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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 08:24

Hérault : nouvelle fronde contre le projet Oxylane à Saint-Clément-de-Rivière

ANALYSE GEORGES MATTIA

http://www.midilibre.fr/2015/07/18/nouvelle-fronde-contre-le-projet-oxylane,1192137.php

L'association Non au Béton et des riverains ont déposé un "recours pour excès de pouvoir" contre la commune de Saint-Clément-de-Rivière, auprès du tribunal administratif de Montpellier.

Pas de trêve estivale pour les détracteurs et les promoteurs du projet Oxylane, porté par la société Decathlon avec l'appui de la majorité municipalité. Après avoir reçu le feu vert de la commission nationale d'aménagement commercial (voir Midi Libre du 23 mai), le projet continue d'être contesté par les associations SOS Lez Environnement et Non au Béton. Le 10 juillet, au Club de la presse à Montpellier, les députés Jean-Louis Roumégas et Fanny Dombre-Coste, s'inquiétaient, aux côtés d'Alain Berthet, porte-parole de Non au Béton, de la disparition des terres agricoles dans le pays et dans la métropole. Hier, vendredi 17 juillet, cette association a déposé, de concert avec sept riverains, notamment du domaine des Fontanelles, un "recours pour excès de pouvoir" contre la commune de Saint-Clément-de-Rivière, auprès du tribunal administratif de Montpellier (lire ci-dessous).

Protéger un espace de "grande qualité paysagère"

Les requérants veulent l'annulation du permis d'aménager délivré le 20 janvier 2015 (n°PA34 247 14 M0001), ainsi que celle de la décision implicite du rejet, intervenu le 19 mai, du recours gracieux qu'ils avaient demandé. Ce lotissement multi-activités Oxylane, face au campus de Bissy, au long de la RD 986, est prévu sur 23,5 ha pour y créer des bâtiments d'activités commerciales et de services (10,5 ha d'emprises constructibles, 35 000 m2 de surface de plancher) et y aménager des espaces non constructibles.

Ces opposants rappellent que lors de la révision du plan d'occupation des sols, l'État, par sa direction départementale de l'équipement, avait présenté ainsi le secteur concerné : "Cet espace de grande qualité paysagère aux portes de la ville centre est caractéristique de ce qui fait le charme et la spécificité de l'agglomération..." Pour la DDE d'alors, ce secteur du Campus "apparaît comme à protéger de tout développement urbain et à reclasser non constructible, d'autant que des solutions alternatives existent sur le territoire communal". À l'appui d'une décision du Conseil d'État du 10 juin 2015, les voisins (les plus proches se trouvent entre 210 et 250 m du projet litigieux) s'alarment de nuisances diverses (bouchons, pollution de l'air, bruit, trafic prévu de 4 550 à 7 970 véhicules/jour le vendredi et le samedi...).

Le jugement se fera attendre au moins dix-huit mois

Les requérants parlent aussi de "violation" de l'article L.442-1-2 du code de l'urbanisme, au sens ou l'arrêté communal autorise la création d'un lotissement comportant 8 lots dont 3 "inconstructibles", qui devraient donc être exclus du périmètre du lotissement, ne pas servir au calcul de sa surface de plancher autorisée. Ils affirment que ni la commune ni le conseil général ne sont en mesure de financer les équipements routiers pour ce projet. Par ailleurs, ils déplorent "l'insuffisance de l'étude d'impact" et "l'absence de concertation".

L'arrêté serait aussi, selon les requérants, entaché d'irrégularité à propos d'un parking de 125 places dédié à un seul lot, au lieu d'être un équipement commun. Enfin, le tribunal devra dire si la réalisation de certaines constructions "à usage de logement", respecte ou pas les dispositions du Pos. Bref, une nouvelle bataille commence, qui pourrait durer, selon Alain Berthet, "jusqu'à dix-huit mois avant le verdict". Du grand sport juridique, avec la société Décathlon dans l'expectative.

Le maire affirme vouloir un "aménagement raisonné"

Quand Midi Libre a appris hier, au maire Rodolphe Cayzac, qu’un recours venait d’être déposé auprès du tribunal par l’association Non au Béton et des riverains du projet Oxylane, l’élu a cueilli la nouvelle sans broncher, comme une demi-surprise : "Je compte bien défendre mon arrêté de permis d’aménager, sa validité. Avec Decathlon, nous restons bien sûr favorables à ce bon projet, qu’a approuvé la commission nationale d’aménagement commercial, pour palier le manque d’un tel équipement au nord de Montpellier. "

Le maire n’hésite pas à ranger dans son camp le philosophe Henri Berson, auteur en 1921 de L’évolution créatrice, pour qui "prévoir consiste à projeter dans l’avenir ce qu’on a perçu du passé". L’élu commente : "En matière d’aménagement urbain, l’action politique à court terme ne mène jamais bien loin. Les champs de tournesols en fleur des terres agricoles à l’entrée du village, aussi majestueux soient-ils, ne contiendront pas longtemps l’avancée des aménageurs du béton désireux de satisfaire des intérêts bien éloignés de ceux des Clémentois. "
Pour lui, "le projet Oxylane est un obstacle à l’entreprise de bétonnage du nord de Montpellier ! Nos équipes municipales ont toujours privilégié un aménagement raisonné. "

G. M.

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 07:00

La coexistence est-elle vraiment possible ?

Mardi 28 (après-midi) et mercredi 29 juillet 2015 A Marciac, dans le cadre du festival international Jazz In Marciac

LES 21èmes CONTROVERSES EUROPEENNES DE MARCIAC

Tout le monde s'accorde à défendre la nécessaire diversité des modèles de production agricole, de commercialisation et de consommation. Ainsi, dans les discours, la coexistence sonne comme une incantation. Mais d'abord en quoi serait-elle forcément souhaitable ? Ensuite qu'en est-il dans les faits ? Car ici et là, autour de l'implantation de telle "ferme-usine", telle retenue collinaire ou tel essai OGM, les conflits se multiplient. Alors, les parties prenantes acceptent-elles l'existence de l'autre ? Les scénarios alternatifs sont-ils menacés par des modèles économiques hégémoniques ou viennent-ils au contraire les infléchir ? Que soutiennent exactement les politiques publiques ? Et à quelles conditions peut-on assurer la cohabitation de divers types d'organisations sociales et économiques sur un même territoire, en France, en Europe et ailleurs ?

Pour leur 21ème édition, les Controverses européennes de Marciac ont fait le choix d'instruire cette question de la coexistence au travers de quatre disputes :

Les fermes-usines étranglent-elles l'élevage traditionnel ? Le bio, le conventionnel et l’OGM : la coexistence impossible ?
Nouveaux résidents et agriculteurs : la grande brouille ? Le modèle paysan survivra-t-il à l’agribusines
s ?

Avec, à chaque fois, des échanges médiatés par un modérateur, des réactions d'experts, de longs temps de débat...

Avec notamment : Francis CHATEAURAYNAUD, directeur d'études à l'EHESS ; Philippe CHOTTEAU, Institut de l'élevage ; Guy CLUA, vice-président de l'association des maires ruraux de France ; Patrick DENOUX, professeur de psychologie interculturelle (Univ.Toulouse Jean Jaurès) ; Patrick FERRERE, directeur du think tank SAF agr'iDées ; Guy KASTLER, représentant de la Confédération Paysanne au Comité économique, éthique et social (CEES) du HCB (Haut conseil des biotechnologies) ; Tanguy MARTIN, Ingénieurs Sans Frontières ; Christian PEES, Président du Groupe Euralis ; Laurent PINATEL, éleveur, porte-parole de la confédération paysanne ; Jean-Yves PINEAU, directeur du Collectif Ville Campagne ; Jean-Louis RASTOIN, directeur de la Chaire Unesco en Alimentations du Monde (Montpellier SupAgro) ...

Organisées par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de communes Bastides et Vallons du Gers, avec le soutien de la Région Midi-Pyrénées, du Conseil départemental du Gers, de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et de la Fédération Nationale des Cuma.

Programme complet et bulletin d'inscription ici

Ce programme est publié en page d'accueil du site Lien en Pays d'OC
Recherche d'une nouvelle approche de la qualité alimentaire par une plateforme de l'information et de mise en relation.

Qu'est-ce que l'économie réelle ? Cette question est souvent posée et pour y répondre il est bon que nous nous donnions ensemble un intérêt sociétal prioritaire .

Voulons-nous co-construire une défense face à notre empoisonnement collectif ?

Pesticides : "il faut abolir leur utilisation en France"

Le docteur Charles Sultan est endocrinologue et professeur au CHU de Montpellier.
Dérèglements hormonaux, obésité, asthme... il nous explique en quoi les pesticides impactent la santé et le développement des jeunes enfants. Voir la vidéo

Ce n'est pourtant pas la tendance en France: de plus en plus de pesticides pour tout le monde

L'hexagone reporte ses engagenents de réduction de consommation de pesticides pris pour 2018, à 2025. Alors qu'en 2009, le plan Ecophyto ambitionnait de réduire de moitié l'usage de pesticides en France, le résultat inverse s'est produit : l'usage des pesticides a augmenté de plus de 9% entre 2009 et 2013.
lire la suite

L'agriculture paysanne ( sans pesticides et OGMs ) est triplement économique: elle abaisse le coût de production, elle contribue à la prévention santé par l'alimentation et à faire face au réchauffement climatique.

