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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 07:24

Communiqué de Presse / Sénat : un bilan mitigé pour la biodiversité cultivée.

Actualités

Pour télécharger le CP en Pdf, cliquez ICI.

Le 13 mai 2016.

Après plus de deux lectures, la finalisation du projet de loi reconquête de la biodiversité approche. La seconde lecture du Sénat vient de se clôturer, certaines parties du texte encore incertaines seront discutées entre députés et sénateurs au sein d’une commission mixte paritaire (CMP).

Une nouvelle victoire pour la biodiversité cultivée : l’interdiction de breveter les plantes et les animaux issus de sélection traditionnelle ainsi que leurs parties ou traits génétiques est votée dans les mêmes termes que l’Assemblée et donc définitivement actée. Les parlementaires répondent ainsi en partie à une dynamique citoyenne européenne qui a permis de réunir 65 000 oppositions dans un recours contre un brevet sur des tomates de la multinationale Syngenta.

Le Sénat a aussi proposé d’interdire l’extension de la protection des brevets à des parties de plantes cultivées ou d’animaux d’élevage déjà existants, mais malheureusement pas aux traits génétiques « natifs » des mêmes plantes ou animaux. Concernant les semences destinées aux jardiniers amateurs, les débats ont été vifs entre les sénateurs : finalement adopté, l’amendement gouvernemental autorise explicitement les échanges entre jardiniers amateurs de semences n’appartenant pas à une variété du catalogue, mais ne dit rien quand à la possibilité de les commercialiser !. L’Assemblée Nationale ne s’étant pas encore prononcée sur ces deux nouveaux articles, c’est la CMP qui doit encore décider de leur sort.

Plusieurs sujets, touchant à la biodiversité cultivée, n’ont pas été abordés lors de cette seconde lecture : l’interdiction des Variétés Rendues Tolérantes aux Herbicides (VrTH), que Mme Royal avait il y a un an promis de rediscuter en deuxième lecture, a été « oubliée ». Le sujet brûlant des nouveaux OGM a lui aussi été soigneusement évité alors que plusieurs associations de la société civile1 alertent le gouvernement sur la gestion de ce dossier depuis plusieurs mois.

Sur les insecticides néonicotinoïdes, les sénateurs ont pour la deuxième fois refusé de les interdire. Nos organisations dénoncent avec colère le vote d’un Sénat qui a préféré se retrancher derrière l’ANSES pour éventuellement interdire à partir de juillet 2018, uniquement au cas par cas, sur telle ou telle culture, ces molécules dévastatrices pour la biodiversité. Nos organisations demandent clairement que lors des prochaines étapes, nos parlementaires prennent leur responsabilité et votent définitivement une interdiction ferme de ces produits.

Contacts pour le Collectif Semons la Biodiversité :

  • Guy Kastler de la Confédération Paysanne : 06 03 94 57 21
  • Emilie Lapprand du Réseau Semences Paysannes : 06 43 61 06 26

Pour en savoir plus sur l’ensemble de ce projet de Loi cliquez ICI .

Semons La Biodiversité est un collectif regroupant une trentaine de structures engagées pour la reconnaissance positive des droits des agriculteurs sur les semences, pour la préservation et le renouvellement de la biodiversité cultivée. Pour plus d’informations : www.semonslabiodiversite.com.

1Voir http://www.semencespaysannes.org/nouveaux_ogm_sept_organisat_societe_civile_pa_115-actu_345.php#date345

13 mai 2016By michelActualités CommuniquésLeave a comment

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 06:58

Agriculture urbaine

Dépolluer les sols contaminés aux métaux lourds avec des plantes:intox ou réalité ?

par Sophie Chapelle 6 mai 2016

Plomb, zinc, cadmium… Les sols n’ont pas été épargnés par des décennies d’industrialisation. Les adeptes de l’agriculture urbaine lorgnent sur les friches aux abords des villes. Mais comment rendre ces terrains à nouveau cultivables ? Des expérimentations révèlent la capacité de certaines plantes à immobiliser ou extraire partiellement les polluants. Des travaux sont également menés pour recycler les métaux accumulés dans les végétaux. Ces techniques de dépollution, basées sur les plantes, sont-elles efficaces et suffisantes ? Tour d’horizon des possibles.

Plus de 300 000 sites seraient potentiellement pollués en France suite à des activités métallurgiques ou minières. Soit une surface d’environ 100 000 hectares [1] – l’équivalent de près de 2000 exploitations agricoles ! Devant cet immense gisement foncier, on se prend à rêver de jardins partagés, de cultures maraichères, de vergers, s’étalant sur d’anciennes zones industrielles désaffectées. Mais peut-on assurer une décontamination suffisante de ces sols pour les rendre à nouveau cultivables ? Les plantes peuvent-elles être une solution pour les dépolluer ?

Légalement, les entreprises ont une obligation de remise en état de leurs sites [2]. À ce jour, les techniques d’excavation, consistant à enlever la terre puis à la mettre en décharge ailleurs, demeurent la voie privilégiée. « Ce sont des techniques qui permettent de résoudre immédiatement la pollution du sol, mais elles restent très coûteuses », indique Valérie Bert, ingénieure à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). L’excavation, qui revient à déplacer le problème de la pollution sur un autre site, ne peut être utilisée que pour de faibles volumes de matériaux à traiter.

De nouvelles techniques ont émergé, basées sur l’utilisation des plantes. Leur nom ? « Phytotechnologies » [3]. « Avec ces techniques, nous ne faisons pas de la dépollution, contrairement à ce qui est souvent dit dans les médias, mais de la gestion du risque par la maîtrise des impacts », tient à préciser d’emblée Frédérique Cadière, du département Friches urbaines et sites pollués de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), organisme public qui gère certains sites pollués [4]. L’enjeu est de limiter les transferts des contaminants dans l’environnement et, en suivant la chaine alimentaire, vers les herbivores. On assume que l’on va laisser les polluants mais on en limite les effets »

Des plantes qui extraient partiellement les polluants

Si les techniques de phytotechnologie ne sont pas encore sur le marché, elles font l’objet de plusieurs programmes de recherche. La technique la plus avancée en terme de développement porte le nom de « phytostabilisation ». Elle consiste à planter une couverture végétale qui immobilise les contaminants dans le sol. « On se sert des avantages du couvert végétal pour éviter le contact avec la surface, limiter le ruissellement et l’infiltration des eaux de pluie vers la profondeur du sol, et les transferts de polluants vers les nappes souterraines », précise Frédérique Cadière. Réintroduire de la végétation permet également de limiter l’érosion et d’éviter que le vent ou la pluie n’éparpillent des éléments métalliques autour du site. Des bactéries ou des champignons peuvent être ajoutés pour immobiliser les polluants au bord des racines. « L’immobilisation des polluants se fait très rapidement. Les premiers effets peuvent être observés au bout de quelques semaines », appuie Valérie Bert, de l’Ineris.

D’autres plantes vont davantage absorber et transporter des quantités significatives de polluants vers leurs tiges et leurs feuilles. On parle alors de « phytoextraction ». Les racines des plantes ne pouvant descendre que jusqu’à un mètre environ de profondeur dans le sol, elles ne peuvent extraire que partiellement les polluants. « On n’atteint qu’une partie des éléments métalliques, cette technique n’est donc qu’une solution partielle à la décontamination », souligne Frédérique Cadière.

Que faire ensuite de ces tiges et feuilles remplies de métaux lourds ? Des essais de combustion ont été menés par l’Ineris. « Si cette biomasse issue de sols pollués est brûlée en chaudière équipée de systèmes de filtration efficaces, il n’y a pas de problèmes avec les émissions dans l’air », précise Frédérique Cadière. Reste la question des sous-produits, comme les cendres issues de cette combustion. Selon les métaux contenus dans les cendres, celles-ci pourraient être épandues dans la nature.

Ramener de la nature en ville, à défaut de terres cultivables

Parmi les expériences de phytoextraction, il y a celle menée par l’Ineris en partenariat avec la communauté d’agglomérations de Creil, dans l’Oise. L’enjeu affiché par la collectivité : « Réunifier passé industriel et futur urbain durable ». Le site choisi est celui d’une ancienne usine de camping-cars fermée dans les années 1990. Sur une parcelle expérimentale de 580 m2, 350 saules des vanniers ont été plantés en avril 2013 dans le cadre de la rénovation du quartier. Les échantillons prélevés sur les feuilles ont confirmé la capacité de ces arbres à croissance rapide à accumuler le zinc et le cadmium.

Ce site peut-il retrouver à terme un usage alimentaire ? « Ce n’est généralement pas un objectif recherché lorsque l’on fait de la gestion des sols pollués, et ce n’est pas le but de cette expérimentation », souligne Valérie Bert. En revanche, le recours à cette technique permet à l’agglomération de reconquérir son foncier pour réaménager la ville et faire en sorte que ses terres ne soient plus « gelées ». « Cette expérience s’inscrit dans un projet plus global de transformation d’un quartier en écoquartier, où la végétation s’intègre complètement dans le paysage. Au-delà de l’objectif de gestion des sols pollués, les phytotechnologies contribuent à ramener de la nature en ville pour les citoyens et les usagers ».

Comment recycler les métaux accumulés dans les plantes

« Évidemment, on doit regarder la gestion de la dépollution des sols dans sa globalité et ne pas se contenter du transfert de la pollution des sols vers les plantes », concède Valérie Bert. L’Ineris mène d’ailleurs des travaux sur le sujet, par exemple sur la valorisation de la biomasse, dans la filière Bois et Énergie. Ne rien faire de ces végétaux chargés en métaux revient à en faire de nouveaux déchets. Et laisser les plantes mourir in situ signifie que la pollution métallique va revenir dans le sol.

D’où le projet mené par la chimiste Claude Grison pour recycler les métaux stockés dans les feuilles et tiges [5]. C’est sur l’ancien site minier du village Saint-Laurent-le-Minier dans le Gard que cette chimiste cultive et travaille sur des plantes hyper-accumulatrices de métaux [6]. Mais réhabiliter ce site de manière écologique par phytoextraction nécessite des décennies, et les fonds publics manquent. Pour attirer des industriels afin qu’ils financent le programme de phytoextraction, la chimiste transforme ces feuilles chargées d’éléments métalliques en catalyseurs pour la chimie.

