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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 02:10

UE - Cibus cherche parcelles pour mutagénèse dirigée

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L’entreprise Cibus a mis au point un colza rendu résistant aux herbicides par mutagénèse dirigée. Cette technique fait partie du paquet des nouvelles techniques de biotechnologie dont le statut légal n’est pas encore connu. L’Union européenne doit en effet toujours répondre si oui ou non les produits issus de ces modifications du vivant donnent des OGM. En attendant cette réponse, Cibus fait du porte-à-porte auprès de différents États membres pour connaître leur position nationale. Ainsi, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède et la Finlande ont déjà officiellement répondu à Cibus. De leur côté, les Pays-Bas et la République tchèque avaient, eux, adopté une position de principe sans avoir été interpelés par Cibus. Bilan : la République tchèque défend que la mutagénèse dirigée donne des OGM, mais les cinq autres estiment que cette biotechnologie n’a rien à faire avec la législation « OGM ».

Depuis 2008, l’Union européenne est en attente d’une proposition de la Commission européenne sur le statut des produits issus des nouvelles techniques de biotechnologies : OGM ou non ? L’enjeu commercial est bien sûr stratégiquement important pour les entreprises de biotechnologie. Car tout produit non considéré comme « OGM » ne sera pas soumis aux contraintes législatives mises en place : pas d’autorisation pour des essais en champs (hors règles sanitaires et d’importation si importation de semences il y a), pas d’évaluation des risques dans le cadre d’une autorisation commerciale, pas d’étiquetage et pas de suivi post-commercial.
L’une des entreprises phares sur ces nouvelles biotechnologies, Cibus, a donc cherché à obtenir de plusieurs États qu’ils se positionnent sur la mutagénèse dirigée par oligonucléotides pour savoir si elle donne des OGM ou non selon ces États. Objectif affiché par Cibus : connaître les conditions de mise en œuvre d’essais en champs.

Cibus teste plusieurs pays

Quatre pays ont été questionnés par Cibus : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède et la Finlande. Cibus a confirmé à Inf’OGM les trois premiers pays, mais a omis de nous signaler avoir questionné la Finlande. Pourtant, ce pays l’a bel et bien été le 19 novembre 2013, comme Kirsi Törmäkangas, secrétaire général sur Bureau finnois des technologie du gène, nous l’a confirmé [1]. Un oubli étonnant au vu de la réponse obtenue (cf. plus bas).

Cette interpellation des États membres (et leur réponse) sur le statut OGM ou non des produits obtenus par une technique de biotechnologie pose une question : quelle est la marge de manœuvre de ces États à décider par eux-mêmes sur un point que l’Union européenne est vouée à trancher ? Interrogée par Inf’OGM, la Commission européenne nous dit travailler sur une analyse juridique de la question des nouvelles techniques et ne pas pouvoir répondre à cette question tant que cette analyse ne sera pas terminée. Un positionnement qui peut sonner comme un rappel à destination des États membres, qui vont participer à ces discussions européennes, qu’ils ne sont pas obligés de répondre à Cibus et peuvent, voire devraient, attendre que les réflexions au niveau européen soient terminées...

Pour la République tchèque, la mutagénèse dirigée donne des OGM...

Interrogé par Inf’OGM, le ministère de l’Environnement tchèque nous indique que le 7 juin 2007, une position a été formellement adoptée : la mutagenèse dirigée donne des OGM car cette technique modifie génétiquement le génome des organismes mutés. Le 11 octobre 2011, alors qu’un groupe d’experts européens se penchait sur la question du statut des produits obtenus par une des nouvelles techniques de biotechnologie au sein duquel participaient deux représentants de la République tchèque, ce pays confirmait sa position « au vu des connaissances scientifiques disponibles » de l’époque [2].

…mais pas pour cinq autres pays

Autre son de cloche en Allemagne, au Royaume-Uni, en Finlande, en Suède et aux Pays-Bas : pour eux, la mutagénèse dirigée ne donne pas d’OGM au regard de leur législation nationale (qui est une transposition de la législation européenne).

Pour le Royaume-Uni [3] et les Pays-Bas [4], la mutagénèse dirigée ne donne pas d’OGM car cette technique est aussi sûre ou équivalente à la mutagénèse « classique » [5] et surtout, que l’oligonucléotide utilisé n’est pas à proprement parler un ADN recombinant, le Royaume-Uni ajoutant qu’il n’y a pas d’insertion d’ADN dans le génome de la plante [6]. L’oligonucléotide doit-il ou non être considéré comme un ADN recombinant ? Ce point est fondamental car les discussions en cours sur le statut OGM ou non des produits obtenus par mutagenèse dirigée par oligonucléotide s’intéressent notamment à cette question. En effet, la directive 2001/18, dans son annexe 1A, exclut de son champ d’application la mutagénèse « à condition qu’elle n’implique pas l’utilisation de molécules d’acide nucléique recombinant ». Un argument qui n’est donc pas que scientifique mais également juridique...
L’avis néerlandais exclut cette technique de la législation OGM précisément par rapport à ce dernier point. En effet, l’avis précise que « la mutagénèse dirigée est aussi sûre que la mutagénèse classique. Son exclusion de la législation OGM est cependant incertaine. Cela dépend si l’oligonucléotide est considéré comme un ADN recombinant ou non ». Et de préciser : « un oligonucléotide utilisé pour de la mutagénèse dirigée ne doit pas être considéré comme de l’ADN recombinant ».

La Suède a, de son côté, répondu succinctement à l’interpellation de Cibus [7] : le colza rendu tolérant à des herbicides par mutagénèse dirigée n’est pas soumis à la législation OGM. Le pays précise néanmoins à Cibus, à l’instar de la Finlande comme nous allons le voir, que cette « opinion réglementaire pourra changer dans le futur » du fait de la décision européenne à venir.

La Finlande a, elle, adopté sa position le 22 octobre 2014. Si la Finlande considère que la mutagénèse dirigée ne donne pas d’OGM, Kirsi Törmäkangas précise à Inf’OGM que « cette interprétation nationale a été formulée de manière à être valide tant que l’Union européenne n’aura pas pris de décision sur la mutagénèse dirigée par oligonucléotides » [8]. Dans sa réponse à Cibus dont Kirsi Törmäkangas nous a fait part, le Bureau finnois des technologies du gène précise en effet que cette décision est « subordonnée à d’éventuels changement des définitions contenues dans la directive 2001/18 [...]. Le bureau aura le droit reconsidérer cette position dans le futur sur la base d’éventuelles nouvelles connaissances scientifiques ou techniques et d’opinions d’experts ».

Enfin, la position allemande a été rendue publique le 5 février 2015. Dans sa réponse à Cibus, le ministère allemand de la Protection des consommateurs et de la Sécurité sanitaire des aliments soutient que la technique de mutagénèse dirigée par oligonucléotides utilisée par Cibus ne donne pas d’OGM. Il n’a pas fallu longtemps à plusieurs associations allemandes, dont Testbiotech, pour contester cette interprétation. Le 9 mars 2015, elles demandaient au ministère allemand de l’Agriculture de « stopper la mise en culture » de ce colza si Cibus devait décider de conduire des essais en champs. Comme Christoph Then, de Testbiotech, nous le précise, cette contestation repose sur la considération que les produits obtenus par la technique de mutagénèse dirigée par oligonucléotides doivent être soumis à la législation sur les OGM. Les associations déclarent par ailleurs considérer que « la culture de colza résistant à des herbicides doit être interdite en Europe, quelle que soit la manière dont elle a été produite » [9]. Cibus nous a indiqué « n’avoir aucun projet [d’essai en champ] à l’heure actuelle ».

Mais plutôt que de réellement vouloir mettre en place des essais en champs, l’objectif de Cibus n’était-il pas tout simplement de peser sur le débat à venir au sein de l’Union européenne ? Voulu ou pas, c’est en tout cas ce qui risque de se passer avec les entreprises qui souligneront que pour la mutagénèse dirigée, certains États membres ont déjà pris des décisions nationales...

L’entreprise Cibus dispose de sept brevets portant sur la technique de mutagénèse par oligonucléotide et / ou des séquences génétiques mutées [10]. Le premier obtenu le fut en 2010 et portait sur « des acides nucléiques d’acétohydroxyacide synthase (AHAS) mutés et les protéines codées par les acides nucléiques mutés. L’invention concerne également des plants, des cellules et des semences de colza comprenant les gènes mutés » [11]. Suite à ce premier brevet, Cibus en a obtenu six autres, portant tous sur des séquences génétiques mutées. Trois concernent une résistance à des herbicides [12], un concerne une résistance à un pathogène [13] et deux concernent des techniques de mutagénèse et les produits obtenus [14]. Ces brevets peuvent concerner le colza ou, pour certains, les seules séquences génétiques quelles que soient les plantes dans lesquelles elles se trouvent.

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Crédit photo : CC : Susanne Nilsson - Yellow fieldtexte ajouté par Inf’OGM

[1] Source Inf’OGM

[2] Source Inf’OGM

[3] Avis du Comité britannique consultatif sur la dissémination dans l’environnement (Advisory Committee on Releases to the Environment – ACRE), du 10 février 2011, http://archive.defra.gov.uk/acre/meetings/11/min-110210.pdf

[4] Avis de la Commission sur les modifications génétiques (COGEM), « Advice and report ’The status of oligonucleotides within the context of site-directed mutagenesis’ » juillet 2010, www.cogem.net/index.cfm/en/publications/publicatie/the-status-of-oligonucleotides-within-the-context-of-site-directed-mutagenesis

[5] L’avis britannique (cf. note 3) indique que « la technique développée par Cibus est équivalente à la mutagénèse chimique [plus communément appelée mutagénèse aléatoire] en ce qu’une molécule de synthèse est utilisée pour induire un changement dans l’ADN de la plante » et plus loin « le changement dans l’ADN de la plante induit par cette technique de mutagénèse dirigée par oligonucléotides serait non différentiable d’un même changement obtenu par des méthodes traditionnelles de mutagénèse »)

[6] L’avis britannique (cf. note 3) indique que l’oligonucléotide utilisé « ne s’insère pas dans le génome [et] est dégradé dans les heures suivant son introduction dans la cellule ».

[7] Source Inf’OGM

[8] Source Inf’OGM

[9] https://www.testbiotech.org/en/node/1181

[10] Selon une recherche dans Google Brevet avec Cibus en mot clef

[11] Brevet EP 2203565 A1, « Gènes d’acétohydroxyacide synthase mutés chez brassica ».

[12] Brevets WO 2012018862 A3, WO 2013028188 A1, EP 2600710 A2

[13] WO 2014153178 A2

[14] WO 2014144951 A1, WO 2014144987 A2

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 06:48

Note de la rédaction du blog:Voici un lien vers un reportage diffusé par ARTE avant-hier.

