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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 10:49
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Vidéo >Question/réponse Étienne Chouard à Lydia et Claude Bourguignon

dimanche 10 mai

bourse aux graines et aux plants

Source démosphère Montpelier: message reçu le 13 avril 11h voir ICI

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 11:02

Brevetage du vivant : une digue saute

Laurent Miguet - PAYSAGE ACTUALITES - Publié le 04/05/15 à 15h55

Innovations

Ouvrage d'art

© Musée de l'imprimerie Lyon - Rose Madame Edouard Herriot.

La digue qui protège les obtenteurs de variétés végétales se fissure, après la décision rendue le 25 mars par la chambre de recours de l’office européen des brevets.

La brevetabilité des processus naturels de création de variétés de plantes a marqué un point dans la jurisprudence européenne : dans les décisions prises le 25 mars dernier à propos des tomates ridées (G2/12) et de brocolis (G2/13), la grande chambre de recours de l’Office européen des brevets a interprété dans ce sens la convention pour le brevet européen, qui associe 38 pays. Dans l’Europe des 27, ce texte fondateur trouve sa légitimité juridique dans la directive communautaire 98/44/EC, transcrite en droit national en 2004.

La brevetabilité progresse en Europe

Quelle intention a sous-tendu, en 1973, la rédaction de l’article 53 b de la convention pour le brevet européen, qui exclut de la brevetabilité les variétés issues « de procédés essentiellement biologiques » ? Dans leur décision de 74 pages, les juges tentent de démontrer la portée limitée de cette disposition dérogatoire, dont le fondement légal tendrait selon eux à « s’éroder ». Ils rappellent que l’esprit général de la convention pousse à l’élargissement du champ de la propriété intellectuelle, y compris dans le domaine végétal. A l’inverse, une restriction de ce champ, sous prétexte d’une mise en valeur de l’habileté des créateurs de variétés, trahirait l’intention du législateur et viderait de sa substance le système européen de protection des brevets.

La contre-attaque s’organise en France

De l’Union française des semenciers au réseau Semences paysannes en passant par la fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières (FNPHP), la décision du 25 mars suscite un tollé général. Ce rare exemple de consensus français s’appuie sur la convention internationale pour la protection des obtentions végétales (Upov) de 1961, révisée en 1978 et 1991. Ce texte encadre le libre accès au patrimoine génétique offert par la nature et par les créateurs de variétés. La remise en cause de cette liberté assécherait le potentiel d’innovation, aujourd’hui largement nourri par des amateurs passionnés.

Cet argument cher aux rosiéristes, le réseau Semence paysanne et la fondation France Liberté le reprennent dans leur combat de principe contre la brevetabilité du « trait natif » d’une plante ou d’un animal, c’est-à-dire leurs caractéristiques produites soit par la nature, soit par le croisement ou la sélection. Cette cause a inspiré la dizaine d’amendements qu’ils espèrent intégrer au débat parlementaire en cours dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Selon ces associations qui s’appuient sur les principes affirmés en 2010 à l’échelle mondiale dans le protocole de Nagoya, l’interdiction de breveter le vivant doit relever d’une loi issue du débat parlementaire public, et non d’une ordonnance.

Les obtenteurs européens hésitent

Comment rendre leur légitimité juridique européenne aux certificats d’obtention végétale ? Semence paysanne applique le même raisonnement qu’à l’échelle nationale : le réseau prône une nouvelle directive, au nom du débat démocratique. La FNPHP craint qu’une telle approche ne se révèle fatale. Au comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne (Copa Cogeca) dont fait partie la fédération française, deux autres options restent en débat : un amendement à la directive 98/44/EC pour consolider les Certificats d’obtention végétale, ou un nouvel article pour sortir les végétaux du champ de la brevetabilité.

-L'administration du blog invite à lire:

Propriété intellectuelle sur le vivant


http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-58876QE.htm

Union européenne : Assemblée Nationale : REPONSE Question n°58876 de M. Pierre-Yves Le Borgn’ ( SRC - Français établis hors de France ) - Conflit social OEB

Question n°58876 de M. Pierre-Yves Le Borgn’ ( SRC - Français établis hors de France )

Question publiée au JO le : 01/07/2014

M. Pierre-Yves Le Borgn’ attire l’attention de M. le ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique sur le conflit social traversé depuis des mois par l’Office européen des brevets, relayé par les syndicats, les médias et des parlementaires de certains états membres. Ce conflit est le révélateur de la profonde crise de gouvernance de l’organisation, les réformes étant approuvées sans réel débat, engagement et contrôle des membres du conseil d’administration. L’Office européen des brevets, qui célèbre cette année ses 40 ans, est essentiel pour l’avenir de l’économie européenne, l’innovation et donc l’emploi. Il sera dans les prochains mois l’acteur-clé de la mise en œuvre du brevet communautaire, pour lequel la France accueillera la juridiction unifiée. À ce titre, le ministre est-il disposé à réclamer au nom de la France la tenue d’une conférence interministérielle des états membres, prévue par la Convention européenne des brevets et dont la gouvernance de l’Office sera le sujet de discussion. Le ministre est-il prêt, à cette occasion, à défendre le principe d’un audit exhaustif de la gouvernance de l’Office, confié à une autorité indépendante. Cette autorité aurait également pour mission de faire des propositions concrètes de bonne gestion et direction de l’Office, qui serviraient de base au travail collectif du conseil d’Administration, dont le rôle de contrôle et d’impulsion politique doit être pleinement exercé et renforcé.

