ou aux entreprises nationales, ou des entreprises nationales qui produisent les semences pour les multinationales. Dans les deux cas, les bénéficiaires sont les entreprises étasuniennes ou européennes.

 ... via des sous-traitants véreux

En janvier 2012, l’AFIP a ainsi « constaté que 100% [du] personnel [de RuralPower SA] était en situation irrégulière mais aussi que les employés ne pouvaient pas sortir de l’enceinte de l’entreprise » sans autorisation préalable de la direction. Rural Power est une filiale de la multinationale ManPower [9]. Elle recrute de la main-d’œuvre bon marché, qu’elle met à disposition de grandes entreprises agricoles ou semencières. Ainsi, concrètement, dans sa dénonciation établie le 11 janvier 2012, l’AFIP souligne que « Monsanto est solidairement responsable des actions que réalise son contractuel Rural Power ». Au regard de ces irrégularités, l’AFIP a porté plainte à la Fiscalía Federal de Mercedes. Adecco Specialities S ou SMW Agro ont aussi été inquiétées ponctuellement par l’AFIP : elles servent en effet d’intermédiaires entre notamment Pioneer et des ouvriers agricoles au bord de l’asphyxie, principalement de la région du nord de l’Argentine, Santiago del Estero.

L’autre cas de figure est lié à la situation géographique de l’Argentine. De nombreuses entreprises semencières sont des prestataires pour des entreprises internationales, comme Monsanto, Pioneer, Dow AgroScience, Cargill, ou encore Don Mario. Historiquement ces semences « de contre-saison » étaient produites au Chili [10], mais l’Argentine a détrôné son voisin.

Entre 2000 et 2010, l’exportation de semences a connu un boom sans précédent, avec une augmentation de 87% des recettes en dix ans [11]. Ces prestataires sont investis tant dans la production de semences génétiquement modifiées que non GM. Or, ils ont été à de nombreuses reprises, au cours des quatre dernières années, épinglés par l’administration pour non respect du droit du travail. Parmi ces entreprises, Satus Ager [12] (qui est aussi impliquée dans des essais en champs de variétés transgéniques), FN Semilla [13], Southern Seeds Productions, etc. Cette dernière a été inculpée en 2011, puis en 2014. En 2011, la plainte concernait quelque 400 personnes mais quatre mois plus tard, le juge a pourtant classé le dossier, considérant qu’il n’y avait pas assez de preuves pour justifier une condamnation des responsables de l’entreprise [14].

Le plus dramatique est que ces « ouvriers saisonniers », souvent d’origine indigène, ne peuvent plus cultiver leur propre terre : problème d’eau lié à l’installation d’un barrage sur le Rio Hondo, accaparement des terres par les éleveurs, eux-mêmes poussés vers le nord par l’arrivée des cultures de soja [15]...

Irrigation d'un champ de soja
Irrigation d’un champ de soja
Crédits : Soybean Checkoff

 Monsanto accusée de « position dominante » sur le marché des semences

La « réussite » économique de Monsanto passe aussi par l’organisation abusive du marché des semences. Monsanto impose aux entreprises qui souhaitent acquérir et utiliser des semences transgéniques de soja Intacta (Roundup Ready II – RR2Y et Roundup Ready II Bt – RR2YBt) [16] un contrat considéré comme contraire aux « intérêts légitimes de la chaîne de production et de commercialisation du soja » par plusieurs organisations agricoles. Ainsi, le 1er septembre 2014, la Fédération des coopératives fédérées (Fecofe), soutenue par plusieurs autres organisations (la Chambre argentine des semenciers multiplicateurs – Casem, la Fédération argentine des coopératives apicoles et agricoles – FACAAL, etc.), a porté plainte auprès de la Commission nationale de défense de la concurrence (Comisión Nacional de Defensa de la Competencia, CNDC). Cette plainte ressemble à la lutte du renard et du loup sur le poulailler des semences. Interrogé par Inf’OGM, Carlos Vicente, de l’association GRAIN, nous précisait que, si l’image n’est pas fausse, cependant « dans la résistance à la nouvelle loi argentine sur les semences, la société civile a trouvé dans la FECOFE une organisation qui travaille dans le même sens » : lutte contre les brevets et les monopoles.