Le système alimentaire industriel mondial contribue pour près de 50% aux émissions de gaz à effet de serres. Pour la Confédération paysanne seule la démarche d'agriculture paysanne peut "refroidir" la planète. Voir la vidéo

Saint-Brieuc. Xavier Beulin chahuté par les éleveurs voir la vidéo

Une agriculture durable liée à une vision globale de l'alimentation est la solution d'avenir . Des agricultures et maraîchages à échelles humaines , des circuits courts coopératifs et une économie de biens communs face à la Dette, une conséquence arbitraire à des fins d’accaparement des biens communs ! Lettre ouverte à l’attention de la commission de l’Assemblée Nationale relative à la dette souveraine des États. Voir la suite

Suite des informations sur le site http://www.lienenpaysdoc.com/

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 08:57

Pas de brevets sur les plantes et les animaux!

En multipliant les demandes de brevet sur les plantes et les animaux, les multinationales agroalimentaires comme Syngenta ou Monsanto tentent de faire prévaloir leurs intérêts économiques partout dans le monde. La Déclaration de Berne, Swissaid et ProSpecieRara s’engagent au sein de la coalition d’ONG «Pas de brevets sur les semences» pour empêcher le brevetage du vivant. Signez la pétition!

L'augmentation des brevets sur des semences et des plantes conventionnelles ainsi que sur des races d’animaux d’élevage représente une dépossession considérable des paysannes et des cultivateurs. Les agriculteurs n'ont plus le droit de conserver ni d'échanger les semences provenant de leur propre récolte, et les cultivatrices ne peuvent continuer à travailler avec les semences brevetées que de manière très limitée.

Depuis plusieurs années, l’Office européen des brevets (OEB) ne cesse d'étendre le champ de la brevetabilité et d’attaquer les interdictions existantes de brevets sur les espèces végétales et les processus biologiques. Notre sécurité alimentaire passe progressivement aux mains de quelques multinationales de l’industrie biotechnologique et chimique.

Face à cette tendance extrêmement préoccupante, la coalition internationale «Pas de brevets sur les semences» a lancé en mai 2015 une nouvelle pétition. Aidez-nous à faire pression sur le Conseil d’administration de l’Organisation européenne des brevets pour renforcer les interdictions existantes dans le droit européen des brevets!

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 03:33

L’INRA aurait relâché par inadvertance plusieurs méduses-moutons dans les Alpes

http://www.legorafi.fr/2015/06/23/linra-aurait-relache-par-inadvertance-plusieurs-meduses-moutons-dans-les-alpes/

Alors qu’on apprend qu’un mouton-méduse, un agneau génétiquement modifié avec des gènes de méduses avait été envoyé à l’abattoir, une nouvelle affaire met l’INRA dans l’embarras. Cette fois, il s’agirait de spécimens différents, de méduses-moutons, c’est-à-dire des méduses avec des gènes de moutons qui auraient été relâchées dans les Alpes à l’approche de l’été. « À la base c’est Francis qui voulait voir si les méduses pouvaient avoir de la laine de mouton. Moi j’ai dit, Francis, c’est stupide mais il l’a fait quand même » a commenté Robert, responsable du laboratoire incriminé. De son côté Francis affirme que sur le papier « c’était une bonne idée » mais qui a tourné court car une fois dans l’eau, la laine avait tendance à gonfler et faisait couler les méduses. Mais sur la terre ferme, les animaux se sont rapidement bien adaptés. Lâchés dans les montagnes au printemps, les animaux ont proliféré et ont échappé à tout contrôle. Au point qu’on pense qu’ils sont à l’origine de plusieurs attaques sur des loups et des randonneurs. De son côté, Francis estime au final que ça reste « pas mal comme idée » tandis que les écologistes appellent déjà à protéger cette nouvelle espèce animale.

La Rédaction

?

Qui a mangé l’agnelle OGM de l’INRA ?

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Mardi 23 juin, dans un communiqué de presse, l’Inra annonce qu’ « une agnelle née d’une brebis génétiquement modifiée dans le cadre d’un programme de recherche médicale a été vendue à un particulier francilien en octobre 2014. Bien que cet ovin ne présente aucun risque pour l’Homme ou l’environnement, l’Institut vient d’informer le parquet de Meaux de cette infraction au code de l’environnement ». C’est au centre de Jouy-en-Josas, dans les Yvelines, que cette brebis avait été génétiquement modifiée pour qu’elle exprime la protéine de la fluorescence verte (GFP). La GFP est issue de la méduse (Aequorea victoria), et, selon l’Inra, « cette protéine ne présente aucune toxicité [et d’ailleurs] l’agnelle commercialisée n’exprimait pas cette protéine » [1]. La GFP est utilisée depuis presque 20 ans dans le cadre de programmes de recherche. Il s’agit d’un biomarqueur qui permet de suivre la réalité d’une modification génétique.

A l’Inra de Jouy-en-Josas, cela fait plusieurs décennies que les chercheurs utilisent la GFP comme marqueur dans le cadre de programmes de recherche. C’est ainsi que Louis-Marie Houdebine avait mis au point un lapin fluorescent qu’un artiste, Eduardo Kac, avait médiatisé [2].

D’après un rapport daté d’avril 2015, il existerait « des tensions et dysfonctionnements au sein de la structure où était gardée l’agnelle, ainsi que des comportements individuels incompatibles avec les missions relevant du service public de la recherche ». En effet, toujours selon l’Inra, un employé aurait dissimulé cette infraction à sa hiérarchie. Dès que l’Inra a eu connaissance de cet incident, « des mesures ont été rapidement prises (suspension de toutes les ventes de bétail, suspension conservatoire de l’agent ayant dissimulé la mise sur le marché, arrêt des expérimentations et destruction de tous les matériels génétiquement modifiés sur le site de l’Unité concernée) ». Le rapport a été transmis à la justice et est confidentiel. Cependant, Jean-François Launay nous précise que les manquements qui ont été mis en exergue par la Commission d’enquête « n’étaient pas de nature à provoquer du risque ». L’incident semble donc plus que vraisemblablement lié à un conflit inter-personnel et à un concours de circonstance particulier. Ainsi, le jour où l’agnelle est partie à l’abattoir, un seul agent était présent (son collègue était en "récup") et l’agent animalier soupçonné ne pouvait pas ne pas avoir remarqué la présence de Rubis dans le lot : il ne s’agit pas de la même race, elle n’a pas la même laine, elle est plus petite... Il s’agit d’une situation tout à fait inédite », nous précise-t-il. Jusqu’à présent, l’agent animalier a toujours nié, mais tout pousse à croire qu’il s’agit d’une « malveillance ».

Des cochons transgéniques ont déjà été mangés sans autorisation

S’agit-il d’un cas isolé ? S’agit-il d’un acte malveillant ? Ou ces « dysfonctionnements » - pour reprendre les termes de la communication de l’Inra - surviennent-ils de temps en temps mais sont rarement rendus publics ? Une chose est sûre : aucune mesure ne pourra jamais empêcher de tels incidents. Peu importe au final qu’il s’agisse d’un acte délibéré ou non, l’homme n’est pas infaillible. La banalisation et la multiplication de telles expériences peuvent faire craindre une augmentation de ces « erreurs ». Selon le "Registre des contaminations", un site internet mis en place par deux ONG environnementalistes, Greenpeace et Genewatch, neuf cas de contaminations par des animaux ont été recensés. Cela concernait un poisson transgénique retrouvé en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni [3], en Nouvelle-Zélande, au Japon en 2006 et 2007. Ce poisson, nommé Coral Pink Danio, ressemble aux poissons Glofish [4], de la famille des Zebra Danios, modifiés génétiquement pour être fluorescents, inventés par l’Université de Singapour et vendus aux États-Unis par Yorktown Technologies.
Les autres cas concernent des cochons transgéniques. Ainsi, au Canada, en 2002 onze cochonnets « enviropig » de l’Université de Guelph, morts à la naissance ou peu de temps après, ont été transformés en aliment pour bétail, contaminant ainsi 675 tonnes d’aliments. En 2004, ce sont trois cochons modifiés par l’entreprise québécoise TGN Biotech qui se retrouvent accidentellement dans de l’aliment pour poulets... Aux États-Unis, en 2001, le cochon transgénique s’était retrouvé transformé et vendu sous forme de saucisses [5], et en 2003, ce sont 386 cochons issus de cochons transgéniques qui se sont retrouvés dans la chaîne alimentaire alors qu’ils auraient dû être incinérés.

Ces incidents restent donc encore peu répandus, du fait d’un faible nombre d’animaux transgéniques autorisés commercialement. Au niveau international, seuls deux poissons GM fluos destinés aux aquariums et un moustique GM peuvent être légalement commercialisés, en dehors des programmes de recherche. Le premier usage des animaux transgéniques reste donc la production de connaissance, ou la production de molécules thérapeutiques ou industrielles. D’après le Daily Mail, en 2007, 3,2 millions d’expériences ont eu lieu sur des animaux transgéniques, une augmentation de 6% par rapport à 2006. Ces projets sont menés en milieu confiné. Mais cochons, vaches, chèvres, poulets... et également des millions de rats de labo : il aurait été bien surprenant que ces animaux ne se retrouvent pas un jour ou l’autre dans la nature.

Crédit photo CC : Tim Parkinson - Sheep @ Latitude Festival, Suffolk

[1] Jean-François Launay, de l’Inra, nous explique en effet que cette agnelle était porteuse de la modification génétique - détectée par PCR sanguine - mais qu’elle ne codait pas pour la protéine. Le test de la lumière noire était négatif.