Réponse publiée au JO le : 24/03/2015

(extrait de la veille juridique Semences du RSP, merci à Émilie)

-L'administration du blog invite à consulter aussi deux autres articles:

Il détient le brevet qui pourrait détruire Monsanto et changer le monde !…

22 commentaires

C’est toujours un plaisir, quand dans ma messagerie, je trouve des liens que vous m’envoyez sur des articles que j’ai déjà préparé. Je me dis alors, que nous partageons des convictions communes. Merci à ConscienceU12 et à Graine de Piaf.

Il détient le brevet qui pourrait détruire Monsanto et changer le monde !Le contenu de cet article pourrait radicalement changer le monde de différentes façons positives.

Et comme Monsanto n’aimerait pas que cet article devienne viral, tout ce que nous pouvons vous demander est de partager l’information présentée pour qu’elle puisse atteindre autant de personnes que possible.

En 2006, un brevet a été accordé à un homme nommé Paul Stamets. Bien que Paul soit le plus grand mycologue mondial, son brevet a reçu très peu d’attention et a été très peu exposé. Pourquoi donc ? Selon les dirigeants de l’industrie des pesticides, ce brevet représente « la technologie la plus perturbatrice jamais vue. » et quand les dirigeants disent perturbatrice, c’est qu’elle dérange l’industrie des pesticides chimiques.

Qu’est-ce que Paul a découvert ?

Le mycologue a compris comment utiliser les créations de mère nature pour empêcher les insectes de détruire les cultures. On les appelle des pesticides INTELLIGENTS. Ces pesticides fournissent un solution sûre et quasi-permanente pour contrôler plus de 200 000 espèces d’insectes, et tout cela grâce à la « magie » des champignons.

Paul fait cela en prenant un champignon entomopathogène (champignon qui détruit les insectes) et le transforme pour qu’il ne produise pas de spores. En retour, cela attire les insectes qui en mangent et se transforment en champignon de l’intérieur !

Il détient le brevet qui pourrait détruire Monsanto et changer le monde

Si ce brevet atteignait une exposition de masse, il pourrait révolutionner la façon dont les humains cultivent leurs champs.

Tolérer l’utilisation des pesticides dans l’agriculture moderne revient à nier l’évidence prouvant que ses effets sont néfastes pour l’environnement. Une telle ignorance ne peut vraiment plus être tolérée. Par exemple, pouvez-vous imaginer un monde sans abeilles ?

On attribue l’hécatombe des abeilles aux concoctions chimiques de Monsanto qui sont pulvérisées dans les champs du monde entier. Même si un nombre croissant de pays interdisent Monsanto, il est encore utilisé dans des pays qui devraient être conscients de ses dangers. Dire que de nouvelles méthodes doivent être mises en œuvre avant qu’il ne soit trop tard est un euphémisme.

Monsanto génère actuellement 16 milliards de dollars par an (chiffres de 2014), donc vous pouvez être certain qu’ils ne veulent pas interrompre ce flux de revenus. Grâce à ces revenus ils sont des ressources quasi illimitées et ont les moyens de supprimer les informations qui peuvent être préjudiciables à leur réputation.

Mais en nous informant sur les avantages de la culture alimentaire durable, biologique et bio-dynamique, en partageant des articles comme celui-ci et en boycottant les OGM et les cultures pulvérisées d’herbicides, cette entreprise démoniaque pourrait bientôt recevoir le message.

Voici des liens utiles pour en comprendre plus sur l’incroyable brevet mentionné ci-dessus :

Voici un lien vers le brevet dont nous parlons : 7122176
http://www.google.com/patents/US7122176
Une liste des brevets de Paul :
http://patents.justia.com/inventor/paul-edward-stamets

De nombreuses informations sur Paul Stamets :
http://www.fungi.com/about-paul-stamets.html

Une page wikipédia sur Paul Stamets :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Stamets

Et enfin, voici une vidéo TedTalks de Paul réalisée en 2008 :

6 moyens de changer le monde avec les champignons

http://ewao.com/a/1-he-holds-the-patent-that-could-destroy-monsanto-and-change-the-world

http://www.ted.com/talks/paul_stamets_on_6_ways_mushrooms_can_save_the_world?language=fr#t-2141

http://www.espritsciencemetaphysiques.com/

© 2015, Recherche et transmission par Michel / Arcturius.

Biodiversité et resources génétiques

Nouvelle publication - Les lois semencières qui criminalisent les paysans : résistance et luttes

La Via Campesina | GRAIN
Communiqué de presse - 8 avril 2015

Pour publication immédiate

Les semences paysannes, base de la production alimentaire, sont attaquées de toutes parts. Dans de nombreux pays, les lois votées sous pression des grandes entreprises limitent de plus en plus l’utilisation que les paysans peuvent faire de leurs semences. La conservation et la réutilisation des semences, une pratique millénaire à base de l’agriculture, est ainsi rapidement devenue une pratique criminelle.

Il faut agir ! Un nouveau livret et un poster édités par La Via Campesina et GRAIN exposent la façon dont les multinationales et les gouvernements s’y prennent pour freiner l’échange et la protection des semences par les paysans ; mais ces derniers ne se laissent pas faire.

Selon Guy Kastler de La Via Campesina : « Le contrôle des semences doit se trouver entre les mains des paysans et des paysannes. C’est ce principe, base même des procédés de production, qui assure la souveraineté alimentaire des communautés rurales et des populations urbaines face aux multinationales et leurs énormes profits. Au cours des siècles, les paysans ont trié et sélectionné des milliers de variétés de semences qui ont fait le chemin jusqu’à notre époque et se retrouvent maintenant à la base des régimes alimentaires du monde entier ».

Il se fait que, aux yeux des multinationales qui cherchent à imposer des lois leur offrant le contrôle sans condition des terres, de l’agriculture, des denrées alimentaires et des profits qui peuvent être réalisés dans ce secteur, ces pratiques semencières ancestrales sont un obstacle de taille. Pour La Via Campesina, les lois doivent au contraire garantir les droits des paysans de conserver, d'utiliser, d'échanger, de vendre leurs semences et les protéger de la biopiraterie.

