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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 07:59

Communiqué de presse du 12 Nov 2015 : Lettre ouverte aux candidats pour les élections régionales...

Bonjour à toutes et à tous,

Le conseil des ministres du 31 juillet dernier annonçait la décision, préparée dans le secret d'un cabinet ministériel avec la complicité d'élus aveyronnais, d'installer 1200 militaires de la Légion étrangère sur le camp militaire du Larzac.

Collectif Gardem Lo Larzac

Collectif de paysans, d’habitants, de citoyens du Larzac et d’ailleurs pour un Avenir Concerté du Larzac...
stm.larzac@laposte.net

https://www.facebook.com/Collectif-Gardem-Lo-Larzac-408882059321808/timeline/ (les infos utiles, dates de réunion, dates d'actions, bulletin "Gardem Lo Larzac"...)

Contacts presse :

- GESSON Gilles : 05.65.62.81.39 / gilles.gesson@laposte.net

- PINEAU Joseph : 06.86.02.23.18 / jo.pineau@laposte.net
- THELEN Christine : 06.72.98.06.13 / christinethelen12@gmail.com

- THELEN MaTthieu : 06.84.21.85.65 / m.thelen@infonie.fr


Millau, le 12 novembre 2015,


Cette venue est présentée comme une « chance » pour le Sud-Aveyron. Elle remet pourtant en cause 34 ans d’une cohabitation pacifique qui a permis un développement du Larzac fondé sur des activités agricoles, touristiques, patrimoniales et économiques. Cette décision et ses conséquences mettent en péril la réflexion et les pratiques déjà engagées et souhaitées d’un avenir civil du Larzac, s’inscrivant dans une dynamique solidaire et humaniste. Ce territoire a pourtant vu sa population et ses activités économiques productrices augmenter significativement ; en outre, la vocation pastorale des causses a été reconnue par l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

Cette décision a été revendiquée par des élus locaux, en négociations secrètes au ministère de la Défense, sans information ni consultation des populations concernées.

Ceci nous amène à vous interroger publiquement sur les pratiques qui seront les vôtres si les citoyens de cette région vous portent aux responsabilités pour lesquelles vous sollicitez leur suffrage :
- Imposer la présence de 1 200 légionnaires à une commune d'un peu plus de 1 000 habitants et sur un territoire d'à peine 5 000 habitants peut-il se décider dans le secret d'un cabinet ministériel ?
- L'avenir du sud-Aveyron peut-il dépendre d’investissements militaires et sécuritaires, non productifs, promis par un gouvernement qui nous dit ne plus avoir les finances nécessaires au maintien des services publics civils essentiels (hôpitaux, écoles, services postaux, transport ferroviaire …) ?
- L'accueil de militaires sur un territoire, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, fait-il partie des prérogatives d'un Parc Naturel Régional ?
- Si les électeurs vous permettent d'être élu(e) président(e) de la région, quelle sera votre position quant à l'arrivée de la Légion étrangère sur le Larzac ?
- Compte-tenu des enjeux humains et économiques, organiserez-vous un débat public pour informer et consulter les habitants concernés ?

Collectif de paysans, d’habitants, de citoyens du Larzac et d’ailleurs
stm.larzac@laposte.net
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Communiqué de presse du 16 nov. 2015 : Invitation à une rencontre avec le réalisateur Yannis Youlountas pour parler de la situation du Larzac...

Rendez-vous est donné au café-concert la "Loco", 33 Avenue Gambetta à Millau le mercredi 25 novembre 2015 à 17h45...

Pour celles et ceux qui le souhaitent, il sera possible de prendre un repas sur place avant de se rendre au cinéma.

Formateur et intervenant auprès de publics frappés d'exclusion sociale (classes relais, détenus, migrants, sdf, handicapés...), créateur de dispositifs d'éducation à l'image et de philosophie pour les enfants, il est également chroniqueur dans Siné Mensuel, Le Monde libertaire et Les Zindignées.

Pour Yanis Youlountas, il ne s'agit pas seulement d'informer mais de décoloniser l'imaginaire social, sortir des dogmatismes, des sectarismes, donner du sens à nos initiatives et lutter contre la résignation.

Salutations larzaciennes.

Collectif Gardem Lo Larzac

Collectif de paysans, d’habitants, de citoyens du Larzac et d’ailleurs opposés à la décision de densification du Camp du Larzac...
stm.larzac@laposte.net

https://www.facebook.com/Collectif-Gardem-Lo-Larzac-408882059321808/timeline/ (des infos utiles, date de réunion, date d'actions, bulletin "Gardem Lo Larzac"...)

Contacts presse :

- GRAOUER Paule : 06.72.05.59.18 / p.graouer@orange.fr

- GESSON Gilles : 05.65.62.81.39 / gilles.gesson@laposte.net

- PINEAU Joseph : 06.86.02.23.18 / jo.pineau@laposte.net
- THELEN Christine : 06.72.98.06.13 / christinethelen12@gmail.com

- THELEN MaTthieu : 06.84.21.85.65 / m.thelen@infonie.fr

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 08:55

Chroniques de notre temps, pour le meilleur et pour le pire.

Samedi 14 novembre 2015

Vos guerres, nos morts


http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/2015/11/vos-guerres-nos-morts.html

Ce sont les nôtres qui sont morts la nuit dernière.

À la terrasse d’un restaurant, dans un bar, dans la rue, dans une salle de concert.

Les nôtres.

Morts parce que des assassins ont décidé de frapper en plein Paris et de tirer dans la foule, avec pour objectif de faire le plus de victimes possible.

11h30. Sarkozy vient de déclarer : « Nous sommes en guerre ».


Pour une fois je suis d’accord avec lui. Ils sont en guerre.

Vous êtes en guerre, vous les Sarkozy, Hollande, Valls, Cameron, Netanyahou, Obama. Vous êtes en guerre, vous et vos alliés politiques, vous et vos amis patrons de multinationales.

