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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 07:41

Confédération Paysanne et Attac-Tarn appellent également à manifester mardi 31 mai

Attac-Tarn et la Confédération Paysanne du Tarn

ont co-signé avec le Collectif Testet la déclaration de

manifestation envoyée à la Préfecture.

Ci-dessous, vous trouverez la copie de l'appel à manifester

de la Confédération Paysanne auprès de ses adhérents et amis.

Le Tarn Libre a publié le 27/05/2016 un article détaillé et complet restituant les interventions lors de notre conférence de presse du 19/05.

Télécharger l'article du Tarn Libre (2 pages).

Radio Albigès a diffusé un journal spécial sur Sivens le 25 mai. Durant une heure, Christian Conrad (Apifera), Pierre Haya (Confédération Paysanne), Françoise Blandel et Ben Lefetey (Collectif Testet)

Ecouter cette émission
(sélectionner "JOURNAL LOCAL - 25 Mai 20
16")

N'oubliez pas d'apporter une casserole ou une poêle

et de quoi frapper dessus (cuillère en bois, etc).

Pensez à vous munir de bouchons d'oreilles !

à la TV Sivens : le retour en force des opposants
http://france3-regions.francetvinfo.fr/midi-pyrenees/tarn/albi/sivens-le-retour-en-force-des-opposants-1001255.html

-

Une lettre est visible en ligne à cette adresse
http://www.cyberacteurs.org/lettres/lettre_30-05-2016.h
tml

Toutes nos pétitions et cyberactions sur cette page http://www.cyberacteurs.org/cyberactions

//Cyberaction : Sivens : remise en état de la zone humide et accès aux prairies de Barat

#sivens #tarn #barrage

Sivens : le projet initial est abandonné mais la lutte continue ! Le 24 décembre 2015, les préfets du Tarn et du Tarn-et-Garonne ont abrogé leur arrêté du 3 octobre 2013 qui déclarait d’intérêt général le projet de barrage de Sivens et autorisait les travaux. Cette abrogation est la conséquence de la signature d’un protocole transactionnel entre le Conseil départemental et l’Etat fin 2015. Après de longs mois de négociation, un accord a été trouvé sur la base d’une facture de 3.4 millions d’euros dont 2.1 M€ pour les dépenses engagées en pure perte et 1.3 M€ pour les mesures compensatoires des atteintes à la zone humide (travaux à venir mais ne concerne pas la réhabilitation).

Plus d'infos et signature sur : http://tinyurl.com/hocph7t

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 03:52

La banque de graines

Vente en ligne de semences traditionnelles et biologiques issues de la permaculture

Déclaration pour la Liberté des Semences

1 Les Semences sont à la source de la vie, elles sont l’aspiration profonde de la vie à s’exprimer, à se renouveler, à se multiplier, à évoluer en perpétuelle liberté.
2 Les Semences sont l’incarnation de la diversité bio-culturelle. Elles contiennent des millions d’années d’évolution biologique et culturelle, et le potentiel de millénaires de développement.
3 La Liberté des Semences est le droit d’exister de chaque forme de vie, et la base de la protection de la biodiversité.
4 La Liberté des Semences est le droit d’exister de chaque agriculteur et de chaque producteur. La liberté des agriculteurs de conserver, d’échanger, de faire évoluer, de cultiver, de vendre leur graines est au cœur de la liberté des semences. Quand cette liberté leur est ôtée, les cultivateurs se retrouvent piégés dans une spirale de l’endettement qui, dans certains cas extrêmes, les mène au suicide.
5 La Liberté des Semences est la base de la liberté de l’alimentation, étant donné qu’elle est le premier maillon de la chaîne de l’alimentation.
6 La Liberté des Semences est menacée par les brevets qui génèrent des monopoles sur les graines et rend illégal l’échange et la conservation de celles-ci par les agriculteurs. Les brevets sur les semences sont moralement et écologiquement injustifiés car les brevets sont des droits exclusifs sur les innovations. Une graine n’est pas une invention, la vie n’est pas une invention.
7 La Liberté des Semences de cultures diverses est menacée par la bio-piraterie et le dépôt sous brevets du savoir indigène et de la bio-diversité. La bio-piraterie n’est pas une innovation, c’est du vol.
8 La Liberté des Semences est menacée par l’ingénierie génétique de graines qui contaminent nos fermes, mettant ainsi fin à la possibilité d’une alimentation non génétiquement modifiée pour tous.
9 La Liberté des Semences est menacée par la transformation délibérée des graines, faisant d’une ressource auto-génératrice un produit breveté. Le cas le plus extrême de graine non renouvelable étant la technologie dite Terminator Technology développée dans le but de créer des graines stériles.
10 Nous nous engageons à défendre la Liberté des Semences ainsi que la liberté d’évoluer pour différentes espèces ; et la liberté pour les communautés humaines de revendiquer que les graines libres de droits soient bien commun.

A cette fin, nous conserverons des graines.
Nous créerons des banques de graines communautaires.
Nous ne reconnaîtrons aucune loi qui fasse illégitimement d’une graine la propriété d’une société.
Nous ferons cesser les brevets sur les semences.

Vandana Shiva
Signez la déclaration

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 07:24

Communiqué de Presse / Sénat : un bilan mitigé pour la biodiversité cultivée.

Actualités

Pour télécharger le CP en Pdf, cliquez ICI.

Le 13 mai 2016.

Après plus de deux lectures, la finalisation du projet de loi reconquête de la biodiversité approche. La seconde lecture du Sénat vient de se clôturer, certaines parties du texte encore incertaines seront discutées entre députés et sénateurs au sein d’une commission mixte paritaire (CMP).

Une nouvelle victoire pour la biodiversité cultivée : l’interdiction de breveter les plantes et les animaux issus de sélection traditionnelle ainsi que leurs parties ou traits génétiques est votée dans les mêmes termes que l’Assemblée et donc définitivement actée. Les parlementaires répondent ainsi en partie à une dynamique citoyenne européenne qui a permis de réunir 65 000 oppositions dans un recours contre un brevet sur des tomates de la multinationale Syngenta.

Le Sénat a aussi proposé d’interdire l’extension de la protection des brevets à des parties de plantes cultivées ou d’animaux d’élevage déjà existants, mais malheureusement pas aux traits génétiques « natifs » des mêmes plantes ou animaux. Concernant les semences destinées aux jardiniers amateurs, les débats ont été vifs entre les sénateurs : finalement adopté, l’amendement gouvernemental autorise explicitement les échanges entre jardiniers amateurs de semences n’appartenant pas à une variété du catalogue, mais ne dit rien quand à la possibilité de les commercialiser !. L’Assemblée Nationale ne s’étant pas encore prononcée sur ces deux nouveaux articles, c’est la CMP qui doit encore décider de leur sort.

Plusieurs sujets, touchant à la biodiversité cultivée, n’ont pas été abordés lors de cette seconde lecture : l’interdiction des Variétés Rendues Tolérantes aux Herbicides (VrTH), que Mme Royal avait il y a un an promis de rediscuter en deuxième lecture, a été « oubliée ». Le sujet brûlant des nouveaux OGM a lui aussi été soigneusement évité alors que plusieurs associations de la société civile1 alertent le gouvernement sur la gestion de ce dossier depuis plusieurs mois.

Sur les insecticides néonicotinoïdes, les sénateurs ont pour la deuxième fois refusé de les interdire. Nos organisations dénoncent avec colère le vote d’un Sénat qui a préféré se retrancher derrière l’ANSES pour éventuellement interdire à partir de juillet 2018, uniquement au cas par cas, sur telle ou telle culture, ces molécules dévastatrices pour la biodiversité. Nos organisations demandent clairement que lors des prochaines étapes, nos parlementaires prennent leur responsabilité et votent définitivement une interdiction ferme de ces produits.

Contacts pour le Collectif Semons la Biodiversité :

  • Guy Kastler de la Confédération Paysanne : 06 03 94 57 21
  • Emilie Lapprand du Réseau Semences Paysannes : 06 43 61 06 26

Pour en savoir plus sur l’ensemble de ce projet de Loi cliquez ICI .

Semons La Biodiversité est un collectif regroupant une trentaine de structures engagées pour la reconnaissance positive des droits des agriculteurs sur les semences, pour la préservation et le renouvellement de la biodiversité cultivée. Pour plus d’informations : www.semonslabiodiversite.com.

