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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 13:24

Climat ou commerce : la Commission européenne a fait son choix

Mediapart‎ -

La Commission européenne, outil politique du monde des affaires et de la finance, apporte sa capacité de nuisance à la COP 21.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 06:52





À propos du 2e tour des élections régionales

le Collectif contre la gare de la Mogère a envoyé le communiqué de presse ci-joint.

Les «États Généraux du rail» annoncés par la liste d'union PS (Carole
Delga, favorable à la gare de la Mogère) et EELV-FdG (Gérard Onesta,
opposant à cette même gare) ne sont pas satisfaisants: certes, Carole
Delga annonce que la question sera remise sur la table, mais elle ne dit
pas que les travaux seront arrêtés pendant ce temps. Certes, Gérard
Onesta signale que Carole Delga n'aura pas la majorité absolue à elle
seule, mais il n'est pas certain qu'il arrive à bloquer ce projet si la
présidente de région y est favorable.

Les deux autres candidats, de la liste LR (Dominique Reynié) et de la
liste FN (Louis Aliot), n'ont pas répondu à nos questions sur la gare de
la Mogère, et ne se sont pas exprimés sur le sujet. On peut donc penser
qu'ils n'ont pas l'intention d'abandonner le projet: dans le cas
contraire, ils ne se seraient pas privés de nous le dire, sachant qu'il
s'agit d'un projet lancé par des socialistes.


*Des manifestations ce samedi 12 décembre, pour la fin de la COP21*

* *à 11h, devant la Préfecture à Montpellier, contre le soutien aux
projets inutiles:*

Ce rassemblement est organisé à l'initiative:
- du Collectif Oxygène, opposé au centre commercial
Oxylane/Décathlon à Saint-Clément-de-Rivière,
- du Collectif Caylus, opposé à l'urbanisation de la ZAC de Caylus,
sur des vestiges gallo-romains et des terres gorgées d'eau,
- du Collectif contre la gare de la Mogère
- et avec le soutien d'Eau Secours 34.

Ce rassemblement a pour but d'interpeler le préfet sur les atteintes
à l'environnement, la perte de la biodiversité, les risques de
l'urbanisation en zone inondable, et la disparition de terres
cultivables. Les questions en jeu sont différentes pour chaque
projet, mais il y a des points de rencontre.


* *à**16h 30, place de la Comédie: action symbolique pour clôturer la
COP21.*
Grand rassemblement citoyen à la Comédie autour de la sphère située
sur cette place, avec des nuages, des centrales (charbon,
nucléaire), des tracts et des banderoles!


Au sujet des terres agricoles, on peut signaler ce Manifeste citoyen
pour la sauvegarde des terres agricoles et du climat
<https://drive.google.com/file/d/0B_YvJcIKM8SuNkFqbXdTUnZhSE0/view?usp=sharing/manifeste-terres-agricoles.pdf>,
qui peut être signé à cette adresse <http://goo.gl/forms/26BI5ffSO7>.
C'est un texte général: dans le cas de la gare de la Mogère, les
questions en jeu (outre l'efficacité du système ferroviaire et la bonne
utilisation des finances publiques) concernent principalement
l'écoulement des eaux en cas de forte pluie, et le blocage des derniers
corridors écologiques entre la mer et l'arrière-pays.


Pour le Collectif contre la gare de la Mogère
Michel Julier
06.83.83.37.40
Site internet: http://garetgv.free.fr

"Collectif contre la gare de la Mogère (Montpellier-TGV)
Jeudi 10 décembre 2015
L’accord Delga-Onesta fait l’impasse sur la gare de la Mogère
Avant les « États Généraux du rail » promis par Carole Delga, un moratoire
sur les travaux est indispensable. Ensuite, il sera trop tard !
Les listes PS (Carole Delga) et EELV-FdG (Gérard Onesta) aux élections régionales en Languedoc-
Roussillon / Midi-Pyrénées ont fusionné entre les deux tours, en proportion des scores obtenus au
1er tour, mais certains points du programme restent à éclaircir.
 Carole Delga, comme les autres élus PS, est favorable à la nouvelle gare TGV de
Montpellier (la gare de la Mogère), avec des arguments mensongers que nous avons
dénoncés. Le soutien du PS (et du gouvernement) concerne également les 4 autres gares
TGV excentrées de Nîmes, de Béziers et de Narbonne (sur le projet Montpellier-Perpignan),
et de Montauban (sur le projet Bordeaux-Toulouse).
 Gérard Onesta et les partis qui le soutiennent, EELV et le FdG principalement, sont des
opposants actifs à la gare de la Mogère. Ils se sont engagés à s’opposer à tout financement
régional pour cette gare. Les candidats EELV, dont Gérard Onesta, ont d’ailleurs organisé
des actions médiatiques sur le site de la gare de la Mogère.
Carole Delga promet des « États Généraux du rail » après le 2e tour pour remettre à plat la gare de
la Mogère et d’autres projets. Mais elle n’évoque aucun moratoire. Un moratoire est pourtant
indispensable pour éviter que les travaux ne soient achevés avant la conclusion des États Généraux.
Le moratoire est également nécessaire pour attendre l’issue des recours contentieux déposés contre
la déclaration de projet et contre le financement par partenariat public-privé.
Nous appelons les responsables de cette liste fusionnée à indiquer les décisions qu’ils prendront en
cas de victoire aux élections. Carole Delga financera-t-elle malgré tout la gare de la Mogère et les
coûteuses infrastructures nécessaires pour raccorder celle-ci et la ZAC Oz (autour de la gare) au
réseau de tramway et à l’autoroute A9, pendant les « États Généraux du rail » ? Gérard Onesta
laissera-t-il faire tout ce bétonnage qui multipliera les inondations dans ce secteur déjà très exposé ?
Notre collectif, apolitique, a également interrogé les deux autres listes en présence, la liste FN de
Louis Aliot et la liste LR de Dominique Reynié, sans obtenir aucune réponse ou déclaration. La gare
de la Mogère ayant été décidée par des élus socialistes, ce silence signifie probablement que ni
M. Aliot, ni M. Reynié, n’envisagent d’abandonner ce projet.
Le Collectif « Non à la 2e gare TGV de Montpellier », composé d'associations et de citoyens.
Contact : 06.83.83.37.40 (Michel Julier), garetgv@free.fr
Site internet : http://garetgv.free.fr "

http://objectif-languedoc-roussillon.latribune.fr/politique/elections/2015-12-10/regionales-delga-et-onesta-veulent-des-etats-generaux-du-ferroviaire.html

Régionales : Delga et Onesta veulent des états généraux du ferroviaire

Par Anthony Rey | 10/12/2015

Lors d'une réunion à Montpellier, le 10 décembre, visant à lancer un appel citoyen en sa faveur, Carole Delga (PS) a promis qu'en cas de victoire aux régionales, elle remettra à plat l'ensemble des dossiers ferroviaires de la nouvelle région. Elle ne nie pas que la question de la future gare TGV de Montpellier l'oppose, pour l'heure, à son allié d'EELV, Gérard Onesta

Tête de liste PS-PRG aux élections régionales, Carole Delga a annoncé qu'en cas d'élection à la présidence de la future région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, après le 2nd tour se tenant le 13 décembre, elle réunira des états généraux du ferroviaire au cours du premier semestre 2016. L'opération visera selon elle à remettre à plat l'ensemble des projets ferroviaires intéressant la nouvelle région.

La question de la Mogère

Ces états généraux devraient donc permettre à la candidate PS de déminer la question de la future gare TGV de Montpellier, en cours de construction, en vue d'une livraison prévue fin 2017. Des rumeurs circulant depuis la veille indiquaient que Carole Delga, dans l'hypothèse de son élection, pourrait suspendre le co-financement de la Région (34 M€) à ce chantier de 135 M€.

Carole Delga n'a pas caché le différend l'opposant à son allié écologiste du second tour, Gérard Onesta, sur le sujet. Elle a réaffirmé son soutien au projet, alors qu'EELV combat de longue date ce chantier, positionné sur le site de la Mogère, à Montpellier.