Et vous nous avez entrainés là-dedans, sans nous demander notre avis.

Afghanistan, Iraq, Libye, Mali, Syrie… Nous n’avons pas toujours été très nombreux à protester. Nous n’avons pas suffisamment réussi à convaincre que ces expéditions militaires ne feraient qu’apporter toujours plus d’instabilité, de violences, de tragédies.

Là-bas, et ici.

Car la guerre n’a pas commencé hier soir. Et elle n’avait pas commencé en janvier lors des tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Elle avait commencé bien avant.

En janvier, j’écrivais ce qui suit :

L’une des causes de la sidération qui a touché de larges secteurs de la population, y compris les cercles militants, est la (re-)découverte de cette vérité : oui, la France est en guerre. Une guerre qui ne dit pas toujours son nom, une guerre dont on discute peu dans les assemblées, dans les médias et plus généralement dans l’espace public, une guerre contre des ennemis pas toujours bien identifiés, une guerre asymétrique, mais une guerre tout de même. Les récentes tueries l’ont rappelé de manière brutale à qui l’ignorait, refusait de le voir ou l’avait oublié : la France est en guerre, la guerre fait des morts, et les morts ne se comptent pas toujours chez l’adversaire.

Contre qui la France est-elle en guerre ? Selon les discours et les périodes, contre le « terrorisme international », contre le « jihadisme », contre la « barbarie intégriste », etc. Ce texte n’a pas vocation à discuter de ces dénominations imprécises, des généralisations abusives qu’elles impliquent et des paradoxes qu’elles sous-tendent (alliances à géométrie variable, soutien à des régimes dont les politiques favorisent le développement des courants « jihadistes », participation à des interventions militaires qui renforcent ces courants, etc.). Il s’agit plutôt de souligner que la France a, en réalité, emboîté le pas aux États-Unis de George W. Bush dès septembre 2001 (guerre en Afghanistan, législation « antiterroriste ») et fait sienne, sans toutefois le dire, la rhétorique et la politique du « choc de civilisation ».

Voilà près de 14 ans que la France était en guerre sans l’assumer.

Aucune raison de modifier une ligne de cet extrait. Et dire cela, ce n’est pas manquer de respect aux victimes ou à leurs proches.

L’émotion, l’indignation et la douleur sont évidemment légitimes. Et les assassins qui ont bousillé des centaines, des milliers de vies hier soir, sont inexcusables.

12h. Daech vient de revendiquer. Évidemment. Eux aussi, ils sont en guerre.

D’après l’AFP, citant un témoin présent au Bataclan, l’un des assaillants aurait crié : « C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie ».

On peut fermer les yeux et se boucher les oreilles. Et se laisser enfumer par la rhétorique dépolitisante du « terrorisme aveugle », forcément inexplicable.

Mais les assassins de Paris ne sont pas des pauvres types irresponsables, « fous » ou manipulés par je-ne-sais-quels-services-secrets. On en saura plus dans les heures et les jours qui viennent, mais nul doute qu’ils auront un profil et un discours à peu près similaires à celui des Kouachi et de Coulibaly, à propos desquels, toujours en janvier, j’avais écrit ça :

Les tueurs ont un discours (voir leurs interviews et vidéos, dans lesquelles ils parlent de la Syrie, de l’Iraq, des offenses faites aux musulmans en France et dans le monde, etc.) ; un corpus théorique (voir notamment l'article publié par Mediapart) ; des références organisationnelles (État islamique, al-Qaeda dans la péninsule arabique).

(…) Ils se pensent, rationnellement, en guerre contre une certaine France, et ils se considèrent, rationnellement, en situation de légitime défense. En témoigne cette déclaration de Coulibaly dans sa vidéo posthume : « Vous attaquez le Califat, vous attaquez l’État islamique, on vous attaque. Vous ne pouvez pas attaquer et ne rien avoir en retour ».

Oui, Daech fait de la politique. Ce sont des assassins, mais ils font de la politique.

Et hier soir ils ont frappé fort, très fort.

Aveuglément ? Oui et non.

Oui, parce qu’ils s’en sont pris à des gens qui ne sont pas directement impliqués dans cette guerre, des gens dont le seul crime était d’être là, des gens qui auraient pu être ailleurs et être encore parmi nous aujourd’hui.

Non, parce que frapper de la sorte, c’est lancer un message : « Votre pays est en guerre contre nous, et tant que cette guerre durera, aucun d’entre vous ne sera en sécurité ».

Ils font de la politique. Détestable, mais de la politique.

Nous vivons dans un monde en guerre. La Russie, la France et les États-Unis bombardent la Syrie. L’Arabie Saoudite bombarde le Yémen. Les « opérations » françaises se poursuivent au Mali. Obama a annoncé que ses troupes ne quitteraient pas l’Afghanistan.

D’après le Haut Commissariat aux Réfugiés, il n’y a jamais eu autant de réfugiés et déplacés qu’aujourd’hui, et il n’y a aucune raison que les choses s’améliorent.

Le bilan, à l’heure actuelle, est de 128 morts. 128 morts de trop.

Le 13 novembre 2015, 128 morts.

128, c’est beaucoup. C’est effrayant.

C’est presque autant que la moyenne quotidienne des morts en Syrie depuis mars 2011.

Presque autant que la moyenne quotidienne, oui : 250.000 morts depuis mars 2011, ça fait presque 4500 morts par mois, soit près de 150 morts par jour.

Avis au prochain qui nous expliquera qu’il ne comprend pas pourquoi les Syriens fuient vers l’Europe : depuis plus de 4 ans et demi, c’est le 13 novembre tous les jours en Syrie. Et c’est votre nouvel allié Assad qui en porte la responsabilité première, en ayant réprimé sauvagement un soulèvement alors pacifique.

Nous vivons dans un monde en guerre. Et cela permet à certains de faire des affaires.

