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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 05:49

Ecologie

Il faut sauver l’abeille noire

Marie Astier (Reporterre)

http://www.reporterre.net/spip.php?article6217

vendredi 12 septembre 2014

L’abeille noire s’adapte facilement à divers milieux et a peu besoin d’entretien. Mais elle est menacée de disparition, alors que l’Etat veut créer génétiquement une super abeille résistante aux pesticides et aux maladies, et la plus productive possible. Des conservatoires s’emploient à sauver la race. Reportage.


- Gif-sur-Yvette (Essonne), reportage

Entre les pins et les bouleaux, le sol sablonneux est recouvert de bruyères. Le bourdonnement des abeilles ne s’apaise que quand un nuage vient cacher le soleil pour quelques minutes. Voilà « le petit coin de paradis à une heure de Paris » de Lionel Garnery, en plein cœur de la forêt de Rambouillet.

Chercheur du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), il travaille au Laboratoire Evolutions, Génomes et Spécialisations de Gif-sur-Yvette ; c’est le spécialiste de la génétique de l’abeille en France.

Revêtu de sa combinaison blanche, armé de son enfumoir, le scientifique ouvre une ruche et tire un cadre : « Regardez, elle est de couleur foncée. A la différence des abeilles d’Italie, qui ont des rayures plus jaunes et des abeilles du Caucase, qui sont grises à cause de leurs poils. » Des Pyrénées à la Pologne, l’abeille noire est la race « locale », qui, au fil de l’évolution, s’est adaptée aux climats et paysages d’Europe du Nord.

Le Conservatoire de l’abeille noire d’Ile-de-France compte désormais 350 colonies réparties en divers endroits sur les communes de Bullion, Bonnelles, Rochefort et Saint Arnoult en Yvelines.

Objectif : conserver la race

« C’est ce qu’il faut pour obtenir une taille naturelle de population, explique Lionel Garnery. Pour que l’évolution sélectionne les abeilles les plus adaptées au milieu. » Les ruches sont gérées par des apiculteurs amateurs réunis en association. Ils ne sont pas là pour récolter du miel, mais pour assurer la « conservation » de la race.

Les interventions sont donc limitées au minimum. Pas question, par exemple, de nourrir les abeilles au sirop de glucose pour les aider pendant la saison froide. « Si elles meurent, c’est qu’elles n’avaient pas assez de réserves de miel pour passer l’hiver, c’est donc qu’elles n’étaient pas adaptées à l’environnement ici », explique le scientifique.

La sélection est uniquement naturelle. Pas question, non plus, de favoriser les ruches qui produisent le plus de miel : « On doit conserver la diversité génétique : car aujourd’hui, les apiculteurs veulent des abeilles qui font beaucoup de miel. Mais peut-être que demain, ce sera du pollen. Parmi ces ruches, on doit donc trouver le maximum de caractéristiques. »

La tâche est difficile, car le conservatoire doit aussi préserver la pureté de la race abeille noire. « La majorité des apiculteurs du coin travaillent avec des abeilles importées », rappelle Lionel Garnery. Les bourdons des ruches d’abeilles caucasiennes ou italiennes peuvent facilement féconder les reines du conservatoire.

Menacée de disparition

Pour éviter cela, une zone de sept kilomètres de diamètre, soit la distance d’un vol de bourdon, a été délimitée autour du premier rucher. Dans ce périmètre, les membres de l’association travaillent avec les apiculteurs et agriculteurs pour éviter qu’ils installent des abeilles d’espèces importées. Les reines aux rayures un peu trop jaunes sont éliminées.

Car l’abeille noire est menacée de lente disparition. Comme toutes les abeilles, elle est victime des pesticides, des virus et autres parasites qui font qu’aujourd’hui environ un tiers des colonies meurent chaque année. Mais la race est aussi de moins en moins utilisée par les apiculteurs.

« Elle a mauvaise réputation, regrette Lionel Garnery. Elle est accusée d’être agressive et peu productive. Or c’est faux ! Le caractère agressif était dû au croisement avec une race importée. Quant à son manque de productivité, il est dû au fait qu’elle n’a jamais été sélectionnée à cette fin, contrairement aux autres races que l’on importe. »

La « formule 1 » de l’abeille

Résultat, aujourd’hui, la majorité des apiculteurs professionnels travaillent avec des abeilles importées. Il y a même des modes : tour à tour les italiennes et les caucasiennes ont plus ou moins de succès. Mais la « formule 1 » de l’abeille reste la Buckfast, une race issue de multiples croisements, créée par un moine allemand né au début du XXe siècle et passionné d’apiculture, le Frère Adam.

« Ses colonies avaient été décimées par un virus, l’acariose, raconte le généticien. Il est reparti des deux seules ruches survivantes puis il a fait le tour du monde pour trouver les meilleures souches d’abeilles et créer une race productive et douce. » Aujourd’hui, la race séduit dans le monde entier.

Peu à peu, l’abeille noire se croise avec ces autres races et perd sa pureté génétique, en même temps que son adaptation au milieu. « La ponte des reines est programmée génétiquement en fonction des floraisons, détaille Lionel Garnery. Elles pondent un peu avant, pour avoir le maximum de butineuses au moment où les fleurs éclosent. » Or les floraisons varient d’une région à l’autre, d’un paysage à l’autre même. Ici, sous les bouleaux, la bruyère callune fleurit en toute fin d’été.

« Il faut multiplier les conservatoires pour avoir le plus possible d’abeilles, adaptées à à un maximum de milieux différents », poursuit le chercheur. On en compte aujourd’hui une quinzaine : dans les Cévennes, dans le Limousin, dans la Loire, sur l’île d’Ouessant, etc.

Changer les pratiques pour une apiculture durable

« Je suis persuadé que l’adaptation à un milieu est un atout », insiste-t-il. L’abeille noire a ainsi besoin de peu d’entretien, à l’inverse des races importées. Par exemple, elle présente l’avantage d’avoir besoin de peu de réserves de miel pour passer l’hiver. Pas besoin de la nourrir avec du sirop de glucose, contrairement à la fameuse Buckfast. « Aujourd’hui en France, la production de miel est égale à la consommation de sucre des apiculteurs. Ils doivent sans cesse nourrir les abeilles », rappelle le scientifique.

On comprend que selon lui, interdire les pesticides dangereux pour les abeilles ne suffira pas à les sauver, il faut également faire évoluer les pratiques pour « mettre en place une apiculture durable. »

C’est officiellement le projet du gouvernement, avec son « Plan de développement durable de l’apiculture ». Un plan dont l’abeille noire ne fait pas du tout partie. Ainsi, les aides données aux apiculteurs pour reconstituer leurs colonies servent à l’achat d’abeilles importées.

« La priorité de ce plan est de relancer la profession, de faire en sorte qu’on puisse en vivre. C’est louable mais du coup on ne travaille que sur la productivité », déplore le scientifique.

Super abeille, super solution ?

« Le plan propose de prendre toutes les souches d’abeilles disponibles et de créer une super abeille qui produira beaucoup, résistera aux pesticides et aux maladies. Mais si on la perd pour une raison quelconque, qu’est-ce qui nous reste ? », s’interroge-t-il.

Et ce n’est pas le seul argument que le généticien dégaine contre cette « super abeille ». D’abord, « les apiculteurs non plus n’en veulent pas, car si l’abeille résiste aux pesticides cela veut dire que le miel n’est plus un produit sain. » Ensuite, « cette abeille sera probablement brevetée, les apiculteurs seront obligés d’acheter des souches et ne pourront plus les reproduire eux-mêmes, comme pour les semences. »

Enfin, « on risque une domestication totale de l’abeille... Et le jour où l’Homme s’en détournera, elle disparaîtra. Or elle est essentielle aux écosystèmes. »

- Lionel Garnery -

Lionel Garnery demande donc au gouvernement de « ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. » C’est ce qu’il a expliqué au responsable apiculture du ministère de l’Agriculture quand il est venu visiter son conservatoire. Il a besoin de quelques financements, car la préservation de l’abeille noire ne pourra pas fonctionner que grâce à des bénévoles.