« Avec le soutien des gouvernements, les grandes entreprises mènent l'offensive sur le plan juridique, pour prendre le contrôle des semences. Elles se permettent non seulement de privatiser les semences grâce à de nouvelles lois, mais s'accordent également de nouveaux droits pour pouvoir entrer de force chez les paysans et détruire leurs semences » , explique Camila Montecinos de GRAIN.

Les lois qui concernent les semences évoluent et s’endurcissent en réponse aux désidératas de l’industrie biotechnologique et semencière. Les soi-disant « accords de libre-échange », les traités d’investissements bilatéraux et les initiatives d’intégration régionales renforcent l’impact des autres droits de propriétés sur les semences en apparence moins contraignant.

Ce qui est en jeu ici, ce sont les fondements de l’agriculture paysanne, ni plus ni moins. Dans le monde entier, des mouvements sociaux, et surtout des associations de paysannes et de paysans, se sont levés et se sont mobilisés pour empêcher le vote de telles lois.

Les multinationales et les gouvernements comptent sur la confidentialité et le manque de transparence, car ils savent que des citoyens bien informés rejetteraient l’idée de la privatisation des semences.

Ce livret a pour objectif de renforcer la résistance en permettant au plus grand nombre, et tout particulièrement aux communautés rurales les plus touchées par cette problématique, de comprendre ces lois de l'industrie, leurs objectifs et leurs impacts. Il entend aussi insister sur le rôle que jouent les mouvements sociaux pour faire voter des lois qui, au contraire, protègent les droits des paysans : leur succès est une condition incontournable de la souveraineté alimentaire et par conséquence de la souveraineté politique des peuples.


Table des matières
1. Comment les législations semencières convertissent les semences paysannes en semences illégales
2. Afrique : un trésor menacé
3. Les Amériques : la résistance massive contre les lois Monsanto
4. Asie : la lutte contre une nouvelle vague de semences industrielles
5. Europe : les paysans s’efforcent de sauver la diversité agricole
------
Contacts

La Via Campesina

Guy Kastler (français) +33 46 891 2895

Andrea Ferante (anglais, espagnol) +39 348 018 9221

GRAIN

Renée Vellvé (anglais, français) +33 67 507 3468

Camila Montecinos (espagnol) +56 22 222 4437

_______
Avis aux éditeurs
Ce livret est accompagné

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 04:51

Stop OGM n’est plus la bienvenue au Vanuatu

Stop OGM sème le doute

http://www.lnc.nc/article/pays/stop-ogm-seme-le-doute

Publié le vendredi 17 avril 2015 à 03H00

Le pays et la Chambre d’agriculture lui reprochent d’avoir « créé la confusion » en faisant « courir le bruit » d’un « risque de contamination OGM évident », mettant en péril la gestion de la crise agricole post-cyclone.

Après inspection des stocks de graines, Stop OGM a tenté d’alerter les autorités sur le risque de contamination avec les semences de papayes, « vu la provenance et la marque ».

Photos Archives C.R.

«Risque de contamination OGM. » En donnant l’alerte, Stop OGM a mis le feu aux poudres. Accréditée par la NDMO (Bureau des catastrophes naturelles), l’association s’est rendue au Vanuatu, durement frappé par le cyclone Pam dans la nuit du 13 au 14 mars. Sa mission : contrôler l’origine des semences acheminées par la Chambre d’agriculture. L’origine des semences de papayes l’interpelle. En l’occurrence, la marque Know-You, produite à Taiwan et distribuée par la Nouvelle-Zélande. Problème : Taiwan importe aussi de Hawaï, où 85 % des papayers seraient OGM. « Vu les provenances et les marques, le risque de contamination OGM est évident, conclut Frédéric Guérin, président de l’association. Un kilo de semences de papayes OGM peut à lui seul contaminer tous les papayers traditionnels en dix ans au Vanuatu. » Partant de ce constat, l’association est convaincue que la « contamination s’est faite ». Le mot se passe, et la controverse autour du don est vite relayée par le Daily Post Vanuatu, dans son édition du 3 avril, semant le doute dans les rangs des fermiers. « ça a mis une pagaille monstrueuse », tempête Gérard Pasco, directeur de la chambre consulaire.

Désinformation. Pour mettre un terme à la polémique, la chambre a décidé de frapper un grand coup, forte du soutien du gouvernement vanuatais. Dans un communiqué, elle dénonce l’entreprise de « désinformation » menée par Stop OMG. Ne faisant que « rajouter une crise à la crise » et « freiner la distribution d’une aide attendue d’urgence ». Le ministre de l’Agriculture, David Mossul, n’y va pas de main morte. « Vous êtes interdit de participer aux réunions du NDMO, car vous créez la confusion chez les Vanuatais. » Ce dernier va jusqu’à demander aux médias de « ne plus relayer leur message » et menace Stop OGM d’« expulsion », si elle ne respecte pas cette « injonction ».

« Fausses allégations », rétorque l’organisation. « Stop OGM n’a aucune pression d’aucune sorte à recevoir de la Chambre d’agriculture ». Dans un communiqué, elle invoque la « liberté de la presse » et conteste « l’authenticité » de la déclaration « officielle » du ministre.