Edito.
Le 15 novembre 2015

Du 7 janvier (Charlie) à ce 13 novembre,
le toujours plus monstrueux jeu en miroir et en boomerang des terroristes et du gouverneme
nt

Les attentats horribles qui ont eu lieu à Paris vendredi soir, faisant plus de 120 morts, des dizaines de blessés, cette violence aveugle, suscitent la révolte et l'indignation. Le NPA les partage et exprime sa solidarité aux victimes, à leurs proches. Ce drame est d'autant plus révoltant qu'il frappe des victimes innocentes, que les attaques meurtrières visaient la population.
Cette barbarie abjecte en plein Paris répond à la violence tout aussi aveugle et encore plus meurtrière des bombardements perpétrés par l'aviation française en Syrie suite aux décisions de François Hollande et de son gouvernement.
La barbarie impérialiste et la barbarie islamiste se nourrissent mutuellement. Et cela pour le contrôle des sources d'approvisionnement en pétrole. (Leurs guerres, nos morts: la barbarie impérialiste engendre celle du terrorisme)
Protégés par nos frontières, notre confort et nos cafés parisiens, nous n’avons pas souvent l’occasion d’être confrontés à la violence ressentie par les populations de pays soumis à des guerres ou des régimes dictatoriaux soutenus ou financés par les puissances occidentales. L’ère post-coloniale reste structurée par un racisme aussi profond qu’inconscient à l’égard de peuples laissés à l’abandon ou soumis au pillage. Un racisme qui n’a certes plus grand chose à voir avec celui de Gobineau, et qui se nourrit plutôt de rapports de force économiques, mais qui établit de manière tout aussi inébranlable qu’il existe deux humanités, celle qui compte et celle qui ne compte pas. Une division que nous reproduisons au sein même de nos pays, à l’encontre des habitants des quartiers défavorisés, citoyens de seconde zone qui perpétuent la stigmatisation des “classes dangereuses”. Non, tout le monde ne vit pas dans la liberté, l’égalité et la fraternité dans notre République.
On peut se rassurer en s’affichant en bleu-blanc-rouge sur Facebook ou en chantant la Marseillaise. On peut se contenter de penser que le terrorisme nous place face à l’incompréhensible et à l’irrationnel. Mais l’exemple israélien nous montre que nous continuerons longtemps à dessiner des larmes sur le profil de Marianne tant que nous choisirons de croire que nous n’y sommes pour rien, et qu’il n’y a rien à changer dans notre merveilleux modèle, dont on s’étonne qu’il ait cessé de séduire les jeunes des banlieues. L’égalité et la fraternité ne se construisent pas avec des barbelés et des bombes, mais avec le droit et la prospérité. Le jour où la République retrouvera le chemin de ses principes fondateurs, alors seulement nous pourrons regarder s’éteindre le terrorisme. (Dépasser Charlie)
La réaction du gouvernement et d’une grande partie du personnel politique, voire syndical, est d’en appeler à l’Union nationale, de convaincre chacune de rester chez soi, d’exprimer sa compassion et sa solidarité avec les victimes par des actions individuelles, bougies aux fenêtres ou messages sur Facebook. Pour les laisser mener leur politique guerrière, il faudrait ne pas « faire de politique », refuser toute discussion ou action politique.
Eh bien non, nous n’arrêterons pas de « faire de la politique », car nous pensons vital de ne pas laisser la politique à ceux qui sont les responsables de cette situation de pourrissement. Pour que ce genre d’événements ne se reproduise pas, il nous faut exprimer cette « politique des opprimés » qu’évoquait le regretté Daniel Bensaïd, à mille lieues de la politique des fauteurs de guerre et des marchands d’armes, qui prétendent défendre la « civilisation » mais n’hésitent pas s’allier avec les régimes les plus oppressifs (de l’Arabie Saoudite à Israël en passant par le Tchad). Notre compassion doit pouvoir s’exprimer autrement que par des discours et des actes individuels, prendre une forme collective et fraternelle affirmant la solidarité avec les victimes et le refus de la guerre, de l’autoritarisme et du racisme. Nous rassembler aussi largement que possible sur ce thème, et au plus tôt, est une nécessité pour combattre les tentations autoritaires, les discours va-t-en-guerre et les dérives racistes qui se multiplient dans le camp des dominants. (Attentats : pourquoi il faut agir et discuter politique)

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 09:46

Manuel Valls “marchand d’armes” reçu par Sissi en Égypte

Après Jean-Yves Le Drian, Laurent Fabius et le président François Hollande (”Le grand jour de Sissi est arrivé et Hollande sera à ses côtés”), Manuel Valls sera ce week-end en Égypte (avec Le Drian, et peut-être Fabius). Selon le communiqué annonçant l’événement, “il sera reçu par Abdelfattah Al-Sissi et son homologue.” Ce déplacement, “à forte dimension économique, permettra au Premier ministre de soutenir la présence des entreprises françaises en Égypte, à travers l’organisation d’une rencontre avec les milieux d’affaires français et égyptiens. Plusieurs accords, portant sur la coopération économique entre entreprises, sur notre aide au développement et sur les questions de Défense seront signés (…)” Et probablement le contrat Mistral.

La France n’en finit plus de consolider ses relations avec le régime égyptien. Et les journalistes, chercheurs, militants pour les droits humains n’en finissent pas d'observer, ahuris, la position contre-productive du gouvernement français.