Et en attendant, l’association teste une méthode pour inciter les apiculteurs à travailler à nouveau avec l’abeille noire. Le Conservatoire de l’abeille noire d’Ile de France a trouvé un accord avec une société locale : tous les ans, il lui fournit les meilleures souches.

Si le conservatoire refuse de faire un travail de sélection, la société, elle, peut le faire. Elle produit ainsi des reines de race abeille noire pour les vendre aux apiculteurs. « Pour l’instant la demande est supérieure à l’offre », se satisfait Lionel Garnery.


UN REPORTAGE TRÈS PIQUANT

On ne se fera plus avoir, sachez-le, les abeilles n’aiment pas être prises en photo ! Ou plus précisément, elles sont attirées par le noir, notamment celui de l’appareil photo, et donc enclines à piquer son (sa) propriétaire. Voilà pourquoi les combinaisons des apiculteurs sont blanches...


Source et photos : Marie Astier pour Reporterre

Lire aussi : Monsanto veut contrôler le business des abeilles


Cet article a été rédigé par une journaliste professionnelle et a entrainé des frais dont des baumes de soin après piqûres . Merci de soutenir Reporterre :

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 00:00

Les pesticides, source de pollution des rivières en Languedoc-Roussillon

  • Écrit par  Catherine Vingtrinier,vendredi 12 septembre 2014 15:43
  • http://www.lamarseillaise.fr/herault-du-jour/developpement-durable/31281-les-pesticides-source-de-pollution-des-rivieres-en-languedoc-roussillon
Aujourd’hui rivière en bon état, le Vistre (Nîmes) a bénéficié d’une restauration écologique. Photo DR. Aujourd’hui rivière en bon état, le Vistre (Nîmes) a bénéficié d’une restauration écologique. Photo DR. L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise

Les produits phytosanitaires sont les principaux responsables du mauvais état des cours d’eau, a insisté l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, qui présentait son rapport annuel.

« Au milieu du gué ». A l’heure de dévoiler son rapport annuel sur la qualité des cours d’eau et des nappes souterraines, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a utilisé cette image. Si « les poissons préfèrent ce bilan à celui de 2013 », a souri Martin Guespereau, directeur général, avec, cette année, « 52% de rivières en très bon et bon état », l’autre moitié s’avère être en moyen, médiocre ou mauvais état. La notion de bon état, définie par une directive européenne datant de 2000, signifie, dans une rivière, « le bon fonctionnement des processus écologiques, la présence et le maintien de la faune et de la flore aquatiques », poursuit Martin Guespereau.

Après les pollutions organiques urbaines, vaincues dans les années 2000 (obligation faite par l’Europe, à partir des années 1990, de collecter et traiter les eaux usées), « la présence de pesticides est aujourd’hui la première cause de déclassement de nos rivières », pointe le directeur général. Selon les mesures de l’Agence de l’eau, qui analyse pour son rapport trois millions de données, « on en retrouve 150 dans les cours d’eau, les plus désastreux étant les herbicides, notamment le Roundup. Il se vend plus de 4 000 tonnes par an de ce produit sur la zone étudiée. En Roussillon, les concentrations peuvent dépasser 200 fois la norme autorisée pour l’eau potable... ». La vie aquatique : microflore, microfaune, n’y résiste pas. Or celle-ci a un rôle essentiel dans les cours d’eau : elle assure l’épuration des eaux, leur sécurité sanitaire. Pire, 36 pesticides interdits depuis dix ans à cause de leur toxicité (cancérigènes) et de leur trop importante durée de vie dans l’environnement, se retrouvent dans un quart des analyses des rivières. Leur concentration connaît des ressauts en période d’épandage dans les zones viticoles, notamment en Languedoc-Roussillon... Des concentrations maximales ont par exemple été relevées sur le Lirou, à Béziers. « Sur les pesticides, il faut vraiment agir à la source, et limiter l’utilisation de ces produits », insiste Michel Deblaize, directeur de l’Agence de l’eau Languedoc-Roussillon. A Vacquières, village viticole du nord de Montpellier, « nous obtenons de bons résultats. Nous avons sensibilisé les agriculteurs à la nécessité de cibler et limiter le nombre de traitements, laisser enherbée une rangée sur deux, bref préférer un travail mécanique même s’il est un peu plus onéreux plutôt que le recours à ces produits. » L’exemple de Vacquières est celui d’un captage d’eau. Mais les utilisateurs de pesticides ne sont pas que les agriculteurs. Les villes aussi y ont recours, et les particuliers. On estime que 60% des usages domestiques de ces produits « retournent au milieu »... En Languedoc-Roussillon, la pollution aux nitrates « n’a rien à voir avec ce qui existe en Bretagne. Il n’y a pas de phénomène d’algues vertes en Méditerranée », pose Martin Guespereau. De « fortes concentrations » ont cependant été mesurées « juste au début de l’Hérault, et sur l’étang de l’Or, à Marsillargues. »

Catherine Vingtrinier

Publié dans Développement durable
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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 04:02

OGM et pesticides: le désastre argentin, la guerre transatlantique

| Par Paul Moreira

http://www.mediapart.fr/article/offert/f1f1a1a96ccfe6dfae24ed00d9cf3a35

 

Les OGM permettent d'utiliser moins de pesticides et de produits chimiques: c'est l'argumentaire de l'industrie transgénique. Problème: il est faux et l'Argentine, massivement convertie au soja OGM, est en train d'en payer le prix fort sur le plan sanitaire et agricole. Le journaliste Paul Moreira en revient, avec un documentaire diffusé lundi sur Canal+. Enquête et extraits.

    

Manuel Valls est un chaud partisan des OGM. Dans son programme pour la primaire socialiste en 2011, intitulé « l'abécédaire de l'optimisme », il en vantait les bienfaits. Pour l'environnement notamment. Les OGM, expliquait-il, permettaient d'utiliser chaque fois moins de pesticides et de produits chimiques dangereux (voir sa vidéo en cliquant ici). C'est exactement le message que répand partout l'industrie transgénique. Toujours plus d'OGM, c'est toujours moins de pesticides...

Avec cette promesse, elle a conquis presque toute la planète. Une poignée de pays européens traîne encore les pieds. Mais pour combien de temps ? Depuis le début de la conquête transgénique, le gouvernement américain s'est littéralement mis au service de la firme Monsanto. Et lors des prochaines négociations du traité transatlantique de libre-échange (ou TAFTA), les OGM risquent d'être imposés partout en Europe.

Quinze ans se sont écoulés depuis l'arrivée de l'agriculture transgénique. C'est assez de recul pour pouvoir évaluer la véracité des promesses. Les OGM demandent-ils vraiment toujours moins de produits chimiques ? Si c'est le cas, c'est une aubaine du point de vue de l'écologie et de la santé. Car, on le sait maintenant, les pesticides sont un poison dangereux. Pour se faire une idée, il y a deux méthodes. S'en tenir à la lecture des études menées par les firmes transgéniques qui garantissent l'innocuité de leurs produits et de leur modèle agricole. Ou bien, aller voir sur place... Entre décembre 2013 et juin 2014, j'ai visité la face cachée du modèle transgénique.

Je m'étais déjà intéressé aux OGM, il y a quinze ans, pour l'émission 90 minutes, sur Canal Plus. J'ai même été l'un des derniers journalistes critiques à avoir la chance de pénétrer avec une caméra dans les laboratoires de Monsanto. J'avais eu droit à une visite guidée, surveillée de très près par un homme de la communication. Mon guide, Ted, m'avait expliqué la technologie des plantes modifiées.