Monsanto oblige les producteurs (ils sont environ 73 000 en Argentine) et les multiplicateurs (environ 800 petites et moyennes entreprises très atomisées sur le territoire) à signer son contrat pour pouvoir utiliser les semences de soja Intacta.
Ce contrat, qui restera en vigueur jusqu’en novembre 2028, impose aux producteurs différentes obligations : vendre leur production aux seuls organismes stockeurs autorisés par Monsanto, à savoir Don Mario, Nidera et l’association des coopératives argentines ; semer les semences Intacta RRII uniquement dans les zones définies par Monsanto ; vendre le grain obtenu exclusivement aux exportateurs et collecteurs du « système » Monsanto ; payer une « prime » qui correspond au droit de brevet sur la technologie Intacta au moment de la vente d’un sac de semences certifiées (entre 3 et 4 dollars US en fonction du type de semences), ou au moment de la déclaration des semis ou de la livraison du grain aux exportateurs et collecteurs (18 dollars US par tonne de grain Intacta en mars 2014) ; séparer précisément le soja Intacta des autres sojas (en cas de mélange, l’ensemble du soja vendu sera considéré comme de type Intacta) ; permettre à Monsanto d’inspecter les champs et entrepôts ; et renoncer à son droit à utiliser le grain pour le semer l’année suivante. Les plaignants rappellent aussi que l’institution argentine en charge de la propriété intellectuelle (INPI) n’a pas encore déterminé si les semences Intacta appartiennent, par le biais des brevets, exclusivement à Monsanto. La législation argentine ne reconnaît toujours pas de droit exclusif sur les semences. Ainsi, Monsanto contourne la loi par le biais de contrats privés.

Pour Esteban Motta, de la Fecofe, « les contrats que promeut Monsanto sont un outil qui renforce la concentration non seulement pour garder le contrôle sur la technologie et son développement mais aussi, et surtout, le contrôle de la commercialisation et le développement du secteur agricole en Argentine ». Les plaignants demandent que la Commission de la Concurrence suspende (comme le prévoit la loi 25.156) les dispositions préjudiciables pendant l’instruction de la plainte. En effet, précisent-ils, tout retard pourrait faire que d’autres producteurs se sentent obligés de signer ce contrat litigieux avec Monsanto. C’est en septembre que se font les achats de semence de soja… et en novembre les semis en Argentine. Le temps de la Justice pourrait donc être incompatible avec celui de l’agriculture. D’où la demande expresse de ne pas attendre la fin du jugement pour agir. Et de conclure : « le retard dans la sentence peut impliquer une accentuation irréversible dans la domination de l’entreprise Monsanto sur le marché d’approvisionnement des semences sur le reste des acteurs impliqués dans la chaîne (autant les semenciers multiplicateurs que les producteurs qui utilisent la semence) qui s’accélérera à l’approche de la date des prochains semis ». Interrogé le 16 décembre, Esteban Motta nous informait que la plainte était toujours en cours d’instruction par la CNDC.

Coucher de soleil sur un champ de soja
Coucher de soleil sur un champ de soja
Crédits : CAFNR

Il serait vain de chercher à énumérer toutes les pratiques illégales, tellement elles sont nombreuses et font partie intégrante de la filière. Les bénéfices ne sont donc que très peu redistribués à la population et ne profitent au final qu’à une toute petite poignée d’entreprises qui fonctionnent comme comme une « mafia ». Comme exemple de bienfaits des OGM, il faudra trouver autre chose… On pourrait presque dire que la « rentabilité » des OGM est à ce prix… car les exemples d’échecs agronomiques et économiques des plantes transgéniques se multiplient. Seuls des moyens plus ou moins illégaux permettent à ces entreprises semencières de continuer de vendre des semences à des agriculteurs de plus en plus réticents, mais captifs (par le biais des contrats, des repousses ou de l’absence de semences conventionnelles), pour obtenir des produits que les consommateurs refusent de plus en plus...

