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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 08:09

« Les US sont une oligarchie d’une corruption illimitée. »

C’est ce qu’a déclaré, le 2 août dernier, l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter sur une radio nationale syndiquée, durant l’émission “The Thom Hartmann Program”

.SOURCEfirstlook.org

Il y déclare que les États-Unis sont devenus « une oligarchie qui a créé la subversion de tout notre système politique, qui favorise les “contributeurs”, des démocrates aux républicains ».

Carter affirme « que ces fonds illimités sont dans leur intérêt exclusif ». Jimmy Carter répondait aux questions de Hartmann sur les décisions récentes de la Cour suprême concernant la décision du financement de campagnes, comme celle de Citizens United. Pour rappel, près de la moitié des représentants du peuple américain sont millionnaires.

NDLR : Si cette conversation a bien eu lieu, chose qui semble à peu près sûre, il est probable que la nouvelle du cancer de l’ancien président a incité ce dernier a révéler le fonds de ses pensées.

SOURCEfirstlook.org

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 10:53

OGM : Enquête sur les liens douteux entre les scientifiques et Monsanto

Publié par : Jacqueline Charpentier Date: 7 août 2015Heure :10:02

Un groupe d’activiste anti-OGM a lancé une vaste enquête sur 40 chercheurs de plusieurs universités publiques américaines et leurs liens douteux avec l’industrie agro-alimentaire, notamment Monsanto.

Michelle McGuire, une scientifique en nutrition de la Washington State University à Pullman, n’en revenait pas lorsque des activistes anti-OGM ont demandé un accès complet à ses mails. L’organisation US Right to Know basé à Oakland en Floride a déposé une demande en vertu de la loi sur la liberté de l’information pour connaitre la correspondance de Michelle avec 36 organisations et entreprises. McGuire est l’une des 40 chercheuses qui sont ciblées par le groupe dans le cadre d’une enquête sur les liens douteux entre l’industrie de la biotechnologie agricole et des scientifiques dans l’économie, la science et l’agro-alimentaire.

Monsanto paye certains chercheurs

L’enquête, qui a été lancée en février, a commencé à donner ses fruits. On a notamment près de 4600 pages de mails et d’autres informations provenant de Kevin Folta, un scientifique botanique à l’université de Floride à Gainesville et qui est un partisan acharné des OGM. Ces informations, que son université a fourni à US Right to Know le mois dernier, ne suggèrent pas une mauvaise conduite. Mais les informations révèlent les liens très étroits entre le chercheur et Monsanto ainsi que d’autres entreprises de biotechnologie. Les documents montrent que Monsanto a payé les voyages de Folta pour qu’il parle à des étudiants, des politiciens et des fermiers américains sans oublier de nombreuses interventions dans les médias. De plus, Monsanto et d’autres entreprises lui envoyaient des réponses toutes prêtes sur certaines questions épineuses des OGM.

Selon Folta : Personne ne m’a jamais forcé à dire quoi que ce soit. Et tout ce que j’ai déclaré a été prouvé par la science. Il ajoute qu’il n’a jamais accepté de l’argent pour des travaux en dehors de ceux de l’université et cette dernière ne l’oblige pas à publier ses dépenses de voyage. Mais cette déclaration de Folta est détruite par ses propres mails. Ainsi, on apprend que Monsanto a donné près de 25 000 dollars l’année dernière en disant au chercheur : Vous pouvez utiliser cet argent comme bon vous semble dans le cadre de vos recherches et des projets en dehors du cadre habituel. Folta a déclaré que ces fonds ont été utilisés dans un programme de l’université pour communiquer sur la biotechnologie.

Un porte-parole de Monsanto a déclaré que l’entreprise était heureuse de supporter les efforts de Folta pour faire mieux comprendre les bienfaits de la biotechnologie. Et que ces 25 000 dollars couvraient ses dépenses de voyage. Monsanto n’a pas de problème avec ce type de financement, car il estime qu’un partenariat privé/public est nécessaire pour les progrès dans l’agriculture, la science et l’innovation.

À la recherche de réponses

Mais de telles réponses ne satisfont pas Gary Ruskin, responsable d’US Right to Know. Je pense qu’il est important que les professeurs d’université dévoilent tout l’argent qu’ils reçoivent de l’industrie. Et s’ils ne le font pas, alors on a un sérieux problème. Et ce problème est que lorsqu’ils disent qu’ils ne prennent pas d’argent alors qu’ils le font en le cachant sous des motifs fallacieux. Le groupe de Ruskin, qui a été fondé en 2014, appelle pour un étiquetage obligatoire des aliments qui contiennent des OGM. Malgré le fait que plusieurs études ont prouvé que les OGM ne nuisaient pas à la santé.

US Right to Know a lancé son enquête sur les chercheurs après que l’organisme a remarqué que plusieurs d’entre eux avaient contribué sur un site appelé GMO Answers. Ce site est entièrement géré et financé par des entreprises biotechnologiques. Le groupe estime que ce site est utilisé comme un outil de propagande pour montrer les OGM sous leurs plus beaux jours en cachant tous leurs effets néfastes. Ruskin a déclaré qu’il a reçu 10 % sur ses demandes, dans le cadre de la loi sur la liberté de l’information, provenant de plusieurs universités. L’université du Nebraska a refusé catégoriquement de donner les informations sur ses chercheurs. US Right to Know argue que la liberté de l’information est une loi raisonnable, car les chercheurs sont soumis à la vigilance publique puisque ce sont les contribuables qui payent leurs recherches. Et il ajoute : Une part de la démocratie stipule que nous avons le droit de savoir sur les différentes tâches de nos fonctionnaires.

Une science contaminée par des intérêts conflictuels

McGuire ne sait pas pourquoi le groupe veut accéder à ses mails. Elle n’a jamais contribué à GMO Answers. Cependant, elle a publié récemment des travaux qui réfutent le fait que le glyphosate, un herbicide utilisé dans les graines OGM, s’accumule dans le lait maternel. Le problème est que ces travaux ont été effectués avec une collaboration de Monsanto. Mais la chercheuse estime qu’elle est une partisane du lait maternel. Mais c’est une tentative de justification médiocre pour de nombreux scientifiques qui ont pointé le lien entre sa recherche et Monsanto.

Mais le cas de Folta est bien plus grave. Il est un contributeur fréquent de GMO Answers. En fait, des employés de l’entreprise Ketchum lui ont demandé de répondre à des questions posées par des critiques sur la biotechnologie. Dans certains cas, Ketchum fournissait même des réponses toutes prêtes et l’entreprise ajoutait : Faites en sorte que ces réponses ressemblent à votre expertise personnelle. Folta estime que Ketchum voulait lui faire gagner du temps sur des réponses qui sont posées fréquemment. Et Folta argue que les mails obtenus par US Right to Know ne révèlent qu’une partie de son travail et le fait de les sortir hors de leur contexte donnent une allure très suspecte sur ses liens avec ces entreprises.

Bruce Chassy, un toxicologue de l’université de l’Illinois est également sous le coup de 2 demandes du groupe d’activiste. Et même sans fournir les mails, il admet que ses mails pourraient donner une image suspecte de son association avec des entreprises. Mais il ajoute également qu’il y a un problème d’éthique entre l’industrie biotechnologique et le secteur public. Est-ce que nous travaillons pour eux ou ce sont eux qui travaillent pour nous ? Je pense que c’est un peu des deux. Les intérêts des entreprises correspondent souvent à ceux des scientifiques. Mais justement, c’est ce chevauchement d’intérêts qui est visé par US Right to Know. Michael Halpern, un expert dans l’intégrité scientifique au syndicat qui représente les chercheurs visés a déclaré que le cas de Folta suggère que les universités doivent mieux éduquer leurs chercheurs. Les chercheurs doivent comprendre les conflits d’intérêts et être transparents sur l’argent qu’ils reçoivent de ces entreprises. La transparence financière est importante pour prouver que tout l’argent qui vient du secteur privé n’est pas forcément de la corruption.

http://actualite.housseniawriting.com/science/2015/08/07/ogm-enquete-sur-les-liens-douteux-entre-les-scientifiques-et-monsanto/6887/

En argentine la justice considère l’épandage phytochimique en zone urbaine comme un délit pénal de “contamination environnementale”.

http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/29336/argentine-mere-de-famille-defie-monsanto-au-peril-de-sa-vie

Argentine : une mère de famille défie Monsanto au péril de sa vie

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 08:45

Une sénatrice accuse de "grands groupes du CAC 40" de détourner le crédit impôt recherche à des fins d'optimisation fiscale.