Souverain. L’association persiste et signe, réitérant ses craintes. « Les papayers n’ont que très peu été affectés par le cyclone Pam pourquoi vouloir en importer à tout prix ? » Pour la simple et bonne raison que « le Vanuatu en a commandés » répond la Chambre d’agri- culture. Du reste, la Calédonie exporte de longue date vers le Vanuatu. Les trois principaux distributeurs (La maison Verte, Hortical, Agrilogic Systeme) « tous agréés par le bureau de biosécurité », n’ont pas attendu le cyclone Pam. Et puis la Calédonie n’est pas le seul fournisseur. « Le Vanuatu est un pays souverain, rappelle François Japiot, chargé de coopération agricole régionale pour le Vanuatu. Il a nous demandé de l’aide et formulé une commande à laquelle nous avons répondue. C’est eux qui décident, personne d’autre. » Gérard Pasco garantit au passage qu’« aucune graine OGM n’entre en Calédonie ». Aucune crainte à avoir selon la Chambre consulaire puisque tout est contrôlé par le Sivap en étroite collaboration avec le bureau de biosécurité du Vanuatu.

« A ce moment-là, qu’on nous laisse faire notre enquête et qu’on nous transmette les dix millions de factures pour contrôler le nom et l’origine des variétés », martèle Frédéric Guérin. Un permis d’importation du Sivap ne constituant pas, selon lui, une « garantie suffisante ». Quant aux attestations non OGM délivrées mardi par la Chambre, elles « datent de 2014 » et « ne concernent pas les papayes ». « Nous n’excluons pas totalement les OGM, toutefois en amont, les importations sont soumises à un contrôle rigoureux, a cru bon de préciser le directeur vanuatais de la biosécurité, Tekon Timothy Tumukon. Nous faisons en sorte de protéger l’environnement autant que les moyens de subsistance de la population. »

Trois quarts des semences distribués

Au Vanuatu, où 85 % de la population se nourrit des fruits de la terre, le cyclone Pam a tout fauché sur son passage. L’urgence est à la sécurité alimentaire. Il faut replanter, et il faut faire vite.

Le lendemain de la catastrophe la Chambre d’agriculture aux côtés de la NDMO, a racheté tout le stock de semences disponibles sur l’archipel pour un total de 1,3 million de francs. Et procédé à la distribution dans la foulée. En parallèle le réseau calédonien a été activé. Elan de solidarité oblige, le gouvernement, la province Sud et le Gapce (Groupement agricole des producteurs de la côte Est) ont débloqué dix millions de francs pour l’achat de graines en Calédonie.

L’enveloppe a permis à François Japiot, missionné par la Chambre d’agriculture au NDMO (National Disaster Management Office), de glaner plus de 700 kg de fret, dont plus de la moitié correspond à de l’emballage.

Mais avant d’acheminer, il a d’abord fallu ré-étiqueter et re-packagger les milliers de graines. Un kit de semences agricoles d’urgence a été élaboré, afin de permettre aux familles de cultiver une surface de 400 mètres carrés de maraîchage.

Hybride ? Reproductible ?

« La composition de l’aide (choix des semences et du matériel agricole) a suivi les recommandations formulées par le NDMO, souligne la Chambre d’agriculture. En respectant les directives du ministère de l’agriculture du Vanuatu. »

La priorité a été donnée aux semences « reproductibles », devant les semences « hybrides », plus dépendantes aux intrants chimiques. C’était l’une des inquiétudes formulées par Stop ONG, craignant que les graines hybrides ne fassent de « gros dégâts dans les pratiques traditionnelles millénaires » des Vanuatais.

Oui, des hybrides ont été importés. Non, ce n’est pas la première fois. Devant l’urgence, le Vanuatu a bien dû se montrer pragmatique. « Il faut bien que les gens mangent, et de toute façon il n’y avait pas assez de semences reproductibles en Calédonie, ni dans la région d’ailleurs », lance François Japiot.

Près de 100 000 foyers sont concernés par cette opération de distribution, qui s’avère délicate. D’autant que les structures endommagées compliquent, encore aujourd’hui, l’accès aux îles les plus éloignées. Toutefois, un mois après la catastrophe, les trois quarts des semences ont été distribués.

Le chiffre

700

La Calédonie a acheminé vers le Vanuatu 700 kg de fret, dont plus de la moitié correspond à l’emballage des semences.

L’étiquetage OGM toujours pas voté

Le projet a déjà fêté son premier anniversaire, mais la réglementation, elle n’existe pas. En février 2014, après plusieurs années de tractation par Stop OGM et d’autres associations environnementales, dont EPLP, le gouvernement calédonien adoptait un arrêté interdisant les semences génétiquement modifiées sur le Caillou. Et proposait en même temps au Congrès une délibération visant à rendre obligatoire l’étiquetage OGM. Le texte, prévoyant des délais d’application très longs, ne convient pas à tout le monde, mais pour les militants, « c’est un pas ». Sauf que les élections sont passées par là, les conflits politiques aussi et, malgré les relances de différents officiels, le projet, préparé par le conseil consultatif environnemental et visé par le CESE, est au point mort. Une situation qui a de quoi inquiéter ceux qui suspectent des effets néfastes des organismes génétiquement modifiés sur la santé humaine. Et ils sont nombreux au vu des plus de 10 000 signatures de la pétition « Non au blé OGM Australien ». En cause : les tests réalisés en plein champs par notre grand voisin et qui promettent une commercialisation imminente de différentes variétés de blés OGM. Or, la Nouvelle-Calédonie importe plus de 99 % de son blé d’Australie, « le Pacifique est en première ligne », répète depuis des mois Stop OGM.

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 04:13

Après l’huile de palme, le caoutchouc

Le 17 avril 2015

Faune et flore, Sites et sols naturels, Politique & Société, Entreprises, Biodiversité

Le caoutchouc va-t-il à son tour saigner la forêt?
DR

Le caoutchouc naturel menace-t-il les forêts du sud-est asiatique? Poussée par le prix élevé du pétrole, la culture de l’Hevea brasiliensis, dont 70% est utilisé pour la fabrication de pneus, pourrait bien s’envoler ces prochaines années, avec les mêmes effets sur la biodiversité, révèle une étude publiée dans les Conservation Letters.