[2Registro de Operadores de Granos

[5Administración Federal de Ingresos Públicos, AFIP

[13En décembre 2013, Bayer rachetait FN Semillas, selon un article de iProfesional du 6 décembre 2013. FN Semillas appartenait pour moitié à la famille fondatrice, la famille Cucagna et l’entreprise semencière Don Mario. Cependant, FN Semillas ne détenait que 3% du marché argentin du commerce du soja

[16Événements de transformation MON89788 et MON877011

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 09:45

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/IMG/siteon0.jpgPar Mathieu.a
(Apiculteur amateur dans le sud Manche, professionnel en devenir)

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article23132

 

 

Depuis quelques temps, je reçois environ une fois par semaine via des amis plus ou moins proches, une invitation à signer une gentille pétition qui va, c’est certain, sauver les abeilles et du même coup rétablir la biodiversité, et s’il y a vraiment beaucoup de signatures, ressusciter votre petit chat écrasé par la voiture du voisin, ce con qui se balade en 4×4. Mais malgré toutes ces bonnes intentions de Pollinis, je ne signerai pas leur paperasse.

Premièrement parce qu’une pétition sans une action syndicale ou militante de terrain n’est que du vent, et ici en l’occurrence une belle page de publicité à peu de frais pour l’association « à but non lucratif » Pollinis. À but non lucratif, ce sont eux qui le disent. Cette association vient d’être créée en mai 2012, en pleine explosion de la mode d’avoir une ruche « écologique » chez soi, surfant à plein sur l’image à haute valeur ajoutée de l’abeille (Voir ici la mode de la ruche en ville).

Voyons donc les tarifs de cette association dont le seul intérêt est la sauvegarde de l’abeille :
Une ruche neuve : 225 euros. Vous en trouverez pour une centaine d’euros TTC chez Route d’Or, en bois français et non traité.
Un essaim d’abeilles noires : 155 euros. Vous verrez plus bas qu’en fait il s’agit d’un paquet d’abeilles et non d’un essaim, puisque la reine est payante en plus. Si vous voulez un paquet d’abeilles noires, je vous en trouve de la locale à moins de 75 euros.
Une reine noire en ponte sélectionnée marquée : 30 euros. Les meilleurs éleveurs de France sont tous en dessous de ce prix, 23 euros généralement, pouvant passer sous les 17 euros en commandant un certain nombre de reines fécondées.
Un nourrissement de démarrage : 55 euros. Pour le coup cela fait du 11 euros le kilo de miel, ce sont les prix du commerce, mais on imagine que le miel ne leur coûte pas ce prix, puisque les colonies en activité produisent du miel… Un prix de gros autour des 5 à 6 euros le kilo paraîtrait plus honnête.
Trois analyses par an : 75 euros. Trois analyses par an ? Pour quoi faire ? Faire marcher le commerce d’un copain qui a un laboratoire ?
Cela nous met la ruche parrainée à 540 euros. Comme ça commence à faire très cher, vous pouvez parrainer des demi ruches, des quarts de ruches… etc.