Le rapport de Brigitte Gonthier-Maurin a été rejeté, en juin, par la commission d'enquête sénatoriale à laquelle elle appartenait. La sénatrice communiste en dévoile les conclusions dans "Le Parisien"

Note corruption de l'administration du blog:"

Quand le pillage devient une manière de vie pour un groupe d’hommes vivant en société, ils se fabriquent avec le temps un système légal qui l’autorise et un code moral qui le glorifie… (Frédéric Bastiat - 1801–1850)".

Son rapport a été rejeté, en juin, par la commission d'enquête sénatoriale à laquelle elle appartenait. Brigitte Gonthier-Maurin dévoile, lundi 10 août, ses conclusions dans Le Parisien : l'élue communiste dénonce le manque de contrôle et d'efficacité du crédit impôt recherche (CIR), dispositif créé en 1983 et renforcé ces dernières années.

"Un dispositif pas ou très mal contrôlé"

Aujourd'hui, 20 000 entreprises bénéficient du CIR, destiné à soutenir les activités de recherche et de développement, rappelle le quotidien. "L'enquête a montré que le crédit impôt recherche est un dispositif pas ou très mal contrôlé, qui de surcroît ne fait pas la preuve de son efficacité, explique Brigitte Gonthier-Maurin. Sur le volume global, nous avons estimé que moins de 2% du CIR était contrôlé. Beaucoup reste à faire !"

La sénatrice affirme que des entreprises détournent le dispositif, en sollicitant du CIR puis en exploitant les brevets déposés dans une filiale, "souvent localisée dans un paradis fiscal". "Je suis tenue au secret fiscal, je n'ai pas le droit de révéler de nom, commente Brigitte Gonthier-Maurin. Grâce au CIR, des très grands groupes du CAC 40 n'acquittent pas d'impôts en France. Tout ça est néanmoins légal, il ne s'agit pas à proprement parler de fraude, mais d'optimisation fiscale."

Un sujet "extrêmement sensible" ?

Brigitte Gonthier-Maurin souhaiterait "introduire une forme de moralisation dans le dispositif". Elle juge que son travail a été rejeté car le sujet "est extrêmement sensible" : "Les sénateurs PS se sont retrouvés pris entre le marteau et l'enclume dans la mesure où le président de la République avait affirmé que le CIR serait sanctuarisé quoi qu'il arrive."

En juin, au moment du rejet du rapport, le président de la commission d'enquête, Francis Delattre, sénateur des Républicains, reprochait à Brigitte Gonthier-Maurin d'avoir "systématiquement altéré" le contenu des auditions favorables au dispositif et proposé "35 mesures contradictoires entre elles".

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 08:19

Adieu mégaphone, adieu calicot,
adieu représentants syndicaux,
à moi le soleil et le calypso,
la nana, la noix de coco

à moi les alizés, les vents tropicaux,
et moi bien frisé, sur le bateau
adieu les traders, adieu jogging
les briefings à l'heure breitling,
ouvriers, riez, adieu les blouses grises
en chine, l'usine, on délocalise
les coûts ont dégringolés
les banques ont plus rigolé

(Refrain):
la boîte a coulé, mais pouce
on va se la couler douce
la pilule on va se la dorer
j'ai le parachute, chut, doré

Adieu mégaphone, adieu calicot,
adieu représentants syndicaux,
à moi le soleil et le calypso,
la nana, la noix de coco

adieu château Petrus,
en costard Lanvin
adieu les jolis Putrus
dans les Mystère 20

balancer les fraiseuses, les machines-outils
riez ouvriers du joli gâchis,
j'ai creusé, creusé, j'ai creusé la dette,
au lieu de me creuser la tête,
un jour, les cours ont chuté,
et moi, parachuté,

(Refrain)

Adieu mégaphone, adieu calicot,
adieu représentants syndicaux,
à moi le soleil et le calypso,
la nana, la noix de coco

adieu téléphone, adieu le bureau,
secrétaire au talon haut,
à moi les alizés, les vents tropicaux,
et moi bien frisé, sur le bateau

(Refrain)

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 07:54

http://www.mediapart.fr/article/offert/e5d937f295c05aa393b85d1f7c3760dd

Grand bétonnage : « Sur l’emploi, aucune promesse n’a été tenue »

Les petits et grands travaux d’aménagement du territoire permettent-ils vraiment de créer des emplois ? Oui, mais beaucoup moins que ce qu’ils promettent, selon Jacqueline Lorthiois, socioéconomiste, et l’une des très rares spécialistes de ce sujet. Suite de notre série sur le grand bétonnage.

Spécialiste de l’emploi en Île-de-France, Jacqueline Lorthiois a été conseillère technique dans plusieurs cabinets ministériels et délégations, responsable d’un bureau d’études, et a longtemps enseigné. Cette socioéconomiste a cofondé la coopérative Réseau de l’économie alternative et solidaire (REAS), ainsi que le Mouvement de l’habitat groupé autogéré, qui a monté les premières expériences d’habitat participatif et de coopératives d’habitants. Elle a aussi été candidate aux élections départementales de 2015 dans le Val-d'Oise pour EELV.

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, tunnel ferroviaire Lyon-Turin, Center Parcs dans la Vienne et l’Isère, centre commercial et de divertissement EuropaCity en région parisienne, etc. : tous ces projets d’aménagement du territoire affichent d’ambitieux objectifs de création d’emplois. Cela s’est-il vérifié dans l’histoire des infrastructures en France ?
Jacqueline Lorthiois. Elles ont créé des activités et de l’emploi. Mais à ma connaissance, jamais autant que le nombre d’emplois promis. Aucune promesse n’a été tenue. Par exemple, en 1975, le rapport Lachaize, du nom de son préfet rédacteur, prévoyait la création de 70 000 emplois sur le pôle de l’aéroport de Roissy, alors tout juste inauguré (en 1974). Mais en 1978, les résultats du recensement Insee ne comptabilisent que 18 000 postes. Et encore, en ratissant large : il a fallu intégrer dans ce chiffre la totalité du personnel de l’aéroport, notamment ses 5 000 navigants qui ne posaient pas le pied à terre.

Aujourd’hui encore, ça dysfonctionne. Aéroports de Paris déclare 86 000 emplois directs pour Roissy. Les actifs locaux tentent de trouver du travail à l’aérogare mais un tel site ne constitue pas véritablement un pôle d’emplois, offrant une palette suffisamment large de compétences et de qualifications pour fournir les emplois nécessaires aux habitants. C’est plutôt ce qu’on appelle un pôle d’activités, c’est-à-dire une concentration d’entreprises spécialisées dans quelques branches professionnelles (aéronautique, logistique, nettoyage, sécurité…). Résultat : l’aéroport recrute sur une aire diffuse, immense, qui s’étend sur toute l’Île-de-France et une partie de la Picardie. Plus Roissy grandit, moins son aire directe est dense en emplois. Le problème, c’est qu’on crée une offre locale de logements pour attirer les actifs non résidents. Mais ces nouveaux habitants ne trouvent pas à s’employer sur place. On doit donc créer des transports pour leur permettre d’exporter chaque jour, au loin, leur force de travail. Tout cela engendre des surcoûts qui engendrent une demande de croissance économique locale et donc de développement de nouvelles activités. C’est une histoire sans fin. Autre exemple éloquent : le parc Euro Disney, ouvert en 1992. On a promis jusqu’à 100 000 emplois, alors qu’il y en a 15 000 aujourd’hui, et que lorsqu’il a été inauguré, il n’y en avait que 12 200.