Il ne vous reste donc plus que 5 jours pour la revoir ici :

http://www.arte.tv/guide/fr/050772-000/pesticide-et-sante-l-equation-sans-solution


 

 

Depuis 2010, une partie de la société civile française s’est mobilisée pour contrer le développement des variétés rendues tolérantes aux herbicides (VrTH). En 2012, plusieurs organisations se sont réunies au sein du collectif de l’Appel de Poitiers [1] [2], notamment pour interpeller les ministres de l’Environnement et de l’Agriculture. Ce collectif pointe du doigt des OGM qui ne disent pas leur nom, l’augmentation des quantités d’herbicides utilisées, inhérents à ces plantes et l’absence de toute évaluation des risques avant mise en culture commerciale. Face à l’inaction du gouvernement, l’Appel de Poitiers vient de déposer un recours devant le Conseil d’État.

Actuellement en France, ces fameuses VrTH, ce sont des colzas et des tournesols modifiés par mutagénèse [3] pour qu’ils tolèrent des herbicides spécifiques (Quantum SX, Express SX, Pulsar40 par exemple) qui, autrement, leur auraient été fatals.

Juridiquement parlant, le droit européen spécifique aux OGM ne s’impose pas à ces VrTH comme l’explique l’Appel de Poitiers dans une tribune publiée le 20 mars 2015 dans Libération [4]. Car ces VrTH ont été « arbitrairement exclues du champ d’application de la réglementation sur les OGM, sous le seul prétexte qu’elles ont été obtenues par une autre technique de manipulation génétique que la transgenèse ». Le collectif dénonce une conséquence importante : ces VrTH « échappent ainsi à toute évaluation sur l’environnement, la santé, à toute obligation d’étiquetage, de traçabilité et d’information des utilisateurs et des consommateurs ». L’Appel de Poitiers dénonce donc l’absence d’information autour de ces cultures, la négation du droit des consommateurs de choisir ce qu’ils souhaitent manger ou non, et une possible mise en danger de la santé humaine et de l’environnement en l’absence de toute évaluation des risques. Cette situation est le meilleur moyen de fermer les yeux sur un éventuel problème, et une manière de faire taire toute divergence publique sur le sujet.

Il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de connaître les surfaces cultivées avec ces variétés mutées. En 2013, 20% des cultures de tournesol étaient déjà rendues tolérantes aux herbicides. Le ministère de l’Agriculture, lui, nous a précisé que 17 000 hectares de colza et 110 000 hectares de tournesol rendus tolérants à un herbicide ont été semés en 2014, sans vouloir nous préciser ses sources. Agreste, le service statistique du ministère, annonçait, en décembre 2014 [5], pour toute variété confondue, un peu moins de 1,5 millions d’hectares de colza et 658 000 hectares de tournesol. Un développement qui inquiète l’Appel de Poitiers qui rappelle à nouveau qu’une expertise collective Inra/CNRS avait conclu en 2013 que « la caractéristique de tolérance aux herbicides, introduite par manipulation génétique pourrait être diffusée à d’autres plantes, cultivées ou sauvages » [6].

C’est pourquoi le collectif a demandé en décembre 2014 au premier ministre socialiste, Manuel Valls, d’adopter un moratoire sur la vente et la culture de ces VrTH, « en attendant les évaluations équivalentes à celles réglementairement obligatoires pour les OGM », au sens des plantes transgéniques. Il demande au gouvernement d’être cohérent d’une part avec son interdiction des OGM [7] et sa volonté affichée de réduire l’usage des pesticides en promouvant l’agro-écologie ; et d’autre part avec l’opinion publique, largement négative sur les OGM.

Face à l’absence de réponse du Premier ministre, le collectif a dénoncé cette inaction en portant plainte devant le Conseil d’État, début mars 2015. C’est une longue procédure qui s’ouvre et qui permettra ainsi de questionner le statut de ces OGM cachés.

 

En savoir plus

Qu’est-ce que « l’acquisition de résistances » ?

Qu’est-ce qu’une plante tolérant un herbicide (Roundup Ready ou autre) ?

Plus ou moins de pesticides avec les OGM ?

Qu’est-ce que la mutagenèse ?

Quels sont les risques des OGM pour l’environnement ?

Qu’est-ce qu’une plante Bt ?

 

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 06:34

On soupçonnait déjà que la perte de la fertilité était au nombre des graves  dégâts occasionnés, une étude récente va dans ce sens. Une étude qui, si elle n'est pas étouffée, pourrait avoir un grand impact sur les décisions à prendre à l'avenir

(Note de l'administration du blog  cette information est à considerer avec  réserve et sous conditition de sa confirmation et de son approbation  par les milieux scientifiques. 

OGM, Plantes mutées et hygiène chimique : le point avec Joël Spiroux

http://bioconsomacteursprovence.com/entry/vers-la-plus-grande-catastrophe-environnementale-et-sanitaire-des-temps-modernes.html

 

Chère amie, cher ami,

Vous vous en souvenez probablement : en 2012 une étude fracassante a été publiée sur la dangerosité potentielle de deux produits de la firme Monsanto : l'herbicide Roundup et le maïs NK603, génétiquement modifié pour tolérer cet herbicide.

Le résultat fut sans appel : les photos des rats atteints de tumeurs énormes, affichées en une des journaux, ont fait le tour du monde.

Mais où en est-on aujourd'hui ?

J'ai posé la question au Dr Joël Spiroux, qui était le directeur adjoint de cette étude et actuel président du CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendante sur le Génie Génétique), dont l'équipe du Pr Gilles-Eric Séralini fait partie.

Ses réponses (extraits principaux ci-dessous) sont absolument passionnantes et je vous recommande de lire son interview jusqu'au bout. Notez que ce médecin généraliste a de multiples diplômes et casquettes en affinité avec les médecines naturelles (technicien agricole, écologie humaine, acupuncteur, ostéopathe et homéopathe).

En juin 2014, le CRIIGEN republie son étude et propose une conférence de presse qui ne sera que mollement suivie par les médias.

IPSN : Deux ans après la publication de votre première étude, vous l'avez republiée en juin 2014. Pourquoi ?

Nous voulions montrer à la communauté scientifique et au grand public que notre étude reposait sur des données solides. Nous souhaitions sortir du débat passionné que notre première publication a suscité. Par ailleurs, la republication s'est faite dans une revue « open source », en mettant à disposition de tous les données biologiques de l'étude. En effet, habituellement les études réalisées avant la mise sur le marché de produits chimiques ou d'OGM sont considérées comme secret industriel et ne sont donc pas libres d'accès. Il n'y a donc ni transparence ni débat.

Les photos des rats avec leurs grosses tumeurs ont marqué les médias et les esprits. Aviez-vous prévu cette surprise ? Vous ne pensiez pas que ces photos produiraient un tel effet ?

À l'époque, nous avions été surpris de l'impact de la publication des photos de rats atteints de tumeurs publiées par le Nouvel Observateur (L'Obs aujourd'hui). Malheureusement, les tumeurs des rats, c'est presque notre quotidien puisque nous testons sur eux des produits dangereux.

Dans le fond, ce qui me choque le plus, c'est que l'on s'étonne de ces tumeurs et autres pathologies alors que ces produits ne sont pas évalués correctement. En effet, nous avons mis en évidence qu'aucun pesticide au monde n'a été évalué de façon à protéger la population. Un pesticide, c'est en fait une molécule dite active (dans le cas du Roundup, c'est le glyphosate) et des adjuvants [1]. Pendant deux ans, on teste le glyphosate sur des rats. En revanche, les adjuvants et le mélange adjuvants + glysophate n'est testé que quelques jours sur la peau. Ces tests ne sont guère utiles puisqu'on n'effectue aucune prise de sang pour en connaître les conséquences sur les cobayes.

Quel impact a cette absence d'évaluation sur la santé de la population ?

Les indicateurs sont au rouge. Depuis 50 ans, le développement des pathologies chroniques est catastrophique. Voyez donc : pertes de plus de 50 % des spermatozoïdes chez l'homme, augmentation des stérilités, hypofécondités, malformations néonatales, allergies, maladies neurodégénératives comme l'Alzheimer, doublement des cancers et apparition de très nombreuses maladies orphelines...

Ces pathologies environnementales sont apparues progressivement depuis un siècle parallèlement au développement de la chimie et l'essor industriel. La révolution verte des années 70 a transformé l'agriculture paysanne en agriculture industrielle utilisant force engrais et pesticides. Nous retrouvons ces produits dans notre alimentation. Nos fruits, par exemple, contiennent 3 à 10 résidus différents de pesticides.

C'est ce constat général qui m'a poussé à me lancer dans les questions de santé et d'environnement. J'en avais marre de voir devant moi des malades qui n'auraient pas dû l'être. Avant de devenir médecin, j'ai passé un diplôme de technicien agricole. Je connais donc très bien les traitements subis par les écosystèmes, les animaux etc. Le lien entre l'essor de pathologies diverses, dont les cancers, et notre manière de cultiver la terre ou d'élever les animaux ne fait aucun doute. On le voit sur le terrain. Quand va-t-on réellement commencer à évaluer les produits que nous utilisons en agriculture et dans l'industrie afin d'assurer une alimentation riche et saine, et des milieux de vie favorables à un maintien en bonne santé ?

Le CRIIGEN s'est retiré de l'instance de dialogue créée dans le cadre du projet gouvernemental Risk'OGM. Pourquoi ?

Au début, nous étions partants pour participer à ce projet. Le ministère de l'Environnement et de l'Ecologie, ainsi que l'ANSES, avaient décidé de lancer une étude sur les risques toxicologiques d'un OGM. Nous avons été conviés à participer et nous avons envoyé l'un de nos doctorants, Nicolas Defarge. J'ai été un peu surpris que le projet soit de refaire exactement notre étude sans l'élargir à de nombreux autres OGM et pesticides. En effet, il existe une quarantaine d'OGM commercialisés dans le monde, nous aurions pu profiter de ce projet pour étudier un soja par exemple.

Mais là n'était pas l'essentiel. J'ai été plus inquiet de voir que seuls l'INRA, l'INSERM et l'ANSES avaient répondu à l'offre du ministère pour faire l'étude. Quand on connaît leur hostilité à nos recherches, on pouvait se poser la question de leur capacité d'objectivité sur la question. Puis d'autres acteurs se sont greffés au projet : Monsanto (par le biais d'une association, Europabio, financée par l'industrie agroalimentaire et pharmaceutique) et les autres semenciers : Bayer, Cropscience et Limagrain notamment. Nous ne pouvions pas cautionner ces conflits d'intérêt qui nous replongeaient dans la situation classique : les fabricants évaluent eux-mêmes leurs produits et font du lobbying auprès des agences d'accréditation. Où sont l'indépendance et la transparence ? Qui protège le consommateur ?