Quelles sont les relations France-Égypte depuis 4 ans ? Les coulisses de la vente du Rafale ? Réponses dans mon article sur Orient XXI* : “Rafale à l’Égypte : Paris tourne la page des printemps arabes”. Vendre des armes n’est “pas moral”, mais serait “une bonne affaire économique” ? Faux. L’Égypte n’a pas les moyens de s’offrir une des machines de mort les plus perfectionnées au monde”. Pas plus que le Mistral : “La commission des finances du Sénat a calculé que, malgré les assurances du gouvernement, l’État français perdrait 250 millions dans l'opération”…

Pour vendre ses armes et négocier d’autres contrats dans divers domaines, la France est pourtant prête à tout. Même parler de “transition démocratique” alors que toute opposition est impossible en Égypte. L’exemple le plus flagrant : plus de 1000 personnes du camps adverse ont été tuées en 1 journée…Ou encore reprendre le discours de Sissi. Valls déclarait le 9 février 2015 : « Il faut combattre le discours des Frères musulmans […] ». Le discours des Frères musulmans ? En France ? Le Premier ministre - bien que conseillé par l’auto-proclamée experte du sujet - n’a pas l’habitude de parler d’eux. La déclaration a pris tout son sens trois jours après, quand l’accord sur la vente des Rafale a été annoncé…

Valls, en tant que Premier ministre, est impliqué dans la vente d’armements à l’Égypte : c’est lui qui donne son accord pour chaque transaction. En toute connaissance de cause, la France, pour rester dans le Top 5 des plus gros vendeurs d’armes, continue à vendre des armes utilisées contre des civils, en violation des traités qu’elle a signés et du droit international. Durant le séjour de Sissi à Paris, Bastamag publiait mon article “Malgré les tortures et la répression, la France va-t-elle poursuivre ses ventes d’armes à l’Egypte ?” (spoiler alert : oui) “Plusieurs entreprises françaises ont déjà tiré profit de l’instabilité du pays. […] Des armements lourds et des technologies fournis par la France sont employés pour réprimer des rassemblements pacifiques depuis le début de la révolution égyptienne.”

Claire Talon l’a rappelé lors du colloque organisé par Orient XXI et l’iReMMO vendredi dernier au Sénat : mettre au centre le respect des droits humains “c'est ça le réalisme aujourd'hui”. Surtout quand la France continue à se présenter comme “le pays des droits de l’Homme” (et cela a des conséquences sur les actes des partenaires). Le “réalisme” ce n’est pas dire que Sissi “est le meilleur rempart contre le terrorisme” quand il y a 3 ans, des ministres français et même le président reconnaissaient que le soutien aux dictatures était une mauvaise stratégie et que les faits tendent à prouver que la politique actuelle du régime égyptien engendre toujours plus de “violences terroristes”.

Mais ne dit-on pas qu’il n’y a “rien de tel qu’une bonne dictature pour l’économie” ? Sauf que même dans ce domaine, la compromission de la France ne paie pas.

Pour plus de détails et d’infos, voir mon dossier “L’Égypte, deux ans de pouvoir du maréchal Sissi”, sur OrientXXI.info.

*Orient XXI, média que j’ai participé à créer, fête son second anniversaire. Créer un média indépendant, gratuit, sur le “monde arabe” et le “monde musulman” était un pari risqué. Il l’est toujours. Le bilan de ces 2 ans et les projets sont présentés ici : “Orient XXI, 2 ans déjà : aidez-nous à poursuivre l’aventure”.

Oct 9th, 2015

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 03:12

Lettre ouverte citoyenne suite aux insultes du maire de Béziers envers un enseignant.

A Béziers, le 28 septembre 2015.

Madame la Ministre de l'Éducation Nationale

Nous sommes enseignants. Hommes et femmes d’horizons différents, d’âges variés et d’opinions parfois divergentes. Tous, nous avons choisi ce métier pour une raison qui nous est propre. Mais tous, nous œuvrons pour la même chose : l’égalité des chances, la réussite de tous nos élèves et la transmission de valeurs républicaines telles que le respect, la solidarité et l’entraide.

Mais aujourd’hui, nous sonnons le signal d’alarme, car trop de circonstances mettent à mal cet objectif. Comment nous positionner au quotidien dans l’exercice de nos fonctions lorsqu’un élu de la République réagit au sein de l’Institution que représente l’Ecole, à l’opposé même de ce que l’on attend de nous ? Devons-nous toujours interdire tout jeu violent à l’école, quand M. Ménard, maire de Béziers, expose partout aux abords des écoles des affiches faisant l’apologie des armes à feu ? Devons-nous encore valoriser l’autonomie, la prise d’initiative et un comportement responsable, quand M. le Maire rapporte des propos infantilisants et humiliants à l’égard de plusieurs enseignants ?

Devons-nous toujours défendre précieusement cette valeur hautement fondamentale qu’est la laïcité, quand M. le Maire se vante d’avoir réalisé un fichage ethnique et religieux de nos élèves ? Devons-nous toujours privilégier des projets en Instruction civique et morale autour de notions telles que la solidarité, l’entraide et le respect d’autrui, quand M. le Maire s’affiche partout en train de mettre dehors des personnes en situation de détresse humanitaire ? Devons-nous toujours valoriser dans nos classes les débats et apprendre les règles de la communication, quand M. le Maire n’hésite pas à nous couper la parole et à nous dire des propos dégradants et insultants ? Devons-nous toujours affirmer devant nos élèves que rien ne peut justifier la violence, quand M. le Maire, menace physiquement l’un de nous ?

N’est-il alors pas normal de se sentir désorienté, en tant qu’enseignant, lorsque la République Française ainsi que nos valeurs nous demandent de nous positionner d’une telle manière et qu’un de ses élus fasse l’exact opposé ?

Comment ne pas se perdre dans ce fossé creusé un peu plus chaque jour, entre nos convictions professionnelles et les conditions dans lesquelles nous exerçons notre métier ?

La semaine dernière, une dure réalité s’est, une fois de plus, introduite dans notre Ecole : lors de la pause méridienne, et alors que les enseignants de l'école Georges Sand à Béziers partageaient leur déjeuner dans leur salle de repas, M Ménard, maire de la ville est venu leur rendre visite. Après lui avoir dit bonjour, un des enseignants a refusé de lui serrer la main. M Ménard l'a alors traité de « petit con » et l'a menacé de lui donner deux gifles.