Retrouve-t-on le même problème avec les projets actuellement en développement ?
Sur le triangle de Gonesse, Immochan, la société immobilière d’Auchan, veut construire EuropaCity, prévu pour 2020 : 240 000 m2 de centre commercial, 20 000 m2 de restaurants, 50 000 m2 de parc d’attractions, une piste de ski, des salles d’exposition et de congrès, 12 hôtels… Au départ, ils annonçaient la création de 20 000 emplois, parce qu’ils additionnaient les chiffres des emplois du chantier à venir (10 000 selon eux) et de l’exploitation des sites (11 500). Mais ce n’était pas correct : les emplois se succèdent, ils n’existent pas en même temps. Par ailleurs, le temps des chantiers employant 10 000 personnes est révolu. Je conteste ce chiffre. Le chantier d’Eurotunnel dans les années 1980 a employé 10 000 personnes mais c’était pour construire 55 km de tunnel dont 35 sous la mer. C’était le plus grand chantier de France. On ne peut pas prétendre qu’EuropaCity, avec ses 30 hectares, va créer autant d’emplois qu’Eurotunnel. C’est absurde.


Actuellement, le plus grand chantier du pays, c’est l’EPR de Flamanville : 120 hectares, 300 000 m3 de béton, 500 000 m3 de coffrage, 40 000 tonnes d’acier et de béton armé. C’est considérable. En 2011, il employait 3 200 ouvriers, dont un millier d’étrangers (Roumains, Bulgares, Italiens, Espagnols) travaillant pour des filiales de Bouygues. Au départ, Pôle emploi a fait circuler un « train de l’emploi » qui a traversé tout le Cotentin, et a attiré des centaines de chômeurs. Mais très peu ont été recrutés. En 2011, 479 demandeurs d’emploi ont été embauchés sur le chantier après avoir suivi une formation financée par la Région.

L’autre très grand chantier en cours actuellement est ferroviaire : la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, aussi appelée Sud Europe Atlantique. Ils construisent 350 km de voies, 400 ouvrages d’art, 19 viaducs. On décompte 50 millions de m3 de déblais, 1 million de traverses en béton. 117 communes sont concernées. C’est gigantesque. Combien de personnes y travaillent ? 4 500 salariés directs, dont 3 200 fournis par Vinci. Donc en réalité, seuls 1 300 emplois directs ont été créés le long du parcours, eux aussi successifs, dont 400 emplois en insertion. Il y a aussi 1 300 emplois pour les sous-traitants et fournisseurs.

Pourquoi un tel décalage numérique entre les emplois promis et ceux créés ?
Il faut comprendre comment fonctionne un chantier : d’abord les terrassiers creusent les trous, et manient les énormes bulldozers. Après viennent les ferrailleurs et les coffreurs-boiseurs qui édifient le béton armé. Puis les techniverriers débarquent pour faire les fenêtres. Les électriciens posent l’électricité. Ensuite, c’est le tour des plombiers, des soliers qui posent les moquettes, etc. À la fin, les finisseurs réparent toutes les imperfections. Ces corps se succèdent et ne sont pas présents en même temps sur place. Ils ne vont pas poser les canalisations en même temps que les moquettes. De plus, le taux de productivité a beaucoup augmenté ces dernières années, avec la mécanisation et la livraison de pièces toutes faites. Je passe souvent observer les chantiers de prolongement de la ligne 14, porte de Clichy, dans le quartier des Batignolles. Vous n’avez jamais plus de quelques dizaines de personnes en même temps.

Prenez le chantier du centre commercial Le Millénaire à Aubervilliers. Il y a eu jusqu’à 600 personnes à un moment sur le chantier. Ils ont formé 10 à 15 jeunes sans qualification. Au total, 20 % des personnes embauchées étaient issues du 93. Ce ne sont pas des milliers d’emplois, alors que 500 000 actifs habitent en Seine-Saint-Denis. Pour le centre commercial Quartz, à Villeneuve-la-Garenne, la mairie était enchantée car elle avait placé 10 coffreurs-boiseurs lors d’une année sur le chantier. À côté de Roissy, le centre commercial Aéroville promettait 2 500 postes pour son exploitation. En réalité, 1 600 emplois ont été créés. Quand ils ont déposé leur projet en 2008, ils tablaient sur 80 millions de passagers à Roissy en 2012, alors qu’ils sont aujourd’hui 62 millions. Ils se sont trompés de 20 millions.

Les modes de calcul et d’estimation des emplois créés ne sont-ils pas à revoir ?
Il existe différentes manières d’apprécier la création d’emplois. En fonction de celle que l’on choisit, on peut artificiellement faire grossir les retombées escomptées. Par exemple, dans le cas de l’aéroport de Roissy, le Val-d’Oise « s’attribue » 101 000 emplois, alors que l’aéroport couvre en réalité trois départements. Ou encore, Air France indique l’ensemble de son effectif au siège social de Roissy, englobant les activités situées à Tremblay mais aussi la part revenant à Orly (un tiers du trafic).
Il y a aussi le problème posé par la notion d’emplois induits, qui est un véritable mensonge. Par effet induit, on entend les retombées liées au fait que les entreprises travaillant sur le site distribuent des rémunérations qui permettent à leurs salariés d’effectuer des dépenses et donc de soutenir une activité économique, elle-même génératrice d’emplois.

Par exemple, pour les 12 200 emplois d’Euro Disney, on prend les salaires versés au personnel, on les rapporte au lieu d’habitat des salariés, et on considère qu’ils réalisent 100 % de leurs dépenses sur leur lieu d’habitation et qu’ils soutiennent le petit commerce, la restauration, etc. Mais c’est idiot. Vous n’achetez pas tout sur votre lieu d’habitat : si vous allez au cinéma à Paris quand vous habitez à Gonesse, ou quand vous partez en vacances, vous dépensez votre argent ailleurs. Cela produit des doubles comptes.

Imaginons un touriste qui passe trois jours en France, dont un à Disney, un autre au Mont-Saint-Michel et un autre aux châteaux de la Loire. À qui attribuer le mérite de ses dépenses avec ce système de comptage ? Elles vont être comptabilisées trois fois. La méthode de mesure est absurde. Si vous additionnez tous les emplois induits annoncés en France, vous obtenez beaucoup plus que le nombre d’emplois réels. Admettons qu’EuropaCity ouvre, nous sommes en 2025, je suis touriste, je passe trois jours en France, je vais faire du ski à EuropaCity plutôt que de le passer à Disney. Mais celui-là, on ne le comptera pas en moins des emplois induits de Disney. Quand Disney a ouvert, il a volé des emplois à la tour Eiffel, aux châteaux de la Loire et au Mont-Saint-Michel. Rien ne prouve que ce ne sont pas des déplacements de consommation. Les gens n’ont pas le porte-monnaie élastique. Ce n’est pas parce que l’on augmente l’offre de sortie, que cela va augmenter les dépenses.

Passé un certain nombre de zéros, il n’y a plus d’esprit critique. La quantité aveugle tout le monde. Le coût à l’unité n’a plus d’importance

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 09:46

)Revenu de base inconditionnel

Revenu de base: la Finlande, fer de lance européen?

MERCREDI 05 AOûT 2015

SOCIETE - Le gouvernement finlandais réfléchit à introduire une allocation universelle.
Un projet pilote pourrait être lancé.

Première européenne. Arrivée au pouvoir en avril dernier, la coalition de centre-droit finlandaise a annoncé, début juillet, vouloir tenter l’expérience d’un revenu de base inconditionnel. Le débat sur son montant, sa mise en œuvre et son financement doit avoir lieu. Il s’annonce ardu. Certains parlementaires demandent que le revenu soit attribué sous condition (de recherche de travail notamment), d’autres s’opposent totalement à l’idée.
En attendant, le Premier ministre centriste Juha Sipilä a mandaté un think tank pour réfléchir à la question. Celui-ci propose de mener une expérience sur deux ans avec huit mille individus âgés de 18 à 62 ans. Ils pourraient recevoir une somme comprise entre 400 et 700 euros mensuels, un montant soutenu par les Verts et l’Alliance de gauche même si certains parlementaires libéraux ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils trouvaient la somme insuffisante et préconisent 850 à 1000 euros. Le Premier ministre devra convaincre la majorité du Parlement s’il entend mener à bien l’expérience.