« This is good technology ! Super technology ! » Ted jouait l'enthousiasme. Il était payé pour. Il s'était attardé devant le « pistolet à gènes », la machine « la plus cool » de leur laboratoire. Elle projetait un gène dans une plante avec un petit bruit sec de pistolet à air comprimé. Rigolo, non ?...

Mais devant un plant de soja, Ted avait remarquablement accéléré le débit de son explication, jusqu'à la rendre incompréhensible. Le soja était « résistant à un herbicide »... En vérité, je n'avais pas compris le mécanisme. Faute professionnelle. Je devrais le savoir, quand le discours devient opaque, c'est qu'il dissimule une information importante. L'info, c'était « plante génétiquement modifiée pour résister à un herbicide »... L'agriculteur peut planter sans avoir à labourer et arracher les mauvaises herbes. Pour ça, il lui suffit d'arroser son champ d'herbicide. Le pesticide brûle tout sauf la plante OGM. Je ne voyais pas le problème...

À l'époque, je m'intéressais exclusivement aux questions de brevets. J'étais fasciné par l'idée qu'une firme puisse breveter le vivant comme un logiciel. J'avais négligé les dangers potentiels pour la santé. Ils ne semblaient pas réels. Je me trompais.

Ce qu'il fallait comprendre, c'est que les OGM n'existent pas sans produits chimiques. C'est un couple indissociable. Quand Monsanto vend ses OGM, il vend surtout des millions de litres de Round Up Ready, son herbicide à base de glyphosate. Sans lui, les plantes OGM seraient asphyxiées par les mauvaises herbes. Aujourd'hui, cette technique, le soja résistant à l'herbicide, est au centre d'une future catastrophe. C'est ce que j'ai vu dans les plaines d'Argentine, quinze ans plus tard.

L'Argentine a entamé sa course au transgénique depuis 1996. Elle a multiplié sa surface cultivée par trois en quinze ans. Un triomphe du point de vue financier. Le soja OGM massivement exporté vers l'Europe a permis à l'Argentine de retomber sur ses pieds économiquement. Aujourd'hui, c'est quasiment 100 % du soja produit en Argentine qui est OGM, et qui résiste au glyphosate.

On devrait dire « qui résistait au glyphosate ». Car il ne résiste plus. Hector Rainero est fonctionnaire à l'INTA, l'Institut national de technologie agricole. Cette institution gouvernementale a convaincu les agriculteurs argentins d'adopter les plantes OGM. Aujourd'hui, il reconnaît l'échec : « À force d'être attaquées au glyphosate jusqu'à quatre fois par an, les mauvaises herbes se sont adaptées, elles ont muté, elles sont devenues elles aussi résistantes à l'herbicide. Alors, pour en venir à bout, il faut augmenter les doses, rajouter des produits chimiques, chercher de nouveaux cocktails. Heureusement, les firmes transgéniques nous aident beaucoup... »

Les sols argentins sont imbibés de combinaisons d'agrotoxiques. De l'aveu même du gouvernement, personne n'a étudié l'impact sanitaire de ces combinaisons chimiques, leur synergie, leurs effets combinés. Sur un tracteur d'épandage, j'ai découvert des fûts de Round up mélangés à de l'Atrazine, un agrotoxique interdit en Europe (il change le sexe des grenouilles...) et du 2,4 D, un des composants actifs de l'agent Orange, le célèbre défoliant militaire qui a provoqué des vagues d'enfants déformés au Viêtnam.

Aujourd'hui au Danemark, demain en France ?

Dans la province du Chaco, ces méthodes ont un coût humain. Dans certains villages agricoles, près des champs OGM, le nombre des enfants difformes a été multiplié par trois depuis l'explosion du transgénique. Le gouvernement argentin n'a déclenché aucune étude médicale pour connaître la cause de ces difformités. Il prend les choses avec fatalisme. Viviana Perez qui élève une fille de 12 ans frappée d'une grave affection génétique inconnue dit : « J'ai mille fois eu envie de baisser les bras. Mais, non, jusqu'à ce que Dieu en décide autrement, je dois continuer... »

Alejandro Mentaberry, vice-ministre des sciences argentin et partisan des OGM, ne nie pas l'existence de cette vague d'enfants malades. C'est le prix du miracle argentin : « Malheureusement, il y a toujours des victimes dans ce genre de processus, c'est inévitable... », concède-t-il.

Si, au gouvernement, personne ne connaît l'impact de ces cocktails, il est difficile d'imaginer que chez Monsanto, on ne s'y intéresse pas. Mais Monsanto ne souhaite pas commenter cette défaillance de sa technologie. Ni les conséquences possibles de mélanges avec des produits toujours plus durs. Le groupe Monsanto s'est fermé totalement aux regards extérieurs s'ils sont suspects d'être critiques. Leur politique de communication est stricte. Éviter d'exposer les gens de l'industrie dans les « killing fields », les zones de feu que sont les interviews polémiques. Un document interne leur conseille d'utiliser plutôt des experts, des figures emblématiques, des gens qui sont des histoires à eux tout seuls et qui peuvent répliquer « au feu par le feu » (lire ici ce document sur leur stratégie de communication).

Nous avons rencontré l'un des agents d'influence les plus mis en avant par l'industrie transgénique : Patrick Moore. Officiellement, c'est un écologiste, un ancien de Greenpeace.

Il dit aujourd'hui promouvoir le riz doré OGM afin de combattre les carences en vitamine A dans le tiers-monde. Mais il prend la défense de l'industrie transgénique avec virulence, quel que soit le sujet. L'industrie transgénique tente de nier autant que possible la réalité sanitaire qui frappe l'Argentine. Elle tente d'effacer les zones de soupçon en affirmant que ses produits sont testés. Mais il suffit de suivre la trace du soja OGM, jusqu'en Europe, pour continuer à avoir des doutes.

Au Danemark, les élevages de porcs sont confrontés à la « mort jaune », une épidémie inexpliquée de diarrhée violente tuant jusqu'à 30 % des porcelets. Elle pourrait être liée à une agression contre certaines bactéries du système digestif. Des centaines de bêtes meurent de maladies gastriques aux causes inconnues. Là-bas, les bêtes sont nourries à 100 % aux OGM. Certains fermiers mettent en cause le combo transgénique : soja OGM+herbicide glyphosate. Une poignée d'entre eux, comme Ib Pedersen, a abandonné les OGM et affirme que leurs bêtes se portent mieux. Le gouvernement a demandé à une université d'agronomie d'évaluer l'impact du glyphosate sur les bactéries digestives.

Le problème pourrait dépasser le royaume du Danemark. En France, il faut savoir qu'il y a une chance sur deux pour que la côtelette de porc que nous mangeons vienne d'une bête nourrie au soja transgénique. La moitié des bêtes d'élevage françaises sont nourries aux OGM. Pourquoi alors, aucun éleveur, aucun magasin, aucun importateur de nourriture animale n'accepte d'en dire un mot ? Que craint-on ? Un nouveau scandale alimentaire ? Xavier Beulin, le président de la FNSEA, le reconnaît : « Il y a une omerta en la matière car les éleveurs ont été trop exposés dans des scandales à répétition dont ils n'étaient pas responsables. »

L'enjeu du traité transatlantique

Nous vivons au cœur de la grande guerre du transgénique. Elle est restée invisible mais n'en est pas moins violente. Grâce aux câbles diplomatiques américains dévoilés par Wikileaks en 2012, on sait que le gouvernement américain s'est littéralement mis au service de l'industrie transgénique, a exercé des pressions, amicales ou plus musclées, pour que Monsanto puisse s'imposer partout. Nous avons pu reconstituer certains épisodes de cette offensive du soft power pro-transgénique.