Un catalyseur ? Imaginez trois molécules simples. Pour que celles-ci réagissent ensemble, qu’elles se lient les unes aux autres afin de former une nouvelle molécule complexe, il faut un catalyseur. Ce catalyseur n’est autre que le métal qui vient de la plante. Il va attirer les molécules les unes vers les autres et les forcer à réagir ensemble, à s’associer. Une fois la molécule construite, le catalyseur est libéré et peut être réutilisé. Face à la raréfaction des ressources minières et aux tonnes de terrils inutilisés, les recherches de Claude Grison attirent les investisseurs des secteurs du médicament (anticancéreux, agents antiviraux, molécules actives contre la malaria, etc), de la cosmétique ou des phytosanitaires. « C’est un projet qui se place dans une perspective d’économie circulaire, où l’on travaille sur la filière dans sa globalité », pointe Valérie Bert, de l’Ineris. « C’est une voie prometteuse sur laquelle il faut encore travailler la faisabilité », estime pour sa part Frédérique Cadière de l’Ademe.

La reconversion du site Metaleurop vers une filière biomasse

Autre site en reconversion, autre projet : Metaleurop Nord, à une quarantaine de kilomètres au sud de Lille. Le site, liquidé en 2003, est tombé dans le giron de l’Ademe. Ici, la contamination au plomb, zinc et cadmium par l’ancienne fonderie s’étend sur plus de 120 km2 ! Sur une telle surface, l’idée de remédier à la pollution par un enlèvement des terres contaminées et leur remplacement par des terres propres est complètement illusoire. Francis Douay, chercheur à l’ISA Lille, une école d’agriculture, travaille sur les sols agricoles du secteur. La contamination par les retombées de poussières descendrait jusqu’à 28 centimètres de profondeur. « Sur les sols les plus contaminés, les productions agricoles ne sont pas conformes pour l’alimentation animale et humaine », explique-t-il. Pourtant, ces productions continuent d’être commercialisées. « L’idée est d’utiliser des plantes pour gérer ces sols contaminés avec la possibilité in fine de produire de la biomasse. »

Francis Douay s’intéresse notamment au miscanthus et égrène ses vertus : « C’est une plante qui accumule peu de polluants dans les parties aériennes récoltées, sans besoin d’apports fertilisants, adaptée au climat et qui peut servir pour produire du chauffage ou de l’électricité, des litières pour les animaux, de paillis, des fibres pour l’écoconstruction, du bioéthanol.... » Cette plante à rhizomes émet des tiges atteignant 3 à 4 mètres de hauteur au bout de deux à trois ans, qui peuvent être récupérer. « Les usages sont variés mais la difficulté c’est de trouver des utilisateurs sur le secteur. La profession agricole a bien conscience du problème posé par la contamination des sols et est prête à évoluer dans ses cultures et ses pratiques. Mais il faut un produit qui soit rentable et le prix du miscanthus est trop faible pour le moment ». Cette plante présente également, au moment de la récolte, beaucoup de volume pour un poids faible, ce qui contraint à une utilisation locale [7]. Francis Douay n’imagine pas non plus convertir l’ensemble de cette vaste surface agricole en production de miscanthus, et explore d’autres voies aux côtés de la chambre d’agriculture et de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.

Restaurer la biodiversité

« Les phytotechnologies s’adressent à une petite partie des sites pollués, résume Frédérique Cadière. Elles peuvent s’appliquer sur de grandes zones agricoles dégradées, de grandes étendues contaminées, avec une concentration moyenne à faible, et pas trop en profondeur. Mais elles ne sont pas la solution miracle pour tous les sites pollués. » Il n’est pas possible par exemple de les utiliser sur les sites présentant un danger immédiat pour l’environnement ou la santé. « Les professionnels en prise avec la gestion de site pollué agissent souvent dans le cadre d’opérations de renouvellement urbain : vente de terrains, construction de logements, acquisition par un promoteur immobilier... pour lesquels le temps est une contrainte forte. D’où le recours à des techniques plus "agressives" et plus coûteuses », note Frédérique Cadière.

Le recours aux phytotechnologies est-il moins onéreux que l’excavation ou la mise en décharge ? « C’est sans doute le cas, mais pour le confirmer il faudrait une étude économique sur la filière globale, en intégrant la valorisation de la biomasse », souligne Valérie Bert. Il ne faut toutefois pas prendre en compte seulement les aspects économiques mais aussi tous les bénéfices de ce type de technologies, comme le fait d’avoir de la nature en ville. » « Par ailleurs les sols urbains présentent parfois des potentialités agronomiques très médiocres, avec une activité biologique faible, et les phytotechnologies peuvent aussi restaurer la fonctionnalité du sol, la biodiversité, la trame verte... », ajoute Francis Douay.

Une solution : la culture en bacs

De plus en plus de collectivités sollicitent les instituts de recherche pour expérimenter les phytotechnologies sur des friches industrielles. Un réveil qui semble à première vue tardif par rapport aux États-Unis. « La littérature scientifique américaine donne certes l’impression que tout a été fait sur ces techniques depuis longtemps. Au niveau européen, nous souhaitons confirmer sur la durée les résultats obtenus lors des dernières expérimentations menées en France et en Europe, avant de déployer les phytotechnologies à plus grande échelle, nuance Valérie Bert. Les phytotechnologies connaissent un essor depuis 2010 sur notre territoire par la mise en place d’essais grandeur nature, une étape essentielle pour permettre aux phytotechnologies de se déployer et de remplir toutes leurs promesses », conclut-elle.

Pour ceux qui désirent pratiquer l’agriculture urbaine sur des sols potentiellement contaminés, reste la possibilité des cultures en bacs, comme le pratiquent de nombreux résidents à Montréal (notre reportage). Ou bien encore d’investir les toits bétonnés pour construire des serres, faire pousser des plantes potagères, tropicales ou médicinales.

@Sophie_Chapelle

Pour aller plus loin :
Les phytotechnologies appliquées aux sites et sols pollués – État de l’art et guide de mise en œuvre, EDP Sciences, 2012, ADEME – INERIS.
Lire l’enquête sur Ces sites pollués abandonnés par les industriels

Photos :
Une : CC Wendell.
Expérimentation en cours au sein de la Communauté de l’Agglomération Creilloise - © Ineris
Anthyllis vulneraria - CC Shalom / FlickR
Miscanthus - CC KCDFoto / FlickR

Notes

[1] Chiffres de la base de données Basias, qui constitue un inventaire des anciens sites industriels et activités de service pouvant être à l’origine de pollutions des sols. Source

[2] Article 34-1 du décret du 21 septembre 1977

[3] De nombreux travaux de recherches parlent également de « phytoremédiation », un terme plus anglophone mais qui a le même sens.

[4] Les sites pollués dépourvus de responsables tombent dans le giron de l’Ademe. Il lui revient d’en assurer la sécurité, de surveiller d’éventuels risques de pollution puis de les nettoyer, comme le prévoit une circulaire du 7 juin 1996.

[5] Claude Grison est directrice du laboratoire Chimie bio-inspirée et innovations écologiques (CNRS/Université Montpellier 2/Stratoz).

[6] Deux plantes locales ont révélé des propriétés exceptionnelles : Anthyllis vulneraria et Noccaea caerulescens. Toutes deux sont des plantes accumulatrices de zinc.

[7] Un mètre cube de miscanthus équivaut à environ 130 kilos.

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 05:59

Nouveaux OGM : la note du HCB passée au crible par Yves Bertheau

Nouvel épisode dans le feuilleton autour de la note du Comité scientifique (CS) du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) sur les nouvelles techniques de modification génétique : le HCB n’a toujours pas publié les commentaires d’Yves Bertheau, membre démissionnaire, sur cette note remise au gouvernement début février. Une note pourtant riche en considérations scientifiques. Inf’OGM a décidé de la publier sur son site internet [1].

La suite sur : http://www.infogm.org/spip.php?article5937

-Note de l'administration du blog :L'autre mention du conflit 'est en fin de l'article Génétique : CRISPR fait son entrée dans le monde de l'agriculture de Sciences et Avenir‎ -

ublié le 26-04-2016 à 12h00

Le département américain de l’Agriculture a donné son feu vert à la commercialisation d’un champignon de Paris génétiquement modifié par le nouvel outil d’édition des génomes.

OXYDATION. Le département américain de l’Agriculture (USDA, l’équivalent du ministère français) a décidé que son administration n’avait en aucun cas le pouvoir d’encadrer la culture d’un champignon de Paris génétiquement modifié par CRISPR, la méthode développée par Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier en 2012. Phytopathologiste à l’université d’Etat de Pennsylvanie, Yinong Yang a ôté du génome d’Agaricus bisporus six gènes qui commandent la production d’une enzyme, les polyphénol-oxydases (PPO). Ces enzymes produisent une réaction de défense de la plante en oxydant les tissus végétaux atteints par une agression extérieure. Les PPO sont ainsi responsables de la couleur brune qui se propage à la surface d’un fruit ou d’un légume qui vient d’être coupé. L’idée du chercheur, c’est de stopper cette réaction pour augmenter la durée de vie du champignon de Paris et donc sa date limite de consommation.

C’est la première fois que l’USDA avait à donner son avis sur un végétal génétiquement modifiée par CRISPR. Et l’organisme a déclaré n’avoir aucune base juridique pour imposer à la culture un examen par l’administration américaine de l’alimentation et des drogues (FDA, Food and drugs administration), l'instance de réglementation des produits agricoles. Cette décision équivaut donc à un feu vert pour l’utilisation de la nouvelle variété, la FDA pouvant cependant encore décider de s’autosaisir du sujet.

OGM ou pas?

TRANSGÉNÈSE. L’USDA a pris une telle décision parce que, selon elle, ce champignon n’est pas un organisme génétiquement modifié (OGM). Ses concepteurs n’y ont pas ajouté un virus ou une bactérie étrangère au génome de la plante par transgénèse, comme c’est le cas avec la bactérie Bacillus thuringiensis insérée dans le génome du maïs pour lui conférer la résistance à la pyrale, un insecte ravageur. Ici, seuls six gènes ont été soustraits, réduisant ainsi l’activité enzymatique des PPO de 30%.

Ce faisant, l’USDA reste fidèle à ses conceptions. Une trentaine de plantes modifiées par les nouvelles techniques d’obtention des plantes (NPBT selon l’acronyme anglais) ont en effet été acceptée aux Etats-Unis ces cinq dernières années. Ces nouvelles variétés ont été obtenues par des techniques de modification du génome comme les TALENs (Transcription activator-like effector nucleases) qui visent à introduire dans le génome d’une plante des caractères recherchés comme la résistance à un pathogène ou à la sécheresse qui sont présents dans d’autres variétés de la même espèce. Là encore, le fait qu’il n’y ait pas introduction d’un gène étranger implique qu’il ne s’agit pas d’OGM selon l’USDA. CRISPR s’ajoute ainsi à plus d’une demi-douzaine de nouvelles techniques d’hybridation. Les plantes qui en sont issues constituent-elles des inventions susceptibles d’être protégées? L’université de Pennsylvanie a déposé une demande de brevet et, selon Nature du 14 avril, Yinong Yang envisage de créer une entreprise de commercialisation de son champignon.

