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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 04:28

 

Les femmes vont-elles donner naissance à de plus en plus d'enfants retardés ?

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C'est un article du journal Le Monde qui pose le problème : "La pollution met en danger le cerveau".

Stéphane Foucart, le journaliste, évoque une étude américaine portant sur la diminution du QI chez de plus en plus d'enfants nés de mères exposées à la pollution.

Quels sont les constats ?

Les scientifiques détectent de plus en plus souvent des anomalies de l’hormone thyroïdienne chez les femmes enceintes.

En même temps, depuis 30 ans, on assiste à une sérieuse augmentation de la fréquence des troubles neuro-cognitifs des enfants. Voir le diagramme ci-dessous :

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On pourrait penser que c’est une meilleure détection de ces troubles qui est à l’origine de cette augmentation. Il est possible que ce facteur joue un rôle mais il ne suffit pas à lui seul car l’importance de l’augmentation est trop importante.

En particulier, on assiste à une augmentation de la fréquence de l’autisme. L’autisme est une forme de trouble neuro-cognitif. Ce trouble existe dès la naissance. Et ici aussi, une meilleure détection ne suffit pas à expliquer la nette augmentation des cas décelés ces dernières années au sein de la population infantile. Lire ici.

Par ailleurs, nous assistons à une augmentation très importante des substances chimiques présentes dans notre environnement. Augmentation en quantité et en variété.

La présence de ces substances est liée aux modifications dans notre façon de vivre : modification de notre agriculture (pesticides, engrais,…), modification dans  nos façons de gérer ce que nous consommons (emballages, conservateurs,…), utilisation toujours plus grande de toutes sortes d’additifs dans les produits que nous utilisons (cosmétiques, édulcorant, conservateurs, produits d’entretien,…), utilisation de dérivés du pétrole (plastiques,…).

Jamais, dans notre environnement, un tel bouleversement chimique n’était intervenu sur une période aussi courte et dans autant de domaines.

Quelles sont ces substances toxiques ?

Elles sont très variées.

Il peut s’agir de métaux lourds (mercure,...), de pesticides, de phtalates (plastifiants des synthétiques, dans les cosmétiques, dans les aérosols, jouets en plastique).

Il est également question des particules fines.

De nombreuses substances sont des dérivés halogénés (iode, chlore, fluor) qui constituent la classe de composés organiques dont les applications sont les plus diverses et les plus nombreuses dans les domaines agricole, industriel, médical et domestique. Outre leur utilisation comme solvants, on les utilise comme intermédiaires de synthèse (pour la fabrication d’insecticides et de matières plastiques), anesthésiques (chloroforme), retardateurs de flamme (dérivés bromés), fluides frigorifiques, fluides propulseurs des générateurs d’aérosols, etc.

Certaines de ces molécules sont regroupées sous le terme commun de PE (Perturbateurs Endocriniens) en raison du fait que leur mode d’action s’apparente à celui d’hormones. Il s’agit de certains pesticides, de bisphénols, de retardateurs de flamme dans des aérosols, etc.

On connaît la toxicité de certains et une législation existe déjà pour s’en protéger (interdiction des phtalates dans les jouets pour enfant, interdiction de bisphénols, etc).

On le voit, ces substances sont partout. Elles nous concernent tous, où que nous vivions, qui que nous soyons.

Quels sont les troubles rencontrés chez les enfants ?

Nous avons déjà évoqué l’autisme mais, dans ces études, il est aussi question de la diminution du QI, d’hyperactivité, de troubles de l’attention, de retards d’acquisition. On trouve des retards mentaux, des handicaps moteurs.

L'exposition des femmes enceintes à un pesticide particulier (le Chlorpyriphos-éthyl) entrainerait un développement anormal de certaines zones du cerveau de l’enfant, visibles par IRM. Lire ici.

Au total, des troubles neurologiques très divers, de gravité très variable. Certains scientifiques vont jusqu’à redouter une « fuite chimique des cerveaux » liée à une diminution des compétences cérébrales des enfants, comme l'évoque l'article de Le Monde !

À quel moment détecte-t-on ces troubles ?

Il s’agit de troubles détectés précocement. Parfois déjà durant la grossesse mais le plus souvent peu après la naissance.

Tout se passerait comme si nous assistions aux conséquences de mécanismes perturbants qui se seraient déroulés avant la naissance, durant la grossesse.

Quels seraient les mécanismes d’action de ces substances ?

L’hypothèse la plus souvent retenue est celle d’une interférence entre ces différentes molécules et l’hormone thyroïdienne.

Nous savons que l’hormone thyroïdienne de la mère passe au travers du placenta et joue un rôle essentiel dans le développement harmonieux du cerveau du fœtus, avant que celui-ci ne se mette à produire sa propre hormone.

Tout ce qui peut induire une modification du taux de cette hormone risque d’avoir des conséquences sur le système nerveux du fœtus.

Un déficit d’apport iodé chez une femme enceinte peut interférer avec le développement harmonieux du cerveau. Ce déficit peut induire une hypothyroïdie congénitale chez l’enfant (risque de retard mental ultérieur). Lire ici.

Certains des agents chimiques de notre environnement ont une formule chimique assez proche de celle de l’hormone thyroïdienne. Ces molécules pourraient « prendre la place » de l’hormone thyroïdienne et agir comme s’il existait un trouble hormonal.

L’hormone thyroïdienne circulant dans le sang du fœtus au moment du développement du cerveau constituerait donc le point commun de l’action de très nombreuses substances toxiques de notre environnement. 

De plus en plus de chercheurs se penchent sur cette question. Des études sont réalisées chez des animaux (le rat par exemple). Elles semblent bien confirmer l’hypothèse de la relation entre des polluants, l’hormone thyroïdienne et le développement du cerveau.

C’est également par le biais d’une interférence avec d’autres hormones qu’agiraient ailleurs les perturbateurs endocriniens (puberté précoces, micropénis,…).

Les particules fines agiraient directement pour favoriser l'autisme. Lire ici.

Conclusions

La présence de ces diverses molécules (ou particules), de plus en plus nombreuses dans notre environnement, liée à la fréquence grandissante de troubles neuro-cognitifs de l’enfance, conduit à se poser la question du rôle toxique joué par ces substances. Il existe une sorte de parallélisme entre les deux.

L’importance essentielle de l’hormone thyroïdienne dans le développement harmonieux du cerveau de l’enfant et la proximité de cette hormone avec certains toxiques de notre environnement (pesticides, phtalates, métaux lourds,…) impose d’approfondir la question et de prendre dès à présent toutes les mesures de protection pour éviter aux femmes enceintes de se retrouver contaminées. C’est le sort de nos générations futures qui est en jeu.

°°°

D’autre part, je ne peux m'empêcher d’évoquer ici une autre source de perturbations thyroïdiennes liées à notre environnement et dans de toutes autres circonstances. Je veux parler des rayonnements ionisants observés lors des explosions de Hiroshima et Nagasaki mais aussi après des accidents nucléaires.

Qu’il s’agisse de Tchernobyl ou de Fukushima, nous assistons à des modifications du fonctionnement de la thyroïde chez les adultes mais aussi et surtout chez les enfants. Lire ici.

Après le passage du nuage radioactif de Fukushima sur les côtes de Californie (que l’on a pu prouver par la présence de radionucléides spécifiques dans le lait de cette région), on a observé une augmentation du nombre de cas d’hypothyroïdie chez les enfants nés de mères exposées. Lire ici.

Aux environs de Fukushima, chez les enfants, on assiste à une forte augmentation de nodules thyroïdiens (dont certains sont des cancers). Lire ici

Il en est de même dans cette partie de la Biélorussie exposée à la radioactivité du nuage de Tchernobyl.

Dans ces cas, l'action des radiations se situerait plutôt au niveau de l'ADN. Mais pas seulement.

°°°

On le voit, tout ce qui risque de perturber la fonction thyroïdienne des femmes enceintes ou des jeunes enfants peut avoir des répercussions sur le plan neurologique.

La nette augmentation de ces troubles, au cours des dernières décennies, pourrait être liée à l’explosion du nombre et à la quantité des molécules de toutes sortes, présentes dans notre environnement. Et, de la même façon, chez les femmes et enfants exposés à des radiations ionisantes (Tchernobyl, Fukushima).

A l’avenir, en terme de santé, nous n’aurions pas seulement à faire face aux conséquences directes du réchauffement climatique (voir ici l’avis de l’OMS à ce sujet) mais également aux conséquences de l’emploi d’un nombre de molécules (et/ou de radiations)  de plus en plus important.

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 09:31

 

Bientot_dans_vos_assiettes_04_VI

Paul Moreira répond point par point aux attaques du géant des OGM

2 décembre 2014

BIENTOT DANS VOS ASSIETTES

Le film de Paul Moreira, « Bientôt dans vos assiettes » (fiche du film, articles de presse, extrait), diffusé par CANAL+ en septembre 2014, établissait les dégâts causés en Argentine par une utilisation de plus en plus massive et incontrôlée de produits chimiques dangereux sur les zones de culture OGM.

L’existence de cocktails chimiques dangereux était révélée. Des combinaisons toxiques dont personne n’a évalué la dangerosité sur l’être humain.

 

Le film soulignait l’explosion des pathologies autour des champs transgéniques.

Pendant les six mois qu’a duré l’enquête, Monsanto a systématiquement refusé de s’exprimer devant une caméra ou même par écrit.

Aujourd’hui, alors que l’impact de nos révélations provoque des remous, les responsables de Monsanto publient une attaque en règle contre notre enquête sur leur site internet ainsi qu’une lettre à la direction de CANAL+. Ils citent aussi des sites internet qui leur sont acquis. L’objectif de ce tir groupé est de décrédibiliser l’enquête. De donner le sentiment qu’elle est controversée.

 

Nous allons donc ici répondre point par point à ces attaques. En essayant de garder le sourire.

 

Après avoir refusé pendant des mois de répondre à nos questions, oralement ou par écrit, Monsanto se réveille enfin.

A la lecture de leur lettre, nous nous demandons si la firme transgénique dispose d’un service de communication vraiment compétent.

Attention : loin de nous l’idée de dénier à une multinationale le droit de dénigrer un journaliste. Nous sommes de farouches défenseurs de la liberté d’expression même pour une entreprise condamnée en justice pour avoir menti au public dans des publicités pour son produit phare, le Round up, un désherbant à base de glyphosate.

 

Le courrier est signé du Directeur des Affaires Institutionnelles de Monsanto. Comme il semble avoir un avis très sûr en matière de déontologie de l’information, il nous chapitre en préambule sur ce qu’on est « en droit d’attendre d’un reportage dit d’investigation ».

De la « neutralité », écrit-il…

Au risque de vous décevoir, Monsieur le Directeur, ce qu’on demande à un journaliste d’investigation, n’est pas d’être neutre ou lisse mais d’établir des faits, même et surtout quand ceux ci sont dissimulés.

Et c’est ce que, bien modestement, ce film tente de faire.

 

Dans votre premier paragraphe, vous nous accusez de n’avoir pas rencontré des « agriculteurs argentins » pour leur demander quels sont les bienfaits des ogm, de leur point de vue.

 

 

Excusez nous mais à vous lire, nous sommes pris d’un doute : avez vous vu le film ?

Quand nous arrivons en Argentine, les deux premières personnes interviewées, les Vacarezza, utilisent vos produits.

Votre critique « A aucun moment la question de l’utilité des cultures OGM n’est posée » est fausse. Nous glissons l’extrait vidéo pour que chacun puisse se faire une idée.

 

Bon, en même temps, je vous comprend, vous n’êtes pas payés pour lui trouver des qualités, à ce documentaire…

 

- Sur l’alimentation animale transgénique, ensuite.

Vous affirmez qu’il n’existe aucun problème « documenté ».

 

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Je vous rappelle qu’il existe une épidémie de diarrhée porcine dramatique dont, pour l’instant, on ignore la cause et qui touche des millions de bêtes sur la planète. Des bêtes nourries aux OGM.

Or, un éleveur danois touché par cette même diarrhée, Ib Pedersen, a décidé de cesser de donner du soja ogm au glyphosate à ses bêtes (il a été suivi par un autre éleveur dans le sud du pays). Il constate une amélioration, voire une éradication de la diarrhée. C’est vrai, cet éleveur est alors devenu un de vos principaux opposants.

Mais le gouvernement danois l’a pris suffisamment au sérieux pour nommer un scientifique afin de voir s’il peut exister un problème. Il a révisé la littérature scientifique concernant l’impact du glyphosate dans l’alimentation animale.

Nous l’avons interviewé. Pour des raisons de place nous ne l’avons pas gardé dans le film. Mais puisque vous soulevez le problème, nous allons mettre en ligne son interview sur notre site. Je ne vous cache pas qu’elle vous sera désagréable. Il s’agit de Martin Tang Sorensen, un scientifique indépendant de l’université de Aarhus.

Il affirme que sur cette question (impact du glyphosate sur les bactéries digestives) rien ou presque n’a été fait en termes d’étude de risque. Et qu’il faut lancer une recherche indépendante. Notez bien qu’il ne met pas en cause les ogm mais les résidus de pesticides dans les ogm. Vous trouverez le compte rendu de son rapport ici : http://dca.au.dk/en/current-news/news/show/artikel/behov-for-flere-undersoegelser-af-ukrudtsmiddel/

 

 

 

A l’issue de ce premier constat, je me demande dans quelles conditions est produit le soja transgénique et je pars vérifier en Argentine.

Et là, vous faites semblant de ne pas comprendre. Vous reconnaissez dans votre lettre que le glyphosate ne suffit plus à tuer les mauvaises herbes. Qu’elles deviennent résistantes. Que c’est bien connu, ça arrive toujours. Dont acte. Mais que ne le dites vous dans vos publicités alors ?…

Que n’expliquez vous aux agriculteurs qu’il leur faudra augmenter les doses et demain mélanger avec des produits de plus en plus dangereux pour pouvoir venir à bout de ces mauvaises herbes résistantes ?…

Votre promesse, c’était : toujours moins de produits chimiques, toujours moins d’impact toxique pour la planète.

C’est le contraire qui se passe.

Car là est le coeur de notre découverte. Pour contrôler les mauvaises herbes, les OGM ont besoin de cocktails de produits toxiques.

Le glyphosate ne suffit plus et les agriculteurs argentins sont en train non seulement d’augmenter les doses mais de faire des mélanges de pesticides dangereux de manière incontrôlée (du propre aveu du ministère des sciences). Des produits interdits en Europe. Et qui, oui, sont tératogènes, mutagènes et toxiques.

Vous ne pouvez pas répondre aux craintes suscitées par ces combinaisons d’herbicide en affirmant que le glyphosate est testé et qu’il ne donne pas le cancer. Il ne s’agit plus du glyphosate uniquement mais de synérgies chimiques inconnues.

 

Vous me reprochez de ne pas avoir rencontré d’experts pour leur poser la question.

 

 

C’est faux, une fois de plus. Contrairement à ce que vous dites nous avons posé la question à des agronomes de l’INTA (un organisme de recherche agronomique avec lequel vous collaborez étroitement). Comme vous pouvez le constater dans cette extrait. Et ce qu’ils disent est terrifiant.

 

 

 

 

Je répète donc la question, importante, à laquelle pendant plusieurs mois vous n’avez jamais répondu :

Existe-t-il, oui ou non, des études de risques sanitaires liés aux combinaisons de produits chimiques comme le 2,4 D, l’Atraxine et le Round up ? Et si oui, peut on les lire ?…

 

Vous le savez, les villages agricoles argentins qui bordent les champs de cultures transgéniques sont victimes de pathologies graves. Se peut-il que ces fameuses combinaisons de produits chimiques soient à l’origine de ces pathologies ? Devant une telle épidémie, n’est-il pas de votre devoir d’étudier la question ?

 

 

Cette augmentation des pathologies a été repérée par plusieurs structures médicales. (http://www.gmwatch.eu/files/Chaco_Government_Report_English.pdf).

Avez vous investi dans des enquêtes sanitaires auprès de ces populations ? Pensez vous que l’idée pourrait être légitime ?

 

Vous nous accusez d’avoir mentionné la republication de l’étude de Seralini sans « mention aucune » des critiques à son encontre d’une partie des scientifiques. C’est faux, nous diffusons la réaction d’un comité d’experts qui rejettent ses conclusions. Les avez vous vus ?…

 

Anecdote. La dame qui nous refuse une interview à la conférence organisée par votre lobby, Europabio, travaille bien pour Monsanto et représentait votre entreprise lors de cet évènement. Et vous le savez parfaitement.

 

Enfin, last but not least, votre accusation de ne pas vous avoir interviewés. On en rirait si ce n’était pas pitoyable.

Vous dites que nous ne vous avons pas « offert d’espace médiatique pour exposer sereinement (votre) métier »…

 

Voici donc la copie du mail que nous vous avons envoyé. Nous vous épargnons les cinq mails qui ont suivi pour n’aboutir à rien.

Nous sommes passés par les services de Fleishmann Hillard, l’entreprise de « relations publiques » qui vous représente en France.

 

« A l’attention de Monsanto France

Service  Presse  –

et Mathilde Bigot , FleishmanHillard Paris

Bonjour,

Je réalise pour la chaine canal plus un documentaire qui tente d’établir un premier bilan après 15 ans d’ogm. Nous sommes allés en Amérique Latine, où une majorité des cultures est ogm, soja notamment. Vos produits y sont très largement utilisés. Nous avons constaté un problème de plantes résistantes. Après quelques années de grande efficacité de vos herbicides couplés avec vos graines ogm, la nature a muté et les agriculteurs doivent trouver d’autres solutions.

Sur le terrain, on nous a indiqué avoir recours à des cocktails de produits chimiques. Des mélanges de divers produits. En fait, ces résistances ont déclenché une course aux produits chimiques et à une augmentation des doses. J’ai rencontré des agronomes qui m’ont dit ne pas connaitre l’impact de ces nouveaux cocktails de pesticides et herbicides.

Nous avons aussi été témoins de beaucoup de problèmes de santé dans les communautés qui bordent les champs. D’après les médecins, ce serait lié aux produits chimiques massivement employés. La marque Monsanto est régulièrement citée par nos interlocuteurs. Je pense qu’une interview de la part de Monsanto serait nécessaire.Je suis prêt à me déplacer aux USA s’il n’y a pas moyen de faire autrement. Sinon, nous pouvons organiser cela en France. Voici les quelques points importants sur lesquels une réaction serait la bienvenue.