En tant que fonctionnaire, nous avons des droits et des devoirs. Nous avons aussi et surtout une responsabilité. Celle de former des futurs citoyens, autonomes, responsables et curieux d’apprendre. Cet objectif est une mission à long terme. Il inclut tous nos élèves, sans distinction d’origine et de religion, ensemble et non pas les uns contre les autres, réfutant toute haine, clivage, violence et autre « enfermement intellectuel »

Nous transmettons la politesse bien sûr, mais d’abord le respect et encore plus l’esprit critique. Tous les jours, nous devons faire des choix, afin de mettre en œuvre nos directives,mais surtout de respecter les valeurs républicaines que l’on nous a demandé de transmettre, et que l’on a décidé de défendre.

Qu’en est-il de M. Ménard ? Comment devons-nous faire pour exercer correctement notre métier dans de telles circonstances ?

Lisa Scotto di fasano et Hélène Penven, professeures des écoles à Béziers

Lettre soutenue par:

Le collectif CAID-E, l'Association Biterroise Contre le Racisme, Micheline Miannay (professeure des écoles), Jean-Luc Pietropaoli (professeur des écoles), Martine Payrastre (psychologue scolaire), Caroline Tamani (professeure des écoles), Claire Carrière (professeure des écoles), Claire Almarcha (professeure des écoles), Alizée Conraud (professeure des écoles), Simon Couture (professeur des écoles), Caroline Droin (professeure des écoles), Léa Vallès (professeure des écoles), Carol Sezer (professeure des écoles), Rachel Vernisse (professeure des écoles), Lucile Marsac (professeure des écoles), Gaëlle Ponghellini (professeure des écoles), Anne-Laure Saint-Léger (professeure des écoles), Catherine Cruz (professeure des écoles), Maud Visage (professeure des écoles), Tracy Gonzalez (professeure des écoles), Rachid Elbaroudi, Linda Mendi, Jean-Marc Hascoët, Bruno Goupille, Sylvie Goupille, Sarra Barek, Hélène Fargier, Mathilde Vidal, Béatrice Garcia, Gregory Damour, Souad Meskine, Omar Khatiri, Marie-Pierre Chabrol, Marwin Doucet, Carole Rossignol, Naïma El Meziani, Nadia Chauront, Corinne Chayé, Daniel Kupperstein, Sabine Carriere (professeure des écoles), Sébastien Riberprey (enseignant), Jacques Buhr, JosianeServant (assistante administrative), Julien Giboire (professeur des écoles), Claire Simonnet (professeure des écoles).

Pour nous soutenir /

La ministre de l'éducation nationale: Dénoncer les effets négatifs sur l'Education de la politique de Robert Ménard.

https://www.change.org/p/la-ministre-de-l-%C3%A9ducation-nationale-d%C3%A9noncer- les-effets-n%C3%A9gatifs-sur-l-education-de-la-politique-de-robert-m%C3%A9nard? recruiter=263578041&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 05:16

Lien vers la page facebook public du Collectif... : https://www.facebook.com/Collectif-Gardem-Lo-Larzac-408882059321808/timeline/

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 09:02

21 septembre 2015, Journée internationale de la paix

Le Mouvement de la Paix n’a cessé de dénoncer les choix guerriers et financiers qui font de la Méditerranée un effroyable cimetière pour un nombre immense de réfugiés et font peser une terrible menace sur la planète entière.

« Nous commettons une nouvelle erreur en engageant les avions français en vue de bombarder un état souverain afin de protéger les populations. La guerre ne peut protéger. C’est une vision à court terme. Lorsqu’une société est détruite il faut des générations pour la reconstruire. Il n’existe donc pas de solutions militaires aux maux de l’humanité », explique Régine MINETTI, présidente du Mouvement de la Paix des Bouches du Rhône.

Même si la force est rendue parfois nécessaire pour séparer les belligérants et protéger les populations, cette force ne peut être entre les mains de puissances militaires dangereuses. Elle doit rester entièrement sous contrôle de l’ONU. Déroger à ce principe met en péril cette organisation qui fête ses 70 ans et qui a en charge la mise en œuvre de la Charte des Nations Unies, outil indispensable pour éloigner de l’humanité le fléau de la guerre.

Le 21 septembre est la journée internationale de la Paix. L’ONU a décidé qu’elle devait être le moment d’un cessez le feu généralisé et de promotion de l’alternative pacifiste de la culture de paix.

A ces fins, le Mouvement de la Paix vous propose de signer en ligne la lettre adressée au Président Hollande pour que la France observe un cessez le feu, partout où ses armées sont engagées, de telle sorte qu’aucune victime de tir français ne soit à déplorer alors que nous célébrerons la journée internationale de la paix.

Le Mouvement de la paix vous invite toutes et tous à participer aux initiatives locales, régionales et nationales qui vous sont proposées et, dans l’unité la plus large, d’en créer de nouvelles pour vous mobiliser dans l’action pour la paix et la solidarité. (Rubrique événement du site www.21septembre.org)

Le Mouvement de la Paix, le 17 septembre 2015

Contact : 01 40 12 09 12

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 06:08

La chasse : une calamité, pas une fatalité.

ecologie-radicale.org

En Occident, de nos jours, le loisir chasse représente la rencontre d’une perversion humaine et de la mort d’un animal, dont nul ne conteste plus qu’il soit un être sensible.

Je dis : perversion, car il est pervers de jouir de l’effroi et du mal qu’on occasionne à autrui.

Aucune nécessité vitale ne justifie ce loisir dans lequel tuer ne vise ni à se nourrir, ni à se protéger d’un agresseur, mais à se distraire, s’amuser à transformer en cadavre l’oiseau qui passe et le mammifère qui fuit.

La chasse tuerait, nombre sans doute sous-évalué, trente millions d’animaux par an en France dont beaucoup sortent des volières des éleveurs pour alimenter le stand de tirs des chasseurs.

Beaucoup d’animaux blessés agonisent, dans des fourrés, après qu’une aile ou une patte ou une mâchoire aient été arrachées par des plombs ou une balle.