Conflit au sein du Haut Conseil des Biotechnologies en France

DÉBAT. L’administration américaine s’interroge cependant sur la nécessité de modifier sa réglementation. L’Académie américaine des Sciences a commencé une série de travaux pour essayer d’anticiper ce que les biotechnologies vont proposer dans les 5 à 10 ans à venir. C’est une question que se posent tous les pays développés. Les positions sont très diverses. L’Argentine estime qu’il faut prendre des décisions au cas par cas. L’Australie a d’ores et déjà décidé que les plantes à qui on avait ôté des gènes n’étaient pas des OGM mais que celles à qui on en avait inséré devraient rentrer dans cette catégorie. L’Union européenne doit produire un avis détaillé qu’opposants et partisans des OGM attendent depuis plusieurs mois. Enfin, en France, le sujet a provoqué un conflit au sein du Haut Conseil des Biotechnologies. Les représentants des associations de protection de l’environnement ont démissionné en bloc le 14 avril de cette instance pour protester contre un projet d’avis qui serait favorable aux nouvelles techniques d’hybridation sans avoir été discuté. Le débat est d’une importance capitale pour une grande partie de l’agro-industrie. Si les nouvelles techniques d’hybridation étaient en effet in fine considérées comme n’étant pas des modifications génétiques, elles échapperaient à la réglementation actuelle d’étiquetage et d’information des consommateurs sur les produits contenant des OGM.


-De nouveaux OGM, sans évaluation ni étiquetage, bientôt dans les assiettes ?
https://www.bastamag.net/De-nouveaux-OGM-sans-evaluation-ni-etiquetage-bientot-dans-les-assiettes



-Coévoluer avec la nature ou la reprogrammer ? Guy KASTLER
http://www.infogm.org/spip.php?article5935

« Bataille », « polémique », « inquiétude », « division », « désaccord »… A peine sortis des cartons, ceux que l’on nomme les « nouveaux OGM » ou « OGM cachés » provoquent déjà un tollé. En cause notamment, le statut juridique de cette nouvelle génération de mutants, toujours en discussion, et cette interrogation lourde de conséquences : doit-on ou non les considérer comme des OGM ? Tentative de mise à plat du concert scientifico-politico-médiatique qui entoure ce dossier dans cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

Ces OGM qui n’en sont pas ?
Avant, les choses étaient simples. L’OGM, c’était cet organisme obtenu par transgénèse, c’est-à-dire par l’introduction dans le génome d’un organisme vivant, d’un gène issu d’un organisme tiers, afin de lui conférer un caractère particulier. Désormais, nul besoin de recourir à un élément extérieur. Les caractéristiques recherchées sont obtenues par mutagénèse dirigée, via un ensemble de nouvelles techniques dites de « New Plant Breeding Techniques ». Celles-ci permettent d’intervenir directement sur le génome pour supprimer/modifier un gène et/ou son expression.

NPBT, quezaco… ?
Mais que recouvre concrètement cette terminologie de « NPBT » ? La presse est avare de détails dès lors qu’il s’agit de caractériser plus finement ces techniques. Pour y voir un peu plus clair, on peut se reporter à l’un des documents que le Haut Conseil des Biotechnologies - une instance pluraliste qui propose une expertise sur les biotechnologies à l’intention des pouvoirs publics - leur consacre. Ce dernier retient 8 techniques, réparties en trois grands types [1] : « les nouvelles techniques de modifications ciblées du génome, les techniques exploitant les mécanismes épigénétiques , et les éléments annexes à l’utilisation de modification génétique » - par exemple la greffe d’un jeune rameau (scion) non-GM [2] sur un porte-greffe GM.
Difficile pour les néophytes en biologie moléculaire de saisir les différences entre chacune d’entre elles. Remarquons toutefois la grande diversité des techniques employées qui vont de la greffe à la modulation de l’expression des gènes.

Entre deux eaux…
Problème. « Ces techniques faciles à utiliser et peu chères sont en plein boom, mais pour l’instant elles n’ont aucun statut juridique » indique la journaliste Lorène Lavocat sur France Inter. C’est là toute la subtilité du dossier : pour les uns, le génome de la plante étant affecté, tous les mutants obtenus sont de facto des OGM. Pour les autres, « dans la mesure où [ces techniques] ne font qu’accélérer un processus de mutation qui se produirait également dans la nature, il n’y a pas de différence, au final, entre les mutants naturels et artificiels » (Le Monde).
Dans le premier cas, ces mutants relèvent de la législation relative aux OGM, avec ce que cela implique en termes d’évaluation des risques sanitaires et environnementaux, ou d’étiquetage pour les producteurs et les consommateurs. Dans le second cas, ils y échappent. A l’échelle nationale comme communautaire, la bataille est engagée pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Bruxelles doit statuer prochainement sur leur sort, en tenant compte de la position des Etats membres. Or, en France, la question n’est pas tranchée.

Clash au HCB
La position française doit prendre appui sur l’avis que doit rendre le HCB sur le sujet. Le hic, c’est que le texte sur lequel travaille le conseil scientifique du HCB a provoqué un clash au sein de l’institution. Première étape de cette saga, la démission dudit conseil d’Yves Bertheau, chercheur (Inra) au Muséum national d’histoire naturelle. Plusieurs raisons à cela. Premier grain de sable, la procédure employée par le HCB : « Le texte a d’abord été présenté le 16 décembre [2015] en réunion du comité scientifique, comme une simple note de synthèse mais il s’est avéré ensuite qu’il aurait le statut d’avis officiel transmis au gouvernement » détaille le chercheur. Un changement de statut d’autant plus fâcheux que le texte présente selon lui de sérieuses lacunes scientifiques voire des omissions. Le Monde explique ainsi que les « effets des modifications non intentionnelles du génome des plantes (dits « effets hors cible ») y sont (…) insuffisamment abordés. ». Le texte précise par ailleurs que, ces nouveaux OGM ne pouvant être distingués des variétés conventionnelles, ils devraient être considérés comme telles « et exemptes d’évaluation des risques ».
Ce sont ces mêmes raisons qui ont conduit huit organisations de la société civile à quitter le Conseil économique, éthique et social (CEES) du HCB, suivies le 11 avril dernier du vice-président de ce même conseil Patrick de Kochko.

La difficile évaluation des risques
On l’aura saisi, l’évaluation des risques associés aux NPBT divise. Car que faut-il évaluer : les effets du gène modifié ou ceux de la plante entière ? Doit-on au contraire considérer ces mutants comme analogues aux variétés conventionnelles avec tout ce que cela implique ?
A ces considérations scientifiques s’ajoutent des éléments d’ordre juridique. Pour la Confédération paysanne, les NPBT constituent une porte ouverte pour la "biopiraterie". A partir du moment où la modification apportée à la plante n’est pas détectable, que le gène dit natif ne peut être distingué du gène modifié, n’importe qui peut « revendiquer la propriété industrielle de toutes les plantes cultivées ». Il suffit, au moment du dépôt de brevet, de décrire le gène modifié avec les mêmes caractéristiques que le gène natif...

Bruxelles, prochaine étape du débat
Quelle position va adopter l’Union européenne sur ce dossier ? Nul ne le sait. Outre les pressions exercées par les promoteurs comme les opposants à ces NPBT, la Commission Junker subit, à en croire Greenpeace et le site Euractiv, les assauts répétés des lobbyistes américains « pour que [la] législation sur les OGM ne s’applique pas aux nouvelles techniques de sélection des plantes ».
Dans ce contexte tendu, sur fond de négociations sur l’accord commercial transatlantique, « la Commission européenne a déjà retardé plusieurs fois l’analyse juridique de la question ». Reste cette certitude : elle ne pourra pas botter en touche indéfiniment.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 26 avril 2016.

SOURCES.
Inquiétudes et controverse autour des « nouveaux OGM » Angela Bolis, Le Monde, 6 avril 2016.
Inquiétudes sur les nouveaux OGM Anne-Laure Barral, C’est ma planète, France Info, 23 avril 2016.
Nouveaux OGM : le rapport qui divise France Inter, 18 avril 2016.
Batailles et polémiques autour des nouveaux OGM Stéphane Foucart et Angela Bolis, Le Monde, 12 avril 2016.
Les nouvelles techniques de sélection des plantes divisent Bruxelles et Washington Sarantis Michalopoulos, Euractiv, 25 avril 2016.

A propos des OGM, on peut lire notamment sur le site de la Mission Agrobiosciences (publications originales accessibles gratuitement :
Le bio, le conventionnel et l’OGM : la coexistence impossible ? dispute entre Guy KASTLER ( Confédération Paysanne) et Christian PEES, Président du Groupe Euralis, modérée par Antoine MESSEAN, (Inra). Avec les réactions du chercheur espagnol Raul COMPES. 21èmes Controverses européennes de Marciac.
A-t-on vraiment besoin des OGM pour nourrir le Monde ? Marion Desquilbet, économiste, Chercheur à l’école d’économie de Toulouse et au Gremaq. 15èmes Controverses de Marciac. Février 2010
Les OGM à l’épreuve des arguments L’ouvrage de Sylvie Berthier et Valérie Péan, Mission Agrobiosciences, Ed. Quae, 2011.

Accéder à toutes les publications de la Mission Agrobiosciences sur les thèmes de : Alimentation et Société ; Cancers et alimentation ; Obésité ; Consommation & développement durable ; Lutte contre la faim ; Crises alimentaires ; "Ça ne mange pas de pain !" ; Méditerranée ; Agriculture et société ; Politique agricole commune ; OGM et Progrès en Débat ; Les relations entre l’homme et l’animal ; Sciences-Société-Décision Publique ; Science et Lycéens ; Histoires de... ; Produits de terroir ; Agriculture et les bioénergies ; Les enjeux de l’eau ; Carnets de Voyages de Jean-Claude Flamant.

ACCEDER A LA TOTALITE DE LA REVUE DE PRESSE DE LA MISSION AGROBIOSCIENCES

[1] En savoir plus sur le HCB et accéder au rapport provisoire (page 12) : http://www.hautconseildesbiotechnol...