1Voir http://www.semencespaysannes.org/nouveaux_ogm_sept_organisat_societe_civile_pa_115-actu_345.php#date345

13 mai 2016By michelActualités CommuniquésLeave a comment

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 06:58

Agriculture urbaine

Dépolluer les sols contaminés aux métaux lourds avec des plantes:intox ou réalité ?

par Sophie Chapelle 6 mai 2016

Plomb, zinc, cadmium… Les sols n’ont pas été épargnés par des décennies d’industrialisation. Les adeptes de l’agriculture urbaine lorgnent sur les friches aux abords des villes. Mais comment rendre ces terrains à nouveau cultivables ? Des expérimentations révèlent la capacité de certaines plantes à immobiliser ou extraire partiellement les polluants. Des travaux sont également menés pour recycler les métaux accumulés dans les végétaux. Ces techniques de dépollution, basées sur les plantes, sont-elles efficaces et suffisantes ? Tour d’horizon des possibles.

Plus de 300 000 sites seraient potentiellement pollués en France suite à des activités métallurgiques ou minières. Soit une surface d’environ 100 000 hectares [1] – l’équivalent de près de 2000 exploitations agricoles ! Devant cet immense gisement foncier, on se prend à rêver de jardins partagés, de cultures maraichères, de vergers, s’étalant sur d’anciennes zones industrielles désaffectées. Mais peut-on assurer une décontamination suffisante de ces sols pour les rendre à nouveau cultivables ? Les plantes peuvent-elles être une solution pour les dépolluer ?

Légalement, les entreprises ont une obligation de remise en état de leurs sites [2]. À ce jour, les techniques d’excavation, consistant à enlever la terre puis à la mettre en décharge ailleurs, demeurent la voie privilégiée. « Ce sont des techniques qui permettent de résoudre immédiatement la pollution du sol, mais elles restent très coûteuses », indique Valérie Bert, ingénieure à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). L’excavation, qui revient à déplacer le problème de la pollution sur un autre site, ne peut être utilisée que pour de faibles volumes de matériaux à traiter.

De nouvelles techniques ont émergé, basées sur l’utilisation des plantes. Leur nom ? « Phytotechnologies » [3]. « Avec ces techniques, nous ne faisons pas de la dépollution, contrairement à ce qui est souvent dit dans les médias, mais de la gestion du risque par la maîtrise des impacts », tient à préciser d’emblée Frédérique Cadière, du département Friches urbaines et sites pollués de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), organisme public qui gère certains sites pollués [4]. L’enjeu est de limiter les transferts des contaminants dans l’environnement et, en suivant la chaine alimentaire, vers les herbivores. On assume que l’on va laisser les polluants mais on en limite les effets »

Des plantes qui extraient partiellement les polluants

Si les techniques de phytotechnologie ne sont pas encore sur le marché, elles font l’objet de plusieurs programmes de recherche. La technique la plus avancée en terme de développement porte le nom de « phytostabilisation ». Elle consiste à planter une couverture végétale qui immobilise les contaminants dans le sol. « On se sert des avantages du couvert végétal pour éviter le contact avec la surface, limiter le ruissellement et l’infiltration des eaux de pluie vers la profondeur du sol, et les transferts de polluants vers les nappes souterraines », précise Frédérique Cadière. Réintroduire de la végétation permet également de limiter l’érosion et d’éviter que le vent ou la pluie n’éparpillent des éléments métalliques autour du site. Des bactéries ou des champignons peuvent être ajoutés pour immobiliser les polluants au bord des racines. « L’immobilisation des polluants se fait très rapidement. Les premiers effets peuvent être observés au bout de quelques semaines », appuie Valérie Bert, de l’Ineris.

D’autres plantes vont davantage absorber et transporter des quantités significatives de polluants vers leurs tiges et leurs feuilles. On parle alors de « phytoextraction ». Les racines des plantes ne pouvant descendre que jusqu’à un mètre environ de profondeur dans le sol, elles ne peuvent extraire que partiellement les polluants. « On n’atteint qu’une partie des éléments métalliques, cette technique n’est donc qu’une solution partielle à la décontamination », souligne Frédérique Cadière.

Que faire ensuite de ces tiges et feuilles remplies de métaux lourds ? Des essais de combustion ont été menés par l’Ineris. « Si cette biomasse issue de sols pollués est brûlée en chaudière équipée de systèmes de filtration efficaces, il n’y a pas de problèmes avec les émissions dans l’air », précise Frédérique Cadière. Reste la question des sous-produits, comme les cendres issues de cette combustion. Selon les métaux contenus dans les cendres, celles-ci pourraient être épandues dans la nature.

Ramener de la nature en ville, à défaut de terres cultivables

Parmi les expériences de phytoextraction, il y a celle menée par l’Ineris en partenariat avec la communauté d’agglomérations de Creil, dans l’Oise. L’enjeu affiché par la collectivité : « Réunifier passé industriel et futur urbain durable ». Le site choisi est celui d’une ancienne usine de camping-cars fermée dans les années 1990. Sur une parcelle expérimentale de 580 m2, 350 saules des vanniers ont été plantés en avril 2013 dans le cadre de la rénovation du quartier. Les échantillons prélevés sur les feuilles ont confirmé la capacité de ces arbres à croissance rapide à accumuler le zinc et le cadmium.

Ce site peut-il retrouver à terme un usage alimentaire ? « Ce n’est généralement pas un objectif recherché lorsque l’on fait de la gestion des sols pollués, et ce n’est pas le but de cette expérimentation », souligne Valérie Bert. En revanche, le recours à cette technique permet à l’agglomération de reconquérir son foncier pour réaménager la ville et faire en sorte que ses terres ne soient plus « gelées ». « Cette expérience s’inscrit dans un projet plus global de transformation d’un quartier en écoquartier, où la végétation s’intègre complètement dans le paysage. Au-delà de l’objectif de gestion des sols pollués, les phytotechnologies contribuent à ramener de la nature en ville pour les citoyens et les usagers ».

Comment recycler les métaux accumulés dans les plantes

« Évidemment, on doit regarder la gestion de la dépollution des sols dans sa globalité et ne pas se contenter du transfert de la pollution des sols vers les plantes », concède Valérie Bert. L’Ineris mène d’ailleurs des travaux sur le sujet, par exemple sur la valorisation de la biomasse, dans la filière Bois et Énergie. Ne rien faire de ces végétaux chargés en métaux revient à en faire de nouveaux déchets. Et laisser les plantes mourir in situ signifie que la pollution métallique va revenir dans le sol.

D’où le projet mené par la chimiste Claude Grison pour recycler les métaux stockés dans les feuilles et tiges [5]. C’est sur l’ancien site minier du village Saint-Laurent-le-Minier dans le Gard que cette chimiste cultive et travaille sur des plantes hyper-accumulatrices de métaux [6]. Mais réhabiliter ce site de manière écologique par phytoextraction nécessite des décennies, et les fonds publics manquent. Pour attirer des industriels afin qu’ils financent le programme de phytoextraction, la chimiste transforme ces feuilles chargées d’éléments métalliques en catalyseurs pour la chimie.

Un catalyseur ? Imaginez trois molécules simples. Pour que celles-ci réagissent ensemble, qu’elles se lient les unes aux autres afin de former une nouvelle molécule complexe, il faut un catalyseur. Ce catalyseur n’est autre que le métal qui vient de la plante. Il va attirer les molécules les unes vers les autres et les forcer à réagir ensemble, à s’associer. Une fois la molécule construite, le catalyseur est libéré et peut être réutilisé. Face à la raréfaction des ressources minières et aux tonnes de terrils inutilisés, les recherches de Claude Grison attirent les investisseurs des secteurs du médicament (anticancéreux, agents antiviraux, molécules actives contre la malaria, etc), de la cosmétique ou des phytosanitaires. « C’est un projet qui se place dans une perspective d’économie circulaire, où l’on travaille sur la filière dans sa globalité », pointe Valérie Bert, de l’Ineris. « C’est une voie prometteuse sur laquelle il faut encore travailler la faisabilité », estime pour sa part Frédérique Cadière de l’Ademe.

