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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 04:04

mardi 9 juin 2015

09/06/2015...La constatation d'une intoxication massive à l'aluminium d'une colonie de bourdons confirme que la pollution généralisée de la nature par l’aluminium peut être un des facteurs importants du déclin des abeilles dans le monde.

09:31

Dans un nouvelle étude ,publiée dans la revue PLOS one, des chercheurs ont constaté que la contamination d'une colonie d'abeille à l'aluminium peut contribuer à la diminution de sa population

L'aluminium est l'un des produits toxiques les plus répandu dans le monde. il est connu pour être relié à de nombreuses hécatombes de poissons dans les lacs, le dépérissement des forêts dans les bassins pauvres en éléments nutritifs et à la faible productivité des cultures dans les sols sulfatés acides.

Les chercheurs pensent que la pollution généralisée de la nature par ce métal peut également jouer un rôle dans le déclin des abeilles.

Dans cette dernière étude, les chercheurs ont recueilli des larves dans des colonies de bourdons sauvages. Ces nymphes ont ensuite été examinés pour tenter de retrouver des traces d'aluminium. A leur grande surprise les scientifiques ont constaté que les nymphes étaient fortement contaminées, avec des niveaux individuels allant de 13 à près de 200 ppm. Pour information une valeur de 3 ppm serait considérée comme potentiellement pathologique dans un tissu cérébral humain.

Leur étude démontre que les bourdons étudiés et nourris exclusivement de leur cueillettes naturelles de pollens quotidiennes ont été très largement contaminé à l'aluminium et ont souffert de cette contamination.

"Il est largement admis qu'un certain nombre de facteurs en interaction sont susceptibles d'être impliqués dans le déclin des abeilles et autres pollinisateurs; l'absence de fleurs, les attaques de parasites, et l'exposition à des cocktails de pesticides, par exemple», a déclaré Chris Exley, une sommité sur l'exposition humaine à l'aluminium. Cette étude vient en ajouter un autre, l'intoxication à l'aluminium"

"Une intoxication à l'aluminium, qui est un neurotoxique connu, affecte gravement le comportement humain ou animal en déclenchant des maladies neurodégénératives, chez l'humain la maladie d'Alzheimer est l'une des plus connue d'entre elles."

"Avec cette nouvelle étude on peut imaginer que les Abeilles intoxiquées qui comptent beaucoup sur leurs fonctions cognitives dans leur comportement quotidien soient désormais atteintes de dysfonctionnements induits par la forte présence de l'aluminium dans leurs corps et que cela doit forcément jouer un rôle majeur dans le déclin de leurs populations à travers le monde."

L'étude est consultable ici ( en Anglais)


© Nature Alerte

Abeilles: l’aluminium aussi impliqué?

Le 09 juin 2015 par Romain Loury

Risques & Santé, Air industriel, Sites & Sols, Faune et flore, Produits, Biodiversité

Nouvelle menace sur les abeilles?
DR

Au-delà des néonicotinoïdes, les insectes pollinisateurs seraient-ils aussi malades de l’aluminium? Selon une étude britannique publiée dans la revue PLoS ONE, ce métal lourd, aux effets neurotoxiques, serait présent en abondance dans leur organisme, et pourrait en partie expliquer leur surmortalité.

Entre autres sources anthropiques d’aluminium, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) évoque, dans une fiche consacrée à ce métal lourd, sa production industrielle, l’industrie minière, l’agriculture, la combustion du charbon, les fonderies et les échappements des automobiles.

Pourtant, difficile d’en savoir plus sur la contamination environnementale, ce métal lourd, que l’on retrouve dans les pluies acides, n’étant pas réglementé. Contactés par le JDLE, ni Airparif, ni Air Rhône-Alpes, ni l’Ineris n’ont pu fournir de données à ce sujet.

L’équipe de David Goulson, biologiste à l’université du Sussex à Brighton, s’est intéressée à sa présence chez les bourdons, qui comme d’autres pollinisateurs dont les abeilles, connaissent ces dernières années une forte surmortalité. A l’origine de leur curiosité, le fait que l’aluminium soit, comme les néonicotinoïdes, un neurotoxique, et qu’il a même été impliqué dans la maladie d’Alzheimer. Or des études ont montré sa présence dans le nectar et le pollen des fleurs.

Jusqu’à 20% du poids sec!

Les chercheurs ont dosé l’aluminium dans 72 pupes (stade intermédiaire entre la larve et l’adulte) issues de 20 colonies de bourdons implantées dans divers sites du Sussex de l’Est. Résultat: le métal y était présent à des teneurs allant de 13,4 à 193,4 microgrammes par gramme de poids sec, sans différence entre les sites urbains et ruraux.

Les chercheurs n’ont pas trouvé de lien entre la santé de la colonie et son imprégnation par l’aluminium, mais le poids de la pupe était lié à sa teneur en aluminium. S’ils reconnaissent qu’il est difficile de conclure en l’état, vu la faible taille de l’étude, les chercheurs s’étonnent d’une telle contamination, à «des niveaux d’un ordre de grandeur plus élevé que ceux nocifs pour l’homme».

«Les colonies d’abeilles sont très dépendantes de la capacité de leurs membres à apprendre, à s’orienter et à voler sur de longues distances au cours du butinage: on peut donc s’attendre à ce qu’elles soient particulièrement sensibles aux effets neurotoxiques», expliquent les chercheurs.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 08:05

OPÉRATION "VIGILANCE 2015"
Nous croyons que votre souris a du pouvoir mais nous sommes aussi persuadés que notre porte monnaie a du pouvoir.

Parallèlement aux cyber @ctions mises en place sur le sujet dans le cadre de l'opération "Poison d'avril", nous avons donc décidé de répertorier les magasins pour faire connaître ceux qui vendent du round up et ceux qui n'en vendent.

Nous vous proposons :
de vous rendre dans les rayons jardineries des magasins proches de chez vous ou dans les rayon jardinage des supermarchés,
de signaler ceux qui vendent du roundup, en nous donnant un maximum d’informations pour contacter ce magasin : adresse, téléphone, adresse électronique, adresse de la page contact de leur site.
Et ceux qui n'en vendent pas pour encourager aux bonnes pratiques

Pour participer à cette opération cliquer ici
http://www.cyberacteurs.org/vigilance/index.php


Dans un deuxième temps, nous proposerons à tout un chacun de contacter ces magasins pour leur demander le retrait de ces poisons.

revue de presse pesticides

La Colombie interdit l'épandage de Roundup
http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/26671/colombie-interdit-lepandage-de-roundup

La Wallonie veut la fin du Roundup
http://www.lesoir.be/894588/article/demain-terre/environnement/2015-06-01/wallonie-veut-fin-du-roundup


Le Salvador bannit le Roundup de Monsanto et connaît des récoltes records
http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/24916/salvador-bannit-roundup-de-monsanto-connait-des-recoltes-records

Une étude des professeurs Charles Sultan et Nicolas Kalfa du Centre hospitalier régional de Montpellier (CHRU), publiée dans la revue European Urology, a mis en évidence le lien entre exposition des parents aux pesticides, polluants ou perturbateurs endocriniens et malformations génitales chez l'enfant.
http://www.vedura.fr/actualite/8675-polluants-pesticides-responsables-malformations-genitales-enfants


Hyperactivité chez l'enfant : les pesticides mis en cause
http://www.topsante.com/maman-et-enfant/enfants/sante-des-enfants/hyperactivite-chez-l-enfant-les-pesticides-mis-en-cause-250389

Rappel des dernières Cyber @ctions sur le sujet

N° 695: pour aider Vilmorin à retirer le glyphosate de ses rayons
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/aider-vilmorin-retirer-glyphosate-933.html

N° 694: Pour un décret interdisant l'usage du glyphosate.
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/decret-interdisant-usage-glypho
sat-932.html

N° 688: Nutréa-Triskalia planète positive aux pesticides ?
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/nutrea-triskalia-planete-positive-p-920.html

N° 707: InVivo doit servir les agriculteurs. Pas les empoisonner !
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/invivo-servir-agriculteurs-pas-empo-955.html

-.Évènements locaux et positifs ,à noter dans vos agendas :

Marché d'été à Vailhauques le dimanche 14 juin de 9H à 14H, Pour cette occasion le marché paysan et artisanal accueillera en plus des plantes vivaces et ornementales, des poules pondeuses et petits rongeurs, un espace consacré aux artisans créateurs et une animation musicale et table conviviale à 11h30. Restauration sympathique sur place (ombre garantie) ! Présence de la signalétique d'information sur l'origine des produits agricoles proposée par l'association marchés paysans.

Marché des producteurs du terroir du 2ème Salon Hauts Cantons Passions les 4&5 juillet au Bousquet d'Orb, un marché placé sur un beau site dans le joli village du Bousquet d'Orb durant deux jours mettant à l'honneur les Hauts Cantons. Restauration sur place. Vous êtes producteurs et artisans, il est encore temps de s'inscrire par email à information@marchepaysan34.org.

Vous pouvez aussi lire l'article qu'Agir pour la Crau a publié et qui est intitulé "Plus de terres
agricoles, plus de légumes en cliquant sur le lien suivant :
http://www.agirpourlacrau.fr/terres-agricoles-2/plus-de-terres-agricoles-plus-de-legumes

-

07/06/2015

Plus de terres agricoles, plus de légumes !

Pour rappel, Filière Paysanne lançait, le 9 avril 2014, un appel pour la préservation des terres agricoles avec le soutien de nombreuses organisations dont AGIR POUR LA CRAU. Une pétition nationale a recueilli 20 000 signatures. Cette mobilisation, appelée « l'Union Fertile », a permis d'influencer les travaux du Gouvernement et de l'Assemblée Nationale dans le cadre de la loi ALUR et de loi d'avenir agricole votée en septembre dernier.

Alors n'hésitez pas à soutenir Filière Paysanne comme nous.

Plus de terres agricoles, plus de légumes, alors on finira par manger des Parpaings !

AGIR POUR LA CRAU est membre de l'union fertile.

07/06/2015

Plus de terres agricoles, plus de légumes !

Pour rappel, Filière Paysanne lançait, le 9 avril 2014, un appel pour la préservation des terres agricoles avec le soutien de nombreuses organisations dont AGIR POUR LA CRAU. Une pétition nationale a recueilli 20 000 signatures. Cette mobilisation, appelée « l'Union Fertile », a permis d'influencer les travaux du Gouvernement et de l'Assemblée Nationale dans le cadre de la loi ALUR et de loi d'avenir agricole votée en septembre dernier.

Alors n'hésitez pas à soutenir Filière Paysanne comme nous.

Plus de terres agricoles, plus de légumes, alors on finira par manger des Parpaings !

AGIR POUR LA CRAU est membre de l'union fertile.

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 10:18

Les insecticides animent (un peu trop) les enfants
02/06/2015

Le 02 juin 2015 par Romain Loury

Santé publique, Produits

Insecticides désormais les plus utilisés dans les foyers, les pyréthroïdes pourraient favoriser les troubles de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant: après de premiers éléments de preuves chez l’animal, une étude publiée dans la revue Environmental Health suggère un effet chez l’homme.