[2] pour Génétiquement Modifié

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Elevage et société : la tentative de réconciliation allemande

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 17:04
Les plantes transgéniques sont-elles en train de se muer en plantes invasives en Espagne?

www.stopogm.ch


Considérée comme l’ancêtre du maïs cultivé, la téosinte est en train de proliférer à l’état sauvage en Espagne. Dans une lettre ouverte, 13 organisations issues de l’agriculture ou de l’environnement attirent l’attention de la Commission européenne sur le fait que la téosinte et le maïs sont susceptibles de se croiser et de produire des descendants communs, autrement dit que le risque d’un transfert de gènes entre la téosinte et le maïs transgénique est bien réel. Or l’Espagne sème plus de 100 000 hectares de maïs transgénique MON810. Les organisations demandent par conséquent d’interdire la culture de ce maïs. Originaire du Mexique, la téosinte a fait son apparition en Espagne en 2009. Mais ni les autorités espagnoles, ni le groupe américain Monsanto n’ont pris la peine d’en informer officiellement la Commission européenne. Aujourd’hui, cette graminée se propage dans les régions de l’Aragon, de la Navarre et de la Catalogne, où elle menace dangereusement les cultures de maïs. Pour empêcher son avancée, les autorités régionales ont même interdit de cultiver du maïs dans certaines zones.

« Parmi les régions d’Espagne touchées par la prolifération de la téosinte, il y en a plusieurs qui cultivent sur des milliers d’hectares le maïs transgénique MON810 produisant un insecticide. Si cette propriété se transmet à la téosinte, cette graminée pourrait se montrer plus envahissante encore », explique Blanca Ruibal de l’organisation Amigos de la Tierra. « Nous sommes extrêmement inquiets de constater que ni les autorités espagnoles ni Monsanto n’ont informé la Commission européenne de cette menace sérieuse pour l’agriculture et pour l’environnement. L’Europe pourrait bientôt se voir confrontée à la prolifération de cette plante non seulement en Espagne, mais aussi dans les zones productrices de maïs en France, en Italie ou au Portugal. »

La Commission européenne n’a vraisemblablement jamais reçu d’information officielle. En réponse à une députée espagnole du Parlement européen, la Commission a déclaré en novembre 2014 n’avoir connaissance d’« aucune donnée concernant l’apparition de la téosinte ». Par conséquent, la téosinte ne figure pas non plus sur la liste des espèces invasives présentée par la Commission européenne en 2015.

Jusqu’ici, on supposait que le maïs en Europe ne pouvait pas transmettre ses gènes à une espèce sauvage apparentée. Cette supposition constituait une condition essentielle à l’autorisation de culture du maïs transgénique sous nos latitudes. La loi oblige Monsanto à remettre à l’UE un compte rendu annuel sur la culture du maïs transgénique et sur ses risques potentiels pour l’environnement. La téosinte comme nouvelle espèce invasive n’est cependant mentionnée dans aucun rapport. Selon le dernier rapport de Monsanto portant sur l’année 2014, le maïs MON810 est cultivé en Tchéquie, en Roumanie, en Slovaquie, au Portugal et en Espagne. Avec près de 130 000 hectares de MON810, l’Espagne est de loin le plus gros producteur d’OGM de l’UE.
« Si l’on trouve désormais en Europe des espèces apparentées du maïs par lesquelles le maïs transgénique peut se propager dans l’environnement de façon incontrôlée, il faut revoir l’évaluation actuelle des risques et la Commission européenne doit retirer l’autorisation de culture pour 2016, et ce avant que les paysans commencent les semailles », déclare Christoph Then de Testbiotech.
« De nombreux paysans écologiques ont déjà arrêté de cultiver du maïs en Espagne en raison du risque élevé de contamination par le MON810 », relève Eric Gall de la Fédération internationale des mouvements de l’agriculture biologique IFOAM. « Les autorités espagnoles et la Commission européenne doivent à présent veiller à ce que la présence de téosinte n’augmente pas encore fortement ce risque. »

Dans leur lettre, les organisations demandent donc aussi aux autorités d’étudier les mécanismes de propagation de la téosinte, d’informer en détail les agriculteurs et de prendre des mesures pour stopper l’avancée de cette plante.

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 08:05

Faut-il réguler les « OGM cachés » ?

Que faire des « OGM cachés » ?

LE MONDE | 25.04.2016 à 06h44 | Par Stéphane Foucart
http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/04/25/que-faire-des-ogm-caches_4907938_3244.html

Vous connaissiez « les OGM », il va désormais falloir vous familiariser avec « les OGM cachés ». Jusqu’à présent, les choses étaient assez simples : pour produire un OGM, un gène étranger (un « transgène ») était introduit dans un organisme, de manière à le pourvoir de certaines propriétés, et l’affaire était faite. Les autorités de régulation, les militants écologistes, les semenciers, les agrochimistes, vous et moi, tout le monde était d’accord. Depuis le milieu des années 1990, la technique d’obtention des nouvelles variétés végétales structurait commodément le débat : d’un côté « les OGM » (infamie pour les uns, panacée pour leurs adversaires) et de l’autre, tout le reste.

Dans un proche avenir – en réalité, dès à présent –, les choses risquent de ne plus être aussi simples. Ll menace de s’effacer, d’être dissoute par les nouvelles technologies d’ingénierie du vivant. Celles-ci permettent d’amender le patrimoine génétique de manière bien plus subtile et discrète que l’antique transgénèse. Aucun gène étranger n’est ajouté à la plante, mais diverses techniques permettent de modifier son génome. « Extinction » de certains gènes grâce à des ARN interférents, cisgénèse, mutagénèse dirigée, etc. : ces noms barbares n’évoquent pas grand-chose au béotien, mais augurent de l’arrivée imminente de ces variétés souvent qualifiées d’« OGM cachés ».

Ces « OGM cachés » sont parfois très proches de leurs pendants conventionnels. Si proches que certains scientifiques estiment qu’ils pourraient être dans certains cas impossibles à différencier. D’où cette question brûlante, qui fait des gorges chaudes aux Etats-Unis et en Europe : faut-il réguler ces « OGM cachés » au même titre que les OGM classiques ? Doit-on au contraire les considérer comme des variétés conventionnelles ?

Cette question alimente de nombreux débats partout dans le monde. En France, elle est au cœur de la crise traversée par le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), l’organisme chargé d’éclairer la décision publique en matière de génie génétique, et aux travaux duquel participent des associations professionnelles (FNSEA, Confédération paysanne, semenciers, etc.), des organisations de la société civile (les Amis de la Terre, Greenpeace, France nature environnement, etc.), des chercheurs de plusieurs disciplines…

Au terme d’une procédure contestée (et à vrai dire réellement problématique), le comité scientifique du HCB prenait en janvier un rapport sur le sujet, recommandant qu’une grande part de ces « OGM cachés » ne soient pas soumis au même régime d’évaluation des risques que les OGM actuels. Contestant ces conclusions, un membre du comité scientifique, chercheur à l’Institut national de recherche agronomique (INRA), a démissionné de son mandat, déclenchant la colère d’une demi-douzaine d’associations membres du HCB (Greenpeace, Confédération paysanne, etc.). Celles-ci ont habilement joué de la crise, démissionnant du HCB avec tambours et trompettes, parvenant à faire entendre leur mécontentement jusque dans la revue Nature qui, dans l’éditorial de son édition du 14 avril, faisait état de cette dispute franco-française.

Tant de bruit n’est pourtant, peut-être, qu’une sorte de chant du cygne, ou tout au moins « la manifestation d’un désarroi », selon l’expression de Christine Noiville, la présidente du HCB. Devant l’effacement possible – probable ? – de la frontière stricte qui séparait « les OGM » du reste du règne végétal, le mouvement anti-OGM est en effet contraint de se réinventer ou de mourir. Il n’y a plus de cultures transgéniques d’un côté, et tout ce qui est acceptable de l’autre. Une nébuleuse de techniques diverses déboule, capable de produire des cultures dont on pourrait bientôt ne plus savoir réellement si elles sont, ou non, assimilables à des OGM…

Repenser les termes du débat public

Au reste, tout cela a déjà commencé. Les adversaires des biotechnologies végétales prêchent ainsi dans le désert depuis plusieurs années contre les variétés de colza et de tournesol tolérantes à des herbicides, qui prennent racine dans les campagnes françaises. Le mouvement anti-OGM n’a, ainsi, pas réussi à se faire entendre de la société : puisqu’elles sont considérées comme conventionnelles (elles sont obtenues par mutagénèse aléatoire), ces cultures ont globalement été acceptées dans l’indifférence générale.

Pourtant, elles reproduisent l’un des traits les plus contestables des OGM cultivés outre-Atlantique. Comme l’a souligné l’expertise collective conduite en 2011 par l’INRA et le CNRS, la mise en culture de variétés tolérantes à un herbicide en favorise mécaniquement l’épandage, augmentant ainsi son impact sur l’environnement et la santé, et favorisant de surcroît l’apparition de mauvaises herbes résistantes.

Cette situation devrait conduire à repenser les termes du débat public. Celui-ci, polarisé autour de la technique d’obtention d’une variété – « OGM » ou « non-OGM » – gagnerait à être réorienté. On devrait plutôt s’interroger sur les propriétés de ces plantes modifiées que sur la technique grâce à laquelle elles ont été modifiées. Qu’y a-t-il de commun, en termes de bénéfices et de risques potentiels pour la société, entre une pomme de terre produisant moins d’acrylamide à la cuisson, un soja tolérant au glyphosate et un maïs résistant à la pyrale ?

A frapper la transgénèse du sceau exclusif de l’infamie, on en vient à ce qu’en 2010, des Faucheurs volontaires trouvent indispensable d’aller détruire une parcelle expérimentale de l’INRA où l’organisme public testait une vigne transgénique résistante au court-noué, une maladie virale. Quitte à lutter contre les risques et les dégâts induits par le modèle agricole actuel, n’y avait-il vraiment rien de plus urgent à faire ?

Les nouvelles techniques de sélection des plantes divisent Bruxelles et Washington

EurActiv France‎ -

Exclusif. La Commission européenne tente d’éviter un désaccord avec Washington sur la réglementation des nouvelles techniques de sélection des plantes.

La semaine prochaine, les négociateurs européens et américains se rencontreront à New York pour un nouveau cycle de négociations du partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP).

Selon des révélations récentes de Greenpeace, qui a eu accès à un document de travail, les États-Unis feraient pressions sur Bruxelles pour que sa législation sur les OGM ne s’applique pas aux nouvelles techniques de sélection des plantes.