La reconversion du site Metaleurop vers une filière biomasse

Autre site en reconversion, autre projet : Metaleurop Nord, à une quarantaine de kilomètres au sud de Lille. Le site, liquidé en 2003, est tombé dans le giron de l’Ademe. Ici, la contamination au plomb, zinc et cadmium par l’ancienne fonderie s’étend sur plus de 120 km2 ! Sur une telle surface, l’idée de remédier à la pollution par un enlèvement des terres contaminées et leur remplacement par des terres propres est complètement illusoire. Francis Douay, chercheur à l’ISA Lille, une école d’agriculture, travaille sur les sols agricoles du secteur. La contamination par les retombées de poussières descendrait jusqu’à 28 centimètres de profondeur. « Sur les sols les plus contaminés, les productions agricoles ne sont pas conformes pour l’alimentation animale et humaine », explique-t-il. Pourtant, ces productions continuent d’être commercialisées. « L’idée est d’utiliser des plantes pour gérer ces sols contaminés avec la possibilité in fine de produire de la biomasse. »

Francis Douay s’intéresse notamment au miscanthus et égrène ses vertus : « C’est une plante qui accumule peu de polluants dans les parties aériennes récoltées, sans besoin d’apports fertilisants, adaptée au climat et qui peut servir pour produire du chauffage ou de l’électricité, des litières pour les animaux, de paillis, des fibres pour l’écoconstruction, du bioéthanol.... » Cette plante à rhizomes émet des tiges atteignant 3 à 4 mètres de hauteur au bout de deux à trois ans, qui peuvent être récupérer. « Les usages sont variés mais la difficulté c’est de trouver des utilisateurs sur le secteur. La profession agricole a bien conscience du problème posé par la contamination des sols et est prête à évoluer dans ses cultures et ses pratiques. Mais il faut un produit qui soit rentable et le prix du miscanthus est trop faible pour le moment ». Cette plante présente également, au moment de la récolte, beaucoup de volume pour un poids faible, ce qui contraint à une utilisation locale [7]. Francis Douay n’imagine pas non plus convertir l’ensemble de cette vaste surface agricole en production de miscanthus, et explore d’autres voies aux côtés de la chambre d’agriculture et de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.

Restaurer la biodiversité

« Les phytotechnologies s’adressent à une petite partie des sites pollués, résume Frédérique Cadière. Elles peuvent s’appliquer sur de grandes zones agricoles dégradées, de grandes étendues contaminées, avec une concentration moyenne à faible, et pas trop en profondeur. Mais elles ne sont pas la solution miracle pour tous les sites pollués. » Il n’est pas possible par exemple de les utiliser sur les sites présentant un danger immédiat pour l’environnement ou la santé. « Les professionnels en prise avec la gestion de site pollué agissent souvent dans le cadre d’opérations de renouvellement urbain : vente de terrains, construction de logements, acquisition par un promoteur immobilier... pour lesquels le temps est une contrainte forte. D’où le recours à des techniques plus "agressives" et plus coûteuses », note Frédérique Cadière.

Le recours aux phytotechnologies est-il moins onéreux que l’excavation ou la mise en décharge ? « C’est sans doute le cas, mais pour le confirmer il faudrait une étude économique sur la filière globale, en intégrant la valorisation de la biomasse », souligne Valérie Bert. Il ne faut toutefois pas prendre en compte seulement les aspects économiques mais aussi tous les bénéfices de ce type de technologies, comme le fait d’avoir de la nature en ville. » « Par ailleurs les sols urbains présentent parfois des potentialités agronomiques très médiocres, avec une activité biologique faible, et les phytotechnologies peuvent aussi restaurer la fonctionnalité du sol, la biodiversité, la trame verte... », ajoute Francis Douay.

Une solution : la culture en bacs

De plus en plus de collectivités sollicitent les instituts de recherche pour expérimenter les phytotechnologies sur des friches industrielles. Un réveil qui semble à première vue tardif par rapport aux États-Unis. « La littérature scientifique américaine donne certes l’impression que tout a été fait sur ces techniques depuis longtemps. Au niveau européen, nous souhaitons confirmer sur la durée les résultats obtenus lors des dernières expérimentations menées en France et en Europe, avant de déployer les phytotechnologies à plus grande échelle, nuance Valérie Bert. Les phytotechnologies connaissent un essor depuis 2010 sur notre territoire par la mise en place d’essais grandeur nature, une étape essentielle pour permettre aux phytotechnologies de se déployer et de remplir toutes leurs promesses », conclut-elle.

Pour ceux qui désirent pratiquer l’agriculture urbaine sur des sols potentiellement contaminés, reste la possibilité des cultures en bacs, comme le pratiquent de nombreux résidents à Montréal (notre reportage). Ou bien encore d’investir les toits bétonnés pour construire des serres, faire pousser des plantes potagères, tropicales ou médicinales.

@Sophie_Chapelle

Pour aller plus loin :
Les phytotechnologies appliquées aux sites et sols pollués – État de l’art et guide de mise en œuvre, EDP Sciences, 2012, ADEME – INERIS.
Lire l’enquête sur Ces sites pollués abandonnés par les industriels

Photos :
Une : CC Wendell.
Expérimentation en cours au sein de la Communauté de l’Agglomération Creilloise - © Ineris
Anthyllis vulneraria - CC Shalom / FlickR
Miscanthus - CC KCDFoto / FlickR

Notes

[1] Chiffres de la base de données Basias, qui constitue un inventaire des anciens sites industriels et activités de service pouvant être à l’origine de pollutions des sols. Source

[2] Article 34-1 du décret du 21 septembre 1977

[3] De nombreux travaux de recherches parlent également de « phytoremédiation », un terme plus anglophone mais qui a le même sens.

[4] Les sites pollués dépourvus de responsables tombent dans le giron de l’Ademe. Il lui revient d’en assurer la sécurité, de surveiller d’éventuels risques de pollution puis de les nettoyer, comme le prévoit une circulaire du 7 juin 1996.

[5] Claude Grison est directrice du laboratoire Chimie bio-inspirée et innovations écologiques (CNRS/Université Montpellier 2/Stratoz).

[6] Deux plantes locales ont révélé des propriétés exceptionnelles : Anthyllis vulneraria et Noccaea caerulescens. Toutes deux sont des plantes accumulatrices de zinc.

[7] Un mètre cube de miscanthus équivaut à environ 130 kilos.

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 05:59

Nouveaux OGM : la note du HCB passée au crible par Yves Bertheau

Nouvel épisode dans le feuilleton autour de la note du Comité scientifique (CS) du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) sur les nouvelles techniques de modification génétique : le HCB n’a toujours pas publié les commentaires d’Yves Bertheau, membre démissionnaire, sur cette note remise au gouvernement début février. Une note pourtant riche en considérations scientifiques. Inf’OGM a décidé de la publier sur son site internet [1].

La suite sur : http://www.infogm.org/spip.php?article5937

-Note de l'administration du blog :L'autre mention du conflit 'est en fin de l'article Génétique : CRISPR fait son entrée dans le monde de l'agriculture de Sciences et Avenir‎ -

ublié le 26-04-2016 à 12h00

Le département américain de l’Agriculture a donné son feu vert à la commercialisation d’un champignon de Paris génétiquement modifié par le nouvel outil d’édition des génomes.

OXYDATION. Le département américain de l’Agriculture (USDA, l’équivalent du ministère français) a décidé que son administration n’avait en aucun cas le pouvoir d’encadrer la culture d’un champignon de Paris génétiquement modifié par CRISPR, la méthode développée par Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier en 2012. Phytopathologiste à l’université d’Etat de Pennsylvanie, Yinong Yang a ôté du génome d’Agaricus bisporus six gènes qui commandent la production d’une enzyme, les polyphénol-oxydases (PPO). Ces enzymes produisent une réaction de défense de la plante en oxydant les tissus végétaux atteints par une agression extérieure. Les PPO sont ainsi responsables de la couleur brune qui se propage à la surface d’un fruit ou d’un légume qui vient d’être coupé. L’idée du chercheur, c’est de stopper cette réaction pour augmenter la durée de vie du champignon de Paris et donc sa date limite de consommation.

C’est la première fois que l’USDA avait à donner son avis sur un végétal génétiquement modifiée par CRISPR. Et l’organisme a déclaré n’avoir aucune base juridique pour imposer à la culture un examen par l’administration américaine de l’alimentation et des drogues (FDA, Food and drugs administration), l'instance de réglementation des produits agricoles. Cette décision équivaut donc à un feu vert pour l’utilisation de la nouvelle variété, la FDA pouvant cependant encore décider de s’autosaisir du sujet.

OGM ou pas?

TRANSGÉNÈSE. L’USDA a pris une telle décision parce que, selon elle, ce champignon n’est pas un organisme génétiquement modifié (OGM). Ses concepteurs n’y ont pas ajouté un virus ou une bactérie étrangère au génome de la plante par transgénèse, comme c’est le cas avec la bactérie Bacillus thuringiensis insérée dans le génome du maïs pour lui conférer la résistance à la pyrale, un insecte ravageur. Ici, seuls six gènes ont été soustraits, réduisant ainsi l’activité enzymatique des PPO de 30%.