(...) Le projet de deux ans est devenu un projet de trois mois, que l'on pouvait prolonger éventuellement jusqu'à six ; ce que nous reprochons depuis plus de quinze ans est que les textes réglementaires ne durent que trois mois, ce qui est insuffisant pour mettre en évidence les pathologies chroniques. Par ailleurs, le maïs seul sera étudié sans le pesticide – le Roundup – pour lequel il est rendu tolérant, ce qui change tout !

En quoi l'évaluation de la seule molécule active est-elle un problème ?

En 2013, nous avons étudié 9 différents Roundup et montré que les adjuvants sont plus toxiques que le glyphosate, seule molécule à être testée pendant deux ans sur des rats. En 2014, nous avons étudié 9 pesticides, 3 herbicides, 3 fongicides et 3 insecticides et montré que les formulations totales vendues aux agriculteurs ou aux particuliers sont de 2 à 10 000 fois plus toxiques, sur des cellules humaines, que les molécules dites actives, seules testées avant la mise sur le marché.

C'est un véritable scandale sanitaire qui devrait mettre des millions de gens dans la rue pour manifester. En Inde, des paysans se suicident au Roundup, en Amérique Latine, partout où l'on a développé la culture OGM et l'utilisation forcenée de pesticides, on a vu le taux de maladies chroniques augmenter chez les agriculteurs de ces pays et les populations avoisinantes. Qui se soucie de leur détresse ?

Au drame sanitaire s'ajoute, en outre, une perte inquiétante de liberté. Car les grandes compagnies vendent des semences qui ne peuvent fonctionner qu'avec les pesticides qu'elles fabriquent.

C'est un système fait pour et par ces industries qui vendent une semence plus chère que son prix habituel (biotechnologie oblige) et sont seules autorisées à racheter la récolte. Le paysan ne garde rien et ne plante plus ses propres semences. Que reste-t-il de sa liberté ?

On parle aujourd'hui de l'arrivée d'une deuxième génération d'OGM. De quoi s'agit-il ?

La vérité, c'est qu'il n'y a rien de nouveau. On nous présente comme des « OGM nouveaux » des OGM qui ont plusieurs « gènes d'intérêt ». Cela veut dire qu'ils peuvent fabriquer plusieurs insecticides ou tolérer plusieurs herbicides. Mais ce type d'OGM existe depuis longtemps.

Par exemple, le maïs Smartstax possède 8 gènes d'intérêt : 2 de tolérance à des herbicides et 6 de production d'insecticides différents. Quels sont les impacts en termes de santé pour les animaux ou les populations qui mangent ce maïs ? Personne ne le sait ni veut le savoir !

Pourquoi a-t-on introduit ces OGM ?

C'est pour satisfaire le « dieu Progrès ». Le développement des connaissances en génétique en un siècle a fait des progrès extraordinaires. Nous savons désormais modifier des patrimoines génétiques. Dans le domaine médical, la thérapie génique nous donne l'espoir de traiter des pathologies graves. Mais modifier des plantes pour qu'elles produisent ou tolèrent des pesticides, cela n'a pas de sens car, contrairement a ce que disent les producteurs, cela ne diminue en rien la quantité totale de pesticides répandus sur la planète !

En effet, ce qui devait arriver arriva. L'utilisation de plantes insecticides a permis l'émergence d'insectes résistants, c'est pour cela que les nouveaux OGM comme le Smartstax possèdent plusieurs gènes pour la production de plusieurs insecticides différents. En ce qui concerne les herbicides comme le Roundup, les agriculteurs d'Amérique du Sud et du Nord sont envahis par des amarantes qui étaient spontanément tolérantes au Roundup et qui se sont développées de façon exponentielle du fait de la mort de celles qui y étaient sensibles. Bilan de l'affaire, on rajoute de nouveaux herbicides... Aujourd'hui, certaines plantes résistent au Roundup et au Dicamba, nouvel herbicide de chez Monsanto. Nous nous sommes engagés dans une course aux armements contre la nature que nous sommes sûrs de perdre. Pendant ce temps, les animaux et la population mondiale ingèrent de plus en plus de pesticides. Quand le comprendra-t-on ? (...)

Tout est donc mauvais dans les OGM ?

Non, ce serait une erreur de dire cela. Je vais vous donner deux exemples : pour soigner les patients diabétiques, nous utilisons tous une insuline produite grà¢ce au génie génétique. En effet, depuis plus de 20 ans, l'insuline humaine est produite par des bactéries OGM dans lesquelles a été inséré le gène humain de fabrication de l'insuline. Ces bactéries sont élevées en laboratoire dans des incubateurs.

On sait ensuite extraire l'insuline produite par ces bactéries et l'utiliser pour les patients diabétiques qui reçoivent des injections quotidiennes d'insuline strictement identique à ce que fait notre pancréas. C'est un grand progrès parce que, auparavant, on utilisait de l'insuline de porc que les patients finissaient par ne plus tolérer, et mourraient. C'est un exemple manifeste de l'utilité du génie génétique, réalisé dans des conditions sanitaires et de sécurité optimales.

De même, quand sur des boîtes de médicaments vous voyez écrit « protéines recombinantes », ce sont des protéines-médicament produites par le génie génétique.

Il faut bien comprendre que le CRIIGEN et ses membres ne sont pas contre les OGM en eux-mêmes mais seulement contre le mauvais usage que l'on peut en faire, et aussi contre la façon si « légère et inappropriée » avec laquelle ils sont évalués.

Le pire dans cette histoire est qu'à côté des OGM se développent des plantes mutées. Ces plantes génétiquement modifiées par des produits chimiques ou par des rayonnements ionisants ne rentrent pas dans la législation des OGM et sont cultivées sans études toxicologiques et en toute légalité, même en France. C'est ainsi qu'en France poussent en toute légalité des tournesols mutés tolérants à un herbicide, le sulfonylurée, dont aujourd'hui personne ne sait quelles conséquences ils pourront avoir sur l'environnement et la santé. Mais on sait déjà que ces plantes gorgées d'herbicides se retrouvent dans des tourteaux et produits destinés à l'alimentation animale, voire humaine. Bon appétit ! (...)

Vous trouverez les réponses complètes du Dr Joël Spiroux sur notre site.
http://www.ipsn.eu/actualites/ogm-plantes-mutees-et-hygiene-chimique-linterview-de-joel-spiroux/

Pour en savoir plus sur l'action du CRIIGEN, rendez-vous ici.

Pour soutenir leur action indépendante : rendez-vous ici.

Campagne Consommateurs pas Cobayes

140 000 personnes ont signé la campagne de « Consommateurs pas cobayes ! » qui demande un moratoire sur l'importation des OGM et du Roundup. Et vous ?

Cette pétition dénonce l'incohérence de la loi sur les OGM qui interdit leur production en France sans proscrire l'importation d'OGM. Résultat, 80 % des animaux sont nourris en partie aux OGM.

Le gouvernement a été saisi du sujet par lettre recommandée en juillet 2014, et a passé le relais à l'administration (la DGPR [2]) qui doit statuer sur le sujet. C'est le moment de montrer notre force en signant ici : www.consommateurspascobayes.com

Pour en savoir plus sur cette action, rendez-vous ici.

Bien à vous,

Augustin de Livois

PS 1 : Le programme du congrès des Herboristes est disponible ici.

Vous pouvez vous inscrire à l'événement ici.

Vous êtes herboriste, acteur de la filière ou association ? N'hésitez pas à tenir un stand ! Pour plus d'informations, contactez-nous par mail à l'adresse suivante : adelivois@ipsn.eu

PS 2 : Les inscriptions sont ouvertes pour la conférence de Luc Bodin « Soigner avec l'énergie » qui aura lieu à Louvain-la-Neuve, Place du Cardinal Mercier 10-12. La conférence débute à 19 heures. (Accueil à partir de 18 h 15).
Programme et inscriptions ici.

Sources

[1] Le tout est ce que l'on appelle une formulation.

[2] Direction Générale de la Prévention des Risques

 

Pesticides toxiques : annulation de la condamnation de l'Etat à indemniser un agriculteur

Le Monde.fr avec AFP | 06.03.2015

 http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/06/pesticides-toxiques-annulation-de-la-condamnation-de-l-etat-a-indemniser-un-agriculteur_4589054_3244.html#8wqRY3iysZPDljEj.99

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/06/pesticides-toxiques-annulation-de-la-condamnation-de-l-etat-a-indemniser-un-agriculteur_4589054_3244.html#2cQ9ctShIr4aBLPL.99

la Cour de cassation a annulé, vendredi 6 mars, la condamnation de l'Etat à indemniser un agriculteur atteint d'un cancer provoqué par des substances toxiques contenues dans des pesticides et herbicides. Elle a renvoyé le litige devant la cour d'appel de Metz, a expliqué l'avocat de la victime, à une date non encore déterminée.

Dominique Marchal, céréalier en Meurthe-et-Moselle, a développé en 2002 un syndrome myéloprolifératif, une pathologie du sang reconnue comme maladie professionnelle en 2006 par le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Epinal. L'Etat, à travers son fonds de garantie, avait été condamné en avril 2012 par la commission d'indemnisation des victimes d'infractions d'Epinal à dédommager l'agriculteur.

La décision avait été confirmée l'année suivante par la cour d'appel de Nancy, qui soulignait les fautes des fabricants de produits phytosanitaires. L'avocat du plaignant, François Lafforgue, avait à l'époque expliqué qu'il s'agissait de la première condamnation de ce type en France.

Mais, saisie d'un pourvoi formé l'Etat, la Cour de cassation a annulé la décision en considérant la nouvelle réglementation réputée « plus douce », après l'abrogation en 2001 de certaines dispositions concernant les produits phytosanitaires, devait s'appliquer, y compris aux faits antérieurs à l'évolution législative.

 

"Intérêts des fabricants de pesticides »

 

« C'est un argument qui nous paraît biaisé. Cette décision s'inscrit dans un cadre plus général de protection des intérêts des fabricants de pesticides, au détriment de la santé publique », a déploré Me Lafforgue.

En première instance, les juges avaient estimé que « dès 1982 les fabricants de produits phytopharmacologiques ne pouvaient ignorer que leurs produits contenant du benzène exposaient leurs utilisateurs au risque grave de contracter ce type de maladie ».

Une vingtaine de produits, principalement des herbicides et pesticides, commercialisés par sept fabricants, contenaient notamment du benzène, reconnu cancérigène.

