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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 08:59

-Pesticides et R&D : un projet d'arrêté en consultation

Reglementation  |  22 octobre 2014  |  Actu-Environnement.com
 

Un projet d'arrêté, relatif aux essais à des fins de recherche et de développement (R&D) sur les produits phytopharmaceutiques et leurs adjuvants, est soumis à la consultation du public jusqu'au 10 novembre sur le site du ministère de l'Agriculture.

Ce texte, pris en application de l'article D. 253-32 du code rural, fixe les conditions applicables aux essais ainsi effectués, sans demande préalable de permis, par des personnes agréées au titre du code rural ou des laboratoires reconnus conformes aux bonnes pratiques de laboratoires.

Le texte précise les notions d'essais et de sites d'expérimentation, les surfaces d'expérimentation et les quantités maximales de produits autorisées. "Les personnes ou les laboratoires doivent déclarer les essais de recherche et de développement à l'autorité compétente par courrier au moins 30 jours ouvrés avant leur mise en place, puis par voie informatique au plus tard 30 jours après leur mise en place effective", indique le ministère de l'Agriculture.

     

-Consultation du public sur le projet d’arrêté relatif aux conditions applicables aux essais et expériences mentionnés à l’article D253-32 du code rural et de la pêche maritime et concernant les produits phytopharmaceutique et adjuvants.

20/10/2014

http://agriculture.gouv.fr/projet-arrete-produits-phytopharmaceutiques-essais-experiences

Le présent projet d’arrêté fixe les conditions applicables aux essais réalisés à des fins de recherche et de développement des produits phytopharmaceutiques et leurs adjuvants, sans demande préalable de permis, par les personnes agrées dans les conditions mentionnées au II de l’article R.253-38 du code rural et de la pêche maritime ou les laboratoires reconnus conformes aux bonnes pratiques de laboratoire dans les conditions mentionnées au II de l’article R.253-39 du même code.

Ce projet d’arrêté est pris en application de l’article D253-32 du code rural et de la pêche maritime et de l’article 54 du règlement (CE) n°1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et abrogeant la directive

Cadre réglementaire

Le règlement (CE) n°1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques définit les conditions pour effectuer des essais de recherche et de développement concernant les produits phytopharmaceutiques et les adjuvants (article 54 notamment).

Le code rural et de la pêche maritime définit les conditions pour effectuer les essais de recherche et développement ; l’article D.253-32 précise le cas particulier des essais réalisés à des fins de recherche et de développement sans demande préalable de permis, par les personnes agrées et les laboratoires reconnus conformes aux bonnes pratiques de laboratoire visés dans le projet d’arrêté.

Présentation du texte

Le présent arrêté précise les conditions dans lesquelles les essais et expériences peuvent être effectués sans permis d’expérimentation.

Les essais de recherche et de développement peuvent être conduits par une personne agréé dans les conditions mentionnées au II de l’article R253-38 ou par un laboratoire reconnu conforme aux bonnes pratiques de laboratoire dans les conditions au II de l’article R253-39 du code rural et de la pêche maritime.

L’arrêté précise notamment les surfaces d’expérimentation autorisées et les quantités maximales de produit autorisé.

Les personnes ou les laboratoires doivent déclarer ces essais de recherche et de développement à l’autorité compétente par courrier au moins 30 jours ouvrés avant leur mise en place.
Le projet d’arrêté sera applicable le lendemain de sa publication.

Modalités de la consultation

Les observations peuvent être envoyées à l’adresse électronique suivante : brmmi.sdqpv.dgal@agriculture.gouv.fr .

La période de consultation est ouverte du 20 octobre 2014 au 10 novembre 2014 inclus.

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 06:20

Pétition sur l’exposition des riverains aux pesticides: Merci aux signataires …mais nous n’avons pas encore gagné!

Pesticides assez
 
 

Grâce à votre mobilisation sans précédent, nous avons obtenu une première avancée mais ….*

En effet, l’Assemblée nationale a adopté le 11 septembre dernier en deuxième lecture la Loi d’Avenir pour l’Agriculture et la Forêt. Nous avons donc un texte définitif. Même si nous n’avons pas obtenu de distance sans pulvérisation de pesticides près des zones d’habitations, la pression du lobby agricole ayant été énorme, nous avons obtenu quelques avancées, qu’il conviendra de faire vivre sur nos territoires ruraux !

- L’utilisation des pesticides à proximité des lieux accueillant un public « sensible » (écoles, établissements de soins) ne sera possible que s’il est mis en place des mesures de protection adaptées telles que des haies ou des dates et horaires de traitement permettant d’éviter la présence de personnes vulnérables. Nous devrons tous vérifier, là où nous habitons, que des mesures efficaces sont mises en œuvre. N’hésitez pas à signaler à Générations Futures les situations qui vous sembleraient anormales près de chez vous ou à lancer une pétition sur Change.org pour dénoncer des manquements. De même, Lorsque de telles mesures ne peuvent pas être mises en place, l’autorité administrative détermine une distance minimale adaptée en deçà de laquelle il est interdit d’utiliser ces produits à proximité de ces lieux.

- Les préfets pourront prendre des mesures pour encadrer l’utilisation des pesticides afin d’éviter leur entraînement hors de la parcelle traitée. Ce dernier point est particulièrement intéressant car il nous permettra, en cas de problème lié à l’exposition à des pesticides agricoles d’interpeller le préfet pour lui demander d’agir pour éviter votre exposition et celle de votre environnement domestique. Là aussi n’hésitez pas à lancer une pétition sur Change.org ou à nous contacter si vous voulez interpeller votre préfet sur le sujet.

Encore tous nos remerciements pour votre soutien à cette pétition, soutien qui a permis de faire avancer la prise de conscience et d’obtenir ces nouvelles mesures. Enfin, soyez en sûr, le dossier n’est pas clos pour Générations Futures et nous restons à l’écoute de vos remontées de terrain pour continuer à faire pression pour faire évoluer, dans un futur proche, cette nouvelle loi.

Pour Générations Futures :

François Veillerette, porte parole.

_____________________________________________________________

* les 136 825 signataires de la pétition Change.org  - que nous remercions vivement – que nous avons lancé pour demander des Zones non traitées le long des habitation ont reçu un message titrant: « Victoire ! L’usage des pesticides est réglementé près des lieux de vie ! »  Ce titre en plus d’être excessif est erroné et n’a pas été validé par notre association – Merci de prendre en compte que ce titre ne reflète pas la position de notre association.