[2] Inf'OGM, « Art et biotechnologie : faut-il limiter la création artistique ? », Christophe NOISETTE, Pauline VERRIERE, 20 août 2014

[3] Inf'OGM, « ROYAUME-UNI - Un poisson sans papier », Eric MEUNIER, 17 mai 2007

[4] Inf'OGM, « Commercialisation d’un poisson transgénique », Eric MEUNIER, 2 février 2004

[5] Inf'OGM, « ETATS-UNIS - Des cochons transgéniques égarés », Christophe NOISETTE, février 2003

http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/L-Inra-signale-a-la-justice-avoir-introduit-sur-le-marche-un-animal-issu-d-un-programme-de-recherche

L’Inra signale à la justice avoir introduit sur le marché un animal issu d’un programme de recherche

Une agnelle née d’une brebis génétiquement modifiée dans le cadre d’un programme de recherche médicale a été vendue à un particulier francilien en octobre 2014. Bien que cet ovin ne présente aucun risque pour l’Homme ou l’environnement, l’Institut vient d’informer le parquet de Meaux de cette infraction au code de l’environnement. Les faits avaient en effet été dissimulés par un agent de l’Institut.

Mis à jour le 23/06/2015

Publié le 23/06/2015

Mots-clés : GFP - OVIN

Née dans le cadre d’un programme de recherche en cardiologie humaine (voir encadré) mené par un laboratoire et une structure expérimentale du centre INRA de Jouy-en-Josas (Yvelines), une agnelle issue d’une mère génétiquement modifiée a été transférée le 5 août 2014 vers un abattoir partenaire (1) avant que sa carcasse ne soit vendue à un particulier le 28 octobre 2014.

Un programme de recherche en cardiologie humaine

Le programme de recherche dont est issue l’agnelle commercialisée visait à comprendre, chez l’ovin, animal « modèle » pour l’Homme, la greffe de cellules pour restaurer une fonction cardiaque défaillante suite à un infarctus du myocarde. Pour évaluer la viabilité de telles greffes (localisation et évolution des cellules utilisées), il était nécessaire de disposer d’animaux exprimant une protéine baptisée « GFP » (Green fluorescent protein) destinée à rendre leurs cellules fluorescentes. Issue d’une méduse (Aequorea victoria), cette protéine ne présente aucune toxicité. Elle est couramment utilisée dans des protocoles de recherches, en cancérologie ou dans le domaine des maladies orphelines. La découverte et les applications de la GFP ont été couronnées en 2008 par un Prix Nobel.

L’agnelle commercialisée n’exprimait pas cette protéine.

Cette infraction à l’article L 536-4 du Code de l’environnement (2) a été dissimulée à la hiérarchie du centre de recherche à l’initiative d’un agent jusqu’au 5 novembre 2014. Après information des ministères compétents (3), l’incident a fait l’objet d’une enquête administrative interne dès le mois de décembre et des mesures ont été rapidement prises (suspension de toutes les ventes de bétails, suspension conservatoire de l’agent ayant dissimulé la mise sur le marché, arrêt des expérimentations et destruction de tous les matériels génétiquement modifiés sur le site de l’Unité concernée). Le rapport rendu en avril 2015 pointe des tensions et dysfonctionnements au sein de la structure où était gardée l’agnelle, ainsi que des comportement individuels incompatibles avec les missions relevant du service public de la recherche.

Sans préjudice des procédures disciplinaires en cours, l’INRA a pris ses responsabilités (4) face à la gravité des actes individuels précités, et signalé les faits au Procureur de la République de Meaux le 15 juin 2015, en lui communiquant l’ensemble des informations et documents en sa possession.

Cette agnelle appartenait, au titre de la réglementation en vigueur, aux organismes génétiquement modifiés du groupe I, « dont le risque pour la santé humaine et pour l'environnement est nul ou négligeable (5) ». L’unité de recherche qui pilotait ce projet scientifique bénéficiait d’un agrément.

Face à cet incident inédit, l’Institut, par l’ensemble des démarches et procédures engagées, agit en toute transparence, conformément aux valeurs qu’il défend depuis près de 70 ans.

(1) Certains projets de recherche nécessitent la mise en place de protocoles expérimentaux sur des modèles animaux, dans le respect des réglementations européenne et nationale encadrant l’expérimentation animale et son bien-être. Pour disposer de ces animaux, quelques unités de l’INRA, dont l'UCEA de Jouy-en-Josas, conduisent des élevages. Les animaux sélectionnés pour les recherches sont alors isolés et les animaux « surnuméraires » sont commercialisés dans le cadre réglementaire applicable aux élevages.

(2) L’article L 536-4 du Code de l’environnement interdit, « de mettre sur le marché un produit consistant en organismes génétiquement modifiés ou contenant de tels organismes ».

(3) Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes.

(4) L'article 40 du code de procédure pénale dispose que "Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs."

(5) Utilisation confinée des organismes génétiquement modifiés : Code de l'Environnement

Note de l'administration du blog voici le restant d'une revue de presse sur l'entrée d'un agneau OGM dans la chaîne alimentaire,et sur ce que demande ,(à propos des animaux clonés!), la Commission agriculture au Parlement européen:,

  • Commission agriculture au Parlement européen - L'interdiction du clonage des animaux mais aussi de la nourriture et des aliments provenant d'animaux clonés et leurs importations, demandée par les députés

Agriculture / Santé publique - 17-06-2015 - 17:21

Commissions : Agriculture et développement rural / Environnement, santé publique et sécurité alimentaire

Un projet législatif visant à interdire le clonage des animaux de ferme, leurs descendants et les produits dérivés, y compris les importations, dans l'Union européenne a été voté par les commissions de l'environnement et de l'agriculture mercredi. Les députés ont renforcé la proposition initiale de la Commission européenne, arguant des taux de mortalité élevés à tous les stades de développement du clonage et les préoccupations des citoyens de l'UE en matière d'éthique et de bien-être animal.

"En raison des effets négatifs sur le bien-être des animaux, le clonage à des fins agricoles est rejeté par une grande majorité des consommateurs. De plus, nous n'avons pas besoin du clonage pour assurer l'approvisionnement en viande de l'UE. Interdire le clonage est donc une question de valeurs et de principes européens. Par conséquent, l'interdiction ne devrait pas se limiter aux clones eux-mêmes mais aussi à leur matériel de reproduction (semence et embryons), leurs descendants et les produits dérivés, y compris les importations. C'est nécessaire si nous ne voulons pas faire la promotion du clonage dans les pays tiers", affirme le co-rapporteur de la commission de l'environnement Renate Sommer (PPE, DE).

"Il y a deux points clés sur lesquels nous nous sommes concentrés d'emblée: protéger la santé des citoyens et des consommateurs de l'UE et étendre l'interdiction pour couvrir les descendants d'animaux clonés", a déclaré le co-rapporteur Giulia Moi (EFDD, IT). "L'interdiction de placer des animaux clonés ou leur progéniture sur le marché de l'UE est une ligne rouge pour nous. Nous sommes bien conscients que le clonage est autorisé dans certains pays tiers avec lesquels l'UE commerce, mais nous ne pouvons pas permettre la mise sur le marché de l'UE de ces produits. Nous voulons aussi nous assurer que le clonage des animaux ne deviendra pas une pratique courante au sein de l'UE", a-t-elle ajouté.

Le texte des commissions, approuvé par 82 voix à 8 avec 8 abstentions, transforme l'acte juridique d'une directive, que les pays de l'UE auraient dû transposer dans leur législation nationale, en un règlement, qui serait directement applicable dans chacun d'eux. Les députés ont également étendu la portée de l'interdiction pour couvrir toutes les espèces d'animaux gardés et reproduits à des fins agricoles (au lieu des seules espèces bovine, ovine, caprine et équine, comme proposé par la Commission).

Descendants et produits germinaux

Les députés constatent que, bien que les préoccupations en matière de bien-être animal pourraient ne pas être évidentes dans le cas de descendants d'animaux clonés, puisqu'ils sont nés par des moyens de reproduction sexuelle classiques, pour qu'il y ait un descendant, un géniteur animal cloné est cependant nécessaire, ce qui implique des préoccupations significatives en matière d'éthique et de bien-être animal. Les députés ont donc étendu l'interdiction afin d'englober les produits germinaux et les descendants de clones d'animaux ainsi que leurs produits dérivés.

Importations

Étant donné que les animaux sont déjà clonés à des fins agricoles dans certains pays tiers, la loi rendrait illégale l'importation d'animaux en provenance de pays tiers à moins que le certificat d'importation prouve qu'ils ne sont pas des clones animaux ou un de leurs descendants. Les importations de produits germinaux d'origine animale, la nourriture et les aliments d'origine animale devraient également être certifiés comme ne provenant pas d'animaux clonés ou de leurs descendants.

Taux élevés de mortalité à tous les stades de développement

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a déclaré dans un avis en 2008 que la santé et le bien-être d'une forte proportion de clones s'étaient trouvés affectés, souvent gravement et avec une issue fatale. Ces effets contribuent au faible taux de réussite du clonage, de 6 à 15% pour les bovins et 6% pour les porcins, et rendent nécessaire l'implant de clones d'embryon dans plusieurs porteurs afin d'obtenir un animal cloné. En outre, les anomalies de clones et une progéniture exceptionnellement grande aboutissent à des naissances difficiles et des décès néonataux.