"J'ai dit plusieurs fois que je suis favorable à ce projet, rappelle Carole Delga. Les états généraux du rail, en 2016, permettront de remettre à plat ce dossier, mais aussi celui des trains du quotidien, et de l'intermodalité train/tram/route, et ce en présence des usagers, des citoyens, des syndicats, de la SNCF, des financeurs et des collectivités concernées. L'accord passé avec EELV ne se résume pas à un copier-coller de nos propositions. Il existe des points communs, tels que la politique de soutien aux territoires, même ruraux ; le développement économique, social et solidaire ; ou les énergies renouvelables, avec par exemple le développement de l'éolien marin. Sur tous les autres points, nous débattrons de façon loyale."

"Le rail, dans nos deux régions, a souvent été un lieu de friction, poursuit Gérard Onesta. Nous voulons en faire un lieu d'unification. Il faut voir comment pourra se faire la jonction entre les deux territoires. Et il faut dire que les investissements ne sont pas infinis, on le sait. Nous mettrons ces dossiers sur la table, sans tabous. C'est une façon totalement nouvelle de faire de la politique, qui permettra de dépasser les divisions du passé."

Un "appel citoyen" face au FN

Ces annonces ont été faites lors d'une réunion destinée à lancer un "appel citoyen" en faveur de la candidature de Carole Delga, dans un climat de forte poussée du FN lors du 1er tour des régionales. Face à une assistance de près de 200 personnes, un panel de représentants du monde politique, économique, scientifique, culturel et associatif a expliqué les motifs de ce soutien, en concentrant ses attaques sur Louis Aliot et le programme du FN.

Pierre Deniset (société Kaliop) a souligné l'urgence de "maintenir des relations ouvertes entre tous, car ce sont des indicateurs d'un redémarrage économique, qu'il ne faut pas casser". Pour sa part, le directeur du Pôle BioSanté Rabelais, Joël Bockaert, a rappelé que l'enseignement supérieur et la recherche reposent sur "l'ouverture, la volonté d'apprendre et de comprendre : tout ce qui s'oppose aux valeurs du FN", en concluant : "Ce n'est pas avec des principes simplistes qu'on résoudra nos problèmes".

La liste des soutiens à Carole Delga issus de la société civile a été communiquée lors de cette réunion, et mentionne plusieurs personnalités en vue en Midi-Pyrénées et dans le Languedoc-Roussillon, telles que Boris Calmette (président de Coop de France L-R), Xavier Chatellier (président de l'URSCOP L-R), Jean Cottave (ex délégué régional d'EDF L-R), Talaat El Singaby (directeur des Internationales de la Guitare), Bénédicte Laurent (fondatrice de Namae Concept), Marion Mazauric (directrice d'Au Diable Vauvert), Michel Robert (ex président de l'UM2), ou encore Bernard Serrou (cancérologue, président du Club Mozart), parmi près de 90 personnes signataires de cet appel.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 05:25

Monsieur le Président, pour la COP21 : abandonnez l’aéroport de Notre-Dame des Landes !

Cher-es ami-es,

Aux conférences de l'ONU sur le climat, les discours enflammées cachent souvent la faiblesse des actes. La COP21 n’échappe pas à cette règle.

Alors que le Président de la République invite des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement à agir rapidement pour éviter le crash climatique, son premier ministre s’entête à défendre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.

N’est il pas incohérent de vouloir un accord international divisant nos émissions de gaz à effet de serre par quatre tout en défendant des projets locaux ayant une incidence significative sur nos émissions de CO2 ?

Cet aéroport est justifié au nom d’un bien hypothétique triplement du trafic aérien d’ici à 2050 !

A l’évidence, pour avoir une réelle influence sur le dérèglement climatique, la COP21 doit amener le gouvernement Français à montrer l’exemple en abandonnant le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Penser globalement, c'est bien... Agir localement, c'est mieux !

http://stop-nddl.agirpourlenvironnement.org


Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé.★ - Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue.

Stéphen, Martin, Mickaël, Julie, Benjamin, Magali et toute l'équipe d'Agir pour l'Environnement.
contact@agirpourlenvironnement.org
--
http://www.agirpourlenvironnement.org
http://www.facebook.com/association.agirpourlenvironnement
http://www.twitter.com/APEnvironnement

Militants assignés à résidence: lettre ouverte à Manuel Valls

Dans un courrier adressé au premier ministre, Mes Muriel Ruef et Alexandre Faro, qui défendent des militants du climat assignés à résidence, s'indignent du traitement infligé à leurs clients. « Ce sont vos opposants politiques que vous avez placés sous résidence surveillée, comme l’aurait fait n’importe quel régime autoritaire », dénoncent-ils.

Monsieur le Premier Ministre,

La Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement climatique (dite COP21) s’ouvre demain à Paris dans un climat de deuil qui ne tient pas seulement aux faits survenus le 13 novembre dernier.

À la veille de ce rassemblement sans précédent de Chefs d’État et de Gouvernements, vous avez décidé d’offrir au monde qui nous regarde le visage inquiétant d’un pays triste et muselé, aux rues vides et à la contestation étouffée.

Profitant de l’émotion et de la peur qui nous ont légitimement envahis au moment de ces attentats, vous avez, à la faveur de l’instauration de l’état d’urgence, sorti des vieux cartons de l’Empire la pratique de l’assignation à résidence.

Or, les mesures liberticides se justifient toujours par la promesse qu’elles ne s’appliqueront qu’aux salauds désignés. Vous l’avez vous-même confirmé devant la Représentation Nationale en arguant de leur efficacité dans la lutte contre le terrorisme. Il était pourtant évident que ces assignations à résidence auraient vocation à s’appliquer dans les seuls cas où la justice pénale, avec son arsenal complet de mesures (garde à vue, contrôle judiciaire, perquisition,…), ne trouverait pas à s’appliquer, c’est à dire contre les personnes contre lesquelles il n’existe aucune preuve démontrant qu’elles ont commis ou tenté de commettre une infraction. Nous étions donc déjà loin des salauds.

En désignant ainsi des personnes et en les empêchant de mener une vie normale vous portez une atteinte manifeste à d’autres valeurs essentielles de notre droit républicain que sont la présomption d’innocence, la liberté de circuler et la liberté de travailler et d’entreprendre. Tout ceci au nom d’un impératif de sécurité légitimée par la lutte contre le terrorisme.

Ce 25 novembre, quelques jours seulement après avoir imposé l’état d’urgence, votre gouvernement franchi un cap supplémentaire en assignant à résidence des militants environnementaux et sociaux impliqués dans la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et dans l’organisation - au grand jour et depuis plusieurs mois - des manifestations prévues à l’occasion de votre conférence internationale. Des policiers en civil sont postés en permanence devant leur porte, et ils doivent pointer trois fois par jour au commissariat.

Ce sont ainsi vos opposants politiques que vous avez placés sous résidence surveillée, comme l’aurait fait n’importe quel régime autoritaire et comme cela ne s’est plus vu dans ce pays depuis longtemps.

Vous avez utilisé la peur et l’émotion pour bâillonner une opposition à l’heure d’une réunion diplomatique sans précédent, justifiant ces mesures par l’emploi des mots «violences», «mouvance contestaire» et «ultra gauche», expressions vides de faits comme de sens, créées de toute pièce, sans la moindre consistance.

Vous aurez cependant du mal à faire croire aux spectateurs du monde entier que les militants qui s’impliquent et qui organisent la contestation légitime à votre manière de gérer le désastre environnemental constituent des menaces pour leur sécurité.

Vous offrez au monde entier le sombre spectacle d’un pays déstabilisé par les attentats au point de renoncer à ses valeurs les plus essentielles, celles-là même que les terroristes cherchaient à atteindre ce 13 novembre.

Il aura donc suffit de douze jours pour mettre à genoux notre héritage révolutionnaire.

Il semble en effet acquis, à la lumière de vos récentes déclarations, que vous envisagez fort naturellement la poursuite de ce que les plus naïfs appeleront «une parenthèse autoritaire» bien au-delà des trois mois légaux. Vous en auriez même informé la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Les assignations à résidence de ceux qui s’opposent à vous sont, dans ces circonstances, une honte, une honte abjecte et intolérable qui emporte, avant même qu’elle n’ait commencé, votre Conférence du Désastre dans les poubelles de l’Histoire.

Nous devons cependant craindre la suite, lorsque les caméras mondiales regarderont ailleurs et que vos mesures d’exception deviendront la règle.