Evaluation juridique interne

Le 21 avril, le groupe de défense de l’environnement a publié un communiqué assurant que la Commission Juncker avait mis de côté une évaluation juridique interne selon laquelle les plantes produites par les nouvelles techniques de sélection ou la modification génétique devraient tomber sous le coup des lois sur les OGM, et devraient donc faire l’objet de contrôles et de procédures d’approbation stricts.

L’Observatoire de l’Europe industrielle et GeneWatchUK ont tous deux dénoncé un « lobbying intense des représentants américains, qui veulent que l’UE ferme les yeux sur les règles OGM, qui imposent des contrôles de sécurité et un étiquetage spécifiques ».

« Le document montre que la pression exercée par les États-Unis se centre sur les entraves potentielles au commerce découlant des lois sur les OGM. Il suggère que l’UE devrait fermer les yeux sur les protections contre les OGM en matière de santé et d’environnement, afin de préparer la voie à l’accord commercial transatlantique », assure Greenpeace.

La position de la Commission sur les nouvelles techniques de sélection des plantes n’est pas encore claire, selon un représentant de l’exécutif. Mais en ce qui concerne l’innovation du matériel de reproduction des végétaux, il est grand temps de cesser de centrer la discussion sur les OGM, affirme cependant un porte-parole.

Pas d’ADN étranger

Les nouvelles techniques de sélections permettent (NTS) de développer des semences aux caractéristiques nouvelles via l’ingénierie génétique. Pour l’industrie agroalimentaire, les plantes issues de ces pratiques ne devraient pas être considérées comme génétiquement modifiées, parce qu’elles ne contiennent pas d’ADN étranger et auraient pu se développer naturellement.

L’industrie estime également que la sélection de nouvelles espèces est essentielle à la sécurité alimentaire, puisqu’elle permet de développer des variétés qui produisent plus ou résistent aux maladies et à la sécheresse.

Ses détracteurs pensent cependant que les NTS ne sont qu’une tentative supplémentaire de vendre des OGM aux Européens. La Commission européenne a déjà retardé plusieurs fois une analyse juridique de la question.

>> Lire : Les nouvelles techniques de sélection des plantes en suspens

Le document obtenu par Greenpeace indique pourtant que les NTS étaient à l’agenda d’au moins trois réunions entre la direction-générale santé (DG SANTE) et les représentants américains entre le 7 et le 28 octobre 2015.

« Le commissaire Vytenis Andriukaitis et les représentants américains se sont rencontré les 23 et 25 octobre 2015, même s’ils n’ont peut-être pas abordé la question des OGM. Les nouveaux OGM étaient cependant au programme de la visite du commissaire aux États-Unis début décembre, lors de laquelle il a également rencontré le responsable américain au commerce, Michael Froman », indique également Greenpeace.

« Le 3 novembre, la mission américaine a aussi envoyé une lettre à la Commission pour se plaindre de ‘fardeaux réglementaires injustifiés’ pour les NTS. La lettre ajoute que ‘des approches législatives différentes pourraient entrainer des perturbations potentiellement importantes du commerce’. »

Une position européenne vague

Un porte-parole de la Commission a expliqué à EurActiv que l’analyse juridique n’était pas encore finie. Celle-ci doit permettre à l’exécutif de décider si les organismes produits par les NTS doivent être considérées comme des OGM.

« En ce qui concerne l’innovation dans la reproduction des végétaux, nous ne devrions pas considérer toutes les techniques comme des ‘OGM cachés’ », souligne Enrico Brivio, le porte-parole.

Il assure cependant que la décision de mettre de côté l’avis juridique n’a aucun lien avec le TTIP : « Nous ne pouvons que répéter ce que nous avons déjà dit, les techniques de sélection des plantes n’ont strictement rien à voir avec le TTIP ».

Les libéraux favorables aux NTS

Jan Huitema, eurodéputé néerlandais ALDE, estime que l’UE devrait faire preuve d’ouverture d’esprit en ce qui concerne les nouvelles techniques de sélections en biotechnologie.

« Nous devrions examiner le potentiel de ces techniques avant de les rejeter », argue-t-il lors d’un entretien avec EurActiv. « Nous devons vraiment discuter scientifiquement des conséquences avant de prendre une décision. »

Les NTS des plantes pourraient être très prometteuses, estime-t-il, parce qu’elles « accélèrent la sélection traditionnelle des plantes ».

« Bien souvent, ces techniques ne font pas appel à des gènes d’autres plantes, contrairement à ce qui se passe avec les OGM. Il s’agit en réalité de garder les gènes présents. Ce n’est donc pas différent de la sélection qui s’opère dans l’agriculture traditionnelle. »

Un cadre légal nécessaire

Jon Parr, responsable au sein du géant agroalimentaire suisse Syngenta, estime que la législation européenne devrait être dictée par la science.

L’innovation est essentielle à la sélection des plantes, afin d’augmenter les récoltes sans compromettre la qualité ou la durabilité écologique de la production.

« Les NTS qui permettent de rassembler le meilleur de ce que la nature a à offrir sont nécessaires. Ces techniques pourraient améliorer le goût et le potentiel nutritionnel des aliments, ou rendre les cultures plus résistantes aux phénomènes climatiques ou aux maladies », insiste Jon Parr.

L’Europe a la chance de rassembler certains des meilleurs producteurs de plantes du monde, qu’ils soient indépendants ou aient intégré des grandes entreprises comme Syngenta, assure-t-il.

« Ensemble, nous avons aidé l’UE à se hisser à la première place. Je pense que ce dont nous avons besoin à présent, c’est un cadre réglementaire solide basé sur la science, qui soit prévisible et permette à l’Europe de maximiser son avantage compétitif et à tous les acteurs du secteur de partager les bénéfices environnementaux, économiques et sociaux des NTS », conclut-il.

Une Europe anti-innovation ?

Ce n’est pas la première fois que la réticence de l’Europe vis-à-vis des solutions agricoles innovante lui attire les foudres de ses partenaires commerciaux. C’est le cas des OGM, par exemple. Malgré les considérables investissements versés à la recherche, les OGM ne représentent que 0,1 % des terres agricoles de l’Union.

L’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, le Danemark, la France, l’Italie, la Hongrie, la Grèce, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Pologne, la Belgique, le Luxembourg, Malte et la Slovénie ont en effet tous choisis d’interdire les OGM. Aux Royaume-Uni, ils ne sont présents qu’en Angleterre.

Jon Parr estime pourtant qu’il est difficile de dire que les cultivateurs qui utilisent cette technologie depuis près de 20 ans ne le font pas de manière sûre.

« Pourtant, de nombreux Européens sont inquiets, et il faut répondre à ces inquiétudes si l’on veut que cette technologie soit un jour acceptée. D’ici-là, je pense que nous devons nous assurer que les agriculteurs ont accès à d’autres pratiques et outils novateurs qui leur permettraient de faire de l’agriculture de manière durable », juge-t-il.

En mars, dans un communiqué commun, les OGN Greenpeace, les Amis de la Terre Europe et IFOAM EU appelaient à l'application de la législation sur les OGM aux nouvelles techniques de sélection des plantes.

« L'analyse juridique montre que [les NTS des plantes] sont couvertes par la législation sur les OGM. Sans cela, impossible de contrôler toute conséquence négative ou dangereuse sur l'alimentation ou l'environnement. Les consommateurs, agriculteurs et producteurs de semences européens n'auraient aucun moyen d'éviter les OGM », dénonce le communiqué.

« La Commission ne devrait laisser planer aucun doute : tous les produits de l'ingénierie génétique sont soumis à la législation européenne sur les OGM, qui impose un étiquetage, une détection et une évaluation des risques rigoureux. »

Les nouvelles techniques de sélections sont des techniques de développement de nouvelles caractéristiques des semences via l'ingénierie génétique.

Ce secteur est considéré comme très prometteur par l'industrie agro-alimentaire et par le centre commun de recherche de la Commission, qui estime dans un rapport que ces techniques « sont même nécessaires pour faire face aux évolutions du monde, et notamment à la croissance de la population et au changement climatique ».

Les partisans de cette technologie considèrent qu'elles ne devraient pas être mises dans le même panier que les OGM puisqu'aucun ADN étranger n'est présent dans les plantes crées à partir de ces technologies. Ses détracteurs pensent que ce n'est qu'une tentative supplémentaire de vendre des OGM aux Européens.

  • 25 avril: début du nouveau cycle de négociations du TTIP à New York.

NGO

Par : Sarantis Michalopoulos | EurActiv.com

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:15

Agriculture - OGM | le 21 avril 2016

Nouveaux OGM : des preuves de la pression des semenciers et des États-Unis sur l’Europe

Paris, le 21 avril 2016 – Les entreprises de l’agrochimie tentent de faire entrer les nouveaux OGM dans nos champs et nos assiettes en faisant exclure ces nouvelles techniques de sélection génétique de la réglementation OGM existante en Europe. Elles ont à leur côté un allié de poids : les États-Unis. C’est ce que révèle aujourd’hui Greenpeace, en collaboration avec deux ONG européennes, GeneWatch UK et le Corporate Europe Observatory, dans une note de synthèse qui met en évidence la pression croissante exercée par les États-Unis sur la Commission européenne à ce sujet.

Une analyse juridique promise avant fin 2015

L’an dernier, la Commission européenne annonçait qu’elle publierait, avant fin 2015, une analyse juridique précisant si ces nouvelles techniques doivent ou non être incluses dans la réglementation OGM. D’après des documents émis par la mission américaine auprès de l’Union européenne et l’European Seed Association (ESA), la Commission était alors d’avis de classer ces nouvelles techniques dans la réglementation OGM. Or, à ce jour, la Commission n’a toujours rien publié.

Un lobby intensif du gouvernement américain pour retarder cette publication

Les documents obtenus par Greenpeace montrent ainsi que l’ESA, représentant notamment les semenciers américains Pioneer et Dow Seeds, alertait l’Union européenne des risques de barrières commerciales si ces nouvelles techniques étaient réglementées.

Le gouvernement américain s’est alors fait le relais de l’industrie auprès de la Commission européenne, dans un contexte de négociations pour le traité transatlantique de libre-échange (TAFTA) : suite aux bruits de couloirs concernant la position défavorable à l’industrie de la Commission, au moins six rencontres ont eu lieu en moins de deux mois (du 2 octobre au 4 décembre 2015) entre cette dernière et des représentants du gouvernement américain. Les nouveaux OGM étaient à l’ordre du jour d’au moins 2/3 de ces rencontres.