Après l’abandon des organophosphorés, les pyréthroïdes, parmi lesquels la deltaméthrine et la perméthrine, sont devenus les insecticides dont l’usage domestique est le plus répandu. Si leur toxicité aigüe est moindre, ils pourraient avoir de lourdes conséquences à long terme, notamment chez les enfants.

Après des résultats chez la souris, une étude menée par l’équipe de Tanya Froehlich, du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center (Ohio), révèle que les plus exposés d’entre eux auraient un risque accru de TDAH. Parmi les 687 qu’ils ont étudiés, âgés de 8 à 15 ans, ceux dont le taux de 3-PBA, métabolite des pyréthroïdes, atteignait un niveau détectable avait 2,42 fois plus de risques d’avoir été diagnostiqué avec un TDAH.

Les garçons plus sensibles

Toute hausse d’un facteur 10 était liée à une hausse de 57% du risque. Bien plus marqué chez les garçons, le phénomène concerne avant tout les problèmes d’hyperactivité, pas tellement les troubles de l’attention -résultat également conforté par des travaux chez l’animal.

«Etant donné l’usage croissant des pyréthroïdes et la perception répandue selon laquelle ils sont moins nocifs, ces résultats pourraient avoir d’importantes conséquences en matière de santé publique», expliquent les chercheurs.

Selon eux, le phénomène doit être confirmé par d’autres études, chez des enfants suivis dans le temps: leur étude ne portait que sur un seul échantillon urinaire par participant, tandis que ces substances sont rapidement métabolisées.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 04:21

Afficher la lettre de pétition

Abeilles : action à l’assemblée générale de BAYER

Chers ami(e)s de la forêt tropicale,

Les pesticides mettent les abeilles en péril. Les néonicotinoïdes en particulier sont associés à leur disparition massive. Mais les multinationales de la chimie qui produisent ces substances hautement toxiques s’opposent aux restrictions et interdictions.

Ce mercredi a lieu l’assemblée générale de BAYER. Saisissons cette opportunité pour faire valoir la cause des abeilles auprès de ses actionnaires. Notre pétition a collecté plus de 190 000 signatures jusqu'ici. Merci de signer vous aussi pour les abeilles !

En vous remerciant de votre attention,

Revue de press-ticide

La Colombie interdit l’épandage de Roundup
http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/26671/colombie-interdit-lepandage-de-roundup

Pesticides : Fabrice Bouin, portrait d’un agriculteur qui dit «non»
http://www.leparisien.fr/environnement/alimentation/pesticides-fabrice-bouin-portrait-d-un-agriculteur-qui-dit-non-11-05-2015-4762663.php

Écologie. Un plan national d'action en faveur des abeilles
http://www.ouest-france.fr/ecologie-un-plan-national-daction-en-faveur-des-abeilles-3414639

-POUR UN MORATOIRE SUR LES PESTICIDES NEONICOTINOIDES

A l’attention du gouvernement et des parlementaires dans le cadre de la loi biodiversité

En transportant le pollen de fleurs en fleurs les insectes pollinisateurs assurent la reproduction des plantes dont les fruits et les légumes. Ils sont donc essentiels à notre alimentation. Pour la biodiversité comme pour notre propre survie, leur disparition serait dramatique. Or les pollinisateurs subissent de plein fouet l’utilisation massive des pesticides par l’agriculture. Dans certaines régions françaises ce sont trois colonies d’abeilles sur quatre qui disparaissent. Deux études publiées cette année confirment que les néonicotinoÏdes, peut-être la famille de pesticides la plus toxique, attaquent directement le système nerveux des pollinisateurs. Plus grave encore, une analyse scientifique mondiale de 2014 montre que ces insecticides, parmi les plus vendus, toucheraient un grand nombre d’espèces animales jusqu’à l’être humain. Des impacts sanitaires, notamment sur le cerveau en développement des enfants, sont suspectés par ces publications.

Il est donc urgent d’agir pour sauvegarder les abeilles et autres pollinisateurs, assurer notre sécurité alimentaire et préserver la santé humaine sur le long terme.

Par ma signature, J’APPELLE, en urgence, à un moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes, mesure indispensable pour tenter de sauver les abeilles et autres pollinisateurs de leur disparition programmée.

Ce moratoire doit ensuite permettre au gouvernement français de continuer à porter cette cause sanitaire et environnementale majeure à l’échelle européenne, une fois les résultats des évaluations connus il pourra décider de l’avenir de ces substances.

Vous aussi vous pouvez changer la donne et arrêter ce scandale sanitaire. Signez et faites signer cette pétition. Avant le passage au Sénat de la loi biodiversité prévu pour juillet, nous remettrons vos signatures à Ségolène Royal, Stéphane Le Foll, et Marisol Touraine ;

Note de l'administration du blogue :il existe une coordination contre les méfaits de Bayer

Exigeons l'interdiction des microplastiques / Contre-proposition à l'Assemblée générale de BAYER

Dernières actualités: Centième anniv. du 1er emploi de gaz toxiques: "BAYER continue à ne pas endosser sa responsabilitè" ++++Pesticides - la stratégie "deux poids, deux mesures" du groupe BAYER ++++La France touchée par l’évasion fiscale de BAYER++++ Pharmafia - Interview du Prof Peter Gøtzsche++++

Aidez-nous à continuer notre travail

NOVETHIC, No 74: Une ONG contre Bayer Depuis plus de 30 ans, la "Coordination contre les méfaits de Bayer", basée à Düsseldorf, non loin du siège de l'entreprise, passe au crible les activités de la multinationale allemande, premier producteur d'OGM en Europe. Née d'un mouvement de protestation suite à la pollution par Bayer de la rivière Wupper, la Coordination a depuis élargi ses activités. Elle alerte l'opinion publique, allemande et internationale, sur les dangers liés aux produits fabriqués par Bayer, recense des informations, parfois confidentielles, sur la multinationale, organise et coordonne en partenariat avec d'autres ONG des actions de protestation, notamment dans les pays en voie de développement. Enfin, elle intervient directement lors des assemblées d'actionnaires.

Depuis les années 70, la Coordination contre les méfaits de Bayer (en allemand Coordination gegen BAYER-Gefahren/CBG), rend compte des problèmes et des dangers engendrés par la multinationale de l’industrie chimique et pharmaceutique. Par son nom, BAYER évoque une multitude de problèmes: pesticides dangereux, médicaments inutilisables, risques au niveau de la production dans les pays en voie de développement, passé inassumé lié à l’IG Farben, produits sanguins contaminés par le virus du SIDA, technologie génétique, émissions de produits toxiques dans l’air et l’eau, etc.

Durant le IIIe Reich, l’IG Farben regroupait toutes les entreprises chimiques allemandes et était la plus grande entreprise d’Europe. Elle tira profit des crimes commis par les nazis.

Au sein de la CBG se retrouvent environ 1000 personnes et organisations, qu’elles soient concernées ou victimes, habitantes de zones proches des usines, journalistes ou savants. Elles veulent contrecarrer le puissant groupe. Chaque année, elles se rendent à l’assemblée d’actionnaires de BAYER et y exposent leurs critiques devant plusieurs milliers d’actionnaires. De plus, au cours d’un procès spectaculaire, la CBG a gagné contre BAYER devant le tribunal constitutionnel allemand. En 1991, Bayer avait porté plainte contre un trac critique de la CBG. La valeur du litige s’élevant à 500 000 marks, le passage devant chaque instance coûta plusieurs dizaines de milliers de marks, ce qui aurait ruiné toute personne privée. Finalement, le tribunal constitutionnel a pris une décision en faveur de la CBG et du droit des associations, ce qui fait jurisprudence aujourd’hui en Allemagne.

Un touche à tout

Il n’existe pas un pays du globe où BAYER n’ait pas d’activités. Les anciennes maisons-soeurs de l’IG Farben BASF, BAYER et AVENTIS dominent le marché allemand et l’industrie chimique européenne. Leur chiffre d’affaires commun dépasse 80 milliards d’euros. Il faut y ajouter un empire constitué de participations à d’autres entreprises ainsi que d’entreprises sous-traitantes. Au début de l’année 2002, BAYER a repris AVENTIS CROPSCIENCE pour la somme de 7 milliards d’euros. Cette acquisition, qui est la plus importante de l’histoire des multinationales, fait de BAYER la plus grande entreprise de technologie génétique d’Europe et le deuxième producteur de pesticides du monde.

Aucun gouvernement, aucun homme politique et aucune institution ne peut se permettre d’ignorer cette puissance. Aucune instance nationale ou internationale ne peut contrôler efficacement des multinationales telles que BAYER ou même s’opposer à des produits ou des procédés de production dangereux. La catastrophe de Bhopal en Inde nous a appris que les dangers des grandes unités de production chimique ne sont comparables qu’à ceux de l’industrie nucléaire. Dans cet ordre d’idée, critiquer BAYER constitue toujours une critique fondamentale des multinationales dans leur ensemble et de l’industrie chimique en particulier.

D’Aspirine à Zyklon B

L’histoire de BAYER qui remonte au 19e siècle n’est pas seulement associée à des produits tels que l’aspirine. Le groupe est également synonyme de gaz asphyxiants et de combat, de “médicaments” tels que l’héroïne (une marque déposée par BAYER), de produits chimiques extrêmement toxiques comme le phosgène et de la dissémination de pesticides dans le monde entier. Quand ses profits en dépendent, ce groupe n’hésite pas à collaborer avec des dictateurs et des criminels de guerre qui vont de Hitler à Pinochet. Lors de la Première Guerre mondiale, Carl Duisberg, le chef de BAYER, défendit le concept de travail forcé. En effet, c’est lui qui a inventé les travaux forcés avec des prisonniers de guerre. Sur sa proposition, on déporta plusieurs milliers de Belges qui devaient travailler dans l’industrie chimique. Ce projet fut abandonné en raison d’une grève et des réactions suscitées au niveau international. Ce ne fut que partie remise. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce concept a connu son degré extrême de perversion dans le génocide commis au camp de concentration de Monowitz (Auschwitz III), appartenant au groupe de l’IG Farben. L’IG Farben a profité de 300 000 travailleurs forcés réduits à l’esclavage. Sur le chantier du camp de Monowitz, 30 000 personnes ont trouvé la mort. Du fait de sa participation à la préparation des deux Guerres mondiales, la preuve de la culpabilité du groupe n’est plus à faire.

Solidaire face à la puissance d’une multinationale

La CBG oppose avec succès aux dangers globaux et à la toute-puissance apparente de BAYER des actions, des informations et une solidarité qui va au-delà des frontières. Nous coopérons avec des partenaires de 46 pays.

Le but de notre travail est

de rendre la politique du groupe transparente et d’informer sur les disfonctionnements des usines du monde entier;
d’aider les personnes concernées ou victimes;
d’obtenir des améliorations et d’élaborer des solutions alternatives;
d’imposer que la protection de l’environnement, les droits de l’homme et la sécurité au niveau social soient respectés dans les entreprises du groupe.

Nous publions régulièrement le magazine STICHWORT BAYER en allemand et la circulaire KEYCODE BAYER en anglais. Envoyez-nous un message, si vous désirez recevoir KEYCODE BAYER régulièrement par mail ou si vous avez besoin de plus amples informations.