La Finlande peut s’appuyer sur de nombreux exemples
Quoique peu connues, les expériences à travers le monde ne manquent pas. De même que les résultats positifs en termes économiques, de progrès social ou de réalisation de soi.
En 2011, un projet pilote de dix-huit mois étendu à six mille personnes, citadins comme habitants des campagnes, riches comme pauvres, s’est déroulé en Inde. Les adultes recevaient entre 200 et 300 roupies (entre trois et quatre euros) mensuelles et les enfants la moitié. Une somme conséquente en regard des subventions alimentaires et programmes de lutte contre le chômage dont les plus démunis bénéficient peu, en raison de la corruption omniprésente. Soutenu par l’Unicef et par la Self-Employed Women’s Association (SEWA), ce projet a donné lieu à des retombées encourageantes pour les plus pauvres avant tout. De nombreux ménages ont utilisé leur argent pour améliorer l’hygiène de leur logement. Beaucoup se sont dirigés vers les marchés de produits frais, au lieu de poursuivre leurs achats dans les magasins de rationnement. Des progrès significatifs en termes de santé, notamment chez les enfants, ont été enregistrés. Autre observation: avec un confort matériel et un accès aux transports accrus, les familles ont pu se permettre d’offrir de meilleures conditions d’apprentissage à leurs enfants. Parallèlement, les adultes ont abandonné les travaux forcés dont dépendait leur subsistance, tout en augmentant leur temps de travail indépendant (commerce ou agriculture, par exemple). Finalement, possédant des liquidités, les ménages sont parvenus à freiner leur endettement et à ne plus recourir aux services des prêteurs.
Une expérience similaire s’est tenue à Otjivero, un petit village pauvre de Namibie comptant mille habitants. Entre 2008 et 2009, sous l’impulsion de l’évêque luthérien Zephania Kameeta, désormais Ministre namibien de la lutte contre la pauvreté, l’expérience d’un revenu inconditionnel a sorti le village de la précarité, augmentant sensiblement le niveau et la qualité de vie de ses habitants.
Plus qu’une expérience, l’Alaska possède, elle, un véritable revenu de base depuis les années 1980. Les Alaskiens empochent, en complément des prestations sociales existantes, une partie des dividendes rapportés par l’extraction et le commerce du pétrole de la région. L’Alaska Permanent Fund Dividend varie, selon les années, entre 800 et 1800 dollars annuels. Un pic à plus de 3200 dollars a été enregistré en 2008. Bien que calqué sur le modèle d’une allocation universelle, ce dividende ne couvre pas totalement les besoins vitaux. Il peut dès lors être qualifié d’aide sociale supplémentaire, toutefois très bénéfique pour les régions rurales qui souffrent du chômage.

L’engouement européen
En Europe, l’idée d’un revenu universel fait son chemin: les partis verts anglais et gallois l’ont inscrit dans leur programme. Le parti d’opposition irlandais Fianna Fail a récemment fait de même avec une proposition concrète à 230 euros par semaine. A Utrecht, aux Pays-bas, un projet pilote est sur le point de démarrer, alors que trente autres municipalités du pays souhaitent également entamer des expériences similaires. En Espagne, le parti Podemos défend l’idée d’une allocation universelle dans son programme. Une initiative en faveur du revenu de base avait d’ailleurs été lancée en 2014, sans parvenir à recueillir suffisamment de signatures.

Le problème du financement
Les projets pilotes, limités dans le temps et en nombre de bénéficiaires, n’ont pas de peine à être financés (par les autorités, associations, organisations non-gouvernementales et même par le financement participatif). C’est plutôt la mise en œuvre à l’échelle d’un Etat tout entier qui pose problème. L’idée d’allocation universelle provoque systématiquement des levées de boucliers en raison des incertitudes planant sur son financement et le risque pointé du doigt, par les syndicats notamment, de baisses des salaires ou de maintien de pans entiers de la population à l’écart du marché de l’emploi. Pour y parvenir, ses partisans proposent de combiner plusieurs mesures: supprimer les prestations sociales (par exemple rentes AVS/AI, allocations perte de gain, assurances chômage, allocations familiales, bourses d’études, etc.) jusqu’à concurrence du montant du revenu de base, relever la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), le montant des impôts ou encore introduire une taxe sur le coût écologique ou sur les transactions financières. Ralph Kundig, président du Basic Income Earth Network (BIEN)-Suisse, estime que tous les pays du monde ont la capacité théorique de convertir leur produit intérieur brut en revenu de base, même si les méthodes de financement dépendent de l’organisation économique et fiscale de chaque pays.

Et la Suisse?
La Suisse pourrait-elle prétendre être championne en matière d’allocation universelle? L’initiative lancée en 2012 «Pour un revenu de base inconditionnel» (RBI) a recueilli 126 000 signatures. Elle sera soumise au vote populaire en automne 2016. La nouvelle a fait le tour du monde et relancé les débats jusqu’aux Etats-Unis, selon M. Kundig. Et ce, même si l’article constitutionnel proposé au vote reste flou, n’articule ni chiffres ni méthode de financement, privilégiant une adoption de principe. «Il ne faut pas se faire d’illusions, les changements sociaux dans notre pays n’ont jamais été des cassures nettes, mais plutôt le fruit de consensus. Qu’elle soit acceptée ou non, l’initiative aura le mérite d’avoir créé le débat, car plus le principe est compris, moins les gens émettent de réserves», explique M. Kundig.
Les initiants ont toutefois publiquement estimé à 2500 francs pour les adultes et à 625 francs pour les enfants le montant du revenu de base, un chiffre calculé en fonction du seuil de pauvreté. L’allocation universelle serait alors financée par la suppression des prestations sociales jusqu’à concurrence du montant du revenu de base, par l’impôt, la TVA ou encore par la cotisation des employeurs.
Dans le cas de la Suisse, comme dans celui de la Finlande, la route est, somme toute, encore longue: «L’introduction d’un RBI en Suisse ne se fera pas du jour au lendemain, mais plutôt graduellement et par tranches de population», conclut M. Kundig.I

Le revenu de base sera représenté à Alternatiba Léman

Le revenu de base inconditionnel (RBI) aura sa place dans le cadre d’Alternatiba avec un stand tenu par le Réseau mondial pour un revenu de base-section Suisse (BIEN-Suisse) et une conférence.
Ralph Kundig, président de BIEN-Suisse, estime que le débat sur le revenu de base s’inscrit, tout comme Alternatiba, dans une logique de transition: «L’allocation universelle soutient les idées de dignité de chacun, de partage du bien commun et de réduction des inégalités sociales. Elle encourage également les activités bénévoles, les échanges gratuits et l’économie locale.» Plus encore, il affirme que le revenu de base est éco-responsable: «Les individus qui décideraient de travailler moins, parce qu’ils toucheraient un revenu de base, consommeraient moins. Ils seraient aussi libérés de la contrainte d’avoir à travailler pour subsister, au service d’industries inéquitables, malsaines ou polluantes. Parmi eux, certains prendraient le temps de penser voire de s’engager de manière citoyenne ou politique.» FED

In-justification première.legrandsoir.info

Travailler plus, pour gagner plus…

4 août 2015

Luca V. BAGIELLA

L’autre jour, à un souper d’amis, on me disait qu’il était normal et juste qu’un entrepreneur gagne plus qu’un simple employé. Sur le moment, je dois l’avouer, je ne sus répondre tellement la sentence avait l’air logique et correcte. Cependant, il y a quelque chose qui sonnait faux et qui allait engager chez moi, dès mon retour, une réflexion. Une réflexion d’autant plus importante qu’elle avait trait à une des justifications centrales de la politique des inégalités.