Ainsi, en France, en 2007, l'ambassadeur Craig Stapleton a monté une réunion secrète entre des représentants des firmes transgéniques et un patron de l'agriculture française pour élaborer une stratégie commune. J'ai retrouvé cet agriculteur. Il raconte qu'il fallait faire plier le gouvernement français et réduire l'influence de José Bové dont le nom apparaît des dizaines de fois dans les câbles (ces documents peuvent être lus ici). Il existe au ministère américain des affaires étrangères un homme dont le rôle exclusif est d'assurer la promotion du transgénique. Il s'appelle Jack Bobo. Il l'a expliqué lors d'une conférence dans une université américaine : « Le transgénique est pour nous une affaire de sécurité nationale... » Voir, ci-dessous, sa conférence à Cornell University, en décembre 2013.

Le prochain épisode de la grande guerre du transgénique se jouera très certainement lors des négociations du traité transatlantique de libre-échange. Ce traité commercial vise officiellement à harmoniser les normes sanitaires et réglementaires entre les États-Unis et l'Europe. S'il venait à être imposé selon les termes que souhaitent les Américains, il serait sans doute difficile de refuser les importations d'OGM au nom du principe de précaution. Il serait même probablement impossible de les étiqueter pour en informer le public. L'industrie transgénique considère l'étiquette OGM comme une « atteinte au droit à rester silencieux » et poursuit l'État du Vermont qui a osé l'autoriser dans les supermarchés. L'étiquette OGM était l'une des promesses de campagne de Barack Obama. Elle n'a toujours pas été imposée au niveau fédéral.

Après la signature du traité, s'il est signé, de nouveaux acteurs vont rentrer en jeu : les arbitres. Si une firme estime qu'un État ne respecte pas sa liberté de commerce, elle peut demander réparation devant une cour arbitrale. Il ne s'agit pas de juges mais d'anciens avocats d'affaires ou de lobbyistes, spécialistes du droit commercial. À titre d'exemple, Daniel Price, un ancien lobbyiste de Monsanto, est arbitre. Price intervient notamment dans le cas Philip Morris contre l'État de l'Uruguay. Le gouvernement uruguayen imposant des avertissements santé un peu trop gros sur le paquet de cigarettes, la multinationale du tabac le poursuit.

Corinne Lepage, ex-députée européenne, qui s'est battue contre le projet de traité transatlantique explique : « Si demain Monsanto n'accepte pas que la France étiquette leurs OGM ou les refuse, ils nous poursuivront devant des arbitres et demanderont des centaines de millions de dollars de dommages et intérêts. Pour discrimination commerciale... C'est une guerre qui ne dit pas son nom. » Évidemment, dans ce monde nouveau, l'avis des citoyens français, majoritairement réticents à consommer des OGM, est totalement facultatif...

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« Bientôt dans vos assiettes ! (de gré ou de force...) », un documentaire de Paul Moreira
Diffusion lundi 1er septembre à 20 h 50, Canal plus.

Paul Moreira est journaliste. Plusieurs fois remarqué et primé pour ses enquêtes, il est le fondateur de Premières Lignes, agence de presse et société de production audiovisuelle qui travaille avec plusieurs magazines d'enquête des chaînes de télévision.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 07:02

http://19.r.mailjet.com/nl/0o/0y7zl.html?[[UNSUB_PARAMS]]

 

Epandages aériens...
une consultation pour rien !!?


Du 23 juin au 15 juillet, une consultation publique visant à « interdire » les épandages aériens a été initiée par les Ministères de l'agriculture, de la santé et de l'écologie.

Face à ce projet d'arrêté inique, l'association Agir pour l'Environnement a mobilisé son réseau au travers d'une cyber-pétition "Stop aux épandages aériens".

Sur les 17 729 courriels reçus par le ministère de l'Agriculture :

  • 17 682 émanent de la cyberpétition mise en ligne par Agir pour l'Environnement.
  • Seuls 14 messages "soulignent la nécessité de l'épandage aérien pour certaines cultures", soit 0,08% des réactions.

Alors qu'Agir pour l'Environnement réclamait une interdiction définitive des épandages aériens ou qu'à défaut d'interdiction, l'arrêté définisse un périmètre de sécurité de 500 mètres autour des zones traitées sans habitations ni lieux accueillant un public sensible, la synthèse issue de cette consultation est aussi simple que lapidaire. Aucune modification substantielle n'est proposée !

Une fois de plus, une consultation cosmétique a été initiée afin d'entériner une décision vraisemblablement déjà prise avant le lancement de cette consultation.

C'est un véritable déni de démocratie et une gifle à toutes celles et ceux qui estiment qu'une consultation a pour objet de recueillir l'avis des citoyens et non pas justifier une décision déjà prise. Manifestement, les ministères de l'Agriculture, de la Santé et de l'Écologie prêtent une oreille très attentive à 14 « épandeurs » dont la réaction semble fort peu désintéressée !

Agir pour l'Environnement appellent les trois ministères cosignataires du futur arrêté à ne pas tenir compte de cette « synthèse » rédigée par et pour le lobby des pesticides.


Ne laissez pas les ministres profiter des vacances pour prendre des décisions scandaleuses !!
Maintenez la pression en envoyant une carte anti-pesticide aux:

  • Ministre de l'agriculture, 78, rue de Varenne 75349 Paris SP 07
  • Ministre de la santé, 14, avenue Duquesne 75350 Paris SP 07
  • Ministre de l'écologie, 246, boulevard Saint Germain 75007 Paris
[proposition de texte à recopier]

Du 23 juin au 15 juillet, vous avez mis en ligne une consultation publique afin de receuillir l'avis des citoyens. Comme 17 682 autres personnes (soit 99,92% des avis que vou avez reçus), je me suis exprimé-e en faveur d'une interdiction stricite de l'épandage aérien de pesticides au regard de leurs effets sur la santé et leurs impacts écologiques.

La synthèse mise en ligne à l'issue de cette consultation ne tient aucunement compte de mon avis, ce que je regrette vivement. Je vous demande instamment d'entendre la protestation citoyenne qui s'est exprimée à l'occasion de cette consultation publique.

Comptant sur votre écoute, je vous prie d'agréer, Mesdames et Monsieur les Ministres, l'expression de nos sentiments les plus respectueux.

Votre signature

[une carte postale achetée et envoyée de votre lieu de vacances fera également tout à fait l'affaire...]

// Soutenez-nous dans notre combat contre les épandages aériens de pesticides : Adhérez

Plus nous sommes nombreux, plus nous avons d'impact.
Plus nous avons de soutiens, plus nous pouvons multiplier nos actions pour une planète vivable.
 

Une adhésion et des cadeaux militants de bienvenue !

Entre le 26/06 et le 04/07/2014, pour une adhésion en ligne supérieure à 30€ vous recevrez :
  • Un reçu fiscal vous permettant de déduire de vos impôts 66% du montant de votre don : votre dépense réelle serait alors de 10,20€ pour un don de 30€ ;
  • + nos campagnes cartes pétitions pendant 1 an ;
  • + Trois cartes postales illustrées
  • + l'affiche - Marre des pesticides ! ;
  • + le badge - Pesticides, non merci ! ;
  • + l'autocollant - Pesticides, non merci !
ou
http://www.agirpourlenvironnement.org/adherer
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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 07:00

"Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture." 