Lire notre synthèse : Pesticides : risques avérés de cancers, infertilité, malformations

Anses : nouvelles responsabilités, nouveaux enjeux pour 2015

L'agence de sécurité sanitaire va se voir confier à compter de juillet 2015 la délivrance des autorisations de mise sur le marché des pesticides. L'occasion de se réorganiser pour garantir son indépendance et le suivi sur le terrain.

Comme le prévoit la loi d'avenir agricole publiée en octobre 2014, la procédure de mise sur le marché des pesticides va évoluer dans le courant de l'année 2015. A compter du 1er juillet prochain, ce n'est plus le ministère de l'Agriculture qui autorisera ou non de nouveaux produits phytosanitaires mais l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). L'Anses sera par conséquent chargée à la fois d'évaluer le risque de ces produits et de prendre la décision de mise sur le marché. Une position de juge et partie qu'elle est loin d'approuver mais avec laquelle elle va devoir composer pour l'examen de 2.000 dossiers chaque année. Selon ses promoteurs, ce transfert de compétence évitera une double instruction des dossiers "superflue et coûteuse" et source de retard du côté du ministère de l'Agriculture.

Garantir l'indépendance de l'expertise

 
Les études attendues pour 2015 Mi-2015 :
- Mortalité des abeilles
- Qualité de l'air dans les enceintes ferroviaires souterraines
- Méthodologie pour l'évaluation des risques des nanomatériaux
- Classification harmonisée (CLP) pour le dioxyde de titane (TIO2)

Fin 2015 :
- Exposition aux produits chimiques via les jouets et les articles de puériculture
- Utilisation domestique des pesticides
- Rapport d'expertise sur 6 perturbateurs endocriniens
- Rapport d'expertise sur des phtalates et des perfluorés
- Exposition des enfants aux radiofréquences
- Risques sanitaires des basses fréquences de l'éolien
- Exposition aux pesticides dans l'air
- Risques liés à la présence d'amiante dans des enrobés routiers
- Etiquetage des produits d'ameublement (COV)
- Moisissures et air intérieur
- Analyse des techniques d'épuration d'air intérieur

Après 2015 :
- Impact sanitaire des nitrates dans l'eau
- Etat des connaissances pour l'électrohypersensibilité
- Expertise sur les particules de l'air ambiant
 
"Cette nouvelle mission s'accompagne d'un défi : se doter d'une organisation interne efficace visant à concilier l'indépendance de l'expertise scientifique et la gestion des autorisations", admet Marc Mortureux, directeur général de l'Anses. Pour cela, l'Agence mise sur la création de deux directions distinctes : l'une chargée de l'évaluation des risques, l'autre chargée de la prise de décision et de la gestion des autorisations de mise sur le marché (AMM). L'Anses qui emploie actuellement une centaine de personnes, entend renforcer ses équipes de 10 équivalents temps plein.

Comme le prévoit la loi, pour prendre sa décision, "le directeur général de l'agence pourra consulter le comité de suivi des autorisations de mise sur le marché". Un décret doit définir sa composition. Par ailleurs, la loi prévoit que le ministre chargé de l'agriculture peut s'opposer à une décision de l'Anses et lui demander un nouvel examen du dossier. Objectif de cette précision ? Permettre au ministre de l'Agriculture de défendre les intérêts agricoles et les filières concernées par les interdictions de pesticides.

Centraliser les informations de terrain

Ce transfert de compétence à l'Anses s'accompagne d'une mission de surveillance accrue de l'utilisation des produits autorisés et de leurs impacts. "Nous allons nous donner les moyens de contrôle, d'inspection pour vérifier que les conditions de mise en œuvre des produits correspondent au dossier soumis", prévient Marc Mortureux. C'est dans ce cadre qu'un dispositif de phytopharmacovigilance, assurant le recueil de toutes les données disponibles sur l'impact de l'utilisation des produits, tant sur la santé humaine que la faune, la flore et les milieux de l'environnement, sera mis en place par l'Agence. Cette dernière n'a pas vocation à se déployer sur le terrain pour collecter les données. "Il s'agit plutôt de concentrer et de mieux structurer la remontée des données pour qu'elles soient cohérentes et exploitables ; et surtout de renforcer l'interprétation d'un point de vue sanitaire des données apportées par les différents dispositifs ou systèmes d'information", détaille Marc Mortureux. 2,5 millions d'euros par an y seront consacrés. Pour le directeur de l'Anses, "l'objectif est d'être proactif au niveau de l'Europe" si jamais des impacts sanitaires ou environnementaux émergent.

Traduire les engagements de l'Etat

Outre assurer la continuité des travaux des années antérieures, le programme de travail 2015 de l'Anses s'inscrit, pour une très large part, dans les objectifs des différents plans nationaux : Plan national Santé Environnement 3 (PNSE 3), Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) et la feuille de route santé-environnement faisant suite à la conférence environnementale de novembre dernier. Dans le cadre du PNSE 3 qui entre en vigueur cette année, l'Anses poursuivra ses travaux sur les perturbateurs endocriniens, les nanomatériaux, les champs électromagnétiques, les éoliennes et les infrasons, et la qualité de l'air. L'Agence entend également "participer activement" à l'élaboration du Plan santé travail 3.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 05:09

Le journal de l'environnement

Perturbateurs endocriniens: on ne peut plus dire qu’on ne sait pas

Le 05 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg

15 à 20.000 substances chimiques sont "inventées" chaque jour.
15 à 20.000 substances chimiques sont "inventées" chaque jour.
Buchet-Chastel

 

Pour la première fois, un ouvrage didactique fait le point sur notre exposition réelle à cette pollution invisible et diablement toxique.

Les lecteurs du JDLE les connaissent. Derrière cette «qualité» générique de perturbateurs endocriniens (PE) se cachent des milliers de molécules, de substances chimiques qui peuplent désormais notre corps et dérèglent notre système hormonal.

Invisibles, ils sont des constituants de notre vaisselle, de nos médicaments, de produits de beauté, d’objets en plastique, de conserves alimentaires, de vêtements, et j’en passe. En quelques décennies, les industriels producteurs ont, sans précaution ni régulation, contaminé notre environnement, notre alimentation et notre intimité. Fort logiquement, épidémiologistes et médecins constatent aujourd’hui une forte progression de maladies chroniques, de cancers, de pubertés précoces, de malformations, de diabète, d’obésité, d’autisme.

Le tout coûtant un argent fou à la collectivité.

35 millions de substances chimiques

C’est cette incroyable et véridique histoire que racontent François Veillerette (l’animateur de l’association Générations futures) et Marine Jobert (journaliste au JDLE), dans un livre nerveux et passionnant[1]. Déjà connu pour son opus sur les gaz de schiste[2], le duo ne se contente pas d’exposer un formidable problème de santé publique. Mais surtout son caractère quasi inextricable.

Depuis qu’elle a assis son développement et son confort sur la chimie, l’humanité baigne dans un univers multi-moléculaire. «L’Eawag, un institut suisse de recherche sur l’eau, a recensé 35 millions de substances chimiques disponibles. Sur ce total, l’Union européenne en réglemente 100.000, via Reach, mais ne dispose d’étude de toxicité que pour 200 produits», rappelle Marine Jobert.

A ce manque criant de connaissance s’ajoute l’inadaptation de l’expertise officielle. «L’un des problèmes posés par les perturbateurs endocriniens est que leur toxicité n’est pas forcément en rapport avec la dose reçue par un individu. D’autre part, les effets peuvent se manifester des décennies après l’exposition, voire sur la descendance de la personne contaminée. Sans oublier les possibles effets-cocktail», explique François Veillerette.

Exit Paracelse

On est loin de la dose qui fait le poison, axiome cher à Paracelse. C’est pourtant toujours ainsi que raisonnent experts patentés et autorités sanitaires. Ce qui explique en partie leur inaction. Voilà des années, par exemple, que la Commission européenne s’ingénie à ne pas juridiquement définir les perturbateurs endocriniens. Cette inaction vaut quelques ennuis judiciaires à l’exécutif communautaire.

Pour sa défense, l’exécutif communautaire est sous le feu des lobbies industriels. Ces derniers font valoir qu’il y a trop de substances à contrôler, qu’il n’y a pas forcément de substituts sains pour tout (on le voit bien avec le BPA, par exemple). Bref, bien avant la population, la première victime (de la régulation) des perturbateurs endocriniens, c’est l’industrie. D’autant, soulignent ses experts, que «rien n’est prouvé». «En la matière, s’alarme Marine Jobert, les entreprises procèdent avec les perturbateurs endocriniens comme avec le tabac ou l’amiante: elles distillent le doute. Et réussissent souvent à convaincre les autorités de ne pas tenir compte des avancées de la science, laquelle pourtant est de plus en plus formelle.»

Discrétion médiatique

Véritable mal du siècle (et pour longtemps encore), le perturbateur endocrinien fait pourtant rarement la une de la presse, fut-elle médicale. «Les effets les plus visibles des PE sont les micro-pénis des jeunes garçons ou des testicules qui ne descendent pas. Ce n’est pas assez spectaculaire», veut croire la journaliste.

Est-ce en raison de cette discrétion médiatique que le personnel politique s’intéresse aussi peu au sujet? Qui, à part des francs-tireurs comme Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Michèle Rivasi ou Jean-Louis Roumegas, veut réduire notre risque d’exposition aux perturbateurs endocriniens? Ne cherchez pas. Personne.

 



[1] Perturbateurs endocriniens, la menace invisible, par Marine Jobert et François Veillerette, Buchet-Chastel.

[2] Le vrai scandale des gaz de schiste, par Marine Jobert et François Veillerette, éditions Les liens qui libèrent

 

Dans l’UE, le coût écrasant des perturbateurs endocriniens

Le 05 mars 2015 par Romain Loury

 http://www.journaldelenvironnement.net/article/dans-l-ue-le-cout-ecrasant-des-perturbateurs-endocriniens,56305

  

Jusqu'à 2,1% du PIB européen

Jusqu'à 2,1% du PIB européen

Les perturbateurs endocriniens pourraient coûter à l’Union européenne (UE) 157 milliards d’euros par an, ont révélé jeudi 5 mars plusieurs experts mondiaux. Une estimation certes approximative, mais peut-être en-deçà de la réalité.

Disponibles en libre accès sur le site du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, les chiffres présentés jeudi au congrès annuel de l’Endocrine Society, qui se tient à San Diego (Californie), donnent le vertige: en tout, les perturbateurs endocriniens coûteraient 157 milliards d’euros à l’UE, jusqu’à 269 milliards d’euros dans l’hypothèse la plus haute. Soit de 1,2% à 2,1% du PIB européen.