Les citoyens désapprouvent le clonage

Les députés citent des résultats d'études réalisées auprès de consommateurs selon lesquels les citoyens de l'UE s'opposent fermement à la consommation de denrées alimentaires provenant d'animaux clonés ou de leurs descendants, et la majorité désapprouve également l'utilisation du clonage à des fins agricoles, pour des raisons éthiques ou concernant le bien-être animal.

Prochaines étapes

Le rapport sera soumis à un vote par le Parlement dans son ensemble lors de la session plénière à Strasbourg les 7-10 septembre.

REF.: 20150617IPR67269

Prochaines étapes

Le rapport sera soumis à un vote par le Parlement dans son ensemble lors de la session plénière à Strasbourg les 7-10 septembre.

REF.: 20150617IPR67269

Pour en savoir plus :

En savoir plus

  • EuroparlTV - How it works
  • Newsroom: Cloning for food
  • Press conference by AGRI rapporteurs

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2f%2fEP%2f%2fTEXT%2bIM-PRESS%2b20150617IPR67269%2b0%2bDOC%2bXML%2bV0%2f%2fFR&language=FR

  • Communiqué de presse des Verts au Parlement européen – Les Verts réclament une interdiction des produits animaux issus d'animaux clonés

Infographie disponible en français :

http://www.greens-efa.eu/fileadmin/dam/Images/Food_site/Graphic-def-FR.jpg

(Extrait de la veille juridique OGM, d'Inf'OGM, merci à Pauline)

L'INRA veut rassurer après les révélations sur l'entrée d'un agneau OGM dans la chaîne alimentaire
http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2015/06/23/l-inra-veut-rassurer-apres-les-revelations-sur-l-entree-d-un-agneau-ogm-dans-la-chaine-alimentaire-754485.html

Un "agneau-méduse" s'est retrouvé dans l'assiette d'un consommateur
http://www.bfmtv.com/planete/un-agneau-meduse-s-est-retrouve-dans-la-chaine-alimentaire-apres-des-dysfonctionnements-a-l-inra-896652.html

OGM : ouverture d'une enquête sur "l'agneau-méduse" http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/06/25/ces-elus-de-gauche-en-rupture-de-parti_4661693_823448.html

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 08:04

Les poissons profonds pêchés par Intermarché entrent au panthéon des espèces menacées

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) vient de publier la première évaluation exhaustive de l’état de santé des poissons des mers européennes[1] et conclut que deux des trois espèces ciblées en eaux profondes, principalement par la flotte de pêche d’Intermarché, sont menacées d’extinction ! Le grenadier de roche (Coryphaenoides rupestris) s’avère ainsi être « en danger d’extinction » au niveau régional selon les critères[2] de la Liste Rouge des espèces menacées tenue par l’UICN, et la lingue bleue (Molva dypterygia) est évaluée comme étant « vulnérable ».

Le grenadier de roche et la lingue bleue rejoignent ainsi officiellement le panthéon des espèces les plus menacées de la planète, au même titre que le panda géant ou le léopard des neiges. Certains poissons capturés en eaux profondes par les filets non sélectifs des chalutiers, comme les requins profonds, sont également menacés d’extinction, notamment le requin chagrin Centrophorus granulosus considéré en danger critique d’extinction.

L’évaluation de l’UICN porte un coup de grâce aux pêcheries profondes, déjà condamnées par les chercheurs comme étant les pêches les plus destructrices de l’Histoire en raison de leur impact sur les organismes millénaires des grandes profondeurs. « Les enseignes de la grande distribution comme Leclerc, Auchan, Système U et Intermarché n’ont plus d’autre choix éthique que de cesser immédiatement et définitivement toute commercialisation de poissons profonds, à moins qu’elles soient à l’aise avec l’idée de vendre à leurs clients des espèces aussi menacées que le panda géant » commente Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM. « Intermarché ne pourra pas ignorer cette évaluation qui signe l’arrêt de mort des pêcheries profondes » enchérit Charlène Jouanneau de BLOOM. « Si le label Marine Stewardship Council (MSC), qu’Intermarché a sollicité pour certifier comme « durables » leurs pêches profondes, ne cesse pas immédiatement l’évaluation entamée en début d’année 2015, c’est qu’il ne mérite pas la confiance des citoyens. »

A la lumière de ces nouveaux éléments, BLOOM encourage la ministre de l’écologie Ségolène Royal à revoir d’urgence la position du gouvernement français sur le règlement « pêche profonde », actuellement débattu au sein du Conseil de l’Union européenne, et à soutenir sans équivoque l’interdiction d’une méthode de pêche -le chalutage profond- qui, en moins de trois décennies, a détruit un patrimoine naturel millénaire et mené les principales espèces capturées à l’extinction. « Il en va de la crédibilité de la France sur la scène internationale » conclut Claire Nouvian.

***

Note : Cette évaluation de l’UICN conforte les conclusions d’un séminaire scientifique organisé par BLOOM en 2011 précisant que les pêches profondes au chalut ne seraient jamais durables en Atlantique Nord-Est étant donné l’effort de pêche trop important déployé dès le début de ces pêcheries ciblant des espèces peu résilientes dans des écosystèmes notoirement fragiles.[3]

Catégories de la liste rouge UICN. Les espèces capturées en eaux profondes par les chalutiers de la flotte d’Intermarché (la Scapêche) sont indiquées sur la droite.

[1] A. Nieto et al. (2015) European red list of marine fishes. Global Species Programme and IUCN European Regional Office, publié par la Commission européenne, Bruxelles (Belgique). iv + 81 p. Disponible à : http://cmsdata.iucn.org/downloads/iucn_european_red_list_of_marine_fishes_web_1.pdf.

[2] UICN (2012) Catégories et critères de la liste rouge UICN : version 3.1. Deuxième édition. Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), Gland (Suisse). vi + 32 p. Disponible à : http://www.uicn.fr/IMG/pdf/UICN_2012_Categories_et_criteres_Liste_rouge.pdf.

[3] L. Watling et al. (2011) Can ecosystem-based deep-sea fishing be sustained. The University of Maine, School of Marine Sciences, Orono, ME (USA). 84 p. Disponible à : http://digitalcommons.library.umaine.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1144&context=sms_facpub.

-Petit Navire innove…dans le greenwashing !
http://oceans.greenpeace.fr/petit-navire-innovedans-le-greenwashing

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 07:53
Le projet « Laboratoires Hors Murs pour l’agro-biodiversité » : finalisation et perspectives


C’est en 2013 que la FSC a entamé sa collaboration avec l’association BEDE (Biodiversité, Echanges et Diffusions d’Expériences) et les Unités mixtes de Recherche (UMR) Innovation et le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE) dans la coordination du projet Laboratoires Hors Murs (LHM) pour l’agro-biodiversité. Après avoir accompagné l’émergence des Laboratoires Hors Murs en Algérie, au Bénin et en France, le projet a entamé sa dernière phase de la meilleure des manières avec la tenue d’un séminaire de travail en avril 2015.

Rappel de l’objet du projet

L’objectif du projet était d’accompagner la rencontre sur un même territoire entre des agriculteurs et représentants d’organisations paysannes locales d’une part, et des chercheurs universitaires nationaux d’autre part. La démarche entreprise était de pouvoir faire collaborer les expertises de ces deux univers, qui trop souvent s’ignorent, afin d’aboutir à la co-production de savoirs répondant aux besoins rencontrés dans leurs pratiques par les agriculteurs investis dans le développement d’une agriculture respectueuse de la biodiversité (agro-biodiversité). Cinq Laboratoires Hors Murs ont pu voir le jour dans le cadre du projet, répartis sur 3 pays : l’Algérie, le Bénin et la France.

Une présentation du projet est disponible à la page suivante :

http://sciencescitoyennes.org/labo-hors-murs/

Sur ces différents territoires, les échanges entre les agriculteurs et les chercheurs ont été appuyés par l’intervention de stagiaires en Master qui participaient, sous la direction des chercheurs impliqués, à la réalisation des travaux de recherche. Chacun des LHM a été consolidé lors d’un atelier organisé dans le cadre du projet permettant un temps d’échange et de partage privilégié entre les agriculteurs, les chercheurs et les coordinateurs du projet.

Chacune des expériences de LHM a donné lieu à la production d’une fiche synthèse illustrée que vous pouvez retrouver sur le site internet de la FSC.

Pour plus de précision sur le processus d’avancement du projet, vous pouvez accéder à la page suivante :

http://sciencescitoyennes.org/un-bilan-a-mi-chemin-du-projet-labo-hors-murs/

Un moment fort : le séminaire de travail

Une dernière étape dans la réalisation du projet LHM a été franchie à travers l’organisation d’un séminaire de travail qui s’est tenu du 27 au 30 avril 2015 à Lunas (34). Il a été l’occasion de faire se rencontrer l’ensemble des acteurs qui se sont investis dans le développement des LHM sur l’ensemble des territoires et dans la coordination du projet. Pendant deux jours et demi, cet évènement a rassemblé plus de 30 personnes venant d’Algérie, du Bénin, d’Italie et de France : agriculteurs, représentants d’organisations paysannes, chercheurs, représentants d’associations.