« Ce que révèle la note publiée par Greenpeace aujourd’hui, c’est tout un faisceau de preuves, réunions, déclarations, qui mises bout à bout, ne laissent aucun doute : les États-Unis font pression sur la Commission européenne pour que les nouveaux OGM échappent à la réglementation OGM, explique Suzanne Dalle, chargée de campagne Agriculture pour Greenpeace France. Résultat : alors que sa position semblait tranchée, la Commission n’a toujours pas publié son analyse juridique, cédant au lobby américain. »

Une pétition européenne pour réglementer les nouveaux OGM

De nombreux pays européens rejettent les OGM et en ont interdit la culture sur leur territoire. Or si les acteurs de l’agrochimie et les États-Unis arrivaient à leurs fins, ces nouvelles techniques seraient exclues du cadre juridique européen et ne seraient soumises à aucune obligation d’étiquetage et d’évaluation des risques. De son côté, le gouvernement français, qui a pourtant exclu la culture des OGM « classiques » de son territoire, recule également face au lobby des pro-OGM, dans un contexte de crise au sein du Haut Conseil des Biotechnologies.

Greenpeace et six autres organisations paysannes et environnementales françaises lancent aujourd’hui une pétition européenne demandant à la Commission européenne et au gouvernement français de ne rien céder : « Ces nouvelles techniques produisent bien des OGM et doivent être soumises à la réglementation européenne. Les décideurs politiques français et européens doivent assumer leurs responsabilités et protéger notre environnement et notre santé », conclue Suzanne Dalle.

Contact
Cécile Cailliez, Communication : 06 13 07 04 29

Dans l'actualité des pesticides ,Le Monde‎ -

Pesticides : Bruxelles va proposer une réautorisation du Roundup pour dix ans

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 03:03

Par delà l'imminente création d'une Agence Française pour la biodiversité en LR-PO( comble du bidonnage écolo et du recyclage politique,lire Pourquoi l’Agence française de la biodiversité ne pourra pas remplir sa mission), Fabrice Nicolino lui,a grand besoin de vous :ça c’est vrai!

11 avril 2016Développement

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Pour répondre à cet appel : nicolino.fabrice1@orange.fr

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Chers lecteurs, j’ai réellement besoin de vous. Je me lance – je me lance peut-être – dans une enquête au long cours. Sur un événement cataclysmique dont à peu près personne ne semble avoir la moindre conscience. Je veux parler de la disparition de la simple nature chez nous, en France.

Nous n’allons pas ici chipoter sur les chiffres qui, de toute manière, resteront indicatifs. On estime que la moitié des oiseaux qui habitaient à un moment ou un autre chez nous au cours d’une année ont disparu. Depuis à peu près 1960. Que nous avons perdu environ la moitié de nos si chers papillons en seulement trente ans. Je vous fais grâce des amphibiens, des abeilles, des lucioles, des coquelicots, des saumons, de tant d’autres merveilles jadis omniprésentes dans la moindre campagne.

Ce qui nous manque, c’est le regard susceptible d’embrasser l’ensemble. Et c’est pourquoi je sollicite avec force – et un peu d’appréhension – votre aide. Je recherche des témoignages, directs ou non; des personnes bien sûr; des lieux évidemment; des histoires aussi. Bref, tout ce qui pourrait documenter cette formidable régression dont tous les aménageurs – si seulement il n’y avait qu’eux ! – se contrefoutent.

Je pense, je crois pouvoir vous assurer que toute information fiable venant de vous me serait et vous serait finalement d’une grande utilité. Je dis bien : toute, y compris un bout de film super8, un carnet déchiré au fond d’une malle, une photo sépia. On se comprend ? J’en suis certain.

Vous pouvez et vous allez répondre sur cette adresse : nicolino.fabrice1@orange.fr

-Disparition de la vie sauvage : « Dis maman, c'était quoi, un papillon ? »

par Le Partageux - Les bafouilles du Partageux

Fabrice Nicolino, journaliste spécialisé en écologie, lance une enquête de grande ampleur sur la disparition de la nature et fait appel à tous les témoignages fiables.

Laissons de côté les légendes urbaines pour ne citer que les cas avérés que nous constatons dans notre coin de ville ou de campagne. Chacun peut et doit apporter sa contribution.

[…] une enquête au long cours. Sur un événement cataclysmique dont à peu près personne ne semble avoir la moindre conscience. Je veux parler de la disparition de la simple nature chez nous, en France.

Nous n’allons pas ici chipoter sur les chiffres qui, de toute manière, resteront indicatifs. On estime que la moitié des oiseaux qui habitaient à un moment ou un autre chez nous au cours d’une année ont disparu. Depuis à peu près 1960. Que nous avons perdu environ la moitié de nos si chers papillons en seulement trente ans. Je vous fais grâce des amphibiens, des abeilles, des lucioles, des coquelicots, des saumons, de tant d’autres merveilles jadis omniprésentes dans la moindre campagne.

Ce qui nous manque, c’est le regard susceptible d’embrasser l’ensemble […]

Et c’est bien pour cela qu’il sollicite toutes les bonnes volontés. La vie sauvage disparaît. À toute vibure. Je te donne des exemples tout simples pour t’inciter à faire ainsi part de ce que tu as remarqué chez toi.

Quand j’étais gosse des dizaines de sauterelles prenaient la fuite à chacun de nos pas. Quand les moissons ont commencé à remplacer les sacs par le vrac des remorques, les tas de céréales étaient mouvants tant les sauterelles y étaient nombreuses. Petites et grises. Ou grandes et d’un vert émeraude magnifique avec des formes aérodynamiques fuselées par les meilleurs designers. Puis les pesticides sont arrivés dans ma campagne et voilà bien trois décennies que je n’ai pas vu une nuée de sauterelles. Au point de finir par douter de mes souvenirs d’enfance. L’été dernier je me baladais au milieu du Larzac, bien loin de toute culture industrialisée, et j’ai revu ces nuées de sauterelles qui fuyaient nos pas durant mon enfance.

Quand j’étais gosse je cueillais au printemps des brassées de fritillaires pintaques (une bulbeuse dont la fleur ressemble à une tulipe à damiers) qu’on trouvait à profusion dans les prés mouillés autour de chez moi. On y trouvait aussi les colchiques à l’automne. Après drainage le maïs et les céréales ont remplacé les prairies à fritillaires et à colchiques.

Quand j’étais gosse les moissons étaient fleuries en abondance. Connais-tu le joli mot messicoles ? Toutes ces plantes qui accompagnaient les moissons. Le coquelicot le disputait au bleuet. Il est devenu si rare de voir une nielle qu’on ne trouve plus guère que les botanistes pour connaître encore le nom de cette plante cosmopolite.

Quand j’étais gosse une seule virée entre chien et loup imposait de laver un pare-brise maculé de bestioles écrabouillées. Aujourd’hui laver ma voiture une fois l’an est suffisant et elle présente bien plus de restes d’hydrocarbures que de moustiques et papillons.

Dans mon message à Fabrice Nicolino, je serai plus précis avec lieux, communes et départements, et dates de toutes mes observations.

Photo glanée sur Cailloux dans l’brouill’art.

Georges Brassens chante une « Chasse aux papillons » qui ne détruit pas le moindre écosystème.

Erosion de la biodiversité : le scepticisme n’est pas une réponse
http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/04/15/erosion-de-la-biodiversite-le-scepticisme-n-est-pas-une-reponse_4903066_1652692.html

Pourquoi l’Agence française de la biodiversité ne pourra pas remplir sa mission

Biodiversité| 24 mars 2016 - 18h53

Créée par la loi biodiversité, la nouvelle agence voit ses crédits et effectifs en baisse continue tandis que la concurrence avec les chasseurs affaiblit ses capacités en matière de recherche et de police de l’environnement.

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 06:57

Lettre ouverte du 5 avril 2016 à monsieur Vytenis ANDRIUKAITIS,Commissaire Santé et Sécurité alimentaire de la Commission Européenne

Cliquez pour lire la lettre ouverte au commissaire européen Santé et Sécurité alimentaire sur le classement des produits issus des biotechnologies

"Une question toute simple autour des nouvelles techniques de manipulation génétique agite les sphères bruxelloises et parisiennes depuis des mois : ces techniques appliquées aux plantes génèrent-elles ou non des OGM ? En jeu, l'application ou non de la réglementation européenne et nationale sur les OGM. Or ces "nouveaux OGM" présentent des enjeux et des risques identiques aux OGM issus de la transgénèse. Huit organisations de la société civile, dont France Nature Environnement, alertent à ce propos le Commissaire, Santé et Sécurité alimentaire de la Commission Européenne dans cette lettre ouverte datée du 5 avril 2016."

- Bénédicte Bonzi des Amis de la Terre est l'invitée de l'émission du 14.04.16-La Matinale- de radio campus paris ,pour parler de ces nouveaux OGM

http://www.radiocampusparis.org/matinale-nouveaux-ogm-festival-series-mania/ (radio)

Vous connaissez les OGM ? Des plantes génétiquement modifiées, de manière non naturelle, dont la culture est aujourd’hui réglementée en Europe après plusieurs années de débats.

Vous connaissez les « nouveaux OGM »? Non, et c’est normal. Ce soir dans la Matinale, Bénédicte Bonzi des Amis de la Terre vous explique le débat. « Le débat est sémantique, pour nous, ce sont des OGM comme les autres, et la réglementation actuelle devrait s’appliquer ». Sauf qu’aujourd’hui s’est engagée une bataille judiciaire pour définir ces plantes modifiées génétiquement, mais à l’aide de nouvelles méthodes scientifiques.

En France, la question est entre les mains du Haut Conseil des Biotechonologies, instance qui rend des avis aux politiques en s’appuyant sur le travail d’un comité scientifique. Les Amis de la Terre, comme 7 autres associations de la société civile, ont claqué la porte du HCB la semaine dernière, comme l’explique Bénédicte Bonzi : « c’était devenu insupportable d’être face à autant de dysfonctionnements, on est pris dans un organisme qui va vers une décision à laquelle on est opposés. Notre parole était inexistante, diluée, et on condamne le manque de démocratie dans le processus ».