Il nous reste alors à espérer que les philosophes et les historiens qui, depuis plusieurs jours, appellent par voie de presse à la vigilance populaire vis-à-vis des pouvoirs que vous vous êtes octroyés soient enfin écoutés, et que la contestation, que vous tentez de museler, enfin se fasse entendre.

Muriel RUEF Alexandre FARO

Avocate au Barreau de Lille Avocat au Barreau de Paris

-Olivier Lasbouygues:"Je n’en attends rien de particulier(De la cop21), car je préfère agir. Les solutions viendront du bas, du terrain. "

Publié le 02 décembre 2015

L'APRES PETROLE

COP21 : Liter of light apporte la lumière à des milliers de personnes

Une bouteille d’eau, une Led, une batterie, un panneau solaire et le tour est joué ! Ce système peu coûteux et très simple a été imaginé par Liter of Light (un litre de lumière en français), une ONG présente dans plus de 30 pays, dont le but est de permettre à des milliers de personnes dans les pays en développement d’accéder à l’énergie, tout en respectant l’environnement. Aujourd’hui, 1,3 milliard de personnes dans le monde vit sans électricité. Rencontre avec Olivier Lasbouygues, le président de l’ONG en France.

Novethic. Comment est né Liter of Light ?

Olivier Lasbouygues. C’est une innovation Sud-Sud,c'est à dire née dans le Sud pour les pays du Sud. L’idée d’insérer une bouteille d’eau dans le toit des maisons a émergé en 2002. La bouteille fonctionne comme un puits de lumière et permet d’apporter de l’éclairage pendant la journée. En 2011, le système a été amélioré pour répondre au mieux aux besoins des communautés. Après le passage du typhon Yolanda, aux Philippines, il fallait pouvoir construire des systèmes électriques très rapidement. C’est alors que nous avons amélioré Liter of Light. Dans la même bouteille, nous avons intégré une Led, des composants électroniques, un tube et un panneau solaire, le tout pour 10 dollars environ. Cela permet d’éclairer une pièce de 15 m2 à la nuit tombée, et évite l’utilisation de kérosène. Les enfants peuvent ainsi faire leurs devoirs et les parents s’occuper de la maison... Et puis, afin de résoudre les problèmes d’insécurité et de criminalité dans les rues, nous avons également transposé le système aux lampadaires.

Novethic. Quelle est l’ambition de l’ONG ?

Olivier Lasbouygues. Notre objectif est que chacun puisse s’approprier le système et avoir accès à l’éclairage. C’est pourquoi le produit est très simple à reproduire, pas très cher et accessible à tous en open source. Nous souhaitions également offrir une solution qui soit respectueuse de l’environnement, c’est le cas grâce à l’énergie solaire. Et puis, l’idée était de porter un message autour de l’utilisation raisonnée de la lumière.

L’autre volonté de l’ONG était de permettre l’émergence de micro-entreprises au niveau local afin que le système puisse être étendu et qu’il génère un revenu. Aujourd’hui, nous estimons que 200 personnes à travers le monde arrivent à en vivre et à développer une économie locale. Au total, 450 000 systèmes ont été installés ainsi que quelques milliers de lampadaires.

Novethic. Sur quel modèle économique vous appuyez-vous ?

Olivier Lasbouygues. En Asie par exemple, un particulier va économiser 5 dollars par mois grâce au système de la bouteille simple, utilisée en journée. En deux mois, la famille va pouvoir acheter les matériaux nécessaires pour fabriquer le système complexe utilisé le soir. Et avec les économies ainsi engendrées, elle pourra faire réparer le produit. Pour ce qui est des lampadaires, les systèmes sont proposés aux magasins. Pour s’assurer que ceux-ci feront bien les opérations de réparation et de maintenance, nous avons installé sur les lampadaires des chargeurs de portable que le magasin vend comme un service. Il a donc tout intérêt à ce que le système fonctionne. Nous sommes également en train de réfléchir à l’installation de purificateurs d’eau qui fonctionneraient à certains moments creux de la journée, et que le propriétaire du magasin pourrait aussi facturer au consommateur.

Novethic. Quel est votre rôle ?

Olivier Lasbouygues. Dans les pays en développement, nous intervenons principalement au début pour donner des conseils et aider à l’installation du système. Ensuite nous nous appuyons sur des partenaires locaux, généralement des personnes motivées, capables de réparer les systèmes en cas de besoin. Dans la plupart des pays, l’ONG offre le dispositif gratuitement, mais en Colombie, par exemple, l’association est devenue une entreprise qui commercialise le système.

Dans les pays développés, comme en France, où nous n’avons pas besoin de ce système d’éclairage, nous travaillons à donner de la visibilité à l’ONG pour que notre solution se propage partout et que nous recevions des soutiens, publics ou privés. Nous allons aussi mener des ateliers pédagogiques avec des élèves et des entreprises pour les sensibiliser à la question de l’accès à l’énergie. Nous essayons d’agir sur les mentalités et de changer le regard sur les pays du Sud.

Novethic. Qu’attendez-vous de la COP21 ?

Olivier Lasbouygues. Je n’en attends rien de particulier car je préfère agir. Les solutions viendront du bas, du terrain.

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 08:35

Santé au travail : On achève bien les prolos

paru dans CQFD n°136 (octobre 2015), rubrique Chronique du monde-laboratoire, par Matthieu Amiech
mis en ligne le 23/10/2015 - commentaires

Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé, avait (un peu) fait parler d’elle au cœur de l’été 2012, en refusant avec fermeté la Légion d’honneur dont voulait la décorer la ministre Verte Cécile Duflot. Elle avait fait savoir que la seule récompense souhaitable pour ses travaux serait un changement complet d’orientation des politiques publiques, dans le sens de la prévention du cancer.

Bien sûr, la presse ne s’était pas appesantie sur ce geste rare. Le dernier livre de Thébaud-Mony, La Science asservie, est, lui, carrément passé inaperçu, bien que son propos soit fracassant [1]. C’est assez compréhensible d’un certain point de vue, car la lecture de ce livre est douloureuse, insupportable même parfois. Il porte sur le lien entre cancers, Big Business et Big Science. Pour être plus précis : sur la façon dont les grandes industries empoisonnent notre milieu et trouvent systématiquement des appuis dans la recherche scientifique pour les aider à masquer le fait qu’elles détruisent consciemment un grand nombre de vies – à commencer par celles de leurs ouvriers.

La première partie recense une série d’histoires secrètes des scandales sanitaires provoqués par des secteurs majeurs de l’industrie capitaliste : essence au plomb, amiante, nucléaire, chimie agricole. À chaque fois, des alarmes plus ou moins précoces ont été lancées par des médecins ou des scientifiques honnêtes, puis étouffées de manière délibérée par les promoteurs d’« innovations » – d’un point de vue industriel et financier. De quoi repousser de plusieurs décennies l’adoption de mesures de protection sanitaire, provoquant de véritables hécatombes, en premier lieu dans les mines et les usines.

En matière d’amiante, par exemple, Annie Thébaud-Mony souligne que des révélations ont été faites dès 1906 dans deux des nations capitalistes les plus avancées. Un inspecteur du travail de Caen, Denis Auribault, publie cette année-là une enquête sur les conditions de travail dans une filature d’amiante : se fondant sur les dires du directeur de l’usine et d’un contremaître présent depuis l’ouverture de l’usine en 1890, il dénombre 50 décès d’ouvrières en 15 ans. La même année, à Londres, le docteur Murray présente devant la commission des maladies industrielles le cas d’un travailleur victime d’asbestose [2], qu’il a soigné et vu mourir, après dix ans d’exposition à l’amiante. Vingt ans plus tard, en Afrique du Sud, un médecin employé dans une mine de la firme Turner & Newal montre que 70% des travailleurs y souffrent d’insuffisance respiratoire, accompagnée d’une perte de poids ; la moitié des mineurs de fond et des ouvriers du moulin sont selon lui atteints d’asbestose. Son rapport lui vaut d’être licencié, et ses résultats, consignés dans une thèse universitaire non publiée, ne seront découverts que plusieurs décennies après.