Comme avec l’huile de palme, les premières victimes de cette monoculture sont les forêts primaires du sud-est asiatique, abritant de nombreuses espèces menacées. Parmi les zones les plus touchées, l’Indonésie, la Malaisie, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, le sud-ouest de la Chine et les Philippines.

De 5,5 millions d’hectares en 1983 dans le monde, la culture de l’hévéa s’étendait sur 9,9 millions en 2012. Soit 57% de la surface consacrée à l’huile de palme, mais jusqu’à 71% en Asie du sud-est. Et le rythme s’accélère: dans les années 2000, ce sont 219.000 hectares qui ont été plantés d’hévéas chaque année, contre 108.000 hectares par an lors des deux décennies précédentes.

Or la demande de caoutchouc naturel, très forte dans les pays asiatiques en pleine croissance, ne devrait pas faiblir. Actuellement, elle connaît même une hausse annuelle de 3,5%, voire de 5,3% rien que pour les pneus.

Jusqu’à 86% de plus en 2024

Eleanor Warren-Thomas, de l’université d’East Anglia à Norwich (Royaume-Uni), et ses collègues ont fait leurs calculs: d’ici à 2024, ce sont 4,3 à 8,5 millions d’hectares de plus qui pourraient être plantés d’hévéas, du même ordre que pour l’huile de palme. Par rapport à 2012, la hausse de terres cultivées avec de l’hévéa pourrait donc s’élever jusqu’à 86%.

«De nombreuses aires protégées ont déjà été converties en plantations à caoutchouc. Par exemple, plus de 70% des 75.000 hectares de la réserve naturelle Snoul, au Cambodge, ont été converties entre 2009 et 2013», notent les chercheurs. Et ce malgré la présence de nombreuses espèces menacées, dont le cerf d’Eld, le banteng (un bœuf sauvage) et divers singes et carnivores.

Une fois la forêt convertie en plantations d’hévéas, «les macaques et les gibbons en disparaissent complètement, et nos travaux montrent que le nombre d’oiseaux, de chauves-souris et de scarabées décline jusqu’à 75%», ajoutent-ils. Sans oublier les effets désastreux sur les cours d’eau, qui se retrouvent soudain gorgés de fertilisants et de pesticides.

Contrairement à l’huile de palme, le public semble encore très peu au fait des ravages de l’hévéa sur les forêts tropicales. «Au minimum, les entreprises qui convertissent, en toute légalité, des forêts protégées en plantations d’hévéas devraient faire l’objet de restrictions d’accès au marché, avec une certification d’exploitation durable», juge l’équipe. Dénommé Sustainable Natural Rubber Initiative (SNR-i), un projet international a été lancé dans ce sens en janvier.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 04:16
Forum « Laboratoires Hors Murs » pour l’agro-biodiversité

Par Cyril Fiorini et Sciences Citoyennes - Action collective
mardi 7 avril 2015

Jeudi 30 avril 2015 après-midi


Montpellier SupAgro/Institut des Régions Chaudes, Montpellier

Le dispositif des «Laboratoires Hors Murs» a été initié en 2013 pour établir des programmes de recherche collaboratifs, à partir des priorités définies par des paysans engagés dans une transition écologique de leur agriculture. Les activités portent sur des questions construites par les agriculteurs avec des chercheurs, dans différents territoires (Languedoc-Roussillon en France, Kabylie et Mzab en Algérie, et Djougou au Bénin) dans l’objectif de valoriser la biodiversité agricole.
Ce Forum vous propose de partager avec la communauté scientifique et des praticiens de la gestion de la biodiversité agricole les premiers résultats méthodologiques du dispositif. L’objectif est d’approfondir la réflexion pour construire une dynamique collective susceptible de définir les contours d’une nouvelle démarche de recherche collaborative dans le domaine de l’agriculture et l’alimentation.

Le dispositif des Laboratoires Hors Murs pour l’agro-biodiversité est porté par l’association BEDE (Biodiversité, Echanges et Diffusion d’Expériences), l’UMR Innovation, l’UMR CEFE (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive) et l’association Fondation Sciences citoyennes.
Le projet est soutenu par le programme « Open science » d’Agropolis Fondation.

Pour plus d’information sur le Forum et son organisation, veuillez vous reporter à la pièce jointe et consulter le site : http://www.bede-asso.org/?p=7480

Merci de confirmer votre inscription (gratuite) à l’adresse : labohorsmurs(at)bede-asso.org.

Contacts :
Bob Brac de la Perrière, brac(at)bede-asso.org
Pascale Maizi, pascale.maizi(at)supagro.inra.fr
Hélène Joly, helene.joly(at)cefe.cnrs.fr
Cyril Fiorini, cyril.fiorini(at)sciencescitoyennes.org

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 08:32

 http://www.poitou-charentes.fr/content-alfresco-portlet/document?uuid=b01d5d19-c3ec-11e4-aa25-0bde14cbac6b


Semons La BiodiversitéVivre et travailler sans pesticides – Etats généraux à Poitiers

mars 20 @ 19 h 30 min  - mars 22 @ 16 h 30 min


http://www.semonslabiodiversite.com/agenda/vivre-et-travailler-sans-pesticides-etats-generaux-a-poitiers/

 

Conférences, débats, tables rondes, ateliers etc … pour avoir le programme complet, cliquez ICI sur les deux liens suivants  : un   et     deux .

Téléchargez la fiche d’inscription en cliquant ICI.

L’inscription aux Etats Généraux est gratuite. Elle peut aussi se faire sur place.
Mais en renseignant par avance le bulletin ci-dessous, vous faciliterez grandement
la mise en oeuvre de cet événement !