Contrairement à ce que le site Change.org a titré sur son site  nous ne considérons pas que nous avons emporté une victoire pour réglementer les pesticides près des lieux de vie mais simplement des premières avancées allant dans ce sens, bien qu’insuffisantes.

  • L’utilisation des pesticides à proximité des lieux accueillant un public « sensible » (écoles, établissements de soins) ne sera possible que s’il est mis en place des mesures de protection adaptées.
  • Les préfets pourront prendre des mesures pour encadrer l’utilisation des pesticides afin d’éviter leur entraînement hors de la parcelle traitée.

Ces avancées ont été obtenues grâce à votre soutien et nous vous en remersions.

Continuons ensemble pour obtenir demain d’autres victoires !

Aux Sénateurs et Sénatrices français(e)s: Votez pour...
par Générations Futures · 136 825 soutiens
Mise à jour sur la pétition

Grâce à votre mobilisation, nous avons obtenu une première avancé

Générations Futures

25 sept. 2014 — Vous faites partie des plus de 136.000 personnes qui ont signé notre pétition pour faire interdire les pesticides à proximité des lieux de vie. Grâce à votre mobilisation sans précédent, nous avons obtenu une première avancée en ce sens.

En effet, l’Assemblée nationale a adopté le 11 septembre dernier en deuxième lecture la Loi d’Avenir pour l’Agriculture et la Forêt. Nous avons donc un texte définitif. Même si nous n’avons pas obtenu de distance sans pulvérisation de pesticides près des zones d’habitations, la pression du lobby agricole ayant été énorme, nous avons obtenu quelques avancées, qu’il conviendra de faire vivre sur nos territoires ruraux !

- L’utilisation des pesticides à proximité des lieux accueillant un public "sensible" (écoles, établissements de soins) ne sera possible que s'il est mis en place des mesures de protection adaptées telles que des haies ou des dates et horaires de traitement permettant d’éviter la présence de personnes vulnérables. Nous devrons tous vérifier, là où nous habitons, que des mesures efficaces sont mises en œuvre. N’hésitez pas à signaler à Générations Futures les situations qui vous sembleraient anormales près de chez vous ou à lancer une pétition sur Change.org pour dénoncer des manquements. (en cliquant ici https://www.change.org/fr/lancer-une-pétition)

- Les préfets pourront prendre des mesures pour encadrer l'utilisation des pesticides afin d'éviter leur entraînement hors de la parcelle traitée. Ce dernier point est particulièrement intéressant car il nous permettra, en cas de problème lié à l’exposition à des pesticides agricoles d’interpeller le préfet pour lui demander d'agir pour éviter votre exposition et celle de votre environnement domestique. Là aussi n’hésitez pas à lancer une pétition sur Change.org ou à nous contacter si vous voulez interpeller votre préfet sur le sujet.

Encore tous nos remerciements pour votre soutien à cette pétition, soutien qui a permis de faire avancer la prise de conscience et d'obtenir ces nouvelles mesures. Enfin, soyez en sûr, le dossier n’est pas clos pour Générations Futures et nous restons à l’écoute de vos remontées de terrain pour continuer à faire pression pour faire évoluer, dans un futur proche, cette nouvelle loi.

Pour Générations Futures :
François Veillerette, porte parole.

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 07:49
Dépêches > société du mercredi 17 Septembre à 06H06
http://www.franceinter.fr/depeche-on-sous-estime-de-2-a-1-500-fois-la-toxicite-des-pesticides

"On sous-estime de 2 à 1 500 fois la toxicité des pesticides"

Un activiste allemand dans un champ près de FahrLand © MaxPPP - 2014 / MARC TIRL

Depuis que les études sur les pesticides sont indépendantes (2011), les résultats deviennent éclairants. Le réseau d'action européen contre les pesticides met en garde contre le manque de prise de conscience des risques.

 

Pendant des décennies, les études de toxicité ont été financées par les industriels eux-mêmes mais depuis 2011, les demandes d'homologation de pesticides doivent comprendre toutes les études universitaires publiées sur les molécules utilisées. L'enquête de Pan Europe en a trouvé très peu dans les dossiers des industriels : 23 % seulement sur les  pesticides autorisés à la vente. La majorité des homologations se basent uniquement sur les recherches des firmes. D'après François Veillerette, président de Générations futures, un site sur les dangers des pesticides, elles minimisent la toxicité des produits :

 

Dans les études universitaires on trouve des effets négatifs sur les animaux de laboratoire à des niveaux de 2 à 1500 fois inférieurs par rapport aux études des firmes. Ca veut dire qu'on sous-estime de 2 à 1 500 fois la toxicité des pesticides mis sur le marché. Donc, derrière, il y a une question de santé publique. On se permet de maintenir sur le marché des produits qui sont dangereux.

 


Le réseau souhaite que les tests de toxicité soient confiés à la recherche universitaire, plus indépendante des enjeux économiques de l'industrie.
 

Par Nathalie Fontrel | 17 Septembre 2014 à 06:06
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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 11:44

L'interdiction de rejet de substances dangereuses, une condition pour bénéficier des aides agricoles

 15 septembre 2014  |  Actu-Environnement.com
http://www.actu-environnement.com/ae/news/susbtances-dangereuses-rejet-aides-agricoles-PAC-22669.php4#xtor=EPR-1
 

Un décret, publié le 7 septembre, ajoute deux obligations aux bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) que les agriculteurs doivent respecter pour pouvoir bénéficier des aides directes dans le cadre de la politique agricole commune (PAC). Ces obligations existaient toutefois déjà mais au titre des exigences de gestion fixées par le règlement du 19 janvier 2009.

D'une part, les agriculteurs sont obligés de respecter une distance de 35 mètres entre les équipements de stockage des effluents d'élevage et les puits, forages et sources.

D'autre part, ils sont tenus de ne pas rejeter dans les sols les substances dangereuses listées en annexe de la directive du 17 décembre 1979, dans sa rédaction en vigueur avant son abrogation par la directive-cadre sur l'eau.