En 1928, le gouvernement britannique confie à deux médecins une étude nationale sur les travailleuses d’usines textiles utilisant l’amiante comme matériau de base. Leurs résultats sont sans ambiguïté, révélant la survenue précoce d’asbestoses sévères chez les ouvrières, amenant souvent au décès. Une réglementation est alors adoptée en Angleterre visant au contrôle de l’empoussièrement des lieux de travail, au suivi médical et à l’indemnisation en maladie professionnelle. Un coup dans l’eau : c’est à partir de ce moment que les industriels de l’amiante organisent la contre-attaque. Le docteur Anthony Lanza (1884-1964), ancien médecin-chef au Bureau américain des Mines, est une des pièces essentielles de la stratégie du doute et du camouflage qui se met alors en place. Il est installé à la tête d’un laboratoire intégralement financé par des entreprises, qui exigent la propriété des résultats et un droit de veto sur les publications. On lui doit notamment le concept kafkaïen de « valeur limite d’exposition », pour laquelle il propose le chiffre de 170 fibres d’amiante par cm3. Le contenu précis des études est toujours tenu secret, mais les conclusions qui en ressortent ne varient pas : il n’est pas prouvé que l’amiante donne le cancer.

Face aux vagues successives de mise en cause de ce matériau, d’autres officines d’expertise ad hoc sont mises sur pied : l’Asbestos Research Coucil en Grande-Bretagne, en 1957, spécialisé dans le « comptage des fibres » ; puis l’Institute of Occupational and Environnemental Health à l’Université de Montréal, autour d’un épidémiologue dénommé Macdonald, acquis au postulat de base de l’industrie minière du Québec : il n’y a pas de maladies liées à l’amiante chez les mineurs canadiens. Malgré l’accumulation écrasante des preuves au fil du temps, ces experts patentés ont continué d’asséner dans les grandes revues scientifiques que les maladies de l’amiante restent mal définies, que tous les types d’amiante ne sont pas dangereux, qu’on peut vivre longtemps avec l’asbestose, qu’il convient de mener des recherches plus approfondies avant d’adopter des règles strictes de prévention qui pourraient détruire des milliers d’emplois, etc.

La Science asservie donne, comme le titre l’indique, une idée de l’inféodation de la recherche scientifique aux pouvoirs financier et politique. Mais un aspect non moins frappant du livre est de mettre au jour le refoulement par l’ensemble des institutions du lien fondamental entre épidémie de cancers et conditions de travail industrielles. Thébaud-Mony insiste à plusieurs reprises sur l’absence à tous les étages de la société française (ou américaine) de registres mettant en rapport maladies, décès et profession(s) exercée(s). Par exemple dans les pages consacrées à deux scandales sanitaires des années 1980 dans le sud-ouest de l’Hexagone, à la mine d’or de Salsigne (Aude) où les ouvriers respirent de l’arsenic, et à la mine de tungstène d’Anglade (Ariège) où les ouvriers respirent de l’amiante [3] : le corps médical ordinaire, persuadé que les cancers relèvent d’abord d’une mauvaise hygiène de vie personnelle, ne s’intéresse que rarement au travail exercé par le patient. Les diverses bureaucraties sociales ou départementales (les DDT, les caisses d’Assurance maladie ou tout simplement les mairies, etc.) rechignent quant à elles à tenir des registres qui permettraient d’établir plus facilement le lien entre certaines maladies et certains emplois – voire certains sites industriels précis – par crainte, consciente ou non, de nuire à l’économie de tel secteur ou de telle région.

En refermant ce livre terrible, on a l’étrange impression que la classe ouvrière n’a pas seulement été vaincue politiquement et effacée symboliquement, comme nous l’expliquent habituellement la critique sociale et la sociologie « engagée ». Elle a aussi, dans une certaine mesure, été éliminée physiquement. Assassinée, quoi.

Notes

[1] La Science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs, La Découverte, 2014.

[2] Type de fibrose provoquée par l’inhalation de poussières d’amiante (les fibroses étant des maladies de tissus qui se transforment en fibres).

[3] Voir le chapitre 9, « Travail minier et maladies professionnelles : lutter contre l’effacement des traces », qui mérite particulièrement d’être lu par tous ceux qui s’inquiètent de l’ouverture de nouvelles mines, en Creuse et en Bretagne (cf. CQFD n°134, juin 2015).

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 07:40

Falciani, affabulateur ou héros? La justice suisse tranchera

Secret bancaire
Le procès de l’ex-informaticien de HSBC s’ouvre aujourd’hui. L’homme se présente comme un lanceur d’alerte.

Par Lucie Monnat 11.10.2015

Trois semaines après l’enterrement définitif du secret bancaire par le parlement, le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone s’apprête à juger Hervé Falciani. L’ancien employé de la filiale suisse de HSBC à Genève, est accusé d’espionnage économique aggravé, de soustraction de données et de violation du secret commercial et bancaire. L’homme est à l’origine d’une affaire hors-norme, qui a participé à la mort du secret bancaire suisse.

Tout commence en 2006, à Genève. Hervé Falciani, de nationalité franco-italienne, travaille au service informatique de la banque HSBC. Il a obtenu la même année un master en exploration de données à l’Université de Nice. La banque le charge d’améliorer le système de sécurité protégeant sa base de données. Il en profitera pour voler les fichiers des clients.

14 000 fichiers divulgués

Selon l’acte d’accusation du Ministère public de la Confédération (MPC), Hervé Falciani a, sous l’identité créée de «Ruben Al-Chidiak», «profité de ses connaissances» pour déchiffrer les données cryptées fournies par la direction dans le cadre de sa mission et de les avoir diffusées à des tiers dans le simple but de s’enrichir.»

En tout, plus de 13 619 fichiers ont été divulgués, soit 75% des comptes ouverts auprès de la banque HSBC à fin 2006. Suite à cette fuite gigantesque, la Suisse a reçu des demandes d’informations émanant notamment de la France, de l’Inde, de l’Espagne, d’Italie, de la Belgique ou encore de la Grèce.

Dans les onze pages de l’acte d’accusation, les agissements de Falciani sont considérés comme un «cas aggravé au vu de l’ampleur des renseignements économiques en cause, de la durée de l’activité criminelle, de l’implication de nombreux services étatiques étrangers ainsi que de la valeur des secrets trahis qui s’est traduite pour la Suisse par des crises diplomatiques et des pressions de la part d’Etats tiers sur le secret bancaire.» La charge est lourde!

Un vrai polar

Espionnage économique ou dénonciation des pratiques obscures de la banque? Depuis sa médiatisation en 2008, Hervé Falciani divise. Sa tendance à changer son histoire à chaque interview a rendu la presse méfiante. La version définitive des faits, relatée dans le livre Séisme sur la planète finance. Au cœur du scandale HSBC, publié en avril dernier, semble davantage tenir du roman d’espionnage inventif que de l’autobiographie.

En 2004, alors qu’il est employé au Casino de Monaco, Hervé Falciani est contacté par une organisation secrète, peut-on lire. Sa mission: investir la filiale suisse de HSBC dans le but de dévoiler ses agissements, notamment en matière de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.

Engagé par la banque, l’informaticien mène à bien sa mission, dirigeant secrètement les membres de l’organisation infiltrés. Une fois les preuves et données récoltées, Hervé Falciani part au Liban pour les fournir à plusieurs banquiers, libanais, allemands, italiens ou encore français.

Fuite en France

A la veille de Noël 2008, Hervé Falciani est interrogé par la justice suisse. Relâché, il en profite pour fuir en France, aidé par «ses amis du réseau», qui «savaient déjà tout». Il entre alors en contact avec le fisc français pour lui proposer ses données. A partir de là, la France le met sous protection policière. En 2009, lorsque l’affaire est rendue publique, les demandes des Etats dont les ressortissants sont concernés par les informations affluent auprès des autorités françaises, qui répondent à la plupart des demandes.

Tout ça faisait partie du plan du «réseau». HSBC a payé 18 millions pour racheter ses actions frauduleuses auprès de la justice suisse. Hervé Falciani, lui, se présente depuis comme le porte-drapeau des lanceurs d’alertes, défiant les «maîtres du monde» et œuvrant pour une meilleure protection de personnes dans sa situation.

Il se décrit comme un homme courageux. «Je n’avais aucune intention de disparaître. Je voulais au contraire lutter en plein jour, écrit-il, évoquant son premier passage à la télévision française en décembre 2009. Je pouvais enfin raconter ce que j’avais vu et expliquer que les choses pouvaient changer.»