Merci
 par mail : ardearpc@wanadoo.fr
 par courrier : 72, rue Camille Girault – 86180 Buxerolles
 par tél : 05 49 51 03 13
A faire parvenir avant le 15 mars svp !

 

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 08:38
Note de l'administration du blog:
Dans la suite des démarches engagées par le collectif des orgas signataires de l'Appel de Poitiers et du recours porté par 9 organisations:

 

-Un avocat  a transmis très récemment auprès du Conseil d'Etat ,une demande de recours pour excès de pouvoir à propos de mise en culture  de variétés rendues tolérantes aux herbicides,(Notament le colza VrTH  ) .

- Avec ,un argumentaire pour justifier la demande de moratoire sur les VrTH qui a été adressé à Geneviève Gaillard, députée des deux-sévres, rapporteur de la loi biodiversité.

Ce texte va étre transféré sans tarder au Député Frédéric Roig ,car lui et ses pairs vont étudier la loi biodiversité à partir du 16 mars  2015. 

- Le rendez vous qui a  été demandé auprès du cabinet du 1er ministre suite à un  courrier adressé en décembre 2014 pour demander le moratoire sur le Vrth,aura lieu demain vendredi à 9h30 ! la délégation est composée de : Claude Cellier (sécrétariat national de la CP), Jean-Pierre Lebrun, Jean-Pierre Rivière (RSP), Patrick Rivolet (AdP) , Eric Meunier (InfOgm) et d'un(e) reprerésentant(e)  FV .

-   Enfin ,le ministère de l'environnement vient de saisir l'ANSES au sujet du défaut d'évaluations des VrTH ,suite à une demande, et une rencontre au ministère de l'environnement le 2 février dernier.

 

 Pour en savoir plus:

Projet de loi biodiversité

Semons La Biodiversité

Les députés vont discuter à partir du 16 mars prochain en première lecture le projet de loi relatif à la biodiversité.

Ce texte général couvre différents aspects du droit de l’environnement. Il soulève également des questions de société cruciales pour notre souveraineté et sécurité alimentaire à travers les enjeux:

  • de menaces de brevetage du vivant,
  • de blocage de l’innovation,
  • et de respect du partage des avantages liés à l’utilisation des ressources génétiques, en particulier, agricoles.

C’est pour ces raisons que le Collectif Semons la Biodiversité soutient et reprend pleinement les amendements issus de l’un de ses membres ainsi que ceux de France Liberté.

N’hésitez pas à les relayer auprès de votre député qui a jusqu’au 10 mars 2015 pour déposer des amendements. Cliquez ICI pour télécharger les amendements.

En savoir plus

- Le dossier législatif complet (Assemblée nationale) : cliquez ICI .

- Site ministère de l’environnement : Cliquez ICI .

- Lire le texte d’introduction des amendements : à téléchargez ICI.

Le titre 4 du projet de loi met en place le système d’ « Accès aux ressources génétiques et aux connaissances traditionnelles associées, et partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation » (APA, pour Accès et Partage des Avantages).

Son objet est donc la mise en œuvre du protocole de Nagoya entré en vigueur le 12 octobre 2014 et signé par la France en 2011 dans le cadre de la CDB (Convention sur la Diversité Biologique). Afin de remplir pleinement les objectifs qui lui sont donnés, le projet de loi Biodiversité ne pas doit non plus omettre l’application d’un texte international spécifique à la biodiversité cultivée : le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA) que les parlementaires français ont approuvés le 21 février 2005 !

Les semences et les autres RG (ressources génétiques) utilisées par les paysans (animaux, micro-organismes…) sont le « patrimoine commun des communautés au service de l’humanité ». Les brevets et autres formes de DPI (droit de propriété industrielle) sur le vivant privatisent ce patrimoine commun et privent ainsi les communautés de leurs droits d’usage. Nous sommes en conséquence opposés aux DPI sur le vivant et au partage des avantages qui sont issus de ces DPI, partage qui ne vise qu’à les faire accepter.

Par contre, le partage des avantages issus de la commercialisation de RG (ressources génétiques) ou de produits qui en sont issus, lorsque ces derniers ne sont pas accaparés par un DPI, est nécessaire. Les entreprises semencières se sont enrichies en utilisant puis en interdisant la commercialisation des ressources génétiques sélectionnées et conservées par les paysans pour développer leurs nouveaux produits (« les semences améliorées). Elles sont redevables d’une immense dette vis à vis des communautés.

La souveraineté des communautés sur leurs RG et leurs connaissances associées apparaît comme une nécessité comme celle des États en opposition au pillage organisé par la notion de « patrimoine commun de l’humanité ». Cette notion permet en pratique à tout un chacun d’utiliser les ressources génétiques et les savoirs associés entretenues par les communautés en estimant qu’elles sont « communes » sans en reconnaître l’existence et surtout l’apport. L’obligation de consentement préalable, avant l’utilisation d’une RG, est également un outil nécessaire et utile pour lutter contre la biopiraterie.

La reconnaissance des « connaissances, innovations et pratiques des communautés » paysannes développées aujourd’hui sur tout le territoire français, métropolitain tout autant qu’ultra-marin, est essentielle pour freiner la confiscation par les DPI des bases de l’agroécologie paysanne : sélections et productions paysannes de semences, d’animaux ou de micro-organismes composants les préparations naturelles destinées aux soins des plantes et des animaux ou aux productions fermières (fromagers, pains, vins et autres produits fermentés…).

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 09:26
Bourse d'échanges de graines et de plants le 25 janvier 2015  à Lodève, organisée par les Semeurs du Lodévois- Larzac.