Cette liste comprend notamment les composés organohalogénés, organophosporés et organostanniques, les substances qui possèdent un pouvoir cancérogène, mutagène ou tératogène (CMR), le mercure et ses composés, le cadmium et ses composés, les huiles minérales et hydrocarbures, les cyanures. Mais aussi toute une série de métaux (zinc, cuivre, nickel, chrome, etc.), les biocides, les substances ayant un effet nuisible sur la saveur et/ou l'odeur des eaux souterraines, les composés organosiliciés toxiques ou persistants, les composés inorganiques du phosphore, les fluorures, l'ammoniaque et les nitrites.

© Tous droits réservés Actu-Environnement Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur ou établiss

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 05:49

Ecologie

Il faut sauver l’abeille noire

Marie Astier (Reporterre)

http://www.reporterre.net/spip.php?article6217

vendredi 12 septembre 2014

L’abeille noire s’adapte facilement à divers milieux et a peu besoin d’entretien. Mais elle est menacée de disparition, alors que l’Etat veut créer génétiquement une super abeille résistante aux pesticides et aux maladies, et la plus productive possible. Des conservatoires s’emploient à sauver la race. Reportage.


- Gif-sur-Yvette (Essonne), reportage

Entre les pins et les bouleaux, le sol sablonneux est recouvert de bruyères. Le bourdonnement des abeilles ne s’apaise que quand un nuage vient cacher le soleil pour quelques minutes. Voilà « le petit coin de paradis à une heure de Paris » de Lionel Garnery, en plein cœur de la forêt de Rambouillet.

Chercheur du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), il travaille au Laboratoire Evolutions, Génomes et Spécialisations de Gif-sur-Yvette ; c’est le spécialiste de la génétique de l’abeille en France.

Revêtu de sa combinaison blanche, armé de son enfumoir, le scientifique ouvre une ruche et tire un cadre : « Regardez, elle est de couleur foncée. A la différence des abeilles d’Italie, qui ont des rayures plus jaunes et des abeilles du Caucase, qui sont grises à cause de leurs poils. » Des Pyrénées à la Pologne, l’abeille noire est la race « locale », qui, au fil de l’évolution, s’est adaptée aux climats et paysages d’Europe du Nord.

Le Conservatoire de l’abeille noire d’Ile-de-France compte désormais 350 colonies réparties en divers endroits sur les communes de Bullion, Bonnelles, Rochefort et Saint Arnoult en Yvelines.

Objectif : conserver la race

« C’est ce qu’il faut pour obtenir une taille naturelle de population, explique Lionel Garnery. Pour que l’évolution sélectionne les abeilles les plus adaptées au milieu. » Les ruches sont gérées par des apiculteurs amateurs réunis en association. Ils ne sont pas là pour récolter du miel, mais pour assurer la « conservation » de la race.

Les interventions sont donc limitées au minimum. Pas question, par exemple, de nourrir les abeilles au sirop de glucose pour les aider pendant la saison froide. « Si elles meurent, c’est qu’elles n’avaient pas assez de réserves de miel pour passer l’hiver, c’est donc qu’elles n’étaient pas adaptées à l’environnement ici », explique le scientifique.

La sélection est uniquement naturelle. Pas question, non plus, de favoriser les ruches qui produisent le plus de miel : « On doit conserver la diversité génétique : car aujourd’hui, les apiculteurs veulent des abeilles qui font beaucoup de miel. Mais peut-être que demain, ce sera du pollen. Parmi ces ruches, on doit donc trouver le maximum de caractéristiques. »

La tâche est difficile, car le conservatoire doit aussi préserver la pureté de la race abeille noire. « La majorité des apiculteurs du coin travaillent avec des abeilles importées », rappelle Lionel Garnery. Les bourdons des ruches d’abeilles caucasiennes ou italiennes peuvent facilement féconder les reines du conservatoire.

Menacée de disparition

Pour éviter cela, une zone de sept kilomètres de diamètre, soit la distance d’un vol de bourdon, a été délimitée autour du premier rucher. Dans ce périmètre, les membres de l’association travaillent avec les apiculteurs et agriculteurs pour éviter qu’ils installent des abeilles d’espèces importées. Les reines aux rayures un peu trop jaunes sont éliminées.

Car l’abeille noire est menacée de lente disparition. Comme toutes les abeilles, elle est victime des pesticides, des virus et autres parasites qui font qu’aujourd’hui environ un tiers des colonies meurent chaque année. Mais la race est aussi de moins en moins utilisée par les apiculteurs.

« Elle a mauvaise réputation, regrette Lionel Garnery. Elle est accusée d’être agressive et peu productive. Or c’est faux ! Le caractère agressif était dû au croisement avec une race importée. Quant à son manque de productivité, il est dû au fait qu’elle n’a jamais été sélectionnée à cette fin, contrairement aux autres races que l’on importe. »

La « formule 1 » de l’abeille

Résultat, aujourd’hui, la majorité des apiculteurs professionnels travaillent avec des abeilles importées. Il y a même des modes : tour à tour les italiennes et les caucasiennes ont plus ou moins de succès. Mais la « formule 1 » de l’abeille reste la Buckfast, une race issue de multiples croisements, créée par un moine allemand né au début du XXe siècle et passionné d’apiculture, le Frère Adam.

« Ses colonies avaient été décimées par un virus, l’acariose, raconte le généticien. Il est reparti des deux seules ruches survivantes puis il a fait le tour du monde pour trouver les meilleures souches d’abeilles et créer une race productive et douce. » Aujourd’hui, la race séduit dans le monde entier.

Peu à peu, l’abeille noire se croise avec ces autres races et perd sa pureté génétique, en même temps que son adaptation au milieu. « La ponte des reines est programmée génétiquement en fonction des floraisons, détaille Lionel Garnery. Elles pondent un peu avant, pour avoir le maximum de butineuses au moment où les fleurs éclosent. » Or les floraisons varient d’une région à l’autre, d’un paysage à l’autre même. Ici, sous les bouleaux, la bruyère callune fleurit en toute fin d’été.

« Il faut multiplier les conservatoires pour avoir le plus possible d’abeilles, adaptées à à un maximum de milieux différents », poursuit le chercheur. On en compte aujourd’hui une quinzaine : dans les Cévennes, dans le Limousin, dans la Loire, sur l’île d’Ouessant, etc.