- Existe-t-il un dossier d’évaluation sanitaire du Round Up et si oui pouvez vous me permettre d’y accéder ?

- Existe-t-il des évaluations des synérgies et interactions possibles entre différents herbicides-pesticides ? Par exemple : Round up (Glyphosate) + 2,4D + Atraxine… Ce n’est qu’une des combinaisons dont nous avons été témoins mais il y en a bien d’autres.

- Ces cocktails de produits chimiques, de l’aveu même des agronomes de l’INTA argentin avec lesquels vous collaborez étroitement, sont une pratique massive et en accélération en Amérique Latine. Ils nous ont affirmé ne pas connaitre l’impact de ces cocktails sur l’environnement et la santé des populations. Par manque d’études scientifiques et de visibilité. Est-ce pour vous un sujet d’inquiétude ? Et comment y faites vous face, très concrètement ?

- D’après les acteurs de terrain (médecins, politiques, société civile), il existe un lien statistique entre l’apparition de pathologies graves dans les villages ruraux et le développement du couple ogm-produits chimiques. Quelle est votre position à ce sujet ? Avez vous fait des études sanitaires pour tenter de savoir si les deux sont liés ? Et si oui, pouvez vous me dire où je peux y accéder ?

Je suis sûr que vous comprendrez l’intérêt qu’il y a pour le grand public à pouvoir répondre à ces questions en toute transparence.

Merci de votre aide.

Vous pouvez voir sur notre site internet l’étendue et le sérieux de nos productions :

http://www.pltv.fr

Salutations distinguées,

Paul Moreira »

 

Nous avons répondu à toutes vos critiques. Nous attendons toujours votre réponse à notre principale question : avez vous étudié l’impact sanitaire des combinaisons de produits chimiques appliqués sur vos plantes OGM ?

 

OGM en Argentine : l’enfer du décor

Christophe NOISETTE, décembre 2014

L’Argentine est le premier exportateur mondial d’huile de soja, le second exportateur de maïs et le troisième pour les graines de soja. Il est courant d’entendre que l’agriculture argentine est une manne pour le pays, et que les plantes génétiquement modifiées (PGM), dont le soja GM notamment, participent de l’amélioration des conditions de vie, non seulement de ceux qui les utilisent mais de l’ensemble de la société. Mais évasion fiscale à grande échelle, exploitation de la main d’œuvre saisonnière, abus de position dominante... : voilà la réalité des grandes entreprises agricoles en Argentine.

Argentine : les zones de production du soja
Argentine : les zones de production du soja
Crédits : siia.gov.ar

Monsanto est une entreprise qui fait la promotion de l’agriculture durable et des droits de l’homme… En tout cas, c’est ce qu’on peut lire sur la page qui présente le fonds de soutien de Monsanto (Monsanto Fund) : « Sur la période 2010-2011, le Monsanto Fund a alloué plus de 30 millions de dollars à des communautés brésiliennes, indonésiennes, mexicaines, kényanes ou paraguayennes. Sur cette même période, son action a bénéficié, entre autres, à plus de 5 millions de personnes au Brésil et 3000 familles en Inde » [1]. Outre le fait que ces 30 millions de dollars ne correspondent qu’à une infime part des bénéfices de l’entreprise (avec 1,48 milliard de dollars de bénéfices en 2012, ces fameux 30 millions correspondent au bénéfice réalisé par Monsanto en... une semaine !), ce fonds permet une publicité à peu de frais et une défiscalisation… Or, cette entreprise est loin d’être aussi « responsable » qu’elle le soutient. Aider les pauvres, c’est bien, mais payer ses impôts, c’est mieux... et théoriquement obligatoire !

 Monsanto, Bunge, Cargill, condamnées pour évasion fiscale

En 2012, l’entreprise Monsanto a été suspendue à deux reprises du Registre national argentin des Céréales [2], pour ne pas avoir payé correctement ses taxes à l’État argentin : en février 2012 [3], car l’administration fiscale lui réclamait 8,5 millions de dollars US ; et en octobre 2012 [4], pour une somme non payée de 70 millions de dollars US de taxes pour la période 2001 / 2008. Le Trésor public argentin (AFIP) [5] précise que Monsanto s’étant acquittée de la première somme, il avait procédé à sa réinscription au Registre. Concrètement, les enquêteurs de l’AFIP précisent que Monsanto a inventé des prêts fictifs à des sociétés installées dans des paradis fiscaux (Monsanto Panama, Monsanto Bermudes) pour payer moins d’impôts sur ses bénéfices. A l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas si Monsanto a finalement payé les 70 millions de dollars. En tout état de cause, Monsanto n’a jamais vraiment été inquiétée car cette entreprise a pu continuer à vendre ses semences de soja transgénique…

En Argentine, les herbicides sont pulvérisés par avion
En Argentine, les herbicides sont pulvérisés par avion
Crédits : Santiago Nicolau

Une autre fraude de Monsanto, qui était à l’étude par l’AFIP en 2012, concerne la cession de parts à une entreprise espagnole, qui n’aurait pas été effective. Cette manipulation aurait entraîné une évasion fiscale de l’ordre de sept millions de dollars, en vertu des accords de double imposition. L’AFIP n’a pas encore répondu aux demandes de précisions d’Inf’OGM.

D’après le journal en ligne Bloomberg [6], Monsanto a indiqué que cette suspension n’empêcherait pas l’entreprise de continuer son activité en Argentine. De même Bunge, le deuxième exportateur en Argentine qui a été suspendu de ce registre début octobre 2012, pour des raisons similaires, a pu continuer sans difficulté à exporter, précisent les responsables de l’entreprise. Concrètement, la suspension n’implique qu’une simple suspension temporaire du régime des avantages fiscaux pour les entreprises inscrites au registre des commerçants de céréales, comme des réductions de taxes à l’exportation. Autrement dit, pendant la période de suspension, Monsanto se verra appliquer un taux de 25% (contre 10% précédemment).

Cargill est aussi sur la sellette, de même que de nombreuses autres entreprises impliquées dans les mines (Barrick), ou la métallurgie (la branche nationale de Metallurgical Corp. of China Ltd), etc. L’année dernière, précise le Trésor, les dix plus importantes entreprises impliquées dans l’exportation ou la transformation des céréales et du soja n n’ont pas payé l’ensemble des taxes dues. Bunge, Cargill, Molinos Rio de la Plata, à eux trois, devaient, pour la période de 2005 à 2009, la modique somme de 65 millions de dollars.

 L’exploitation d’une main-d’œuvre précaire...

L’Argentine est un eldorado pour les grandes entreprises, où elles font la pluie et le beau temps. Les droits humains sont bafoués. La production de maïs hybride exige une très grande quantité de petites mains, notamment pour castrer les maïs. Les entreprises semencières embauchent des saisonniers qu’elles payent à peine, qui travaillent sept jours sur sept, entre 9 et 14 heures par jour, logent dans des baraquements de tôle (voir photo ci-dessous), sans eau, sans électricité, etc. Leurs conditions de travail sont tout à fait alarmantes, voire se rapprochent de l’esclavage. Selon le Registre national des Travailleurs Ruraux et des Employés, 1,3 million de personnes travaillent dans les champs, mais seulement un quart (autour de 325 000) sont déclarées. Ces pratiques ont mené l’administration argentine à réagir, notamment sous l’influence du procureur de la ville de San Nicolas, Rubén Darío Giagnorio. Malheureusement, les contrôles n’ont pas changé fondamentalement la situation de ces travailleurs.

Les habitats précaires des saisonniers
Les habitats précaires des saisonniers
Crédits : inconnu

Ainsi, les grandes entreprises multinationales se préoccupent peu du respect du droit du travail. Nidera, une importante entreprise néerlandaise impliquée dans le commerce du grain, a fait l’objet de plaintes pour fraude fiscale (49 000 euros…), ce qui a conduit l’administration a découvrir qu’elle exploitait ses « ouvriers ». Nidera fait partie des six plus grandes entreprises (après Cargill, Bunge, ADM, Dreyfus et Toepfer) qui exportent des céréales argentines, et une des premières à avoir reçu l’autorisation de commercialiser des semences de soja transgénique tolérant le glyphosate en 1996. En 2011, le procureur de San Nicolás a donc porté plainte contre Nidera.
Tout comme Monsanto, cette entreprise a un double visage. Son président, Martin Mayer Wolf, était en 2010 très impliqué dans l’ONG Acción Internacional, dont le but est d’aider à sortir de la pauvreté via le micro-crédit [7].
D’autres multinationales, comme Pioneer, ou des entreprises semencières nationales installées dans la sous-région, comme Tobin, ont aussi fait l’objet de dénonciation par l’AFIP [8].

Mais le plus souvent ce sont des sous-traitants qui sont les responsables de cette forme moderne d’esclavage. Deux cas de figure existent : les entreprises qui fournissent la main-d’œuvre aux multinationales ou aux entreprises nationales, ou des entreprises nationales qui produisent les semences pour les multinationales. Dans les deux cas, les bénéficiaires sont les entreprises étasuniennes ou européennes.

 ... via des sous-traitants véreux

En janvier 2012, l’AFIP a ainsi « constaté que 100% [du] personnel [de RuralPower SA] était en situation irrégulière mais aussi que les employés ne pouvaient pas sortir de l’enceinte de l’entreprise » sans autorisation préalable de la direction. Rural Power est une filiale de la multinationale ManPower [9]. Elle recrute de la main-d’œuvre bon marché, qu’elle met à disposition de grandes entreprises agricoles ou semencières. Ainsi, concrètement, dans sa dénonciation établie le 11 janvier 2012, l’AFIP souligne que « Monsanto est solidairement responsable des actions que réalise son contractuel Rural Power ». Au regard de ces irrégularités, l’AFIP a porté plainte à la Fiscalía Federal de Mercedes. Adecco Specialities S ou SMW Agro ont aussi été inquiétées ponctuellement par l’AFIP : elles servent en effet d’intermédiaires entre notamment Pioneer et des ouvriers agricoles au bord de l’asphyxie, principalement de la région du nord de l’Argentine, Santiago del Estero.

L’autre cas de figure est lié à la situation géographique de l’Argentine. De nombreuses entreprises semencières sont des prestataires pour des entreprises internationales, comme Monsanto, Pioneer, Dow AgroScience, Cargill, ou encore Don Mario. Historiquement ces semences « de contre-saison » étaient produites au Chili [10], mais l’Argentine a détrôné son voisin.

Entre 2000 et 2010, l’exportation de semences a connu un boom sans précédent, avec une augmentation de 87% des recettes en dix ans [11]. Ces prestataires sont investis tant dans la production de semences génétiquement modifiées que non GM. Or, ils ont été à de nombreuses reprises, au cours des quatre dernières années, épinglés par l’administration pour non respect du droit du travail. Parmi ces entreprises, Satus Ager [12] (qui est aussi impliquée dans des essais en champs de variétés transgéniques), FN Semilla [13], Southern Seeds Productions, etc. Cette dernière a été inculpée en 2011, puis en 2014. En 2011, la plainte concernait quelque 400 personnes mais quatre mois plus tard, le juge a pourtant classé le dossier, considérant qu’il n’y avait pas assez de preuves pour justifier une condamnation des responsables de l’entreprise [14].

Le plus dramatique est que ces « ouvriers saisonniers », souvent d’origine indigène, ne peuvent plus cultiver leur propre terre : problème d’eau lié à l’installation d’un barrage sur le Rio Hondo, accaparement des terres par les éleveurs, eux-mêmes poussés vers le nord par l’arrivée des cultures de soja [15]...

Irrigation d'un champ de soja
Irrigation d’un champ de soja
Crédits : Soybean Checkoff

 Monsanto accusée de « position dominante » sur le marché des semences

La « réussite » économique de Monsanto passe aussi par l’organisation abusive du marché des semences. Monsanto impose aux entreprises qui souhaitent acquérir et utiliser des semences transgéniques de soja Intacta (Roundup Ready II – RR2Y et Roundup Ready II Bt – RR2YBt) [16] un contrat considéré comme contraire aux « intérêts légitimes de la chaîne de production et de commercialisation du soja » par plusieurs organisations agricoles. Ainsi, le 1er septembre 2014, la Fédération des coopératives fédérées (Fecofe), soutenue par plusieurs autres organisations (la Chambre argentine des semenciers multiplicateurs – Casem, la Fédération argentine des coopératives apicoles et agricoles – FACAAL, etc.), a porté plainte auprès de la Commission nationale de défense de la concurrence (Comisión Nacional de Defensa de la Competencia, CNDC). Cette plainte ressemble à la lutte du renard et du loup sur le poulailler des semences. Interrogé par Inf’OGM, Carlos Vicente, de l’association GRAIN, nous précisait que, si l’image n’est pas fausse, cependant « dans la résistance à la nouvelle loi argentine sur les semences, la société civile a trouvé dans la FECOFE une organisation qui travaille dans le même sens » : lutte contre les brevets et les monopoles.

Monsanto oblige les producteurs (ils sont environ 73 000 en Argentine) et les multiplicateurs (environ 800 petites et moyennes entreprises très atomisées sur le territoire) à signer son contrat pour pouvoir utiliser les semences de soja Intacta.
Ce contrat, qui restera en vigueur jusqu’en novembre 2028, impose aux producteurs différentes obligations : vendre leur production aux seuls organismes stockeurs autorisés par Monsanto, à savoir Don Mario, Nidera et l’association des coopératives argentines ; semer les semences Intacta RRII uniquement dans les zones définies par Monsanto ; vendre le grain obtenu exclusivement aux exportateurs et collecteurs du « système » Monsanto ; payer une « prime » qui correspond au droit de brevet sur la technologie Intacta au moment de la vente d’un sac de semences certifiées (entre 3 et 4 dollars US en fonction du type de semences), ou au moment de la déclaration des semis ou de la livraison du grain aux exportateurs et collecteurs (18 dollars US par tonne de grain Intacta en mars 2014) ; séparer précisément le soja Intacta des autres sojas (en cas de mélange, l’ensemble du soja vendu sera considéré comme de type Intacta) ; permettre à Monsanto d’inspecter les champs et entrepôts ; et renoncer à son droit à utiliser le grain pour le semer l’année suivante. Les plaignants rappellent aussi que l’institution argentine en charge de la propriété intellectuelle (INPI) n’a pas encore déterminé si les semences Intacta appartiennent, par le biais des brevets, exclusivement à Monsanto. La législation argentine ne reconnaît toujours pas de droit exclusif sur les semences. Ainsi, Monsanto contourne la loi par le biais de contrats privés.

Pour Esteban Motta, de la Fecofe, « les contrats que promeut Monsanto sont un outil qui renforce la concentration non seulement pour garder le contrôle sur la technologie et son développement mais aussi, et surtout, le contrôle de la commercialisation et le développement du secteur agricole en Argentine ». Les plaignants demandent que la Commission de la Concurrence suspende (comme le prévoit la loi 25.156) les dispositions préjudiciables pendant l’instruction de la plainte. En effet, précisent-ils, tout retard pourrait faire que d’autres producteurs se sentent obligés de signer ce contrat litigieux avec Monsanto. C’est en septembre que se font les achats de semence de soja… et en novembre les semis en Argentine. Le temps de la Justice pourrait donc être incompatible avec celui de l’agriculture. D’où la demande expresse de ne pas attendre la fin du jugement pour agir. Et de conclure : « le retard dans la sentence peut impliquer une accentuation irréversible dans la domination de l’entreprise Monsanto sur le marché d’approvisionnement des semences sur le reste des acteurs impliqués dans la chaîne (autant les semenciers multiplicateurs que les producteurs qui utilisent la semence) qui s’accélérera à l’approche de la date des prochains semis ». Interrogé le 16 décembre, Esteban Motta nous informait que la plainte était toujours en cours d’instruction par la CNDC.

Coucher de soleil sur un champ de soja
Coucher de soleil sur un champ de soja
Crédits : CAFNR

Il serait vain de chercher à énumérer toutes les pratiques illégales, tellement elles sont nombreuses et font partie intégrante de la filière. Les bénéfices ne sont donc que très peu redistribués à la population et ne profitent au final qu’à une toute petite poignée d’entreprises qui fonctionnent comme comme une « mafia ». Comme exemple de bienfaits des OGM, il faudra trouver autre chose… On pourrait presque dire que la « rentabilité » des OGM est à ce prix… car les exemples d’échecs agronomiques et économiques des plantes transgéniques se multiplient. Seuls des moyens plus ou moins illégaux permettent à ces entreprises semencières de continuer de vendre des semences à des agriculteurs de plus en plus réticents, mais captifs (par le biais des contrats, des repousses ou de l’absence de semences conventionnelles), pour obtenir des produits que les consommateurs refusent de plus en plus...

[2Registro de Operadores de Granos

[5Administración Federal de Ingresos Públicos, AFIP

[13En décembre 2013, Bayer rachetait FN Semillas, selon un article de iProfesional du 6 décembre 2013. FN Semillas appartenait pour moitié à la famille fondatrice, la famille Cucagna et l’entreprise semencière Don Mario. Cependant, FN Semillas ne détenait que 3% du marché argentin du commerce du soja

[16Événements de transformation MON89788 et MON877011

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 09:45

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/IMG/siteon0.jpgPar Mathieu.a
(Apiculteur amateur dans le sud Manche, professionnel en devenir)

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article23132

 

 

Depuis quelques temps, je reçois environ une fois par semaine via des amis plus ou moins proches, une invitation à signer une gentille pétition qui va, c’est certain, sauver les abeilles et du même coup rétablir la biodiversité, et s’il y a vraiment beaucoup de signatures, ressusciter votre petit chat écrasé par la voiture du voisin, ce con qui se balade en 4×4. Mais malgré toutes ces bonnes intentions de Pollinis, je ne signerai pas leur paperasse.

Premièrement parce qu’une pétition sans une action syndicale ou militante de terrain n’est que du vent, et ici en l’occurrence une belle page de publicité à peu de frais pour l’association « à but non lucratif » Pollinis. À but non lucratif, ce sont eux qui le disent. Cette association vient d’être créée en mai 2012, en pleine explosion de la mode d’avoir une ruche « écologique » chez soi, surfant à plein sur l’image à haute valeur ajoutée de l’abeille (Voir ici la mode de la ruche en ville).