Nos modes d’action

Depuis 1982, c’en est fini du calme qui régnait lors des assemblées annuelles d’actionnaires de BAYER se déroulant à Cologne. Munis des procurations des petits actionnaires, les «actionnaires critiques de BAYER» confrontent les dirigeants du groupes, les banques et les gros actionnaires au revers des profits réalisés. Pour ce, la tradition veut que nous invitions des intervenants du monde entier afin qu’ils prennent la parole. Voici une nouvelle forme de solidarité internationale.

Coordination contre les méfaits de Bayer
Postfach 15 04 18
D-40081 Duesseldorf
Allemagne

tél: 00 49 2 11 33 39 11
fax: 00 49 2 11 33 39 40
e-mail: info@CBGnetwork.org

CONSEIL CONSULTATIF
Prof. Dr. Jürgen Rochlitz, chimiste, ancien député au Bundestag
Hiltrud Breyer, ancienne députée européenne
Eva Bulling-Schröter, députée au Bundestag
Dr. Sigrid Müller, pharmacologue
Dr. Angela Spelsberg, médecine
Prof. Dr. Anton Schneider, biologiste
Prof. Jürgen Junginger, designer
Dr. Erika Abczynski, pédiatre
Wolfram Esche, avocat
Prof. Rainer Roth

Notre travail sur le plan international coûte cher. Vous pouvez nous apporter votre soutien financier et nous faire un don en effectuant un virement. Il vous suffit pour cela d'indiquer le BIC (ou SWIFT) et l'IBAN.

Bénéficiaire: CBG
N° de compte: 8016 533 000
Banque: GLS Gemeinschaftsbank
Code banque: 430 609 67

BIC/SWIFT: GENODEF1ETK (Bank Identifier Code)
IBAN: DE94830944950003199991 (International Bank Account Number)

Rétrospectives de nos actions et des résultats obtenus:

1983: Organisation du tribunal international de l’eau à Rotterdam.

1984: Première prise de parole des «actionnaires critiques» lors d’une assemblée générale d’actionnaires de BAYER.

1985: La CBG dévoile que le pesticide NEMACUR est l’un des responsables du «syndrome de l’huile toxique» ayant entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes en Espagne.

http://sexopsy.stcom.net/Therapie/PolitiqueSante/syndrome_de_l.htm

1986: Action commune de CGB et Greenpeace à Anvers. BAYER renonce à déverser des effluents souffrés chargés de métaux lourds dans la Mer du Nord en raison des protestations.

1987: Action de protestation contre la plus grande décharge européenne de produits nocifs dans la Dhünnaue de Leverkusen. La Dhünnaue se trouve à côté de l’usine et du siège social de BAYER. Pendant des décennies y ont été stockés des déchets toxiques.

1988: Campagne contre l’exploitation et la privation de droits touchant des travailleuses et travailleurs péruviens; BAYER est contraint de réembaucher les syndicalistes licenciés.

1990: Lutte contre le pesticide LEBAYCID sur l’île grecque de Paxos. Le maire remercie la CBG.

1991: Victoire retentissante de la CBG contre BAYER devant le tribunal constitutionnel allemand. L’entreprise n’a pas réussi à intimider ses opposants.

1992: Campagne de la CBG contre la situation inhumaine et mortelle dans la filiale de BAYER Chrome Chemicals en Afrique du Sud. La télévision allemande fait un reportage détaillé sur la situation.

1993: Des cueilleuses et cueilleurs de fleurs colombiens participent à l’assemblée d’actionnaires de BAYER et s’opposent à l’utilisation de pesticides.

1994: Action contre la contamination intentionnelle d’hémophiles avec des médicaments contaminés par le virus du SIDA. Parution d’un dossier intitulé «Der Tod aus dem BAYER-Labor» (La mort venue des laboratoires BAYER).

1995: Début de la campagne «Nie wieder!» (Plus jamais ça!) pour l’indemnisation des anciens travailleurs forcés de l’IG FARBEN. Plus de 5000 personnes et plusieurs partis soutiennent notre appel.

1996: Pour la première fois dans l’histoire des sociétés par action, CBG peut, avec l’aide d’un gros actionnaire, obtenir que des thèmes axés sur l’écologie soient mis à l’ordre du jour de l’assemblée d’actionnaires.

1997: Après un accident à l’usine BAYER de Dormagen, la CBG démarre une campagne contre les dangers des incidents dans les usines chimiques.

1998: La construction d’une usine BAYER extrêmement dangereuse à Taichung/Taiwan peut être empêchée grâce au travail de coopération réalisé avec un comité de défense des citoyens taiwanais.

1999: Près de l’usine BAYER de Leverkusen, la CBG organise une manifestation contre les pesticides et les OGN à laquelle participent 500 ouvriers agricoles indiens.

2000: Lors de l’assemblée d’actionnaires de BAYER, des paysans hollandais protestent avec la CBG contre la contamination de milliers de bovins due à un vaccin de BAYER.

2001: La CBG lance une campagne qui s’attaque au financement de la guerre civile congolaise par des achats de matières premières venant de cette région.

2001: Le médicament Lipobay/Baycol entraîne la mort de 100 personnes. La CBG lance une campagne contre les médicaments dangereux et superflus.

Il faut agir contre la toute-puissance des grands groupes.
C’est ce que nous faisons!

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 13:01

March against Monsanto !

Links to more information:

March against Monsanto: http://www.march-against-monsanto.com/

Combat Monsanto: http://www.combat-monsanto.org/

GM Freeze and Corporate Europe Observatory: Roundtable on Responsible Soya - The certifying smoke screen. http://www.gmfreeze.org/news-releases/192/

Bruxelles, 19 Mai 2015

Alerte à l'éco-blanchiment!

Un cocktail au Roundup, ça vous tente? Dans cet hôtel bruxellois, à la veille de la marche internationale contre Monsanto, l'entreprise présente son soja génétiquement modifié comme “responsable” auprès des chaînes européennes de grande distribution. Toutefois, bien qu'elle existe depuis 10 ans, la Table Ronde pour le Soja Responsable (Round Table on Responsible Soy, RTRS) ne propose toujours aucune solution au problème de l'expansion continue des monocultures de soja GM imbibées de pesticides.

Aujourd'hui, la Table Ronde pour le Soja Responsable (RTRS) organise sa conférence annuelle, cette fois à Bruxelles. Les membres de la RTRS incluent Monsanto, Cargill, Unilever et les chaînes de grande distribution Delhaize et Marks&Spencer, entre autres. L'objectif de cette plate-forme est de développer un label volontaire pour le soja : en d'autres termes, vendre le soja RoundupReady de Monsanto comme un produit “vert” et “responsable” aux consommateurs européens. La légitimité de la RTRS est apportée par la participation de certaines ONG telles que le WWF ou Solidaridad. Mais depuis ses débuts en 2005, la RTRS a été fortement critiquée par les mouvements paysans et les ONG dans les pays producteurs de soja en Amérique Latine, ainsi que par des groupes de protection de l'environnement en Europe.

La RTRS ne fait rien pour stopper l'expansion des monocultures de soja ou la déforestation dont sont responsables d'autres producteurs que ceux qui reçoivent le label mais aussi certains producteurs en bénéficiant partiellement. En 10 ans, et beaucoup d'argent dépensé, à peine 1 million de tonnes de soja importées dans l'UE ont été certifiées par la RTRS. À titre de comparaison, l'UE importe 32 millions de tonnes de soja (graines, tourteaux et huile) par an, essentiellement pour l'alimentation des animaux élevés (ou, comme on dit parfois dans la profession, “levés”) dans ses fermes-usines, ainsi, de plus en plus, pour satisfaire les absurdes critères européens de 10% de biocarburants pour les voitures. La plupart de ces importations concernent du soja GM RoundupReady, responsable des épandages massifs et indiscriminés de pesticides sur des millions d'hectares en Argentine, au Brésil et au Paraguay. La résistance des plantes indésirables au Roundup oblige les producteurs à utiliser d'autres herbicides en combinaison du Roundup, comme le 2,4D. De plus, les entreprises de biotechnologie végétale mettent actuellement sur le marché de nouvelles variétés de soja GM résistant à plusieurs herbicides à la fois. Le Roundup et son principe actif déclaré, le glyphosate, ont été au centre d'intenses débats à propos de sa toxicité. Monsanto a toujours prétendu qu'il relativement anodin. Toutefois, le glyphosate a récemment été classé comme “cancérigène probable” par l'Organisation Mondiale de la Santé. Depuis, les autorités allemandes, en charge de la ré-évaluation de la toxicité du glyphosate au nom de l'UE, semblent être devenues un peu nerveuses et ont renvoyé la responsabilité de cette évaluation aux autres pays européens. Il est difficile de comprendre comment des ONG européennes et les gouvernements qui les financent au titre de l'aide au développement peuvent penser qu'ils peuvent faire passer cette scandaleuse tentative d'éco-blanchiment pour de l'éco-responsabilité. Selon la RTRS, le soja “responsable” est: - du soja cultivé sur toute terre déforestée avant mai 2009; et dans de nombreux cas également

-http://www.ouest-france.fr/ogm-le-port-de-lorient-peut-il-vivre-sans-soja-transgenique-3412262

OGM. Le port de Lorient peut-il vivre sans soja transgénique ?

-http://www.bastamag.net/Intoxication-aux-pesticides-l-interminable-combat-des-ex-salaries-d-un-geant

Intoxication aux pesticides : l’interminable combat des ex-salariés d’un géant français de l’agroalimentaire

-http://www.politis.fr/Pesticides-la-saisissante-etude-de,31158.html

Pesticides : la saisissante étude de Greenpeace

MUSIQUE | mercredi 22 avril 2015 à 9h09

Neil Young annonce un album et une tournée contre Monsanto

  • Le chanteur de folk Neil Young sortira le 16 juin prochain un album intitulé "the Montsanto Years". Une collaboration avec le groupe "Promise of the Real", dans lequel jouent Lukas et Micah Nelson. Neil Young et "Promise of the Real" entameront en juillet une tournée dans tous les Etats-Unis - FRED TANNEAU - AFP À lire aussi

    Neil Young veut frapper fort. Le chanteur canadien de 69 ans sort le 16 juin prochain "the Montsanto Years", un album de chansons engagées qui visent toutes l'entreprise de biotechnologies agricoles Monsanto.

    Pour cela, l'auteur du célébrissime "Heart of Gold" s'est associé avec Lukas et Micah Nelson, les fils du célèbre chanteur de country Willie Nelson, et leur groupe "Promise of the Real".

    Neil Young est engagé depuis longtemps dans la lutte contre Monsanto. Il avait notamment boycotté publiquement Starbucks l'an dernier pour son implication avec le géant des OGM.

    Neil Young et "Promise of the Real" entameront en juillet une tournée dans tous les Etats-Unis. Ils ont donné leur premier concert ensemble en Californie le 17 avril, un concert intime devant une poignée de chanceux.