Changer les pratiques pour une apiculture durable

« Je suis persuadé que l’adaptation à un milieu est un atout », insiste-t-il. L’abeille noire a ainsi besoin de peu d’entretien, à l’inverse des races importées. Par exemple, elle présente l’avantage d’avoir besoin de peu de réserves de miel pour passer l’hiver. Pas besoin de la nourrir avec du sirop de glucose, contrairement à la fameuse Buckfast. « Aujourd’hui en France, la production de miel est égale à la consommation de sucre des apiculteurs. Ils doivent sans cesse nourrir les abeilles », rappelle le scientifique.

On comprend que selon lui, interdire les pesticides dangereux pour les abeilles ne suffira pas à les sauver, il faut également faire évoluer les pratiques pour « mettre en place une apiculture durable. »

C’est officiellement le projet du gouvernement, avec son « Plan de développement durable de l’apiculture ». Un plan dont l’abeille noire ne fait pas du tout partie. Ainsi, les aides données aux apiculteurs pour reconstituer leurs colonies servent à l’achat d’abeilles importées.

« La priorité de ce plan est de relancer la profession, de faire en sorte qu’on puisse en vivre. C’est louable mais du coup on ne travaille que sur la productivité », déplore le scientifique.

Super abeille, super solution ?

« Le plan propose de prendre toutes les souches d’abeilles disponibles et de créer une super abeille qui produira beaucoup, résistera aux pesticides et aux maladies. Mais si on la perd pour une raison quelconque, qu’est-ce qui nous reste ? », s’interroge-t-il.

Et ce n’est pas le seul argument que le généticien dégaine contre cette « super abeille ». D’abord, « les apiculteurs non plus n’en veulent pas, car si l’abeille résiste aux pesticides cela veut dire que le miel n’est plus un produit sain. » Ensuite, « cette abeille sera probablement brevetée, les apiculteurs seront obligés d’acheter des souches et ne pourront plus les reproduire eux-mêmes, comme pour les semences. »

Enfin, « on risque une domestication totale de l’abeille... Et le jour où l’Homme s’en détournera, elle disparaîtra. Or elle est essentielle aux écosystèmes. »

- Lionel Garnery -

Lionel Garnery demande donc au gouvernement de « ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. » C’est ce qu’il a expliqué au responsable apiculture du ministère de l’Agriculture quand il est venu visiter son conservatoire. Il a besoin de quelques financements, car la préservation de l’abeille noire ne pourra pas fonctionner que grâce à des bénévoles.

Et en attendant, l’association teste une méthode pour inciter les apiculteurs à travailler à nouveau avec l’abeille noire. Le Conservatoire de l’abeille noire d’Ile de France a trouvé un accord avec une société locale : tous les ans, il lui fournit les meilleures souches.

Si le conservatoire refuse de faire un travail de sélection, la société, elle, peut le faire. Elle produit ainsi des reines de race abeille noire pour les vendre aux apiculteurs. « Pour l’instant la demande est supérieure à l’offre », se satisfait Lionel Garnery.


UN REPORTAGE TRÈS PIQUANT

On ne se fera plus avoir, sachez-le, les abeilles n’aiment pas être prises en photo ! Ou plus précisément, elles sont attirées par le noir, notamment celui de l’appareil photo, et donc enclines à piquer son (sa) propriétaire. Voilà pourquoi les combinaisons des apiculteurs sont blanches...


Source et photos : Marie Astier pour Reporterre

Lire aussi : Monsanto veut contrôler le business des abeilles


Cet article a été rédigé par une journaliste professionnelle et a entrainé des frais dont des baumes de soin après piqûres . Merci de soutenir Reporterre :

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 00:00

Les pesticides, source de pollution des rivières en Languedoc-Roussillon

  • Écrit par  Catherine Vingtrinier,vendredi 12 septembre 2014 15:43
  • http://www.lamarseillaise.fr/herault-du-jour/developpement-durable/31281-les-pesticides-source-de-pollution-des-rivieres-en-languedoc-roussillon
Aujourd’hui rivière en bon état, le Vistre (Nîmes) a bénéficié d’une restauration écologique. Photo DR. Aujourd’hui rivière en bon état, le Vistre (Nîmes) a bénéficié d’une restauration écologique. Photo DR. L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise

Les produits phytosanitaires sont les principaux responsables du mauvais état des cours d’eau, a insisté l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, qui présentait son rapport annuel.

« Au milieu du gué ». A l’heure de dévoiler son rapport annuel sur la qualité des cours d’eau et des nappes souterraines, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a utilisé cette image. Si « les poissons préfèrent ce bilan à celui de 2013 », a souri Martin Guespereau, directeur général, avec, cette année, « 52% de rivières en très bon et bon état », l’autre moitié s’avère être en moyen, médiocre ou mauvais état. La notion de bon état, définie par une directive européenne datant de 2000, signifie, dans une rivière, « le bon fonctionnement des processus écologiques, la présence et le maintien de la faune et de la flore aquatiques », poursuit Martin Guespereau.

Après les pollutions organiques urbaines, vaincues dans les années 2000 (obligation faite par l’Europe, à partir des années 1990, de collecter et traiter les eaux usées), « la présence de pesticides est aujourd’hui la première cause de déclassement de nos rivières », pointe le directeur général. Selon les mesures de l’Agence de l’eau, qui analyse pour son rapport trois millions de données, « on en retrouve 150 dans les cours d’eau, les plus désastreux étant les herbicides, notamment le Roundup. Il se vend plus de 4 000 tonnes par an de ce produit sur la zone étudiée. En Roussillon, les concentrations peuvent dépasser 200 fois la norme autorisée pour l’eau potable... ». La vie aquatique : microflore, microfaune, n’y résiste pas. Or celle-ci a un rôle essentiel dans les cours d’eau : elle assure l’épuration des eaux, leur sécurité sanitaire. Pire, 36 pesticides interdits depuis dix ans à cause de leur toxicité (cancérigènes) et de leur trop importante durée de vie dans l’environnement, se retrouvent dans un quart des analyses des rivières. Leur concentration connaît des ressauts en période d’épandage dans les zones viticoles, notamment en Languedoc-Roussillon... Des concentrations maximales ont par exemple été relevées sur le Lirou, à Béziers. « Sur les pesticides, il faut vraiment agir à la source, et limiter l’utilisation de ces produits », insiste Michel Deblaize, directeur de l’Agence de l’eau Languedoc-Roussillon. A Vacquières, village viticole du nord de Montpellier, « nous obtenons de bons résultats. Nous avons sensibilisé les agriculteurs à la nécessité de cibler et limiter le nombre de traitements, laisser enherbée une rangée sur deux, bref préférer un travail mécanique même s’il est un peu plus onéreux plutôt que le recours à ces produits. » L’exemple de Vacquières est celui d’un captage d’eau. Mais les utilisateurs de pesticides ne sont pas que les agriculteurs. Les villes aussi y ont recours, et les particuliers. On estime que 60% des usages domestiques de ces produits « retournent au milieu »... En Languedoc-Roussillon, la pollution aux nitrates « n’a rien à voir avec ce qui existe en Bretagne. Il n’y a pas de phénomène d’algues vertes en Méditerranée », pose Martin Guespereau. De « fortes concentrations » ont cependant été mesurées « juste au début de l’Hérault, et sur l’étang de l’Or, à Marsillargues. »