Ce faisant, l’USDA reste fidèle à ses conceptions. Une trentaine de plantes modifiées par les nouvelles techniques d’obtention des plantes (NPBT selon l’acronyme anglais) ont en effet été acceptée aux Etats-Unis ces cinq dernières années. Ces nouvelles variétés ont été obtenues par des techniques de modification du génome comme les TALENs (Transcription activator-like effector nucleases) qui visent à introduire dans le génome d’une plante des caractères recherchés comme la résistance à un pathogène ou à la sécheresse qui sont présents dans d’autres variétés de la même espèce. Là encore, le fait qu’il n’y ait pas introduction d’un gène étranger implique qu’il ne s’agit pas d’OGM selon l’USDA. CRISPR s’ajoute ainsi à plus d’une demi-douzaine de nouvelles techniques d’hybridation. Les plantes qui en sont issues constituent-elles des inventions susceptibles d’être protégées? L’université de Pennsylvanie a déposé une demande de brevet et, selon Nature du 14 avril, Yinong Yang envisage de créer une entreprise de commercialisation de son champignon.

Conflit au sein du Haut Conseil des Biotechnologies en France

DÉBAT. L’administration américaine s’interroge cependant sur la nécessité de modifier sa réglementation. L’Académie américaine des Sciences a commencé une série de travaux pour essayer d’anticiper ce que les biotechnologies vont proposer dans les 5 à 10 ans à venir. C’est une question que se posent tous les pays développés. Les positions sont très diverses. L’Argentine estime qu’il faut prendre des décisions au cas par cas. L’Australie a d’ores et déjà décidé que les plantes à qui on avait ôté des gènes n’étaient pas des OGM mais que celles à qui on en avait inséré devraient rentrer dans cette catégorie. L’Union européenne doit produire un avis détaillé qu’opposants et partisans des OGM attendent depuis plusieurs mois. Enfin, en France, le sujet a provoqué un conflit au sein du Haut Conseil des Biotechnologies. Les représentants des associations de protection de l’environnement ont démissionné en bloc le 14 avril de cette instance pour protester contre un projet d’avis qui serait favorable aux nouvelles techniques d’hybridation sans avoir été discuté. Le débat est d’une importance capitale pour une grande partie de l’agro-industrie. Si les nouvelles techniques d’hybridation étaient en effet in fine considérées comme n’étant pas des modifications génétiques, elles échapperaient à la réglementation actuelle d’étiquetage et d’information des consommateurs sur les produits contenant des OGM.


-De nouveaux OGM, sans évaluation ni étiquetage, bientôt dans les assiettes ?
https://www.bastamag.net/De-nouveaux-OGM-sans-evaluation-ni-etiquetage-bientot-dans-les-assiettes



-Coévoluer avec la nature ou la reprogrammer ? Guy KASTLER
http://www.infogm.org/spip.php?article5935

« Bataille », « polémique », « inquiétude », « division », « désaccord »… A peine sortis des cartons, ceux que l’on nomme les « nouveaux OGM » ou « OGM cachés » provoquent déjà un tollé. En cause notamment, le statut juridique de cette nouvelle génération de mutants, toujours en discussion, et cette interrogation lourde de conséquences : doit-on ou non les considérer comme des OGM ? Tentative de mise à plat du concert scientifico-politico-médiatique qui entoure ce dossier dans cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

Ces OGM qui n’en sont pas ?
Avant, les choses étaient simples. L’OGM, c’était cet organisme obtenu par transgénèse, c’est-à-dire par l’introduction dans le génome d’un organisme vivant, d’un gène issu d’un organisme tiers, afin de lui conférer un caractère particulier. Désormais, nul besoin de recourir à un élément extérieur. Les caractéristiques recherchées sont obtenues par mutagénèse dirigée, via un ensemble de nouvelles techniques dites de « New Plant Breeding Techniques ». Celles-ci permettent d’intervenir directement sur le génome pour supprimer/modifier un gène et/ou son expression.

NPBT, quezaco… ?
Mais que recouvre concrètement cette terminologie de « NPBT » ? La presse est avare de détails dès lors qu’il s’agit de caractériser plus finement ces techniques. Pour y voir un peu plus clair, on peut se reporter à l’un des documents que le Haut Conseil des Biotechnologies - une instance pluraliste qui propose une expertise sur les biotechnologies à l’intention des pouvoirs publics - leur consacre. Ce dernier retient 8 techniques, réparties en trois grands types [1] : « les nouvelles techniques de modifications ciblées du génome, les techniques exploitant les mécanismes épigénétiques , et les éléments annexes à l’utilisation de modification génétique » - par exemple la greffe d’un jeune rameau (scion) non-GM [2] sur un porte-greffe GM.
Difficile pour les néophytes en biologie moléculaire de saisir les différences entre chacune d’entre elles. Remarquons toutefois la grande diversité des techniques employées qui vont de la greffe à la modulation de l’expression des gènes.

Entre deux eaux…
Problème. « Ces techniques faciles à utiliser et peu chères sont en plein boom, mais pour l’instant elles n’ont aucun statut juridique » indique la journaliste Lorène Lavocat sur France Inter. C’est là toute la subtilité du dossier : pour les uns, le génome de la plante étant affecté, tous les mutants obtenus sont de facto des OGM. Pour les autres, « dans la mesure où [ces techniques] ne font qu’accélérer un processus de mutation qui se produirait également dans la nature, il n’y a pas de différence, au final, entre les mutants naturels et artificiels » (Le Monde).
Dans le premier cas, ces mutants relèvent de la législation relative aux OGM, avec ce que cela implique en termes d’évaluation des risques sanitaires et environnementaux, ou d’étiquetage pour les producteurs et les consommateurs. Dans le second cas, ils y échappent. A l’échelle nationale comme communautaire, la bataille est engagée pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Bruxelles doit statuer prochainement sur leur sort, en tenant compte de la position des Etats membres. Or, en France, la question n’est pas tranchée.

Clash au HCB
La position française doit prendre appui sur l’avis que doit rendre le HCB sur le sujet. Le hic, c’est que le texte sur lequel travaille le conseil scientifique du HCB a provoqué un clash au sein de l’institution. Première étape de cette saga, la démission dudit conseil d’Yves Bertheau, chercheur (Inra) au Muséum national d’histoire naturelle. Plusieurs raisons à cela. Premier grain de sable, la procédure employée par le HCB : « Le texte a d’abord été présenté le 16 décembre [2015] en réunion du comité scientifique, comme une simple note de synthèse mais il s’est avéré ensuite qu’il aurait le statut d’avis officiel transmis au gouvernement » détaille le chercheur. Un changement de statut d’autant plus fâcheux que le texte présente selon lui de sérieuses lacunes scientifiques voire des omissions. Le Monde explique ainsi que les « effets des modifications non intentionnelles du génome des plantes (dits « effets hors cible ») y sont (…) insuffisamment abordés. ». Le texte précise par ailleurs que, ces nouveaux OGM ne pouvant être distingués des variétés conventionnelles, ils devraient être considérés comme telles « et exemptes d’évaluation des risques ».
Ce sont ces mêmes raisons qui ont conduit huit organisations de la société civile à quitter le Conseil économique, éthique et social (CEES) du HCB, suivies le 11 avril dernier du vice-président de ce même conseil Patrick de Kochko.

La difficile évaluation des risques
On l’aura saisi, l’évaluation des risques associés aux NPBT divise. Car que faut-il évaluer : les effets du gène modifié ou ceux de la plante entière ? Doit-on au contraire considérer ces mutants comme analogues aux variétés conventionnelles avec tout ce que cela implique ?
A ces considérations scientifiques s’ajoutent des éléments d’ordre juridique. Pour la Confédération paysanne, les NPBT constituent une porte ouverte pour la "biopiraterie". A partir du moment où la modification apportée à la plante n’est pas détectable, que le gène dit natif ne peut être distingué du gène modifié, n’importe qui peut « revendiquer la propriété industrielle de toutes les plantes cultivées ». Il suffit, au moment du dépôt de brevet, de décrire le gène modifié avec les mêmes caractéristiques que le gène natif...

Bruxelles, prochaine étape du débat
Quelle position va adopter l’Union européenne sur ce dossier ? Nul ne le sait. Outre les pressions exercées par les promoteurs comme les opposants à ces NPBT, la Commission Junker subit, à en croire Greenpeace et le site Euractiv, les assauts répétés des lobbyistes américains « pour que [la] législation sur les OGM ne s’applique pas aux nouvelles techniques de sélection des plantes ».
Dans ce contexte tendu, sur fond de négociations sur l’accord commercial transatlantique, « la Commission européenne a déjà retardé plusieurs fois l’analyse juridique de la question ». Reste cette certitude : elle ne pourra pas botter en touche indéfiniment.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 26 avril 2016.