A la justice de discerner le vrai du faux. Persuadé qu’il n’aura pas le droit à un procès équitable, Hervé Falciani a déjà annoncé qu’il ne se rendrait pas à Bellinzone, où il risque d’être arrêté. Il reste donc en France, pays qui n’extrade pas ses ressortissants. Le TPF pourrait ajourner la séance et reconvoquer Hervé Falciani. Compte tenu de son intention annoncée publiquement de faire faux bond, la Cour pourrait aussi décider de le juger par défaut dès aujourd’hui. (24 heures)

Dernière minute

SwissLeaks: le procès d'Hervé Falciani ajourné en son absence

Publié le lundi 12 octobre 2015

Le procès en Suisse d'Hervé Falciani, l'ex-informaticien franco-italien de la banque HSBC-Suisse accusé d'espionnage économique, s'est ouvert lundi mais a été aussitôt ajourné en l'absence de l'accusé, qui s'est toujours posé en "lanceur d'alerte".

Sans surprise, Hervé Falciani, qui avait annoncé qu'il n'assisterait pas à son procès, ne s'est pas présenté à l'ouverture des débats au tribunal pénal fédéral de Bellinzone, dans le sud de la Suisse.

La cour a donc décidé de suivre la réquisition du procureur Carlo Buletti, en reportant le procès au 2 novembre.

Selon les règles légales, si M. Falciani, ne vient pas à cette nouvelle convocation, le tribunal devra le juger par défaut.

RELIRE. >> Hervé Falciani à Cannes: "Je survis... mais pas grâce à la France"

"Monsieur Falciani a déclaré ne pas vouloir se rendre en Suisse pour son procès, avec ou sans 'sauf conduit'. C'est son choix", a expliqué son avocat, Marc Henzelin.

Hervé Falciani est poursuivi par le procureur général de la Confédération "pour soustraction de données, service de renseignements économiques, violation du secret commercial et violation du secret bancaire".

RELIRE. >> Les Alpes-Maritimes, 3e département le plus représenté dans "SwissLeaks"

Concrètement, le procureur lui reproche "d'avoir, de 2006 à 2008, copié des données bancaires de son employeur", qui était alors la banque HSBC à Genève, "pour ensuite, de 2008 à 2014, les rendre accessibles à des entreprises privées et à des organismes publics de plusieurs pays", dont les autorités fiscales françaises.

Selon l'acte d'accusation, Hervé Falciani a, sous l'identité créée de Ruben Al-Chidiak, profité de ses connaissances pour déchiffrer les données de la banque et les diffuser à des tiers dans le but de s'enrichir.

"Snowden de la fraude fiscale"

Le parcours d'Hervé Falciani, surnommé par la presse le "Snowden de la fraude fiscale" est digne d'un roman d'espionnage.

Il avait commencé comme employé de casino à Monaco au début des années 90, puis est devenu informaticien de la banque HSBC en 2000, d'abord à Monaco, puis à Genève en 2006.

Ses révélations ont permis de découvrir des milliers d'évadés fiscaux dans le monde.

Parmi les riches contribuables rattrapés par la justice grâce aux listes Falciani, figure Arlette Ricci, 73 ans, héritière des parfums Nina Ricci.

Ou encore le banquier Emilio Bottin, qui avait été condamné à payer 299 millions d'euros au fisc espagnol.

En juin dernier, HSBC a versé 40 millions de francs aux autorités genevoises, mettant ainsi, sans procès, un terme à la procédure pour blanchiment aggravé lancée le 18 février dernier contre elle.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 06:19

Ces catastrophes naturelles provoquées par la gouvernance néo-libérale

04 octobre 2015 | Par salvatore palidda

Seule une gigantesque dose de naïveté ou de malhonnêteté politique peut faire dire que la catastrophe qui vient de se produire dans les Alpes-Maritimes et ses victimes sont le fait d’une inondation violente non prévisible. Il y a déjà plusieurs années que nombre d’études de géologues et chercheurs de différentes disciplines (1) montrent de manière indiscutable que depuis trente ans, ce genre de désastres et d’autres sont devenus plus fréquents et plus dévastateurs, en France comme en Italie, en Europe et dans le monde entier (même si nous n’avons pas les cyclones, les tornades ou les tsunamis habituels sur d'autres continents).

Selon les données disponibles, les inondations ont provoqué en France plus de 397 morts de 1990 à aujourd’hui, presque autant que dans les autres pays comparables – sans compter toutefois les morts dus aux «effets collatéraux». Les dommages matériels sont énormes et les coûts supportés par la population elle-même, par les collectivités locales et par les Etats sont impressionnants; le plus souvent, ceux-ci font l’objet d’un business acharné aux dépens des gens qui n’ont pas de relations privilégiées avec les élus et le monde des affaires ; on peut même dire que dans nombre de cas, ce sont les acteurs du business de la gestion des catastrophes et de l’après celles-ci qui ont intérêt à leur reproduction.

Les gouvernements qui se sont succédé depuis les années 1980 n’ont presque jamais adopté de sérieux programmes d’assainissement du territoire indispensables pour mettre au point des dispositifs de prévention efficaces. Il est connu en effet que les catastrophes dites «naturelles» se sont aggravées tout d’abord à cause du bétonnage du territoire, de la déforestation, surtout dans les hauteurs, bref en raison de la spéculation immobilière et des grands travaux, le tout sans aucun souci pour les conséquences désastreuses que ces œuvres provoquent. Encorep lus graves sont les désastres silencieux, à savoir les désastres sanitaires directement liés à la pollution découlant de substances ou déchets toxiques allant jusqu’à produire une vaste diffusion de cancers. Assez souvent, on ignore que les inondations ne font qu’amplifier cette contamination.

Or, force est de constater que depuis trente ans (encore plus qu’auparavant), les élus locaux et les gouvernements de tous les pays ne font pas grande chose pour faire face aux risques de ces catastrophes. Les agences de contrôle sont souvent affaiblies, privés de moyens suffisants et parfois une partie de leurs personnels est corrompue. Une partie de la population elle aussi est complice, notamment quand elle vote pour tel élu ou tel député qui lui donnera l’autorisation de construire même dans des sites à risque ou provoquant des risques. La logique commune qui s’est imposée est de privilégier le bâti, tout comme l’industrie et les grands travaux, malgré les risques et même aux dépens de la santé publique, souvent à travers le travail au noir de néo-esclaves (immigrés irréguliers fort utiles) et à travers les pots-de-vin et la corruption des contrôleurs.

Pour avoir la liberté d’agir à son gré, le monde des affaires qui provoquent des désastres (nombre d’élus, entrepreneurs, investisseurs, spécialistes du traitement criminel des déchets toxiques, néo-esclavagistes etc.) a trouvé une formidable trouvaille : la distraction de masse, à savoir l’agitation du discours contre l’insécurité attribuée uniquement à la criminalité et notamment aux ennemis du moment, Roms et immigrés, jeunes des banlieues, «racaille». Presque toujours soutenue par les médias locaux et même nationaux ainsi que par des intellectuels néo-racistes, cette diversion a réussi à faire oublier que le but premier d’une politique de sécurité est de garantir la vie même de la population, voire sa santé, et donc de la protéger vis-à-vis des risques de catastrophes, pollution, maladies et aussi contre le néo-esclavagisme, en luttant contre l'économie souterraine et la fraude fiscale. Pour les tenants du sécuritarisme néo-libéral, les morts dus aux catastrophes et les cancers liés à la pollution industrielle, nucléaire et militaire, même s’ils sont chaque jours des milliers, ne comptent pas. Ainsi, la res publica à laquelle un gouvernement effectivement démocratique devrait subordonner toute son œuvre a été totalement bafouée. Cela veut dire que face aux risques d’inondation, il est absolument nécessaire d'adopter un programme d’assainissement du territoire. Et cela n’est pas du tout un investissement à perte ; non seulement il permet de créer une très grande quantité d’emplois, mais il permet aussi de créer les conditions pour un futur de développement sain et durable.