Catherine Vingtrinier

Publié dans Développement durable
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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 04:02

OGM et pesticides: le désastre argentin, la guerre transatlantique

| Par Paul Moreira

http://www.mediapart.fr/article/offert/f1f1a1a96ccfe6dfae24ed00d9cf3a35

 

Les OGM permettent d'utiliser moins de pesticides et de produits chimiques: c'est l'argumentaire de l'industrie transgénique. Problème: il est faux et l'Argentine, massivement convertie au soja OGM, est en train d'en payer le prix fort sur le plan sanitaire et agricole. Le journaliste Paul Moreira en revient, avec un documentaire diffusé lundi sur Canal+. Enquête et extraits.

    

Manuel Valls est un chaud partisan des OGM. Dans son programme pour la primaire socialiste en 2011, intitulé « l'abécédaire de l'optimisme », il en vantait les bienfaits. Pour l'environnement notamment. Les OGM, expliquait-il, permettaient d'utiliser chaque fois moins de pesticides et de produits chimiques dangereux (voir sa vidéo en cliquant ici). C'est exactement le message que répand partout l'industrie transgénique. Toujours plus d'OGM, c'est toujours moins de pesticides...

Avec cette promesse, elle a conquis presque toute la planète. Une poignée de pays européens traîne encore les pieds. Mais pour combien de temps ? Depuis le début de la conquête transgénique, le gouvernement américain s'est littéralement mis au service de la firme Monsanto. Et lors des prochaines négociations du traité transatlantique de libre-échange (ou TAFTA), les OGM risquent d'être imposés partout en Europe.

Quinze ans se sont écoulés depuis l'arrivée de l'agriculture transgénique. C'est assez de recul pour pouvoir évaluer la véracité des promesses. Les OGM demandent-ils vraiment toujours moins de produits chimiques ? Si c'est le cas, c'est une aubaine du point de vue de l'écologie et de la santé. Car, on le sait maintenant, les pesticides sont un poison dangereux. Pour se faire une idée, il y a deux méthodes. S'en tenir à la lecture des études menées par les firmes transgéniques qui garantissent l'innocuité de leurs produits et de leur modèle agricole. Ou bien, aller voir sur place... Entre décembre 2013 et juin 2014, j'ai visité la face cachée du modèle transgénique.

Je m'étais déjà intéressé aux OGM, il y a quinze ans, pour l'émission 90 minutes, sur Canal Plus. J'ai même été l'un des derniers journalistes critiques à avoir la chance de pénétrer avec une caméra dans les laboratoires de Monsanto. J'avais eu droit à une visite guidée, surveillée de très près par un homme de la communication. Mon guide, Ted, m'avait expliqué la technologie des plantes modifiées.

« This is good technology ! Super technology ! » Ted jouait l'enthousiasme. Il était payé pour. Il s'était attardé devant le « pistolet à gènes », la machine « la plus cool » de leur laboratoire. Elle projetait un gène dans une plante avec un petit bruit sec de pistolet à air comprimé. Rigolo, non ?...

Mais devant un plant de soja, Ted avait remarquablement accéléré le débit de son explication, jusqu'à la rendre incompréhensible. Le soja était « résistant à un herbicide »... En vérité, je n'avais pas compris le mécanisme. Faute professionnelle. Je devrais le savoir, quand le discours devient opaque, c'est qu'il dissimule une information importante. L'info, c'était « plante génétiquement modifiée pour résister à un herbicide »... L'agriculteur peut planter sans avoir à labourer et arracher les mauvaises herbes. Pour ça, il lui suffit d'arroser son champ d'herbicide. Le pesticide brûle tout sauf la plante OGM. Je ne voyais pas le problème...

À l'époque, je m'intéressais exclusivement aux questions de brevets. J'étais fasciné par l'idée qu'une firme puisse breveter le vivant comme un logiciel. J'avais négligé les dangers potentiels pour la santé. Ils ne semblaient pas réels. Je me trompais.

Ce qu'il fallait comprendre, c'est que les OGM n'existent pas sans produits chimiques. C'est un couple indissociable. Quand Monsanto vend ses OGM, il vend surtout des millions de litres de Round Up Ready, son herbicide à base de glyphosate. Sans lui, les plantes OGM seraient asphyxiées par les mauvaises herbes. Aujourd'hui, cette technique, le soja résistant à l'herbicide, est au centre d'une future catastrophe. C'est ce que j'ai vu dans les plaines d'Argentine, quinze ans plus tard.

L'Argentine a entamé sa course au transgénique depuis 1996. Elle a multiplié sa surface cultivée par trois en quinze ans. Un triomphe du point de vue financier. Le soja OGM massivement exporté vers l'Europe a permis à l'Argentine de retomber sur ses pieds économiquement. Aujourd'hui, c'est quasiment 100 % du soja produit en Argentine qui est OGM, et qui résiste au glyphosate.

On devrait dire « qui résistait au glyphosate ». Car il ne résiste plus. Hector Rainero est fonctionnaire à l'INTA, l'Institut national de technologie agricole. Cette institution gouvernementale a convaincu les agriculteurs argentins d'adopter les plantes OGM. Aujourd'hui, il reconnaît l'échec : « À force d'être attaquées au glyphosate jusqu'à quatre fois par an, les mauvaises herbes se sont adaptées, elles ont muté, elles sont devenues elles aussi résistantes à l'herbicide. Alors, pour en venir à bout, il faut augmenter les doses, rajouter des produits chimiques, chercher de nouveaux cocktails. Heureusement, les firmes transgéniques nous aident beaucoup... »

Les sols argentins sont imbibés de combinaisons d'agrotoxiques. De l'aveu même du gouvernement, personne n'a étudié l'impact sanitaire de ces combinaisons chimiques, leur synergie, leurs effets combinés. Sur un tracteur d'épandage, j'ai découvert des fûts de Round up mélangés à de l'Atrazine, un agrotoxique interdit en Europe (il change le sexe des grenouilles...) et du 2,4 D, un des composants actifs de l'agent Orange, le célèbre défoliant militaire qui a provoqué des vagues d'enfants déformés au Viêtnam.