En gros, vous donnez de l’argent, et vous aurez en échange le plaisir de sauver la planète. Oui, ça fait un peu cher la bonne conscience, je vous l’accorde, mais que voulez vous, tous se paye de nos jours. Votre argent servira à faire vivre des « conservatoires d’abeilles ». C’est joli comme nom, ça sonne rudement bien. Mais c’est quoi un conservatoire d’abeilles ? Il en existe déjà quelques uns, à Ouessant par exemple, ou l’on profite de l’île pour avoir des ruchers exclusivement en abeilles noires, ou les fécondations seront donc uniquement entre abeilles noires, donc on garde réellement une « race pure », ou « lignée pure ». Au delà de savoir dans quelle mesure il est bon ou mauvais de garder des « lignées pures », des ruchers sur le continent ne peuvent absolument pas être considérés comme des « conservatoires »… Ce sont des ruchers, point à la ligne. Les mêmes que ceux des apiculteurs à qui vous pouvez donner également 540 euros pour les faire vivre, sauf qu’en échange, vous aurez au choix :
54 kilos de miel environ
50 kilos de pain d’épices environ
5 essaims environ
Etc.

Vous l’aurez compris, faire vivre l’abeille, ça peut tout simplement passer par faire vivre les apiculteurs locaux, ce qui vous coûtera un peu plus cher que d’acheter du miel chinois, mais beaucoup moins cher que de filer un chèque à Pollinis. Mais revenons sur leur tarifs. Un simple calcul permet de connaître la marge qui sera faite sur votre parrainage : 540 euros – 253 euros (voir liste des coûts réels estimés plus haut) = 287 euros. Voilà grosso modo ce qui ira dans la poche de Pollinis sur votre chèque, directement en cash, le reste : votre ruche, ira au capital de l’association. Belle opération. Mais ce n’est pas tout. Avec cette ruche neuve, une reine de l’année sélectionnée et un nourrissement stimulatif, n’importe quel apiculteur amateur peut facilement produire au bas mot un essaim et 15 kilos de miel. Un essaim à 100 euros environ, plus 150 euros de miel… Et voilà donc au minimum 250 euros de plus de gagnés par an par Pollinis, avec un investissement de zéro, puisque c’est vous qui avez investi à leur place. Décidément vous êtes sympa.

Mais alors si c’est pas pour sauver le monde, à quoi ça sert Pollinis ?

Ce petit bilan, ressemblant d’assez près à une arnaque, amène une question : qui est derrière cette association Pollinis ? Et là, bon courage à celui qui veut trouver cette information. Sur la page « Qui sommes nous ? » de leur site, aucun nom, aucune référence à un apiculteur professionnel ou amateur, un président d’association, ou autre… Une adresse apparait sur la page « contact », la page « crédits » renvoie vers une boite de création de site internet de Marseille, aucun nom dans les mentions légales… Bref, impossible de savoir qui est derrière la démarche. Grâce à l’outil WHO IS, on sait que la personne à qui appartient le domaine « pollinis.org » est Frédéric Beghi. Pas moins d’une quarantaine de domaines lui appartiennent, sans compter la bonne quinzaine abandonnés depuis (source : reversewhois), un pro de la communication sur le web ! Avec par exemple le site « Santé Nature Innovation », un site prônant la guérison du cancer avec de l’homéopathie, ou encore affirmant que « l’hôpital tue plus que l’Afghanistan »… À but non lucratif sans doute encore une fois, juste pour vendre une revue de « santé naturelle » et récolter une bonne série d’email via leur newsletter, ce qui à la revente peut payer pas mal…

Il a liquidé à priori l’entreprise Odience de communication et graphisme (source : Lejournaldessocietes) et il est aussi à la tête de Topdata (topdata.fr), spécialisée dans la collecte et la commercialisation de données, mais aussi la mise en place de systèmes de dons informatisés pour les associations… Ce qui laisse penser que Pollinis n’est pas seulement un loueur de ruche au prix exorbitant, mais également une vitrine magnifique pour l’entreprise de Mr Beghi.

(EDIT 16/12/12 : Suite à un commentaire de Mr Laarman, délégué général de Pollinis, précision : Mr Beghi et l’entreprise Topdata seraient en fait prestataires pour Pollinis. Mr Beghi n’est donc pas un membre de l’association, mais il est mandaté pour créer le site.)