Bien évidemment, cela est le contraire de la logique du profit maximum hic et nunc et sur la peau de quiconque. Et c’est aussi le contraire d’une autre trouvaille néo-libérale : celle qui propose aux gens (individualisés) qui vivent dans les situations à risques de développer leur résilience, d’apprendre à s’arranger, à vivre avec, à se débrouiller. C’est ce nouveau mot magique que les autorités européennes et des pays dits occidentaux ont mis à la mode, selon une approche psychologisante qui de toute évidence reporte sur les populations à risque les coûts des catastrophes provoquées par la gouvernance néo-libérale. Il y a là une sorte d'éternel retour d'une certaine psychologie ancillaire des dominants, qui de facto cherche à renouer le darwinisme social sinon la thanatopolitique, voire l’élimination de ceux qui ne sont pas capables de se doter des moyens de faire face aux risques (voir le sort des pauvres après Katrina à La Nouvelle Orléans). Ainsi, les questions du développement, voire du futur même de l’humanité (qui devraient être discutées aussi prochainement à l’occasion de COP21 à Paris) n’entament en rien les orientations de la gouvernance de la sécurité, lesquelles continuent à ignorer la vie et le futur de l’humanité, privilégiant la reproduction des guerres permanentes, la distraction de masse, voir le business des lobbies financiaro-militaro-policiers et, entre autres, la tragédie continue des migrations rejetées.

Il est probable que, bientôt, les élus des Alpes-Maritimes et d'ailleurs ainsi que Manuel Valls ou Nicolas Sarkozy reprendront leurs campagnes pour la tolérance zéro contre les Roms, les immigrés et la «délinquance» des banlieues, tandis qu’ils distribueront à leurs électeurs les plus fidèles les sommes destinées à réparer les dégâts de la dernière catastrophe.

(1) Voir entre autres les actes du colloque Catastrophes, vulnérabilités et résiliences dans les pays en développement, les livres Le gouvernement des catastrophes, dirigé par S. Revet et J. Lagumier, Kathala, 2013; La mondialisation des risques, dirigé par Soraya Boudia et Emmanuel Henry, PUR, 2015; Governance of Security and Ignored Insecurities in Contemporay Europe, Ashgate, 2016.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/herault/montpellier/la-future-gare-tgv-de-montpellier-de-la-mogere-est-elle-inondable-825433.html#xtor=EPR-521-[france3regions]-20151008-[info-titre1]

  • Par Laurence Creusot
  • Publié le 08/10/2015

La future gare TGV de Montpellier de la Mogère est-elle inondable ?

La future gare TGV de Montpellier de la Mogère en question après l'inondation de la gare TGV de Cannes. Le préfet de l'Hérault a signé le permis de construire. Mise en service prévue pour 2017. Ses opposants mettent en garde contre la construction du parking en zone inondable.

La gare de Cannes hors service, totalement inondée des rails aux accès aux quais. Personne n'y croyait avant de voir les images prises le 4 octobre dernier. Elles n'étonnent guère les détracteurs de la future gare LGV de la Mogère à Montpellier.
Une gare prévue à l'est de Montpellier, sous le complexe odysseum en lisière d'une zone inondable, classée rouge au PPRI.
Après l'avis favorable du commissaire enquêteur, le préfet de l'Hérault a signé le permis de construire vendredi dernier.

Pour l'Etat, le projet est dimensionné pour affronter une crue millenale... Sur le site de la Mogère coule un petit ruisseau, le Negue Cats, qui parfois sort largement de son lit. Les écologistes en ont fait le symbole de leur opposition à la nouvelle gare. Ils persistent et signent.

La nouvelle gare devrait être opérationnelle en 2017. L'aérogare est surélevé par rapport aux voies, elles même protégées par des buses d'évacuation.
Mais de l'autoroute A75 à la gare de Cannes, certains exemples montrent que parfois ce qui était réputé impossible, se produit.

Le reportage de Sandrine Navas et Stéphane Taponier

Des arbres pour lutter contre les inondations ?
http://www.latribune.fr/economie/france/des-arbres-pour-lutter-contre-les-inondations-512559.html

Du Marais poitevin à la Provence : les forêts françaises menacées de disparition
http://www.bastamag.net/Du-Marais-poitevin-a-la-Provence-les-forets-francaises-menacees-de-disparition

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 03:33

"Conformément au jugement du tribunal administratif du 2 juillet dernier, Vinci, concessionnaire du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, va devoir rendre 876.599 euros à l’Etat et aux collectivités territoriales. Cette somme correspond aux intérêts des aides publiques versées entre 2011 et 2013 à Vinci alors que la Commission européenne n’avait pas encore jugé ces subventions compatibles avec le droit européen.

L’Etat a ainsi enjoint Vinci de régler un montant de 511.599 euros, tandis que les collectivités, via le syndicat mixte aéroportuaire, demande 365.000 euros.

Ce remboursement était réclamé par les opposants au projet de nouvel aéroport."

Source :http://www.20minutes.fr/nantes/1700595-20151002-dame-landes-vinci-doit-rembourser-876000-euros-etat-collectivites

Et toujours à signer sur cyber @cteurs : NDDL : Consultation campagnole amphibie

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 08:46

http://www.challenges.fr/entreprise/20150930.CHA9972/alain-juppe-accuse-la-sncf-de-saboter-la-lgv-sud-europe-atlantique.html

Alain Juppé accuse la SNCF de saboter la LGV Sud Europe Atlantique

Par Grégoire Pinson

Publié le 30-09-2015

EXCLUSIF Le maire de Bordeaux estime que la SNCF propose une "desserte au rabais" sur la ligne à grande vitesse qui reliera sa ville à Paris, en 2017. Il vient d’écrire à Valls pour faire pression sur Guillaume Pepy.

Haro sur la SNCF ! Alain Juppé vient d’adresser ce 28 septembre une lettre à Manuel Valls, particulièrement sévère à l’encontre de la compagnie ferroviaire. Le document, obtenu par Challenges, est également destiné à Ségolène Royal(Ecologie) et Alain Vidalies (Transport). Le maire de Bordeaux y accuse la SNCF de saboter la future ligne à grande vitesse (LGV) qui placera Paris à deux heures de sa ville dès juin 2017. Il estime que la rotation des trains proposée par Guillaume Pepy, patron de la compagnie ferroviaire, est "tout à fait insuffisante". Et sans rapport avec l’investissement de 8 milliards consentie pour cette LGV.

Au dernier pointage, la desserte se limiterait à 13 allers-retours quotidiens directs, "quand Rennes Métropole bénéficiera, en 2017, de 14 trains rapides pour une population inférieure de 40% à celle de la métropole bordelaise". Les dessertes directes de Lille et Lyon sont, elles, "supérieures de 40% et 60% à celle proposée pour Bordeaux, et en outre complétées par une dizaine de liaisons directes avec l’Ile-de-France et l’aéroport Charles de Gaulle", relève Alain Juppé, calculette à la main. "Les collectivités territoriales comme les contribuables, entreprises et ménages ne comprendraient pas que l’effort d’investissement qui leur est demandé se solde par une desserte au rabais", conclue-t-il.

Le maire de Bordeaux est bien plus ambitieux : il exige "la mise en place d’une vraie navette, c’est-à-dire d’un train direct à l’heure et, en pointe, à la demi-heure, soit 19 allers-retours directs". Pour y parvenir, le candidat potentiel à la présidentielle de 2017 sollicite "l’arbitrage" de Manuel Valls. Il l’incite notamment à agiter une menace sous le nez de la SNCF: "l’expérimentation sur cette ligne de l’ouverture de la ligne à la concurrence", telle que la prévoit l’Union européenne.

Cette sortie de l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac n’est pas dénuée de calculs. L’approche des élections régionales l’incite sans aucun doute à soigner les conditions de transport de ses administrés. D’autres responsables politiques locaux de droite doivent d’ailleurs se joindre à cette attaque en règle contre la SNCF dans les prochains jours. Ils n’épargneront pas le gouvernement, en soulevant cette interrogation: quel sens y-a-t-il à promettre, comme l’a fait Matignon ce week-end, le prolongement de la ligne Paris-Bordeaux jusqu’à Dax et Toulouse, si le tronçon précédent ne trouve pas son rythme de croisière?