Aujourd'hui au Danemark, demain en France ?

Dans la province du Chaco, ces méthodes ont un coût humain. Dans certains villages agricoles, près des champs OGM, le nombre des enfants difformes a été multiplié par trois depuis l'explosion du transgénique. Le gouvernement argentin n'a déclenché aucune étude médicale pour connaître la cause de ces difformités. Il prend les choses avec fatalisme. Viviana Perez qui élève une fille de 12 ans frappée d'une grave affection génétique inconnue dit : « J'ai mille fois eu envie de baisser les bras. Mais, non, jusqu'à ce que Dieu en décide autrement, je dois continuer... »

Alejandro Mentaberry, vice-ministre des sciences argentin et partisan des OGM, ne nie pas l'existence de cette vague d'enfants malades. C'est le prix du miracle argentin : « Malheureusement, il y a toujours des victimes dans ce genre de processus, c'est inévitable... », concède-t-il.

Si, au gouvernement, personne ne connaît l'impact de ces cocktails, il est difficile d'imaginer que chez Monsanto, on ne s'y intéresse pas. Mais Monsanto ne souhaite pas commenter cette défaillance de sa technologie. Ni les conséquences possibles de mélanges avec des produits toujours plus durs. Le groupe Monsanto s'est fermé totalement aux regards extérieurs s'ils sont suspects d'être critiques. Leur politique de communication est stricte. Éviter d'exposer les gens de l'industrie dans les « killing fields », les zones de feu que sont les interviews polémiques. Un document interne leur conseille d'utiliser plutôt des experts, des figures emblématiques, des gens qui sont des histoires à eux tout seuls et qui peuvent répliquer « au feu par le feu » (lire ici ce document sur leur stratégie de communication).

Nous avons rencontré l'un des agents d'influence les plus mis en avant par l'industrie transgénique : Patrick Moore. Officiellement, c'est un écologiste, un ancien de Greenpeace.

Il dit aujourd'hui promouvoir le riz doré OGM afin de combattre les carences en vitamine A dans le tiers-monde. Mais il prend la défense de l'industrie transgénique avec virulence, quel que soit le sujet. L'industrie transgénique tente de nier autant que possible la réalité sanitaire qui frappe l'Argentine. Elle tente d'effacer les zones de soupçon en affirmant que ses produits sont testés. Mais il suffit de suivre la trace du soja OGM, jusqu'en Europe, pour continuer à avoir des doutes.

Au Danemark, les élevages de porcs sont confrontés à la « mort jaune », une épidémie inexpliquée de diarrhée violente tuant jusqu'à 30 % des porcelets. Elle pourrait être liée à une agression contre certaines bactéries du système digestif. Des centaines de bêtes meurent de maladies gastriques aux causes inconnues. Là-bas, les bêtes sont nourries à 100 % aux OGM. Certains fermiers mettent en cause le combo transgénique : soja OGM+herbicide glyphosate. Une poignée d'entre eux, comme Ib Pedersen, a abandonné les OGM et affirme que leurs bêtes se portent mieux. Le gouvernement a demandé à une université d'agronomie d'évaluer l'impact du glyphosate sur les bactéries digestives.

Le problème pourrait dépasser le royaume du Danemark. En France, il faut savoir qu'il y a une chance sur deux pour que la côtelette de porc que nous mangeons vienne d'une bête nourrie au soja transgénique. La moitié des bêtes d'élevage françaises sont nourries aux OGM. Pourquoi alors, aucun éleveur, aucun magasin, aucun importateur de nourriture animale n'accepte d'en dire un mot ? Que craint-on ? Un nouveau scandale alimentaire ? Xavier Beulin, le président de la FNSEA, le reconnaît : « Il y a une omerta en la matière car les éleveurs ont été trop exposés dans des scandales à répétition dont ils n'étaient pas responsables. »

L'enjeu du traité transatlantique

Nous vivons au cœur de la grande guerre du transgénique. Elle est restée invisible mais n'en est pas moins violente. Grâce aux câbles diplomatiques américains dévoilés par Wikileaks en 2012, on sait que le gouvernement américain s'est littéralement mis au service de l'industrie transgénique, a exercé des pressions, amicales ou plus musclées, pour que Monsanto puisse s'imposer partout. Nous avons pu reconstituer certains épisodes de cette offensive du soft power pro-transgénique.

Ainsi, en France, en 2007, l'ambassadeur Craig Stapleton a monté une réunion secrète entre des représentants des firmes transgéniques et un patron de l'agriculture française pour élaborer une stratégie commune. J'ai retrouvé cet agriculteur. Il raconte qu'il fallait faire plier le gouvernement français et réduire l'influence de José Bové dont le nom apparaît des dizaines de fois dans les câbles (ces documents peuvent être lus ici). Il existe au ministère américain des affaires étrangères un homme dont le rôle exclusif est d'assurer la promotion du transgénique. Il s'appelle Jack Bobo. Il l'a expliqué lors d'une conférence dans une université américaine : « Le transgénique est pour nous une affaire de sécurité nationale... » Voir, ci-dessous, sa conférence à Cornell University, en décembre 2013.

Le prochain épisode de la grande guerre du transgénique se jouera très certainement lors des négociations du traité transatlantique de libre-échange. Ce traité commercial vise officiellement à harmoniser les normes sanitaires et réglementaires entre les États-Unis et l'Europe. S'il venait à être imposé selon les termes que souhaitent les Américains, il serait sans doute difficile de refuser les importations d'OGM au nom du principe de précaution. Il serait même probablement impossible de les étiqueter pour en informer le public. L'industrie transgénique considère l'étiquette OGM comme une « atteinte au droit à rester silencieux » et poursuit l'État du Vermont qui a osé l'autoriser dans les supermarchés. L'étiquette OGM était l'une des promesses de campagne de Barack Obama. Elle n'a toujours pas été imposée au niveau fédéral.