On trouve également en signature à la fin de certains spams email d’information de Pollinis, le nom de Nicolas Laarman, qui est plutôt absent du web, mais qui semble travailler dans le domaine du marketing, de la publicité et de l’art plastique. Assez peu d’information sur ce second personnage.

Pas question de signer ce truc !

Bref, je ne signerais pas leur pétition, et je vous invite à ne pas le faire. On voit sur les forums apicoles de nombreuses réactions assez diverses, certains criant à l’arnaque, d’autres plutôt « pragmatiques », du genre « bof, ça mange pas de pain, j’ai signé ». Mais au contraire, je pense que ce type de démarche est très nuisible à notre activité, et pour deux raisons principales. La première, c’est que cela dé-crédibilise la profession. Ces gens sont le meilleur moyen de faire passer les apiculteurs pour des arnaqueurs de première. En plus, ils participent à l’exploitation de la « mode » des abeilles, qui est un phénomène pratique pour les agriculteurs en mal d’argumentation devant l’évidence que leur pratique est nuisible : « bof, parle, de toute façon le bio c’est une mode, dans 2 ans on n’en parlera plus ».

La seconde raison, bien plus importante, est que cette pétition qui ne produira que du vent prend toute la place médiatique. Les vrais démarches à long terme, des militants de longue haleine, du type de la Confédération Paysanne, de l’UNAF, de Greenpeace, de la FNE et j’en passe, sont relégués au second plan alors que leur efficacité est bien plus grande que les actions supposées de Pollinis. Enfin, au niveau strictement apicole, je serais curieux de connaitre les pratiques de Pollinis. Leurs abeilles sont elles importées ? D’ou vient le miel de nourrissement ? Quels traitements utilisent ils ? Rien là-dessus, évidemment, sur leur site. On imagine que leur amour de l’abeille naturelle pourrait les pousser à être en label Bio, Nature et Progrès, voir même Demeter, or, aucune allusion à quelque label que ce soit sur leur site.

En conclusion, méfiez vous des bonnes intentions, et réfléchissez sur le long terme si vous souhaitez faire quelques chose pour les abeilles. Ce n’est pas d’argent dont ont besoin les pollinisateurs, mais que l’on investisse du temps dans l’organisation de manifestations, de sensibilisation, d’actions concrètes qui changeront durablement la donne. Et si quelqu’un peut sauver l’abeille, ce sera certainement l’apiculteur qui habite à côté de chez vous plus que des bobos urbains qui vous demandent un chèque.

(Voir aussi : Pollinis, Épisode 2...)

mathieua.fr

 
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 04:28

 

écoliers

 

L'Anses relaye deux études sur l'exposition des enfants aux pesticides

Deux études relayées par l'Anses reviennent sur l'exposition
environnementale et alimentaire de jeunes enfants aux résidus de
pesticides. Elles confirment la dérive des pesticides pulvérisés et
l'implication des aliments dans l'exposition.

Dans son dernier bulletin de veille scientifique , l'Agence nationale de
sécurité sanitaire (Anses) vient alimenter le débat à travers la
présentation de deux études en anglais ,citées par PubMed (qui est le principal moteur de recherche de données bibliographiques de l'ensemble des domaines de spécialisation de la biologie et de la médecine):

- l'une se penche sur l'exposition d'écoles
d'Afrique du Sud <http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23995259> situées à
proximité de  vignobles ,

-et la seconde tente d'évaluer la contribution de
certains aliments <http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23973405> à
l'exposition de jeunes enfants.

 

http://static.pubmed.gov/portal/portal3rc.fcgi/3986154/img/28977 

Environmental monitoring of pesticide residues from farms at a neighbouring primary and pre-school in the Western Cape in South Africa.