SOURCES.
Inquiétudes et controverse autour des « nouveaux OGM » Angela Bolis, Le Monde, 6 avril 2016.
Inquiétudes sur les nouveaux OGM Anne-Laure Barral, C’est ma planète, France Info, 23 avril 2016.
Nouveaux OGM : le rapport qui divise France Inter, 18 avril 2016.
Batailles et polémiques autour des nouveaux OGM Stéphane Foucart et Angela Bolis, Le Monde, 12 avril 2016.
Les nouvelles techniques de sélection des plantes divisent Bruxelles et Washington Sarantis Michalopoulos, Euractiv, 25 avril 2016.

A propos des OGM, on peut lire notamment sur le site de la Mission Agrobiosciences (publications originales accessibles gratuitement :
Le bio, le conventionnel et l’OGM : la coexistence impossible ? dispute entre Guy KASTLER ( Confédération Paysanne) et Christian PEES, Président du Groupe Euralis, modérée par Antoine MESSEAN, (Inra). Avec les réactions du chercheur espagnol Raul COMPES. 21èmes Controverses européennes de Marciac.
A-t-on vraiment besoin des OGM pour nourrir le Monde ? Marion Desquilbet, économiste, Chercheur à l’école d’économie de Toulouse et au Gremaq. 15èmes Controverses de Marciac. Février 2010
Les OGM à l’épreuve des arguments L’ouvrage de Sylvie Berthier et Valérie Péan, Mission Agrobiosciences, Ed. Quae, 2011.

Accéder à toutes les publications de la Mission Agrobiosciences sur les thèmes de : Alimentation et Société ; Cancers et alimentation ; Obésité ; Consommation & développement durable ; Lutte contre la faim ; Crises alimentaires ; "Ça ne mange pas de pain !" ; Méditerranée ; Agriculture et société ; Politique agricole commune ; OGM et Progrès en Débat ; Les relations entre l’homme et l’animal ; Sciences-Société-Décision Publique ; Science et Lycéens ; Histoires de... ; Produits de terroir ; Agriculture et les bioénergies ; Les enjeux de l’eau ; Carnets de Voyages de Jean-Claude Flamant.

ACCEDER A LA TOTALITE DE LA REVUE DE PRESSE DE LA MISSION AGROBIOSCIENCES

[1] En savoir plus sur le HCB et accéder au rapport provisoire (page 12) : http://www.hautconseildesbiotechnol...

[2] pour Génétiquement Modifié

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 17:04
Les plantes transgéniques sont-elles en train de se muer en plantes invasives en Espagne?

www.stopogm.ch


Considérée comme l’ancêtre du maïs cultivé, la téosinte est en train de proliférer à l’état sauvage en Espagne. Dans une lettre ouverte, 13 organisations issues de l’agriculture ou de l’environnement attirent l’attention de la Commission européenne sur le fait que la téosinte et le maïs sont susceptibles de se croiser et de produire des descendants communs, autrement dit que le risque d’un transfert de gènes entre la téosinte et le maïs transgénique est bien réel. Or l’Espagne sème plus de 100 000 hectares de maïs transgénique MON810. Les organisations demandent par conséquent d’interdire la culture de ce maïs. Originaire du Mexique, la téosinte a fait son apparition en Espagne en 2009. Mais ni les autorités espagnoles, ni le groupe américain Monsanto n’ont pris la peine d’en informer officiellement la Commission européenne. Aujourd’hui, cette graminée se propage dans les régions de l’Aragon, de la Navarre et de la Catalogne, où elle menace dangereusement les cultures de maïs. Pour empêcher son avancée, les autorités régionales ont même interdit de cultiver du maïs dans certaines zones.

« Parmi les régions d’Espagne touchées par la prolifération de la téosinte, il y en a plusieurs qui cultivent sur des milliers d’hectares le maïs transgénique MON810 produisant un insecticide. Si cette propriété se transmet à la téosinte, cette graminée pourrait se montrer plus envahissante encore », explique Blanca Ruibal de l’organisation Amigos de la Tierra. « Nous sommes extrêmement inquiets de constater que ni les autorités espagnoles ni Monsanto n’ont informé la Commission européenne de cette menace sérieuse pour l’agriculture et pour l’environnement. L’Europe pourrait bientôt se voir confrontée à la prolifération de cette plante non seulement en Espagne, mais aussi dans les zones productrices de maïs en France, en Italie ou au Portugal. »

La Commission européenne n’a vraisemblablement jamais reçu d’information officielle. En réponse à une députée espagnole du Parlement européen, la Commission a déclaré en novembre 2014 n’avoir connaissance d’« aucune donnée concernant l’apparition de la téosinte ». Par conséquent, la téosinte ne figure pas non plus sur la liste des espèces invasives présentée par la Commission européenne en 2015.

Jusqu’ici, on supposait que le maïs en Europe ne pouvait pas transmettre ses gènes à une espèce sauvage apparentée. Cette supposition constituait une condition essentielle à l’autorisation de culture du maïs transgénique sous nos latitudes. La loi oblige Monsanto à remettre à l’UE un compte rendu annuel sur la culture du maïs transgénique et sur ses risques potentiels pour l’environnement. La téosinte comme nouvelle espèce invasive n’est cependant mentionnée dans aucun rapport. Selon le dernier rapport de Monsanto portant sur l’année 2014, le maïs MON810 est cultivé en Tchéquie, en Roumanie, en Slovaquie, au Portugal et en Espagne. Avec près de 130 000 hectares de MON810, l’Espagne est de loin le plus gros producteur d’OGM de l’UE.
« Si l’on trouve désormais en Europe des espèces apparentées du maïs par lesquelles le maïs transgénique peut se propager dans l’environnement de façon incontrôlée, il faut revoir l’évaluation actuelle des risques et la Commission européenne doit retirer l’autorisation de culture pour 2016, et ce avant que les paysans commencent les semailles », déclare Christoph Then de Testbiotech.
« De nombreux paysans écologiques ont déjà arrêté de cultiver du maïs en Espagne en raison du risque élevé de contamination par le MON810 », relève Eric Gall de la Fédération internationale des mouvements de l’agriculture biologique IFOAM. « Les autorités espagnoles et la Commission européenne doivent à présent veiller à ce que la présence de téosinte n’augmente pas encore fortement ce risque. »

Dans leur lettre, les organisations demandent donc aussi aux autorités d’étudier les mécanismes de propagation de la téosinte, d’informer en détail les agriculteurs et de prendre des mesures pour stopper l’avancée de cette plante.

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 08:05

Faut-il réguler les « OGM cachés » ?

Que faire des « OGM cachés » ?

LE MONDE | 25.04.2016 à 06h44 | Par Stéphane Foucart
http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/04/25/que-faire-des-ogm-caches_4907938_3244.html

Vous connaissiez « les OGM », il va désormais falloir vous familiariser avec « les OGM cachés ». Jusqu’à présent, les choses étaient assez simples : pour produire un OGM, un gène étranger (un « transgène ») était introduit dans un organisme, de manière à le pourvoir de certaines propriétés, et l’affaire était faite. Les autorités de régulation, les militants écologistes, les semenciers, les agrochimistes, vous et moi, tout le monde était d’accord. Depuis le milieu des années 1990, la technique d’obtention des nouvelles variétés végétales structurait commodément le débat : d’un côté « les OGM » (infamie pour les uns, panacée pour leurs adversaires) et de l’autre, tout le reste.

Dans un proche avenir – en réalité, dès à présent –, les choses risquent de ne plus être aussi simples. Ll menace de s’effacer, d’être dissoute par les nouvelles technologies d’ingénierie du vivant. Celles-ci permettent d’amender le patrimoine génétique de manière bien plus subtile et discrète que l’antique transgénèse. Aucun gène étranger n’est ajouté à la plante, mais diverses techniques permettent de modifier son génome. « Extinction » de certains gènes grâce à des ARN interférents, cisgénèse, mutagénèse dirigée, etc. : ces noms barbares n’évoquent pas grand-chose au béotien, mais augurent de l’arrivée imminente de ces variétés souvent qualifiées d’« OGM cachés ».

Ces « OGM cachés » sont parfois très proches de leurs pendants conventionnels. Si proches que certains scientifiques estiment qu’ils pourraient être dans certains cas impossibles à différencier. D’où cette question brûlante, qui fait des gorges chaudes aux Etats-Unis et en Europe : faut-il réguler ces « OGM cachés » au même titre que les OGM classiques ? Doit-on au contraire les considérer comme des variétés conventionnelles ?