C’est vrai, il est normal et juste qu’une personne qui travaille plus pour la collectivité perçoive une reconnaissance qui soit au niveau de l’effort qu’elle a fourni. Le fait est que les formes de reconnaissance à l’intérieur de notre environnement socioéconomique actuel sont réduites le plus souvent à l’argent. En fait, on peut dire que le monopole de l’argent et des échanges monnayés sur les autres formes de reconnaissance – comme, par exemple, le remerciement, le regard empli de gratitude ou l’échange de service – a pris une importance considérable dans les relations humaines et sociales. Or, que l’argent soit le moyen générique qui a été choisi par l’humain pour ses échanges n’est pas un problème en soi. En revanche, cela serait une erreur de ne voir en l’argent qu’un moyen ou même une finalité, car il est surtout, en dernière analyse, un pouvoir. Un pouvoir de faire travailler l’autre pour moi. Dès lors, on comprend que le « gagner plus » n’est pas neutre socialement. Il fait référence à une certaine hiérarchie économique où il y a des dominants et des dominés quand bien même nous ne pouvons plus les identifier en tant que classe sociale. Alors que le pouvoir de l’argent bouge sans cesse faisant croire à une démocratie, le pouvoir des positions et l’idéologie des possédants au-dessus des moins-possédants restent identiques à eux-mêmes. Il faut absolument maintenir le consommateur dans la croyance en sa souveraineté pour effacer sa position d’employé subalterne, pour effacer sa domestication économique.

Par conséquent, le reproche que j’avais envie de faire à cette personne c’est que nul n’a demandé à l’entrepreneur ou à quiconque de travailler plus ! Certes, il en a le droit en tant que sujet libre, mais il ne peut pas, sur une motivation qui est tout de même la sienne, exiger de l’autre une reconnaissance qui, comme je l’ai expliqué, dépossèdera celui-ci d’un pouvoir qui devrait être partagé et collectif ; d’un pouvoir qui, s’il n’existait pas, pourrait être l’« organisation mutuelle des citoyens polyvalents et responsables ».

À ce stade de la réflexion, il n’est peut-être pas inutile d’inviter le lecteur à songer à ce qui est nécessaire pour l’homme à sa survie. C’est vrai : pourquoi devrions-nous travailler plus, alors que tout semble indiquer – que cela soit écologiquement (les ressources), socialement (le chômage) ou même subjectivement (le sens) – qu’il serait préférable, au contraire, que l’on travaille moins et que l’on dédie, par conséquent, plus de temps à l’organisation mutuelle ? De plus, avons-nous véritablement besoin de toutes ces choses ? N’y a-t-il pas dans cette frénésie de l’entrepreneuriat l’arrogance à peine déguisée de celui qui veut profiter des autres tout en les méprisant par le pouvoir qu’il s’autorise sur eux ? Ne faudrait-il pas que cela soit justement l’entrepreneur – qui n’a encore rien, mais qui va vers le « tout » – qui dirige son travail sur le sens profond de son engagement envers les autres et envers lui-même ?

Quant au « gagner plus », il fait sens, mais seulement à l’intérieur de notre propre enfermement économique et spirituel. De la même manière, je me demande : pourquoi faudrait-il que l’employé gagne moins, alors qu’il participe également à l’effort collectif ? Certes, l’entrepreneur, ou celui qui est devenu riche pourra toujours se défendre en évoquant son sacrifice passé et sa responsabilité présente. Mais a-t-il pris la peine de s’arrêter un moment dans son effort pour s’interroger sur le pourquoi de cette course ? Je ne suis pas en train de dire que son sacrifice ne sert à rien ; au contraire, je crois qu’il sert mais pas au bon endroit. Quant à la question de la responsabilité, cela pourrait véritablement être le thème d’un prochain article.

Finalement, une dernière question reste en suspend et c’est peut-être la plus importante : dans un monde qui promet chaque jour la pauvreté et l’exclusion, l’individu a-t-il vraiment la possibilité de ne pas se soumettre à la règle de la concurrence et de la marchandise ?

© Luca V. Bagiella *

Doctorant en philosophie politique et sciences sociales

* À paraître en fin d’année : Narcissisme-critique aux éditions Hélice Hélas.

URL de cet article 29003
http://www.legrandsoir.info/travailler-plus-pour-gagner-plus.html

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 09:14

Gazette #21 – Juillet 2015 / Voir cet email dans mon navigateur

Vers des expérimentations en Europe ?

L'idée progresse en Finlande, aux Pays-Bas et même en France !

Cher(e)s sympathisant(e)s,

Le revenu de base ne prend pas de vacances ! Depuis le début de l'été, les nouvelles fusent de part et d'autre du monde.

Ainsi les médias n'ont pas tardé à s'enthousiasmer de l'annonce du gouvernement finlandais de mettre en place un projet pilote de revenu de base sur son territoire. Bien que les détails de ce projet ne sont pas encore connus, c'est probablement la première fois qu'un gouvernement européen s'engage à aller dans cette direction.

La Finlande sera-t-elle le premier pays européen à instaurer le revenu de base ? C'est sans compter le regain d'intérêt que connait aussi l'idée aux Pays-Bas, où une vague d'expérimentations pourrait avoir lieu prochainement.

En France, c'est l'Aquitaine qui prend l'initiative ! Inspiré de notre proposition de RSA automatique et inconditionnel, le Conseil Régional a tout récemment voté une motion visant à examiner la faisabilité d'une expérimentation. C'est une avancée historique en France après une première tentative similaire en région Rhône-Alpes en février dernier.

Évidemment, ces expérimentations seront forcément imparfaites au regard de notre définition du revenu de base. Mais il faut souligner qu'aux Pays-Bas comme en France, ces annonces sont le fruit d'efforts de militants engagés. En ce sens, c'est un processus d'engagement citoyen qui est en train de porter ses fruits. Comment ne pas s'en réjouir ?

En Namibie, 4 années après la fin de l'expérimentation de Otjivero, le nouveau gouvernement a ouvertement déclaré s'intéresser au revenu de base. De quoi nourrir notre optimisme !

L'équipe de rédaction MFRB

La région Aquitaine vote une motion pour expérimenter le 'RSA inconditionnel'

Le 6 juillet, le Conseil Régional d’Aquitaine a voté une motion présentée par le groupe des Verts, visant à examiner la faisabilité d'une expérimentation de RSA inconditionnel sur son territoire. Lire l'article »

Pays-Bas : 30 villes aimeraient expérimenter le revenu de base

La ville d'Utrecht pourrait n'être que la partie émergée de l'iceberg : une vague d'expérimentations aux Pays-Bas. Lire l'article »

Finlande : le gouvernement va lancer un projet pilote

La nouvelle coalition de centre-droit, au pouvoir en Finlande, s’est engagée à lancer un projet pilote de revenu de base. Cependant les contours de ce projet demeurent flous. Lire l'article »

Événement : 3 jours de formation pour les adhérents du Mouvement

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Quel libéralisme voulons-nous ? Réponse aux défenseurs du travail salarié

L’argent n’a pas vocation à refléter la « richesse » qu’auraient produit des travailleurs par leurs activités, aliénées ou non. Lire l'article »

Développer les services reposant sur le travail avec le revenu universel

La proposition de financer le revenu de base par une taxe sur la consommation permettrait de mieux distribuer les gains de productivité. Lire en ligne »

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Pour Laurent Joffrin, le revenu de base "est une réforme qui déplaira à tous les conservateurs, de droite et de gauche, mais qui mériterait pourtant un examen bienveillant". Lire l'article »

Faut-il défendre le revenu de base ?


Le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) est une association transpartisane et indépendante, qui cherche à rassembler toutes les forces progressistes souhaitant instaurer le revenu de base en France.

Rejoignez les 600 adhérent(e)s de l'association et participez aux actions nationales, locales et européennes pour parvenir à son instauration !

Environ 35 collectifs locaux organisent des actions de diffusion et d'information.

Des événements sont organisés partout en France.

Le MFRB vit principalement des contributions de ses membres et sympathisants.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 07:43

Éco/Social

Par Thierry Brun - Suivre sur twitter - 23 juillet 2015

LGV Lyon-Turin : un document publié par Politis à l’origine d’une plainte pour prise illégale d’intérêt

La publication d’extraits d’un document par Politis est à l’origine d’une plainte pour prise illégale d’intérêt déposée fin juin. Elle vise un des membres de la commission d’enquête publique favorable au projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin.

Les opposants au projet de liaison ferroviaire à grande vitesse (LGV) entre Lyon et Turin ont déposé une plainte pour prise illégale d’intérêt auprès du procureur de la République de Chambéry. Enregistré le 24 juin, le contenu de cette plainte n’est connu que depuis la mi-juillet et s’appuie sur un document révélé par Politis dans une enquête publiée le 19 février sur le site Internet de l’hebdomadaire et dans l’édition papier du 26 février.