Il a fallu structurer l’organisation de ce séminaire par des temps d’échanges spécifiques en séances plénières ou ateliers, ce qui a créé quelques frustrations tant était grande la volonté de partager les expériences collaboratives entre agriculteurs et chercheurs vécues sur les différents territoires. Ces deux jours et demi n’ont pas suffi à épuiser l’ensemble des sujets à aborder lorsque l’on s’investit dans une recherche participative, qui constitue une véritable rencontre entre deux mondes éloignés, celui des chercheurs et celui des agriculteurs, dans une démarche respectueuse de toutes les expertises, reconnaissant leur nécessaire croisement pour faire face à la complexité des problèmes rencontrés. Les bienfaits de cette rencontre entre chercheurs et agriculteurs, autant que les difficultés à la faire vivre et à la faire accepter par les acteurs extérieurs (institutionnels, universitaires…) ont trouvé toute leur place lors du séminaire. Les échanges autour du croisement des différentes expériences de LHM ont ainsi permis de capitaliser les réflexions de l’ensemble des acteurs sur leurs propres pratiques et d’offrir un éclairage sur les pratiques des autres.

Outre les nombreux apprentissages qui peuvent dès à présent être tirés de cette rencontre, la formidable convivialité qui a été le support des échanges de travail mais également des échanges informels a véritablement marqué le déroulement de ces journées. Une certitude unanime se dégage de cette rencontre : la volonté de poursuivre cette découverte mutuelle des chercheurs et des agriculteurs fondée sur le respect des savoirs de chacun.

Le séminaire s’est clôturé pour laisser place à l’organisation, le jeudi après-midi à Montpellier, d’un forum ouvert au public. Il s’est composé de deux table-rondes dont la première était animée par 3 participants aux LHM (agriculteur, association de producteurs et chercheur). Elle a permis de présenter au public les résultats du projet et d’échanger avec lui sur les modalités de mise en œuvre des LHM, les éléments de la rencontre entre agriculteurs et chercheurs et les difficultés rencontrées dans ces démarches de co-production des savoirs. La deuxième table-ronde a abordé plus spécifiquement la dimension politique de cette co-production des savoirs car elle portait sur la démocratisation de la recherche agricole. Également animée par un trio agriculteur/chercheur/association, elle a mis en évidence la nécessité de renforcer l’implication des agriculteurs et des citoyens dans la recherche agricole.

Une présentation du programme du Forum des Laboratoires Hors Murs pour l’agro-biodiversité est disponible à la page suivante : http://sciencescitoyennes.org/forum-laboratoires-hors-murs-pour-lagro-biodiversite/

Perspectives envisagées

Lors du séminaire de travail s’est exprimée une volonté forte et partagée de chercher à pérenniser cette démarche en renforçant les collaborations déjà expérimentées lors du projet actuel. L’accent pourrait notamment être mis sur le renforcement des capacités des paysans pour une plus grande implication de leur part dans la recherche. Il a également été envisagé d’élargir le nombre de partenaires au sein des LHM afin de mieux diffuser l’initiative et promouvoir dans ce cadre l’agro-biodiversité.

Avec la participation au séminaire de travail de partenaires non impliqués dans les LHM initiaux, la création de nouveaux LHM potentiels a été évoquée. Des échanges ont donc été engagés dans l’objectif d’aboutir au développement d’autres LHM sur de nouveaux territoires tels que le Lodévois, les Hautes-Alpes en France et le Mali, le Burkina Faso en Afrique de l’Ouest.

Pour plus d’informations : cyril.fiorini(at)sciencescitoyennes.org

Publié dans : Nos activités, Recherche participative | Mots-clefs : Agriculture, Agro-biodiversité, Co-construction des savoirs, Laboratoires Hors Murs, Recherche participative

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 06:00

Note de l'administration du blogue :merci à Chantal pour le lien qui dirigera les élus locaux ,le vaillant lecteur et le professionnel sur Thau comme ailleurs,vers plusieurs vidéos successives des débats sur la conchyliculture ,en séance au sénat ,avec notamment l'intervention de M. Joël Labbé .

http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28444.html

Cet élu national est en effet l'auteur de la question bouillante ,écologique ET DE SANTE PUBLIQUE , sur les risques inhérents à l'exploitation de l'huître triploïde ,coquillage qui est un organisme génétiquement modifié par cysgenèse et est destiné à la consommation humaine.

Par ailleurs ,l'emploi d'auxiliaires technologiques est une pratique désormais règlementée,et qui qui est entrée de façon générale dans la fabrication de certaines denrées alimentaires ,(voir l’arrêté ci en -bas)Or ce n'est pas cette paperasserie administrative(Voir légifrance) qui SIGNIFIE ou non une absence de risque pour la santé publique .

Qu'en sera-t-il des évaluations

Le réel progrès en matière de qualité de la nourriture ,serait qu'une évaluation toxicologique de toutes ces productions alimentaires technologiques ,industrielles, soit systématique ,

Reste à fixer à les critères les plus "pointus "pour ces évaluations :lesquels?Ceux qui avantagent l'industrie agroalimentaire ,pharmaceutique ou phytosanitaire ?

Et donc à propos des pathologies liées à l'impact de l'industrie sur l'environnement le travailleur et le consommateur, le n°69 de "Pratiques est en cours de mise en ligne...voir ci-en bas


http://legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2015/6/1/EINC1509296A/jo/texte

JORF n°0133 du 11 juin 2015 page 9640
texte n° 33


ARRETE
Arrêté du 1er juin 2015 modifiant l'arrêté du 19 octobre 2006 relatif à l'emploi d'auxiliaires technologiques dans la fabrication de certaines denrées alimentaires

NOR: EINC1509296A
ELI: http://legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2015/6/1/EINC1509296A/jo/texte

-Le n°69 est en cours de mise en ligne… dans quelques jours sur http://www.pratiques.fr

NUMÉROS : http://www.pratiques.fr/-Tous-les-numeros-.html

ABONNEMENTS (à partir du numéro à paraître) : http://www.pratiques.fr/spip.php?page=offres_d_abonnements

  • : 4 numéros trimestriels au format papier
  • : 4 numéros trimestriels au format papier + les mêmes au format pdf indexé
  • : 4 numéros trimestriels au format papier + les mêmes au format pdf indexé + accès d’un an aux archives,

soit tous les articles de Pratiques des 15 dernières années, indexés par auteurs et mots clés,

véritable mine pour les recherches documentaires !

RENCONTRE-DÉBAT : annonce de la rencontre

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 15:12

Note de la rédaction du blog:

La campagne civile ,pétition « OGM TRANSPARENCE » pour un ÉTIQUETAGE OBLIGATOIRE de tous les produits alimentaires issus d'animaux nourris aux OGM est visible et la pétition est signable en cliquant sur le lien
www.consommateurspascoba
yes.com

La coordination des campagnes du Rassemblement citoyen « Consommateurs pas cobayes! »à :

-"fixé un délai de 6 mois pour faire cadrer l'objectif d'un étiquetage obligatoire «nourri aux OGM» à la date de la conférence internationale co-organisée par le CRIIGEN à PARIS les 12 et 13/11/2015 sur "Évaluation et règlementation des OGM et des pesticides", conférence ouverte à la société civile qui devra avoir, bien sûr, un grand retentissement !"

-OGM

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/ogm-garantir-une-plus-grande-transparence-sur-la-dissemination-volontaire-ministre-105037.html

« Garantir une plus grande transparence sur la dissémination volontaire » (ministre)

Publié le mercredi 03 juin 2015 - 16h37

Laurent Fabius a présenté, mercredi en conseil des ministres, un projet de loi visant à « garantir une plus grande transparence sur la dissémination volontaire d'OGM dans l'environnement ».

Le ministre des Affaires étrangères et du développement international, Laurent Fabius, a présenté, le 3 juin en conseil des ministres, un projet de loi « autorisant l'approbation de l'amendement à la convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement, pris par décision II/1 adoptée dans le cadre de la deuxième réunion des Parties à la convention », indique le compte rendu du conseil des ministres.

« L'objectif de cet amendement, adopté à Almaty le 27 mai 2005, est de garantir une plus grande transparence sur la dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement, notamment leur mise sur le marché, en obligeant chaque Partie à assurer l'information et la participation précoces et effectives du public avant de prendre des décisions d'autorisation relatives à ces organismes. »

« L'approbation de cet amendement, dont les obligations sont déjà couvertes par le droit national français et le droit européen, réaffirme l'engagement constant de la France en faveur de l'accès à l'information et la participation du public au processus décisionnel dans le domaine de l'environnement. »

-Précisons "contaminations"de l'administration du blog ,sur la base d'information relayées par Fred P:

"Les services de la Commission européenne ont rendu public le rapport de surveillance annuel des cultures de maïs génétiquement modifié (GM) résistant à des insectes MON810 préparé par Monsanto pour la République Tchèque, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie et l'Espagne, pays où ce maïs est cultivé.


http://ec.europa.eu/food/plant/gmo/reports_studies/docs/report_2012_mon_810/report_2012_mon_810_en.pdf

- En juillet 2014, les autorités sanitaires allemandes avaient intercepté un lot de vitamine B2 destiné à l'alimentation animale, importé de Chine, dans lequel une bactérie apparemment génétiquement modifiée était présente.

Les autorités françaises ont également trouvé cette bactérie dans trois lots de même origine.

Le séquençage de cette bactérie confirme bien qu'il s'agit d'un OGM non autorisé dans l'Union européenne.