D’après les experts, qui comptent les plus grands noms de la recherche sur le sujet, c’est le handicap intellectuel des enfants, lié à l’exposition in utero aux pesticides organophosphorés, qui s’avère le plus coûteux: estimé à 59.300 nouveaux cas et à la perte de 13 millions de points de QI par an en Europe, il équivaut à 146 milliards d’euros. Loin derrière, l’obésité de l’adulte, avec 53.900 nouveaux cas par an du fait des phtalates, coûterait à l’UE 15,6 milliards d’euros par an.

Les perturbateurs endocriniens entraînent par ailleurs de 19.400 à 31.200 cas de troubles de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) par an, de 126 à 631 cas d’autisme, 618.000 cas d’hommes recourant à une aide à la procréation, 42.400 cas d’obésité infantile du fait de l’exposition in utero au bisphénol A, 24.800 décès d’hommes à faible taux de testostérone, et 28.200 cas de diabète.

Un chiffre encore en-deçà à la réalité?

Les experts ne pourront pas être taxés de partialité: ils n’ont retenu que des maladies dont ils ont jugé, au vu de l’écrasante littérature scientifique, qu’elles étaient au moins probablement liés aux perturbateurs endocriniens. Laissant de côté, malgré les fortes suspicions, les cancers du sein, de la prostate et du testicule, ainsi que les problèmes d’infertilité féminine, dont la prise en compte aurait probablement abouti à des résultats encore plus élevés.

«Alors que de nombreuses enquêtes démontrent l’exposition des populations aux perturbateurs endocriniens, cette étude apporte une preuve supplémentaire de la nécessité d’une action préventive forte pour se prémunir des risques des perturbateurs endocriniens en Europe», a réagi François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures [1].

Les chiffres vont très au-delà de ceux obtenus en juin 2014 par le réseau HEAL (Health & Environment Alliance), qui avait conclu à un coût de 31 milliards d’euros pour l’UE. A la différence de ces nouveaux travaux, HEAL avait inclus les cancers hormonodépendants (sein, prostate, testicule), mais avait exclus la baisse du QI, dont le poids est écrasant.

[1] Avec la journaliste Marine Jobert, François Veillerette publie un livre sur le sujet, «Perturbateurs endocriniens: la menace invisible» (éditions Buchet/Chastel), en librairie le 12 mars.

Lacs: les cyanobactéries s’installent

Le 27 février 2015 par Romain Loury

http://www.journaldelenvironnement.net/article/lacs-les-cyanobacteries-s-installent,56035

Hausse dans 61% des lacs de plaine

Hausse dans 61% des lacs de plaine
DR

Depuis le milieu du XXème siècle, les cyanobactéries, ou «algues bleues», colonisent les lacs européens et nord-américains à un rythme accéléré. Un effet du réchauffement, mais surtout de l’usage excessif d’engrais, révèle une étude internationale publiée dans les Ecology Letters.

Ces bactéries produisent des toxines qui attaquent le foie et le système nerveux, et certaines d’entre elles auraient même un effet «perturbateur endocrinien». Selon une hypothèse encore controversée dans le milieu scientifique, l’un de ces toxines, la BMAA, serait même impliquée dans des maladies neurodégénératives, dont la maladie de Charcot.

Or les cyanobactéries sont en pleine expansion depuis plusieurs décennies, révèle un consortium de chercheurs mené par Rolfe Vinebrook, biologiste à l’université d’Alberta (Edmonton). Portant sur des sédiments de 108 lacs européens et nord-américains, leur analyse, remontant à 1800, révèle un tournant vers 1945, avec une forte hausse du taux de cyanobactéries.

Une croissance que d’autres microorganismes, dont les diatomées (microalgues inoffensives), ont connue dans une bien moindre proportion. Touchant aussi bien l’Europe que l’Amérique du Nord, la poussée des cyanobactéries concerne en premier lieu les lacs de plaine, dont 61% ont vu leur taux de cyanobactéries augmenter, contre 36% des lacs de montagne.

Les engrais devant le réchauffement

La raison en est simple: ces derniers sont plus épargnés par l’excès de nutriments provenant des engrais (nitrates, phosphates). Or l’apport en nutriments explique à lui seul 57% des changements observés dans l’ensemble des lacs, contre 21% pour le réchauffement climatique, selon l’analyse mathématique des chercheurs.

«Etant donné que l’usage d’engrais devrait doubler au cours des 30 prochaines années pour combler la demande alimentaire de la planète, nous prévoyons que la qualité de l’eau va continuer à se dégrader en matière de cyanobactéries», concluent les chercheurs. Même en devenant plus sobre, il semble peu probable que les lacs retrouvent leur état préindustriel de sitôt.

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 09:28

Interception par  Pascal Dervieux ,  Lionel Thompson le dimanche de 9h10 à 10h


Bretagne : une histoire de grains pourris


Dangers Alimentaires

Gravement intoxiqués par les pesticides, ils portent plainte

grains-de-ble1

Laurent Guillou et Stéphane Rouxel, deux anciens salariés dans l’agroalimentaire, ont été intoxiqués par des pesticides qui servaient à conserver des céréales destinés à l’alimentation du bétail.

Les deux employés, ont annoncé aujourd’hui avoir engagé une triple procédure aux Prud’hommes contre leur ancien employeur, la société Nutréa, filiale de Triskalia, le plus important groupe d’agro-alimentaire de Bretagne (4 500 salariés et 20 000 agriculteurs adhérents). Ils veulent faire condamner leur entreprise pour atteinte à leur intégrité physique et pour avoir traité des céréales avec un produit antiparasitaire, le Nuvan Total (contenant du dichlorvos), interdit depuis juin 2007.

  • Nutréa a reconnu que le Nuvan Total avait été utilisé « par erreur » en mars 2009. Elle affirme que 180 litres de ce produit avait été utilisé alors que les employés en ont compté 575 litres.
  • En 2010, lorsque le Nuvagrain fût utilisé (un produit cette fois-ci autorisé), des prélèvement sur les céréales ont révélé que la teneur en pesticides était sept fois supérieure à la dose maximale autorisée. De plus, les protections ne s’avéraient pas suffisantes, les employés ne disposaient que de masques en papier.

Pourquoi utiliser des insecticides pour conserver les céréales ?

Photo de Claude Stéfan

Laurent explique la situation : « On réceptionnait et transportait des céréales venant de hangars où elles étaient stockées. Mais, pour des raisons d’économies, la direction a décidé de ne plus faire fonctionner la ventilation dans ces hangars. Du coup, les céréales entreposées ont commencé à s’échauffer et ont été infestées de vermines, des milliards de charançons, de moucherons… C’était l’horreur. Pour pouvoir s’en débarrasser, l’entreprise a traité avec de fortes doses de pesticides. C’est comme ça que l’on a été intoxiqué ». [1]

Des conséquences à tous les niveaux

  • Les deux salariés ne sont pas les seuls intoxiqués, sur 70 employés 18 sont suivis médicalement car présentent des problèmes de santé.
  • Selon l’Office National des Forêts, il y avait une mortalité anormale d’oiseaux autour de l’entreprise, qui se seraient sûrement nourris de ces grains contaminés.
  • Des éleveurs de porcs et de volailles ont également déploré une surmortalité de leurs bêtes. Plus d’animaux sont tombés malades et des truies ont avorté, rapportent les éleveurs.
  • Nous sommes également en mesure de nous demander les conséquences sanitaires pour les consommateurs qui ont à leur tour mangé ces animaux nourris au blé de Nutréa.

Les symptômes de l’intoxication…

L’intoxication c’est manifesté par des vomissements, démangeaisons, diarrhées, saignements de nez, raideurs dans les doigts, maux de tête, douleurs au ventre, aphtes dans la bouche, problèmes respiratoires, picotements de la langue… Les deux Bretons souffrent à présent d’un syndrome d’intolérance aux solvants et aux odeurs chimiques. Stéphane Rouxel déclare ainsi ne plus pouvoir s’approcher de produits chimiques sans souffrir de brûlures.

… avec à la clé le licenciement

Après de nombreux arrêts de travail, Laurent et Stéphane se font finalement licencier pour inaptitude en juin et juillet 2011. Leur avocat, maitre François Lafforgue, déclare « on intoxique des salariés, ils tombent malades et on s’en débarrasse, c’est trop facile. Nous allons contester le licenciement pour inaptitude au conseil des prud’hommes ». Désormais chômeurs, ils sont soutenus dans leur action par l’association Générations Futures, l’union syndicale Solidaires, l’association Phyto-victimes et Attac.

Le problème des pesticides nous concerne tous

François Veillerette, porte-parole de Générations Futures explique que « toutes les populations professionnelles exposées aux produits phytosanitaires sont potentiellement victimes ». Sont ainsi non seulement exposés, les agriculteurs, mais également les dockers, douaniers, magasiniers, chauffeurs routiers, logisticiens, les ouvriers des usines de traitement du bois, les jardiniers, etc. Sans parler des fruits et des légumes que nous mangeons, l’extrait du reportage suivant montre comment les insecticides arrivent dans nos assiettes chaque jour.

Voici un extrait du reportage « Manger peut-il nuire à la santé ? » :

Faire des économies sur le stockage de céréales par des insecticides n’est pas nouveau et ne concerne pas que l’alimentation destinée aux animaux.

Vous pouvez placer le curseur sur 8:55 minutes pour voir directement la séquence sur le stockage du blé.

 

« Conséquence, on retrouve dans la farine jusqu’à 1000 fois plus de résidus d’insecticides de stockage que d’insecticides utilisés lors de la culture du blé ».

Vous pouvez voir la suite du reportage ici : Manger peut-il nuire à la santé ? – Part 3

Articles similaires :

Sources Principales :

Pesticides: "faute inexcusable" de Nutrea

Le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Saint-Brieuc a reconnu ce jeudi "la faute inexcusable" de l'entreprise Nutréa, poursuivie par deux anciens salariés victimes d'une grave intoxication par des pesticides utilisés pour traiter des céréales. Pour le tribunal, l'accident du travail dont ont été victimes Laurent Guillou, 42 ans, et Stéphane Rouxel, 48 ans, le 15 mai 2010, après l'utilisation d'un pesticide en trop grande quantité sur le site de Plouisy (Côtes-d'Armor), "est dû à la faute inexcusable de la société NNA".

Il ordonne également une expertise médicale pour évaluer le préjudice et fixer le montant de l'indemnisation des victimes. En revanche, le tribunal a jugé prescrite la demande de reconnaissance en "faute inexcusable" de l'entreprise concernant l'intoxication de ces salariés en avril 2009 par un pesticide, le Nuvan total, qui avait été interdit en juin 2006.