Pour ces associations, des arguments scientifiques divergents ont été retirés de l’avis final du HCB. « Le principe de précaution n’est pas une option », insiste Bénédicte Bonzi,« il doit être central dans les débats, et cela devrait être le rôle du HCB d’aller vers ce principe de précaution. »

« La réponse aujourd’hui à la question des nouveaux OGM est technique, alors qu’elle doit être politique. L’important, c’est ce que les gens veulent, ce qu’ils veulent manger, et quelles seront les conséquences pour un monde dans lequel les techniques sont incontrôlables. Quand on cache des éléments du débat, on cache quelque chose aux gens qui va changer leur quotidien. »

-podcast France Inter : La Tête au carré... Yves Bertheau (Inra), Lorène Lavocat (Reporterre)

http://rf.proxycast.org/1153797189244297217/10212-18.04.2016-ITEMA_20963987-2.mp3

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 17:34

Le MIT invente un langage pour réécrire le vivant

Voici, encore une fois, une information susceptible simultanément de nous émerveiller devant les exploits du génie humain, et nous effrayer sur ses capacités à franchir toutes les limites. Des chercheurs du MIT viennent en effet de mettre au point un langage de programmation capable de modifier des organismes vivants. Cette découverte est une révolution car les scientifiques sont parvenus à coder du vivant de la même façon que l’on code un programme informatique.

Imaginez que l’on soit capable d’écrire quelques lignes de code, comme le font tous les informaticiens du monde. Puis de compiler ce code afin qu’il soit reconnu par un organisme vivant, par exemple une cellule ou une bactérie, et le lui injecter dans son ADN. Objectif : lui conférer de nouvelles fonctions ou orienter ses actions. Du rêve de science-fiction ? Non, une réalité mise au point par l’équipe du Professeur Christopher Voigt, biologiste et généticien du MIT et publiée dans la revue Science le 1er avril dernier (et ce n’est pas un poisson d’avril).

15 ans de préparation

Il a fallu quinze années de travail pour parvenir à mettre au point le langage de programmation. Il ressemble à tous les autres langages du monde et s’écrit avec du texte. Il suffit donc d’un éditeur quelconque pour écrire des lignes de codes et créer des fonctions et des scripts. Ce langage a été construit à partir d’un langage très utilisé pour programmer des circuits logiques en électronique, le Verilog HDL. Il ressemble beaucoup au langage C que tous les développeurs du monde connaissent normalement par cœur.

Il « suffit » ensuite de compiler ce code pour l’intégrer dans de l’ADN.

Arrêtons-nous un instant sur ce point. Depuis quelques années déjà, les chercheurs parviennent à concevoir de nombreux composants génétiques comme des capteurs, des commutateurs de mémoire ou des horloges biologiques qui peuvent être combinés afin de modifier ou d’ajouter des fonctions aux cellules. Mais la conception de chaque circuit est extrêmement complexe et requiert une rare expertise. De plus, le processus se fait nécessairement par un grand nombre d’essais et d’erreurs ce qui entraîne des coûts et bon nombre d’échecs.

C’est cette étape laborieuse que l’invention de Christopher Voigt est en mesure de littéralement révolutionner. En effet, le langage mis au point au MIT permet de programmer de nombreux circuits avec des fonctions différentes en peu de temps et avec un taux de réussite sans pareil. Il est ainsi possible de programmer des capteurs qui peuvent détecter des composants comme l’oxygène ou le glucose, mais aussi des conditions environnementales comme la température ou l’acidité. Le plus difficile, selon Christopher Voigt, a été de concevoir les « portes logiques » utilisées dans les circuits afin qu’ils n’interfèrent pas les uns avec les autres, une fois introduits dans l’environnement complexe de la cellule vivante.

Des circuits biologiques imprimés dans du vivant

Interrogé par la revue New Scientist, le chercheur explique que la technologie utilisée est, dans son principe, la même que celle qui est employée pour la conception d’une puce électronique : « Chaque étape du processus est la même - sauf qu'au lieu de cartographier un circuit sur du silicium on le fait sur de l'ADN ». Le système mis au point par les scientifiques du MIT, baptisé Cello, convertit des lignes de codes écrites avec Verilog en un schéma de câblage de l'ADN. Un brin d’ADN produisant une fonction spécifiée est ainsi généré puis inséré dans la cellule ou l’organisme vivant, par exemple une bactérie. Les équipes du MIT affirment avoir réussi à fabriqué le plus grand circuit biologique jamais construit, avec sept portes logiques et des brins d’ADN composés de 12.000 unités longues.

Chris Voigt l’affirme, c’est un nouveau langage de programmation pour les organismes vivants qui a été inventé. Un langage qui semble donner l’accès à des manipulations d’une simplicité biblique : « Vous utilisez un langage basé sur le texte, tout comme vous la programmation d'un ordinateur. Ensuite, vous prenez ce texte et vous le compilez, et il se transforme en une séquence d'ADN que vous mettez dans la cellule, et le circuit fonctionne à l'intérieur de la cellule ». Simple, non ?

Un champ d’applications qui donne le vertige

Ce qui est plus inquiétant, c’est la suite des propos du chercheur confiés au quotidien britannique The Telegraph. Il affirme en effet que les utilisateurs du nouveau langage de programmation n’ont nul besoin de connaissances particulières en génie génétique ; « Vous pourriez être complètement béotien quant à la façon dont tout cela fonctionne ». Il poursuit, fanfaronnant à peine, en promettant une prochaine plateforme d’utilisation ouverte gratuitement sur Internet : « Vous pourriez être un étudiant à l'école secondaire et aller sur le serveur Web ; vous tapez sur le programme que vous voulez, et il crache une séquence d'ADN. » Aussi simple que bonjour : il suffit d’appuyer sur un bouton pour obtenir la séquence ADN désirée… Remplacez « étudiant à l’école secondaire » par hacker, pirate, fou furieux, terroriste ou tout autre terme du même acabit, et vous aurez sans doute quelques sueurs froides au creux du dos.

Mais, restons positif ; les scientifiques pensent en effet que c’est un champ gigantesque d’applications qui s’ouvre. Ainsi, par exemple, Voigt et ses collègues travaillent sur des bactéries qui vivent sur les racines des plantes. Ils essaient de leur donner des gènes qui piègent l’azote de l'atmosphère et le transforme en engrais comme le ferait une usine, mais au niveau biologique cette fois. De la même façon, pour éviter l’emploi de pesticides, ils estiment povoir modifier certaines bactéries afin qu’elles débarrassent les végétaux de leurs ravageurs. Voigt ajoute : « Nous sommes sur le point de voir les cellules manipulées afin de les transformer en usines aptes à remplir des applications thérapeutiques ». On pense à des médicaments ciblés pour lutter contre certains cancers. Plus prosaïquement, Voigt ajoute que « des bactéries modifiées pourraient être ajoutées aux yaourts que nous consommons pour produire des substances favorisant la santé dans l’intestin ». Il poursuit en imaginant que les compagnies pétrolières pourraient développer des bactéries intelligentes qui nettoient les déversements de pétrole, par exemple : « Vous pouvez charger un capteur qui répond au pétrole en activant une enzyme qui dégrade ce produit ». Avec ce type d’outils, l’imagination n’a plus de limites.

Christina Agapakis de Ginkgo BioWorks pense que les principaux bénéficiaires seront les entreprises qui ne disposent pas nécessairement des compétences en biologie. « Comme le processus d'ingénierie des organismes devient plus facile, moins coûteux et plus fiables, plus de possibilités pour de nouvelles applications vont s’offrir dans différentes industries » dit - elle.

Pour Drew Endy, une référence en matière de biologie de synthèse à l’Université de Stanford, le travail qu’ont effectué ses collègues du MIT est une nouvelle démonstration de la façon dont la biologie synthétique va devenir monnaie courante. « Je pense, dit-il, que les programmeurs de la biologie deviendront plus banaux que les programmeurs des ordinateurs »

Une puissance qui nous dépasse ?

Avec cette découverte du MIT, nous entrons de plain-pied dans une nouvelle aire de jeu. Le langage de programmation du Professeur Voigt est à rapprocher du CRIPPR que nous relatons régulièrement dans UP’.

LIRE DANS UP : Une biologiste française invente l’arme absolue pour corriger, améliorer ou rééditer la vie

En effet, ces outils révolutionnaires sont en mesure de modifier non seulement le vivant mais aussi tout le processus de l’évolution qui a amené l’ensemble des organismes habitant cette planète à aujourd’hui. Le domaine incertain de la chance ou du hasard est désormais contrôlable. Le temps long nécessaire aux organismes conduits par la marche naturelle de l’évolution se comprime désormais dans un temps court, le temps d’un clic informatique. Ces inventions veulent dire aussi que nous avons désormais un mot à dire dans notre destin biologique, et que nous pouvons aussi contrôler les destinées des êtres vivants avec lesquels nous partageons la planète. Que de puissance confiée à une espèce qui a su tant de fois montrer ses vertigineuses défaillances !

l’industrie pharmaceutique sur un cas d’école de la biologie de synthèse

Revirement de l’industrie pharmaceutique sur un cas d’école de la biologie de synthèse

Par Sciences Citoyennes
mardi 12 avril 2016

Un nouveau monde s’ouvre à nous : celui de la biologie de synthèse. C’est par cette phrase pleine de promesse que débute la présentation de la biologie de synthèse sur le site du gouvernement français. Mais dans le cas de l’artémisinine de synthèse c’est une porte qui se referme.

La biologie synthétique, ou biologie de synthèse, est une discipline technoscientifique émergente. Elle a pour objectif de reformater les êtres vivants existant en modifiant profondément leur ADN. Cette discipline pose la question du rôle central des chercheurs-entrepreneurs, des investissements de grands groupes multinationaux, mais également du brevetage du vivant, et de la mise en péril d’économies rurales notamment dans l’hémisphère sud.

Afin de saisir les questions soulevées par ce domaine et leur évolution dans le temps, nous vous proposons de consulter la fiche didactique actualisée L’artémisinine, emblème du meilleur des mondes de la biologie de synthèse. L’artémisinine, molécule recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour le traitement du paludisme, est une substance naturellement présente dans une plante, l’armoise annuelle.

Depuis 2006, une version produite par des levures génétiquement modifiées par biologie de synthèse est proposée vantant les bienfaits de ces nouvelles approches biotechnologiques. L’objectif était de palier à l’échelle mondiale au manque de traitement pour lutter contre le paludisme en produisant, grâce à ces nouvelles biotechnologies, l’artémisinine plus rapidement et à des coûts très inférieurs à la production issue de la culture de l’armoise.

En février 2016 la revue Nature a publié un article annonçant qu’en 2015, le géant pharmaceutique Sanofi a arrêté sa production d’artémisinine semi-synthétique.
Ce revirement montre la fragilité des promesses faites par les promoteurs des bienfaits de ce type de technologie.

L’artémisinine, emblème du meilleur des mondes de la biologie de synthèse ou véritable cas d’école sur les risques inconsidérés dans bien des domaines que fait courir une certaine course à la technologie.