Article uniquement en anglais:
Genome Sequence of EU-Unauthorized Genetically Modified Bacillus subtilis Strain 2014-3557 Overproducing Riboflavin, Isolated from a Vitamin B2 80% Feed Additive

http://genomea.asm.org/content/3/2/e00214-15.full

(merci à Roxanne de la Conf')"

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 01:19

Note "c'est le CNRS qui le dit...de l'administration du blogue sur une étude scientifique sur l'agriculture industrielle http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/b119.html

-"Concrètement, cette étude suggère ni plus ni moins d’abandonner les pratiques agricoles actuelles héritées de l’après-seconde guerre mondiale qui consistent majoritairement à cultiver sur de grandes parcelles des plantes génétiquement identiques.

un extrait de l'article

« Nos travaux montrent qu’augmenter au contraire le nombre d’espèces, améliore en moyenne le rendement des cultures sans besoin d’engrais, surtout en cas de sécheresse ; et qu’opter au sein d’une même espèce pour plusieurs individus génétiquement différents (génotypes), favorise la stabilité du rendement d’une année à l’autre »,

précise Cyrille Violle biologiste au CEFE et lauréat d’un ERC Starting grant 2015.""



29/05/2015
Potiron bleu ou blé qui ressent le vent : ces graines que la France bannit
http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/29/potiron-bleu-ble-ressent-vent-graines-france-bannit-259404


Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

En France, vendre les graines des légumes et céréales qui ne conviennent pas à l’agriculture industrielle est interdit. Enquête autour de trois exemples : la tomate sans eau, le potiron bleu et le blé qui mesure le vent.

Tout est parti d’une tomate. On l’appelle Gregori Altaï, parce qu’elle vient des montagnes qui séparent la Russie de la Chine et du Kazakhstan, au sud de la Sibérie. En février dernier, j’ai demandé à Pascal Poot – cet agriculteur de l’Hérault qui parvient à cultiver des légumes sans les arroser – quelle était la « meilleure variété » qu’il connaisse. Il a immédiatement cité la Gregori Altaï.

Pascal Poot dans sa serre, le 26 février 2015 à Lodève (Hérault) (Thibaut Schepman/Rue89)

Elle est à la fois précoce – elle peut donner des fruits dès le mois de mai – mais aussi résistante au froid et très productive – jusqu’à 25 kg par pied, m’a-t-il dit. Et puis il s’est énervé. Il m’a expliqué qu’il est interdit de vendre des graines de Gregori Altaï en France, parce que cette variété n’est pas inscrite au catalogue officiel des espèces et variétés végétales du Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et des plants).
Une invitation à déjeuner

Quelques jours après la publication de l’article sur Pascal Poot, le service communication du Gnis a appelé Rue89. Le but ? M’inviter à déjeuner avec Delphine Guey, responsable des affaires publiques du groupe, afin de « rectifier quelques points ». La responsable communication n’a pas apprécié que le nom de l’organisme soit associé à cette interdiction (voir encadré).
Les « rectifications » du Gnis

La chargée de relations publiques m’a rappelé que ce n’est pas le Gnis qui réalise les études et tests nécessaires à l’inscription des variétés autorisées au catalogue. C’est un autre organisme, le Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (Geves) qui en est chargé. Mais la nuance est très faible, d’abord parce que le Gnis et associé à la direction du Geves, aux côtés de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et du ministère de l’Agriculture. D’autre part parce que le Gnis fait bien reposer toutes ses décisions et activités sur ce catalogue.

J’accepte l’invitation et en profite pour lire l’excellent ouvrage « Semences : une histoire politique » (éd. Charles Léopold Meyer, 2012). On y apprend comment l’Etat a peu à peu délégué ses pouvoirs aux professionnels de la semence depuis la Seconde Guerre mondiale.

Si bien que le Gnis, interprofession créée par le régime de Vichy en 1941, est aujourd’hui à la fois l’institution qui défend les intérêts des professionnels du secteur mais aussi un organisme qui contribue à élaborer la réglementation sur la semence et à s’assurer que cette réglementation est bien respectée.

L’ouvrage de Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas résume ainsi ces évolutions :

« Tout cela concourt à faire aujourd’hui du système réglementaire français l’un des plus favorables d’Europe pour les obtenteurs [les professionnels qui créent et inscrivent de nouvelles variétés, ndlr]. »

Des industriels qui assurent les missions de l’Etat ? Des semences intéressantes qui sont interdites ? Pour vous expliquer l’étonnant système français, nous avons choisi de retracer l’histoire de trois de ces plantes prohibées :

la tomate de Pascal Poot,
un potiron tout bleu,
des blés capables de sentir le vent.

C’est une histoire politique, qui raconte à elle seule l’explosion des rendements de l’agriculture française au siècle dernier et le hissage de la France au rang de premier exportateur mondial de semences, un marché à plus de 1,6 milliard d’euros.

Mais cette histoire a sa face sombre : des assiettes de plus en plus monotones [PDF], un goût en perdition, des bâtons dans les roues des agriculteurs qui cherchent des alternatives à l’agriculture conventionnelle ou qui reproduisent des pratiques millénaires, une vision toujours plus restrictive et industrielle du vivant.
1
La tomate sans eau

Qui ne rentre dans aucun catalogue

Le déjeuner a eu lieu au restaurant Le Fumoir. Petite serviette chaude pour les mains en début de repas, ratatouille à 16 euros en plat principal. La responsable des relations publiques dresse l’apologie du système français. Voici son raisonnement :

« Après guerre, la France s’est rendu compte que la sécurité alimentaire du pays passait par la qualité de ses semences. L’Etat a considéré qu’il ne fallait pas laisser ces questions cruciales entre les mains du marché et s’est tourné vers l’Inra [l’Institut national de la recherche agronomique, ndlr] dont les chercheurs ont établi que la production de semences stables et homogènes permettrait une augmentation des rendements. »

Les critères d’inscription au catalogue

Distinction, homogénéité, stabilité (DHS) : la nouvelle variété doit être différente de celles déjà inscrites et ses semences doivent donner des plantes qui sont toutes identiques d’une génération à l’autre.
Valeur agronomique technologique et environnementale (Vate) : la nouvelle variété doit avoir un meilleur rendement que les variétés les plus productives existantes.

En moyenne, 25% des variétés candidates sont inscrites au catalogue.

Des semences « stables et homogènes ». C’est la base de l’agriculture à haut rendement à la française. Pascal Poot, lui, y voit une contrainte :

« On ne nous autorise à vendre que les graines qui donnent des fruits qui sont tous pareils et qui donnent les mêmes résultats à chaque endroit.

Pour moi, c’est le contraire du vivant, qui repose sur l’adaptation permanente. Cela revient à produire des clones mais on veut en plus que ces clones soient des zombies. »

Pour l’agriculteur héraultais, l’interprofession empêche volontairement les petits producteurs de vendre leurs semences en imposant des critères trop sévères.

Philippe Desbrosses, l’ancien président de la Commission nationale du label AB au ministère de l’Agriculture, utilise cette métaphore :

« C’est exactement comme si les marchands de chandelles avaient le pouvoir de forcer les gens à fermer leurs volets pour contrer la concurrence de la lumière instable et irrégulière du soleil. »

image
« J’ai un cousin qui est comme ça »

Je fais remarquer à Delphine Guey que les critères retenus (voir encadré) excluent bon nombre de variétés.
Les nouvelles listes du catalogue officiel

La liste variétés de conservation : où l’on peut inscrire exclusivement des variétés anciennes et menacées ;
la liste sans valeur intrinsèque : pour les variétés destinées à l’autoconsommation.

Elle le concède, mais rappelle que deux nouvelles listes, sortes d’annexes au catalogue, ont été ajoutées en 2010 à la suite de directives européennes. Elles permettent la vente – dans des conditions très restreintes, notamment dans des volumes très réduits – de variétés anciennes ou destinées aux jardiniers.

Elle ajoute que des aides financières ont été mises en place pour les inscriptions sur ces listes. Elle m’assure que si cette tomate est réellement intéressante, elle pourra être inscrite et qu’il faut « absolument que cet agriculteur fasse la démarche ». Avant de glisser ces deux petites piques :

« On a du mal à comprendre pourquoi certains agriculteurs en veulent autant au catalogue alors qu’ils peuvent inscrire leurs variétés dans les nouvelles listes, on a l’impression que certains refusent l’idée même de rentrer dans un cadre réglementaire. J’ai un cousin qui est comme ça, il fait vraiment tout en dehors de la norme. [...]

Le catalogue est juste là pour éviter la vente de graines qui ne germent pas ou de graines de carottes qui se révèlent être violettes en germant au lieu d’être jaunes. Si des consommateurs ont envie d’acheter des graines comme ça parce qu’ils croient préserver la biodiversité… libre à eux ! »

Sauf que la loi précise bien que les variétés inscrites dans les nouvelles listes doivent elles aussi être « suffisamment homogènes et stables ». Or la Gregori Altaï donne des plants et des fruits qui sont de taille, de forme et de couleur différentes.
Combien de semenciers sanctionnés ?

La tomate Gregori Altaï en vente sur Internet (Capture d’écran de Germinance)

J’ai demandé à François Delmond, le gérant de Germinance, l’entreprise qui commercialise illégalement les semences de Gregori Altaï sélectionnées par Pascal Poot, pourquoi il ne demande pas l’inscription de cette variété au catalogue :

« Effectivement, on n’a pas fait la démarche pour inscrire cette variété. Mais on ne peut pas tout inscrire. Pour l’inscription en liste principale, on n’y pense même pas, c’est très coûteux, ça se chiffre en dizaines de milliers d’euros sur plusieurs années. Mais, même pour les nouvelles listes, l’inscription représente des heures et des heures de travail administratif.