Cette question alimente de nombreux débats partout dans le monde. En France, elle est au cœur de la crise traversée par le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), l’organisme chargé d’éclairer la décision publique en matière de génie génétique, et aux travaux duquel participent des associations professionnelles (FNSEA, Confédération paysanne, semenciers, etc.), des organisations de la société civile (les Amis de la Terre, Greenpeace, France nature environnement, etc.), des chercheurs de plusieurs disciplines…

Au terme d’une procédure contestée (et à vrai dire réellement problématique), le comité scientifique du HCB prenait en janvier un rapport sur le sujet, recommandant qu’une grande part de ces « OGM cachés » ne soient pas soumis au même régime d’évaluation des risques que les OGM actuels. Contestant ces conclusions, un membre du comité scientifique, chercheur à l’Institut national de recherche agronomique (INRA), a démissionné de son mandat, déclenchant la colère d’une demi-douzaine d’associations membres du HCB (Greenpeace, Confédération paysanne, etc.). Celles-ci ont habilement joué de la crise, démissionnant du HCB avec tambours et trompettes, parvenant à faire entendre leur mécontentement jusque dans la revue Nature qui, dans l’éditorial de son édition du 14 avril, faisait état de cette dispute franco-française.

Tant de bruit n’est pourtant, peut-être, qu’une sorte de chant du cygne, ou tout au moins « la manifestation d’un désarroi », selon l’expression de Christine Noiville, la présidente du HCB. Devant l’effacement possible – probable ? – de la frontière stricte qui séparait « les OGM » du reste du règne végétal, le mouvement anti-OGM est en effet contraint de se réinventer ou de mourir. Il n’y a plus de cultures transgéniques d’un côté, et tout ce qui est acceptable de l’autre. Une nébuleuse de techniques diverses déboule, capable de produire des cultures dont on pourrait bientôt ne plus savoir réellement si elles sont, ou non, assimilables à des OGM…

Repenser les termes du débat public

Au reste, tout cela a déjà commencé. Les adversaires des biotechnologies végétales prêchent ainsi dans le désert depuis plusieurs années contre les variétés de colza et de tournesol tolérantes à des herbicides, qui prennent racine dans les campagnes françaises. Le mouvement anti-OGM n’a, ainsi, pas réussi à se faire entendre de la société : puisqu’elles sont considérées comme conventionnelles (elles sont obtenues par mutagénèse aléatoire), ces cultures ont globalement été acceptées dans l’indifférence générale.

Pourtant, elles reproduisent l’un des traits les plus contestables des OGM cultivés outre-Atlantique. Comme l’a souligné l’expertise collective conduite en 2011 par l’INRA et le CNRS, la mise en culture de variétés tolérantes à un herbicide en favorise mécaniquement l’épandage, augmentant ainsi son impact sur l’environnement et la santé, et favorisant de surcroît l’apparition de mauvaises herbes résistantes.

Cette situation devrait conduire à repenser les termes du débat public. Celui-ci, polarisé autour de la technique d’obtention d’une variété – « OGM » ou « non-OGM » – gagnerait à être réorienté. On devrait plutôt s’interroger sur les propriétés de ces plantes modifiées que sur la technique grâce à laquelle elles ont été modifiées. Qu’y a-t-il de commun, en termes de bénéfices et de risques potentiels pour la société, entre une pomme de terre produisant moins d’acrylamide à la cuisson, un soja tolérant au glyphosate et un maïs résistant à la pyrale ?

A frapper la transgénèse du sceau exclusif de l’infamie, on en vient à ce qu’en 2010, des Faucheurs volontaires trouvent indispensable d’aller détruire une parcelle expérimentale de l’INRA où l’organisme public testait une vigne transgénique résistante au court-noué, une maladie virale. Quitte à lutter contre les risques et les dégâts induits par le modèle agricole actuel, n’y avait-il vraiment rien de plus urgent à faire ?

Les nouvelles techniques de sélection des plantes divisent Bruxelles et Washington

EurActiv France‎ -

Exclusif. La Commission européenne tente d’éviter un désaccord avec Washington sur la réglementation des nouvelles techniques de sélection des plantes.

La semaine prochaine, les négociateurs européens et américains se rencontreront à New York pour un nouveau cycle de négociations du partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP).

Selon des révélations récentes de Greenpeace, qui a eu accès à un document de travail, les États-Unis feraient pressions sur Bruxelles pour que sa législation sur les OGM ne s’applique pas aux nouvelles techniques de sélection des plantes.

Evaluation juridique interne

Le 21 avril, le groupe de défense de l’environnement a publié un communiqué assurant que la Commission Juncker avait mis de côté une évaluation juridique interne selon laquelle les plantes produites par les nouvelles techniques de sélection ou la modification génétique devraient tomber sous le coup des lois sur les OGM, et devraient donc faire l’objet de contrôles et de procédures d’approbation stricts.

L’Observatoire de l’Europe industrielle et GeneWatchUK ont tous deux dénoncé un « lobbying intense des représentants américains, qui veulent que l’UE ferme les yeux sur les règles OGM, qui imposent des contrôles de sécurité et un étiquetage spécifiques ».

« Le document montre que la pression exercée par les États-Unis se centre sur les entraves potentielles au commerce découlant des lois sur les OGM. Il suggère que l’UE devrait fermer les yeux sur les protections contre les OGM en matière de santé et d’environnement, afin de préparer la voie à l’accord commercial transatlantique », assure Greenpeace.

La position de la Commission sur les nouvelles techniques de sélection des plantes n’est pas encore claire, selon un représentant de l’exécutif. Mais en ce qui concerne l’innovation du matériel de reproduction des végétaux, il est grand temps de cesser de centrer la discussion sur les OGM, affirme cependant un porte-parole.

Pas d’ADN étranger

Les nouvelles techniques de sélections permettent (NTS) de développer des semences aux caractéristiques nouvelles via l’ingénierie génétique. Pour l’industrie agroalimentaire, les plantes issues de ces pratiques ne devraient pas être considérées comme génétiquement modifiées, parce qu’elles ne contiennent pas d’ADN étranger et auraient pu se développer naturellement.

L’industrie estime également que la sélection de nouvelles espèces est essentielle à la sécurité alimentaire, puisqu’elle permet de développer des variétés qui produisent plus ou résistent aux maladies et à la sécheresse.

Ses détracteurs pensent cependant que les NTS ne sont qu’une tentative supplémentaire de vendre des OGM aux Européens. La Commission européenne a déjà retardé plusieurs fois une analyse juridique de la question.

>> Lire : Les nouvelles techniques de sélection des plantes en suspens

Le document obtenu par Greenpeace indique pourtant que les NTS étaient à l’agenda d’au moins trois réunions entre la direction-générale santé (DG SANTE) et les représentants américains entre le 7 et le 28 octobre 2015.

« Le commissaire Vytenis Andriukaitis et les représentants américains se sont rencontré les 23 et 25 octobre 2015, même s’ils n’ont peut-être pas abordé la question des OGM. Les nouveaux OGM étaient cependant au programme de la visite du commissaire aux États-Unis début décembre, lors de laquelle il a également rencontré le responsable américain au commerce, Michael Froman », indique également Greenpeace.

« Le 3 novembre, la mission américaine a aussi envoyé une lettre à la Commission pour se plaindre de ‘fardeaux réglementaires injustifiés’ pour les NTS. La lettre ajoute que ‘des approches législatives différentes pourraient entrainer des perturbations potentiellement importantes du commerce’. »

Une position européenne vague

Un porte-parole de la Commission a expliqué à EurActiv que l’analyse juridique n’était pas encore finie. Celle-ci doit permettre à l’exécutif de décider si les organismes produits par les NTS doivent être considérées comme des OGM.

« En ce qui concerne l’innovation dans la reproduction des végétaux, nous ne devrions pas considérer toutes les techniques comme des ‘OGM cachés’ », souligne Enrico Brivio, le porte-parole.

Il assure cependant que la décision de mettre de côté l’avis juridique n’a aucun lien avec le TTIP : « Nous ne pouvons que répéter ce que nous avons déjà dit, les techniques de sélection des plantes n’ont strictement rien à voir avec le TTIP ».

Les libéraux favorables aux NTS

Jan Huitema, eurodéputé néerlandais ALDE, estime que l’UE devrait faire preuve d’ouverture d’esprit en ce qui concerne les nouvelles techniques de sélections en biotechnologie.

« Nous devrions examiner le potentiel de ces techniques avant de les rejeter », argue-t-il lors d’un entretien avec EurActiv. « Nous devons vraiment discuter scientifiquement des conséquences avant de prendre une décision. »

Les NTS des plantes pourraient être très prometteuses, estime-t-il, parce qu’elles « accélèrent la sélection traditionnelle des plantes ».