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 06:37

Müller, Birgit, 2014 L’engrenage des variétés rendues tolérantes à l’herbicide

Intervention comme témoin de la défense au Procès d’Orléans, le 9 avril 2014 contre des activistes ayant arrachés des tournesols résistants à l’herbicide dans un champ expérimental

Birgit Müller, IIAC-LAIOS (CNRS )

Je suis anthropologue chercheuse au CNRS et je travaille depuis plus de dix sur la gouvernance des pratiques agricoles et la propriété intellectuelle sur les semences au Canada et au niveau international. Je siège au Comité sur la sécurité alimentaire des Nations-Unies où je suis impliquée dans les débats pour définir des principes d’investissements agricoles responsables. Mes recherches de terrain m’ont amené à passer beaucoup d’heures sur les tracteurs des agriculteurs canadiens à observer leurs pratiques de culture. J’ai pu me rendre compte au fil des années des conséquences de l’émergence de multiples résistances aux herbicides. Je témoignerai donc à partir de l’expérience outre-Atlantique où les cultures tolérantes à l’herbicide sont devenues la norme et sont en train de menacer l’agriculture conventionnelle au point que le congrès américain a trouvé nécessaire récemment d’organiser une consultation sur les SUPERWEEDS (les super mauvaises herbes) issues de la diffusion des VTH.

Variétés tolérantes à l’herbicides et technologies agricoles une évolution de vingt années:

L’introduction des premières variétés de colza tolérantes à l’herbicide au milieu des années 1990 a amené une révolution agronomique au Canada. Le « système Clearfield » de BASF, colza génétiquement modifie par mutagenèse pour devenir tolérant à l’herbicide Imidazalinone a été le premier à être autorisé au Canada au début des années 1990. Il a été rapidement suivi par le colza Roundup Ready génétiquement modifié par transgénèse (c’est à dire par l’implantation d’un gène venu d’une autre espèce) pour devenir tolérant à l’herbicide glyphosate breveté par Monsanto (1995) et le système Libertylink, un colza génétiquement modifié par mutagenèse pour devenir tolérant à l’herbicide glufosinate.

Les variétés tolérantes à l’herbicide ont provoqué des conséquences agronomiques et économiques multiples :

1.) Cultures sous contrat : Au départ seul le colza RR breveté par Monsanto a été vendu sous contrat qui obligeait l’agriculteur de s’engager à ne pas ressemer sa récolte de colza et de permettre aux agents de Monsanto de prendre des échantillons sur ses champs et de vérifier ses comptes encore pendant trois ans après le dernier semis du colza RR. Aujourd’hui le système du contrat s’est généralisé et aussi le colza LL et Clearfield ne peuvent pas être ressemer comme semences fermières. Le prix des semences des VTH a quintuplé depuis les années 1990 au Canada.

2.) Semis direct : La possibilité d’appliquer des herbicides totaux (qui suppriment aussi bien les adventices graminées que les légumineuses) sur les cultures à n’importe quel moment du cycle de croissance de la plante cultivée a amené une révolution technologique. Les agriculteurs ont investis d’énormes sommes dans de nouveaux semoirs qui ouvrent la terre non labourée grâce à des couteaux étroits qui coupent la terre pour placer précisément la semence. Les adventices (ou mauvaises herbes) sont ensuite « contrôlés » par l’application d’herbicides. Les instruments de l’agriculture moderne deviennent alors le semoir hypersophistiqué et le diffuseur gigantesque. On ne laboure plus. Grâce aux variétés tolérantes à l’herbicide les agriculteurs ne gagnent pas plus par hectare parce que les semences sont très chères mais ils gagnent du temps et peuvent cultiver des surfaces de plus en plus larges. Or, une fois engagés dans cette nouvelle manière de travailler, ils deviennent dépendant des VTH et ne peuvent pas faire marche arrière puisque leurs investissements en machines y est lié.

3.) Résistances des adventices (mauvaises herbes) : le système Clearfield (tolérant à l’Imidazalinone et autres inhibiteurs d’ALS) est utilisé aujourd’hui dans le blé, le colza, les lentilles et les tournesols dans l'Ouest du Canada, ce qui provoque des dilemmes de désherbages dans la rotation. Les repousses spontanées de colza VTH par exemple deviennent alors des mauvaises herbes pour les autres cultures. L'usage excessif de variétés de colza (Canada et États-Unies), de soja, maïs, coton (EU, au Canada, Ontario et Manitoba) tolérants aux herbicides 'Clearfield' (Imidazalinone), 'Libertylink' (glufosinate), et Roundup (glyphosate), a fait que les adventices deviennent tolérants à plusieurs de ces herbicides. La solution préconisée par les conseillers agricoles (qui travaillent d'ailleurs souvent pour les multinationales agro-chimiques parce que les postes de conseillers agricoles publiques ont été supprimés) est d'alterner entre les différents 'paquets technologiques' ou de mixer dans le diffuseur des

Un engrenage. Une Variété tolérante à l’herbicides attire les autres

Les multinationales Monsanto, Bayer et BASF coopèrent pour pouvoir proposer des variétés avec des 'stacked genes' (des combinaison de plusieurs gènes) qui rendent les variétés tolérantes à deux ou même trois herbicides. Le résultat est que des adventices avec des résistances multiples deviennent de plus en plus fréquents. Ceci a incité les compagnies multinationales à se tourner vers des anciens herbicides plus toxiques comme le Dicamba et le 24D et de développer des variétés tolérantes à ces derniers. Aux États-Unies la multinationale de la chimie Dow Chemicals a obtenu en janvier 2014 l’autorisation pour mettre sur le marché un maïs tolérant au 24D (un cousin de la substance présents dans l’Agent Orange 245T utilisé pendant la guerre du Vietnam). Monsanto annonçaient récemment dans documents publicitaires le développement d’une variété de soja tolérant à Dicamba, un herbicide extrêmement toxique interdit en France.

Pendant que la France commence seulement de se mettre dans cet engrenage, aux États-Unies 93% du soya et 70% de mais sont des variétés tolérantes à un herbicide, au Canada 98% du colza est une VTH. Des variétés conventionnelles sont de plus en plus difficiles à trouver sur le marché. Dans le catalogue officiel des semences du Canada, une seule variété de colza conventionnel existe encore. En plus, les VTH se répandent naturellement et les gènes de résistance envahissent les champs des voisins ensemble avec les DPI qui y sont attachés. Les agriculteurs n’ont plus le choix.

Le Congrès américain a entamé en 2010 une discussion sur les superweeds (les super mauvaises herbes) qui menacent l’agriculture américaine. La commission a constaté qu’il sera difficile et très couteux d’arrêter cette évolution et de faire marche arrière puisque les agriculteurs ont contracté de lourdes dettes pour investir dans le matériel agricole nécessaire pour la méthode de culture semis-direct liée aux VTH: semoirs de précisions, diffuseurs gigantesque. Le USDA a été fortement critiqué pour avoir failli dans son devoir de supervision et d’anticipation. Des contributions au débat suggéraient d’ailleurs que le gouvernement devait restreindre l’usage des VTH et leur imposer une taxe qui sera utilisée pour des programmes de recherche et d’éducation. Les faucheurs de tournesol VTH ont donc mis le doigt sur un problème crucial et tiré la sonnette d’alarme là où aussi le gouvernement français et la commission européenne n’écoutent actuellement que les sirènes de l’industrie semencières;

Note de l'administration du blog :pétition

URGENT : aidons les abeilles contre l’industrie des pesticides

Les abeilles meurent en masse, partout dans le monde. Face à l’effondrement de leurs colonies, l’UE a décidé d’interdire plusieurs pesticides. Mais les groupes chimiques produisant ces substances hautement toxiques - Bayer, BASF et Syngenta - nient toute responsabilité et portent plainte contre l’UE. Scandaleux !

Les néonicotinoïdes sont une menace pour les abeilles (photo: Huertos Urbanos Bahia de Cadiz)

Les abeilles butinent les fleurs, inlassablement. Leur zèle a une valeur inestimable pour l’homme et la pour nature car, en plus de fabriquer du miel, elles assurent quotidiennement la pollinisation de milliards de fleurs… Sans les abeilles, un tiers de nos cultures vivrières n’existeraient pas.

Aujourd’hui, la survie des abeilles est en jeu, en témoigne l’effondrement de leurs colonies, qu’elles soient domestiques ou sauvages. Les causes : les parasites, le déplacement massif de ruchers, l’agriculture industrielle intensive avec ses monocultures et ses pesticides.

Un groupe particulier d’insecticides a depuis longtemps été relié à la mort des abeilles : les néonicotinoïdes. Ses substances neurotoxiques sont utilisées par l’industrie agroalimentaire pour traiter les semences de maïs, de blé et de colza. Ses effets sont potentiellement mortels, et pas seulement pour les abeilles…

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a procédé à une évaluation des néonicotinoïdes et du fipronil, concluant sur leur « risque aigu élevé pour les abeilles ». En décembre 2013, l'UE a imposé une suspension de deux ans des pesticides de Bayer et de Syngenta et restreint drastiquement l'utilisation du Fipronil de BASF.

>>> Suite

Problème, les néonicotinoïdes rapportent deux milliards d’euros par an et les groupes chimiques ne veulent pas renoncer à leurs profits. Bayer, BASF et Syngenta ont ainsi déposé plusieurs plaintes contre l’UE pour faire annuler l’interdiction visant leurs poisons tout en communicant auprès du grand public sur leur volonté de sauver les abeilles…

Ce à quoi ressemblerait un monde sans abeilles s’observe déjà dans certaines région de la Chine où les humains pollinisent les vergers à la main.

Mobilisons-nous pour les abeilles en écrivant aux industriels des pesticides.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 02:10

UE - Cibus cherche parcelles pour mutagénèse dirigée

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L’entreprise Cibus a mis au point un colza rendu résistant aux herbicides par mutagénèse dirigée. Cette technique fait partie du paquet des nouvelles techniques de biotechnologie dont le statut légal n’est pas encore connu. L’Union européenne doit en effet toujours répondre si oui ou non les produits issus de ces modifications du vivant donnent des OGM. En attendant cette réponse, Cibus fait du porte-à-porte auprès de différents États membres pour connaître leur position nationale. Ainsi, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède et la Finlande ont déjà officiellement répondu à Cibus. De leur côté, les Pays-Bas et la République tchèque avaient, eux, adopté une position de principe sans avoir été interpelés par Cibus. Bilan : la République tchèque défend que la mutagénèse dirigée donne des OGM, mais les cinq autres estiment que cette biotechnologie n’a rien à faire avec la législation « OGM ».

Depuis 2008, l’Union européenne est en attente d’une proposition de la Commission européenne sur le statut des produits issus des nouvelles techniques de biotechnologies : OGM ou non ? L’enjeu commercial est bien sûr stratégiquement important pour les entreprises de biotechnologie. Car tout produit non considéré comme « OGM » ne sera pas soumis aux contraintes législatives mises en place : pas d’autorisation pour des essais en champs (hors règles sanitaires et d’importation si importation de semences il y a), pas d’évaluation des risques dans le cadre d’une autorisation commerciale, pas d’étiquetage et pas de suivi post-commercial.
L’une des entreprises phares sur ces nouvelles biotechnologies, Cibus, a donc cherché à obtenir de plusieurs États qu’ils se positionnent sur la mutagénèse dirigée par oligonucléotides pour savoir si elle donne des OGM ou non selon ces États. Objectif affiché par Cibus : connaître les conditions de mise en œuvre d’essais en champs.

Cibus teste plusieurs pays

Quatre pays ont été questionnés par Cibus : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède et la Finlande. Cibus a confirmé à Inf’OGM les trois premiers pays, mais a omis de nous signaler avoir questionné la Finlande. Pourtant, ce pays l’a bel et bien été le 19 novembre 2013, comme Kirsi Törmäkangas, secrétaire général sur Bureau finnois des technologie du gène, nous l’a confirmé [1]. Un oubli étonnant au vu de la réponse obtenue (cf. plus bas).