Voyons donc les tarifs de cette association dont le seul intérêt est la sauvegarde de l’abeille :
Une ruche neuve : 225 euros. Vous en trouverez pour une centaine d’euros TTC chez Route d’Or, en bois français et non traité.
Un essaim d’abeilles noires : 155 euros. Vous verrez plus bas qu’en fait il s’agit d’un paquet d’abeilles et non d’un essaim, puisque la reine est payante en plus. Si vous voulez un paquet d’abeilles noires, je vous en trouve de la locale à moins de 75 euros.
Une reine noire en ponte sélectionnée marquée : 30 euros. Les meilleurs éleveurs de France sont tous en dessous de ce prix, 23 euros généralement, pouvant passer sous les 17 euros en commandant un certain nombre de reines fécondées.
Un nourrissement de démarrage : 55 euros. Pour le coup cela fait du 11 euros le kilo de miel, ce sont les prix du commerce, mais on imagine que le miel ne leur coûte pas ce prix, puisque les colonies en activité produisent du miel… Un prix de gros autour des 5 à 6 euros le kilo paraîtrait plus honnête.
Trois analyses par an : 75 euros. Trois analyses par an ? Pour quoi faire ? Faire marcher le commerce d’un copain qui a un laboratoire ?
Cela nous met la ruche parrainée à 540 euros. Comme ça commence à faire très cher, vous pouvez parrainer des demi ruches, des quarts de ruches… etc.

En gros, vous donnez de l’argent, et vous aurez en échange le plaisir de sauver la planète. Oui, ça fait un peu cher la bonne conscience, je vous l’accorde, mais que voulez vous, tous se paye de nos jours. Votre argent servira à faire vivre des « conservatoires d’abeilles ». C’est joli comme nom, ça sonne rudement bien. Mais c’est quoi un conservatoire d’abeilles ? Il en existe déjà quelques uns, à Ouessant par exemple, ou l’on profite de l’île pour avoir des ruchers exclusivement en abeilles noires, ou les fécondations seront donc uniquement entre abeilles noires, donc on garde réellement une « race pure », ou « lignée pure ». Au delà de savoir dans quelle mesure il est bon ou mauvais de garder des « lignées pures », des ruchers sur le continent ne peuvent absolument pas être considérés comme des « conservatoires »… Ce sont des ruchers, point à la ligne. Les mêmes que ceux des apiculteurs à qui vous pouvez donner également 540 euros pour les faire vivre, sauf qu’en échange, vous aurez au choix :
54 kilos de miel environ
50 kilos de pain d’épices environ
5 essaims environ
Etc.

Vous l’aurez compris, faire vivre l’abeille, ça peut tout simplement passer par faire vivre les apiculteurs locaux, ce qui vous coûtera un peu plus cher que d’acheter du miel chinois, mais beaucoup moins cher que de filer un chèque à Pollinis. Mais revenons sur leur tarifs. Un simple calcul permet de connaître la marge qui sera faite sur votre parrainage : 540 euros – 253 euros (voir liste des coûts réels estimés plus haut) = 287 euros. Voilà grosso modo ce qui ira dans la poche de Pollinis sur votre chèque, directement en cash, le reste : votre ruche, ira au capital de l’association. Belle opération. Mais ce n’est pas tout. Avec cette ruche neuve, une reine de l’année sélectionnée et un nourrissement stimulatif, n’importe quel apiculteur amateur peut facilement produire au bas mot un essaim et 15 kilos de miel. Un essaim à 100 euros environ, plus 150 euros de miel… Et voilà donc au minimum 250 euros de plus de gagnés par an par Pollinis, avec un investissement de zéro, puisque c’est vous qui avez investi à leur place. Décidément vous êtes sympa.

Mais alors si c’est pas pour sauver le monde, à quoi ça sert Pollinis ?

Ce petit bilan, ressemblant d’assez près à une arnaque, amène une question : qui est derrière cette association Pollinis ? Et là, bon courage à celui qui veut trouver cette information. Sur la page « Qui sommes nous ? » de leur site, aucun nom, aucune référence à un apiculteur professionnel ou amateur, un président d’association, ou autre… Une adresse apparait sur la page « contact », la page « crédits » renvoie vers une boite de création de site internet de Marseille, aucun nom dans les mentions légales… Bref, impossible de savoir qui est derrière la démarche. Grâce à l’outil WHO IS, on sait que la personne à qui appartient le domaine « pollinis.org » est Frédéric Beghi. Pas moins d’une quarantaine de domaines lui appartiennent, sans compter la bonne quinzaine abandonnés depuis (source : reversewhois), un pro de la communication sur le web ! Avec par exemple le site « Santé Nature Innovation », un site prônant la guérison du cancer avec de l’homéopathie, ou encore affirmant que « l’hôpital tue plus que l’Afghanistan »… À but non lucratif sans doute encore une fois, juste pour vendre une revue de « santé naturelle » et récolter une bonne série d’email via leur newsletter, ce qui à la revente peut payer pas mal…

Il a liquidé à priori l’entreprise Odience de communication et graphisme (source : Lejournaldessocietes) et il est aussi à la tête de Topdata (topdata.fr), spécialisée dans la collecte et la commercialisation de données, mais aussi la mise en place de systèmes de dons informatisés pour les associations… Ce qui laisse penser que Pollinis n’est pas seulement un loueur de ruche au prix exorbitant, mais également une vitrine magnifique pour l’entreprise de Mr Beghi.

(EDIT 16/12/12 : Suite à un commentaire de Mr Laarman, délégué général de Pollinis, précision : Mr Beghi et l’entreprise Topdata seraient en fait prestataires pour Pollinis. Mr Beghi n’est donc pas un membre de l’association, mais il est mandaté pour créer le site.)

On trouve également en signature à la fin de certains spams email d’information de Pollinis, le nom de Nicolas Laarman, qui est plutôt absent du web, mais qui semble travailler dans le domaine du marketing, de la publicité et de l’art plastique. Assez peu d’information sur ce second personnage.

Pas question de signer ce truc !

Bref, je ne signerais pas leur pétition, et je vous invite à ne pas le faire. On voit sur les forums apicoles de nombreuses réactions assez diverses, certains criant à l’arnaque, d’autres plutôt « pragmatiques », du genre « bof, ça mange pas de pain, j’ai signé ». Mais au contraire, je pense que ce type de démarche est très nuisible à notre activité, et pour deux raisons principales. La première, c’est que cela dé-crédibilise la profession. Ces gens sont le meilleur moyen de faire passer les apiculteurs pour des arnaqueurs de première. En plus, ils participent à l’exploitation de la « mode » des abeilles, qui est un phénomène pratique pour les agriculteurs en mal d’argumentation devant l’évidence que leur pratique est nuisible : « bof, parle, de toute façon le bio c’est une mode, dans 2 ans on n’en parlera plus ».

La seconde raison, bien plus importante, est que cette pétition qui ne produira que du vent prend toute la place médiatique. Les vrais démarches à long terme, des militants de longue haleine, du type de la Confédération Paysanne, de l’UNAF, de Greenpeace, de la FNE et j’en passe, sont relégués au second plan alors que leur efficacité est bien plus grande que les actions supposées de Pollinis. Enfin, au niveau strictement apicole, je serais curieux de connaitre les pratiques de Pollinis. Leurs abeilles sont elles importées ? D’ou vient le miel de nourrissement ? Quels traitements utilisent ils ? Rien là-dessus, évidemment, sur leur site. On imagine que leur amour de l’abeille naturelle pourrait les pousser à être en label Bio, Nature et Progrès, voir même Demeter, or, aucune allusion à quelque label que ce soit sur leur site.

En conclusion, méfiez vous des bonnes intentions, et réfléchissez sur le long terme si vous souhaitez faire quelques chose pour les abeilles. Ce n’est pas d’argent dont ont besoin les pollinisateurs, mais que l’on investisse du temps dans l’organisation de manifestations, de sensibilisation, d’actions concrètes qui changeront durablement la donne. Et si quelqu’un peut sauver l’abeille, ce sera certainement l’apiculteur qui habite à côté de chez vous plus que des bobos urbains qui vous demandent un chèque.

(Voir aussi : Pollinis, Épisode 2...)

mathieua.fr

 
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 04:28

 

écoliers

 

L'Anses relaye deux études sur l'exposition des enfants aux pesticides

Deux études relayées par l'Anses reviennent sur l'exposition
environnementale et alimentaire de jeunes enfants aux résidus de
pesticides. Elles confirment la dérive des pesticides pulvérisés et
l'implication des aliments dans l'exposition.

Dans son dernier bulletin de veille scientifique , l'Agence nationale de
sécurité sanitaire (Anses) vient alimenter le débat à travers la
présentation de deux études en anglais ,citées par PubMed (qui est le principal moteur de recherche de données bibliographiques de l'ensemble des domaines de spécialisation de la biologie et de la médecine):

- l'une se penche sur l'exposition d'écoles
d'Afrique du Sud <http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23995259> situées à
proximité de  vignobles ,

-et la seconde tente d'évaluer la contribution de
certains aliments <http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23973405> à
l'exposition de jeunes enfants.

 

http://static.pubmed.gov/portal/portal3rc.fcgi/3986154/img/28977 

Environmental monitoring of pesticide residues from farms at a neighbouring primary and pre-school in the Western Cape in South Africa.

Abstract

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23995259

 

Concerns about pesticide drift from neighbouring vineyards affecting children attending school on a farm adjacent to an urban suburb of Cape Town, Western Cape in South Africa were investigated. The study involved a before-after design, measuring levels of environmental exposure before and during pesticide application activities on the neighbouring farms. Samples were collected in air, dust and grass cuttings at the preschool and primary school located on the farms during September-December in 2010 and tested for pesticides using multi-pesticide methods. Eleven different pesticides were detected in the various samples. Six of these chemicals (endosulfan, dimethomorph, penconazole, cyprodinil, boscalid and bromopropylate) were on the spraying schedules of the two farms neighbouring the schools and the timing and location of detection were generally consistent with farm application. Three pesticides detected (chlorpyrifos, cypermethrin, permethrin) are agents commonly used in household applications and one (pyriproxifen) is used in pet treatment agents. Kresoxim-methyl, the other pesticide detected, is likely to come from drift from other farms in the area. The concentration of pesticides was all lower than 0.1 μg/m(3) in air and 0.1 μg/kg in dust and grass apart from permethrin and cypermethrin. The findings confirm the presence of drift onto the school premises and concentrations found in this study were generally low in comparison to that detected in other studies. Regular monitoring to track the effectiveness of containment and mitigation measures that reduce drift is recommended.

© 2013.

 

Dietary predictors of young children's exposure to current-use pesticides using urinary biomonitoring.

Abstract

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23973405

 

Few data exist on the association between dietary habits and urinary biomarker concentrations of pesticides in children. The objective was to examined the association between the weekly intake frequency of 65 food items and urinary biomarkers of exposure to chlorpyrifos (3,5,6-trichloro-2-pyridinol [TCP]), permethrin (3-phenoxybenzoic acid [3-PBA]), and 2,4-dichlorophenoxyacetic acid [2,4-D] in 135 preschool-aged children. TCP and 3-PBA are nonspecific biomarkers as they are also urinary metabolites of other pesticides. TCP, 3-PBA, and 2,4-D were detected in 99%, 64%, and 92% of the urine samples, respectively. Mean urinary TCP concentrations were statistically significantly higher in children consuming fresh apples (9.40±15.5 ng/mL versus 5.76±3.57 ng/mL, p=0.040) and fruit juices (8.41±11.5 ng/mL versus 4.11±2.77 ng/mL, p=0.020) ≥3 times a week compared to <3 times a week. For 3-PBA, mean urinary metabolite concentrations were statistically significantly greater in children consuming chicken/turkey meats (0.79±0.81 versus 0.41±0.39, p=0.013) ≥3 times a week compared to <3 times a week. No association occurred between the consumption of any food item and children's mean urinary 2,4-D concentrations by intake group. In conclusion, frequent consumption of fresh apples and fruit juices or chicken/turkey meats were significant dietary predictors of urinary levels of TCP or 3-PBA, respectively.

Published by Elsevier Ltd.

http://infomedocpesticides.n.i.f.unblog.fr/files/2014/10/vigne21-300x225.jpg

L’Anses relaye deux études sur l’exposition des enfants aux pesticides

1 décembre 2014

http://infomedocpesticides.fr/2014/12/01/lanses-relaye-deux-etudes-sur-lexposition-des-enfants-aux-pesticides/

Actualité nationale

Deux études relayées par l’Anses reviennent sur l’exposition environnementale et alimentaire de jeunes enfants aux résidus de pesticides. Elles confirment la dérive des pesticides pulvérisés et l’implication des aliments dans l’exposition.

Quelle est l’exposition environnementale et alimentaire des jeunes enfants aux résidus de pesticides ? Ce sujet a été à l’origine de crispations cet été lors de la préparation de la loi d’Avenir pour l’agriculture : Ségolène Royal avait alors annoncé « une interdiction des épandages de produits phytosanitaires « à moins de 200 mètres des écoles » ».

Au final, la loi n’a retenu que la mise en place de mesures de protection près des lieux sensibles (écoles, hôpitaux, etc.) : « des haies, des équipements pour le traitement ou des dates et horaires de traitement permettant d’éviter la présence de personnes vulnérables« .

Dans son dernier bulletin de veille scientifique, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient alimenter le débat à travers la présentation de deux études : l’une se penche sur l’exposition d’écoles d’Afrique du Sud situées à proximité de vignobles et la seconde tente d’évaluer la contribution de certains aliments à l’exposition de jeunes enfants.

Si l’Agence souligne dans son analyse « la difficulté de documenter les sources d’exposition aux pesticides » du fait de leur « présence ubiquiste (…) dans l’environnement et au nombre élevé de molécules mises sur le marché« , elle relève toutefois les apports documentaires de ces deux études.

Le suivi des concentrations résiduelles de pesticides dans l’air, les poussières et la pelouse d’écoles à proximité de vignobles (30 et 100 m) en Afrique du Sud (à l’ouest de la ville du Cap) montre en effet quesix des onze pesticides détectés dans les échantillons figurent dans le planning de pulvérisation des exploitations.

Mise en évidence de dérive de pesticides

Selon cette étude, les résultats « en lien avec les données météorologiques (direction du vent, données pluviométriques) ont confirmé la dérive des pesticides utilisés dans les vignobles vers les deux écoles« .

L’Anses regrette toutefois que tous les pesticides utilisés dans les fermes aux alentours ainsi que dans les écoles en question n’aient été étudiés. « Compte tenu du phénomène de dérive sur des distances pouvant atteindre 750 m, il aurait été pertinent de connaître l’environnement des écoles sur un rayon équivalent« , pointe-t-elle également.

La seconde étude a mesuré la concentration de résidus de pesticides dans les urines de 135 enfants, âgés de deux à cinq ans, après la consommation de jus de fruits frais, céréales, légumes et pain aux Etats-Unis (Caroline du Nord et Ohio).

Elle montre ainsi que 99% des enfants ont été exposés aux insecticides TCP, 64% à l’acide 3-phénoxybenzoïque (3-BPA) et 92% à l’herbicide, l’acide dichloro 2,4 phénoxyacétique.

Selon les auteurs, les enfants consommant des pommes et des jus de fruits à une fréquence d’au moins trois fois par semaine présentent une concentration moyenne de TCP plus élevée.

De la même manière, lorsque ces derniers mangent du poulet ou de la dinde à une fréquence supérieure ou égale à trois fois par semaine, leur niveau urinaire de 3-BPA s’avérait plus important.

« La documentation du poids ou du volume des aliments consommés aurait pu permettre une meilleure caractérisation des sources d’exposition« note l’Anses. Pour l’Agence, les auteurs auraient également pu prendre en compte des critères complémentaires comme les concentrations en pesticides dans les légumes, une analyse de l’eau du robinet, la consommation de produits bio, etc.

Selon l’Anses, une voie d’exposition qui pourrait ne pas être négligeable serait également l’ingestion de terre contenant des pesticides : les enfants absorberaient en effet en moyenne 31 mg/jour (et jusqu’à 137 mg/jour) de terre et de poussières.

En France, quelques études se sont intéressées à cette question : l’étude épidémiologique Timoun en Guadeloupe s’efforce de caractériser les éventuels impacts du chlordécone sur le développement de l’enfant et la grossesse. Des scientifiques ont ainsi montré que cette exposition peut conduire à un risque augmenté de prématurité.

Dans le cadre du volet alimentation du projet de recherche Popeye, l’exposition aux pesticides des couples mères-enfants de la cohorte nationale Elfe doit également être étudiée ainsi que les impacts possibles d’une exposition pendant la grossesse.

De manière plus large, l’Institut de veille sanitaire avait alerté en avril 2013 sur les niveaux d’exposition de la population française (adulte) aux organophosphorés et aux pyréthrinoïdes.

Lors de la table ronde santé-environnement de la Conférence environnementale, plusieurs associations ont appuyé sur la nécessité de réduire l’usage des pesticides, la feuille de route qui en découlera en janvier montrera si le Gouvernement a entendu leur appel.

Dorothée Laperche

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 11:10

par Mathieu Vidard
du lundi au vendredi de 14h à 15h

visuel La tête au carré
l'émission du mercredi 26 novembre 2014

OGM, pesticides et poisons cachés

Pesticide vaporisé par un agriculteur © Robert Sisson/National Geographic Society/Corbis - 2014

Les photos de rats, nourris aux OGM et aux pesticides, atteints d'énormes tumeurs ont fait le tour du monde. La controverse éclate sur l'étude. Retour sur la question avec son auteur, le Pr Séralini, pour qui nos assiettes sont remplies de poisons cachés.

 

Avec : Gilles Eric Séralini

Gilles-Eric Séralini

Président du Conseil scientifique du CRIIGEN, auteur du livre "Tous cobayes ?" editions Flammarion
émissions liées
 

La tête au carré

par Mathieu Vidard | le 26/11/2014
 

Service public

par Guillaume Erner | le 04/10/2012
publications
Type Nom œuvre par Nom Auteur 

Plaisirs cuisinés ou poisons cachés

de Gilles-Eric Séralini et Jérôme Douzelet
editeur : Actes sud
parution : 2014
Type Nom œuvre par Nom Auteur 

Tous cobayes ! OGM, pesticides, produits chimiques

 

de Gilles-Eric Séralini
editeur : Editions Flammarion
parution : 2012

http://www.alternativesante.fr/img/logo-alternative-sante.jpg

Les OGM nous transmettent leur ADN

  http://www.alternativesante.fr/ogm/les-ogm-nous-transmettent-leur-adn

Michel Dogna

OGM

  • OGM-et-ADN - alternativesante.frOGM-et-ADN - alternativesante.fr

La revue « Public Library of Science », a publié une nouvelle étude dans laquelle les chercheurs soulignent qu’il existe maintenant des preuves suffisantes selon lesquelles des repas ayant des fragments d’ADN génétiquement modifiés portent des gènes qui peuvent entrer dans le système humain, confirmant ce que beaucoup de gens ont soupçonné depuis des années.