« Bien souvent, ces techniques ne font pas appel à des gènes d’autres plantes, contrairement à ce qui se passe avec les OGM. Il s’agit en réalité de garder les gènes présents. Ce n’est donc pas différent de la sélection qui s’opère dans l’agriculture traditionnelle. »

Un cadre légal nécessaire

Jon Parr, responsable au sein du géant agroalimentaire suisse Syngenta, estime que la législation européenne devrait être dictée par la science.

L’innovation est essentielle à la sélection des plantes, afin d’augmenter les récoltes sans compromettre la qualité ou la durabilité écologique de la production.

« Les NTS qui permettent de rassembler le meilleur de ce que la nature a à offrir sont nécessaires. Ces techniques pourraient améliorer le goût et le potentiel nutritionnel des aliments, ou rendre les cultures plus résistantes aux phénomènes climatiques ou aux maladies », insiste Jon Parr.

L’Europe a la chance de rassembler certains des meilleurs producteurs de plantes du monde, qu’ils soient indépendants ou aient intégré des grandes entreprises comme Syngenta, assure-t-il.

« Ensemble, nous avons aidé l’UE à se hisser à la première place. Je pense que ce dont nous avons besoin à présent, c’est un cadre réglementaire solide basé sur la science, qui soit prévisible et permette à l’Europe de maximiser son avantage compétitif et à tous les acteurs du secteur de partager les bénéfices environnementaux, économiques et sociaux des NTS », conclut-il.

Une Europe anti-innovation ?

Ce n’est pas la première fois que la réticence de l’Europe vis-à-vis des solutions agricoles innovante lui attire les foudres de ses partenaires commerciaux. C’est le cas des OGM, par exemple. Malgré les considérables investissements versés à la recherche, les OGM ne représentent que 0,1 % des terres agricoles de l’Union.

L’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, le Danemark, la France, l’Italie, la Hongrie, la Grèce, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Pologne, la Belgique, le Luxembourg, Malte et la Slovénie ont en effet tous choisis d’interdire les OGM. Aux Royaume-Uni, ils ne sont présents qu’en Angleterre.

Jon Parr estime pourtant qu’il est difficile de dire que les cultivateurs qui utilisent cette technologie depuis près de 20 ans ne le font pas de manière sûre.

« Pourtant, de nombreux Européens sont inquiets, et il faut répondre à ces inquiétudes si l’on veut que cette technologie soit un jour acceptée. D’ici-là, je pense que nous devons nous assurer que les agriculteurs ont accès à d’autres pratiques et outils novateurs qui leur permettraient de faire de l’agriculture de manière durable », juge-t-il.

En mars, dans un communiqué commun, les OGN Greenpeace, les Amis de la Terre Europe et IFOAM EU appelaient à l'application de la législation sur les OGM aux nouvelles techniques de sélection des plantes.

« L'analyse juridique montre que [les NTS des plantes] sont couvertes par la législation sur les OGM. Sans cela, impossible de contrôler toute conséquence négative ou dangereuse sur l'alimentation ou l'environnement. Les consommateurs, agriculteurs et producteurs de semences européens n'auraient aucun moyen d'éviter les OGM », dénonce le communiqué.

« La Commission ne devrait laisser planer aucun doute : tous les produits de l'ingénierie génétique sont soumis à la législation européenne sur les OGM, qui impose un étiquetage, une détection et une évaluation des risques rigoureux. »

Les nouvelles techniques de sélections sont des techniques de développement de nouvelles caractéristiques des semences via l'ingénierie génétique.

Ce secteur est considéré comme très prometteur par l'industrie agro-alimentaire et par le centre commun de recherche de la Commission, qui estime dans un rapport que ces techniques « sont même nécessaires pour faire face aux évolutions du monde, et notamment à la croissance de la population et au changement climatique ».

Les partisans de cette technologie considèrent qu'elles ne devraient pas être mises dans le même panier que les OGM puisqu'aucun ADN étranger n'est présent dans les plantes crées à partir de ces technologies. Ses détracteurs pensent que ce n'est qu'une tentative supplémentaire de vendre des OGM aux Européens.

  • 25 avril: début du nouveau cycle de négociations du TTIP à New York.

NGO

Par : Sarantis Michalopoulos | EurActiv.com

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:15

Agriculture - OGM | le 21 avril 2016

Nouveaux OGM : des preuves de la pression des semenciers et des États-Unis sur l’Europe

Paris, le 21 avril 2016 – Les entreprises de l’agrochimie tentent de faire entrer les nouveaux OGM dans nos champs et nos assiettes en faisant exclure ces nouvelles techniques de sélection génétique de la réglementation OGM existante en Europe. Elles ont à leur côté un allié de poids : les États-Unis. C’est ce que révèle aujourd’hui Greenpeace, en collaboration avec deux ONG européennes, GeneWatch UK et le Corporate Europe Observatory, dans une note de synthèse qui met en évidence la pression croissante exercée par les États-Unis sur la Commission européenne à ce sujet.

Une analyse juridique promise avant fin 2015

L’an dernier, la Commission européenne annonçait qu’elle publierait, avant fin 2015, une analyse juridique précisant si ces nouvelles techniques doivent ou non être incluses dans la réglementation OGM. D’après des documents émis par la mission américaine auprès de l’Union européenne et l’European Seed Association (ESA), la Commission était alors d’avis de classer ces nouvelles techniques dans la réglementation OGM. Or, à ce jour, la Commission n’a toujours rien publié.

Un lobby intensif du gouvernement américain pour retarder cette publication

Les documents obtenus par Greenpeace montrent ainsi que l’ESA, représentant notamment les semenciers américains Pioneer et Dow Seeds, alertait l’Union européenne des risques de barrières commerciales si ces nouvelles techniques étaient réglementées.

Le gouvernement américain s’est alors fait le relais de l’industrie auprès de la Commission européenne, dans un contexte de négociations pour le traité transatlantique de libre-échange (TAFTA) : suite aux bruits de couloirs concernant la position défavorable à l’industrie de la Commission, au moins six rencontres ont eu lieu en moins de deux mois (du 2 octobre au 4 décembre 2015) entre cette dernière et des représentants du gouvernement américain. Les nouveaux OGM étaient à l’ordre du jour d’au moins 2/3 de ces rencontres.

« Ce que révèle la note publiée par Greenpeace aujourd’hui, c’est tout un faisceau de preuves, réunions, déclarations, qui mises bout à bout, ne laissent aucun doute : les États-Unis font pression sur la Commission européenne pour que les nouveaux OGM échappent à la réglementation OGM, explique Suzanne Dalle, chargée de campagne Agriculture pour Greenpeace France. Résultat : alors que sa position semblait tranchée, la Commission n’a toujours pas publié son analyse juridique, cédant au lobby américain. »

Une pétition européenne pour réglementer les nouveaux OGM

De nombreux pays européens rejettent les OGM et en ont interdit la culture sur leur territoire. Or si les acteurs de l’agrochimie et les États-Unis arrivaient à leurs fins, ces nouvelles techniques seraient exclues du cadre juridique européen et ne seraient soumises à aucune obligation d’étiquetage et d’évaluation des risques. De son côté, le gouvernement français, qui a pourtant exclu la culture des OGM « classiques » de son territoire, recule également face au lobby des pro-OGM, dans un contexte de crise au sein du Haut Conseil des Biotechnologies.

Greenpeace et six autres organisations paysannes et environnementales françaises lancent aujourd’hui une pétition européenne demandant à la Commission européenne et au gouvernement français de ne rien céder : « Ces nouvelles techniques produisent bien des OGM et doivent être soumises à la réglementation européenne. Les décideurs politiques français et européens doivent assumer leurs responsabilités et protéger notre environnement et notre santé », conclue Suzanne Dalle.

Contact
Cécile Cailliez, Communication : 06 13 07 04 29

Dans l'actualité des pesticides ,Le Monde‎ -

Pesticides : Bruxelles va proposer une réautorisation du Roundup pour dix ans

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 03:03

Par delà l'imminente création d'une Agence Française pour la biodiversité en LR-PO( comble du bidonnage écolo et du recyclage politique,lire Pourquoi l’Agence française de la biodiversité ne pourra pas remplir sa mission), Fabrice Nicolino lui,a grand besoin de vous :ça c’est vrai!

11 avril 2016Développement

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Pour répondre à cet appel : nicolino.fabrice1@orange.fr

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Chers lecteurs, j’ai réellement besoin de vous. Je me lance – je me lance peut-être – dans une enquête au long cours. Sur un événement cataclysmique dont à peu près personne ne semble avoir la moindre conscience. Je veux parler de la disparition de la simple nature chez nous, en France.