La chasse loisir, loin d’être une « gestion » de la faune comme le récitent stupidement quelques politiciens irresponsables, constitue une calamité.

Calamité pour l’animal qui subit cette guerre sans honneur, sans pouvoir échapper au grand massacre dans un espace naturel dégradé, quadrillé par de trop nombreux chasseurs ne lui laissant aucune chance sérieuse de fuite.

Or, la chasse qui traque, blesse et tue est cruelle pour des animaux sauvages qui ne trouvent plus de véritables refuges dans un environnement totalement anthropisé.

Songeons qu’aux fusils, l’homme pervers ajoute la dague du veneur, le piège du sadique, les pinces du déterreur de blaireau.

Calamité pour la nature, car la chasse est la cause première de la disparition des espèces animales.

Bien sûr, les pesticides et la mécanisation agricoles, l’emprise urbaine, les infrastructures de transports, les pollutions, la surpopulation humaine constituent autant d’agressions contre la biodiversité.

Néanmoins, derrière toute disparition d’espèce, vous trouverez d’abord la chasse.

Pensez aux grands prédateurs, lynx, loups et ours exterminés par les fusillots.

Outre qu’elle détruit directement, la chasse terrorise la faune, la contraint à fuir l’homme. Or, l’homme est omniprésent dans tous les milieux et la faune in-sécurisée cesse de se reproduire.

Ainsi, vous verrez davantage d’oiseaux dans les parcs suburbains, surtout dans les pays où l’on ne chasse plus, que dans nos campagnes françaises devenues des déserts de vies sauvages.

Calamité pour l’homme lui-même, car la chasse est une école de violence, un apprentissage de l’acte de tuer, une indignité morale.

L’homme fait subir, à la chasse, à l’animal, ce qu’il ne peut pas se permettre d’infliger à ses semblables, en temps ordinaires. Mais que surviennent des conflits, des guerres, celui qui a appris à égorger la bête égorgera son ennemi du jour, celui qui a usé du fusil, assassinera par arme à feu son adversaire.

Banalisation de l’acte de mort, la chasse révèle d’inquiétantes pulsions chez ses adeptes et vous la trouverez très souvent derrière les crimes de sang que jugent les cours d’assises.

Calamité pour l’animal, pour la nature et pour l’homme, la chasse est subie par trop de concitoyens comme une fatalité déplaisante.

Le lobby chasse, tenant l’Etat, manipulant les élus, usant d’une propagande grossièrement mensongère, soutient que le loisir de mort est inéluctable et doit être accepté, au besoin comme un mal dont on aurait un peu honte mais qui ne guérira jamais.

Il n’en est rien.

Ce loisir cruel, anti-écologique, dégradant ne recueille, en Europe, que l’adhésion d’une infime minorité rétrograde, à savoir moins de 1% de la population, et 2% en France.

Vous entendrez parfois les petits GEOBBELS de la chasse affirmer que ce pays compte un million trois cent mille chasseurs.

C’est faux. Ils sont désormais moins d’un million et ce nombre diminue inexorablement d’année en année.

La chasse n’est nullement une fatalité, une malédiction, une tare incurable.

Elle va disparaître, comme tant d’autres anciennes traditions barbares et sanglantes.

Ce n’est qu’une question de temps.

Pour l’heure, en ce pays, un lobby organisé sur des bases corporatistes héritées du gouvernement de VICHY, dictent ses lois, transforme trop de décideurs en pantins dociles.

Comme ils sont ridicules ces politiciens qui font la danse du ventre devant les présidents de fédérations de chasseurs !

Le lobby ne veut rien concéder, ni sur les dates d’ouverture, ni sur les espèces chassables, ni sur les territoires ouverts à la chasse, ni sur les modes de chasse, fussent-ils atrocement cruels, à l’instar du déterrage, ou non sélectifs, à l’instar de la chasse de nuit des oiseaux d’eau.

Le lobby a peur de nous. Il préfère injurier qu’affronter le débat d’idées. Car, les dirigeants de la chasse mesurent le caractère anachronique de leurs pratiques, le scandale de leurs privilèges contre nature.

Ils savent que demain leur confiscation de la faune, de l’espace naturel et de la démocratie cessera, lorsque des gouvernants responsables prendront la mesure de deux faits essentiels :

Les citoyens sont hostiles à la chasse et la prétendue « gestion » cynégétique n’est qu’une formidable imposture.

Qu’aurons-nous besoin, demain, de chasseurs, pour réguler la faune, si nous avons la chance d’avoir des renards, des lynx et des loups !

Un monde sans chasse sera un monde moins violent, un monde dans lequel l’humain aura fait enfin la paix avec la nature, où la pulsion de vie triomphera de la pulsion de mort.

Gérard CHAROLLOIS

Mis à jour (Dimanche, 06 Septembre 2015

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 08:28

Gardarem lo Larzac

dimanche 30 août 2015
par Yann Fiévet

Par Yann Fiévet

Au fil de ses multiples renoncements à tenter d’infléchir le cours économique néolibéral de la société française, et tout au long des trahisons des idéaux de son camp supposé, François Hollande se paie les pires audaces. Nous y sommes désormais habitués et pourtant il parvient encore à nous surprendre après trois longues années d’un règne si soucieux de se couler paresseusement dans l’ère du temps. Le dernier avatar – mais probablement pas l’ultime – de cette lente et dramatique décrépitude est intervenu au cœur du présent été, au moment où les feux de l’actualité se font moins crépitants, où le citoyen digne de ce nom se repose un peu de son habituelle vigilance. La décision fut prise lors du Conseil des ministres du 31 juillet : les militaires vont reprendre le Larzac .