« Public Library of Science » est une revue scientifique à libre accès, très respectée, qui couvre la science et la médecine. Quatre études indépendantes ont été effectuées sur plus de 1 000 échantillons humains, plus précisément, des échantillons sanguins.

Echangez vos gènes avec une pomme

Dans les échantillons étudiés, on a trouvé des concentrations d’ADN végétal supérieures à celles d’ADN humain. Les généticiens ont du mal à imaginer un être humain échangeant des gènes avec une pomme, une banane ou une carotte. Mais les conditions et les règles biologiques qui s’appliquent au transfert vertical des gènes (par la descendance), ne s’appliquent pas nécessairement au transfert horizontal des gènes (entre espèces).

On sait aussi qu'une petite mutation dans un être humain peut entrainer des phénomènes inattendus, à tel point que lorsqu’on déplace un minuscule gène d’un organisme dans un autre, il n’existe aucun moyen de prédire comment il va se comporter et ce qu’en sera le résultat.

Il est également assez clair que l’ADN de la nourriture OGM peut réellement aboutir dans les tissus animaux et les produits laitiers que les gens consomment.

Même les bactéries intestinales sont modifiées

Il y a aussi des études qui démontrent que quand les humains ou les animaux digèrent les aliments génétiquement modifiés, les gènes artificiellement créés transfèrent et modifient la nature des bactéries bénéfiques dans l’intestin.

Les chercheurs rapportent que les microbes trouvés dans l’intestin grêle de personnes ayant certains désordres intestinaux, sont capables d’abriter des séquences d’ADN provenant de plantes génétiquement modifiées. En outre, des études ont relié les aliments OGM pour animaux à des inflammations graves de leur estomac et à des utérus élargis chez les porcs.

Les super-mauvaises-herbes existent déjà

Il est également important de noter que le transfert de gènes entre des cultures génétiquement modifiées et des espèces classiques voisines a donné lieu à des nouvelles espèces très résistantes appelées « super-mauvaises-herbes ».

Aux États-Unis, on a pu constater que ce risque est réel lorsque des traces d’un type de maïs, qui avait été approuvé seulement pour l’alimentation animale, sont apparues dans du maïs environnant destiné à la consommation humaine. « Watrud et al » (2004) ont constaté que des transgènes résistant aux herbicides se sont propagés par le pollen sur un rayon de 21 km autour de la zone de contrôle et avaient pollinisé des agrostides stolonifères sauvages.

Les Chinois abandonnent les OGM

En 2009, le comité de biosécurité du ministère avait délivré des autorisations pour développer expérimentalement deux cultures : le riz et le maïs. Mais il était illégal de vendre du riz génétiquement modifié sur le marché libre en Chine. Cependant, en Juillet, du riz OGM a été trouvé en vente dans un grand supermarché à Wuhan, qui est juste en face de la rizière Yangtze de l’Université agricole de Huazhong, où le produit OGM était développé, ce qui a provoqué un tollé général.

Le ministère chinois de l’Agriculture a donc fait volte face en décidant le 17 Août dernier de ne pas continuer le programme de recherche sur le riz et le maïs OGM. Les autorisations de sécurité émises en 2009 étaient seulement des permis pour cultiver le riz à des fins de recherche, mais jamais pour sa vente sur le marché libre. Dr Zhang Oifa, professeur à l’Université agricole de Huazhong a déclaré au South China Morning Post : « Il n’est pas improbable que les semences aient contaminé les alentours. On ne sait pas pourquoi ces graines se sont répandues. Il est aussi possible que des entreprises de semences aient volé des graines pour les reproduire illégalement »
Dans tous les cas, la Chine ayant atteint l’autosuffisance avec sa production de riz, il n’y avait pas lieu de produire des variétés OGM.

 
Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com

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Article pARU dans le journal nº 18

Les OGM nous transmettent leur ADN Acheter ce numéro

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 09:04

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La science asservie
Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs

Catalogue / Documents / La science asservie
Dans les discours politiques, la science est aujourd'hui de plus en plus convoquée pour énoncer des vérités incontestables. Pourtant, suite à de nombreux scandales sanitaires, un climat de suspicion s'est installé, creusant un fossé entre les chercheurs et les citoyens. Chacun est alors confronté à ces questions essentielles s'agissant de la santé : qui croire ? Que nous cache-t-on ? À qui profite la science ?
Ces questions sont au coeur de ce livre, qui analyse comment de nombreux chercheurs ont participé à un processus de confiscation de la science au service des intérêts privés de grands groupes industriels, souvent avec la complicité active de l'État. Ils ont ainsi contribué à instaurer l'hégémonie d'une « stratégie du doute » quant aux risques industriels (amiante, plomb, nucléaire, pesticides, etc.) et à leurs conséquences.
S'appuyant sur sa propre expérience professionnelle et sur celle d'Henri Pézerat, toxicologue connu pour son engagement scientifique et citoyen contre l'amiante, Annie Thébaud-Mony dénonce ici avec force le cynisme et l'impunité de ceux qui, délibérément, ont choisi la mort des autres pour leur plus grand profit. Ses révélations dressent un réquisitoire implacable, qui invite à résister à l'imposture scientifique et à mettre en synergie, en matière de santé publique, savoirs scientifiques et savoirs citoyens    
La science asservie
Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs
Annie THÉBAUD-MONY 
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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 07:06

Perturbateurs endocriniens: facture salée pour les hommes

Le 18 novembre 2014 par Romain Loury

>  Politique & Société, Santé publique, Produits

Pour HEAL, jusqu'à 31 milliards d'euros, toutes maladies confondues

Pour HEAL, jusqu'à 31 milliards d'euros, toutes maladies confondues

Dans l’Union européenne, les perturbateurs endocriniens pourraient coûter près de 1,2 milliard d’euros par année d’exposition, et ce rien que pour les problèmes de l’appareil reproductif masculin, selon une étude menée dans les pays scandinaves.

 

Hypospadias, cryptorchidies, cancers du testicule, stérilité: certes, ce n’est là qu’un petit échantillon des méfaits imputés aux perturbateurs endocriniens, qui pourraient aussi entraîner diabète, obésité, cancers hormonodépendants (sein, prostate), troubles du comportement infantile, etc. Mais il s’agit de ceux dont le lien de causalité est le plus clairement établi avec ces agents chimiques.

L’exercice est donc assez différent de celui mené par l’association HEAL, qui estimait en juin à 31 milliards d’euros par an le coût sanitaire des perturbateurs endocriniens, toutes maladies confondues.

Bien que le lien entre perturbateurs endocriniens et troubles reproductifs soit désormais bien établi, la nouvelle étude, publiée par le Conseil nordique des ministres [1], n’a pu s’affranchir d’édicter des scénarios. En particulier sur la part de ces maladies réellement imputables à ces molécules, qui pourrait être de 2%, 20% ou 40%.

Un chiffre probablement sous-évalué

Pour les cinq pays concernés, le scénario le plus pessimiste (40% de cas liés aux perturbateurs endocriniens) équivaut à un coût sanitaire de 72,3 millions d’euros par année d’exposition. Le tout comprend le coût des traitements, celui des arrêts maladie et celui, plus difficile à chiffrer, des années de vie perdues et du handicap. Ces dernières n’étant pu être estimées pour la stérilité, ces coûts seraient donc sous-évalués, reconnaît le rapport.

En extrapolant ces chiffres aux 28 pays de l’UE (dont l’Islande ne fait pas partie), les experts estiment que les perturbateurs endocriniens coûtent 59 millions d’euros pour le scénario le plus bas (2%), 592 millions d’euros pour le scénario 20%, ou 1,184 milliard d’euros pour celui à 40%.

Pour Lisette van Vliet, conseillère politique chez HEAL, «ce rapport devrait constituer le coup final au lobbying de l’industrie, qu’elle utilise afin de ralentir le processus de régulation des perturbateurs endocriniens. En ajustant à 40% la part de ces maladies liées aux perturbateurs endocriniens, ces gouvernements démontrent clairement que le coût pour la population masculine pourrait être considérable, et que nous ne devrions donc pas utiliser ces produits chimiques».

Fortement entaché de soupçons de lobbying, le dossier des perturbateurs endocriniens accuse en effet bien du retard au niveau européen. La Commission européenne, qui n’a pas respecté son échéance du 14 décembre 2013 pour la présentation de critères de définition de ces substances, a soumis le sujet à consultation publique, ouverte jusqu'au 16 janvier 2015.

Elle s’est par ailleurs engagée à lancer une étude d’évaluation de l’impact économique qu’aurait le retrait des perturbateurs endocriniens –des travaux fortement souhaités par l’industrie. Ces études de coût sanitaire pourraient déjà lui en donner un premier aperçu…

[1] Le Conseil nordique des ministres est un organe de coopération regroupant le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède, leurs territoires autonomes (îles Féroé et Groenland pour le Danemark, îles Åland pour la Finlande), ainsi que trois pays observateurs, à savoir les trois Etats baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie).

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 07:12

 

Pas de bol : les riz chimériques sont de retour!

Avertissement. Dans ce présent article, plutôt que le terme “OGM”, j’adopte le terme “chimère” (87) amplement utilisé, depuis de très nombreuses années, par Jean-Pierre Berlan, ancien directeur de recherches à l’INRA, et par Richard Lewontin, professeur de génétique à l’Université de Harvard; et j’ai recours, également, aux néologismes qui en découlent naturellement: “chimérique” (au lieu de transgénique), “chimériste” et “chimérisation”. Tout comme j’ai osé le terme “nécro-carburant”, au printemps 2007 (88), dans ce même esprit d’authenticité sémantique,  j’utilise actuellement les termes “nécro-technologie” (au lieu de bio-technologie), “nécro-technologique”, “nécro-techs”, “nécrofortifié”, etc, afin de tenter de limiter, autant que faire se peut, la corruption du langage agricole évoquée par Jean-Pierre. 

«Les mots contribuent à définir la réalité. Lorsque des intérêts considérables sont en jeu, ils sont rarement neutres et objectifs. Ils créent plutôt la confusion, égarent la réflexion, empêchent de penser la réalité. Les utiliser sans les passer au feu de la critique, c’est faire preuve du même discernement que les lévriers lancés à la poursuite d’un leurre en peau de lapin. Les organismes génétiquement modifiés ou OGM illustrent cette corruption du langage : ce sont, en réalité, des clones chimériques brevetés (CCB). Un clone – à distinguer d’un individu ou d’une plante clonée – est une population d’organismes génétiquement identiques. Les « variétés » modernes de blé, d’orge, de colza, de maïs, de tomates, etc., sont constituées de plantes (ou de génotypes) identiques ou presque. Ce sont des clones». Jean-Pierre Berlan.

 

Fin octobre 2014, 1500 délégués de 69 pays se retrouvent à Bangkok, en Thaïlande, pour le 4 ème Congrès International du Riz, sous l’égide de l’IRRI (International Rice Research Institute). Le ton est donné par l’un des conférenciers, Mark Lynas, qui intitule son intervention en plénière, “C’est le 21ème siècle: où est mon riz transgénique?” Mark Lynas est un obsédé du réchauffement climatique anthropique qui, pour cause de refroidissement avéré, s’est recyclé dans un sujet authentiquement brûlant: la promotion des chimères génétiques. Pantin pitoyable des multinationales des nécro-technologies, Mark Lynas, très médiatisé, se présente comme un militant anti-OGM de la première heure qui s’est converti lorsqu’il a découvert la Science!! Depuis lors, Mark Lynas est parti en croisade, en de nombreux pays d’Afrique, pour y colporter la bonne nouvelle scientifique de la Transgenèse et y prosélyter ce nouveau fanatisme trans-naturel de la Chimère au sein des Peuples Africains – dont certains vouent encore un culte primitif à la Mère – et dont l’état de Nature est tel qu’ils ont réussi à survivre pendant des dizaines de milliers d’années, au moins, sans chimères génétiques, sans pesticides et sans fertilisants de synthèse, sur un continent sujet à des cycles récurrents de sécheresses, d’inondations, de verdissements et de déverdissements. Un exploit qui constitue, d’ailleurs, un profond mystère pour la Science Occidentale.

Faisant table rase des risettes, des boulettes et des ritournelles qui prévalent, depuis moult années, dans la communication concernant les riz chimériques – en fait, depuis le lancement par Syngenta, en l’an 2000, de son “golden rice/riz doré” breveté et tant ridiculisé –  le message fort et péremptoire de ce 4 ème Congrès International des Rizi-Nécrotechs est le suivant: les riz chimériques sont de retour et nous allons vous les semer à la bolée!

Mais que les masses non illuminées par la Grâce de la Science Rédemptrice se rassurent: ce sont des riz chimériques de seconde génération, 2.0, qui vont être les flambeaux de l’émergence (vers 2030) d’une future Révolution Verte 3.0 – selon les expressions mêmes (5) des chiméristes de l’IRRI, le grand temple du charlatanisme rizicole depuis sa création en 1960, aux Philippines, par les Fondations eugénistes Rockefeller et Ford.

 

Contamination par les riz chimériques de première génération

En effet, pour ce qui concerne les riz chimériques de première génération, il n’est point question de retour… puisqu’ils ont toujours été présents dans certains aliments… sans jamais avoir été cultivés! Ce sont les riz miraculeux de la science chimérique qui se manifestent “ex nihilo”, dans une partie de la chaîne alimentaire, depuis plus de dix années. Ce qui fait dire à leurs ardents prosélytes: «Hors TransGenèse, point de Salut». Par exemple, de 1997 à 2013, un tiers des contaminations, par des chimères génétiques, “découvertes” dans des produits alimentaires (dans 63 pays) concernent le riz. Selon l’étude publiée récemment (1) dans l’International Journal of Food Contamination, la majorité de ces incidents de contamination sont dus au riz LLRICE de Bayer et au riz Chinois BT63. Quant à la source de contamination pour la minorité de ces incidents, elle concerne des riz Basmati en provenance de l’Inde et du Pakistan.

Selon l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications), les autorisations concernant des “événements de transformation” pour les riz chimériques sont au nombre de 7 sur la planète (2): trois aux USA pour les riz de Bayer résistants à l’herbicide Liberty Link (le glufosinate), deux en Chine pour des riz BT (Bacillus thuringiensis), un en Iran (Bacillus thuringiensis plus résistance à l’antibiotique hygromycine B) et un au Japon (gènes de Cryptomeria japonica et d’Escherichia coli) induisant une tolérance aux allergies provoquées par le pollen de cèdre.

Aux USA, les riz de Bayer, résistants au glufosinate, autorisés dès 2000, n’ont jamais été cultivés commercialement – du moins officiellement. Et pourtant, en 2006, par exemple, des contaminations par ces riz ont été découvertes dans 28 pays du monde. Selon l’étude sus-citée, le dernier cas enregistré de contamination daterait de 2011. Ce qui, selon la newsletter Keycode Bayer (3), est loin d’être exact car, en avril 2013, 23 000 tonnes de riz en provenance des USA furent saisies par les Autorités Turques: les analyses effectuées par l’Université d’Istanbul découvrirent une double contamination chimérique, Bayer et Chinoise. L’ambassade US à Ankara intervint discrètement (en 2011, Wikileaks révéla que de nombreux diplomates US travaillent pour Monsanto et autres nécrotechs) et, le mois suivant, le Ministère du Commerce et des Douanes de Turquie fit une déclaration officielle invoquant des erreurs techniques qui invalidaient l’existence de cette contamination – une contamination d’autant plus épineuse qu’elle mettait en valeur (de par la présence de BT63 dans une cargaison US) la complexité des circuits commerciaux multinationaux. Les deux multinationales de l’alimentaire impliquées dans cette livraison étaient Bunge et ADM (Archer Daniels Midland). ADM est d’ailleurs en partenariat avec Bayer, depuis 2008, pour produire des nécro-carburants à base de Jatropha – dont une variété chimérique vient juste d’être créée par l’Université Rockefeller pour l’espèce Jatropha curcus. (4).

En Chine, le riz chimérique BT63, introduit par l’Université Agricole de Huazhong, reçoit un certificat de “sécurité” dès 2009 mais il n’a jamais été autorisé à la production ou à la commercialisation. Ce qui n’empêche pas le gouvernement Chinois de suspendre officiellement, en 2012, toute autorisation de culture de riz chimérique – non autorisé – après avoir développé, depuis 1986/1987, une pléthore de variétés de riz chimériques BT ou résistants à un herbicide (13). Il faut, cependant, se rendre à l’évidence: le BT63 est présent sur toute la planète. Au printemps 2014, une dizaine d’incidents le concernent, dans divers pays d’Europe, pour des contaminations de compléments alimentaires animaux. Tout le tapage médiatique entourant cette contamination n’est, d’ailleurs, pas sans étonner les promoteurs des chimères génétiques en tous genres dans la mesure où 80% des animaux d’élevage en France sont nourris avec des aliments contenant du maïs ou du soja chimériques en provenance des USA, du Brésil et de l’Argentine (variétés chimériques autorisées ou interdites, par l’Europe, toutes confondues). En effet, la Science (celle qui est au service des nécrotechs, pas celle du Professeur Séralini) a démontré l’innocuité, dans les assiettes des consommateurs, du RoundUp, du maïs NK 603 de Monsanto, et autres abominations. Et elle continue de le faire, témoin le dernier projet GRACE (8) financé par l’Europe et dont les conclusions sont totalement dénoncées par Testbiotech (9). Et non seulement les conclusions mais aussi le fait qu’une partie des chercheurs “indépendants” de GRACE soient totalement inféodés à l’industrie – à l’image du Français Jean-Michel Wal de l’INRA (dont le laboratoire est financé par Nestlé) qui est membre de l’Institut Français de la Nutrition, une organisation sous contrôle de l’industrie alimentaire (10) (11). Et pourtant, cela fait deux décennies que des chercheurs scientifiques courageux (89) dénoncent les études réalisées par cette junk-science (ou porn-science) à la solde des criminels. Et, pendant tout ce temps, les consommateurs consomment…

En renâclant parfois, quand même. En août 2014, les consommateurs de la province de Hubei en Chine sont scandalisés lorsqu’un reportage d’investigation (7) de la chaine de télévision Chinoise, CCTV, met en valeur que 60% des paquets de riz commercialisés par les supermarchés de Wuhan, la capitale de cette province, contiennent du riz chimérique BT63. Les Autorités Chinoises menacent alors de punitions très sévères toute personne coupable de cultiver ou de commercialiser ce riz chimérique. Mais selon le professeur Zhang Qifa de l’Université Agricole de Huazhong, à l’origine de ce riz, il a été confié à de très nombreuses compagnies semencières dans les années 90, à des fins d’évaluation. Le professeur Zhang Qifa était lui même le directeur d’une compagnie semencière, Kenier, poursuivie par les Autorités pour culture illégale de ce riz… Le professeur Zhang Qifa, en 2004, dans un article publié par Newsweek (6), évoque en toute candeur son espoir de voir ce riz BT soulager la vie miséreuse des paysans riziculteurs de Chine dont tant meurent d’empoisonnements provoqués par les pesticides. Il est pathétique que les langues ne se délient que pour la promotion des chimères génétiques. Et donc, depuis une bonne quinzaine d’années, le riz Chinois BT 63, tout comme les riz résistants au Liberty Link de Bayer, se sont répandus dans toutes les rizières… et dans de nombreuses filières alimentaires mondiales. Cela participe de la stratégie de contamination généralisée affichée ouvertement par les multinationales des nécro-technologies: «le jour où tout sera contaminé, vous ne pourrez plus rien faire.»