Abstract

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23995259

 

Concerns about pesticide drift from neighbouring vineyards affecting children attending school on a farm adjacent to an urban suburb of Cape Town, Western Cape in South Africa were investigated. The study involved a before-after design, measuring levels of environmental exposure before and during pesticide application activities on the neighbouring farms. Samples were collected in air, dust and grass cuttings at the preschool and primary school located on the farms during September-December in 2010 and tested for pesticides using multi-pesticide methods. Eleven different pesticides were detected in the various samples. Six of these chemicals (endosulfan, dimethomorph, penconazole, cyprodinil, boscalid and bromopropylate) were on the spraying schedules of the two farms neighbouring the schools and the timing and location of detection were generally consistent with farm application. Three pesticides detected (chlorpyrifos, cypermethrin, permethrin) are agents commonly used in household applications and one (pyriproxifen) is used in pet treatment agents. Kresoxim-methyl, the other pesticide detected, is likely to come from drift from other farms in the area. The concentration of pesticides was all lower than 0.1 μg/m(3) in air and 0.1 μg/kg in dust and grass apart from permethrin and cypermethrin. The findings confirm the presence of drift onto the school premises and concentrations found in this study were generally low in comparison to that detected in other studies. Regular monitoring to track the effectiveness of containment and mitigation measures that reduce drift is recommended.

© 2013.

 

Dietary predictors of young children's exposure to current-use pesticides using urinary biomonitoring.

Abstract

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23973405

 

Few data exist on the association between dietary habits and urinary biomarker concentrations of pesticides in children. The objective was to examined the association between the weekly intake frequency of 65 food items and urinary biomarkers of exposure to chlorpyrifos (3,5,6-trichloro-2-pyridinol [TCP]), permethrin (3-phenoxybenzoic acid [3-PBA]), and 2,4-dichlorophenoxyacetic acid [2,4-D] in 135 preschool-aged children. TCP and 3-PBA are nonspecific biomarkers as they are also urinary metabolites of other pesticides. TCP, 3-PBA, and 2,4-D were detected in 99%, 64%, and 92% of the urine samples, respectively. Mean urinary TCP concentrations were statistically significantly higher in children consuming fresh apples (9.40±15.5 ng/mL versus 5.76±3.57 ng/mL, p=0.040) and fruit juices (8.41±11.5 ng/mL versus 4.11±2.77 ng/mL, p=0.020) ≥3 times a week compared to <3 times a week. For 3-PBA, mean urinary metabolite concentrations were statistically significantly greater in children consuming chicken/turkey meats (0.79±0.81 versus 0.41±0.39, p=0.013) ≥3 times a week compared to <3 times a week. No association occurred between the consumption of any food item and children's mean urinary 2,4-D concentrations by intake group. In conclusion, frequent consumption of fresh apples and fruit juices or chicken/turkey meats were significant dietary predictors of urinary levels of TCP or 3-PBA, respectively.

Published by Elsevier Ltd.

http://infomedocpesticides.n.i.f.unblog.fr/files/2014/10/vigne21-300x225.jpg

L’Anses relaye deux études sur l’exposition des enfants aux pesticides

1 décembre 2014

http://infomedocpesticides.fr/2014/12/01/lanses-relaye-deux-etudes-sur-lexposition-des-enfants-aux-pesticides/

Actualité nationale

Deux études relayées par l’Anses reviennent sur l’exposition environnementale et alimentaire de jeunes enfants aux résidus de pesticides. Elles confirment la dérive des pesticides pulvérisés et l’implication des aliments dans l’exposition.

Quelle est l’exposition environnementale et alimentaire des jeunes enfants aux résidus de pesticides ? Ce sujet a été à l’origine de crispations cet été lors de la préparation de la loi d’Avenir pour l’agriculture : Ségolène Royal avait alors annoncé « une interdiction des épandages de produits phytosanitaires « à moins de 200 mètres des écoles » ».

Au final, la loi n’a retenu que la mise en place de mesures de protection près des lieux sensibles (écoles, hôpitaux, etc.) : « des haies, des équipements pour le traitement ou des dates et horaires de traitement permettant d’éviter la présence de personnes vulnérables« .