"Aujourd'hui, c'est la satisfaction", a déclaré à la presse Laurent Guillou. "Ils se sont comportés comme des vrais voyous" mais "les conditions de travail n'ont pas changé", a-t-il poursuivi, en notant qu'"il n'y a pas besoin de tous ces produits chimiques pour conserver les céréales". Souffrant de maux de tête, de douleurs au ventre, de saignements, de brûlures au visage et au cuir chevelu récurrents, Laurent Guillou et Stéphane Rouxel ont subi de nombreux arrêts de travail dans le cadre d'un accident du travail reconnu par la sécurité sociale.

Ils souffrent toujours, depuis cet accident, d'un syndrome d'intolérance aux solvants et aux odeurs chimiques et ont été déclarés inaptes au travail avant d'être licenciés en juin et juillet 2011 par Nutréa, filiale de la coopérative bretonne Triskalia

 

 

 

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 11:33

l'article consacré aux impacts environnementaux du maïs GM Bt sur la faune aquatique vient d'etre mis à jour sur  le site d' inf'OGM;

 

Après les puces d'eau (Daphnia magna), ce sont les écrevisses (Orconectes rusticus) qui semblent souffrir des protéines Bt (notamment Cry1Ab).
Toutes ces études mériteraient d'être confirmées...
En tout cas les évaluations réalisées par les agences gouvernementales devraient en tenir compte avant de rendre des avis favorables sur des plantes transgéniques. L'évaluation actuellement réalisée est très en dessous de ce qu'elle devrait être, au regard des nombreux signaux que les chercheurs lancent depuis des années.

 

OGM : impacts de la protéine modifiée Bt sur la faune aquatique


OGM : impacts de la protéine modifiée Bt sur la faune aquatique

Christophe NOISETTE, Eric MEUNIER, février 2015  

L’évaluation des impacts environnementaux des plantes génétiquement modifiées (PGM) qui produisent, par elles-mêmes, un insecticide Bt, s’est aussi intéressée aux animaux aquatiques. En effet, il a été montré - notamment dans les cours d’eau du Midwest étasunien [1] - que les feuilles, tiges et autres épis de maïs se retrouvaient dans les rivières et que la protéine insecticide était détectable non seulement dans ces résidus de récolte mais aussi parfois directement dans l’eau. Ainsi, comme cette protéine persiste dans les rivières pendant plusieurs mois, il était pertinent de s’intéresser à sa capacité à modifier l’écosystème aquatique.

Une première étude a été menée en 2008 par l’équipe du Pr Bohn (Centre de Biosécurité, Université de Tromso, Norvège) [2]. Cette équipe a montré que le maïs Bt avait des impacts négatifs sur les puces d’eau Daphnia magna, un arthropode couramment utilisé par les scientifiques comme animal modèle dans les études d’écotoxicologie. Après avoir répété par trois fois leur expérience, qui consistait à nourrir des puces d’eau avec du maïs GM Bt ou non GM en suspension sur l’eau, les scientifiques ont constaté que les puces nourries avec du maïs Bt avaient une aptitude physique moindre, une mortalité plus élevée, une plus faible proportion de femelles atteignant leur maturation sexuelle et une production d’œufs globalement plus faible. La toxicité du maïs, plutôt qu’une valeur nutritionnelle moindre, est privilégiée par les scientifiques du fait de la combinaison d’une aptitude physique moindre et d’une capacité de reproduction plus faible.

Plus récemment, en 2014, des chercheurs de l’Université d’État de Bowling Green (Ohio, États-Unis) ont étudié l’impact du maïs Bt (et plus précisément de la protéine insecticide Cry1Ab qui vise notamment la pyrale du maïs - Ostrinia nubilalis) sur les écrevisses de rivières, Orconectes rusticus [3]. L’étude a été réalisée en laboratoire. Les chercheurs concluent que « après huit semaines d’exposition, il n’y avait pas de différence statistiquement significative de la croissance entre les écrevisses élevées dans un milieu contenant du maïs Bt ou un maïs isogénique non transgénique. Cependant, le taux de survie était de 31% inférieur dans le lot traité au Bt en comparaison avec celui traité avec un maïs isogénique. Ces résultats suggèrent que le maïs Bt et le maïs isogénique étaient d’une valeur nutritionnelle équivalente, mais que le maïs Bt a un effet toxique sur l’écrevisse américaine lors de l’exposition de longue durée ». Les auteurs précisent cependant que leur étude mériterait d’être refaite. En effet, précisent-ils, le phénomène observé (mortalité accrue des écrevisses) l’a été sur trop peu d’individus pour que ces résultats soient statistiquement significatifs. Interrogé par Inf’OGM, Jean-Marc Roussel, chercheur à l’Inra de Rennes, souligne que »cette faiblesse ne semble pas discutée par les auteurs, ce qui aurait pu être exigé par l’éditeur avant publication. C’est un écart assez courant, cependant, dans les journaux de cette catégorie, que de surestimer la portée de résultats basés sur un plan d’expériences peu robuste".

Un nouveau résultat qui montre que l’évaluation des plantes Bt a encore de beaux jours devant elle... Si cette étude est à utiliser avec précautions, elle n’en est pas moins un signal de plus d’un possible effet toxique sur les animaux non cibles de l’insecticide Bt tel que produit par un maïs transgénique.

[2« Reduced Fitness of Daphnia magna Fed a Bt-Transgenic Maize Variety », Bohn T. et al., Archives of Environmental Contamination and Toxicology, mars 2008

[3Linn, M.D., Moore, P.A., « The effects of Bt corn on rusty crayfish (Orconectes rusticus) growth and survival », Arch Environ Contam Toxicol 2014 Oct 8 ;67(3):436-43

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 09:01

  

Insolite au Sénat. Joël Labbé tombe la cravate pour montrer sa colère

 
Entorse majeure aux codes du Sénat, le sénateur du Morbihan Joël Labbé a tombé la cravate pour répondre aux ricanements et au rejet de sa résolution sur les insecticides.

 

En colère après le rejet par ses collègues de sa résolution en faveur de l’interdiction d’insecticides mortels pour les abeilles, Joël Labbé, ancien maire de Saint-Nolff et désormais sénateur du Morbihan a tombé la cravate en pleine séance, ce mercredi 4 février. Une entorse majeure au protocole, qui impose son port au Sénat !

"Je ne remettrai plus de cravate ici"

Une manière de manifester son mécontement après le vote des autres sénateurs mais également de réagir à leurs ricanements. "J'espérais qu'un avis de sagesse serait donné à l'assemblée des sages. Et je l'espère encore... Je vous respecte mais l'esprit de cette maison commence à me déranger. La cravate est obligatoire ici. J'ai fait l'effort de la porter. Maintenant je ne suis plus dans l'esprit. Alors la cravate je vais la tomber. Et je ne la remettrai plus."

En revanche, le sénateur morbihannais Joël Labbé, connu pour son attitude et son look rock'n'roll, n'a pas retiré les bagues qui ont fait sa réputation !

TERRITOIRE DE LA LOUVE SOLITAIRE

un blog qui parle d'écologie, de sports, musique, politique, plongée….

Pesticides Nicotinoïdes/ Sénat / Vote des sénateurs contre l’interdiction de ces poisons..

Scrutin n° 92 – séance du 4 février 2015

Sur l’ensemble de la proposition de résolution relative à la préservation des insectes pollinisateurs, de l’environnement et de la santé et à un moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes présentée, en application de l’article 34-1 de la Constitution

http://www.senat.fr/scrutin-public/2014/scr2014-92.html

N’écoutant que leurs propres intérêts et ceux des lobbys producteurs de l’agro-chimie, la majorité des sénateurs( -trices )  a voté contre le moratoire ( donc contre l’interdiction de ces pesticides ) : 248 votes contre pour 64 pour … Voir le détail des votes ( qui sont nominatifs ) … 64 sénateurs(-trices ) intègres seulement….. On voit où passent nos impôts..

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Payés ( grassement ) par les citoyens mais aussi semble-t-il,  payés par les industriels qui produisent ces pesticides…..

Pour info, ces pesticides de la famille des nicotinoïdes sont un danger pour la biodiversité ( abeilles, oiseaux ) , et pour la santé publique ( les études montrent qu’ils portent atteinte au développement du système nerveux des mammifères ( et comme vous le savez , nous sommes des mammifères ) et qu’ils sont perturbateurs endocriniens..( http://www.cancer-environnement.fr/274-Perturbateurs-endocriniens.ce.aspx )

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Mais les votes sont nominatifs donc vous pouvez savoir ce que chaque sénateur et chaque sénatrice a voté ………. Chacun de nous peut les interpeler par mail..n’hésitez pas …

Moi , je vais commencer par le sénateur P. Kaltenbach ( ancien maire de Clamart ) , je sens qu’il va apprécier….

http://www.lafranceagricole.fr/images/global/header.pngNéonicotinoïdes

Vote du Sénat contre la proposition de résolution sur un moratoire

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/neonicotinoides-vote-du-senat-contre-la-proposition-de-resolution-sur-un-moratoire-99730.html

 

Publié le mercredi 04 février 2015 - 17h25

  Le mercredi 4 février, les sénateurs ont voté contre (à 248 voix contre et 64 pour) la proposition de résolution n° 643 initiée par Joêl Labbé (du groupe écologiste), « relative à la préservation des insectes pollinisateurs, de l'environnement et de la santé et à un moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes ».

 

En 2013, trois substances de cette famille d'insecticide (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxam) ont été provisoirement interdites pour une durée de deux ans sur les cultures de maïs, colza, tournesol, coton et céréales à paille semées au printemps. Cette interdiction faisait suite à un avis de l'Efsa, reconnaissant la dangerosité de ces substances pour les abeilles.

 

F.M.


 


En savoir plus sur http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/neonicotinoides-vote-du-senat-contre-la-proposition-de-resolution-sur-un-moratoire-99730.html#gUJBzBrs1ZiT0VFf.99
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 09:37


 

 

/// cyber @ction N° 680: interdiction des néonicotinoïdes


http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/interdiction-neonicotinoides-907.html


Les sénateurs doivent examiner, le 4 février en soirée, la proposition de moratoire sur les pesticides de la famille des néonicotinoïdes, portée par le sénateur écologiste Joël Labbé. Si le texte était adopté, il faudrait encore que le gouvernement le relaie auprès de Bruxelles. Par ailleurs, le ministère de l'Agriculture a présenté le 30 janvier un plan "Ecophyto 2" repoussant à 2025 l'objectif de réduire les pesticides de 50%.