Après la signature du traité, s'il est signé, de nouveaux acteurs vont rentrer en jeu : les arbitres. Si une firme estime qu'un État ne respecte pas sa liberté de commerce, elle peut demander réparation devant une cour arbitrale. Il ne s'agit pas de juges mais d'anciens avocats d'affaires ou de lobbyistes, spécialistes du droit commercial. À titre d'exemple, Daniel Price, un ancien lobbyiste de Monsanto, est arbitre. Price intervient notamment dans le cas Philip Morris contre l'État de l'Uruguay. Le gouvernement uruguayen imposant des avertissements santé un peu trop gros sur le paquet de cigarettes, la multinationale du tabac le poursuit.

Corinne Lepage, ex-députée européenne, qui s'est battue contre le projet de traité transatlantique explique : « Si demain Monsanto n'accepte pas que la France étiquette leurs OGM ou les refuse, ils nous poursuivront devant des arbitres et demanderont des centaines de millions de dollars de dommages et intérêts. Pour discrimination commerciale... C'est une guerre qui ne dit pas son nom. » Évidemment, dans ce monde nouveau, l'avis des citoyens français, majoritairement réticents à consommer des OGM, est totalement facultatif...

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« Bientôt dans vos assiettes ! (de gré ou de force...) », un documentaire de Paul Moreira
Diffusion lundi 1er septembre à 20 h 50, Canal plus.

Paul Moreira est journaliste. Plusieurs fois remarqué et primé pour ses enquêtes, il est le fondateur de Premières Lignes, agence de presse et société de production audiovisuelle qui travaille avec plusieurs magazines d'enquête des chaînes de télévision.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 07:02

http://19.r.mailjet.com/nl/0o/0y7zl.html?[[UNSUB_PARAMS]]

 

Epandages aériens...
une consultation pour rien !!?


Du 23 juin au 15 juillet, une consultation publique visant à « interdire » les épandages aériens a été initiée par les Ministères de l'agriculture, de la santé et de l'écologie.

Face à ce projet d'arrêté inique, l'association Agir pour l'Environnement a mobilisé son réseau au travers d'une cyber-pétition "Stop aux épandages aériens".

Sur les 17 729 courriels reçus par le ministère de l'Agriculture :

  • 17 682 émanent de la cyberpétition mise en ligne par Agir pour l'Environnement.
  • Seuls 14 messages "soulignent la nécessité de l'épandage aérien pour certaines cultures", soit 0,08% des réactions.

Alors qu'Agir pour l'Environnement réclamait une interdiction définitive des épandages aériens ou qu'à défaut d'interdiction, l'arrêté définisse un périmètre de sécurité de 500 mètres autour des zones traitées sans habitations ni lieux accueillant un public sensible, la synthèse issue de cette consultation est aussi simple que lapidaire. Aucune modification substantielle n'est proposée !

Une fois de plus, une consultation cosmétique a été initiée afin d'entériner une décision vraisemblablement déjà prise avant le lancement de cette consultation.

C'est un véritable déni de démocratie et une gifle à toutes celles et ceux qui estiment qu'une consultation a pour objet de recueillir l'avis des citoyens et non pas justifier une décision déjà prise. Manifestement, les ministères de l'Agriculture, de la Santé et de l'Écologie prêtent une oreille très attentive à 14 « épandeurs » dont la réaction semble fort peu désintéressée !

Agir pour l'Environnement appellent les trois ministères cosignataires du futur arrêté à ne pas tenir compte de cette « synthèse » rédigée par et pour le lobby des pesticides.


Ne laissez pas les ministres profiter des vacances pour prendre des décisions scandaleuses !!
Maintenez la pression en envoyant une carte anti-pesticide aux:

  • Ministre de l'agriculture, 78, rue de Varenne 75349 Paris SP 07
  • Ministre de la santé, 14, avenue Duquesne 75350 Paris SP 07
  • Ministre de l'écologie, 246, boulevard Saint Germain 75007 Paris
[proposition de texte à recopier]

Du 23 juin au 15 juillet, vous avez mis en ligne une consultation publique afin de receuillir l'avis des citoyens. Comme 17 682 autres personnes (soit 99,92% des avis que vou avez reçus), je me suis exprimé-e en faveur d'une interdiction stricite de l'épandage aérien de pesticides au regard de leurs effets sur la santé et leurs impacts écologiques.

La synthèse mise en ligne à l'issue de cette consultation ne tient aucunement compte de mon avis, ce que je regrette vivement. Je vous demande instamment d'entendre la protestation citoyenne qui s'est exprimée à l'occasion de cette consultation publique.

Comptant sur votre écoute, je vous prie d'agréer, Mesdames et Monsieur les Ministres, l'expression de nos sentiments les plus respectueux.

Votre signature

[une carte postale achetée et envoyée de votre lieu de vacances fera également tout à fait l'affaire...]

// Soutenez-nous dans notre combat contre les épandages aériens de pesticides : Adhérez

Plus nous sommes nombreux, plus nous avons d'impact.
Plus nous avons de soutiens, plus nous pouvons multiplier nos actions pour une planète vivable.
 

Une adhésion et des cadeaux militants de bienvenue !

Entre le 26/06 et le 04/07/2014, pour une adhésion en ligne supérieure à 30€ vous recevrez :
  • Un reçu fiscal vous permettant de déduire de vos impôts 66% du montant de votre don : votre dépense réelle serait alors de 10,20€ pour un don de 30€ ;
  • + nos campagnes cartes pétitions pendant 1 an ;
  • + Trois cartes postales illustrées
  • + l'affiche - Marre des pesticides ! ;
  • + le badge - Pesticides, non merci ! ;
  • + l'autocollant - Pesticides, non merci !
ou
http://www.agirpourlenvironnement.org/adherer
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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 07:00

"Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture." 