Cette interpellation des États membres (et leur réponse) sur le statut OGM ou non des produits obtenus par une technique de biotechnologie pose une question : quelle est la marge de manœuvre de ces États à décider par eux-mêmes sur un point que l’Union européenne est vouée à trancher ? Interrogée par Inf’OGM, la Commission européenne nous dit travailler sur une analyse juridique de la question des nouvelles techniques et ne pas pouvoir répondre à cette question tant que cette analyse ne sera pas terminée. Un positionnement qui peut sonner comme un rappel à destination des États membres, qui vont participer à ces discussions européennes, qu’ils ne sont pas obligés de répondre à Cibus et peuvent, voire devraient, attendre que les réflexions au niveau européen soient terminées...

Pour la République tchèque, la mutagénèse dirigée donne des OGM...

Interrogé par Inf’OGM, le ministère de l’Environnement tchèque nous indique que le 7 juin 2007, une position a été formellement adoptée : la mutagenèse dirigée donne des OGM car cette technique modifie génétiquement le génome des organismes mutés. Le 11 octobre 2011, alors qu’un groupe d’experts européens se penchait sur la question du statut des produits obtenus par une des nouvelles techniques de biotechnologie au sein duquel participaient deux représentants de la République tchèque, ce pays confirmait sa position « au vu des connaissances scientifiques disponibles » de l’époque [2].

…mais pas pour cinq autres pays

Autre son de cloche en Allemagne, au Royaume-Uni, en Finlande, en Suède et aux Pays-Bas : pour eux, la mutagénèse dirigée ne donne pas d’OGM au regard de leur législation nationale (qui est une transposition de la législation européenne).

Pour le Royaume-Uni [3] et les Pays-Bas [4], la mutagénèse dirigée ne donne pas d’OGM car cette technique est aussi sûre ou équivalente à la mutagénèse « classique » [5] et surtout, que l’oligonucléotide utilisé n’est pas à proprement parler un ADN recombinant, le Royaume-Uni ajoutant qu’il n’y a pas d’insertion d’ADN dans le génome de la plante [6]. L’oligonucléotide doit-il ou non être considéré comme un ADN recombinant ? Ce point est fondamental car les discussions en cours sur le statut OGM ou non des produits obtenus par mutagenèse dirigée par oligonucléotide s’intéressent notamment à cette question. En effet, la directive 2001/18, dans son annexe 1A, exclut de son champ d’application la mutagénèse « à condition qu’elle n’implique pas l’utilisation de molécules d’acide nucléique recombinant ». Un argument qui n’est donc pas que scientifique mais également juridique...
L’avis néerlandais exclut cette technique de la législation OGM précisément par rapport à ce dernier point. En effet, l’avis précise que « la mutagénèse dirigée est aussi sûre que la mutagénèse classique. Son exclusion de la législation OGM est cependant incertaine. Cela dépend si l’oligonucléotide est considéré comme un ADN recombinant ou non ». Et de préciser : « un oligonucléotide utilisé pour de la mutagénèse dirigée ne doit pas être considéré comme de l’ADN recombinant ».

La Suède a, de son côté, répondu succinctement à l’interpellation de Cibus [7] : le colza rendu tolérant à des herbicides par mutagénèse dirigée n’est pas soumis à la législation OGM. Le pays précise néanmoins à Cibus, à l’instar de la Finlande comme nous allons le voir, que cette « opinion réglementaire pourra changer dans le futur » du fait de la décision européenne à venir.

La Finlande a, elle, adopté sa position le 22 octobre 2014. Si la Finlande considère que la mutagénèse dirigée ne donne pas d’OGM, Kirsi Törmäkangas précise à Inf’OGM que « cette interprétation nationale a été formulée de manière à être valide tant que l’Union européenne n’aura pas pris de décision sur la mutagénèse dirigée par oligonucléotides » [8]. Dans sa réponse à Cibus dont Kirsi Törmäkangas nous a fait part, le Bureau finnois des technologies du gène précise en effet que cette décision est « subordonnée à d’éventuels changement des définitions contenues dans la directive 2001/18 [...]. Le bureau aura le droit reconsidérer cette position dans le futur sur la base d’éventuelles nouvelles connaissances scientifiques ou techniques et d’opinions d’experts ».

Enfin, la position allemande a été rendue publique le 5 février 2015. Dans sa réponse à Cibus, le ministère allemand de la Protection des consommateurs et de la Sécurité sanitaire des aliments soutient que la technique de mutagénèse dirigée par oligonucléotides utilisée par Cibus ne donne pas d’OGM. Il n’a pas fallu longtemps à plusieurs associations allemandes, dont Testbiotech, pour contester cette interprétation. Le 9 mars 2015, elles demandaient au ministère allemand de l’Agriculture de « stopper la mise en culture » de ce colza si Cibus devait décider de conduire des essais en champs. Comme Christoph Then, de Testbiotech, nous le précise, cette contestation repose sur la considération que les produits obtenus par la technique de mutagénèse dirigée par oligonucléotides doivent être soumis à la législation sur les OGM. Les associations déclarent par ailleurs considérer que « la culture de colza résistant à des herbicides doit être interdite en Europe, quelle que soit la manière dont elle a été produite » [9]. Cibus nous a indiqué « n’avoir aucun projet [d’essai en champ] à l’heure actuelle ».

Mais plutôt que de réellement vouloir mettre en place des essais en champs, l’objectif de Cibus n’était-il pas tout simplement de peser sur le débat à venir au sein de l’Union européenne ? Voulu ou pas, c’est en tout cas ce qui risque de se passer avec les entreprises qui souligneront que pour la mutagénèse dirigée, certains États membres ont déjà pris des décisions nationales...

L’entreprise Cibus dispose de sept brevets portant sur la technique de mutagénèse par oligonucléotide et / ou des séquences génétiques mutées [10]. Le premier obtenu le fut en 2010 et portait sur « des acides nucléiques d’acétohydroxyacide synthase (AHAS) mutés et les protéines codées par les acides nucléiques mutés. L’invention concerne également des plants, des cellules et des semences de colza comprenant les gènes mutés » [11]. Suite à ce premier brevet, Cibus en a obtenu six autres, portant tous sur des séquences génétiques mutées. Trois concernent une résistance à des herbicides [12], un concerne une résistance à un pathogène [13] et deux concernent des techniques de mutagénèse et les produits obtenus [14]. Ces brevets peuvent concerner le colza ou, pour certains, les seules séquences génétiques quelles que soient les plantes dans lesquelles elles se trouvent.

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Crédit photo : CC : Susanne Nilsson - Yellow fieldtexte ajouté par Inf’OGM

[1] Source Inf’OGM

[2] Source Inf’OGM

[3] Avis du Comité britannique consultatif sur la dissémination dans l’environnement (Advisory Committee on Releases to the Environment – ACRE), du 10 février 2011, http://archive.defra.gov.uk/acre/meetings/11/min-110210.pdf

[4] Avis de la Commission sur les modifications génétiques (COGEM), « Advice and report ’The status of oligonucleotides within the context of site-directed mutagenesis’ » juillet 2010, www.cogem.net/index.cfm/en/publications/publicatie/the-status-of-oligonucleotides-within-the-context-of-site-directed-mutagenesis

[5] L’avis britannique (cf. note 3) indique que « la technique développée par Cibus est équivalente à la mutagénèse chimique [plus communément appelée mutagénèse aléatoire] en ce qu’une molécule de synthèse est utilisée pour induire un changement dans l’ADN de la plante » et plus loin « le changement dans l’ADN de la plante induit par cette technique de mutagénèse dirigée par oligonucléotides serait non différentiable d’un même changement obtenu par des méthodes traditionnelles de mutagénèse »)

[6] L’avis britannique (cf. note 3) indique que l’oligonucléotide utilisé « ne s’insère pas dans le génome [et] est dégradé dans les heures suivant son introduction dans la cellule ».

[7] Source Inf’OGM

[8] Source Inf’OGM

[9] https://www.testbiotech.org/en/node/1181

[10] Selon une recherche dans Google Brevet avec Cibus en mot clef

[11] Brevet EP 2203565 A1, « Gènes d’acétohydroxyacide synthase mutés chez brassica ».

[12] Brevets WO 2012018862 A3, WO 2013028188 A1, EP 2600710 A2

[13] WO 2014153178 A2

[14] WO 2014144951 A1, WO 2014144987 A2

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 06:48

Note de la rédaction du blog:Voici un lien vers un reportage diffusé par ARTE avant-hier.

Il ne vous reste donc plus que 5 jours pour la revoir ici :

http://www.arte.tv/guide/fr/050772-000/pesticide-et-sante-l-equation-sans-solution


 

 

Depuis 2010, une partie de la société civile française s’est mobilisée pour contrer le développement des variétés rendues tolérantes aux herbicides (VrTH). En 2012, plusieurs organisations se sont réunies au sein du collectif de l’Appel de Poitiers [1] [2], notamment pour interpeller les ministres de l’Environnement et de l’Agriculture. Ce collectif pointe du doigt des OGM qui ne disent pas leur nom, l’augmentation des quantités d’herbicides utilisées, inhérents à ces plantes et l’absence de toute évaluation des risques avant mise en culture commerciale. Face à l’inaction du gouvernement, l’Appel de Poitiers vient de déposer un recours devant le Conseil d’État.

Actuellement en France, ces fameuses VrTH, ce sont des colzas et des tournesols modifiés par mutagénèse [3] pour qu’ils tolèrent des herbicides spécifiques (Quantum SX, Express SX, Pulsar40 par exemple) qui, autrement, leur auraient été fatals.

Juridiquement parlant, le droit européen spécifique aux OGM ne s’impose pas à ces VrTH comme l’explique l’Appel de Poitiers dans une tribune publiée le 20 mars 2015 dans Libération [4]. Car ces VrTH ont été « arbitrairement exclues du champ d’application de la réglementation sur les OGM, sous le seul prétexte qu’elles ont été obtenues par une autre technique de manipulation génétique que la transgenèse ». Le collectif dénonce une conséquence importante : ces VrTH « échappent ainsi à toute évaluation sur l’environnement, la santé, à toute obligation d’étiquetage, de traçabilité et d’information des utilisateurs et des consommateurs ». L’Appel de Poitiers dénonce donc l’absence d’information autour de ces cultures, la négation du droit des consommateurs de choisir ce qu’ils souhaitent manger ou non, et une possible mise en danger de la santé humaine et de l’environnement en l’absence de toute évaluation des risques. Cette situation est le meilleur moyen de fermer les yeux sur un éventuel problème, et une manière de faire taire toute divergence publique sur le sujet.

Il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de connaître les surfaces cultivées avec ces variétés mutées. En 2013, 20% des cultures de tournesol étaient déjà rendues tolérantes aux herbicides. Le ministère de l’Agriculture, lui, nous a précisé que 17 000 hectares de colza et 110 000 hectares de tournesol rendus tolérants à un herbicide ont été semés en 2014, sans vouloir nous préciser ses sources. Agreste, le service statistique du ministère, annonçait, en décembre 2014 [5], pour toute variété confondue, un peu moins de 1,5 millions d’hectares de colza et 658 000 hectares de tournesol. Un développement qui inquiète l’Appel de Poitiers qui rappelle à nouveau qu’une expertise collective Inra/CNRS avait conclu en 2013 que « la caractéristique de tolérance aux herbicides, introduite par manipulation génétique pourrait être diffusée à d’autres plantes, cultivées ou sauvages » [6].