Pour comprendre en Languedoc-Roussillon ,l'ampleur et  l'enjeu  silencieux du déclin  des populations de butineurs (Abeilles ,papillons ...)  ,lisez ci-dessous l' article du monde,

-et voyez cette vidéo  http://www.lemonde.fr/planete/video/2014/08/02/le-declin-des-abeilles-explique-en-3-minutes_4465947_3244.html

Aussitot vu,c'est aussitot compris :

-Il est nécessaire  de diffuser et de  pétitionner  ,afin de bloquer entre autre , l’avancée de tous les dossiers de plantes génétiquement modifiées nectarifères ou pollinifères:

 http://www.ogm-abeille.org/#petition

 

-Article du Monde du 5 Aout 2014:

Le Monde.fr avec AFP 

Ils craignent que la filière apicole ne se fragilise jusqu'à un point de non-retour. Les apiculteurs de Languedoc-Roussillon ont lancé, mardi 5 août, un cri d'alarme face à la baisse de la production et demandent un appui financier de l'Etat et des collectivités. Dans leur communiqué, la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) et l'Adapro-LR (Association de développement de l'apiculture professionnelle) dressent le constat suivant :

« Deux ou trois années de difficultés et les aléas climatiques de 2014 poussent de nombreux apiculteurs du Languedoc-Roussillon à se questionner sur l'avenir de leur activité. Avec une perte moyenne de la moitié de la production régionale, soit un manque à gagner d'environ 10 millions d'euros, la situation est particulièrement alarmante et la saison 2014 s'avère de très mauvais augure. »

Selon les apiculteurs, la sécheresse, conjuguée aux problèmes récurrents (varroa, frelon asiatique, intoxications, maladies), a impliqué « des coûts supplémentaires pour combler les besoins alimentaires des abeilles » et « se répercutent aujourd'hui gravement sur la saison ». Ainsi, en fonction des miellées,« la diminution de production va de - 35 % (colza) jusqu'à - 92 % (garrigue), pendant que le châtaignier, l'une des miellées apportant des volumes très importants, diminue de 40 % ».

Lire aussi la synthèse : En France, la production de miel est en chute libre

LE TORYMUS, UNE SOLUTION NATURELLE

Pour ces professionnels, le miel des châtaigniers est d'autant plus en danger que s'ajoute une autre calamité, le cynips du châtaignier, un parasite qui « s'étend de plus en plus dans la région »« Si rien n'est fait, la production de châtaignes [et de miel de châtaignier] peut être réduite à néant en l'espace de deux à trois ans », soulignent les deux organismes, affirmant qu'il existe « une solution pour réduireson impact », en l'occurrence « l'introduction d'un prédateur naturel, le torymus »,mais qu'il « doit être mis en œuvre le plus tôt possible ».

« Il y a quatre ans, la région produisait 40 000 tonnes de miel. L'an passé, nous en avions 15 000, et cette année nous en aurons sûrement encore moins », a estimé Eric Lelong, apiculteur chargé de ce dossier à la FRSEA et à l'Adapro-LR.

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 13:31

Pesticides : les écologistes satisfaits, l'UMP en colère

 

Les écologistes sont satisfaits de l'introduction de la restriction de l'épandage des pesticides dans le projet de loi sur l'agriculture, rejetée par l'UMP.

http://www.rtl.fr/actu/politique/pesticides-les-ecologistes-satisfaits-l-ump-en-colere-7773099501

Stéphane Le Foll, invité de RTL, mardi 24 juin 2014
Crédit : Damien Rigondeaud / RTL.fr
Stéphane Le Foll, invité de RTL, mardi 24 juin 2014

La restriction de l'épandage des pesticides à proximité des écoles ou d'autres lieux sensibles, introduite dans le projet de loi sur l'avenir de l'agriculture, a été saluée ce lundi par les écologistes mais dénoncée par l'UMP comme un "raisonnement simpliste".

A la suite d'un amendement gouvernemental voté en commission, le projet de loi, dont la deuxième lecture à l'Assemblée a démarré ce lundi après-midi, subordonne l'épandage près des lieux sensibles "à la mise en place de mesures de protection adaptées telles que des haies, des dispositifs anti-dérive ou des dates et horaires de traitement permettant d'éviter la présence de personnes vulnérables lors du traitement".

"Nous nous inscrivons dans le Grenelle de l'environnement"

Lorsque de telles mesures ne peuvent pas être mises en place, le texte prévoit que "l'autorité administrative détermine une distance minimale adaptée en-deçà de laquelle il est interdit d'utiliser ces produits à proximité de ces lieux", selon le texte.

Défendant une motion de rejet du projet de loi, le député UMP Antoine Herth s'en est pris au "procès de la chimie des plantes qui est ouvert, et uniquement à charge". "Qui dans cet hémicycle osera prétendre que les pesticides apportent aussi un bénéfice à l'humanité? Personne sauf à se faire traiter d'assassin en puissance!", a-t-il dénoncé, relayant ainsi le discours de la FNSEA, syndicat majoritaire des exploitants agricoles.

"Nous nous inscrivons dans le Grenelle de l'environnement que vous avez adopté. Il faut rester cohérent", lui a répondu le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, désireux "d'être clair sur l'objectif de protection des personnes" tout "en permettant aux agriculteurs de protéger leur culture".

Cohabitation

"Il ne se passe pas un mois sans qu'une étude ne montre le lien entre les pesticides et la santé humaine", a souligné le rapporteur du texte, le socialiste Germinal Peiro. "C'est une proposition équilibrée qui permet à tous, agriculteurs et riverains, de vivre dans la sérénité. Dans la majorité des cas, la cohabitation se passe bien", a estimé lors d'un point presse l'écologiste Brigitte Allain.

Les écologistes demandent également une reconnaissance des "préparations naturelles peu préoccupantes comme alternative aux pesticides et l'interdiction des produits phytosanitaures ayant des effets cancérigènes "avérés ou probables".

Donner une orientation plus écologique à l'agriculture française

Ce projet de loi vise à donner une orientation plus écologique à l'agriculture française, notamment par la création de Groupements d'intérêt économique et environnemental, les GIEE, collectifs d'agriculteurs s'engageant dans l'agro-écologie. Ceux-ci pourront toucher des aides majorées.

Selon le ministère, les projets de GIEE en cours impliquent "10 à 12.000 agriculteurs", sachant que la France compte quelque 490.000 exploitations agricoles. Plus d'un millier d'amendements ont été déposés au total pour cette deuxième lecture. 

Les députés ont rejeté ce lundi soir des amendements UMP visant à informer obligatoirement le consommateur du mode d'abattage des animaux ou à faire "de la présence d'une faune sauvage riche et variée" une finalité de la politique agricole, "un amendement clairement destiné à défendre la chasse", a reconnu le député de l'Aube Nicolas Dhuicq. L'article traitant des phytosanitaires devrait être débattu mardi soir lors du deuxième jour des débats.

 

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 14:30

-Pour qu' une science soit indépendante il faut que le public la finance!Faites -le ,et adhérez  en plus au comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique

 Le petit mot du président: 
 « Un grand merci à tous ceux qui nous ont accordé leur confiance et leur soutien. Tous ensemble, avançons vers une science transparente au service de la santé publique en aidant le CRIIGEN »Gilles Eric Séralini, professeur de Biologie Moléculaire, Président du Conseil Scientifique du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique"
Victoire de la science
Après deux ans de bataille scientifique et les pressions sur l’éditeur ayant conduit à la censure de notre étude de long terme sur un maïs OGM et l’herbicide Roundup, nous avons la joie de vous annoncer la REPUBLICATION de nos travaux !
Nos découvertes ont permis d’identifier des effets néfastes sur le foie et les reins, ainsi que le développement de tumeurs mammaires liés à la consommation d'un maïs OGM et de l'herbicide Roundup.
Aujourd’hui, cette victoire est aussi un peu la vôtre car vous avez été plus de 120,000 à nous soutenir en signant des pétitions portées par des associations nationales, des bénévoles déterminés et des sites d’information en ligne.
Financez une science indépendante
Aidez-nous à poursuivre le développement d’une science libre de conflit d'intérêts au service de la santé publique en FAISANT UN DON au Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRIIGEN).
Cette association a but non lucratif participe au financement des recherches de nombreux scientifiques lanceurs d’alerte, comme le Pr Gilles-Éric Séralini ou le Dr Christian Vélot sur les OGM et les pesticides, mais aussi le Pr Charles Sultan, spécialiste des perturbateurs endocriniens.
Des analyses aussi simples qu’importantes, pour doser par exemple les résidus de pesticides dans notre alimentation ou celle de nos animaux de compagnie, peut coûter selon les produits jusqu'à 20,000 €. Des milliers de personnes nous soutiennent, imaginez alors ce que nous pourrions faire si toutes les personnes concernées donnaient au moins 1 €.
Notre plateforme sécurisée de don en ligne n’a pas de minimum requis,
vos dons pouvant être ponctuels ou mensuels.
Retrouvez toutes les informations sur le site du CRIIGEN : www.criigen.org
Contactez nous à criigen@criigen.info
 
 -Pesticides :il reste quelques jours pour appeler nos députés à un sursaut les 7 et 8 juillet prochain, afin que ces élus prennent enfin leurs responsabilités pour protéger les populations de l’exposition aux produits phyto. 