Quant à la source de la minorité des incidents de contamination chimérique par le riz, il faut se tourner vers l’Inde – très grande exportatrice de riz basmati.

 

Contaminations chimériques en Inde

Ce n’est pas le propos de cet article d’évoquer les centaines de milliers de paysans qui se suicident en ingérant des pesticides ou les millions de cas d’empoisonnement, par les mêmes pesticides, en Inde. A l’image de toutes les agricultures du monde, l’agriculture de l’Inde est une agriculture de tragédie mais la situation y est d’autant plus poignante que plus de 70% de la population de ce pays est rurale. Ce qui veut dire que 70% de cette population s’empoisonne deux fois, en pulvérisant les pesticides agricoles et en consommant les aliments-poisons. L’Inde, dès 1962, est la première victime, en Asie, de la révolution verte – imposée par l’Occident – dont Monkombu Swaminathan est considéré comme étant le père. Swaminathan est, de plus, directeur de l’IRRI (de 1982 à 1988) – ce qui suffit à éveiller tous les soupçons. Swaminathan est celui qui a ruiné tout le travail et les recherches du plus grand expert de riz Indien, le Professeur Richharia, et qui lui a volé une partie de sa collection de riz anciens pour la transférer à l’IRRI. Swaminathan est un psychopathe au service des intérêts de Monsanto, et autres criminels, depuis trois décennies, en Inde. Swaminathan, dès 1986, proclame dans les journaux Indiens qu’il faut préparer la classe politique à l’avènement des chimères génétiques. En 1988, la Banque Mondiale oblige l’Inde à ouvrir son secteur semencier… aux multinationales qui s’y précipitent. Cette année là, Monsanto s’y installe et attaque sur plusieurs fronts, dont le très gros front du coton. Novartis/Syngenta fait de même. Pioneer/DuPont également qui très rapidement se lance dans la conquête du marché hybride F1 de riz.

En 1999, le gouvernement Indien donne l’autorisation à Mahyco/Monsanto de cultiver 91 variétés chimériques dans 15 sites localisés dans sept états de l’Inde (20). Tenter de retracer, ainsi, en Inde, les contaminations générées, depuis une vingtaine d’années ou plus, par les recherches (non confinées) et cultures chimériques de riz, de pois-chiches, de cotons, de blés, de maïs, de gombos, de tabacs, de moutardes, etc… c’est un peu comme de tenter de découvrir une seule goutte d’eau dans l’Océan Pacifique qui ne soit pas contaminée par Fukushima (19). Et d’autant plus impossible qu’en Inde les cultures chimériques illégales abondent. Avant que les cotons chimériques soient autorisés en 2002 par le gouvernement, les paysans du Gujarat en cultivent déjà des variétés chimériques illégales. En 2005, le biologiste Pushpa Bhargava dénonce le fait que des variétés chimériques de plusieurs espèces agricoles sont cultivées partout dans le pays. En 2008, l’Université du Bengale lance l’alerte sur des variétés chimériques illégales de gombos. En novembre 2014, des aubergines chimériques illégales envahissent le nord de l’Inde en provenance du Bangladesh. Etc, ad nauseam.

Dans un article de début novembre 2014, dans The Times of India (12), la généticienne Suman Sahai évoque la contamination, depuis 2004, par le riz chimérique BT (de Mahyco/Monsanto), de l’Etat de Jharkhand, en Inde, l’un des berceaux de la biodiversité des riz Indiens. Les parcelles d’essai de ces riz chimériques sont localisées, sans aucune protection, au milieu des autres champs de riz. En novembre 2010, des paysans du Karnataka Rajya Raitha Sangha (KRRS) détruisent sur les terrains de l’Université Agricole de Doddaballapur Taluk, dans le Karnataka, une culture de riz transgénique, de DuPont, considérée comme clandestine.

 

Une patate chaude chimérique pour le gouvernement de Narendra Modi

En Inde, en juin 2013, le GEAC (comité d’approbation du génie génétique), lors de sa 117 ème séance, donne son aval pour la mise en culture expérimentale de 200 variétés chimériques de maïs, de coton, de riz, de blé, de ricin, etc. L’industrie nécro-technologique jubile… mais ses jubilations s’estompent au bout de quelques jours lorsque le Ministère de l’Environnement décide de retirer du site internet du GEAC, ex abrupto, les rapports d’autorisations au prétexte d’une procédure judiciaire, en cours – en Cour Suprême –  qui remet en cause les processus de régulation des chimères génétiques en Inde. L’industrie fulmine car – suite aux refus catégoriques de certains états de l’Inde (tels que Bihar, Odisha, Madhya Pradesh, Rajasthan, Karnataka, Kérala et Tamil Nadu) de tolérer des chimères génétiques sur leurs terres agricoles – ces autorisations vont leur permettre de se rabattre sur le peu d’états Indiens plus complaisants (tels que Punjab, Andhra Pradesh, Haryana et Maharashtra) pour continuer leurs “évaluations” de nombreuses variétés de riz chimériques pour Bayer (impliquant 45 “événements de transformation”) , pour Mahyco et pour BASF; de maïs chimériques pour Monsanto; de blés chimériques pour Mahyco; etc. Leurs fulminations sont compréhensibles car, selon Crop Life International, le coût moyen d’un seul “trait” chimérique par l’industrie des nécro-technologies (entre 2008 et 2012) est de 136 millions de dollars! (91)

En février 2014, un groupe de scientifiques, sous la houlette de Swaminathan, publie une déclaration en 15 points en faveur du chimérique. En mars 2014, le GEAC, lors de sa 118 ème séance – et, en fait, de ses 3 séances subséquentes – donne de nouveau l’autorisation pour des cultures en plein champ de 47 nouvelles variétés chimériques – de riz, de moutarde, de blé, de maïs, de sorgho, de coton, d’aubergine, de pomme de terre, de pois chiche et de canne à sucre – appartenant à Mahyco/Monsanto, Pioneer, DuPont, BASF, Bayer, etc. (21) Ces essais en plein champ concernent 19 états de l’Inde dont 12 ont déjà, de par le passé, refusé d’autoriser de tels essais. Onze de ces variétés chimériques sont pour une résistance à un herbicide. Parmi ces 47 variétés, il faut noter la présence du blé chimérique MON71800 de Monsanto. Il faut également noter la présence d’une aubergine chimérique BT appartenant à la compagnie semencière Bejo Sheetal. Cette compagnie est très connue en Inde de par le recours scandaleux à des enfants pour ses activités semencières (22). Bejo Sheetal est une filiale (23) de la compagnie Hollandaise Bejo Zaden – très présente en France au travers, entre autres, d’un catalogue de semences bios de variétés potagères principalement hybrides F1 (24).

Il faut également souligner que Monsanto et Pioneer/DuPont tentent de réintroduire, présentement, en Inde, un certain nombre de variétés chimériques pour lesquelles elles ont suspendu leurs demandes d’autorisations en Europe (43). C’est le cas, par exemple, de MON89034 x NK603 et de NK603 pour Monsanto et de 1507 x NK603 pour Pioneer/DuPont. Le GEAC a ainsi autorisé, en Inde, le maïs MON 89034 x NK603, le maïs TC1507 x MON810 x NK603 et le maïs TC1507 x NK603.

En ce qui concerne les variétés de riz chimériques autorisées: celle de l’Université de Calcutta est une variété fortifiée en fer; quatre variétés appartenant à Bayer, Metahelix, Pioneer et Devgen (Monsanto) sont des riz BT (Bacillus thuringiensis); sept variétés de Mahyco/Monsanto sont des riz résistants à un herbicide. Il est à noter également que certaines de ces autorisations (conférées, séparément, à Pioneer et à DuPont) concernent la technologie chimérique SPT de Pioneer applicable au maïs (26) et ensuite au riz (25). Selon l’analyse qui en est fait par le groupe Indiagminfo, cette technologie chimérique SPT n’a pas été approuvée pour le riz aux USA et l’Inde serait donc le premier pays à produire de telles semences – qui sont supposées être expédiées après récolte vers les USA.

Toutes ces autorisations conférées par le GEAC  suscitent un tel tollé général en Inde et plus particulièrement au sein de puissantes organisations politiques et agricoles – telles que le Bharatiya Kisan Sangh et le Swadeshi Jagaran Manch, toutes deux affiliées au très nationaliste mouvement Rashtriya Swayamsevak Sangh. En effet, le premier ministre actuel, du BJP, le nationaliste Narendra Modi, s’est fait élire en promettant que le moratoire chimérique ne serait pas levé avant que des évaluations plus poussées ne soient réalisées. Le BJP, dans son manifesto électoral d’avril 2014, déclare que «les aliments chimériques ne seront pas autorisés sans une évaluation scientifique à long terme quant à leurs effets sur le sol, sur la production et quant à leur impact biologique sur les consommateurs». Pour l’instant donc, les 47 autorisations du GEAC ne sont pas avalisées officiellement car le nouveau Ministre de l’Environnement, Prakash Javadekar, a gelé le dossier. Le GEAC attend d’autant plus cette décision qu’il a encore de très nombreuses autorisations de chimères dans ses tiroirs secrets… car depuis juin 2013, le GEAC a abandonné sa politique de transparence totale et les rapports de ses différentes séances ne sont plus rendus publiques.

Et aujourd’hui, en Inde, le gouvernement de Narendra Modi a une patate chaude chimérique dans les mains. La corde du nationalisme Hindou n’est pas des plus aisées à jouer sur les violons de la propagande chimérique! Car Narendra Modi, le nationaliste (affiché du moins) est très ami avec les USA – et donc aussi avec les multinationales des nécro-technologies basées aux USA et très présentes en Inde, depuis 1988! Il est de notoriété publique que son “image sulfureuse” (c’est un euphémisme qui permet à tout un chacun de pratiquer la langue de bois pour éviter une attaque en diffamation lorsque des massacres de Musulmans en 2002 sont évoqués!) a été quelque peu maquillée par APCO, une société de lobbying professionnel (27) basée aux USA. Pour la petite histoire, en octobre 2004, APCO et Kissinger Associates (propriété de Henry Kissinger) ont formé une alliance stratégique et APCO possède, de plus, des liens très affirmés avec le groupe Bilderberg et la Commission Trilatérale (28). APCO considère que l’Inde représente un marché très prometteur de trillions de dollars.

C’est aussi ce que pensent les compagnies semencières, grandes et petites, impliquées dans les pesticides et les chimères génétiques: Mahyco/Monsanto, Pioneer/DuPont, BASF, Bayer, Sungro Seeds (Monsanto), Devgen (Monsanto), Rasi Seeds, Metahelix, Ankur Seeds… qui n’apprécient pas, à leur juste valeur, les inclinations ultra-nationalistes à rejeter la science chimérique et qui tentent d’actionner tous les leviers possibles et imaginables pour faire tomber le moratoire en Inde. Leur arrogance est parfois sans borne, témoin la stratégie d’une société créée à Bangalore (le haut lieu du chimérique et de l’informatique en Inde) par des anciens chercheurs de Monsanto, Metahelix – qui a racheté Dhaanya Seeds et qui s’est fait racheter par Tata Chemical Group – qui présente sur son site internet, (29) dans la rubrique “produits”, du riz chimérique BT… strictement interdit en Inde.

Et pour clore sur une note humoristique sur les non-risques de contaminations générées par les riz, de par leur “autogamie”, le GEAC prescrit une distance symbolique de 10 mètres pour les cultures en plein air du riz chimérique fortifié en fer de l’Université de Calcutta! Et sans doute la même distance pour le riz BT de Devgen (Monsanto) autorisé dans le Punjab à l’encontre de ses propres régulations internes qui proscrivent toutes cultures de riz chimérique dans les états réputés pour leur production de Basmati: le Punjab, l’Haryana, et l’Uttarakhand.

 

Lorsque les riz “autogames” s’en vont conter fleurette 

L’une des perles du 4 ème Congrès International du Riz à Bangkok fut la déclaration de Violetta Villegas – lors de son discours sur le Golden Rice (15) – selon laquelle le riz est une espèce “autogame” (du grec auto/gamos, union avec soi-même) ne posant donc aucun risque de contamination d’autres variétés traditionnelles ou conventionnelles (14). Violetta Villegas est la directrice du projet Golden Rice à l’IRRI et nous reviendrons, dans un article subséquent, sur le charlatanisme de cette organisation criminelle qui a ruiné la santé de centaines de millions de paysans en Asie depuis sa création en 1960.

Il y a très longtemps que j’ai qualifié le concept “d’autogamie” (parfois édulcoré en “autogamie préférentielle”) de bel écran de fumée qui permet aux multinationales de promouvoir des chimères génétiques en prétendant qu’elles ne peuvent pas contaminer les voisines ou les cousines. Ce fut le cas du soja que les manuels agronomiques présentèrent (et continuent de présenter) comme strictement autogame dès lors que Monsanto inonda la planète de son soja chimérique RoundUp Ready.  Vers 2005, je trouvais même, sur le site internet de DuPont/Pioneer, cette reconnaissance explicite du caractère allogame du soja: «des études ont mis en valeur une augmentation des transferts de pollen de soja transgénique vers du soja non transgénique à cause d’une ruche d’abeilles mise en place pour assurer une pollinisation adéquate». Depuis les années 1930, l’allogamie du soja a été mise en exergue par des dizaines d’agronomes dont André Pouvreau de l’INRA qui déclare que, pour le soja, «la mise en place de ruches peut contribuer à l’augmentation en graines, en réduisant le nombre de gousses vides».

Et plus qu’un rideau de fumée, l’autogamie est un concept artificiel issu de cerveaux névrosés. La Vie est un flux perpétuel dont la Terre-Mère joue avec une imagination débordante – depuis quelques milliards d’années. Si le riz était strictement autogame, comment expliquer alors l’existence de 200 000 variétés, ou plus, de cette espèce dans le seul sous-continent Indien? Par l’épigénétique? Pourquoi pas, mais ce concept d’évolution épigénétique plonge la très grande majorité des néo-darwinistes dans un état proche de l’apoplexie.

En tout cas, en juillet 2011, la multinationale Bayer a accepté de payer 750 millions de dollars de dédommagements à 11 000 riziculteurs des USA (16) suite à la contamination, entre 2006 et 2009, générée par sa variété chimérique de riz résistante à son Liberty Link. L’un des avocats des agriculteurs, Don Downing, déclara au tribunal, en novembre 2009, que plus de 30% des surfaces en riz des USA furent pollinisées et contaminées par le riz de Bayer (cultivé par l’Université de Louisiane). Qui oserait encore parler d’autogamie du riz?

Pour sûr, encore, Violetta Villegas de l’IRRI, qui n’en est pas à une boulette près. Dans ce même discours sur le Golden Rice, elle insiste lourdement sur le fait que «les espèces de riz sauvages ne se croisent pas aisément avec des variétés de riz cultivés même lorsqu’elles croissent ensemble et qu’elles fleurissent simultanément, en raison d’une incompatibilité». Un discours proprement hallucinant. Le genre Oryza comprend, au moins, 22 espèces (sans parler d’une cinquantaine d’espèces sauvages dans la Tribu des Oryzeae). Nous renvoyons les lecteurs intéressés vers les articles de chercheurs compétents (17) (18) qui, tout au contraire, insistent sur les compatibilités existant entre certaines de ces 22 espèces – et donc sur les très grands risques de contaminations génétiques, par des riz cultivés chimériques, des espèces de riz sauvages dans la nature, tout autant en Asie (avec Oryza nivara et Oryza rufipogon), qu’en Afrique (avec Oryza longistaminata et Oryza barthii), qu’en Amérique Latine (avec Oryza glumaepatula) ou encore qu’en Australie (avec Oryza meridionalis).

Il semble donc très clair que le riz a fait la preuve, depuis des milliers d’années, qu’à une autogamie préférentielle conceptuelle il préfère, de loin, une allogamie bien existentielle. Et n’est-ce pas, d’ailleurs, le fondement de toute Vie sur cette planète, la fusion orgasmique? Les riz chimériques présentent ainsi un risque de contamination génétique plus que certain des espèces sauvages, dans le genre Oryza, et des variétés traditionnelles – du moins, les quelques dizaines qui ont survécu à 50 années de destruction du tissu agricole (sols, biodiversité, paysans) par la pseudo révolution verte. Et le fait qu’ils soient de première ou de seconde génération – ou le fait qu’ils soient affublés/déguisés, ou non, de pitreries sémantiques à la “golden rice” – ne changera rien à cette situation botanique: les riz préfèrent aller conter fleurette!

 

Le Golden Rice: un écran de fumée occultant la chimérisation pesticidaire

Le 4 ème Congrès International du Riz nous a sorti son couplet habituel sur le Golden Rice – un couplet assorti de torrents de larmes hypocrites sur le sort misérable de ces dizaines de millions d’enfants souffrant de carence en vitamine A. Émouvant, mais quels sont les vrais chiffres, à savoir les chiffres de la Honte?