Dans nos articles, nous avions émis des doutes sur l’impartialité de Philippe Gamen, maire du Noyer (Savoie), un des 13 commissaires enquêteurs ayant piloté, de janvier à mars 2012, l’enquête publique portant sur le projet très contesté de LGV entre Lyon et Turin. Pour étayer nos articles, nous avons publié les extraits d’un compte rendu de la réunion du 31 janvier 2012 du Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie (CPNS, aujourd’hui Conservatoire d’espaces naturels de Savoie, CENS).

Les extraits de ce document, que nous publions dans son intégralité ci-dessous, ont été repris par les opposants pour motiver leur plainte. Ils révèlent que Philippe Gamen, président du CPNS, travaillait pendant l’enquête publique sur la gestion des mesures compensatoires aux atteintes au patrimoine naturel avec la société Lyon Turin ferroviaire (LTF, aujourd’hui Tunnel Euralpin Lyon Turin, TELT), promoteur du projet de la LGV.

Un coût faramineux

Dans son référé du 1er août 2012, la Cour des comptes a indiqué que les coûts du pharaonique projet de liaison ferroviaire fret et passagers entre Lyon et Turin n’ont cessé d’augmenter sans qu’ils n’aient été définitivement arrêtés encore à ce jour. Pour l’ensemble du projet, ils ont dérapé de 12 milliards d’euros en 2002 à plus de 20 milliards d’euros en 2009, puis à 24 milliards d’euros, voire 26,1 milliards d’euros selon dernières données communiquées en 2012 par la Direction générale du Trésor. Les coûts ont donc plus que doublé en 10 ans. La section transfrontalière (le tunnel de 57 km) a été récemment réévaluée de 8,5 milliards à 12 milliards d’euros par Hubert Du Mesnil, président de Lyon Turin Ferroviaire (LTF, aujourd’hui Tunnel Euralpin Lyon Turin, TELT).

Lire > LGV Lyon-Turin : Une étude européenne confirme la gabegie financière du projet

Or, L’itinéraire fret historique Dijon-Ambérieu-Culoz-Chambéry-Modane-tunnel du Mont-Cenis-Italie a fait l’objet d’importants travaux entre 2003 et la fin 2010. De 500 à 600 millions d’euros ont été investis pour augmenter sa capacité entre 15 et 17 millions de tonnes de marchandises par an. Celle du tunnel du Mont-Cenis, de 20 millions de tonnes, est, selon plusieurs experts ferroviaires, largement suffisante pour absorber une croissance du fret ferroviaire pendant de longues années.

Le compte rendu de la réunion du CPNS rapporte aussi qu’un fonctionnaire de la direction départementale des territoires (DDT) était présent et organisait le travail sur le projet de LGV Lyon-Turin au sein du CPNS. Plusieurs rencontres ont eu lieu avec LTF, partenaire financier du CPNS.

Les contradictions du commissaire enquêteur

Or, interrogé par Mediapart en janvier 2014, Philippe Gamen affirmait que la signature de la convention sur les mesures compensatoires, datée du 25 novembre 2013, issue des négociations, « “est postérieure à l’enquête publique”, conclue dix-huit mois plus tôt, précise l’association, qui nie par ailleurs l’existence du moindre lien financier antérieur. “Je ne pouvais pas prévoir que Lyon-Turin ferroviaire nous proposerait ce travail a posteriori” ». Ces déclarations sont contredites par le compte rendu, lequel précise que la réunion du 31 janvier 2012 s’est tenue en présence de Philippe Gamen.

Les opposants au projet ferroviaire estiment que ces faits constituent une « prise illégale d’intérêt », à laquelle s’ajoute une plainte pour pratiques douteuses sur un possible conflit d’intérêts concernant Philippe Gamen : « Il est établi que Monsieur Philippe Gamen a ses parents qui habitent et sont propriétaires à Chapareillan, commune incluse dans le périmètre de l’enquête publique pour laquelle Monsieur Philippe Gamen était chargé d’une mission de service public en qualité de commissaire enquêteur », rappelle la plainte. Or, selon la jurisprudence, l’existence de liens de parenté avec les bénéficiaires d’un acte caractérise un intérêt s’il est suffisamment direct.

Lire > LGV Lyon-Turin : l’office antifraude européen ouvre une enquête

Les opposants au projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, entaché par de nombreuses affaires en France et en Italie, réclament depuis de nombreux mois l’annulation de l’enquête publique et l’utilisation de la ligne ferroviaire existante, rénovée et modernisée pour améliorer la situation environnementale dans les Alpes.

Lire > Questions autour de la gestion du grand projet Lyon-Turin

Document CR CPNR light publié par brun1

Nota Bene :

Crédit photo : CITIZENSIDE/MICHEL GARDE/citizenside.com

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 06:48

Midi Libre du 19 juillet : projet "Ode à la mer" : la Cnac donne son feu vert

Ode à la mer : la Cnac donne son feu vert

Réunie le 16 juillet, la Commission nationale de l’aménagement commercial a rejeté les recours dirigés notamment par la Fédération des associations de commerçants, d’usagers et de consommateurs du grand Montpellier contre le projet Ode à la mer. Qui, porté par la Métropole, envisage la création d’une vaste zone commerciale sur la route de la Mer, entre Montpellier et Pérols (avec passage par Lattes).

Une décision qui a suscité l’ire d’Alex Larue (Les Républicains). L’élu d’opposition à la Ville et la Métropole s’est indigné : « Comme si Odysseum, Carrefour Lattes et Auchan Pérols ne suffisaient pas ! Alors que l’offre commerciale dans la zone est déjà trop importante, ce sont plus de 60000 m2 de locaux commerciaux qui vont être créés. » Enfin, Alex Larue estime qu’il n’est « pas encore trop tard pour renoncer à cette forfaiture, sinon, ils finiront par tuer le centre d’une ville qui, par la faiblesse de son maire-président, est devenue la reléguée régionale ». Hier, Manu Reynaud (Europe écologie-Les Verts) ne s’avé- rait pas plus amène envers cette décision «que j’apprends avec consternation. Cette autorisation a été rendue en dépit du bon sens. Ode à la mer est un projet absurde. »

Philippe Saurel, qui était présent jeudi à Paris pour défendre ce dossier, considère, lui, que « le souhait de la Métropole de reconfigurer les espaces commerciaux dans le cadre de l’écocité a été entendu me semble-t-il ». Et de se montrer rassurant vis-à-vis de ses opposants sur cette question-là : « Ode à la mer, il faudra vingt ans pour le construire et il ne peut y avoir un tel projet sans discussion sur le centre-ville. Et tout doit être fait pour trouver un équilibre entre le développement d’Ode et le commerce en centre-ville. »

-Note "travailler plus ",de l'administration du blog avec la traduction de l'article Bullshit Jobs de David Graeber

Dans les années 1930, John Maynard Keynes avait prédit que, à la fin du siècle, les technologies seront suffisamment avancées pour que des pays comme le Royaume Uni ou les Etats Unis envisagent des temps de travail de 15 heures par semaine. Il y a toutes les raisons de penser qu’il avait raison. Et pourtant cela n’est pas arrivé. Au lieu de cela, la technologie a été manipulée pour trouver des moyens de nous faire travailler plus. Pour y arriver, des emplois ont du être créés et qui sont par définition, inutiles. Des troupes entières de gens, en Europe et en Amérique du Nord particulièrement, passent leur vie professionnelle à effectuer des tâches qu’ils savent sans réelle utilité. Les nuisances morales et spirituelles qui accompagnent cette situation est profonde. C’est une cicatrice qui balafre notre âme collective.

Et pourtant personne n’en parle.

Pourquoi donc, l’utopie promise par Keynes – et qui était encore attendue dans les années 1960 – ne s’est jamais matérialisée ? La réponse standard aujourd’hui est qu’il n’a pas su prédire la croissance massive du consumérisme. Entre moins d’heure passés à travailler et plus de jouets et de plaisirs, nous avons collectivement choisi le dernier. Cela nous présente une jolie fable morale, mais même un moment de réflexion nous montre que cela n’est pas vrai. Oui, nous avons été les témoins de la création d’une grande variété d’emplois et d’industries depuis les années 1920, mais peu ont un rapport avec la production et distribution de sushi, iPhones ou baskets à la mode.