C’est pourquoi le collectif a demandé en décembre 2014 au premier ministre socialiste, Manuel Valls, d’adopter un moratoire sur la vente et la culture de ces VrTH, « en attendant les évaluations équivalentes à celles réglementairement obligatoires pour les OGM », au sens des plantes transgéniques. Il demande au gouvernement d’être cohérent d’une part avec son interdiction des OGM [7] et sa volonté affichée de réduire l’usage des pesticides en promouvant l’agro-écologie ; et d’autre part avec l’opinion publique, largement négative sur les OGM.

Face à l’absence de réponse du Premier ministre, le collectif a dénoncé cette inaction en portant plainte devant le Conseil d’État, début mars 2015. C’est une longue procédure qui s’ouvre et qui permettra ainsi de questionner le statut de ces OGM cachés.

 

En savoir plus

Qu’est-ce que « l’acquisition de résistances » ?

Qu’est-ce qu’une plante tolérant un herbicide (Roundup Ready ou autre) ?

Plus ou moins de pesticides avec les OGM ?

Qu’est-ce que la mutagenèse ?

Quels sont les risques des OGM pour l’environnement ?

Qu’est-ce qu’une plante Bt ?

 

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 06:34

On soupçonnait déjà que la perte de la fertilité était au nombre des graves  dégâts occasionnés, une étude récente va dans ce sens. Une étude qui, si elle n'est pas étouffée, pourrait avoir un grand impact sur les décisions à prendre à l'avenir

(Note de l'administration du blog  cette information est à considerer avec  réserve et sous conditition de sa confirmation et de son approbation  par les milieux scientifiques. 

OGM, Plantes mutées et hygiène chimique : le point avec Joël Spiroux

http://bioconsomacteursprovence.com/entry/vers-la-plus-grande-catastrophe-environnementale-et-sanitaire-des-temps-modernes.html

 

Chère amie, cher ami,

Vous vous en souvenez probablement : en 2012 une étude fracassante a été publiée sur la dangerosité potentielle de deux produits de la firme Monsanto : l'herbicide Roundup et le maïs NK603, génétiquement modifié pour tolérer cet herbicide.

Le résultat fut sans appel : les photos des rats atteints de tumeurs énormes, affichées en une des journaux, ont fait le tour du monde.

Mais où en est-on aujourd'hui ?

J'ai posé la question au Dr Joël Spiroux, qui était le directeur adjoint de cette étude et actuel président du CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendante sur le Génie Génétique), dont l'équipe du Pr Gilles-Eric Séralini fait partie.

Ses réponses (extraits principaux ci-dessous) sont absolument passionnantes et je vous recommande de lire son interview jusqu'au bout. Notez que ce médecin généraliste a de multiples diplômes et casquettes en affinité avec les médecines naturelles (technicien agricole, écologie humaine, acupuncteur, ostéopathe et homéopathe).

En juin 2014, le CRIIGEN republie son étude et propose une conférence de presse qui ne sera que mollement suivie par les médias.

IPSN : Deux ans après la publication de votre première étude, vous l'avez republiée en juin 2014. Pourquoi ?

Nous voulions montrer à la communauté scientifique et au grand public que notre étude reposait sur des données solides. Nous souhaitions sortir du débat passionné que notre première publication a suscité. Par ailleurs, la republication s'est faite dans une revue « open source », en mettant à disposition de tous les données biologiques de l'étude. En effet, habituellement les études réalisées avant la mise sur le marché de produits chimiques ou d'OGM sont considérées comme secret industriel et ne sont donc pas libres d'accès. Il n'y a donc ni transparence ni débat.

Les photos des rats avec leurs grosses tumeurs ont marqué les médias et les esprits. Aviez-vous prévu cette surprise ? Vous ne pensiez pas que ces photos produiraient un tel effet ?

À l'époque, nous avions été surpris de l'impact de la publication des photos de rats atteints de tumeurs publiées par le Nouvel Observateur (L'Obs aujourd'hui). Malheureusement, les tumeurs des rats, c'est presque notre quotidien puisque nous testons sur eux des produits dangereux.

Dans le fond, ce qui me choque le plus, c'est que l'on s'étonne de ces tumeurs et autres pathologies alors que ces produits ne sont pas évalués correctement. En effet, nous avons mis en évidence qu'aucun pesticide au monde n'a été évalué de façon à protéger la population. Un pesticide, c'est en fait une molécule dite active (dans le cas du Roundup, c'est le glyphosate) et des adjuvants [1]. Pendant deux ans, on teste le glyphosate sur des rats. En revanche, les adjuvants et le mélange adjuvants + glysophate n'est testé que quelques jours sur la peau. Ces tests ne sont guère utiles puisqu'on n'effectue aucune prise de sang pour en connaître les conséquences sur les cobayes.

Quel impact a cette absence d'évaluation sur la santé de la population ?

Les indicateurs sont au rouge. Depuis 50 ans, le développement des pathologies chroniques est catastrophique. Voyez donc : pertes de plus de 50 % des spermatozoïdes chez l'homme, augmentation des stérilités, hypofécondités, malformations néonatales, allergies, maladies neurodégénératives comme l'Alzheimer, doublement des cancers et apparition de très nombreuses maladies orphelines...

Ces pathologies environnementales sont apparues progressivement depuis un siècle parallèlement au développement de la chimie et l'essor industriel. La révolution verte des années 70 a transformé l'agriculture paysanne en agriculture industrielle utilisant force engrais et pesticides. Nous retrouvons ces produits dans notre alimentation. Nos fruits, par exemple, contiennent 3 à 10 résidus différents de pesticides.

C'est ce constat général qui m'a poussé à me lancer dans les questions de santé et d'environnement. J'en avais marre de voir devant moi des malades qui n'auraient pas dû l'être. Avant de devenir médecin, j'ai passé un diplôme de technicien agricole. Je connais donc très bien les traitements subis par les écosystèmes, les animaux etc. Le lien entre l'essor de pathologies diverses, dont les cancers, et notre manière de cultiver la terre ou d'élever les animaux ne fait aucun doute. On le voit sur le terrain. Quand va-t-on réellement commencer à évaluer les produits que nous utilisons en agriculture et dans l'industrie afin d'assurer une alimentation riche et saine, et des milieux de vie favorables à un maintien en bonne santé ?

Le CRIIGEN s'est retiré de l'instance de dialogue créée dans le cadre du projet gouvernemental Risk'OGM. Pourquoi ?

Au début, nous étions partants pour participer à ce projet. Le ministère de l'Environnement et de l'Ecologie, ainsi que l'ANSES, avaient décidé de lancer une étude sur les risques toxicologiques d'un OGM. Nous avons été conviés à participer et nous avons envoyé l'un de nos doctorants, Nicolas Defarge. J'ai été un peu surpris que le projet soit de refaire exactement notre étude sans l'élargir à de nombreux autres OGM et pesticides. En effet, il existe une quarantaine d'OGM commercialisés dans le monde, nous aurions pu profiter de ce projet pour étudier un soja par exemple.

Mais là n'était pas l'essentiel. J'ai été plus inquiet de voir que seuls l'INRA, l'INSERM et l'ANSES avaient répondu à l'offre du ministère pour faire l'étude. Quand on connaît leur hostilité à nos recherches, on pouvait se poser la question de leur capacité d'objectivité sur la question. Puis d'autres acteurs se sont greffés au projet : Monsanto (par le biais d'une association, Europabio, financée par l'industrie agroalimentaire et pharmaceutique) et les autres semenciers : Bayer, Cropscience et Limagrain notamment. Nous ne pouvions pas cautionner ces conflits d'intérêt qui nous replongeaient dans la situation classique : les fabricants évaluent eux-mêmes leurs produits et font du lobbying auprès des agences d'accréditation. Où sont l'indépendance et la transparence ? Qui protège le consommateur ?

(...) Le projet de deux ans est devenu un projet de trois mois, que l'on pouvait prolonger éventuellement jusqu'à six ; ce que nous reprochons depuis plus de quinze ans est que les textes réglementaires ne durent que trois mois, ce qui est insuffisant pour mettre en évidence les pathologies chroniques. Par ailleurs, le maïs seul sera étudié sans le pesticide – le Roundup – pour lequel il est rendu tolérant, ce qui change tout !

En quoi l'évaluation de la seule molécule active est-elle un problème ?

En 2013, nous avons étudié 9 différents Roundup et montré que les adjuvants sont plus toxiques que le glyphosate, seule molécule à être testée pendant deux ans sur des rats. En 2014, nous avons étudié 9 pesticides, 3 herbicides, 3 fongicides et 3 insecticides et montré que les formulations totales vendues aux agriculteurs ou aux particuliers sont de 2 à 10 000 fois plus toxiques, sur des cellules humaines, que les molécules dites actives, seules testées avant la mise sur le marché.

C'est un véritable scandale sanitaire qui devrait mettre des millions de gens dans la rue pour manifester. En Inde, des paysans se suicident au Roundup, en Amérique Latine, partout où l'on a développé la culture OGM et l'utilisation forcenée de pesticides, on a vu le taux de maladies chroniques augmenter chez les agriculteurs de ces pays et les populations avoisinantes. Qui se soucie de leur détresse ?

Au drame sanitaire s'ajoute, en outre, une perte inquiétante de liberté. Car les grandes compagnies vendent des semences qui ne peuvent fonctionner qu'avec les pesticides qu'elles fabriquent.

C'est un système fait pour et par ces industries qui vendent une semence plus chère que son prix habituel (biotechnologie oblige) et sont seules autorisées à racheter la récolte. Le paysan ne garde rien et ne plante plus ses propres semences. Que reste-t-il de sa liberté ?

On parle aujourd'hui de l'arrivée d'une deuxième génération d'OGM. De quoi s'agit-il ?

La vérité, c'est qu'il n'y a rien de nouveau. On nous présente comme des « OGM nouveaux » des OGM qui ont plusieurs « gènes d'intérêt ». Cela veut dire qu'ils peuvent fabriquer plusieurs insecticides ou tolérer plusieurs herbicides. Mais ce type d'OGM existe depuis longtemps.

Par exemple, le maïs Smartstax possède 8 gènes d'intérêt : 2 de tolérance à des herbicides et 6 de production d'insecticides différents. Quels sont les impacts en termes de santé pour les animaux ou les populations qui mangent ce maïs ? Personne ne le sait ni veut le savoir !

Pourquoi a-t-on introduit ces OGM ?

C'est pour satisfaire le « dieu Progrès ». Le développement des connaissances en génétique en un siècle a fait des progrès extraordinaires. Nous savons désormais modifier des patrimoines génétiques. Dans le domaine médical, la thérapie génique nous donne l'espoir de traiter des pathologies graves. Mais modifier des plantes pour qu'elles produisent ou tolèrent des pesticides, cela n'a pas de sens car, contrairement a ce que disent les producteurs, cela ne diminue en rien la quantité totale de pesticides répandus sur la planète !