Pour consulter la localisation et le programme de cette journée vous pouvez aller sur l'agenda de Démosphère:http://montpellier.demosphere.eu/rv/3459

 

Projection et débat : "semences de résistance", mardi 27 janvier

http://2.bp.blogspot.com/_JTozuaNEFB0/Swq8rroPRsI/AAAAAAAAAGk/jtktDJ0JunU/S660/blog-abeille-biodiversite.jpgL'association Abeille et Biodiversité organise la projection du film documentaire «Semences de résistance", le mardi 27 janvier 2015 à 18h30 à la salle de la mairie à Saint Côme.

 

L'association Abeille et Biodiversité organise la projection du film documentaire «Semences de résistance", le mardi 27 janvier 2015 à 18h30 à la salle de la mairie à Saint Côme.
Ce film de 28 minutes présente des exemples d’'organisation collective («maisons des semences paysannes», école expérimentale, etc.) … qui participent au retour des variétés paysannes dans les champs et les assiettes. Il aborde aussi le contexte politique global qui favorise les multinationales des semences et de l’'agrobusiness.
La projection sera suivie d'un débat animé : Pourquoi notre sécurité alimentaire est-elle aujourd'hui menacée ? Quel rapport avec les semences ? Pourquoi les semences industrielles sont-elles inadaptées à une agriculture véritablement durable ? Comment pouvons-nous agir, chacun à notre place, pour améliorer la situation et en se faisant plaisir ? Des questions essentielles que nous pourrons aborder ensemble, sur la base du film documentaire.

Ce débat sera animé par Martin Lacroix, membre de l'association BEDE (Biodiversité, échanges et diffusion d'expériences) et ancien salarié de Kokopelli.




La soirée se poursuivra par un pot offert par Abeille et Biodiversité.

 

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 03:56

Le journal de l'environnement

Menace(s) sur les oiseaux migrateurs

Le 17 octobre 2014 par Romain Loury

http://www.journaldelenvironnement.net/article/menace-s-sur-les-oiseaux-migrateurs,51298

 

La macreuse brune a déserté la Bretagne

La macreuse brune a déserté la Bretagne
DR

Réchauffement climatique, polluants, chasse… les oiseaux migrateurs affrontent plusieurs dangers, dont les traces sont de plus en plus évidentes. En ce début d’automne, ceux en provenance du nord sont nettement moins nombreux à gagner la Bretagne, s’inquiète l’association Bretagne vivante.

«Octobre est un mois crucial dans le cycle annuel des oiseaux migrateurs. Ceux qui sont venus au printemps nicher sous nos latitudes sont, pour la plupart, repartis. Et voici que débarquent les migrateurs qui ont passé l’été le plus souvent dans la forêt boréale, voire plus haut, dans la toundra arctique», rappelle Bretagne vivante.

Or ces oiseaux, dont on sait que le cycle annuel de migration est perturbé par le réchauffement climatique, s’avèrent particulièrement peu nombreux à arriver en Bretagne en ce début d’automne, affirme l’association, qui cite les alouettes des champs, les canards marins et les pinsons.

«Sous l’influence du réchauffement climatique, et son cortège d’hivers moins rigoureux, ces espèces ont tendance à descendre à moins au sud que par le passé et à rester en mer du Nord ou en mer Baltique. Ce qui fait que, d’ici quelques années peut-être, on ne les verra même plus en Bretagne», s’inquiète Bretagne Vivante.

Contacté par le JDLE, le vice-président de l’association, Patrick Philippon, reconnaît qu’il ne s’agit là que de «données d’observation», et qu’il est difficile d’avancer des chiffres. Mais le phénomène semble déjà très avancé: exemple, la macreuse brune (Melanitta fusca), un canard marin «que l’on ne voit plus depuis 15 ans en Bretagne parce qu’il reste hiverner au Danemark et en Hollande». Ou encore les oies rieuses (Anser albifrons), qui ont délaissé le Mont Saint-Michel pour la Hollande.

Un effet encore plus marqué pour les transsahariens

Le phénomène inverse s’observe pour les migrateurs transsahariens, ceux qui passent leur été en Europe puis partent hiverner en Afrique. Parmi eux, la petite fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), qui «reste plus souvent l’hiver en Bretagne» car elles y trouvent désormais de quoi se nourrir. «On pensait qu’elles restaient sur le littoral, mais on les observe aussi  à l’intérieur des terres», où l’hiver est plus rigoureux, ajoute Patrick Philippon.

Même constat outre-Manche, où la Société royale pour la protection des oiseaux (RPSB) observe que le déclin est particulièrement marqué chez ces migrateurs hivernant en Afrique. Dans un rapport publié mercredi 16 octobre, elle note une baisse moyenne de 70% des effectifs de ces migrateurs transsahariens depuis la fin des années 1980. Voire de 88% pour les tourterelles des bois, dont 2 à 4 millions sont chaque année tuées dans les pays d’Europe du Sud, après avoir traversé la Méditerranée.

Quant aux migrateurs hivernant en Europe, ceux évoqués par Bretagne vivante, la baisse est estimée à 20% par la RPSB, avec de fortes fluctuations interannuelles. Quel que soit le lieu d’hivernage, le réchauffement climatique n’est probablement pas le seul facteur en cause: selon Bretagne vivante, «la perte des milieux naturels, le changement de pratique culturale, les pesticides, la diminution des ressources marines, la chasse dans certains cas», sont aussi à blâmer.

Le mercure, menace mondiale

Autre danger qui guette les migrateurs, les métaux lourds. Parmi les oiseaux les plus menacés, ceux qui passent l’été dans le cercle arctique, zone de plus en plus imprégnée par le mercure. Ce poison d’origine industrielle y est transporté à partir des pays industrialisés par les courants marins, mais se trouve aussi libéré par la fonte de la banquise.