En 2002, l’un des directeurs de la FAO, Hartwig de Haen, commente (44) les derniers bilans de l’OMS quant à la mort par affamement sur notre belle planète: 25 000 personnes par jour, ce qui fait plus de 9 millions de personnes par an. Selon Hartwig de Haen, ces chiffres sont très conservateurs. L’an passé, l’infatigable Jean Ziegler (ancien Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation) commente (47) les chiffres de la FAO pour 2012: 37 000 personnes par jour, ce qui fait plus de 13 millions de personnes par an, qui meurent d’affamement - sans compter un milliard de personnes en sous-nutrition permanente. Le dernier rapport 2014 de l’OMS reste très discret: en 2012,  6,6 millions d’enfants de moins de 5 ans sont morts dont 45% pour des causes d’affamement (46). Quant au dernier rapport 2014 de la FAO, “L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde” (45), il fait 62 pages et mentionne 114 fois le terme “progrès” et 140 fois le terme “faim”. Les termes “mort” et “mourant” sont strictement inexistants. Tabou. C’est très fort comme écran de fumée. Au moins, lorsque Jacques Diouf était directeur de la FAO, ses discours étaient très souvent accompagnés de chiffres révélateurs et évocateurs – quant aux dépenses de ce monde – les autres chiffres de la Honte.

Selon Jean Ziegler, le budget de l’aide alimentaire qui était de 6 milliards de dollars en 2008 est passé à 2,6 milliards de dollar en 2013. Des bagatelles. Jacques Diouf déclarait en 2008 que 30 milliards de dollars suffiraient chaque année pour régler le problème de la mort par affamement et de la sous-nutrition chronique. 30 milliards de dollars par an! (48) Combien les Etats ont-ils déboursé pour renflouer les banques depuis novembre 2008: des milliers de milliards de dollars. Combien les Prix Nobel de la Paix de l’Impérialisme (et leurs petits caniches de tous bords politiques dans les Etats vassaux) dépensent-ils en armements tous les ans: 1700 milliards de dollars.  Comme l’affirme Jean Ziegler, «Je constate que le massacre quotidien de la faim de millions de personnes est le scandale inacceptable de notre temps». Il s’agit bien, en effet, d’un massacre, d’un génocide, d’un sacrifice humain, à l’échelle planétaire – de type eugéniste. On ne le répétera jamais assez et ce n’est pas le riz doré de Syngenta ou celui de l’IRRI qui vont changer quoi que ce soit à cette situation. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas leur objectif authentique.

En effet, il est étonnant de voir ô combien la direction de l’IRRI gère le dossier du riz doré avec des pincettes…. pour ne pas dire du bout de la baguette! Ce riz doré n’aurait-t-il, peut-être, de jaune que son vernis sulfureux? A défaut d’intoxication alimentaire avérée (pour le moment du moins, de par l’isolement géographique des populations mises sous perfusion de ce riz chimérique, au fin fond de la Chine, par exemple), c’est une gigantesque intoxication médiatique qui caractérise actuellement ce “golden rice”. Il est créé, en 1999, par Ingo Potrykus et Peter Beyer (suite à 18 années de recherches financées par la Fondation Rockefeller) et breveté par Syngenta en 2000 (Brevet EP 1159428 B1). Peter Beyer est également le principal chercheur du ProVitaMinRice Consortium, financé par la Fondation Bill Gates. (A la base de tous les mauvais coups d’envergure planétaire, on retrouve ces deux fondations eugénistes: c’est une règle d’or de l’investigation fertile). L’objectif de ce riz doré chimérique est d’être bio-fortifié (ou nécro-fortifié, selon la perspective) en bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A. La propagande intempestive concernant ce riz chimérique dure depuis une quinzaine d’années et elle est coordonnée par le Golden Rice Project/Golden Rice Humanitarian Board, une organisation constituée d’une palette de scientifiques nécrotechs, de directeurs de l’IRRI, de délégués de l’USAID, de représentants de la Fondation Rockefeller, du CIAT, etc. Une photo de famille les rassemble, en septembre 2004, prêts à chausser leurs bottes (49) pour aller récolter la première moisson de riz chimérique doré sur les terrains (à ciel ouvert, n’en doutons pas, puisque le riz serait autogame!) de l’Université de Louisiane – cette même université réputée comme étant la source de la contamination de 30% de la surface rizicole US par les riz chimériques Liberty Link de Bayer.

On retrouve également sur le plan de la propagande, en beaucoup plus hystérique, l’organisation Golden Rice Now (51) dont le logo est le suivant: “L’empêcher est un crime contre l’humanité”. Leur page d’accueil présente Patrick Moore, l’ancien co-fondateur de Greenpeace, comme le chef de campagne de cette organisation (56). La campagne, selon leur site, aurait touché plus de 31 millions de personnes depuis octobre 2013: de gros chiffres lancés à la volée – en mode hystériz. Ce n’est donc pas une coïncidence si une pétition vient d’être lancée en Italie (57) pour demander que Vandana Shiva soit saquée de sa position d’ambassadrice pour l’Expo 2015 à Milan dont le thème sera “Feeding the planet, energy for life”. Les principaux signataires, dont Ingo Potrykus, accusent Vandana Shiva d’être opposée au Golden Rice et aux OGMs. Golden Rice Now, sur son Facebook, évoque le panier plein de mensonges de Vandana. Les attaques les plus sordides, à l’encontre de Vandana, sont montées en puissance, tous ces derniers mois, que cela soit en Afrique par des représentants d’Arcadia Biosciences ou aux USA sous la plume d’un journaliste du New-Yorker. (58) (59)

La campagne d’intoxication médiatique de Golden Rice Now est promue sur la page d’accueil du site internet du Golden Rice Project, en compagnie d’une photo du pape François (50) – bénissant une poche de riz doré – assortie de lamentations selon lesquelles il est fort dommage que le Vatican n’ait pas pris position officiellement sur les bénéfices de ce riz chimérique. Néanmoins, vu les positions très évolutives (52) du pape François quant à la création, chimérique, à la mode Genèse, on comprend aisément qu’il n’ait pas envie, en plus, de mettre à l’épreuve son privilège d’infaillibilité sur le dossier très sulfureux de la TransGenèse. En effet, selon le pape François, «nier l’évolution du monde serait réduire Dieu à un magicien agitant une baguette magique…».

Et dans le cas de la bolée de riz chimérique doré, on frise effectivement le syndrome de la baguette magique! La version Golden Rice 1.0 fabriquée par Ingo Potrykus et Peter Beyer contient, dans son endosperme, un gène de jonquille, Narcissus pseudonarcissus, et un gène provenant de Pantoea ananatis, une protéobactérie de la famille des Enterobactériacées. Mais on frise également, avec ce Golden Rice 1.0, le syndrome de la baguette clownesque (pour ne pas dire risible) car Pantoea ananatis est également la source d’une nouvelle pathologie très grave, une rouille des feuilles, (53) qui est apparue en Inde en 2011… sur le riz basmati! Et qui, en fait, s’était déjà manifestée, pour la première fois en Chine, à l’automne 2008, par une décoloration des grains de riz. Serait-ce une facétie évolutive de Gaïa?

Il est à noter, également – ainsi que le souligne Sally Brooks dans son ouvrage “Rice Biofortification: Lessons for Global Science and Development” – que le Golden Rice a eu le privilège d’introduire et de généraliser dans le monde de la recherche agricole le concept de “proof of concept”, traduit en français par “preuve du concept”. C’est une expression fort prisée dans le monde de l’informatique pour mettre en exergue l’existence de failles des systèmes logiciels. Dans le cas du riz chimérique doré, il est clair que l’usage immodéré de ce concept permettait aux inventeurs de se distancer, de se désengager, des débats plus que houleux que cette invention générait tant dans les cercles scientifiques que dans la société civile. Et aujourd’hui, c’est encore bien de cela qu’il s’agit lorsque l’on lit entre les lignes les déclarations de l’IRRI: il en émane une ambiance vaporeuse et inerte de “preuve du concept” – pour ne pas dire une ambiance de fumisterie totale.

Ainsi que l’exprime Michael Krawinkel, de l’Institut des Sciences Nutritionnelles, en Allemagne, dans la Revue Nature (54), «le fait est qu’aucune étude scientifique n’a prouvé le potentiel de cette technologie pour contribuer réellement à solutionner la carence humaine en vitamine A». Que ce soit avec le logiciel 0.0 générant 1.6 μg/g de β-carotène, ou avec le logiciel 1.0 générant 6 μg/g de β-carotène ou, encore, avec le logiciel 2.0 générant 37 μg/g de β-carotène (les versions modernes de 2005 de Syngenta intégrant des gènes de maïs), les riz dorés s’avèrent être une faillite totale (55) sur le plan de leur productivité, de leur saveur, de leur résistance et de leur acceptation par les paysans (70) (dont certains aux Philippines ont totalement saccagé les parcelles d’expérimentation de l’IRRI, en 2013). Syngenta, en fait, aurait créé ses nouvelles versions de riz doré avec des variétés américaines – non adaptables à l’environnement asiatique. De plus, ce sont 6 différents “événements de transformation” que Syngenta a confiés à l’IRRI mais ce dernier ne se serait focalisé que sur une lignée qui ne fonctionne pas du tout – pour diminuer au maximum les tracasseries administratives liées au Protocole de Carthagène. Il faut souligner que tout ce qui tourne autour du Golden Rice ressemble à un grand cirque avec ses gentils animateurs, ses prestidigitateurs et surtout ses équilibristes sur une corde raide. L’IRRI prétend ainsi, en 2014, que les technologies mises au point par Syngenta en 2005 ne sont pas applicables à l’Asie sur le plan variétal. Et pourtant, en 2003, Ingo Potrykus et Peter Beyer, les deux inventeurs, avaient déjà proclamé (75) que la “freedom-to-operate situation” avait été réalisée, à savoir que la liberté d’exploitation était un fait assuré concernant les variétés Asiatiques sur lesquelles ils avaient travaillé transgéniquement pour produire leur golden rice: deux variétés Indica IR64 et MTL250 ainsi qu’une variété Japonica Taipei 309. Quel était donc le problème, alors? Peut-être le syndrome de la Jonquille.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, les généticiens/informaticiens de l’IRRI se confrontent à des difficultés insurmontables (qui vont entraîner des délais et encore plus de délais) et si c’était vraiment la vitamine A qui les intéressait, ils se pencheraient sur l’existence des tomates oranges qui pourvoient 12 fois plus de vitamine A que les tomates rouges ou bien encore sur l’existence de cet arbuste de Vie, Moringa oleifera, une dynamite nutritionnelle, qui pousse dans toutes les régions subtropicales et tropicales et qui fournit une abondance de vitamine A dans ses feuilles et ses gousses en sus d’une pléthore de nutriments et d’anti-oxidants. Mais les chiméristes de l’IRRI ne sont pas au service de la paysannerie: ils sont au service des nécro-technologies. Et les multinationales des nécro-technologies vont tenter de répandre cette chimérisation rizicole, tout d’abord, dans les continents les plus fragilisés: l’Asie du sud-est et l’Afrique,  surtout, le nouvel or noir de tous les investisseurs psychopathes.

 

Les riz chimériques pour l’Afrique

En 2008, l’AATF (African Agriculture Technology Foundation) – dont l’objectif non déclaré est de couvrir les terres Africaines de chimères génétiques – lance son programme de riz NEWEST (Nitrogen-Use Efficient, Water-Use Efficient and Salt) intégrant dans les variétés hybrides F1 de riz NERICA les traits chimériques NUE (gestion de l’azote), WUE (résistance à la sécheresse) et ST (tolérance au sel) d’Arcadia Biosciences. Arcadia Biosciences, une société de Californie, offre gracieusement les technologies chimériques (35), produit les plantes transgéniques et amène un soutien technique. Les autres partenaires principaux de l’AATF sont USAID aux USA, l’IRRI aux Philippines, le CIAT en Colombie, le CIRAD et l’IRD en France. Rappelons que la présidente de l’AATF, Jennifer Ann Thomson, est également la vice-présidente de l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications) et, que, récemment, elle faisait encore officiellement partie d’AfricaBio (nécro-technologies) et du Council for Biotechnology Information – une coalition regroupant Dow, Syngenta, Monsanto, Bayer, BASF, etc.

Rappelons ce que nous avons déjà évoqué, au sujet d’Arcadia Biosciences, dans un précédent article (76), afin de mieux cerner la place centrale qu’occupe cette petite société de Californie dans la création d’un grand nombre de nouvelles variétés chimériques sur toute la planète. Arcadia Biosciences (36) signe, en janvier 2014, un accord de partenariat avec Genective S.A (une joint-venture créée en 2013 par Limagrain et KWS, le cinquième semencier mondial) afin de développer de nouveaux hybrides F1 chimériques de maïs en y incorporant sa technologie WUE (Water Use Efficiency). Limagrain (qui en possède 15% du capital) signe un accord de partenariat avec Arcadia Biosciences, en 2011, pour développer de nouvelles variétés chimériques de blés résistantes à la sécheresse et gérant mieux l’azote. Un partenariat est contracté, en novembre 2012, entre Krishidhan Seeds en Inde, Arcadia Biosciences, ICRISAT en Inde et USAID afin de développer de nouvelles variétés chimériques de millets pour l’Afrique (37). Fin 2005, Arcadia Biosciences signe un partenariat avec Monsanto pour la création de colza chimérique intégrant la technologie NUE (39). En 2008, Arcadia Biosciences reçoit 3,6 millions de dollars, de USAID, pour créer avec Mahyco/Monsanto, en Inde, des variétés chimériques de riz et de blés résistantes à la sécheresse. (40) En août 2010, Mahyco/Monsanto annonce (41) qu’ils vont introduire en Inde (dans les 3 à 5 ans) les premières variétés chimériques de riz et de blé. En novembre 2013, Usha Zehr, la directrice de Mahyco (qui siège également au conseil d’administration d’AGRA en Afrique), annonce (42) qu’ils viennent de déposer une demande de culture en plein champ de blé chimérique résistant à un herbicide et qu’ils sont en train de créer des variétés de blés chimériques résistants à la sécheresse et à la salinité. En janvier 2014, Mahyco/Monsanto annonce (38) que leur société a atteint un pallier fondamental dans la création de riz chimériques résistants à la salinité.  Usha Zehr annonce même qu’ils sont proches de pouvoir offrir cette technologie aux paysans. Il est clair qu’il ne transperce rien en Inde de toutes ces créations chimériques car elles sont cultivées à l’abri des regards indiscrets. Et sont-elles cultivées également à l’abri des vents et des insectes indiscrets?

En mai 2012, l’AATF contracte un partenariat (30) avec Japan Tobacco (le n°3 mondial du tabac) afin d’utiliser sa technologie transgénique PureIntro®. L’un des directeurs de cette société, Masamichi Terabatake, déclare: « Cette licence va permettre au projet d’utiliser notre événement de transformation PureIntro®, concernant les espèces de monocotylédones, afin de développer des variétés de riz tolérantes aux sols salins, résistantes à la sécheresse et utilisant optimalement l’azote – sans versement de royalties». Japan Tobacco et Syngenta ont travaillé ensemble sur le développement de riz chimériques au Japon (Japan Tobacco décida de sortir, en 2002, de la société commune Orynova KK qu’ils avaient constituée en juin 1999). Japan Tobacco et Cellectis Plant Sciences (une filiale US de la société française Cellectis) signent un accord de licence en 2010 pour cette même technologie PureIntro®. Cellectis et Limagrain sont également en partenariat depuis 2009 pour le développement de nécro-technologies végétales. (31) BASF, Bayer CropScience, Pioneer Hi-Bred et Monsanto sont également des partenaires de Cellectis (32) qui annonce avoir mis en place une cinquantaine de partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques, des compagnies semencières et des compagnies nécro-technologiques dans le monde entier (60). Cellectis vient ainsi de signer un autre partenariat avec Bayer, en janvier 2014, afin de développer des colzas chimériques, et plus si affinités (63). La technologie transgénique PureIntro® peut être tout autant utilisée avec le riz qu’avec le maïs ou le millet ou encore le blé. Pour la petite histoire, cela fait plus de 20 années que les très grosses compagnies de tabac son impliquées dans la recherche génétique et chimérique. On peut ainsi citer les partenariats entre Japan Tobacco et Plant Genetic Systems (Belgique), entre Philip Morris et Crop Genetics ainsi que Calgene (l’inventeur de la première tomate chimérique), entre DNA Plant Technology et Brown & Williamson.

En avril 2013, l’AATF sème des riz transgéniques en Ouganda et au Ghana (34). Ce sont ainsi 12 lignées NUE de riz NERICA (33) qui sont mises en cultures dans les pays “partenaires”. Le PDG d’Arcadia Biosciences, Eric Rey, déclare à cette occasion: «Ces premiers essais de culture en Ouganda et au Ghana sont des étapes importantes dans nos efforts visant à alléger les défis de nourrir une population croissante avec des technologies qui sont à la fois économiquement durables et environnementalement responsables».

Ces riz chimériques (“durables et respectueux de l’environnement”) sont évalués et cultivés depuis plusieurs années au CIAT, le Centre International pour l’Agriculture Tropicale en Colombie. La Colombie est un pays sous contrôle direct des USA (marché de la cocaïne oblige) et très libéral quant à ses autorisations de cultures chimériques (65): à ce jour, 73 “événements de transformation” y sont autorisés impliquant le coton, le lin, le maïs, le riz, la rose, le soja, la betterave, le blé et l’œillet mignardise. C’est un pays très militarisé, et très para-militarisé, où les communautés Indigènes se font massacrer par des colons-investisseurs en nécro-carburants (palmiers à huile).  En bref, un petit paradis pour les multinationales des nécro-technologies. L’un des partenaires du CIAT dans cette création de riz chimériques, à destination de l’Afrique, est le CIRAD Français (66), un organisme financé par les fonds publics. On se rappellera qu’en 1999, la Caravane Intercontinentale détruisit les riz chimériques BT du CIRAD à Montpellier et que trois Français furent condamnés par le système judiciaire (Bové, Riesel et Soulier). Depuis lors, le CIRAD est allé continuer “ses expérimentations transgéniques au service des pauvres” dans des pays plus hospitaliers, telle que la Colombie. Ce sont, en effet, une soixantaine de chercheurs du CIRAD (68) ainsi qu’une vingtaine de chercheurs de l’IRD (Institut de la Recherche et du Développement) qui sont impliqués dans le programme GRISP (Global Rice Scientific Partnership). Le GRISP, financé à hauteur de 600 millions de dollars, est décrit ainsi: «Partenariat mondial pour la science rizicole initié par trois centres internationaux (AfricaRice, le CIAT et l’IRRI), auxquels se sont associés l’IRD, le Cirad et le Japan International Research Center for Agricultural Sciences (JIRCAS), le GRISP permettra de mutualiser les connaissances scientifiques et les compétences techniques sur le riz, afin d’augmenter la productivité et la qualité nutritionnelle de cette céréale, tout en réduisant l’impact environnemental de la production et en favorisant la performance des agro-écosystèmes rizicoles.» Selon Emmanuel Guiderdoni, (67) directeur de recherche adjoint de l’unité d’amélioration des plantes au CIRAD: «nous n’avons plus de programmes en recherche OGM appliquée». Vraiment, même en Colombie?