En effet, ce qui devait arriver arriva. L'utilisation de plantes insecticides a permis l'émergence d'insectes résistants, c'est pour cela que les nouveaux OGM comme le Smartstax possèdent plusieurs gènes pour la production de plusieurs insecticides différents. En ce qui concerne les herbicides comme le Roundup, les agriculteurs d'Amérique du Sud et du Nord sont envahis par des amarantes qui étaient spontanément tolérantes au Roundup et qui se sont développées de façon exponentielle du fait de la mort de celles qui y étaient sensibles. Bilan de l'affaire, on rajoute de nouveaux herbicides... Aujourd'hui, certaines plantes résistent au Roundup et au Dicamba, nouvel herbicide de chez Monsanto. Nous nous sommes engagés dans une course aux armements contre la nature que nous sommes sûrs de perdre. Pendant ce temps, les animaux et la population mondiale ingèrent de plus en plus de pesticides. Quand le comprendra-t-on ? (...)

Tout est donc mauvais dans les OGM ?

Non, ce serait une erreur de dire cela. Je vais vous donner deux exemples : pour soigner les patients diabétiques, nous utilisons tous une insuline produite grà¢ce au génie génétique. En effet, depuis plus de 20 ans, l'insuline humaine est produite par des bactéries OGM dans lesquelles a été inséré le gène humain de fabrication de l'insuline. Ces bactéries sont élevées en laboratoire dans des incubateurs.

On sait ensuite extraire l'insuline produite par ces bactéries et l'utiliser pour les patients diabétiques qui reçoivent des injections quotidiennes d'insuline strictement identique à ce que fait notre pancréas. C'est un grand progrès parce que, auparavant, on utilisait de l'insuline de porc que les patients finissaient par ne plus tolérer, et mourraient. C'est un exemple manifeste de l'utilité du génie génétique, réalisé dans des conditions sanitaires et de sécurité optimales.

De même, quand sur des boîtes de médicaments vous voyez écrit « protéines recombinantes », ce sont des protéines-médicament produites par le génie génétique.

Il faut bien comprendre que le CRIIGEN et ses membres ne sont pas contre les OGM en eux-mêmes mais seulement contre le mauvais usage que l'on peut en faire, et aussi contre la façon si « légère et inappropriée » avec laquelle ils sont évalués.

Le pire dans cette histoire est qu'à côté des OGM se développent des plantes mutées. Ces plantes génétiquement modifiées par des produits chimiques ou par des rayonnements ionisants ne rentrent pas dans la législation des OGM et sont cultivées sans études toxicologiques et en toute légalité, même en France. C'est ainsi qu'en France poussent en toute légalité des tournesols mutés tolérants à un herbicide, le sulfonylurée, dont aujourd'hui personne ne sait quelles conséquences ils pourront avoir sur l'environnement et la santé. Mais on sait déjà que ces plantes gorgées d'herbicides se retrouvent dans des tourteaux et produits destinés à l'alimentation animale, voire humaine. Bon appétit ! (...)

Vous trouverez les réponses complètes du Dr Joël Spiroux sur notre site.
http://www.ipsn.eu/actualites/ogm-plantes-mutees-et-hygiene-chimique-linterview-de-joel-spiroux/

Pour en savoir plus sur l'action du CRIIGEN, rendez-vous ici.

Pour soutenir leur action indépendante : rendez-vous ici.

Campagne Consommateurs pas Cobayes

140 000 personnes ont signé la campagne de « Consommateurs pas cobayes ! » qui demande un moratoire sur l'importation des OGM et du Roundup. Et vous ?

Cette pétition dénonce l'incohérence de la loi sur les OGM qui interdit leur production en France sans proscrire l'importation d'OGM. Résultat, 80 % des animaux sont nourris en partie aux OGM.

Le gouvernement a été saisi du sujet par lettre recommandée en juillet 2014, et a passé le relais à l'administration (la DGPR [2]) qui doit statuer sur le sujet. C'est le moment de montrer notre force en signant ici : www.consommateurspascobayes.com

Pour en savoir plus sur cette action, rendez-vous ici.

Bien à vous,

Augustin de Livois

PS 1 : Le programme du congrès des Herboristes est disponible ici.

Vous pouvez vous inscrire à l'événement ici.

Vous êtes herboriste, acteur de la filière ou association ? N'hésitez pas à tenir un stand ! Pour plus d'informations, contactez-nous par mail à l'adresse suivante : adelivois@ipsn.eu

PS 2 : Les inscriptions sont ouvertes pour la conférence de Luc Bodin « Soigner avec l'énergie » qui aura lieu à Louvain-la-Neuve, Place du Cardinal Mercier 10-12. La conférence débute à 19 heures. (Accueil à partir de 18 h 15).
Programme et inscriptions ici.

Sources

[1] Le tout est ce que l'on appelle une formulation.

[2] Direction Générale de la Prévention des Risques

 

Pesticides toxiques : annulation de la condamnation de l'Etat à indemniser un agriculteur

Le Monde.fr avec AFP | 06.03.2015

 http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/06/pesticides-toxiques-annulation-de-la-condamnation-de-l-etat-a-indemniser-un-agriculteur_4589054_3244.html#8wqRY3iysZPDljEj.99

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/06/pesticides-toxiques-annulation-de-la-condamnation-de-l-etat-a-indemniser-un-agriculteur_4589054_3244.html#2cQ9ctShIr4aBLPL.99

la Cour de cassation a annulé, vendredi 6 mars, la condamnation de l'Etat à indemniser un agriculteur atteint d'un cancer provoqué par des substances toxiques contenues dans des pesticides et herbicides. Elle a renvoyé le litige devant la cour d'appel de Metz, a expliqué l'avocat de la victime, à une date non encore déterminée.

Dominique Marchal, céréalier en Meurthe-et-Moselle, a développé en 2002 un syndrome myéloprolifératif, une pathologie du sang reconnue comme maladie professionnelle en 2006 par le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Epinal. L'Etat, à travers son fonds de garantie, avait été condamné en avril 2012 par la commission d'indemnisation des victimes d'infractions d'Epinal à dédommager l'agriculteur.

La décision avait été confirmée l'année suivante par la cour d'appel de Nancy, qui soulignait les fautes des fabricants de produits phytosanitaires. L'avocat du plaignant, François Lafforgue, avait à l'époque expliqué qu'il s'agissait de la première condamnation de ce type en France.

Mais, saisie d'un pourvoi formé l'Etat, la Cour de cassation a annulé la décision en considérant la nouvelle réglementation réputée « plus douce », après l'abrogation en 2001 de certaines dispositions concernant les produits phytosanitaires, devait s'appliquer, y compris aux faits antérieurs à l'évolution législative.

 

"Intérêts des fabricants de pesticides »

 

« C'est un argument qui nous paraît biaisé. Cette décision s'inscrit dans un cadre plus général de protection des intérêts des fabricants de pesticides, au détriment de la santé publique », a déploré Me Lafforgue.

En première instance, les juges avaient estimé que « dès 1982 les fabricants de produits phytopharmacologiques ne pouvaient ignorer que leurs produits contenant du benzène exposaient leurs utilisateurs au risque grave de contracter ce type de maladie ».

Une vingtaine de produits, principalement des herbicides et pesticides, commercialisés par sept fabricants, contenaient notamment du benzène, reconnu cancérigène.

Lire notre synthèse : Pesticides : risques avérés de cancers, infertilité, malformations

Anses : nouvelles responsabilités, nouveaux enjeux pour 2015

L'agence de sécurité sanitaire va se voir confier à compter de juillet 2015 la délivrance des autorisations de mise sur le marché des pesticides. L'occasion de se réorganiser pour garantir son indépendance et le suivi sur le terrain.

Comme le prévoit la loi d'avenir agricole publiée en octobre 2014, la procédure de mise sur le marché des pesticides va évoluer dans le courant de l'année 2015. A compter du 1er juillet prochain, ce n'est plus le ministère de l'Agriculture qui autorisera ou non de nouveaux produits phytosanitaires mais l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). L'Anses sera par conséquent chargée à la fois d'évaluer le risque de ces produits et de prendre la décision de mise sur le marché. Une position de juge et partie qu'elle est loin d'approuver mais avec laquelle elle va devoir composer pour l'examen de 2.000 dossiers chaque année. Selon ses promoteurs, ce transfert de compétence évitera une double instruction des dossiers "superflue et coûteuse" et source de retard du côté du ministère de l'Agriculture.

Garantir l'indépendance de l'expertise

 
Les études attendues pour 2015 Mi-2015 :
- Mortalité des abeilles
- Qualité de l'air dans les enceintes ferroviaires souterraines
- Méthodologie pour l'évaluation des risques des nanomatériaux
- Classification harmonisée (CLP) pour le dioxyde de titane (TIO2)

Fin 2015 :
- Exposition aux produits chimiques via les jouets et les articles de puériculture
- Utilisation domestique des pesticides
- Rapport d'expertise sur 6 perturbateurs endocriniens
- Rapport d'expertise sur des phtalates et des perfluorés
- Exposition des enfants aux radiofréquences
- Risques sanitaires des basses fréquences de l'éolien
- Exposition aux pesticides dans l'air
- Risques liés à la présence d'amiante dans des enrobés routiers
- Etiquetage des produits d'ameublement (COV)
- Moisissures et air intérieur
- Analyse des techniques d'épuration d'air intérieur

Après 2015 :
- Impact sanitaire des nitrates dans l'eau
- Etat des connaissances pour l'électrohypersensibilité
- Expertise sur les particules de l'air ambiant
 
"Cette nouvelle mission s'accompagne d'un défi : se doter d'une organisation interne efficace visant à concilier l'indépendance de l'expertise scientifique et la gestion des autorisations", admet Marc Mortureux, directeur général de l'Anses. Pour cela, l'Agence mise sur la création de deux directions distinctes : l'une chargée de l'évaluation des risques, l'autre chargée de la prise de décision et de la gestion des autorisations de mise sur le marché (AMM). L'Anses qui emploie actuellement une centaine de personnes, entend renforcer ses équipes de 10 équivalents temps plein.

Comme le prévoit la loi, pour prendre sa décision, "le directeur général de l'agence pourra consulter le comité de suivi des autorisations de mise sur le marché". Un décret doit définir sa composition. Par ailleurs, la loi prévoit que le ministre chargé de l'agriculture peut s'opposer à une décision de l'Anses et lui demander un nouvel examen du dossier. Objectif de cette précision ? Permettre au ministre de l'Agriculture de défendre les intérêts agricoles et les filières concernées par les interdictions de pesticides.

Centraliser les informations de terrain

Ce transfert de compétence à l'Anses s'accompagne d'une mission de surveillance accrue de l'utilisation des produits autorisés et de leurs impacts. "Nous allons nous donner les moyens de contrôle, d'inspection pour vérifier que les conditions de mise en œuvre des produits correspondent au dossier soumis", prévient Marc Mortureux. C'est dans ce cadre qu'un dispositif de phytopharmacovigilance, assurant le recueil de toutes les données disponibles sur l'impact de l'utilisation des produits, tant sur la santé humaine que la faune, la flore et les milieux de l'environnement, sera mis en place par l'Agence. Cette dernière n'a pas vocation à se déployer sur le terrain pour collecter les données. "Il s'agit plutôt de concentrer et de mieux structurer la remontée des données pour qu'elles soient cohérentes et exploitables ; et surtout de renforcer l'interprétation d'un point de vue sanitaire des données apportées par les différents dispositifs ou systèmes d'information", détaille Marc Mortureux. 2,5 millions d'euros par an y seront consacrés. Pour le directeur de l'Anses, "l'objectif est d'être proactif au niveau de l'Europe" si jamais des impacts sanitaires ou environnementaux émergent.