Dans une étude publiée par la revue Environmental Science and Technology, une équipe française montre ainsi que les mergules nains femelles (Alle alle) pondent des œufs plus petits lorsqu’elles sont plus imprégnées de mercure. Si un rôle direct du mercure reste hypothétique, d’autres travaux ont montré qu’il pouvait perturber le succès reproductif de la mouette tridactyle (Rissa tridactyla), par un effet perturbateur endocrinien.

Menée par Jérôme Fort, de l’équipe Littoral Environnement & Sociétés (CNRS-Universite? La Rochelle), et ses collègues, cette nouvelle étude révèle par ailleurs un phénomène jusqu’alors peu connu: la contamination de certaines espèces a lieu principalement dans leurs quartiers méridionaux d’hiver, et non en Arctique.

Pour montrer cela, les chercheurs ont tiré parti du fait que le mergule nain perd tout ou partie de ses plumes deux fois par an. La première mue, en septembre en Arctique (en l’occurrence à l’est du Groenland), affecte tout le corps, tandis que la seconde, en avril en Terre-Neuve (Canada), ne touche que les plumes de la tête.

Après avoir marqué 135 adultes, les chercheurs ont comparé les teneurs en mercure dans des plumes du ventre et de la tête, les premières reflétant l’absorption de mercure en Arctique, la seconde en Terre-Neuve.

Or les plumes de la tête sont deux fois plus chargées en mercure (3,17 µg/g de poids sec) que celles du ventre (1,53 µg/g). La différence est encore plus marquée dans le sang, dont le taux de mercure est 3 fois plus élevé lorsque l’animal se trouve en Terre-Neuve. Reste à savoir si cette plus forte absorption de mercure au sud est liée au lieu lui-même, ou à un changement de régime alimentaire.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 07:24

Planète terre, mode d’emploi

Le 16 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg

http://www.journaldelenvironnement.net/article/planete-terre-mode-d-emploi,50004

 

Reconquérir des terres agricoles et forestières dévastées.

Reconquérir des terres agricoles et forestières dévastées.
Bellona

Booster l’économie mondiale tout en luttant contre le changement climatique, c’est possible. Un groupe international de personnalités proposent quelques solutions audacieuses, bien loin du projet de loi sur la transition énergétique.

Voilà une étude qui tombe à pic. Une semaine avant l’ouverture du sommet de l’ONU sur le climat, 24 anciens chefs d’Etat, ministres, entrepreneurs, scientifiques et élus donnent leur vision du monde. Dans un rapport de 72 pages, dont la rédaction a été coordonnée par l’économiste Nicholas Stern, le prestigieux aréopage rappelle quelques fondamentaux. Sans action d’ampleur menée urgemment, le climat mondial devrait prendre un coup de chaud de 4°C d’ici la fin du siècle. Le gros des efforts est à mener dans les villes qui produisent 80% du PIB mondial et consomment 70% de l’énergie finale.

Au vu de la vitesse de dégradation des sols agricoles et de l’accroissement de la population, la sécurité alimentaire pourrait être compromise dans certaines régions. Une population plus importante, qui aura des besoins sans cesse croissants, annonce une forte hausse de la consommation d’énergie. Bref, sans une importante inflexion de notre développement, la route s’annonce chaotique.

Réduire les subventions aux énergies fossiles

A moins, bien sûr, que l’on fasse bouger quelques curseurs économiques, -ce que proposent les 24 signataires de l’étude. Leur première recommandation est de rétablir une certaine vérité des coûts. énergétiques, tout d’abord, en éliminant rapidement les subventions données à la consommation d’énergies fossiles. Selon des estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les états (France comprise) consacrent près de 600 milliards de dollars par an (463 milliards d’euros) à réduire artificiellement le prix des carburants et combustibles. A contrario, le montant des aides publiques aux énergies renouvelables, tellement décrié, ne dépasse pas les 100 Md$/an (77 Md€). Renchérir le prix de l’énergie ne suffira pas.

Les auteurs du rapport sur la nouvelle économie du climat militent aussi pour l’instauration d’un prix du carbone. Une élégante façon d’inciter les acteurs économiques à maîtriser leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de remplir les caisses des trésors publics, bien vides jusqu’à présent. Car, de l’argent, il en faudra, rappelle l’aréopage. «Pour favoriser l’émergence de la prochaine vague de technologies bas carbone efficaces, les investissements publics dans la recherche-développement du secteur énergétique devra tripler et atteindre 100 Md$/an vers 2025», estiment-ils.

Eliminer la déforestation

Partout, il faudra moderniser et étendre les infrastructures de transport collectif, les systèmes énergétiques et d’adduction d’eau. L’urbanisme devra être réformé pour que les cités du futur soient plus denses et plus compactes qu’elles ne le sont aujourd’hui, en particulier dans le Nouveau monde. Les auteurs proposent aussi de financer la protection des forêts de sorte que la déforestation (émettrice de GES) s’arrête vers 2030. Coût: 5 Md$/an. Ils recommandent aussi chaudement de partir à la reconquête de 150 millions d’hectares de terres dégradées. De quoi améliorer l’ordinaire alimentaire de plus de 200 millions de personnes.

Le montant du devis, on l’imagine, est considérable. De l’ordre de 90.000 Md$ (69.521 Md€) en l’espace de 15 ans. Aussi considérable soit-il, ce chiffre doit être relativisé. Il ne représente, somme toute, que 1% à 4% du PIB mondial des 15 prochaines années. Dans son précédent rapport sur l’économie du climat, Nicholas Stern estimait le prix de l’adaptation et de l’atténuation à environ 1% du PIB mondial. Dans les deux cas, le formidable coup de pouce donné aux investissements, tant scientifiques que productifs, dynamisera l’activité économique sans nuire aux grands équilibres écologiques.

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