Bannir ces « poisons »

L’élu (EE-LV) du Morbihan soumettra à la Haute assemblée, le 4 février, une résolution proposant un moratoire européen sur les néonicotinoïdes, insecticides associés à l’effondrement des colonies d’abeilles(1). Ces pesticides sont aussi très toxiques pour la faune des sols, dont le « camarade » ver de terre, cet inlassable laboureur dont le ministre de l’Agriculture faisait l’éloge, le 27 novembre dernier. Une telle mesure nécessiterait l’intervention du gouvernement français auprès de la Commission européenne. Bruxelles a restreint, en 2013, l’usage de trois molécules. Joël Labbé, à l’origine de la loi de février 2014 proscrivant les pesticides dans les espaces publics à compter de fin 2016), appelle aujourd’hui au bannissement pur et simple des « poisons » que sont l’ensemble des néonicotinoïdes. Il y a vingt ans, après un parcours de 500 km en voiture, le pare-brise était maculé d’insectes. Ce n’est plus le cas : c’est le symptôme dramatique de la perte de biodiversité, explique le sénateur.
 
Une contamination généralisée

Introduits en France en 1994, les néonicotinoïdes, sont aujourd’hui présents « dans tous les compartiments de l’environnement : sol, eau et air », relève la proposition de résolution, déposée le 19 juin 2014(2). Ces toxiques très persistants dans les milieux ont chroniquement intoxiqué les abeilles et autres insectes pollinisateurs – à l’origine de 35 % de la production mondiale de nourriture, souligne le texte signé par 53 élus de tous bords. En Italie, l’abandon des néonicotinoïdes a fait baisser de moitié de la mortalité des abeilles en trois ans – sans que ne chute le rendement des cultures de maïs, note la résolution soutenue par des organisations syndicales et environnementalistes(3).
 
Menace sanitaire

Le texte se réfère aux récentes études de l’Autorité européenne de la sécurité des aliments, soupçonnant deux néonicotinoïdes d’altérer le développement du système nerveux humain, et de l’Agence pour la protection de l’environnement des Etats-Unis, classant un autre néonicotinoïde comme cancérigène probable. Menace directe pour les agriculteurs qui les appliquent, les néonicotinoïdes sont présents à l’état de résidus sur la plupart des fruits et légumes, affirme Générations futures. François Veillerette, président de cette association ainsi que du Pesticide Action Network européen, espère pouvoir s’appuyer sur la résolution française pour inciter les parlements voisins à reprendre la démarche.


Nous vous invitons à interpeller d'urgence les sénateurs de votre département pour éviter que les groupes de pression de l'agriculture productiviste n'obtiennent le rejet de cette recommandation.
 

PÉTITION pour un moratoire visant à stopper les pesticides tueurs d'abeilles !


Cher-es ami-es,

Cinquante-cinq sénateurs, de toutes tendances politiques confondues, ont déposé une proposition de résolution réclamant au Gouvernement d'agir rapidement auprès de l'Union européenne pour obtenir un moratoire afin interdire les pesticides de la famille des néonicotinoïdes.

Nous avons très peu de temps pour agir et interpeller tous les sénateurs : un vote interviendra mercredi 4 février vers 15h.

http://sauvonslesabeilles.agirpourlenvironnement.org/
Ces produits, très utilisés en grande culture, agissent sur le système nerveux central des insectes.
Chaque année, plusieurs millions d'abeilles (et plus encore de pollinisateurs sauvages) meurent à la suite de l'épandage de pesticides de la famille des néonicotinoïdes. En France, 30 % des colonies sont ainsi menacées.
L'effondrement des colonies d'abeilles est une menace considérable. En effet, la quasi-totalité des écosystèmes vivants dépend directement ou indirectement de la pollinisation.
Si tant est que l'on puisse quantifier la valeur monétaire d'une abeille, certaines études estiment que la valeur économique de la pollinisation avoisine les 153 milliards d'euros par an. Environ 35% de la production mondiale de nourriture est liée aux insectes pollinisateurs.
L'usage des néonicotinoïdes est d'autant plus indéfendable que des alternatives efficaces existent, comme le prouvent dans la durée les utilisateurs de préparations naturelles et les agriculteurs biologiques.
Malgré une décision de la Commission Européenne d'interdire la mise sur le marché des semences traitées avec ces produits :
  • les céréales d'hiver peuvent encore être enrobées d'insecticides néonicotinoïdes ;
  • Les traitements par pulvérisation après floraison sont également exclus du règlement européen.
  • la décision de la Commission européenne ne concerne que trois molécules, oubliant un peu vite les effets de deux autres molécules, pourtant considérées comme des perturbateurs endocriniens.
En France, rien que pour les céréales à paille, plus de deux millions d'hectares sont traités avec l'imidaclopride, qui peut aussi avoir une incidence sur le développement du système nerveux humain. Or, les semis d'automne s'effectuent à la période critique où les abeilles constituent des provisions.
Sans mobilisation massive, il est à craindre que les groupes de pression soutenant l'agriculture productiviste obtiennent le rejet de cette résolution.
Interpellez le sénateur de votre département maintenant !
 
 

Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé.★ - Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue.

Stéphen, Martin, Mickaël, Julie, Benjamin et toute l'équipe d'Agir pour l'Environnement.
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Ecophyto : report de l'objectif de réduction de 50% de l'usage des pesticides à 2025

Stéphane Le Foll a annoncé le report de l'objectif initial d'Ecophyto. Il entend inscrire le plan dans la perspective de l'agro-écologie. La diffusion des bonnes pratiques et la contractualisation sont les outils retenus pour sa mise en œuvre.

Il faut maintenir l'objectif du plan Ecophyto et "recentrer le calendrier", c'est-à-dire viser une réduction de 20% l'usage de pesticides à l'horizon 2020 et de 50% d'ici 2025. Telle est la principale annonce de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, à l'occasion de la présentation du nouveau plan Ecophyto, ce vendredi 30 janvier dans le cadre de la conférence nationale "2015 : l'An 1 de l'agro-écologie". Le ministre est par ailleurs revenu sur l'agro-écologie, rappelant l'ensemble des mesures prises pour "créer un nouveau paradigme" qui concilierait les enjeux économiques et écologiques. A ce sujet, le ministre a expliqué ne pas vouloir "dissocier les deux [enjeux] car on n'y arrivera pas". Pour parvenir à cet objectif, Stéphane Le Foll entend "diffuser et généraliser les bonnes pratique".

Pour rappel, le premier plan Ecophyto avait pour ambition de réduire de 50% "si possible" l'usage des pesticides d'ici à 2018. En juillet 2012, le ministre avait annoncé aux sénateurs de la mission commune d'information sur les pesticides que "la France n'atteindra pas l'objectif ambitieux de baisser de 50% la consommation de pesticides à 2018". L'augmentation de 9,2% entre 2012 et 2013 de l'utilisation des produits phytosanitaires dans les zones agricoles est venue confirmer l'échec annoncé. Depuis la fin 2012, le ministre plaide pour réorienter le plan Ecophyto  afin d'encourager de nouvelles pratiques agro-écologiques .

Nouveaux financements et Cepp précisés

"Le plan Ecophyto s'inscrit dans une démarche systémique d'agro-écologie" explique le ministre qui veut "créer une nouvelle dynamique" au cœur de l'agro-écologique. Selon lui, l'échec enregistré jusqu'à maintenant est dû à des objectifs fixés sans réflexion sur le modèle agricole. Le nouveau modèle d'agro-écologie, défendu par le ministère de l'Agriculture, doit permettre ce changement indispensable au succès d'Ecophyto. Pour y parvenir, le ministre insiste particulièrement sur l'amplification de la diffusion des bonnes pratiques. Par ailleurs, pour atteindre le nouvel objectif Ecophyto, il annonce de nouvelles mesures inspirées des préconisations du rapport du député Dominique Potier .

Sur le plan financier, l'enveloppe de 40 millions d'euros sera augmentée de 30 millions supplémentaires. Cette somme sera financée par un élargissement des taxes sur les produits phytosanitaires. Reste que l'effort financier correspond à la moitié des besoins identifiés par Dominique Potier. Ce dernier estimait les besoins de financement direct du plan Ecophyto à "au minimum à 100 millions d'euros", soit une augmentation nécessaire de 60 millions.

Le ministre a aussi apporté quelques détails sur la mise en œuvre des certificats d'économie de produits phytosanitaires (Cepp). Conformément aux recommandations de la mission chargée de définir les modalités pratiques de fonctionnement du dispositif , le ministre a annoncé la mise en œuvre d'une expérimentation sur cinq ans, entre 2016 et 2020. L'objectif retenu est une baisse de 20% du nombre de doses unités (Nodu), l'indicateur utilisé dans le cadre d'Ecophyto pour suivre l'évolution des pratiques agricoles. Pour réduire la vente de produits phytosanitaires exprimée en terme de Nodu, les distributeurs pourront développer une série d'actions en matière de conseil, d'équipement de précision ou encore de promotion du biocontrôle. "Chaque action vaut une diminution de Nodu", explique le ministre. A l'échéance, les distributeurs ayant dépassé leur objectif pourront céder leur réduction de Nodu excédentaire aux distributeurs n'ayant pas atteint leur objectif. Conformément à la recommandation de la mission, la pénalité financière est fixée à 11 euros par Nodu excédentaire par rapport à l'objectif fixé. "Un groupe va caller le dispositif", annonce le ministre, qui souhaite, grâce à de tels dispositifs "passer de la norme au contrat".

Quant aux fermes Dephy, le but fixé est de les multiplier par un "facteur 10", conformément à la recommandation du rapport Potier. L'objectif est d'atteindre 3.000 fermes Dephy, "chacune entraînant dix exploitations autour d'elle", soit un total de 30.000 exploitations concernées.

Par ailleurs, le ministre est revenu sur plusieurs points du dispositif Ecophyto qui seront précisés ultérieurement. Tout d'abord, un appel à projets sur la réduction de l'usage des produits phytosanitaires sera lancé conjointement avec le ministère de l'Ecologie. Le ministre compte aussi décloisonner l'étude des impacts sectoriels grâce à une "vigie des impacts à 360°", c'est-à-dire un outil qui offre une vision globale "liant les usages et les impacts". Un référentiel de la protection intégrée sera élaboré, puis décliné par filière et aux échelons national et régional. Les projets collectifs de réduction de l'usage des pesticides seront soutenus "à l'échelle des territoires et au sein des filières". L'étude d'un "mécanisme de couverture des risques liés à l'adoption de nouvelles techniques" sera lancée. Enfin, l'agro-écologie tropicale reste à construire avec les Outre-mer. L'objectif est d'"éviter d'arriver dans une impasse écologique, économique et sociale", comme ce fut le cas avec le chlordécone.

         

Pévision du plan Ecophyto sur l’usage des pesticides : Il n’est pas question de recommencer tous les 10 ans !

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Révision du plan Ecophyto sur l’usage des pesticides : Il n’est pas question de recommencer tous les 10 ans !