Le gouvernement plie devant le lobby des pesticides. Faisons-lui entendre raison !
http://www.reporterre.net/spip.php?article6083

FRANÇOIS VEILLERETTE (GÉNÉRATIONS FUTURES)

mercredi 2 juillet 2014

Beaucoup de promesses ont été faites sur la réduction des pesticides. Mais le gouvernement se distingue par son inaction, cédant aux lobbies de l’agriculture intensive. Les citoyens doivent agir et pousser leurs députés à légiférer sur l’exposition des populations aux pesticides !

Beaucoup de mots, peu d’actes

Quand on en reste aux grands principes, tout le monde, ou presque, est d’accord : il faut réduire l’utilisation des pesticides, et particulièrement pour protéger les populations les plus sensibles.

Rappelons ici les bonnes intentions affichées par le plan Ecophyto en 2008 ou couchées sur le papier dans le rapport de mission d’enquête des sénateurs en 2013. Les problèmes commencent quand il faut prendre des mesures concrètes pour transformer ces intentions en actes.

Ainsi, malgré les propos du Ministre de l’Agriculture, le plan Ecophyto n’a depuis 2008 pas produit la moindre réduction de la dépendance de notre système agricole aux pesticides. (1)

Réduire l’exposition des populations les plus sensibles

Pourrait-on au moins espérer que, faute de pouvoir réduire l’usage des pesticides, les responsables seraient capables de réduire l’exposition des populations les plus sensibles à ces redoutables toxiques ? C’est ce qu’ont commencé à faire les sénateurs lors de la première lecture de la Loi d’avenir pour l’agriculture et la forêt (LAAF) en votant sous la houlette de Nicole Bonnefoy un amendement permettant au ministre de l’Agriculture d’interdire la pulvérisation de pesticides autour des zones habitées (dans l’article 23 de la LAAF). (2)

Alors que le texte allait arriver en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, proposait d’interdire toute pulvérisation de pesticides dans un rayon de deux cents mètres autour des écoles, pour protéger la santé des enfants, particulièrement sensibles aux effets sanitaires des pesticides. (3)

Comme pour confirmer que l’exposition aux pesticides est une question de santé publique, une nouvelle étude scientifique faisait l’actualité au même moment (4). Elle rappelait que l’exposition de femmes enceintes à des pesticides par leur environnement agricole augmente la probabilité que leur enfant souffre d’autisme…

Le lobby de l’agriculture intensive ne veut aucune réglementation

Mais la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) se mit à hurler contre « l’inflation règlementaire » (5) – une fois de plus -, prenant comme cible la proposition de Ségolène Royal d’interdiction des pesticides près des écoles.

Peu soucieux du respect des faits, le syndicat mélangeait la position du Sénat et celle de Mme Royal et hurlait à la mort de l’agriculture française, qui se trouverait privée selon leur imagination délirante de treize millions d’hectares suite à une supposée mesure d’interdiction de l’usage des pesticides dans un rayon de deux cents mètres de toutes les zones habitées… qu’aucun responsable politique n’avait pourtant jamais proposée !

Peu importe la réalité de la menace supposée, sonnant le glas de notre agriculture, les tracteurs étaient dans les rues, les élus locaux étant sommés par le lobby de l’agriculture intensive de demander à leur député de refuser toute réglementation restreignant l’usage des pesticides.

Les politiques plient

Sentant le vent du boulet, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll se fendait à la vitesse de la lumière d’un communiqué pour rassurer les agriculteurs : aucune mesure d’interdiction n’était envisagée, tout au plus des mesures de précaution pouvaient être imaginées. (6)

A l’Assemblée nationale, l’examen de la LAAF commençait la semaine dernière en Commission des affaires économiques. Sans surprise, l’UMP, en fidèle serviteur des intérêts de la FNSEA, attaquait de front toute mesure de restriction de l’usage des pesticides, même près des écoles.

Aucun autre groupe politique ne semblait désireux de monter au front pour défendre le principe d’une zone d’exclusion pour les pesticides près des écoles ou dans d’autres zones accueillant un public sensible. Les débats semblaient donc se diriger tranquillement vers une position de la commission qui recommanderait, au mieux, quelques mesures de protection dans lesdites zones accueillant un public sensible.

Un texte pour rien

Cétait sans compter sur le problème posé à la majorité par les propositions diamétralement opposées de Stéphane Le Foll et de Ségolène Royal sur la question. Il fallait donc trouver un amendement gouvernemental (7) qui fasse la synthèse entre les positions – aucun ministre ne devant perdre la face.

C’est ce qui fut fait avec un amendement gouvernemental adopté par la Commission des affaires économiques : il posait le principe d’interdiction de l’usage des pesticides autour des lieux accueillant un public ‘sensible’, et donc des écoles, tout en rendant possible… la pulvérisation des même pesticides pour peu que des mesures ‘de précaution’ (plantation de haies, usage de matériel spécifique…) soient mises en place !

Dans les faits, les contraintes imposées seront minces et les pulvérisations continueront comme avant ou presque.

120 000 signatures en quelques jours

Pendant ce temps, notre association, Générations Futures, travaillant depuis des années sur la thématique des publics victimes des pesticides, qu’il s’agisse d’agriculteurs ou de riverains, lançait une pétition appelant à soutenir la possibilité d’exclure l’usage des pesticides près des habitations dans le cadre de la LAAF.

En quelques jours notre pétition recueillait 120 000 signatures, témoignant d’un ras le bol massif de la population sur cette question de l’exposition environnementale aux pesticides.

Aujourd’hui, si l’on veut vraiment progresser sur cette question, il nous reste quelques jours pour appeler nos députés à un sursaut les 7 et 8 juillet prochain en prenant enfin leurs responsabilités pour protéger les populations de l’exposition aux pesticides.

Pour cela signez et diffusez largement notre pétition.

Notes

1 - http://www.generations-futures.fr/pesticides/donnees-tronquees-sur-les-pesticides-generations-futures-repond-aux-denegations-du-ministere-de-lagriculture/

2 - http://www.senat.fr/amendements/2013-2014/387/Amdt_709.html

3 - http://www.generations-futures.fr/pesticides/discours/

4 - http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/06/23/les-pesticides-pourraient-avoir-un-lien-avec-la-survenue-de-l-autisme_4443252_3244.html

5 - http://www.fnsea.fr/toutes-les-thematiques/l-agriculture-acteur-economique/filieres-agricoles/nos-actions/manger-et-produire-francais-passer-des-discours-aux-actes/

6 - http://agriculture.gouv.fr/Utilisation-produits-phyto

7 - http://agriculture.gouv.fr/loi-d-avenir-produits-phytosanitaires

Source : Courriel à Reporterre de Générations Futures


Lire aussi : Le gouvernement persiste à vouloir autoriser l’épandage aérienPolitique { + }
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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 09:18

Générations Futures

 

Générations Futures (ex-Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures – MDRGF) est une association, loi 1901, sans but lucratif, de défense de l’environnement agréée par le ministère de l’écologie depuis 2008, habilitée à prendre part au débat national sur l’environnement depuis 2013 et reconnue d’intérêt générale, fondée en 1996 par Georges Toutain, agronome, et François Veillerette, enseignant et auteur notamment de l’ouvrage de référence « Pesticides, révélations sur un scandale français ». Cette association mène des actions (enquêtes, colloques, actions en justice, campagne de sensibilisation…) pour informer sur les risques de diverses pollutions ( notamment les substances chimiques en général et les pesticides en particulier) et promouvoir des alternatives en vue d’en réduire les impacts négatifs pour la santé et l’environnement.

www.generations-futures.fr/

 

Actu : Des avancées obtenues grâce à notre lutte…mais il faut obtenir plus

 

Nadine Lauverjat
  Générations Futures
 26 juin 2014 — 
La commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale a adopté hier soir un amendement du Gouvernement dans le cadre de la loi d’Avenir Agricole qui impose des protections particulière pour l’épandage des pesticides près des écoles et lieux sensibles.