Traduire les engagements de l'Etat

Outre assurer la continuité des travaux des années antérieures, le programme de travail 2015 de l'Anses s'inscrit, pour une très large part, dans les objectifs des différents plans nationaux : Plan national Santé Environnement 3 (PNSE 3), Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) et la feuille de route santé-environnement faisant suite à la conférence environnementale de novembre dernier. Dans le cadre du PNSE 3 qui entre en vigueur cette année, l'Anses poursuivra ses travaux sur les perturbateurs endocriniens, les nanomatériaux, les champs électromagnétiques, les éoliennes et les infrasons, et la qualité de l'air. L'Agence entend également "participer activement" à l'élaboration du Plan santé travail 3.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 05:09

Le journal de l'environnement

Perturbateurs endocriniens: on ne peut plus dire qu’on ne sait pas

Le 05 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg

15 à 20.000 substances chimiques sont "inventées" chaque jour.
15 à 20.000 substances chimiques sont "inventées" chaque jour.
Buchet-Chastel

 

Pour la première fois, un ouvrage didactique fait le point sur notre exposition réelle à cette pollution invisible et diablement toxique.

Les lecteurs du JDLE les connaissent. Derrière cette «qualité» générique de perturbateurs endocriniens (PE) se cachent des milliers de molécules, de substances chimiques qui peuplent désormais notre corps et dérèglent notre système hormonal.

Invisibles, ils sont des constituants de notre vaisselle, de nos médicaments, de produits de beauté, d’objets en plastique, de conserves alimentaires, de vêtements, et j’en passe. En quelques décennies, les industriels producteurs ont, sans précaution ni régulation, contaminé notre environnement, notre alimentation et notre intimité. Fort logiquement, épidémiologistes et médecins constatent aujourd’hui une forte progression de maladies chroniques, de cancers, de pubertés précoces, de malformations, de diabète, d’obésité, d’autisme.

Le tout coûtant un argent fou à la collectivité.

35 millions de substances chimiques

C’est cette incroyable et véridique histoire que racontent François Veillerette (l’animateur de l’association Générations futures) et Marine Jobert (journaliste au JDLE), dans un livre nerveux et passionnant[1]. Déjà connu pour son opus sur les gaz de schiste[2], le duo ne se contente pas d’exposer un formidable problème de santé publique. Mais surtout son caractère quasi inextricable.

Depuis qu’elle a assis son développement et son confort sur la chimie, l’humanité baigne dans un univers multi-moléculaire. «L’Eawag, un institut suisse de recherche sur l’eau, a recensé 35 millions de substances chimiques disponibles. Sur ce total, l’Union européenne en réglemente 100.000, via Reach, mais ne dispose d’étude de toxicité que pour 200 produits», rappelle Marine Jobert.

A ce manque criant de connaissance s’ajoute l’inadaptation de l’expertise officielle. «L’un des problèmes posés par les perturbateurs endocriniens est que leur toxicité n’est pas forcément en rapport avec la dose reçue par un individu. D’autre part, les effets peuvent se manifester des décennies après l’exposition, voire sur la descendance de la personne contaminée. Sans oublier les possibles effets-cocktail», explique François Veillerette.

Exit Paracelse

On est loin de la dose qui fait le poison, axiome cher à Paracelse. C’est pourtant toujours ainsi que raisonnent experts patentés et autorités sanitaires. Ce qui explique en partie leur inaction. Voilà des années, par exemple, que la Commission européenne s’ingénie à ne pas juridiquement définir les perturbateurs endocriniens. Cette inaction vaut quelques ennuis judiciaires à l’exécutif communautaire.

Pour sa défense, l’exécutif communautaire est sous le feu des lobbies industriels. Ces derniers font valoir qu’il y a trop de substances à contrôler, qu’il n’y a pas forcément de substituts sains pour tout (on le voit bien avec le BPA, par exemple). Bref, bien avant la population, la première victime (de la régulation) des perturbateurs endocriniens, c’est l’industrie. D’autant, soulignent ses experts, que «rien n’est prouvé». «En la matière, s’alarme Marine Jobert, les entreprises procèdent avec les perturbateurs endocriniens comme avec le tabac ou l’amiante: elles distillent le doute. Et réussissent souvent à convaincre les autorités de ne pas tenir compte des avancées de la science, laquelle pourtant est de plus en plus formelle.»

Discrétion médiatique

Véritable mal du siècle (et pour longtemps encore), le perturbateur endocrinien fait pourtant rarement la une de la presse, fut-elle médicale. «Les effets les plus visibles des PE sont les micro-pénis des jeunes garçons ou des testicules qui ne descendent pas. Ce n’est pas assez spectaculaire», veut croire la journaliste.

Est-ce en raison de cette discrétion médiatique que le personnel politique s’intéresse aussi peu au sujet? Qui, à part des francs-tireurs comme Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Michèle Rivasi ou Jean-Louis Roumegas, veut réduire notre risque d’exposition aux perturbateurs endocriniens? Ne cherchez pas. Personne.

 



[1] Perturbateurs endocriniens, la menace invisible, par Marine Jobert et François Veillerette, Buchet-Chastel.

[2] Le vrai scandale des gaz de schiste, par Marine Jobert et François Veillerette, éditions Les liens qui libèrent

 

Dans l’UE, le coût écrasant des perturbateurs endocriniens

Le 05 mars 2015 par Romain Loury

 http://www.journaldelenvironnement.net/article/dans-l-ue-le-cout-ecrasant-des-perturbateurs-endocriniens,56305

  

Jusqu'à 2,1% du PIB européen

Jusqu'à 2,1% du PIB européen

Les perturbateurs endocriniens pourraient coûter à l’Union européenne (UE) 157 milliards d’euros par an, ont révélé jeudi 5 mars plusieurs experts mondiaux. Une estimation certes approximative, mais peut-être en-deçà de la réalité.

Disponibles en libre accès sur le site du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, les chiffres présentés jeudi au congrès annuel de l’Endocrine Society, qui se tient à San Diego (Californie), donnent le vertige: en tout, les perturbateurs endocriniens coûteraient 157 milliards d’euros à l’UE, jusqu’à 269 milliards d’euros dans l’hypothèse la plus haute. Soit de 1,2% à 2,1% du PIB européen.

D’après les experts, qui comptent les plus grands noms de la recherche sur le sujet, c’est le handicap intellectuel des enfants, lié à l’exposition in utero aux pesticides organophosphorés, qui s’avère le plus coûteux: estimé à 59.300 nouveaux cas et à la perte de 13 millions de points de QI par an en Europe, il équivaut à 146 milliards d’euros. Loin derrière, l’obésité de l’adulte, avec 53.900 nouveaux cas par an du fait des phtalates, coûterait à l’UE 15,6 milliards d’euros par an.

Les perturbateurs endocriniens entraînent par ailleurs de 19.400 à 31.200 cas de troubles de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) par an, de 126 à 631 cas d’autisme, 618.000 cas d’hommes recourant à une aide à la procréation, 42.400 cas d’obésité infantile du fait de l’exposition in utero au bisphénol A, 24.800 décès d’hommes à faible taux de testostérone, et 28.200 cas de diabète.

Un chiffre encore en-deçà à la réalité?

Les experts ne pourront pas être taxés de partialité: ils n’ont retenu que des maladies dont ils ont jugé, au vu de l’écrasante littérature scientifique, qu’elles étaient au moins probablement liés aux perturbateurs endocriniens. Laissant de côté, malgré les fortes suspicions, les cancers du sein, de la prostate et du testicule, ainsi que les problèmes d’infertilité féminine, dont la prise en compte aurait probablement abouti à des résultats encore plus élevés.

«Alors que de nombreuses enquêtes démontrent l’exposition des populations aux perturbateurs endocriniens, cette étude apporte une preuve supplémentaire de la nécessité d’une action préventive forte pour se prémunir des risques des perturbateurs endocriniens en Europe», a réagi François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures [1].

Les chiffres vont très au-delà de ceux obtenus en juin 2014 par le réseau HEAL (Health & Environment Alliance), qui avait conclu à un coût de 31 milliards d’euros pour l’UE. A la différence de ces nouveaux travaux, HEAL avait inclus les cancers hormonodépendants (sein, prostate, testicule), mais avait exclus la baisse du QI, dont le poids est écrasant.

[1] Avec la journaliste Marine Jobert, François Veillerette publie un livre sur le sujet, «Perturbateurs endocriniens: la menace invisible» (éditions Buchet/Chastel), en librairie le 12 mars.

Lacs: les cyanobactéries s’installent

Le 27 février 2015 par Romain Loury

http://www.journaldelenvironnement.net/article/lacs-les-cyanobacteries-s-installent,56035

Hausse dans 61% des lacs de plaine

Hausse dans 61% des lacs de plaine
DR

Depuis le milieu du XXème siècle, les cyanobactéries, ou «algues bleues», colonisent les lacs européens et nord-américains à un rythme accéléré. Un effet du réchauffement, mais surtout de l’usage excessif d’engrais, révèle une étude internationale publiée dans les Ecology Letters.

Ces bactéries produisent des toxines qui attaquent le foie et le système nerveux, et certaines d’entre elles auraient même un effet «perturbateur endocrinien». Selon une hypothèse encore controversée dans le milieu scientifique, l’un de ces toxines, la BMAA, serait même impliquée dans des maladies neurodégénératives, dont la maladie de Charcot.

Or les cyanobactéries sont en pleine expansion depuis plusieurs décennies, révèle un consortium de chercheurs mené par Rolfe Vinebrook, biologiste à l’université d’Alberta (Edmonton). Portant sur des sédiments de 108 lacs européens et nord-américains, leur analyse, remontant à 1800, révèle un tournant vers 1945, avec une forte hausse du taux de cyanobactéries.

Une croissance que d’autres microorganismes, dont les diatomées (microalgues inoffensives), ont connue dans une bien moindre proportion. Touchant aussi bien l’Europe que l’Amérique du Nord, la poussée des cyanobactéries concerne en premier lieu les lacs de plaine, dont 61% ont vu leur taux de cyanobactéries augmenter, contre 36% des lacs de montagne.

Les engrais devant le réchauffement

La raison en est simple: ces derniers sont plus épargnés par l’excès de nutriments provenant des engrais (nitrates, phosphates). Or l’apport en nutriments explique à lui seul 57% des changements observés dans l’ensemble des lacs, contre 21% pour le réchauffement climatique, selon l’analyse mathématique des chercheurs.

«Etant donné que l’usage d’engrais devrait doubler au cours des 30 prochaines années pour combler la demande alimentaire de la planète, nous prévoyons que la qualité de l’eau va continuer à se dégrader en matière de cyanobactéries», concluent les chercheurs. Même en devenant plus sobre, il semble peu probable que les lacs retrouvent leur état préindustriel de sitôt.

 

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