Comme le dit Agrapresse (67), les OGMs à l’INRA et au CIRAD, c’est un service à minima… et super discret, bien sûr, car les quelque 85% de Français opposés aux chimères génétiques préféreraient, peut-être, que leur argent soit utilisé pour des recherches plus agro-écologiques. (Et d’ailleurs, cela fait frémir de voir que la seule rubrique agro-écologique sur le site du CIRAD concerne le semis sans labour qui, lorsqu’il n’est pas pratiqué en agriculture biologique, est synonyme d’une destruction inexorable des sols, RoundUp oblige) (84). La discrétion est de mise aussi en Afrique sur ces variétés chimériques de riz mais c’est, peut-être, pour ne pas effaroucher les vendeurs de fertilisants de synthèse. En effet, les 12 lignées chimériques de riz NERICA NUE semées au printemps 2013 au Ghana et en Ouganda ont été auparavant cultivées par le CIAT, en Colombie, en 2011/2012, et les premiers résultats sont archi-prometteurs: une diminution de 50% de la quantité d’azote appliquée a permis d’obtenir des rendements supérieurs de 22% (la première année) et de 30% (la seconde année) par rapport aux mêmes lignées de riz NERICA non chimériques (69). Extraordinaire. Ne pourrait-on pas conseiller aux humanitaires associés du Golden Rice Project de présenter ces lignées de NERICA NUE au Vatican, pour une intronisation officielle, plutôt que leur golden rice ringard? En effet, n’est-ce pas là un riz fabuleux pour ne pas dire miraculeux: moins on lui applique d’azote et plus il produit de petits grains…

Le CIAT, dans ses centres de Palmira et de Santa Rosa, est également engagé dans des créations chimériques avec la variété de riz Cuninga – utilisée en Amérique latine – impliquant la médiation d’Ensifer adhaerens, au lieu de la conventionnelle (mais très brevetée) Agrobacterium tume

faciens. Ensifer adhaerens est une bactérie du sol qui est l’objet de recherches très poussées quant à sa capacité de générer la création de nodules fixant l’azote (dans les genres botaniques Phaseolus, Vigna, Leucaena, Macroptilium) en synergie avec Rhizobium tropici. Ensifer adhaerens a été utilisée également dans la création de pommes de terre chimériques (74). (D’ailleurs, les USA viennent d’autoriser, en début novembre 2014, une pomme de terre chimérique, nommée Innate, “à vocation santé publique”, pour lutter contre le cancer généré par l’acrylamide, une substance produite lors de la confection des frites) (92). Le CIAT est aussi engagé dans des créations chimériques avec la variété de riz (de l’IRRI) IR 64. Cette même variété, IR 64, est le vecteur d’inventions chimériques par l’Université de Melbourne, en Australie, et par l’IRRI, aux Philippines, afin de créer des variétés de riz “biofortifiées” en fer et en zinc. Ces variétés sont supposées être testées à partir de 2015 et être introduites au Bangladesh, vers 2022, selon le programme Harvest Plus du CIAT (un programme financé par la Fondation Bill Gates, cela va sans dire). Ce programme annonce également le manioc chimérique à la vitamine A pour 2017 et la banane chimérique à la vitamine A, également, pour 2019 (qui est en cours d’élaboration en Ouganda).

Pour conclure avec ce programme international de création de riz chimériques pour l’Afrique, il ne faut pas omettre, bien sûr, de préciser que les riz hybrides F1 NERICA, non chimériques, sont supposés fonctionner en Afrique avec de très gros apports d’azote puisque certains rapports conseillent même jusqu’à 300 kgs par hectare!! Ce qui contraste bien évidemment avec la moyenne de l’agriculture Africaine (77) qui utilise 9 kgs de fertilisants de synthèse par hectare et par année (alors que l’Amérique Latine et l’Asie du sud-est en utilisent respectivement 73 kgs et 300 kgs). Dans tous les rapports agronomiques que nous avons étudiés, les ratios de prescription d’azote pour le riz NERICA varient de 1 à 10 – tout dépend des alliances locales. Il semble important de repréciser que le fondement essentiel des pseudos révolutions vertes, c’est la nanification de toutes les céréales qui sinon, s’effondreraient sous leur propre poids en raison de leur gavage en azote.  Cette nanification a généré une catastrophe agro-écologique en diminuant de moitié, ou même beaucoup plus, l’apport en pailles permettant de refertiliser les sols soit directement, soit indirectement par l’alimentation des animaux source d’excréments compostables. La suppression des engrais naturels a fait, bien évidemment, la fortune des vendeurs de fertilisants de synthèse en tous genres. Nous sommes très loin du “sens de l’humus” développé par John Jeavons (78) avec son agriculture bio-intensive qui est avant tout fondée sur l’apport en paille et en plantes à carbone.

Il ne faut pas omettre, également, de préciser, une fois de plus, que ces chimères génétiques de riz pour l’Afrique constituent une vaste arnaque. En effet, le séquençage du génome du riz Africain, Oryza glaberrima – dont de très multiples variétés ont été domestiquées, sélectionnées, améliorées par des milliers d’années de passions paysannes traditionnelles – vient d’être terminé en juillet 2014 en Arizona (79). Et que ressort-il, avant toute autre chose, de ce séquençage génomique? « Le génome du riz Africain est particulièrement important parce qu’un grand nombre de ses gènes codent pour des traits qui le rendent résistant à des stress, telles que de longues périodes de sécheresse, une  forte salinité des sols et des inondations». Selon d’autres études, le riz Africain est naturellement résistant aux nématodes, aux virus, aux rouilles de la feuille, aux sols pauvres et au Striga (de la famille des Orobanchaceae ) – une plante dont il est très difficile de se débarrasser dans les cultures de céréales de l’Afrique subsaharienne. De longues périodes de sécheresse, des sols pauvres et une forte salinité: exactement ce pour quoi les chiméristes tentent de fourguer leurs nouveaux “événements de transformation”, WUE, NUE et ST aux Africains. Et tous ces riz “transgéniques” sont bien sûr élaborés à partir d’une base hybride F1 à 100% – le fondement d’une très grosse prospérité pour les vendeurs de semences, de fertilisants de synthèse et de pesticides… lorsque les paysans tombent dans le piège de ce marché captif.

Et c’est pour consolider ce piège qu’en 2008 l’IRRI met en place le Hybrid Rice Development Consortium, la plate-forme d’hybridisation universelle du secteur rizicole destinée à faciliter la prospérité de DuPont, Bayer, Monsanto, Syngenta, etc. (71) Mais dans le domaine du riz, les plans des multinationales des nécro-technologies ne se déroulent pas à l’aune de leurs déclarations grandiloquentes. L’arrogance du directeur de DuPont/Inde, Balvinder Singh Kalsi, par exemple, n’est que cela, de l’arrogance. Il déclare, en 2009, que leurs variétés de riz chimériques résistantes à la sécheresse (73) seront prêtes en 2013/2014 – c’est hier – et que l’on peut imaginer une hybridisation du secteur rizicole Indien à hauteur de 50% dans les 5/10 années à venir – c’est aujourd’hui – qui ramènera un marché de 500 à 600 millions de dollars en semences hybrides F1. Mais il faut se rendre à l’évidence que l’Inde n’est pas la Chine et que, depuis 1994, une petite cinquantaine, seulement, de variétés hybrides F1 de riz ont été introduites en Inde. (72) En 2012, lors du 6 ème International Hybrid Rice Symposium, le directeur général de l’ICAR (Indian Council of Agriculture Research) déclare que l’Inde, sur ses 44 millions d’hectares de riz, n’en a que 2 millions semés en variétés hybrides F1 et que l’objectif est de passer à 5 millions d’hectares. Il peut toujours causer. La majorité des paysans n’en veulent pas pour de multiples raisons: coût et non disponibilité des semences, formation déficiente du grain, pauvre qualité culinaire, manque de résistances aux pestes… sans parler des échecs intégraux de culture comme dans le Bihar où le gouvernement a dû compenser financièrement les paysans.

Et ce refus des paysans en Inde (et bien évidemment en Afrique – il suffit de lire les rapports des ONGs) d’hybridiser leur production rizicole pose un énorme problème au programme de chimérisation des multinationales de la semence et de l’agro-chimie. Pourquoi? Parce que Monsanto s’est déjà fait piéger une fois avec ses sojas transgéniques non hybrides que les paysans peuvent reproduire en toute liberté – parce que les protestations de la société civile l’ont empêché d’y introduire son gène de stérilité qualifié à l’époque de “terminator”. Tout n’est pas simple, bien évidemment, parce que cette liberté de semer les sojas chimériques est également un des gages de la contamination génétique si chère aux psychopathes. Pour les multinationales, l’hybridisation constitue, donc, la condition, sine qua non, de la chimérisation si elles veulent réaliser leur objectif qui est de produire du profit, encore du profit et toujours plus de profit.

 

Conclusions

Des stratégies de fortes amplitudes, et soudaines, sont actuellement déployées afin de promouvoir à tous vents le Golden Rice. Nous avons évoqué l’entrée récente dans l’arène du grand guignol Anglais Mark Linas (un transfuge auto-proclamé du mouvement anti-OGM), les vociférations hystériques de l’organisation Golden Rice Now, les grandes proclamations du Golden Rice Project, les déclarations (un peu alambiquées) de l’IRRI, la pétition à l’encontre de Vandana Shiva en Italie pour la remplacer dans son rôle d’ambassadrice – à l’Expo 2015 à Milan – par Patrick Moore (un autre transfuge du mouvement pour la Paix Verte). Nous pouvons, même encore, allonger cette liste en mentionnant la très récente intervention/caution de Peter Singer (en Australie) présenté comme l’un des plus éminents philosophes de la morale (61); les déclarations hystériques récentes de Bjorn Lomborg (un autre transfuge et obsédé du réchauffement climatique anthropique) accusant les militants anti-OGM d’être responsables de la mort de 8 millions d’enfants depuis 12 années (80); le dossier spécial sur le riz doré de Sciences et Vie (81) de l’été 2014, etc, etc.

Le golden rice de l’IRRI est pourtant un échec patent. Pourquoi les chiméristes de cette institution continuent-ils donc, marris, de pédaler misérablement dans la semoule de riz doré? Parce que toute l’hystérie médiatique (discours incantatoires, publicités tapageuses, campagnes vociférantes, menaces…) entourant les riz chimériques dits “nobles” – à savoir les riz dorés, en particulier, et les riz “biofortifiés”, en général – n’est qu’un gigantesque rideau de fumée occultant, aux regards de l’opinion publique, premièrement la tentative d’hybridisation à 100% de tout le secteur rizicole mondial et, subséquemment, la chimérisation de tout ce secteur par la création de nouvelles variétés transgéniques de riz BT, ou bien de riz supposément résistants à la sécheresse, à la salinité, à l’arsenic ou bien, pire encore, de riz résistants aux herbicides de Bayer, de Syngenta, de Monsanto… 

La création de variétés chimériques de riz résistantes à l’arsenic est hautement symbolique de la nature intrinsèquement biocidaire de l’agriculture moderne. Depuis 1930, l’agriculture toxique a pourri les sols en les arrosant systématiquement de pesticides en tous genres à base d’arsenic (et on ne fera qu’évoquer, en sus, les dommages provoqués par les mines d’or, à cet égard). Or le riz possède cette capacité singulière de concentrer l’arsenic (tout comme le thym et les champignons en ce qui concerne la radioactivité). Récemment, des campagnes de mise en garde émanant de la FDA aux USA ou de la revue Nature (82), en début novembre 2014, visent à faire prendre conscience aux consommateurs qu’ils risquent de s’empoisonner – à l’arsenic – en mangeant du riz. D’où le recours à encore plus d’agriculture biocidaire en proposant (83) l’introduction de variétés chimériques de riz résistantes à l’arsenic, par la vaporisation de ce dernier – afin de boucler une boucle. Et ces boucles sont multiples, témoin cette nouvelle révolution transgénique (62) qui promet (par la chimérisation des variétés hybrides F1) de retrouver un fruit “perdu”, la tomate, dont l’industrie est accusée d’avoir saboté la saveur – alors que chez Kokopelli, nous en avons des centaines de tomates, toutes plus savoureuses les unes que les autres!!

Si l’espèce humaine veut survivre, elle doit éliminer à jamais le paradigme de l’agriculture occidentale moderne, un paradigme fondé tout autant sur l’arnaque de l’hybridisation pesticidaire (1920/1925) que sur l’arnaque du concept de résistances monogéniques – à savoir verticales (1905). Et nous conseillons à tous les lecteurs, intéressés par ce thème, l’ouvrage de l’agronome Canadien, Raoul Robinson, “Return to Resistance”. Une étude récente, publiée au printemps 2014, (64) est très symbolique de cette autre boucle initiée par la destruction intégrale des variétés traditionnelles paysannes à résistances polygéniques – à savoir horizontales. Les biologistes Ramakrishna Wusirika et Rafi Shaik y ont mis en exergue que sur les 3800 gènes du riz en relation avec le stress, 1377 gènes concernent à la fois des stress biotiques et abiotiques. Et sur ces 1377 gènes de stress, 196 sont capables de réagir à de multiples stress biotiques (bactéries, fungi, insectes, adventices et nématodes) et abiotiques (salinité, froid, sécheresse, métaux lourds, sols pauvres). Et ces deux biologistes ne peuvent refréner leur impatience d’utiliser une partie de ces maîtres-gènes afin de créer, par la transgenèse, de nouvelles variétés de riz chimériques résistantes à tout … mais, en vérité, résistantes à rien du tout. Parce la Nature ne fonctionne pas comme cela. La guerre lancée par l’agriculture biocidaire à l’encontre des adventices, des insectes, des virus, des champignons, des bactéries, des nématodes, etc, est une guerre perdue d’avance. Que cette guerre en appelle à la résistance monogénique (qui est un échec total – pour preuve, le recours annuel à 46 milliards de dollars de pesticides en tous genres, autorisés et même souvent interdits (90) ) ou en appelle à des simulacres de résistance polygénique par le biais de la transgenèse de seconde génération.

Il existait des centaines de milliers de riz traditionnels qui possédaient naturellement des résistances horizontales à tous les types de stress, biotiques ou abiotiques – pour preuve, l’humanité s’en est nourrie et délectée pendant des milliers d’années. Elles ont été détruites pour être remplacées par les variétés “améliorées” de l’IRRI, sans saveur, qui se sont succédées, depuis 1962, année après année, parce que toutes s’avéraient être des échecs flagrants – sur le plan des résistances. Ce fut l’échec de la révolution verte 1.0 – dont on continue pourtant de nous vanter les miracles, en pure propagande. L’IRRI tente maintenant, avec les multinationales des nécro-technologies, d’imposer et de généraliser une révolution verte 2.0 par l’hybridisation du riz, à savoir par la création de variétés artificielles élaborées à partir de lignées dites “pures” (des clones homozygotes) qui ne peuvent produire qu’avec force fertilisants et dont les résistances sont tout aussi nulles. Et l’IRRI nous promet donc, pour un proche futur (vers 2030), une révolution verte 3.0 fondée sur la chimérisation des hybrides, une chimérisation qui sera source de résistances: c’est promis, cette fois-ci, la main sur le cœur. Et bien évidemment, surtout, des résistances aux herbicides de Monsanto, de Bayer, de Syngenta qui – contrairement à ce que prétendent les menteurs invétérés – permettent de pulvériser deux fois, trois fois, dix fois plus d’herbicides qu’auparavant. Et des résistances, de plus, qui ne fonctionnent que très temporairement parce que les adventices elles-mêmes les développent!! Pour preuve l’existence de plus de 400 espèces d’adventices sur la planète qui métabolisent parfaitement les poisons herbicidaires des multinationales. Et qui, plus est, mutent et se métamorphosent ainsi que vient de le mettre en exergue (92) Ana Caicedo dans une étude portant sur l’évolution des riz sauvages, en Arkansas, dans les champs de riz “Clearfield” de BASF rendus résistants aux herbicides par mutagenèse.

On se plaît à rêver d’un jour bienheureux où les Tribus du Futur convieront tous ces savants déments – et leurs laquais et complices dans les institutions et les structures d’Etats – à se rassembler dans une île quelque peu isolée (au large de Fukushima, par exemple) pour y accomplir, en toute quiétude, leurs délires les plus mortifères. Le jour où le Titanic Agricole sombrera, à jamais, dans l’océan de ses vanités. Et en attendant ce jour bienheureux, la chasse aux chimères génétiques est ouverte. Et surtout la chasse aux biocides est ouverte car sans les biocides tout l’édifice de l’agriculture mortifère s’écroule: les hybrides et chimères en tous genres et les nécro-carburants.

L’Inde traditionnelle a prouvé qu’elle pouvait générer 12 ou 15 de tonnes de riz à l’hectare, et parfois même plus (85) (86). Il en est de même pour la méthode SRI développée à Madagascar. Libérons les semences et l’humus.

Dominique Guillet. 15 novembre 2014.

NB: en synergie avec ce présent article sur la chimérisation pesticidaire du riz, je ne peux que conseiller la lecture du dernier ouvrage de notre ami Fabrice Nicolino: Un empoisonnement universel – Comment les produits chimiques ont envahi la planète.

 

 

“Ouvrages militants”

Un empoisonnement universel

Ref : LIV052
liv052-thumb.jpg

Fabrice Nicolino. Éditions Les Liens qui Libèrent. 444 pages.

Une enquête redoutable sur l’invasion effrayante des produits chimiques dans notre quotidien et notre environnement.