Echec du plan Ecophyto 2018. Les résultats sont là, sans appel. Le rapport Potier[1] en est le constat. Ce rapport, pour lequel GF fut auditionné et présenté en décembre, a le mérite de présenter un certain nombre de mesures intéressantes, reprises à son compte ce jour par le Ministre de l’agriculture, S Le Foll lors du CNOS présentant la V2 du plan Ecophyto. Cette révision du plan était évidemment nécessaire car le constat d’échec du plan était patent, comme l’atteste les mauvais chiffres, année après année, portant sur l’objectif de réduction de l’usage des pesticides[2], échec enfin admis même si ce ne fut pas toujours le cas[3].

Les grands axes de la révision. Pour M. Le Foll, il faut notamment mettre l’accent sur l’optimisation du matériel et le soutien au biocontrôle. Avec ces premières mesures (que de nombreux agriculteurs ont déjà prises depuis 10 ans ….) qui misent sur du matériel plus performant, plus précis (avec des systèmes de buses anti dispersion par exemple), la réduction se fera à la marge, de quelques pourcentage, mais au final cela maintien l’agriculteur dans un système dépendant aux pesticides. La « couche » supplémentaire réside dans le développement et le soutien aux produits de biocontrole. Avec ces produits, dont il faudra finement contrôler les risques et impacts sanitaires/environnementaux, la réduction nous amènera aux alentours 20-25%. Le bémol reste qu’un produit de synthèse ne se remplace pas par un produit biocontrôle sans penser à l’évolution du système de culture en profondeur ! Donc, si on veut vraiment faire évoluer le système, et atteindre cet objectif de 50%, il faudra tout mettre en œuvre pour contraindre et accompagner les filières vers des systèmes, réellement alternatifs. C’est là que les vraies difficultés se font jour !

Maintenir le cap et ne pas faiblir ! Pour obtenir des résultats positifs, il faudra réellement appliquer et valoriser certaines des mesures mises en avant dans le rapport Potier comme celles qui mise sur l’évolution des systèmes de culture (eh oui il faudra faire de l’agronomie avant de faire de la chimie…), le développement de l’Agriculture Biologique ( avec + de moyens + de soutien à la conversion) et récompenser les plus vertueux tout en sanctionnant les autres notamment avec les certificats d’économie de pesticides avec un objectif contraignant pour les distributeurs (il faudra bien prendre garde que ce dispositif ne soit pas être dévoyé comme cela est parfois le cas avec les certificats d’économie d’énergie). Il sera aussi essentiel de vraiment pousser fort sur la formation (initiale et continue) à des modes de cultures alternatives, et renforcer le transfert des connaissances entre la recherche et les acteurs de terrain, sans quoi les blocages perdureront. Surtout il sera urgent de ne pas plier à la moindre pression du lobby agricole et agroalimentaire dominant.

« Aujourd’hui la grande culture représente à elle seule 70% des usage de pesticides, la viticulture 20%  de ces usages. Avec 2 types de cultures nous avons près de 90% de tous les usages de pesticides. Si on travaille efficacement sur ces cultures, l’effet positif pourrait se faire sentir rapidement. Sur la grande culture, dans de nombreux domaines, la recherche a déjà produit des effets comme le prouve des recherches réalisés en Picardie/Normandie qui montrent que lorsque des fermes tentent le défi, elles ne perdent pas en rentabilité. 4 Années sur 5 les exploitations sont même plus rentables ! Tout cela rendu possible par l’accompagnement de techniciens formés à ces techniques alternatives ».  déclare F. Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « Il n’est plus temps d’attendre. Il n’est pas question que dans 10 ans on refasse le constat de l’échec et qu’on reparte à zéro avec un nouveau plan qui reculerait encore l’objectif de réduction. Le système actuel est à bout de souffle, tous les signaux sont aux rouges (pollution des eaux, de l’air, perte en biodiversité, impacts sanitaires avérés….). Il n’est en effet plus temps de tergiverser mais bien d’agir. Des agriculteurs conventionnels ont déjà décidés de dire stop avec le soutien de leur coop. Bien sûr le cheminement est long mais au bout du compte, chacun y gagne contrairement au système actuel qui ne profite qu’à quelques-uns. Gageons que d’autres suivront et qu’ils seront pour cela récompensés et fortement soutenus. Nous y veillerons scrupuleusement. » conclut-il.

La presse en parle

Tout les documents du ministère de l’Agriculture sur le plan Ecophyto V2 – An 1 de l’Agro-ecoogie

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 10:50
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Pesticides: la Fondation Hulot veut des mesures sur les néonicotinoïdes

La Fondation Nicolas Hulot (FNH) a réclamé mardi, à trois jours de la présentation d'un nouveau plan de réduction des pesticides, des mesures sur les insecticides néonicotinoïdes, directement mis en cause dans la surmortalité des abeilles.

"En ouverture de la conférence environnementale, François Hollande s'est engagé à ce que la France aille plus loin sur les néonicotinoïdes: le nouveau plan Ecophyto ne doit pas seulement rappeler cet engagement mais dire comment y arriver et selon quel calendrier", a déclaré Matthieu Orphelin, porte-parole de la FNH, lors d'une conférence de presse.

En 2013, trois substances néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) ont été provisoirement interdites au niveau européen pour deux ans pour certaines cultures (maïs, colza, tournesol et coton).

Mais d'autres molécules néonicotinoïdes restent autorisées et l'interdiction ne concerne pas les céréales d'hiver.

Ce moratoire avait été décidé à la suite d'un avis de l'agence européenne sanitaire (Efsa) en janvier 2013 qui avait reconnu que certains néonicotinoïdes étaient dangereux pour les abeilles, dont les taux de mortalité sont en forte hausse (30%).

"Le gouvernement français doit prendre une initiative au niveau national et au niveau européen pour aller vers une interdiction de tous les néonicotinoïdes", souhaite la Fondation Hulot.

Stéphane le Foll, le ministre de l'Agriculture doit présenter vendredi un nouveau plan visant à réduire l'usage des pesticides en France, suite au constat d'échec du plan Ecophyto en cours.

Ecophyto avait pour ambition de réduire, entre 2008 et 2018, de 50% le volume de pesticides utilisé en France, qui est de l'ordre de 100.000 tonnes.

Les dernières chiffres officiels font état d'une hausse moyenne de 5% en 2009 et 2013.

Selon FNH, le nouveau plan devrait a priori maintenir l'objectif d'une réduction de 50% mais en allongeant le délai à 2025, avec un palier de moins 25% en 2020, toujours par rapport à 2008.

Le plan comportera des mesures pour favoriser le biocontrôle (protection des végétaux par des mécanismes naturels), les agro-équipements (utilisation de GPS, de drones, etc. pour optimiser l'utilisation de pesticides), ou l'extension du réseau de fermes DEPHY (3.000 fermes engagées dans des mesures de réduction).

La Fondation Hulot estime aussi qu'il faudrait stimuler la demande de produits locaux de qualité via la restauration collective scolaire, qui représente 8 millions de repas par jour, pour inciter les agriculteurs à se tourner vers de pratiques utilisant moins de pesticides.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 Agence France-Presse. »


 
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 10:09
 

 http://recherche2.assemblee-nationale.fr/commun/images/bandeau_question.jpg

14ème législature

Question N° : 60550 de M. Pierre Morel-A-L'Huissier ( Union pour un Mouvement Populaire - Lozère ) Question écrite
Ministère interrogé > Agriculture, agroalimentaire et forêt Ministère attributaire > Agriculture, agroalimentaire et forêt
Rubrique > produits dangereux Tête d'analyse > produits phytosanitaires Analyse > round up. OGM. perspectives
Question publiée au JO le : 15/07/2014 page : 5928
Réponse publiée au JO le : 09/12/2014 page : 10226
Date de changement d'attribution : 27/08/2014
Date de renouvellement : 21/10/2014

Texte de la question

M. Pierre Morel-A-L'Huissier attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, sur l'étude effectuée par le professeur Gilles-Eric Séralini et les conclusions analogues du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique tendant à démontrer la toxicité du « round up » ainsi que les effets nocifs des OGM. Il souhaiterait savoir quelles sont les intentions du Gouvernement à ce sujet.

Texte de la réponse

L'étude conduite par le professeur Gilles-Eric Séralini sur le maïs génétiquement modifié NK603 et l'herbicide Roundup, a été publiée une première fois en 2012. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et le haut conseil des biotechnologies (HCB), saisis par le Gouvernement, avaient alors conclu que les résultats de l'étude ne sont pas de nature à remettre en cause les précédentes évaluations sanitaires de ces produits en raison de biais importants dans le protocole et dans l'analyse des données. Par ailleurs, l'Anses avait recommandé d'engager des recherches sur les effets à long terme de la consommation des organismes génétiquement modifiés (OGM) et des pesticides, sur la base de protocoles précis. L'évaluation conduite en parallèle par l'autorité européenne de sécurité des aliments a confirmé l'évaluation nationale. L'étude a ensuite été retirée de la publication par la revue, puis republiée récemment dans une autre revue. L'Anses a été à nouveau saisie afin de déterminer si cette nouvelle publication est susceptible de modifier les conclusions émises précédemment par l'Anses sur l'étude. S'agissant de l'évaluation des effets à long terme de la consommation des OGM, deux projets de recherche ont été engagés, l'un au niveau européen et l'autre au niveau national. Le premier projet, financé par la Commission européenne, vise à étudier la valeur ajoutée des études de toxicité à long terme sur animaux pour l'évaluation des OGM. Dans ce cadre, une étude de toxicité de deux ans sera conduite sur des rats nourris avec du maïs NK603. Le second projet, financé par le ministère chargé de l'écologie, vise à optimiser le potentiel prédictif des études de toxicité subchronique de 90 jours sur rats. Il est piloté par l'institut national de la recherche agronomique. S'agissant de l'évaluation de la toxicité des produits à base de glyphosate, dont les produits de la famille RoundUp, le glyphosate a été approuvé au niveau européen en 2002 au terme d'une évaluation des risques complète et répondant aux standards réglementaires européens. Les produits à base de glyphosate ne peuvent être autorisés au niveau français que sur la base d'une évaluation du risque acceptable par l'Anses, sur la base de critères également harmonisés au niveau européen. L'évaluation par l'Anses de la première étude publiée par le professeur Séralini n'a remis en cause ni l'approbation européenne de la substance active, ni les autorisations nationales de mise sur le marché pour cette famille de produits. Le renouvellement du glyphosate est en cours au niveau européen. Les autorités allemandes, en tant qu'État membre rapporteur, appuyées par la Slovaquie en tant que co-rapporteur ont fourni une première évaluation favorable du dossier mis à jour selon les connaissances scientifiques actuelles, y compris l'analyse de la littérature scientifique publiée dans des revues à comité de lecture. Les autorités françaises suivront attentivement la relecture de l'évaluation allemande par les pairs européens.
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