Pour comprendre en Languedoc-Roussillon ,l'ampleur et  l'enjeu  silencieux du déclin  des populations de butineurs (Abeilles ,papillons ...)  ,lisez ci-dessous l' article du monde,

-et voyez cette vidéo  http://www.lemonde.fr/planete/video/2014/08/02/le-declin-des-abeilles-explique-en-3-minutes_4465947_3244.html

Aussitot vu,c'est aussitot compris :

-Il est nécessaire  de diffuser et de  pétitionner  ,afin de bloquer entre autre , l’avancée de tous les dossiers de plantes génétiquement modifiées nectarifères ou pollinifères:

 http://www.ogm-abeille.org/#petition

 

-Article du Monde du 5 Aout 2014:

Le Monde.fr avec AFP 

Ils craignent que la filière apicole ne se fragilise jusqu'à un point de non-retour. Les apiculteurs de Languedoc-Roussillon ont lancé, mardi 5 août, un cri d'alarme face à la baisse de la production et demandent un appui financier de l'Etat et des collectivités. Dans leur communiqué, la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) et l'Adapro-LR (Association de développement de l'apiculture professionnelle) dressent le constat suivant :

« Deux ou trois années de difficultés et les aléas climatiques de 2014 poussent de nombreux apiculteurs du Languedoc-Roussillon à se questionner sur l'avenir de leur activité. Avec une perte moyenne de la moitié de la production régionale, soit un manque à gagner d'environ 10 millions d'euros, la situation est particulièrement alarmante et la saison 2014 s'avère de très mauvais augure. »

Selon les apiculteurs, la sécheresse, conjuguée aux problèmes récurrents (varroa, frelon asiatique, intoxications, maladies), a impliqué « des coûts supplémentaires pour combler les besoins alimentaires des abeilles » et « se répercutent aujourd'hui gravement sur la saison ». Ainsi, en fonction des miellées,« la diminution de production va de - 35 % (colza) jusqu'à - 92 % (garrigue), pendant que le châtaignier, l'une des miellées apportant des volumes très importants, diminue de 40 % ».

Lire aussi la synthèse : En France, la production de miel est en chute libre

LE TORYMUS, UNE SOLUTION NATURELLE

Pour ces professionnels, le miel des châtaigniers est d'autant plus en danger que s'ajoute une autre calamité, le cynips du châtaignier, un parasite qui « s'étend de plus en plus dans la région »« Si rien n'est fait, la production de châtaignes [et de miel de châtaignier] peut être réduite à néant en l'espace de deux à trois ans », soulignent les deux organismes, affirmant qu'il existe « une solution pour réduireson impact », en l'occurrence « l'introduction d'un prédateur naturel, le torymus »,mais qu'il « doit être mis en œuvre le plus tôt possible ».

« Il y a quatre ans, la région produisait 40 000 tonnes de miel. L'an passé, nous en avions 15 000, et cette année nous en aurons sûrement encore moins », a estimé Eric Lelong, apiculteur chargé de ce dossier à la FRSEA et à l'Adapro-LR.

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 13:31

Pesticides : les écologistes satisfaits, l'UMP en colère

 

Les écologistes sont satisfaits de l'introduction de la restriction de l'épandage des pesticides dans le projet de loi sur l'agriculture, rejetée par l'UMP.

http://www.rtl.fr/actu/politique/pesticides-les-ecologistes-satisfaits-l-ump-en-colere-7773099501

Stéphane Le Foll, invité de RTL, mardi 24 juin 2014
Crédit : Damien Rigondeaud / RTL.fr
Stéphane Le Foll, invité de RTL, mardi 24 juin 2014

La restriction de l'épandage des pesticides à proximité des écoles ou d'autres lieux sensibles, introduite dans le projet de loi sur l'avenir de l'agriculture, a été saluée ce lundi par les écologistes mais dénoncée par l'UMP comme un "raisonnement simpliste".

A la suite d'un amendement gouvernemental voté en commission, le projet de loi, dont la deuxième lecture à l'Assemblée a démarré ce lundi après-midi, subordonne l'épandage près des lieux sensibles "à la mise en place de mesures de protection adaptées telles que des haies, des dispositifs anti-dérive ou des dates et horaires de traitement permettant d'éviter la présence de personnes vulnérables lors du traitement".

"Nous nous inscrivons dans le Grenelle de l'environnement"

Lorsque de telles mesures ne peuvent pas être mises en place, le texte prévoit que "l'autorité administrative détermine une distance minimale adaptée en-deçà de laquelle il est interdit d'utiliser ces produits à proximité de ces lieux", selon le texte.

Défendant une motion de rejet du projet de loi, le député UMP Antoine Herth s'en est pris au "procès de la chimie des plantes qui est ouvert, et uniquement à charge". "Qui dans cet hémicycle osera prétendre que les pesticides apportent aussi un bénéfice à l'humanité? Personne sauf à se faire traiter d'assassin en puissance!", a-t-il dénoncé, relayant ainsi le discours de la FNSEA, syndicat majoritaire des exploitants agricoles.

"Nous nous inscrivons dans le Grenelle de l'environnement que vous avez adopté. Il faut rester cohérent", lui a répondu le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, désireux "d'être clair sur l'objectif de protection des personnes" tout "en permettant aux agriculteurs de protéger leur culture".

Cohabitation

"Il ne se passe pas un mois sans qu'une étude ne montre le lien entre les pesticides et la santé humaine", a souligné le rapporteur du texte, le socialiste Germinal Peiro. "C'est une proposition équilibrée qui permet à tous, agriculteurs et riverains, de vivre dans la sérénité. Dans la majorité des cas, la cohabitation se passe bien", a estimé lors d'un point presse l'écologiste Brigitte Allain.

Les écologistes demandent également une reconnaissance des "préparations naturelles peu préoccupantes comme alternative aux pesticides et l'interdiction des produits phytosanitaures ayant des effets cancérigènes "avérés ou probables".

Donner une orientation plus écologique à l'agriculture française

Ce projet de loi vise à donner une orientation plus écologique à l'agriculture française, notamment par la création de Groupements d'intérêt économique et environnemental, les GIEE, collectifs d'agriculteurs s'engageant dans l'agro-écologie. Ceux-ci pourront toucher des aides majorées.

Selon le ministère, les projets de GIEE en cours impliquent "10 à 12.000 agriculteurs", sachant que la France compte quelque 490.000 exploitations agricoles. Plus d'un millier d'amendements ont été déposés au total pour cette deuxième lecture. 

Les députés ont rejeté ce lundi soir des amendements UMP visant à informer obligatoirement le consommateur du mode d'abattage des animaux ou à faire "de la présence d'une faune sauvage riche et variée" une finalité de la politique agricole, "un amendement clairement destiné à défendre la chasse", a reconnu le député de l'Aube Nicolas Dhuicq. L'article traitant des phytosanitaires devrait être débattu mardi soir lors du deuxième jour des débats.

 

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