Le sujet déborde toutefois les strictes manœuvres politiciennes. Alain Rousset, président PS de la région Aquitaine, aurait ainsi hésité à s’associer à la lettre d’Alain Juppé – avant de décliner, afin de ne pas perturber le clivage droite-gauche qui structure la campagne pour les régionales. En outre, les responsables politiques ne sont pas les seuls inquiets. Le consortium chargé de la réalisation et de la future exploitation de la ligne (Vinci, la Caisse des dépôts, Meridiam et Ardian) s’apprête lui aussi à tirer le signal d’alarme. L’équilibre financier du projet serait intenable avec le peu de trains programmés par la SNCF. Les péages que cette dernière sera amenée à payer seront insuffisants si le trafic se limite, comme annoncé, à 36 allers-retours par jour, toutes destinations confondues… contre 37 aller-retours quotidiens aujourd’hui ! Résultat : selon nos informations, les banques qui financent le consortium (dont la Société Générale) craignent la faillite pure et simple du projet. Elles menacent de couper leurs financements, ce qui mettrait, pour le coup, le projet en péril immédiat.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 08:48

Un appel pathétique de Zoé Konstantopoulou à l’ONU

L’Europe telle qu’elle se fait Ajouter un commentaire

« La dette souveraine est actuellement utilisée contre la population grecque et le Parlement hellénique pour affaiblir la démocratie »

Discours prononcé le 2 septembre 2015, au siège de l’ONU à New York

Mesdames et messieurs, leaders des parlements du monde,

En cette occasion du 70e anniversaire de l’ONU, marquant également les 70 ans depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en cette 4e conférence mondiale des Présidents de Parlements plaçant la démocratie au service de la paix, du développement durable et de la construction d’un monde tel que les peuples le veulent, je me tiens devant vous et parmi vous, en tant que Présidente du Parlement Hellénique récemment dissous pour vous adresser un appel à la solidarité envers le peuple grec et envers la Grèce, terre où la démocratie naquit, et où elle est aujourd’hui brutalement attaquée et violée.

La Grèce et son peuple sont les victimes, depuis cinq ans, de politiques supposées offrir une solution durable au surendettement du pays et une voie pour sortir de la crise économique, ces politiques contenues dans des accords appelés « Memoranda – Protocoles d’Accord », conclus par le gouvernement grec et un trio d’institutions internationales, à savoir le FMI, la Commission Européenne et la Banque Centrale Européenne, connu sous le nom de Troïka, et agissant au titre de créanciers de la Grèce, ont eu pour résultat de graves violations des droits humains, et particulièrement des droits sociaux, des libertés fondamentales et de l’Etat de droit lui-même.

Ce qui a été présenté comme un accord de renflouement a eu pour effet la misère, le chômage à des taux jamais vus jusque-là, 72% parmi les jeunes femmes et 60% parmi les jeunes hommes, des centaines de milliers de jeunes gens poussés à l’émigration, une explosion des suicides, la marginalisation des jeunes, des vieux, des faibles, des immigrés, des réfugiés, avec la moitié des enfants du pays vivant sous le seuil de pauvreté, une situation relevant d’une crise humanitaire, documenté dans les rapports et les déclarations des experts indépendants de l’ONU sur la dette et les droits de l’homme aussi bien que dans toute une série de décisions de justice et de rapports.

Le 25 janvier 2015, il y a de cela 7 mois, le peuple grec, à travers un scrutin national, a donné au gouvernement et au parlement un mandat clair et sans équivoque : celui de se débarrasser de ces politiques assassines. Des négociations ont débuté, une commission spéciale du Parlement a été formée, baptisée Commission pour la Vérité sur la Dette Publique (http://cadtm.org/4-avril-2015-Journee-historique), avec pour mission de conduire un audit et une évaluation juridique de la Dette grecque. Cette commission a produit un rapport préliminaire en juin dernier (http://cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la ). Le rapport a établi que la dette souveraine de l’Etat est illégale, illégitime, odieuse et insoutenable. Il a établi que la dette souveraine avait été contractée via des procédures qui constituent une violation flagrante du droit constitutionnel, justifiant par là même la dénonciation de la dette. Il a établi que les créanciers avaient agi de mauvaise foi en faisant délibérément peser sur la Grèce le fardeau de prêts insoutenables afin de sauver les banques privées françaises, allemandes et grecques. En dépit de ces conclusions, les créanciers de la Grèce ont exigé qu’on néglige le mandat du peuple.

Le 25 juin, un ultimatum de 48 heures fut posé au gouvernement grec, lui demandant d’accepter, contrairement au mandat populaire, une série de mesures démantelant le droit du travail, abolissant les garanties de sécurité sociale et la protection juridique pour les citoyens surendettés, et requérant, dans le même temps, le bradage des biens et entreprises publics les plus précieux, mais aussi des principaux ports, aéroports et infrastructures qui devraient être vendus ou cédés pour rembourser une dette odieuse et insoutenable.

Le Parlement Hellénique a entériné la proposition du gouvernement de tenir un référendum portant sur l’ultimatum, et le peuple grec, à une large majorité de 62%, a rejeté les mesures.

Au cours de la semaine du référendum, des représentants des instances internationales et de gouvernements étrangers ont tenté d’influer sur le résultat du référendum, au moyen de déclarations visant à terroriser la population, et le référendum s’est tenu avec les banques fermées et le contrôle des capitaux imposé du fait du refus de la BCE de fournir des liquidités après l’annonce de la tenu du référendum ; et pourtant, la démocratie a prévalu, le peuple s’est prononcé clairement et a dit NON à 62% à ces mesures assassines.

Ce qui s’en est suivi est un cauchemar pour toute conscience démocratique, et une honte. Les créanciers ont refusé d’examiner le résultat du référendum. Ils ont insisté, usant de la menace d’un effondrement du système bancaire et d’un désastre humanitaire, que soient adoptées des mesures plus sévères encore que celles qui avaient été rejetées. Le gouvernement a été contraint d’accepter que le Parlement légifère sur des textes pré élaborés de centaines de pages, sans délibération, et à des dates prédéterminées, selon une procédure d’urgence, et avec les banques toujours fermées. Cette extorsion fut baptisée « pré requis pour un accord » et le Parlement fut appelé à abolir des lois qu’il avait votées durant les quatre mois précédents, et à s’abstenir de toute initiative législative sans l’accord préalable des créanciers.

Un projet de loi de cent pages, présenté comme un article unique, fut approuvé le 15 juillet en moins de 24 heures ; un autre, long d’environ 1000 pages et composé de 3 articles a été adopté en moins de 24 heures le 22 juillet ; presque 400 pages, fut adopté le 14 août en 24 heures. Le Parlement a légiféré trois fois sous la contrainte et la coercition, et cela étant fait, attestant qu’une partie importante des députés du principal parti de gouvernement, incluant la Présidente du Parlement, refusait de voter un tel texte de loi, le Parlement fut dissous de manière subite afin de garantir une majorité plus stable pour mettre en œuvre ce que le peuple a rejeté.

Mesdames et messieurs, la dette souveraine est actuellement utilisée contre la population grecque et le Parlement Hellénique pour affaiblir la démocratie, mais la démocratie est une valeur suprême, et le Parlement ne peut être réduit à des sceaux, entérinant des normes dictées, rejetées par le peuple et conçues pour anéantir les sociétés et les générations futures.

J’en appelle à vous, Parlementaires du monde ; soutenez l’exigence de démocratie et de souveraineté parlementaire contre la coercition de la dette ; soutenez les initiatives de l’Assemblée Générale des Nations Unies et la commission ad hoc d’audit de la dette souveraine, ainsi que les initiatives des experts indépendants de l’ONU sur la dette et les droits de l’homme.

Ne permettez pas que la démocratie soit annihilée sur la terre où elle naquit. Ne permettez pas qu’un autre Parlement soit contraint de voter contre la volonté du peuple et contre le mandat de ses députés. Ne permettez pas que les droits de l’homme, les vies humaines, la dignité humaine, et les principes les plus précieux des Nations Unies soient foulés pour servir le système bancaire.

Le monde que les peuples veulent ne peut être construit sans les peuples du monde. Merci.

(Source : vidéo en anglais https://www.youtube.com/watch?v=oiTvwZKyuoY Traduit par Marie-Laure VEILHAN pour le CADTM)

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 05:34

Oligarkhía delenda est

Si la crise grecque et la décision de l’UE du 13 juillet ont servi pour beaucoup de révélateurs des réalités anti-démocratiques et antisociales de l’UE, si elle a permis que beaucoup d’yeux s’ouvrent sur cette dictature d’un mode nouveau que représente le supranationalisme, il serait abusif de croire qu’une majorité de Françaises et de Français serait désormais acquise à la nécessité de sortir de l’Union européenne.