Nous n’oublierons évidemment pas que la troupe n’avait jamais vraiment quitté le célèbre plateau aveyronnais. C’est seulement le projet de vaste extension du camp militaire envisagé en 1973 par Michel Debré qui fut interrompu en 1981 par François Mitterrand. Le départ définitif de l’armée fut depuis lors plusieurs fois promis mais ne se concrétisa jamais. Trente-cinq ans plus tard, un « coup du père François » à l’envers va servir comme sur un plateau un renfort de plus d’un millier de légionnaires à la soldatesque déjà présente en ce haut-lieu de la stratégie militaire nationale ! On déguise l’affaire sous le prétexte que ce serait les élus du cru – peu imaginatifs sans doute - qui réclameraient des mesures fortes (!) permettant de vivifier le tissu économique local. C’est en fait un symbole qu’il s’agit de détruire : la référence des luttes victorieuses. Lutte victorieuse qui déboucha ici, de surcroît, sur des expériences de vie collectives aux antipodes des desseins formés par le décideur parisien omnipotent. En France, le pouvoir central ne renonce jamais vraiment, attend l’heure d’une revanche que des circonstances nouvelle pourraient un jour faciliter. Le moment lui semble aujourd’hui venu.

« Nous garderons le Larzac » était le cri de ralliement et le ferment d’unité de la lutte pour la préservation de ce morceau de la terre occitane. Ceux qui l’ont à l’époque – et peut-être encore de nos jours – caricaturé en lutte passéiste n’ont pas su ou voulu comprendre qu’elle avait une double dimension avant-gardiste : culturelle avec la défense d’une identité occitane ouverte sur l’ailleurs ; écologique par la volonté de maintenir une économie pastorale en harmonie avec l’écosystème. En 2012, Christian Rouau a rendu aux hommes et aux femmes de cette lutte un magnifique hommage cinématographique : « Tous au Larzac ». Un film évitant la nostalgie car le Larzac doit vivre pour demain quand partout la crise écologique et sociale sévit. Au cours des trente-cinq dernières années on a assisté à un développement du Larzac fondé sur une association plutôt réussie d’activités agricoles, touristiques, patrimoniales et économiques. Ce territoire a vu sa population et son activité augmenter significativement. De plus, la vocation pastorale des Causses a été reconnue par son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

L’affaire est magistralement emblématique du mépris total dans lequel on tient ce territoire, espace géographique habité donc socialement organisé. La décision du 31 juillet a été prise à la suite de négociations secrètes au Ministère de la Défense à laquelle participaient en effet activement des élus du Sud-Aveyron. Les populations locales n’ont à aucun moment été ni informées ni consultées. À l’heure de la « rigueur budgétaire » érigée au rang de vertu cardinale, le Ministère et le Département de l’Aveyron ont pourtant annoncé conjointement le déblocage de crédits publics importants pour des aménagements, militaires et civils, liés à l’afflux sensible de militaires sur ce paisible territoire. Le poète et écrivain Yves Rouquette, cofondateur au début des années 1970 du mouvement « Volem viure al païs » (mouvement autonomiste et socialiste) et engagé personnellement dans la lutte des paysans du Larzac, aura été sur ses vieux jours heureusement épargné par les effets de l’infame trahison commise par un régime se disant socialiste. [1]

La question du Larzac dépasse le Larzac. Sa (re)militarisation s’inscrit dans un contexte particulier où les intérêts bien compris de l’oligarchie - puissamment renforcée par trois décennies de néolibéralisme - doivent être protégés [2] contre les velléités d’auto-organisation de microsociétés autochtones. Sur le plateau, une autre lutte est d’ores-et-déjà engagée entre d’une part les « gardiens du temple » regroupés, au sein du GFA Larzac-Montredon, [3] principalement organisé par Ghislaine Ricez, compagne de José Bové désormais député européen, et d’autre part des groupes nettement moins prisonniers de l’Histoire officielle du Larzac comme les jeunes de l’Amassada (assemblée) qui ont organisé la fête du vent à la fin du mois dernier. Les premiers gèrent en quelque sorte un capital issu de l’ancienne lutte du Larzac quand les seconds imaginent réellement des alternatives au modèle agricole dominant et plus largement au consommationnisme prédateur de l’environnement dans toutes ses dimensions.

Ici, comme partout où se dessinent des mouvements contre les « Grands projets inutiles » c’est à la fois la possibilité d’autonomie économique et le contournement des canaux habituels de la politique qui se jouent. Décidément, l’Histoire n’est pas finie !

(Illustration : Photos extraites de « Le Larzac autrement parcouru, autrement regardé »)

Yann Fiévet

Les Z’indignés - N° 27 – Septembre 2015

[1] Yves Rouquette a quitté le monde des vivants le 4 janvier dernier en son domicile de Camarès en Aveyron après une longue vie consacrée à la défense de la culture et de la langue occitanes. Il fut à l’origine, en 1974, de la fondation du Centre international de documentation occitane, devenu aujourd’hui le Centre interrégional de développement de l’occitan, installé à Béziers. Il a publié une trentaine d’ouvrages (poésie, romans, pièces de théâtre) tant en occitan qu’en français. En octobre 2013, il publia avec le photographe Éric Teissèdre « Le Larzac autrement parcouru, autrement regardé ». Tous deux épris de beauté, de grands espaces et d’hommes vrais ils nous invitent à une longue et libre promenade à travers l’espace et le temps. « Une riche mosaïque de rochers fascinants et de champs cultivés » forcément étrangère à l’esprit de caserne !

[2] C’est aussi à cela que peut servir le cas échéant le renforcement actuel de l’arsenal répressif dont la loi « Renseignement » n’est qu’un exemple

[3] Créé par concession d’un espace public qui s’est faite sans appel d’offre, concession bénéficiant à un groupe privé qui a ses propres règles, notamment de sélection des agriculteurs sur des bases souvent politiques ou idéologiques

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 08:14

Si vous avez ou souhaitez signer la lettre ouverte au Président de la république française (cf. ci-dessous),merci de tenir informé la Commission Communication pour le Collectif...(trois petits points) à l'adresse suivante :

stm.larzac@laposte.net

Lettre ouverte au président de la République française

Les signatures peuvent et doivent évidemment continuer !