Pour la première fois un texte prévoit qu’une distance sans pulvérisation terrestre pourrait être mise en place près des lieux sensibles, faute de mesures de protection appropriées, signe que la pression citoyenne et vos 88000 signatures ont été partiellement entendues. Depuis hier 19h, vous avez en effet été plus de 6000 à rejoindre notre pétition!

Nous regrettons cependant que la proposition de Ségolène Royal demandant une zone sans pesticides de 200m près des écoles n’ait pas été retenue dans son intégralité. En effet, selon le texte adopté hier les pulvérisations de pesticides pourront continuer sous réserve de mesures de protection supposées adaptées (haies, dispositifs anti-dérive, horaires de traitement adaptés….) dont l’efficacité reste à démontrer. Dans les faits cela permettra dans la plupart des cas l’utilisation des pesticides dangereux près des lieux sensibles comme les écoles. De plus, ce texte ne répond absolument pas à la problématique de l’exposition des enfants et femmes enceintes à domicile, de nombreuses maisons particulières jouxtant les zones de cultures. Pourtant un avis de l’Agence Sanitaire ANSES, publié ce jour, reconnait que la réglementation sur la mise en œuvre des traitements pesticides près des habitations n’est pas toujours respectée et que cela « pouvait justifier de nouvelles dispositions réglementaires ». 

Nous devons donc continuer à nous mobiliser dans les prochains jours pour obtenir une réelle protection des enfants et des femmes enceintes par rapport aux pesticides. Le texte proposé hier soir sera voté en plénière à l’Assemblée Nationale les 7 et 8 juillet prochains. Nous avons donc encore une chance de faire pression sur les élus d'ici là. 

Atteignons 100.000 signatures avant le 7 juillet, pour demander l’interdiction des pulvérisations de pesticides près de tous les lieux de vie. Merci de nous aider à atteindre cet objectif en diffusant très largement cette pétition auprès de vos contact et sur les réseaux sociaux.

 

 ,Pétition de Générations Futures
https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/aux-d%C3%A9put%C3%A9s-fran%C3%A7ais-votez-pour-l-amendement-interdisant-la-pulv%C3%A9risation-de-pesticides-le-long-des-habitations-et-des-%C3%A9coles

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 09:29

 

Le CRIIGEN ,(Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique),est un groupe unique et international d'experts ayant une approche transdisciplinaire sur les bénéfices et les risques du génie génétique, et sur les alternatives. Il est indépendant des compagnies de biotechnologies et promeut les contre-expertises.

information CRIIGEN :Les pesticides sont mal évalués et menacent la santé publique

Depuis la seconde guerre mondiale, une quantité gigantesque de produits de synthèse, surtout issus de la chimie du pétrole et des toxiques, a été utilisée en agriculture. Les effets secondaires néfastes des pesticides sur la santé et l’environnement ont toujours créé de vifs débats à travers le monde. L'autorisation de mise sur le marché de ces substances repose sur des tests à moyen ou long terme sur des animaux de laboratoire, réalisés essentiellement sur le "principe actif", composant chimique déclaré des formulations commercialisées, sachant que les formulations complètes ne sont jamais publiques ni testées à long terme.

 

Dans une étude nouvellement publiée par l’équipe du Professeur Séralini « Major pesticides are more toxic to human cells than their declared active principles » (2014) Biomedical Research International, par Robin Mesnage, Nicolas Defarge, Joël Spiroux de Vendômois et Gilles-Eric Séralini, il est démontré que pour huit formulations de pesticides sur 9 testées, celles-ci sont jusqu'à 1000 fois plus toxiques que leurs "principes actifs" sur des cellules humaines. Il s’agit de 3 herbicides (glyphosate, isoproturon, fluoxypyr), 3 insecticides (imidaclopride, acétamipride, pyrimicarbe) et 3 fongicides (tébuconazole, époxiconazole, and prochloraz). Seuls ceux-ci sont testés pour l'étude des effets à long terme sur la santé, en négligeant les adjuvants toxiques des formulations. La toxicité observée sur trois types de cellules humaines (embryonnaires, placentaires et hépatiques) révèle donc l’effet réel des mélanges avec leurs adjuvants considérés jusqu’alors inertes et souvent confidentiels. Le Roundup est parmi les herbicides et les insecticides les plus toxiques testés. Quant aux fongicides, ils sont toxiques à des doses 300 à 600 fois inférieures à celles utilisées pour les usages agricoles. Ces résultats suggèrent que, dans les procédures d’évaluation préconisées par les agences sanitaires, les toxicités des pesticides sont grandement sous-estimées, entrainant vraisemblablement des limites maximales de résidus autorisés erronées et mettant en danger les populations exposées.

 

 Pour toute information :
CRIIGEN

Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique
Tél : 02 31 56 56 84

Fax : 02 31 56 53 20
 criigen@unicaen.fr
www.criigen.org

 

Écoutez aussi l'intervention du Pr Séralini samedi midi (01/02) sur France 3  BN au sujet de la nouvelle publication dans Biomedical Research International, DOI 10.1155/2014/179691) qui vient juste de sortir sur 9 pesticides testés par son équipe.
http://api.dmcloud.net/player/pubpage/4f3d114d94a6f66945000325/52ef996794a6f66dce9902c6/a8244f88c6034e598eea296c73e789bf?wmode=transparent&autoplay=1

 

A lire aussi:
-Des pesticides jusqu'à 1000 fois plus toxiques qu'on ne croit ?Publié par Emmanuel Perrin, le 31 janvier 2014.
http://www.maxisciences.com/pesticide/des-pesticides-jusqu-039-a-1000-fois-plus-toxiques-qu-039-on-ne-croit_art31903.html

 

-Le Blog du Docteur JO:
A propos des pesticides,  Gilles eric SERALINI démontre ce que nous subodorions déjà: La toxicité des pesticides (produits actifs plus adjuvants) et leur rôle incontournable dans les cancers, les leucémies et les maladies neuro-dégénératives tel que le Parkinson.
http://www.jesuismalade.com/archives/2014/01/31/29089710.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=docteurjo

 

-Une étude prouverait que les pesticides commercialisés sont plus toxiques que les molécules actives seules http://www.actu-environnement.com/ae/news/etude-pesticides-commercialises-toxicite-molecules-actives-20592.php4#xtor=ES-6 

 

-Le ministre de l'Ecologie veut agir contre les pesticides :
http://www.liberation.fr/politiques/2014/01/30/le-ministre-de-l-ecologie-veut-agir-contre-les-pesticides_976677



 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 15:26

en savoir plus sur la semaine sans pesticides http://www.semaine-sans-pesticides.com/

 

 

 

APPEL DE MEDECINS DU LIMOUSIN CONTRE LES PESTICIDES

 

 

Médecins, nous avons choisi le cadre de la semaine pour les alternatives aux pesticides afin de mettre en avant la dimension sanitaire dans ce débat. Elle ne le résume pas car la dimension environnementale est elle aussi incontournable.