Un immense chantier est ouvert pour convaincre de cette nécessité, pour la rendre crédible, pour dessiner et partager les contours d’une alternative concevable et pour populariser l’ensemble du processus.

Certes, des voix se font entendre dans des cercles et des milieux divers.

Le bruit de l’extrême-droite et de quelques petites formations acolytes sur le sujet n’est que celui de la démagogie qui flatte, au-delà des fanatiques de l’identité, du chauvinisme et du nationalisme, les désespérés de la crise laissés par la République sans conscience des valeurs dont elle se déclare porteuse. Ces voix-là ne nous intéressent que dans la mesure où elles monopolisent l’alternative à l’UE dans la pire de ses formes.

Par contre, chez ceux pour qui la République, c’est un processus vivant qui tend vers la réalisation de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, un processus en vertu duquel la démocratie si elle n’est pas aussi sociale est incomplète et la patrie si elle ne conduit pas à l’internationalisme n’est qu’un repli, dans ces milieux-là se font, de plus en plus, entendre des voix qui, au nom de l’idéal porté, voient dans l’Union européenne son exact contraire. Bref, pour des humanistes, pour des internationalistes, l’Union européenne désormais, ce n’est pas la solution, c’est le problème.

Aux Lumières se sont opposées les Anti-Lumières. Avec une force et une vigueur bien plus déterminées que les humanistes s’y attendaient, tant il paraissait aller de soi que l’humain est un être collectif et que, de ce fait incontournable, il semblait acquis que les formes idéologiques du chacun pour soi ne devaient plus jamais triompher.

Les Anti-Lumières sont les pères spirituels de cette contre-révolution à laquelle nous assistons depuis les années Reagan-Thatcher-Delors. Ils ont mis en place les instruments supranationaux de notre nouvelle servitude : l’Organisation Mondiale du Commerce et, pour ce qui nous concerne, l’Union européenne. Celle-ci est un antihumanisme qui organise la concurrence de chacun contre chacun, des peuples européens les uns contre les autres, qui soumet les femmes et les hommes aux volontés des firmes privées, qui organise l’exploitation du reste de la planète par nos firmes transnationales tout en dressant des barbelés contre les victimes de cette exploitation.

Traité européen après traité européen, le suffrage universel a été vidé de sa substance. Le vote citoyen ne produit plus aucun effet. Puisque, comme le dit ce gangster placé à la tête de la Commission européenne, « il n’y a pas de vote démocratique contre les traités européens ». Ce qui fut arraché dans la fureur, le sang et les larmes en 1789, 1793, 1848, 1870 et tout au long des luttes politiques et sociales des XIXe et XXe siècles, est systématiquement remis en question au nom de l’Union européenne.

Une immense régression démocratique et sociale est à l’œuvre. Il nous faut l’arrêter. Par tous les moyens. Il y va de la survie d’un modèle de société, d’une vision humaniste du vivre ensemble.

Il ne suffit plus de combattre l’un après l’autre des projets qui vont tous dans la direction de la servitude. C’est là où ils sont conçus qu’il faut porter le fer. Oui, plus que jamais, les propos de Brecht s’appliquent à l’Union européenne, ce ventre d’où surgit la nouvelle bête immonde. Elle n’a plus les traits hideux du nazisme et du fascisme. Elle a le visage anonyme des fonctionnaires apatrides et sans cœur de la Troïka. Ses nervis ne portent plus l’uniforme militaire, mais plutôt le costume de belle coupe. Leurs méthodes sont plus insidieuses, moins violentes en apparence. En Europe, tout de moins. Mais elles conduisent au même résultat : la négation de la dignité qui est en chaque être humain.

On ne peut plus se contenter de déplorer des politiques funestes. Il faut s’en prendre aux institutions qui les engendrent. Il faut mettre fin à l’Union européenne. En commençant par la quitter, car sans la France, et les pays qui s’empresseront de la suivre, elle ne survivra pas. Il faut que s’écroulent les institutions de nos malheurs nouveaux : la Commission européenne, la Cour de Justice de l’UE, la Banque Centrale de l’UE. Elles sont les instruments du pouvoir de l’oligarchie. Ce sont des Bastilles, symboles de l’absolutisme technocratique de l’UE et il faut leur réserver le sort de celle renversée en 1789.

Alors, mais alors seulement, il sera possible de construire, avec les peuples qui le souhaitent et qui l’auront exprimé, une union des peuples d’Europe vraiment solidaire et fraternelle.

Oligarkhía delenda est. Il faut détruire l’oligarchie.

Raoul Marc JENNAR

1 septembre 2015

(c’est à dessein que j’ai mis ensemble un mot d’origine grecque et un verbe latin conjugué, pour dire mon mépris de ce gouvernement qui brade les racines de notre culture)

ON NE PAIE PLUS !

Quand nous serons 3 millions de signataires dans le monde, nous nous engageons à ne plus payer…

STOP À L’IMPOSTURE FINANCIÈRE DES BANQUES Signez et faites signer cette pétition, transmettez ce message partout où vous le pouvez !

Nous ne voulons plus payer ce système de dettes odieuses privées et publiques qui nous asservit, entraîne des destructions écologiques, lamine les principes démocratiques et les droits sociaux, entretient les communautarismes, provoque les conflits militaires et conduit aux guerres civiles.

Nous ne voulons plus payer ni la corruption des États ni le totalitarisme des marchés boursiers qui répondent à la contestation par la coercition, avec des politiques dites sécuritaires (en réalité de surveillance et de répression policières) et appuyées de discours de plus en plus déshumanisants, ouvertement xénophobes, racistes et fascistes, à travers les bandes armées et les milices mafieuses qu’ils favorisent.

Nous disons NON !…

… Car nous voulons bâtir avec nos propres moyens une société répondant à nos aspirations légitimes, contre les gouvernements à la botte de la finance international.

Dès maintenant nous construisons des solidarités concrètes, nous ré-inventons, découvrons et renforçons des modes d’échanges équitables et horizontaux.

STOP AUX DETTES ILLÉGITIMES SIGNÉES PAR NOS POUVOIRS CORROMPUS

Nous refusons de payer pour les droits inaliénables, qui n’ont par conséquent aucune raison légitime d’être marchandisés et payés.

Nous refusons de payer pour l’accès aux biens communs et aux services publics élémentaires (logement, éducation, santé, communications, culture, transports, eau, chauffage, électricité, etc.).

Nous refusons de payer pour le démantèlment les droits sociaux gagnés grâce aux luttes menées par nos aînés.

Nous refusons de payer pour des politiques de grands projets inutiles qui détruisent la planète, et constituent une dette écologique pour les générations futures.

OUI À UN SYSTÈME SOLIDAIRE ET COOPÉRATIF ENTRE TOUS LES HUMAINS

Nous disons NON pour sortir de l’isolement : OUI nos refus individuels se conjuguent !

Chacun de nous est rejoint par d’autres, ce qui nous conduit à s’organiser et à nous rassembler dans un réseau toujours plus large, plus efficace, dans une intelligence collective.

Nos situations sont différentes, nos raisons de ne plus payer le sont également : certains s’engageront à ne pas payer les transports, d’autres les frais de santé, d’autres les crédits, d’autres les loyers, d’autres un peu tout cela à la fois… avec le soutien de tous ici, et avec le réseau de ceux qui refusent de payer l’inacceptable.

NOUS N’AVONS PLUS BESOIN D’EUX !

Nous nous passons de leurs logiques de profits injustes et de conflits désastreux. Nous sommes prêts à construire ensemble un autre monde, pacifique, ouvert, responsable.

En signant cette pétition, nous exprimons aussi notre volonté d’être mis en relation avec les signataires proches de nos lieux de vie pour faire cause commune, construire des alternatives et préparer notre refus de payer par un acte de désobéissance civile de masse!

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Petit mémo : L’AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services est un accord signé lors de la création de  l’OMC (organisation mondiale du commerce) en 1994. Il vise à libéraliser progressivement tous les services des états membres : éducation, santé, culture, recherche…ainsi que l’énergie et l’environnement. Tous les aspects de nos vies sont mis à la vente. Les besoins de l’être humain et toutes formes d’activité humaines sont redéfinis comme des services commercialisables.

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