Quels sont donc ces nouveaux emplois précisément ? Un rapport récent comparant l’emploi aux Etats Unis entre 1910 et 2000 nous en donne une bonne image (et je notes au passage, il en est de même pour le Royaume Uni). Au cours du siècle dernier, le nombre de travailleurs, employés dans l’industrie ou l’agriculture a dramatiquement diminué. Au même moment, les emplois en tant que “professionnels, clercs, managers, vendeurs et employés de l’industrie de service” ont triplés, passant “de un quart à trois quart des employés totaux”. En d’autres mots, les métiers productifs, comme prédit, ont pu être largement automatisés (même si vous comptez les employés de l’industrie en Inde et Chine, ce type de travailleurs ne représente pas un pourcentage aussi large qu’avant). Mais plutôt que de permettre une réduction massive des heures de travail pour libérer la population mondiale et leur permettre de poursuivre leurs projets, plaisirs, visions et idées, nous avons pu observer le gonflement, non seulement des industries de “service”, mais aussi du secteur administratif, jusqu’à la création de nouvelles industries comme les services financiers, le télémarketing, ou la poussée sans précédent de secteurs comme les avocats d’affaire, des administrations, ressources humaines ou encore relations public. Et ces chiffres ne prennent pas en compte tous ceux qui assurent un soutien administratif, technique ou sécuritaire à toutes ces industries, voir toutes les autres industries annexes rattachées à celles-ci (les laveurs de chiens, livreurs de pizza ouvert toute la nuit) qui n’existent seulement parce que tout le monde passe tellement de temps au travail.

C’est ce que je vous propose d’appeler des emplois foireux.

C’est comme si quelqu’un inventait des emplois sans intérêt, juste pour nous tenir tous occupés. Et c’est ici que réside tout le mystère. Dans un système capitaliste, c’est précisément ce qui n’est pas censé arriver. Dans les inefficaces anciens états socialistes, comme l’URSS, où l’emploi était considéré comme un droit et un devoir sacré, le système fabriquait autant d’emploi qu’il était nécessaire (une des raisons pour lesquelles il fallait trois personnes pour vous servir dans les supermarchés un morceau de viande). Mais, bien sûr, c’est le genre de problème que le marché compétitif est censé régler. Selon les théories économiques, en tout cas, la dernière chose qu’une entreprise qui recherche le profit va faire est de balancer de l’argent à des employés qu’ils ne devraient pas payer. Pourtant, cela arrive en quelque sorte.

Alors que les entreprises s’engagent dans des campagnes de licenciement, celles ci touchent principalement la classe des gens qui font, bougent, réparent ou maintiennent les choses, alors que à travers une alchimie bizarre que personne ne peut expliquer, le nombre de salariés “pousse-papier” semble gonfler, et de plus en plus d’employés se retrouvent, au contraire des travailleurs de l’ex URSS, travaillant 40 ou 50 heures par semaine, mais travaillant de façon réellement efficace 15 heures, comme Keynes l’avait prédit, passant le reste de leur temps à organiser ou aller à des séminaires de motivation, mettre à jour leur profil Facebook ou télécharger des séries.

La réponse n’est clairement pas économique: elle est morale et politique. La classe dirigeante a découvert qu’une population heureuse et productive avec du temps libre est un danger mortel (pensez à ce qui c’est passé lorsque cette prophétie à commencé à se réaliser dans les années 1960). Et, d’un autre côté, le sentiment que le travail est une valeur morale en elle même, et que quiconque qui ne se soumet pas à une forme intense de travail pendant leur temps de veille ne mérite rien, est en toute somme particulièrement bien pratique pour eux.

Une fois, en contemplant la croissance apparente des responsabilités administratives dans les départements académiques, j’en suis arrivé à une vision possible de l’enfer. L’enfer est un ensemble de gens qui passent la majorité de leur temps sur une tâche qu’ils n’aiment pas et dans laquelle ils ne sont pas spécialement bons. Disons qu’ils ont été engagés car ils sont de très bons menuisiers, et qu’ils découvrent qu’ils doivent passer une grande partie de leur temps à cuire du poisson. La tâche n’a rien de passionnant, au moins il y a une quantité limitée de poissons à faire cuire. Et pourtant, ils deviennent complètement obsédés par le fait que certains de leurs collègues pourrait passer plus de temps à faire de la menuiserie, et ne pas faire leur part des responsabilités de cuisson de poisson, sous peu des piles entières de poisson inutiles et mal cuits envahiront l’atelier, et cuire des poissons est devenu l’activité principale.

Je penses que c’est plutôt une description précise de la dynamique morale de notre économie.

Maintenant, je réalise qu’un tel argument va inévitablement générer des objections : “Qui êtes vous, pour définir quels emplois sont réellement nécessaires ? Et c’est quoi votre définition d’utile ? Vous êtes un professeur d’anthropologie, qui a besoin de ça ?” (et il est vrai que beaucoup de lecteurs de tabloïds pourraient envisager mon travail comme l’exemple même de l’inutilité).

Et sur un certain niveau, c’est vrai.

Il n’y a pas de mesure objective de la valeur sociale du travail.

Je ne voudrais pas dire à quelqu’un, qui est convaincu qu’il effectue une réelle contribution à l’humanité et au monde, que en fait, non. Mais qu’en est-il des gens qui sont convaincus que leur travail n’a pas de sens ? Il y a peu j’ai repris contact avec un ami d’enfance que je n’avais pas vu depuis l’âge de 12 ans. J’ai été étonné d’apprendre, que dans l’intervalle, il était d’abord devenu un poète, puis le chanteur d’un groupe de rock indépendant. J’avais entendu certaines de ses chansons à la radio, sans savoir que c’était quelqu’un que je connaissais. Il était clairement brillant, innovant, et son travail avait sans aucun doute illuminé et amélioré la vie de gens au travers du monde. Pourtant, après quelques albums sans succès, il perdit son contrat, et plombé de dettes et devant s’occuper d’un jeune enfant, finit comme il le dit lui même “à prendre le choix par défaut de beaucoup de gens sans direction : la fac de droit”. Il est aujourd’hui un avocat d’affaires travaillant pour une firme new yorkaise. Il était le premier à admettre que son travail n’avait aucun sens, ne contribuait en rien au monde, et de sa propre estimation, ne devrait pas réellement exister.

On pourrait être en droit de se poser beaucoup de questions, à commencer par, qu’est ce que cela dit sur notre société – une demande extrêmement limitée en musiciens poètes talentueux, mais une demande apparemment infinie d’avocats spécialiste des affaires? (réponse : si 1% de la population contrôle la plupart des richesses disponibles, ce que nous appelons le “marché” reflète ce qu’ils pensent est utile ou important, et personne d’autre). Mais encore plus, cela montre que la plupart des gens dans ces emplois en sont conscients. En fait, je ne penses pas que j’ai rencontré un avocat d’affaire qui ne pense pas que son emploi soit merdique. Il en est de même pour toutes les nouvelles industries citées plus haut. Il existe une classe entière de professionnels qui, si vous deviez les rencontrer dans une soirée et admettent que vous faites quelque chose d’intéressant (un anthropologiste, par exemple), feront tout pour éviter de discuter leur travail. Après avoir bu quelques verres de trop, ils risquent même de se lancer dans des tirades sur combien leur travail est stupide et sans intérêt.