Nous n’allons pas ici chipoter sur les chiffres qui, de toute manière, resteront indicatifs. On estime que la moitié des oiseaux qui habitaient à un moment ou un autre chez nous au cours d’une année ont disparu. Depuis à peu près 1960. Que nous avons perdu environ la moitié de nos si chers papillons en seulement trente ans. Je vous fais grâce des amphibiens, des abeilles, des lucioles, des coquelicots, des saumons, de tant d’autres merveilles jadis omniprésentes dans la moindre campagne.

Ce qui nous manque, c’est le regard susceptible d’embrasser l’ensemble. Et c’est pourquoi je sollicite avec force – et un peu d’appréhension – votre aide. Je recherche des témoignages, directs ou non; des personnes bien sûr; des lieux évidemment; des histoires aussi. Bref, tout ce qui pourrait documenter cette formidable régression dont tous les aménageurs – si seulement il n’y avait qu’eux ! – se contrefoutent.

Je pense, je crois pouvoir vous assurer que toute information fiable venant de vous me serait et vous serait finalement d’une grande utilité. Je dis bien : toute, y compris un bout de film super8, un carnet déchiré au fond d’une malle, une photo sépia. On se comprend ? J’en suis certain.

Vous pouvez et vous allez répondre sur cette adresse : nicolino.fabrice1@orange.fr

-Disparition de la vie sauvage : « Dis maman, c'était quoi, un papillon ? »

par Le Partageux - Les bafouilles du Partageux

Fabrice Nicolino, journaliste spécialisé en écologie, lance une enquête de grande ampleur sur la disparition de la nature et fait appel à tous les témoignages fiables.

Laissons de côté les légendes urbaines pour ne citer que les cas avérés que nous constatons dans notre coin de ville ou de campagne. Chacun peut et doit apporter sa contribution.

[…] une enquête au long cours. Sur un événement cataclysmique dont à peu près personne ne semble avoir la moindre conscience. Je veux parler de la disparition de la simple nature chez nous, en France.

Nous n’allons pas ici chipoter sur les chiffres qui, de toute manière, resteront indicatifs. On estime que la moitié des oiseaux qui habitaient à un moment ou un autre chez nous au cours d’une année ont disparu. Depuis à peu près 1960. Que nous avons perdu environ la moitié de nos si chers papillons en seulement trente ans. Je vous fais grâce des amphibiens, des abeilles, des lucioles, des coquelicots, des saumons, de tant d’autres merveilles jadis omniprésentes dans la moindre campagne.

Ce qui nous manque, c’est le regard susceptible d’embrasser l’ensemble […]

Et c’est bien pour cela qu’il sollicite toutes les bonnes volontés. La vie sauvage disparaît. À toute vibure. Je te donne des exemples tout simples pour t’inciter à faire ainsi part de ce que tu as remarqué chez toi.

Quand j’étais gosse des dizaines de sauterelles prenaient la fuite à chacun de nos pas. Quand les moissons ont commencé à remplacer les sacs par le vrac des remorques, les tas de céréales étaient mouvants tant les sauterelles y étaient nombreuses. Petites et grises. Ou grandes et d’un vert émeraude magnifique avec des formes aérodynamiques fuselées par les meilleurs designers. Puis les pesticides sont arrivés dans ma campagne et voilà bien trois décennies que je n’ai pas vu une nuée de sauterelles. Au point de finir par douter de mes souvenirs d’enfance. L’été dernier je me baladais au milieu du Larzac, bien loin de toute culture industrialisée, et j’ai revu ces nuées de sauterelles qui fuyaient nos pas durant mon enfance.

Quand j’étais gosse je cueillais au printemps des brassées de fritillaires pintaques (une bulbeuse dont la fleur ressemble à une tulipe à damiers) qu’on trouvait à profusion dans les prés mouillés autour de chez moi. On y trouvait aussi les colchiques à l’automne. Après drainage le maïs et les céréales ont remplacé les prairies à fritillaires et à colchiques.

Quand j’étais gosse les moissons étaient fleuries en abondance. Connais-tu le joli mot messicoles ? Toutes ces plantes qui accompagnaient les moissons. Le coquelicot le disputait au bleuet. Il est devenu si rare de voir une nielle qu’on ne trouve plus guère que les botanistes pour connaître encore le nom de cette plante cosmopolite.

Quand j’étais gosse une seule virée entre chien et loup imposait de laver un pare-brise maculé de bestioles écrabouillées. Aujourd’hui laver ma voiture une fois l’an est suffisant et elle présente bien plus de restes d’hydrocarbures que de moustiques et papillons.

Dans mon message à Fabrice Nicolino, je serai plus précis avec lieux, communes et départements, et dates de toutes mes observations.

Photo glanée sur Cailloux dans l’brouill’art.

Georges Brassens chante une « Chasse aux papillons » qui ne détruit pas le moindre écosystème.

Erosion de la biodiversité : le scepticisme n’est pas une réponse
http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/04/15/erosion-de-la-biodiversite-le-scepticisme-n-est-pas-une-reponse_4903066_1652692.html

Pourquoi l’Agence française de la biodiversité ne pourra pas remplir sa mission

Biodiversité| 24 mars 2016 - 18h53

Créée par la loi biodiversité, la nouvelle agence voit ses crédits et effectifs en baisse continue tandis que la concurrence avec les chasseurs affaiblit ses capacités en matière de recherche et de police de l’environnement.

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 06:57

Lettre ouverte du 5 avril 2016 à monsieur Vytenis ANDRIUKAITIS,Commissaire Santé et Sécurité alimentaire de la Commission Européenne

Cliquez pour lire la lettre ouverte au commissaire européen Santé et Sécurité alimentaire sur le classement des produits issus des biotechnologies

"Une question toute simple autour des nouvelles techniques de manipulation génétique agite les sphères bruxelloises et parisiennes depuis des mois : ces techniques appliquées aux plantes génèrent-elles ou non des OGM ? En jeu, l'application ou non de la réglementation européenne et nationale sur les OGM. Or ces "nouveaux OGM" présentent des enjeux et des risques identiques aux OGM issus de la transgénèse. Huit organisations de la société civile, dont France Nature Environnement, alertent à ce propos le Commissaire, Santé et Sécurité alimentaire de la Commission Européenne dans cette lettre ouverte datée du 5 avril 2016."

- Bénédicte Bonzi des Amis de la Terre est l'invitée de l'émission du 14.04.16-La Matinale- de radio campus paris ,pour parler de ces nouveaux OGM

http://www.radiocampusparis.org/matinale-nouveaux-ogm-festival-series-mania/ (radio)

Vous connaissez les OGM ? Des plantes génétiquement modifiées, de manière non naturelle, dont la culture est aujourd’hui réglementée en Europe après plusieurs années de débats.

Vous connaissez les « nouveaux OGM »? Non, et c’est normal. Ce soir dans la Matinale, Bénédicte Bonzi des Amis de la Terre vous explique le débat. « Le débat est sémantique, pour nous, ce sont des OGM comme les autres, et la réglementation actuelle devrait s’appliquer ». Sauf qu’aujourd’hui s’est engagée une bataille judiciaire pour définir ces plantes modifiées génétiquement, mais à l’aide de nouvelles méthodes scientifiques.

En France, la question est entre les mains du Haut Conseil des Biotechonologies, instance qui rend des avis aux politiques en s’appuyant sur le travail d’un comité scientifique. Les Amis de la Terre, comme 7 autres associations de la société civile, ont claqué la porte du HCB la semaine dernière, comme l’explique Bénédicte Bonzi : « c’était devenu insupportable d’être face à autant de dysfonctionnements, on est pris dans un organisme qui va vers une décision à laquelle on est opposés. Notre parole était inexistante, diluée, et on condamne le manque de démocratie dans le processus ».

Pour ces associations, des arguments scientifiques divergents ont été retirés de l’avis final du HCB. « Le principe de précaution n’est pas une option », insiste Bénédicte Bonzi,« il doit être central dans les débats, et cela devrait être le rôle du HCB d’aller vers ce principe de précaution. »

« La réponse aujourd’hui à la question des nouveaux OGM est technique, alors qu’elle doit être politique. L’important, c’est ce que les gens veulent, ce qu’ils veulent manger, et quelles seront les conséquences pour un monde dans lequel les techniques sont incontrôlables. Quand on cache des éléments du débat, on cache quelque chose aux gens qui va changer leur quotidien. »

-podcast France Inter : La Tête au carré... Yves Bertheau (Inra), Lorène Lavocat (Reporterre)

http://rf.proxycast.org/1153797189244297217/10212-18.04.2016-ITEMA_20963987-2.mp3

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