On a des chiffres d’affaires sur ces variétés qui tournent autour de 500 euros ou 1 000 euros par an, la légalisation n’est vraiment pas proportionnelle à l’objectif qui est simplement d’avoir le droit de vendre ses graines, ça ne donne bien sûr aucune exclusivité sur la variété concernée.

Et puis ça ne marche pas toujours, j’ai l’exemple de confrères qui ont créé une variété de courgette en biodynamie, la Serafina, et qui ont mis plusieurs années à l’inscrire, parce que les personnes qui réalisent les tests sont habituées aux pratiques conventionnelles, pas à la biodynamie.

Il y a aussi des variétés qui sont refusées sur des critères mineurs, j’ai l’exemple d’un maïs doux sélectionné en Suisse qui a été refoulé à cause de l’hétérogénéité de l’angle d’insertion de ses épis. C’est ridicule. Avec ces critères-là, pas sûr du tout que la Gregori Altaï soit acceptée.

Pour une petite partie de nos variétés, on préfère donc vendre sans respecter la loi, pour l’instant on n’est pas trop embêtés. »

Pas trop embêtés ? Comme Germinance, une dizaine de petits semenciers vendent des graines illégales en France, principalement sur Internet. Contactée par Rue89, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) n’était pas en mesure de nous indiquer combien ont été sanctionnés ces dernières années. En décembre, Graines del Païs, un concurrent de Germinance, s’est vu signaler 84 infractions. L’association Kokopelli, tête brûlée de la semence libre, multiplie de son côté les procès et les amendes depuis 2003.
« Un grand nombre de commandes »

Les tomates poussent, sans eau et sans tuteur, dans la ferme de Pascal Poot en 2014 (DR)

Pour les uns, certaines graines sont trop instables pour pouvoir être vendues sans risque de tromper le client. Pour les autres, la législation est trop stricte et prive les agriculteurs de variétés intéressantes.

Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint de l’Inra, estime que ce conflit est inévitable :

« Le catalogue est une construction politique, une construction humaine. Elle répond forcement à la partie dominante du marché, et pas au 1% ou 2 % de la demande qui est différente. Il faut s’interroger collectivement sur comment on s’adapte à la demande de demain, comment on favorise la créativité tout en protégeant le fonctionnement du système.

Dans l’exemple que vous me donnez, les semences de tomates sont probablement adaptées à ses conditions de culture bien particulières et pas à d’autres, il faudrait vérifier beaucoup de choses pour donner une information fiable aux clients, vérifier qu’il est bien intéressant de diffuser ces semences dans d’autres contextes, il faut que tout ça soit contrôlé, étudié, ça se paye, c’est normal. »

Pourtant, même non inscrites ou certifiées, ces semences intéressent. Après la publication de notre article, Pascal Poot et Germinance ont été débordés par les commandes de graines, y compris venant de maraîchers et agriculteurs professionnels. Germinance devait même afficher ce message sur son site internet en mars et avril dernier :

« Suite à la parution le 4 mars de l’article en ligne sur le site de Rue89 sur les semences de tomate produites par un de nos producteurs, nous avons reçu un grand nombre de commandes.

Cet afflux de commandes arrive en pleine saison de vente et s’ajoute donc à notre activité habituelle. [...] »

2
Le potiron tout bleu

Réservé à ceux qui ont un jardin

Philippe Desbrosses a découvert le potiron bleu de Hongrie en 1983. Cette cucurbitacée est bleue à l’extérieur, orange à l’intérieur. Au goût, on la dit proche de la citrouille. A l’époque, Philippe Desbrosses est déjà célèbre pour avoir contribué à créer, à partir de semences de potiron doux de Chine, une variété de courge qu’il a appelée potimarron. Grâce à l’énorme succès du potimarron, il a pu démarrer la vente par correspondance de variétés anciennes ou rares dans la ferme de ses grands-parents, la ferme de Sainte Marthe.

Le potiron bleu de Hongrie (Ferme de Sainte Marte)

En 1997, il est condamné à 1 000 francs d’amende pour avoir commercialisé une variété de pomme de terre sans respecter la législation. Il décide alors de faire inscrire 64 de ses variétés potagères au catalogue officiel, sur une liste annexe, réservée au amateurs, l’ancêtre de l’actuelle liste « sans valeur intrinsèque ».

Toutefois, vous ne risquez pas de trouver souvent ces variétés et a fortiori ces potirons bleus sur vos étals. La législation impose de vendre ces graines en très petite quantité, et de mentionner qu’elles sont destinées à l’autoproduction [PDF].

Arrêté précisant les limites de vente des variétés sans valeur intrinsèque

Une loi que François Delmond, le gérant de Germinance, résume ainsi :

« La loi dit que ceux qui ont un jardin ont le droit de cultiver et manger des potirons qui ont du goût. Mais ceux qui n’ont pas de jardin doivent se contenter d’acheter des fruits issus de la liste principale, qui ont été sélectionnés pour être cultivés avec des produits chimiques, pour ne pas mûrir jusqu’au bout, qui ont beaucoup moins de goût... »

« Le consommateur en veut »

De même Guy Kastler, président du réseau Semences paysannes, estime que la législation actuelle empêche les agriculteurs de cultiver de manière totalement biologique :

« La majorité des agriculteurs veulent des semences homogènes qui permettent de travailler pour la grande distribution ou l’agroalimentaire. Le catalogue leur permet d’y accéder, c’est une bonne chose.

Mais il y a aussi beaucoup d’agriculteurs qui veulent travailler sans produits chimiques, et qui ont besoin pour ça des semences variées et capables de s’adapter. Le consommateur aussi en veut, il accepte que le produit change d’une année à l’autre, exactement comme pour le vin par exemple.

Pour l’instant, on nous en empêche de travailler dans ce sens. Le Gnis fait semblant de faire un pas en avant avec ces nouvelles listes. Mais on ne peut y inscrire que des variétés menacées ou des variétés pour amateurs, pas des variétés qui soit récentes et adaptées à l’agriculture d’aujourd’hui. »

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Les blés qui peuvent sentir le vent

Qu’on ne peut pas chercher

L’opposition entre graines stables et homogènes d’un côté et semences capables de s’adapter aux terroirs et aux climats de l’autre est encore plus marquée pour les grandes cultures, comme le blé ou le maïs.

L’agronome et blogueur Jacques Caplat, auteur de plusieurs livres sur l’agriculture biologique, explique l’utilité des semences paysannes en donnant l’exemple du maïs :

« Aujourd’hui, toutes les graines de maïs que l’on sème dans un champ viennent d’un même épi. Génétiquement, elles sont identiques, ce sont des clones.

Certains agriculteurs ne veulent pas utiliser ces semences, qui nécessitent l’emploi de pesticides et d’engrais. Je pense notamment à l’association AgroBio Périgord. Ils ont récupéré des graines en Amérique centrale, ils ont fait des croisements et ont réussi à adapter ces nouvelles populations à leur terroir et à une agriculture biologique.

Ça donne des choses pas homogènes, des grains de couleurs différentes sur un même épis. C’est impossible à décrire et à inscrire sur un catalogue mais ce sont des pratiques qui ont accompagné l’histoire de l’humanité. Légaliser ces pratiques et le seul moyen de permettre une agronomie véritablement biologique. »


Un épis de maïs multicolore (apium/Flickr/CC)

Pour comparer les variétés stables et homogènes qui sont cultivées dans nos champs aux semences que promeut le réseau Semences paysannes, l’agriculteur bio et ingénieur agronome Daniel Evain utilise cette belle image :

« Les variétés homogènes sont comme des formules 1. Elles sont très efficaces sur un circuit qui a été conçu pour elles, c’est-à-dire dans le cadre d’une agriculture intensive où l’on utilise des produits chimiques.

Les semences paysannes ont certes un moins grand rendement dans un système conventionnel mais elles sont capables de s’adapter à de nombreux types de cultures et de climats. »

L’utilisation de semences paysannes demande un travail de sélection permanent, régulier, notamment grâce à des échanges de semences entre paysans. Sauf que ces échanges même gratuits sont eux aussi interdits.
La diversité cultivée s’est effondrée

Il y a une exception. En signant une convention de recherche, la chercheuse à l’Inra Isabelle Goldringer a pu travailler en toute légalité avec des producteurs de blé qui échangent leurs semences paysannes.

En plus d’assouplir les conditions d’inscription au catalogue – ce qui permettrait de rendre légale la vente de graines de Gregori Altaï ou de potirons bleus comme on l’a vu plus haut –, elle estime qu’il faudrait aussi autoriser les échanges de semences entre paysans.