Nous tenons à préciser que nous ne cherchons pas à montrer du doigt une profession, mais que chacun doit prendre ses responsabilités. A nous d’assumer les nôtres en alertant sur les dangers de ces produits, particulièrement pour certaines catégories de la population (ceux qui y sont le plus exposés, ainsi que les femmes enceintes et les enfants).

Car des liens sont établis en milieu professionnel entre l’utilisation de pesticides et certaines pathologies :

des cancers : « Les expositions professionnelles aux pesticides ont été plus particulièrement mises en cause dans les hémopathies malignes lymphoïdes. Des études en populations agricoles suggèrent leur implication dans les tumeurs cérébrales et dans les cancers hormono-dépendants (cancers de la prostate, du sein, des testicules, de l’ovaire »(1)

 des troubles neurologiques comme la maladie de Parkinson (2).

 

« chez l’enfant, l’utilisation domestique de pesticides, notamment d’insecticides domestiques, par la mère pendant la grossesse et pendant l’enfance a été régulièrement associée aux leucémies et, à un moindre degré, aux tumeurs cérébrales »(1)

Surtout il faut rappeler, comme l’a fait l’INSERM que « près d’un millier de molécules ont été mises sur le marché en France ; les risques liés à ces molécules ne peuvent être évalués faute de données toxicologiques et épidémiologiques suffisantes. »(1)

 

Si peu d’études ont porté sur l’ensemble de la population et les riverains, plusieurs montrent toutefois que des expositions environnementales sont susceptibles de causer des cancers et des maladies de Parkinson. Comme aux Antilles avec la chlordecone (3) ou chez des riverains exposés à des fongicides de la famille des carbamates et à du paraquat (4).

 

Or et personne ne le conteste, l’imprégnation de la population est générale : les pesticides ont largement contaminé l’environnement, aussi bien les eaux de surface que les eaux de pluie, aussi bien les sols que nos organismes (90% de la population française est contaminée par les organophosphorés) (5). Plus préoccupant, dans la cohorte PELAGIE en Bretagne, seuls 1,6% des échantillons d’urine de femmes enceintes ne contiennent pas de trace des pesticides recherchés(6).

 

Mais si l’on retrouve une imprégnation à « faibles doses » dans la population générale, cela n’est pas rassurant pour autant : en effet de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens, substances chimiques soupçonnées d'être l’une des causes de la recrudescence de certains troubles (infertilité, cancers hormonodépendants, obésité, etc.). Parce que leurs effets ne dépendent pas de la dose, mais de la période d’exposition, qu’ils ne sont pas linéaires, qu’ils s’ajoutent à ceux d’autres substances (effet cocktail) et qu’ils sont susceptibles d’être transgénérationnels, les perturbateurs endocriniens sont au centre d'une attention grandissante comme l’a reconnu Madame Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie lors du colloque international sur les perturbateurs endocriniens des 10 et 11 décembre 2012 (7).

Or comme le souligne le rapport sénatorial sur les pesticides et la santé (8), le cadre réglementaire européen ne protège ni les agriculteurs ni les consommateurs puisque l’UE n’a toujours pas validé de méthode permettant de déterminer si un pesticide est un PE ou non.

 

Il faudra donc beaucoup d’études, beaucoup d’argent et beaucoup de temps pour objectiver plus avant ces risques sanitaires que l’on peut craindre dévastateurs.

 

Aussi nous souhaitons poser deux questions simples :

 

  • Peut-on s’abstenir de prendre des précautions dès maintenant ?

Ce serait à nos yeux totalement inconséquent et irresponsable.

 

  • Des alternatives, économiquement viables sont-elles possibles ?

Nous pensons que Oui, et elles sont connues.

 


C’est pourquoi les médecins signataires de ce texte se déclarent :

 

  • solidaires des demandes d’interdiction des épandages aériens (9), et des mesures de réduction des risques vis à vis des populations vivant à proximité des cultures à forte utilisation de pesticides (signalisation sur les routes et chemins traversant les zones d’épandages, distance de sécurité avec les habitations) et vis-à-vis des agriculteurs (information sur les risques des produits et l’usage des protections individuelles par des institutions distinctes des vendeurs).

 

  • solidaires des collectivités territoriales signataires de la charte zéro pesticide.

 

  • Solidaires de toutes les initiatives qui permettront une transition vers des filières agricoles n’utilisant pas de pesticides. A ce titre l’introduction de l’alimentation biologique dans les cantines scolaires nous parait un moyen à la fois d’obéir à un principe de sécurité sanitaire et de structurer des filières utilisant les principes de l’agroécologie.

 

  • Solidaires de tous les projets de transition de l’agriculture qui se proposent de stopper et d’inverser le processus de concentration des exploitations et d'y favoriser de manière significative l'accroissement de l'emploi agricole, condition incontournable d’une diminution réellement globale de l’utilisation des pesticides.

 

Et demandent que notre Région Limousin s’engage résolument vers l’objectif d’une réduction de 50 % des pesticides à l’horizon 2020.

 

 

Références :

 

  1. Expertise INSERM « cancers et environnement » octobre 2008

.

  1. Inscrite au tableau des maladies professionnelles agricoles depuis 2011.

 

  1. BEH 08-02-2011(bulletin épidémiologique hebdomadaire édité par l’INVS : Institut National de Veille Sanitaire) Chlordecone aux Antilles : bilan actualisé des risques sanitaire

 

 

(4) La Recherche septembre 2009, Les pesticides doublent le risque de maladie de Parkinson

 S Costello et al, American Journal of Epidémiologie,169, 919, 2009

 

(5) Institut national de veille sanitaire (INVS) « Exposition de la population française aux polluants de l’environnement » (volet environnemental de l’étude nationale Nutrition Santé, septembre 2010). Disponible à l’adresse : www.invs.sante.fr

 

  1. BEH : du 16 juin 2009

 

  1. Discours de Delphine BATHO Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Discours d’ouverture de la Ministre lors du colloque international sur les perturbateurs endocriniens des 10 et 11 décembre 2012 dans le cadre du Programme National de Recherche sur les Perturbateurs Endocriniens.

 

 

  1. Rapport sénatorial adopté à l’unanimité des groupes politiques au sénat : « Pesticides, vers le risque zéro », accessible sur le site du sénat : www.senat.fr. Ce rapport dresse cinq constats : - les dangers et les risques des pesticides sont sous-évalués

- la nécessité d’améliorer la procédure d’autorisation de mise sur le marché des pesticides (AMM) et le suivi post AMM

- l’absence de protection contre les pesticides à la hauteur des dangers et des risques

- la nécessiter de mieux cerner les limites des modèles et des pratiques industriels, commerciaux et agricoles.

- revoir le plan Ecophyto 2018 : conçu à la suite du Grenelle de l’Environnement en 2008 pour permettre une division par deux de la quantité de pesticides utilisée par la France à l’horizon 2018, la mission sénatoriale a en effet constaté qu’au tiers de la durée de ce plan l’usage avait augmenté au lieu de se réduire.

 

  1. Il existe un principe général européen d’interdiction des épandages de pesticides par aéronefs mais les Préfectures peuvent accorder localement des dérogations. Le rapport sénatorial réclame également la fin de ces dérogations.

 

Contact : Dr Pierre-Michel Perinaud pmperinaud@yahoo.fr ou 06 31 23 66 72

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Petit mémo : L’AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services est un accord signé lors de la création de  l’OMC (organisation mondiale du commerce) en 1994. Il vise à libéraliser progressivement tous les services des états membres : éducation, santé, culture, recherche…ainsi que l’énergie et l’environnement. Tous les aspects de nos vies sont mis à la vente. Les besoins de l’être humain et toutes formes d’activité humaines sont redéfinis comme des services commercialisables.

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