Dans son dernier bulletin de veille scientifique, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient alimenter le débat à travers la présentation de deux études : l’une se penche sur l’exposition d’écoles d’Afrique du Sud situées à proximité de vignobles et la seconde tente d’évaluer la contribution de certains aliments à l’exposition de jeunes enfants.

Si l’Agence souligne dans son analyse « la difficulté de documenter les sources d’exposition aux pesticides » du fait de leur « présence ubiquiste (…) dans l’environnement et au nombre élevé de molécules mises sur le marché« , elle relève toutefois les apports documentaires de ces deux études.

Le suivi des concentrations résiduelles de pesticides dans l’air, les poussières et la pelouse d’écoles à proximité de vignobles (30 et 100 m) en Afrique du Sud (à l’ouest de la ville du Cap) montre en effet quesix des onze pesticides détectés dans les échantillons figurent dans le planning de pulvérisation des exploitations.

Mise en évidence de dérive de pesticides

Selon cette étude, les résultats « en lien avec les données météorologiques (direction du vent, données pluviométriques) ont confirmé la dérive des pesticides utilisés dans les vignobles vers les deux écoles« .

L’Anses regrette toutefois que tous les pesticides utilisés dans les fermes aux alentours ainsi que dans les écoles en question n’aient été étudiés. « Compte tenu du phénomène de dérive sur des distances pouvant atteindre 750 m, il aurait été pertinent de connaître l’environnement des écoles sur un rayon équivalent« , pointe-t-elle également.

La seconde étude a mesuré la concentration de résidus de pesticides dans les urines de 135 enfants, âgés de deux à cinq ans, après la consommation de jus de fruits frais, céréales, légumes et pain aux Etats-Unis (Caroline du Nord et Ohio).

Elle montre ainsi que 99% des enfants ont été exposés aux insecticides TCP, 64% à l’acide 3-phénoxybenzoïque (3-BPA) et 92% à l’herbicide, l’acide dichloro 2,4 phénoxyacétique.

Selon les auteurs, les enfants consommant des pommes et des jus de fruits à une fréquence d’au moins trois fois par semaine présentent une concentration moyenne de TCP plus élevée.

De la même manière, lorsque ces derniers mangent du poulet ou de la dinde à une fréquence supérieure ou égale à trois fois par semaine, leur niveau urinaire de 3-BPA s’avérait plus important.

« La documentation du poids ou du volume des aliments consommés aurait pu permettre une meilleure caractérisation des sources d’exposition« note l’Anses. Pour l’Agence, les auteurs auraient également pu prendre en compte des critères complémentaires comme les concentrations en pesticides dans les légumes, une analyse de l’eau du robinet, la consommation de produits bio, etc.

Selon l’Anses, une voie d’exposition qui pourrait ne pas être négligeable serait également l’ingestion de terre contenant des pesticides : les enfants absorberaient en effet en moyenne 31 mg/jour (et jusqu’à 137 mg/jour) de terre et de poussières.

En France, quelques études se sont intéressées à cette question : l’étude épidémiologique Timoun en Guadeloupe s’efforce de caractériser les éventuels impacts du chlordécone sur le développement de l’enfant et la grossesse. Des scientifiques ont ainsi montré que cette exposition peut conduire à un risque augmenté de prématurité.

Dans le cadre du volet alimentation du projet de recherche Popeye, l’exposition aux pesticides des couples mères-enfants de la cohorte nationale Elfe doit également être étudiée ainsi que les impacts possibles d’une exposition pendant la grossesse.

De manière plus large, l’Institut de veille sanitaire avait alerté en avril 2013 sur les niveaux d’exposition de la population française (adulte) aux organophosphorés et aux pyréthrinoïdes.

Lors de la table ronde santé-environnement de la Conférence environnementale, plusieurs associations ont appuyé sur la nécessité de réduire l’usage des pesticides, la feuille de route qui en découlera en janvier montrera si le Gouvernement a entendu leur appel.

Dorothée Laperche

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