Pour la chercheuse à l’Inra, il y a urgence. Car la diversité cultivée s’est effondrée en France, en partie à cause des contraintes du catalogue. Isabelle Goldringer a mené une longue étude avec l’historien Christophe Bonneuil sur la diversité des blés cultivés en France. Elle explique :

« Nous avons travaillé sur les registres départementaux qui nous ont permis de chiffrer le nombre de variétés cultivées et la part des surfaces que chacune représentait chaque année dans 80 départements français à partir de 1912. Ça nous a permis de constater qu’il y a eu une énorme chute du nombre de variétés de blé cultivées jusque dans les années 60, à tel point qu’en 1970, cinq variétés représentaient 80% des surfaces cultivées en France. »
« Nous avons également travaillé sur les ressemblances génétiques des différentes variétés entre elles. Nous avons constaté que si le nombre de variétés inscrites et cultivées recommence effectivement à augmenter après 1970, la diversité génétique, elle, est en grande diminution depuis les années 80. Les variétés nouvelles sont très très proches au niveau génétique, puisque les semenciers travaillent en circuit fermé, en croisant les variétés élites entre elles. »

« Enfin, nous avons travaillé sur la diversité génétique au sein même des variétés. On a pu constater que ce qu’on appelle les variétés populations, c’est-à-dire des variétés qui ne sont pas homogènes, qui connaissent des mutations et des croisements réguliers, ont été remplacées par des variétés homogènes. Là aussi, la diversité à l’intérieur des variétés s’est effondrée. »


Capture d’écran d’un des graphiques de l’étude d’Isabelle Goldringer (Fondation pour la recherche sur la biodiversit&eacute ; /PDF)

L’échange de semences entre paysans pourrait permettre des sélections en fonction de nouveaux critères, par exemple le goût, l’intérêt nutritionnel, la qualité du gluten et sa faculté à être digéré...
Les critères auxquels on n’a pas pensé

Et puis il y a toutes ces capacités des plantes que l’on ne connaît pas encore ou que l’on découvre seulement. Quand Isabelle Goldringer me listait ces critères, je repensais aux travaux de Bruno Moulia, lui aussi chercheur à l’Inra et spécialiste de l’étude des capacités de perception et de communication des plantes.

Il est à l’origine d’une étude qui a permis de prouver que les plantes sont capables de percevoir l’intensité du vent et de s’y adapter, par exemple en devenant plus trapues. Alors que je l’interrogeais sur l’impact de ces découvertes sur l’agriculture, il m’avait répondu, en décembre 2013 :

« On estime que dans le monde 10% à 20% du rendement des blés est perdu à cause du vent. Pour lutter contre ce phénomène, on a sélectionné pendant des décennies des plantes plus petites, on a choisi des nains génétiques.

Mais ces espèces plus petites ont donc également des racines plus courtes et peuvent puiser moins loin les ressources du sol. Ce n’était pas un problème tant qu’on leur donnait des engrais à tire-larigot mais vu les conséquences économiques et environnementales, c’en est devenu un.

Vu qu’on ne savait pas que les plantes perçoivent le vent quand on a fait ces sélections, on a peut-être délaissé des espèces capables de se renforcer face à lui. On pourrait essayer de faire de nouvelles sélections avec ce critère. »

Sauf que ces sélections sont aujourd’hui pratiquement impossibles, à moins de parvenir à un petit miracle : créer une variété qui soit à la fois stable, homogène, avec un rendement plus important que les blés les plus performants du moment mais aussi une forte résistance au vent. Reste encore deux conditions : que ces blés résistants au vent n’aient pas tout simplement disparu et que des agriculteurs continuent à tracer un autre sillon.

Aller plus loin

Sur Rue89
Tomates sans eau ni pesticide : cette méthode fascine les biologistes

Note "par ailleurs" ,de l'administration du blogue :

-http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/pas-brevets-plantes-animaux-965.html

Le 25 Mars 2015, la Grande Chambre de Recours de l'Office Européen des Brevets (OEB ) a confirmé une interprétation inacceptable du droit des brevets actuel : bien que les procédés de sélection classique ne puissent pas être brevetés, les plantes et les animaux issus de ces procédés sont brevetables (décision G01 / 12 et G02 / 13).

-El Salvador : des semences locales, pas du glyphosate...

Le 4 septembre 2013, l’assemblée législative salvadorienne a interdit l’utilisation de 53 pesticides et engrais contenant des métaux lourds, dont le DDT, l’endosulfan, le paraquat... et le glyphosate (matière active du désherbant de Monsanto le plus vendu au monde, le Roundup). Pour ce dernier, un délai de deux ans maximum est admis, soit une interdiction totale effective à partir du 4 septembre 2015 [1]. La raison principale de ces interdictions est sanitaire : l’insuffisance rénale chronique, causée entre autre par les pesticides, est devenue la deuxième cause de mortalité chez les hommes salvadoriens [2]... En parallèle, depuis février 2011 [3], le Salvador a lancé le « plan agriculture familiale ».

La suite sur : http://www.infogm.org/spip.php?article5816

-Les consommateurs boostent le verdissement de la vigne
La forte demande en vin bio a fait exploser le nombre de conversions depuis cinq ans. D'autres démarches environnementales ont également le vent en poupe. Preuve de ce succès : un salon est consacré à ces vins certifiés "verts" ce week-end à
Paris.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 09:16

Risques & Santé

La discrétion des huîtres triploïdes

Le 19 mai 2015 par Romain Loury

Biodiversité

Pour une douzaine d'huîtres, combien de chromosomes?
DR

Représentant un tiers de la production française, les huîtres triploïdes, accusées d’être des crypto-OGM, inquiètent les écologistes, qui demandent au minimum leur étiquetage. Pour le gouvernement, la solution ne semble pas à l’ordre du jour, a sous-entendu le secrétaire d’Etat à la pêche le 12 mai devant le Sénat.

Peu connues du grand public, les huîtres triploïdes, surnommées «huîtres des quatre saisons», sont entrées sur le marché au début des années 2000. Disposant de dix lots de trois chromosomes, et non de dix lots de deux chromosomes comme toute huître sauvage diploïde, elles ont l’avantage d’une croissance plus rapide. Théoriquement stériles, elles sont propres à la consommation estivale, contrairement aux huîtres non modifiées, qui deviennent laiteuses en été.

Or ces huîtres triploïdes ne sont pas sans poser plusieurs problèmes, a rappelé le sénateur Joël Labbé (EELV, Morbihan) lors d’une question au gouvernement. Outre un affaiblissement du patrimoine génétique, elles rendraient la profession «fortement dépendante des écloseries, à l'image des agriculteurs par rapport aux semenciers». Se pose aussi un risque pour l’environnement, notamment de stérilisation de l’espèce sauvage. Certains ont par ailleurs noté la concomitance entre leur arrivée et la surmortalité des huîtres, depuis 2008.

Les huîtres triploïdes ne font l’objet d’aucune obligation d’étiquetage, n’étant pas considérées comme des organismes génétiquement modifiés (OGM). Ne recourant d’ailleurs pas à l’introduction de nouveaux gènes, elles n’en sont pas à proprement parler. Ce qui n’empêche pas que certaines de leurs caractéristiques (stérilité, croissance rapide) peuvent laisser songeur, et faire craindre un risque de propagation au milieu naturel.

On peut d’ailleurs s’étonner de la rapidité avec laquelle elles ont pu intégrer le marché, avec assez peu de débat public au goût de certains observateurs. Un phénomène qui pourrait s’expliquer par le fait que leur promoteur n’est pas une entreprise du type Monsanto, mais un organisme de recherche publique, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

Triploïdes? Mais comme d’autres!

Interrogé le 12 mai par Joël Labbé, le secrétaire d’Etat chargé des transports, de la pêche et de la mer, Alain Vidalies, a pris la défense des huîtres triploïdes, qu’il juge «complémentaires» des diploïdes –issues d’écloseries ou de captages naturels d’individus juvéniles.

Et l’on est bien loin d’un éventuel étiquetage: Alain Vidalies se dit certes «favorable» à une mention d’origine lorsque le naissain est de provenance naturelle, mais se montre moins disert quant à une appellation «triploïde», certes peu alléchante.

«Il ne s’agit pas d’organismes génétiquement modifiés, car le patrimoine génétique n’est pas modifié. En outre, il existe de nombreux autres organismes triploïdes, dans les céréales, les cultures maraîchères ou fruitières. Chez certains organismes, comme les fruits rouges sauvages, la polyploïdie peut même être naturelle», louvoie Alain Vidalies.

Des huîtres en ICPE

Les huîtres triploïdes sont créées par croisement d’huîtres diploïdes, normales, avec des huîtres tétraploïdes, dont le nombre de chromosomes a été doublé par des procédés brevetés. Or ce brevet, détenu par l’Ifremer, expirera cette année. Jusqu’alors exclusivement aux mains de l’institut public, la production d’huîtres tétraploïdes, reproducteurs fournis aux écloseries, pourra ainsi échoir à des entreprises privées.

«Ce transfert doit être préparé et accompagné, il n’est pas question de laisser cette technologie sans un encadrement adapté», promet Alain Vidalies. D’autant que les huîtres tétraploïdes pourraient, si elles venaient à fuiter dans l’environnement, constituer un danger pour l’espèce.

Pour Alain Vidalies, «la production d’huîtres tétraploïdes par des opérateurs privés en vue de la commercialisation de naissains d’huîtres triploïdes justifie un encadrement réglementaire rigoureux. Cet encadrement est en cours d’élaboration, c’est une priorité forte de mon ministère. Nous y travaillons pour parvenir à une mise en œuvre effective au début de l’année 2016».

Quant au statut des futures entreprises de production d’huîtres tétraploïdes, le secrétaire d’Etat dit penser au dispositif ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement). Pour Joël Labbé, «il faudra prendre le chemin de la clarification et de la réduction des risques: on n’a pas le droit de faire prendre des risques aux milieux naturels. Tout le monde y gagnera, la profession en premier».

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