Cela est profondément psychologiquement violent. Comment peut on commencer à discuter de dignité au travail, quand on estime que son travail ne devrait même pas exister ? Comment cette situation ne peut-elle pas créer un sentiment profond de rage et de ressentiment ? Pourtant et c’est tout le génie de cette société, dont les dirigeants ont trouvé un moyen, comme dans le cas des cuiseurs de poisson, de s’assurer que la rage est directement dirigée précisément vers ceux qui font un travail qui a du sens. Par exemple, dans notre société, il semble y avoir une règle, qui dicte que plus le travail bénéficie aux autres, moins il sera payé pour ce travail. Encore une fois, une mesure objective est difficile à trouver, mais un moyen simple de se faire une idée est de se demander : qu’arriverait-il si cette classe entière de travailleurs disparaissait ? Dites ce que vous voulez à propose des infirmières, éboueurs ou mécaniciens, mais si ils venaient à disparaître dans un nuage de fumée, les conséquences seraient immédiates et catastrophiques. Un monde sans profs ou dockers serait bien vite en difficulté, et même un monde sans auteur de science fiction ou musicien serait clairement un monde moins intéressant. Ce n’est pas complètement clair comment le monde souffrirait de la disparition des directeurs généraux d’entreprises, lobbyistes, chercheurs en relation presse, télémarketeurs, huissiers de justice ou consultant légaux (beaucoup soupçonnent que la vie s’améliorerait grandement). Et pourtant à part une poignées d’exceptions (les médecins par exemple), la règle semble valide.

De façon encore plus pervers, il semble exister un consensus sur le fait que c’est la façon dont les choses devraient se passer. C’est un des points forts secrets du populisme de droite. Vous pouvez le voir quand les tabloïds s’en prennent aux cheminots, qui paralysent le métro londonien durant des négociations: le fait que ces travailleurs peuvent paralyser le métro, montre que leur travail est nécessaire, mais cela semble être précisément ce qui embête les gens. C’est encore plus clair aux Etats Unis, où les Républicains ont réussi à mobiliser les gens contre les professeurs d’école ou les travailleurs de l’industrie automobile (et non contre les administrateur des écoles ou les responsables de l’industrie automobile qui étaient la source du problème) pour leurs payes et avantages mirifiques. C’est un peu comme si ils disaient “Mais vous pouvez apprendre aux enfants! Ou fabriquer des voitures ! C’est vous qui avez les vrais emplois ! Et en plus de ça vous avez le toupet de demander une retraite et la sécu ?

Si quelqu’un avait conçu un plan pour maintenir la puissance du capital financier aux manettes, il est difficile de voir comment ils auraient mieux fait. Les emplois réels, productifs sont sans arrêt écrasés et exploités. Le reste est divisé en deux groupes, entre la strate des sans emplois, universellement vilipendé et une strate plus large de gens qui sont payés à ne rien faire, dans une position qui leur permet de s’identifier aux perspectives et sensibilités de la classe dirigeante (managers, administrateurs, etc.) et particulièrement ses avatars financiers, mais en même temps produit un ressentiment envers quiconque à un travail avec un valeur sociale claire et indéniable.

Clairement, le système n’a pas été consciemment conçu, mais a émergé d’un siècle de tentatives et d’échecs. Mais c’est la seule explication pourquoi, malgré nos capacités technologiques, nous ne travaillons toujours pas trois à quatre heures par jour…

Traduction de l'article Bullshit Jobs de David Graeber, publié en aout 2013 dans la revue politique Strike. David Graeber est un professeur d’anthropologie à la London School of Economics.

http://chavire.tumblr.com/

http://www.aredje.net/slugs/

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 07:51

Athènes, dimanche 5 juillet 2015, à 22h30.

On s'oriente vers un IMMENSE SCANDALE en Grèce, qui pourrait éclabousser les autorités européennes…

DE SOURCE OFFICIELLE, DES PLAINTES VONT SANS DOUTE ÊTRE DÉPOSÉES ET DES SANCTIONS ENVISAGÉES CONTRE DE NOMBREUSES STRUCTURES PRIVÉES QUI ONT POUSSÉ LA PROPAGANDE À SON PAROXYSME, EN ABUSANT DE LA CORRUPTION ET DU MENSONGE, ET EN VIOLANT LES LOIS ET RÈGLEMENTS EN VIGUEUR :

1 – C'est d'ores-et-déjà certain pour la plupart des chaînes de télévision qui n'ont pas du tout respecté l'égalité de temps d'antenne entre le NON et le OUI (rapport de 1 à 5, voire plus !). Les sanctions pourraient toucher jusqu'à la licence et le droit d'émettre temporairement.

2 – C'est probable pour Youtube qui a diffusé massivement de la publicité pour le OUI durant le jour de l'élection, avant les vidéos en Grèce.

3 – C'est possible pour le réseau de téléphonie mobile WIND qui a pratiqué ouvertement la corruption de vote en offrant des avantages à tous ses utilisateurs lui envoyant OUI par SMS.

4 – Un soutien sera apporté aux salariés violemment menacés par leurs employeurs et contraints d'aller aux rassemblements du OUI. Certains ont été licenciés et s'apprêtent à contre-attaquer.

5 – Le cas du chef d'état-major des armées sera examiné, car il a brisé son devoir de réserve et de neutralité en appelant publiquement à voter OUI.

6 – Une enquête est quasi-certaine pour les instituts de sondages qui ont presque tous énormément triché :
6a – annonçant une nette victoire du OUI en fin de semaine ;
6b – puis une possible victoire du OUI à l'annonce des premières estimations (pour freiner l'élan des rassemblements spontanés et affaiblir l'impact de l'information dans le monde) avec des fourchettes presque toutes entre 47% et 51% pour le OUI ;
6c – le résultat final, en réalité, semble proche de 60% ou encore supérieur, ce qui signifie un écart de 20%, voire plus. Il s'agit, par conséquent d'un immense manipulation organisée massivement durant la semaine et jusqu'à ce soir sur laquelle toute la lumière devra être faite.

Ce soir, le gouvernement donne la priorité à la fête de la victoire et au débat sur les perspectives.
Mais, dans les prochains jours, ce scandale éclatera très probablement en Grèce, et pourrait éclabousser les autorités européennes.

Les masquent tombent. Le vent se lève.

Salut fraternel à vous tou-te-s de la part de la foule athénienne !

Y.Y.


Nouveau blog (merci Naz Oke) : http://blogyy.net
Compte facebook provisoire pour amplifier la contre-information :
https://www.facebook.com/yyoulountas
Nouveau point sur la souscription de soutien du prochain film « Je lutte donc je suis », actuellement en fin de tournage en Grèce et en Espagne, après de nombreuses péripéties ! Merci de votre soutien et de porter la parole de nos luttes. On y est presque :
http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?rubrique4

LEUR DEFAITE ; NOTRE LEÇON

06 juil 2015

Un message de Samir Amin

L’Europe telle qu’elle se fait Ajouter un commentaire

GLOIRE AU COURAGE LUCIDE DU PEUPLE GREC

Le peuple grec donne l’exemple à l’Europe et au monde.

Avec courage et lucidité le peuple grec a rejeté l’ignoble diktat de la finance internationale et européenne. Il a remporté une première victoire en affirmant que la démocratie n’existe que si elle sait se placer au service du progrès social. Il a démasqué la farce démocratique qui accepte de se soumettre à la dégradation des conditions sociales exigée par la dictature de la finance.

Honte aux gouvernements européens.

Honte à tous ceux qui ont accepté que la « troika » représente les peuples européens. Honte aux gouvernements qui ont placé à la présidence de « leur Europe » un fonctionnaire luxembourgeois au service d’un paradis fiscal, placé à la direction de leur « banque centrale » un individu qui fait carrière chez Goldman and Sachs, la banque associée à toutes les crapuleries financières du siècle, placé à la tête du FMI une bonne élève incapable de comprendre autre chose que ce qu’on lui a enseigné. Il ne s’agit pas d’hommes et de femmes politiques, de quelque bord qu’ils soient, mais seulement d’individus méprisables.

La Grèce héroïque s’était libérée par elle-même des fascistes italiens et des nazis allemands. Honte à madame Merkel dont le gouvernement ignore que le peuple grec a droit à des réparations.

La lutte continue. L’Europe des milliardaires de la finance n’entend pas renoncer à son objectif : massacrer le peuple grec.

Les peuples européens doivent prendre la mesure de leurs responsabilités. Avec Podemos, le peuple espagnol a donné un autre signal du réveil. Aux Français, aux Allemands, aux Britanniques et aux autres peuples du continent européen de comprendre que le combat du peuple grec est le leur.

dimanche 5 juillet 11 heures PM à Paris

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