C’est un livre sans précédent. Jamais on n’avait essayé de réunir tous les points pour faire enfin apparaître le dessin complet. Comment en est-on arrivé là ? Comment et pourquoi l’industrie chimique a pu libérer dans l’eau, dans l’air, dans le sol, dans les aliments, et jusque dans le sang des nouveau-nés plus de 70 millions de molécules chimiques, toute différentes les unes des autres ?
Quels sont les liens entre le temps des alchimistes et celui du prix Nobel de chimie Fritz Haber, grand criminel de guerre ? D’où viennent Bayer, BASF, Dow Chemical, DuPont, Rhône-Poulenc ? Comment est-on passé de la bakélite des boules de billard et des combinés du téléphone au nylon, puis au DDT et aux perturbateurs endocriniens ? Pourquoi des maladies comme le cancer, l’obésité, le diabète, Alzheimer, Parkinson, l’asthme et même l’autisme flambent toutes en même temps ? Qui est Théo Colborn, la Rachel Carson du 21ème siècle ? Pourquoi l’OMS, la FAO, l’ONU ne bougent-elles pas ? Pourquoi les agences de protection françaises regardent-elles ailleurs ? Comment les normes officielles ont-elles été truquées ? Que contient vraiment l’eau dite potable ? Comme les transnationales ont-elles organisé une désinformation planétaire sur cet empoisonnement universel ? Y a-t-il une chance de s’en sortir ?
Pour la première fois, tout le dossier est enfin rendu public. Il est effrayant, mais un peuple adulte n’a-t-il pas le droit de savoir ? Ce livre, qui donne des noms, des faits, des accointances, ne peut rester sans réponse. C’est l’heure de se lever.

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 04:17

La toxicité d'un adjuvant du Roundup, le POEA, démasqué par une nouvelle étude

Jeudi 23 Octobre 2014

http://criigen.org/dossier/1132/display/La-toxicite-d-un-adjuvant-du-Roundup-le-POEA-demasque-par-une-nouvelle-etude


http://www.generations-futures.fr/2011generations/wp-content/uploads/2011/09/pestos0861.jpgUne équipe de chercheurs de l’Université de Caen, affiliée au laboratoire BioMEA, s'est penchée sur les effets du POEA, le principal adjuvant des herbicides à base de glyphosate comme le Roundup, et confirme sa toxicité pour la vie aquatique à des doses correspondant à la pollution moyenne des rivières en zone agricole. Des travaux qui viennent confirmer les résultats d'études initiées par le Pr Séralini.


Depuis 2005, s’appuyant sur de nombreuses expériences inédites et publiées dans des revues scientifiques à comité de relecture, l’équipe du Pr Séralini, basée à l’Université de Caen, a démontré le rôle fondamental des adjuvants dans les formulations de pesticides. Les chercheurs alertent sur le fait que l’évaluation des pesticides néglige systématiquement la toxicité des adjuvants pour se concentrer uniquement sur l’analyse d’une seule molécule, dite « principe actif ».


L’autorisation du Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde, repose ainsi depuis 1975 sur la seule évaluation du glyphosate, sa molécule dite « active », dans l’étude des effets à long terme. Or, les adjuvants comme le POEA sont jusqu’à 10 000 fois plus toxiques sur des cellules humaines que le glyphosate. Par ailleurs, de nombreuses études « in vitro » réalisées par l’équipe du Pr. Séralini sur le glyphosate et le Roundup ont montré des effets de toxicité (nécrose, modification de l’apoptose, perturbation endocrinienne) de l’herbicide en formulation bien plus important qu’avec le glyphosate seul.


Dans l’étude « Major pesticides are more toxic to human cells than their declared active principles » publiée en février 2014 dans Biomedical Research International par Mesnage & al, les chercheurs montrent que sur neuf formulations de pesticides analysés, huit se sont montrés beaucoup plus toxiques que leurs principes actifs. Le Roundup est le plus toxique parmi les herbicides et les insecticides testés lors de cette étude.


Une toxicité importante sur le milieu aquatique


Sous l’impulsion de ces travaux, le laboratoire BioMEA (Biologie des Mollusques marins et des Ecosystèmes Associés) de l’université de Caen vient de publier une étude sur les effets toxiques du principal adjuvant du Roundup, le POEA, sur des larves d’huîtres. Leurs résultats indiquent que le POEA est beaucoup plus toxique que le glyphosate seul [voir références] et peut expliquer par lui seul, sans exclure les effets du glyphosate, les effets toxiques du Roundup observés sur les larves d’huîtres. Les chercheurs ont ainsi étudié deux formulations de Roundup, mais aussi le glyphosate et le POEA séparément, sur le développement de deux stades larvaires de l’huître creuse Crassostrea gigas, un modèle ayant un intérêt économique majeur pour connaître les effets de certaines substances chimiques sur les zones ostréicoles. Après 24 h d’exposition, le POEA inhibe la métamorphose, c’est à dire stoppe le développement, de 50 % des larves d’huîtres à des doses faibles de 262 µg/L.


Ces niveaux d’exposition sont typiques de ceux rencontrés dans les rivières polluées près des champs traités au Roundup. Rappelons que certaines formulations de Roundup sont vendues pour usage aquatique, des situations pour lesquelles le Roundup ne sera donc pas seulement herbicide, mais aussi molluscicide ! Le Roundup, et plus particulièrement son adjuvant le POEA, pourrait ainsi potentiellement être un nouveau suspect pour expliquer les recrudescences de mortalité observées dans les populations d’huîtres.


Les adjuvants, la « matière noire de la toxicologie des pesticides »


Ces adjuvants ne sont jamais recherchés dans l’environnement et se révèlent être la matière noire de la toxicologie des pesticides. Ils sont hors de portée des études scientifiques, car leur présence et leur nature sont généralement cachées par les fabricants au nom du « secret industriel », ils sont pourtant capables d’expliquer les effets des pesticides parfois mieux que les principes actifs. Comme le martèle le CRIIGEN, au côté d’autres associations de santé environnementale, il est urgent que les pesticides dans leur formulation complète, tels que commercialisés, soient pris en compte dans l’évaluation pour les autorisations de mise sur le marché afin de réduire les risques associés aux mélanges de polluants environnementaux.

 


Reférences

 

  • Effects of a POEA surfactant system (Genamin T-200(®)) on two life stages of the Pacific oyster, Crassostrea gigas, Mottier A, Pini J, Costil K - J Toxicol Sci. 2014 - 39(2):211-5.
  • Effects of glyphosate-based herbicides on embryo-larval development and metamorphosis in the Pacific oyster, Crassostrea gigas.Mottier A, Kientz-Bouchart V, Serpentini A, Lebel JM, Jha AN, Costil K. Aquat Toxicol. 2013 Mar 15;128-129:67-78.
  • Clone- and age-dependent toxicity of a glyphosate commercial formulation and its active ingredient in Daphnia magna. Cuhra, M., Traavik, T. and Bøhn, T. 2013 – Ecotoxicology 22: 251-262.
  • Ethoxylated adjuvants of glyphosate-based herbicides are active principles of human cell toxicity. Mesnage R, Bernay B, Séralini GE- Toxicology. 2013 Nov 16;313(2-3):122-8.
  • Major Pesticides Are More Toxic to Human Cells Than Their Declared Active Principles Robin Mesnage, Nicolas Defarge, Joël Spiroux de Vendômois, and Gilles-Eric Séralini - Biomed Res Int. 2014; 2014: 179691.

 

La toxicité d'un adjuvant du Roundup, le POEA, démasqué par une nouvelle étude

Jeudi 23 Octobre 2014

Une équipe de chercheurs de l’Université de Caen, affiliée au laboratoire BioMEA, s'est penchée sur les effets du POEA, le principal adjuvant des herbicides à base de glyphosate comme le Roundup, et confirme sa toxicité pour la vie aquatique à des doses correspondant à la pollution moyenne des rivières en zone agricole. Des travaux qui viennent confirmer les résultats d'études initiées par le Pr Séralini.


Depuis 2005, s’appuyant sur de nombreuses expériences inédites et publiées dans des revues scientifiques à comité de relecture, l’équipe du Pr Séralini, basée à l’Université de Caen, a démontré le rôle fondamental des adjuvants dans les formulations de pesticides. Les chercheurs alertent sur le fait que l’évaluation des pesticides néglige systématiquement la toxicité des adjuvants pour se concentrer uniquement sur l’analyse d’une seule molécule, dite « principe actif ».


L’autorisation du Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde, repose ainsi depuis 1975 sur la seule évaluation du glyphosate, sa molécule dite « active », dans l’étude des effets à long terme. Or, les adjuvants comme le POEA sont jusqu’à 10 000 fois plus toxiques sur des cellules humaines que le glyphosate. Par ailleurs, de nombreuses études « in vitro » réalisées par l’équipe du Pr. Séralini sur le glyphosate et le Roundup ont montré des effets de toxicité (nécrose, modification de l’apoptose, perturbation endocrinienne) de l’herbicide en formulation bien plus important qu’avec le glyphosate seul.


Dans l’étude « Major pesticides are more toxic to human cells than their declared active principles » publiée en février 2014 dans Biomedical Research International par Mesnage & al, les chercheurs montrent que sur neuf formulations de pesticides analysés, huit se sont montrés beaucoup plus toxiques que leurs principes actifs. Le Roundup est le plus toxique parmi les herbicides et les insecticides testés lors de cette étude.


Une toxicité importante sur le milieu aquatique


Sous l’impulsion de ces travaux, le laboratoire BioMEA (Biologie des Mollusques marins et des Ecosystèmes Associés) de l’université de Caen vient de publier une étude sur les effets toxiques du principal adjuvant du Roundup, le POEA, sur des larves d’huîtres. Leurs résultats indiquent que le POEA est beaucoup plus toxique que le glyphosate seul [voir références] et peut expliquer par lui seul, sans exclure les effets du glyphosate, les effets toxiques du Roundup observés sur les larves d’huîtres. Les chercheurs ont ainsi étudié deux formulations de Roundup, mais aussi le glyphosate et le POEA séparément, sur le développement de deux stades larvaires de l’huître creuse Crassostrea gigas, un modèle ayant un intérêt économique majeur pour connaître les effets de certaines substances chimiques sur les zones ostréicoles. Après 24 h d’exposition, le POEA inhibe la métamorphose, c’est à dire stoppe le développement, de 50 % des larves d’huîtres à des doses faibles de 262 µg/L.


Ces niveaux d’exposition sont typiques de ceux rencontrés dans les rivières polluées près des champs traités au Roundup. Rappelons que certaines formulations de Roundup sont vendues pour usage aquatique, des situations pour lesquelles le Roundup ne sera donc pas seulement herbicide, mais aussi molluscicide ! Le Roundup, et plus particulièrement son adjuvant le POEA, pourrait ainsi potentiellement être un nouveau suspect pour expliquer les recrudescences de mortalité observées dans les populations d’huîtres.


Les adjuvants, la « matière noire de la toxicologie des pesticides »


Ces adjuvants ne sont jamais recherchés dans l’environnement et se révèlent être la matière noire de la toxicologie des pesticides. Ils sont hors de portée des études scientifiques, car leur présence et leur nature sont généralement cachées par les fabricants au nom du « secret industriel », ils sont pourtant capables d’expliquer les effets des pesticides parfois mieux que les principes actifs. Comme le martèle le CRIIGEN, au côté d’autres associations de santé environnementale, il est urgent que les pesticides dans leur formulation complète, tels que commercialisés, soient pris en compte dans l’évaluation pour les autorisations de mise sur le marché afin de réduire les risques associés aux mélanges de polluants environnementaux.

 


Reférences

 

  • Effects of a POEA surfactant system (Genamin T-200(®)) on two life stages of the Pacific oyster, Crassostrea gigas, Mottier A, Pini J, Costil K - J Toxicol Sci. 2014 - 39(2):211-5.
  • Effects of glyphosate-based herbicides on embryo-larval development and metamorphosis in the Pacific oyster, Crassostrea gigas.Mottier A, Kientz-Bouchart V, Serpentini A, Lebel JM, Jha AN, Costil K. Aquat Toxicol. 2013 Mar 15;128-129:67-78.
  • Clone- and age-dependent toxicity of a glyphosate commercial formulation and its active ingredient in Daphnia magna. Cuhra, M., Traavik, T. and Bøhn, T. 2013 – Ecotoxicology 22: 251-262.
  • Ethoxylated adjuvants of glyphosate-based herbicides are active principles of human cell toxicity. Mesnage R, Bernay B, Séralini GE- Toxicology. 2013 Nov 16;313(2-3):122-8.
  • Major Pesticides Are More Toxic to Human Cells Than Their Declared Active Principles Robin Mesnage, Nicolas Defarge, Joël Spiroux de Vendômois, and Gilles-Eric Séralini - Biomed Res Int. 2014; 2014: 179691.

 

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 08:52
  • L’Alerte des médecins s’est fixé des objectifs de prévention et demande à l’État de prendre la mesure des http://assets.sudouest.fr/img/logo-sud-ouest.jpghttp://assets.sudouest.fr/img/logo-sud-ouest.jpghttp://assets.sudouest.fr/img/logo-sud-ouest.jpgrisques. © Photo
    émilie drouinaud

Charente : l'alerte des médecins face aux pesticides


Publié le 23/10/2014 à 06h00 , modifié le 23/10/2014 à 13h49 par
http://www.sudouest.fr/2014/10/23/pesticides-l-alerte-des-medecins-1713254-1131.php

"Ils sont parfois nocifs à faible dose. Ce qui est ennuyeux, c’est qu’ils se retrouvent dans l’alimentation, l’air, l’eau, avec des effets cocktails". Le docteur Périnaud présentera ce jeudi l’appel signé par 1400 médecins

Lhttp://images.sudouest.fr/images/2014/10/23/1713254_7209125_800x400.jpg?v=1

ongtemps discrets, plus de 1 400 médecins français ont franchi le Rubicon en signant l'appel national lancé, en janvier, par un collectif de médecins limousins, mené par le docteur Pierre-Michel Périnaud. Tous décidés à « secouer le cocotier des pesticides », ceux qu'on appelle parfois pudiquement les produits phytosanitaires, comme pour en minimiser la portée. Pour l'instant, 26 généralistes charentais ont apporté leur paraphe pour que les collectivités, l'État, l'Europe « prennent la mesure des risques sanitaires liés aux pesticides. » Avec un objectif affiché de prévention.

Invité ce soir à Soyaux par les collectifs Vigilance OGM, Pesticides 16 et Charente nature, Pierre-Michel Périnaud, généraliste « des villes » (Limoges) et son collègue « des champs », le docteur Joseph Mazé (Bujaleuf) sont convaincus que les médecins de terrain ont leur mot à dire, eux qui constatent dans leur cabinet, sans pouvoir les relier à un toxique particulier, « plus de cancers du sein, de la prostate, de Parkinson, de maladie neurodégénérative et de troubles de la puberté précoce ».

« Sud Ouest ». Lorsque vous avez créé, en mars 2013, l'Alerte des médecins limousins sur les pesticides, initiatrice de l'Appel diffusé dans toute la France, quelles étaient vos motivations ?

Docteur Pierre-Michel Périnaud. C'est parti du Limousin, une région traditionnellement de polyculture, élevage, même si on voit de plus en plus de culture céréalière et d'utilisation de traitement herbicide avant semis. Une région marquée aussi par la pommiculture qui concentre l'utilisation des pesticides comme c'est le cas dans les vignes. On avait au départ un objectif local, prendre les mesures de prévention à l'échelle de notre région. Sauf que notre appel a eu plus de succès qu'on espérait. On pensait être une trentaine, on a été 85 médecins en Limousin, dès le départ. En janvier, notre appel était devenu national, rendu public au moment où se discutait la loi d'avenir agricole à l'Assemblée nationale. À ce moment-là, nous étions 1 200.

Le cœur du débat, c'est la dangerosité des pesticides, étayée par des études scientifiques ?

Oui, leur surutilisation. On ne peut pas réfléchir aux pesticides sans rappeler que la France est le premier consommateur européen de pesticides. On utilise le tiers des quantités de pesticides consommés en Europe. Et les données de littérature scientifique commencent à être importantes.

Vous vous appuyez particulièrement sur le travail de l'Inserm ?

On avait lancé notre appel avant l'étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, publiée en juin 2013. Mais depuis qu'on l'a, on est ravi parce que ça va complètement dans notre sens. Un travail remarquable, trente ans d'étude. L'institut ne se contente pas de dire qu'il y a une quinzaine de maladies en lien avec les pesticides (localisations cancéreuses, pathologies neurodégénératives, notamment). Les scientifiques ont gradué ce lien. On sait par exemple que le lien est fort, entre exposition aux pesticides et cancer de la prostate, myélomes, maladie de Parkinson, leucémie chez les enfants dont les mères ont été exposées. En revanche, le lien avec les tumeurs cérébrales est jugé à ce jour moins fort, parce qu'il y a moins d'études, sauf une extrêmement probante menée en Gironde.

Des pathologies qui touchent en particulier les agriculteurs, mais aussi, vous le soulignez, les riverains et toute la population.

Oui, les pesticides ne concernent pas que les agriculteurs. Des études ont montré que leur diffusion dans la population est générale. Quand on a recherché la présence de trois classes de pesticides dans un échantillon de la population française, on en a retrouvés chez 90 % des gens. Certes, à très faible dose, mais la dose pose question pour certains produits cancérigènes à effet sans seuil et surtout pour les perturbateurs endocriniens.

Des perturbateurs endocriniens particulièrement vicieux ?

Tout à fait. Avec les poisons classiques, c'est la dose qui augmente la probabilité d'un cancer. Là, les courbes sont différentes. Ils sont parfois nocifs à faible dose. Ce qui est ennuyeux, c'est qu'ils se retrouvent dans l'alimentation, l'air, l'eau, avec des effets cocktails, ressentis sur un temps long. Et qu'on n'a pas encore d'études. C'est un grand mystère.

Que vous inspire le combat du céréalier charentais Paul François, empoisonné par un produit Monsanto ?

Le plus grand respect. Les agriculteurs sont confrontés à d'énormes difficultés pour faire reconnaître leurs maladies. Un combat contre la maladie et un combat pour faire reconnaître leurs droits, ce qui est inadmissible. Paul François parle au nom de ses collègues. Il ose dire : “ça m'arrive, ça peut nous arriver à tous, et ça n'est pas parce qu'on fait mal notre boulot, c'est aussi parce qu'on se fout de nous et qu'on ne dit pas exactement la vérité”. Il me paraît important, que, nous médecins, ne laissions pas nos patients tout seuls.

Justement, on a l'impression qu'il n'y avait pas vraiment de prise de conscience collective des médecins avant votre appel ?

Aucune. Il existe même un rapport de l'académie de médecine, publié en 2007, qui avait estimé qu'aucun pesticide n'avait de caractère cancérigène reconnu. Je ne sais pas si elle avait choisi d'être aveugle ou si elle l'était vraiment, question en suspens à mes yeux.

Conférence-débat ce soir, à 20 h 30, à l'Espace Matisse à Soyaux.

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