N'hésitez pas à diffuser sans modération cet appel par tous les réseaux dont vous disposez !


Autre moyen pour signer la lettre : Cyber action N° 732: Non au camp légionnaire du Larzac !

Cliquer ici : http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/camp-legionnaire-larzac-1005.html

Texte de la lettre ouverte au président de la République française :

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Élysée
55, rue du faubourg Saint-honoré
75008 Paris

« Nous vous faisons une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps… »

-Communiqué de presse du 1er septembre 2015 : Gardem lo Larzac !

Suite à la troisième assemblée générale ouverte qui s'est tenue hier à Millau avec une centaine de personnes, le Collectif opposé à la décision ministérielle du 31 juillet 2015 d'une densification des effectifs militaires du Camp du Larzac, a décidé de mener une première action en appelant à un rassemblement citoyen et militant le samedi 5 septembre 2015 à 11 h devant la sous-préfecture de Millau.
Pour rappel, ce collectif demande l’annulation de la décision du ministère de la Défense et propose de travailler à un avenir du Larzac s’inscrivant dans une dynamique solidaire et humaniste.
D’autres actions non violentes devraient suivre durant l’entre-deux tours des élections législatives partielles locales et durant la journée du samedi 12 septembre 2015 (programme en cours d’élaboration...).
Le Collectif de paysans, d’habitants, de citoyens du Larzac et d’ailleurs opposés à la décision de densification du Camp du Larzac

Contacts presse :
- GESSON Gilles : 05.65.62.81.39 / gilles.gesson@laposte.net
- THELEN Christine : 06.72.98.06.13 / christinethelen12@gmail.com
- THELEN MaTthieu : 06.84.21.85.65 / m.thelen@infonie.fr

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 08:15

Communiqué de presse du 24 Août 2015 : Gardarix Lo Larzac !

Pour rappel, une centaine de paysans, d’habitants, de citoyens du Larzac et d’ailleurs se sont réunis le Mardi 4 Août 2015 sur le Larzac pour commenter la décision ministérielle du 31 Juillet 2015 d'une expansion des effectifs militaires du Camp du Larzac, avec à terme environ 1200 militaires de la Légion étrangère en remplacement du CEITO actuel (quelques centaines de militaires).
Cette décision fait suite à une négociation secrète menée par quelques élus locaux sans concertation avec la population.
De cette première réunion, est née une lettre ouverte qui a été envoyé au Président de la République française pour demander l'annulation de cette décision.
A ce jour, cette lettre a été signée par plus de 2000 personnes…

Un appel à signature se poursuit via le site internet de l’Élisée ou la cyberaction n°732
(http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/camp‐legionnaire‐larzac‐1005.html). Les signataires
écrivent ensuite à stm.larzac@laposte.net pour nous faire part de leur participation. Vous trouverez le texte de la lettre ouverte ci‐dessous.

Suite à une deuxième réunion qui s’est tenue le Mardi 18 Août 2015 sur le Larzac avec une centaine de personnes, un collectif s’est créé.
Ce collectif demande l’annulation de la décision du ministère de la Défense et propose de travailler à un autre avenir du Larzac, s’inscrivant dans une dynamique solidaire et humaniste.
La prochaine assemblée générale ouverte de ce collectif aura lieu le Lundi 31 Août 2015 à 20h30 à la Salle de la Menuiserie à Millau pour préparer la rentrée de Septembre...
Le Collectif de paysans, d’habitants, de citoyens du Larzac et d’ailleurs réunis les 4 et 18 août 2015.

Contacts presse :
‐ GESSON Gilles : 05.65.62.81.39 / gilles.gesson@laposte.net
‐ THELEN Christine : 06.72.98.06.13 / christinethelen12@gmail.com
‐ THELEN MaTthieu : 06.84.21.85.65 / m.thelen@infonie.fr

Lettre ouverte au Président de la République française envoyée le 10 Août 2015
Monsieur le Président de la République
Palais de l’Élysée
55, rue du faubourg Saint-honoré
75008 Paris

Le 5 août 2015,
Lettre ouverte au président de la République française.
Monsieur le Président,
« Nous vous faisons une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps… »

À l’issue du Conseil des ministres du 31 juillet 2015, nous apprenons la décision du ministère
de la Défense, d’une expansion des effectifs militaires sur le Camp du Larzac.
Le Ministère annonce la venue à terme de 1200 militaires permanents de la Légion étrangère
alors que le départ annoncé du CEITO nous avait fait entrevoir l’opportunité d’une fermeture
du camp et sa reconversion à usage civil.
Cette décision a été prise à l’initiative d’élus locaux en négociations secrètes au ministère de la Défense sans que les populations locales ne soient ni informées ni consultées.
En pleine période de restrictions budgétaires, le Ministère et le Département de l’Aveyron ont
annoncé le déblocage de crédits publics importants pour des aménagements tant militaires que
civils liés à l’augmentation du nombre de militaires.
Ce qui est présenté comme une « chance » pour le Sud-Aveyron remet en cause 34 ans d’une
cohabitation pacifique qui a permis un développement du Larzac fondé sur des activités
agricoles, touristiques, patrimoniales et économiques.
Ce territoire a vu sa population et son activité augmenter significativement. En outre, la vocation pastorale des causses a été reconnue par l’inscription au patrimoine mondial de
l’Unesco.
Cette décision et ses conséquences mettent en péril la réflexion déjà engagée et souhaitée d’un
avenir civil du Larzac, s’inscrivant dans une dynamique solidaire et humaniste.
L’État rompt ainsi le contrat moral établi en 1981 avec François Mitterrand pour mettre fin à
10 ans de lutte contre le projet d’extension du Camp du Larzac.

Nous vous demandons, Monsieur le Président, d’annuler cette décision.
Vigilants et déterminés, nous sommes pour un avenir civil du Larzac.
Des paysans, des habitants, des citoyens du Larzac et d’ailleurs réunis le 4 août 2015…
(initialement 200 signatures…)

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