Fiche L’Artémisinine en 2016

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 17:08

Les OGM cachés tentent de s'imposer en douce - Reporterre

Le Haut conseil des biotechnologie, chargé « d’éclairer la décision publique », est accusé par plusieurs de ses membres de soustraire au débat public de nouvelles techniques de modification génétique. L’enjeu : la diffusion sans frein des nouveaux OGM.

Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) tremble, au bord de l’implosion. Cette instance, chargée « d’éclairer la décision publique », notamment en matière d’OGM, traverse depuis quelques semaines une crise profonde. Après la démission du chercheur Yves Bertheau du comité scientifique, puis celle, lundi 11 avril, de Patrick de Kochko, vice-président du comité économique éthique et social, sept associations ont claqué la porte du HCB, mercredi 13 avril. Tous dénoncent une « mascarade », et refusent de cautionner « des mensonges au plus haut niveau ».

« Le gouvernement a décidé d’empêcher le débat sur les nouveaux OGM, et on nous demande d’organiser leur acceptabilité sociale ! » s’insurge Patrick de Kochko, également membre du Réseau semences paysannes. Yves Bertheau, directeur de recherche à l’Inra, enchérit : « Je ne supporte pas que l’on mente aux citoyens, même par omission, sur des problématiques qui engagent notre avenir. » « Ce sujet mérite un réel débat sociétal et scientifique, impossible au sein du HCB », constatent, dans un communiqué amer, les ONG démissionnaires, dont les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, Greenpeace ou France nature environnement. Du côté du Haut Conseil des biotechnologies, on indique à Reporterre : « Le HCB est par nature un lieu de débat contradictoire où chacun peut et doit présenter sa position sur les sujets étudiés. Refuser de participer au dialogue ne fait pas avancer le débat sur les Nouvelles Techniques de Sélection des Plantes (NPBT) et fait encore moins progresser la construction d’un avis, qui a pour objet d’éclairer ladécision publique de manière indépendante ».

Mais que ce passe-t-il au juste ?

À l’épicentre de ces turbulences, les Nouvelles Techniques de modification génétique (NBT). Méganucléase, agro-infiltration, cisgenèse… des termes barbares pour désigner un ensemble foisonnant de techniques de manipulation génétique, regroupées sous le terme d’« édition du génome ». Le principe est généralement le suivant : il s’agit d’opérer une coupure de l’ADN pour provoquer une modification ou une inactivation de certains gènes. Au lieu d’introduire un gène étranger, comme avec la transgenèse, on modifie directement l’ADN de l’organisme. Les laboratoires de biotechnologies travaillent depuis plusieurs années à ces méthodes, qualifiées de « révolutionnaires », qui permettent de créer — au sens littéral — des organismes génétiquement modifiés.

Pour les concepteurs de ces techniques, nul besoin de légiférer

Pourtant, elles n’en ont pas encore le statut. La Commission européenne doit ainsi décider dans les mois qui viennent si ces produits tombent sous le coup de la directive 2001-18, qui impose une évaluation, une traçabilité et un contrôle stricte des OGM. Car le texte présente une faille de taille, dans laquelle les semenciers industriels espèrent s’engouffrer : une annexe « 1B », qui permet d’exempter de toute réglementation certains OGM, dont la mutagenèse.

Pour les concepteurs de ces techniques, nul besoin en effet de légiférer : ces biotechnologies sont des « alternatives » aux OGM classiques, obtenus par transgenèse (l’introduction, donc, d’un gène étranger dans le génome d’une espèce végétale). D’après la NBT platform, ces techniques permettent de « produire des variétés végétales d’une manière similaire, mais plus précise et plus rapide, que les méthodes conventionnelles, tout en surmontant les limites actuelles de la sélection végétale ».

« Les industriels présentent ces NBT comme propres et maîtrisées, et poussent pour qu’elles ne soient pas classées comme OGM afin de ne pas bloquer leur développement », constate la Confédération paysanne. Mais la Commission européenne ne statuera qu’à partir des positions des États membres, et celle de la France en premier lieu. Or le gouvernement français se fonde sur l’avis du Haut Conseil des biotechnologies pour « éclairer et guider sa décision ».

Dans cette optique, le comité scientifique du HCB a donc produit un document fin janvier 2016… sans la position de M. Bertheau, pourtant très réservée à l’égard de ces NBT. Une censure qui a provoqué l’indignation des représentants de la société civile, et a poussé le chercheur à la démission. « La note de synthèse rédigée alors comprend des lacunes, elle est de piètre qualité scientifique et présente de nombreux biais », résume-t-il. Il pointe notamment le manque de connaissances quant aux effets « hors cible » (aussi appelés off target) de ces techniques. Parce qu’elles touchent à des systèmes très complexes, les manipulations génétiques peuvent en effet entraîner des effets inattendus, des réactions en chaîne imprévisibles, des mutations inopinées. Tout ceci justifie d’après lui « une évaluation sur des dossiers complets de type OGM ». Pourtant, le document final préconise au contraire une exemption d’évaluation pour la plupart des techniques étudiées.

« Ce rythme effréné de changements a des effets sur l’organisation même de la société »

Problème, les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement élaborent en ce moment leur position sur ces OGM — donc celle de la France — à partir de cette publication. « Le gouvernement se fonde donc sur un vrai-faux avis scientifique totalement partial, drapé d’une consultation de la société civile qui n’a jamais été menée à son terme », constatent les sept associations.

« L’enjeu est crucial », poursuivent-elles. Car l’Europe semble se diriger, lentement mais sûrement, vers une déréglementation des OGM. Des plantes modifiées et brevetées pourraient ainsi bientôt envahir nos champs, échappant à tout étiquetage. Principalement des végétaux rendus tolérants aux herbicides, avec des conséquences encore méconnues mais sans doute irréversibles sur l’environnement, la santé, ou l’autonomie des paysans. « Cette quantité énorme d’êtres artificiels qui pourraient ainsi être introduits dans un temps très court dans la société et la nature pose problème, explique Frédéric Jaquemart, président du Groupe international d’études transdisciplinaires (Giet). Ce rythme effréné de changements, sans commune mesure avec ceux en cours dans le processus d’évolution, a des effets sur l’organisation même de la société, avec des effets délétères sur la nature, même si les causalités ne sont pas évidentes à établir. »

Car ces NBT sont pour certaines très simples, bon marché et donc potentiellement accessibles à tous. La technologie Crispr-CAS9 notamment, permet de programmer en quelques jours seulement une enzyme afin de couper un morceau d’ADN particulier… Une sorte de ciseaux « couper-coller » pour créer n’importe quel OGM, végétal ou animal. Soigner des maladies héréditaires, créer de nouvelles variétés de céréales, mais aussi — pourquoi pas — produire des armes bactériologiques. « Il n’est pas innocent qu’un certain nombre de ces techniques dites d’édition du génome aient été récemment classées parmi les armes de destruction massives par les services fédéraux des États-Unis », note Yves Bertheau.

Source : Lorène Lavocat pour Reporterre

Photos :
. colza : Pixabay (domaine public/CC0)
. autres : CC0

Lire aussi : http://www.infogm.org/spip.php?article5929

Monde - Moins d’OGM transgéniques pour bientôt plus de « nouveaux OGM cachés » ?

Les surfaces cultivées avec des plantes transgéniques ont diminué légèrement pour la première fois dans le monde passant de 181,5 millions d’hectares en 2014 à 179,7 millions d’hectares en 2015 (soit une baisse de près de 1%). C’est la première fois depuis 1996, date des premiers semis, que les surfaces sont estimées à la baisse par l’Isaaa, un organisme issu des grands semenciers et qui promeut les biotechnologies végétales dans les pays du Sud. L’Isaaa en profite pour encenser les "nouveaux OGM".

HCB - Démissions en chaîne pour protester contre les dysfonctionnements de gouvernance

| Date de publication initiale : 12 avril 2016 |

Après la démission de Patrick de Kochko à son poste de vice-président du Comité économique, éthique et social (CEES), sept structures claquent la porte du HCB arguant de l’impossibilité d’y mener de réels débats sur la question des nouveaux OGM .

Depuis quelques semaines, huit organisations de la société civile [1] avaient suspendu leur participation aux travaux du HCB et ont manifesté contre de nombreux dysfonctionnements entourant le dossier des nouvelles technologies [2]. Sept d’entre elles [3] (la huitième, la CNAFAL, ne s’étant pas encore prononcée), viennent de claquer la porte de cette instance qu’elles considèrent être « aux mains des lobbyistes de l’agrochimie et des OGM ». Et de poursuivre « après plusieurs mois de travaux, nos organisations font le constat amer que tout débat sur la question des nouveaux OGM est forcément tronqué au sein du HCB ».

À l’origine de ce positionnement, les conditions d’une communication du Comité scientifique (CS) sur le statut de ces nouveaux OGM. Ce document, qui ne devait être qu’une étape dans l’élaboration de sa position, a finalement été propulsé comme avis final. Une publication intervenue sans que les avis divergents, en l’occurrence celui d’Yves Bertheau, aient été publiés, comme c’est généralement le cas pour les documents qui sortent du HCB [4] et sans que le CEES puisse formuler de recommandation.
Ce dernier a en effet été consulté le 16 décembre sur la base du projet de note du CS. Nombre de ses membres ont protesté contre le contenu de cette ébauche et demandé de façon formelle des éclaircissements. Mais n’ayant pas disposé du temps nécessaire à son élaboration, aucune recommandation n’a pu voir le jour. Pourtant, un avis du HCB, pour être considéré comme tel, doit être constitué à la fois d’un avis du CS et de recommandations du CEES (cf. article L. 531-4 al. 4 du Code de l’environnement).

Cet avis s’intéresse aux nouvelles techniques de biotechnologie et à leur statut dans la réglementation OGM. Une question essentielle du dossier OGM dont les enjeux importants cristallisent des débats français et européens depuis plusieurs années.
Et selon cet ’’avis’’ du CS, les nouvelles techniques de biotechnologie, « sans réels enjeux », ne devraient pas être considérées comme des OGM. Conséquences : pas d’évaluation, pas d’autorisation préalable, pas d’étiquetage, pas de suivi…
Un manque de transparence dans les procédures et sur le fond d’autant plus grave que le gouvernement français s’est empressé de prendre position sur la base de cet avis tronqué, pour porter sa voix dans les débats européens sur le sujet [5].

Vers une nouvelle gouvernance ?

Face aux démissions, aux suspension de travaux de plusieurs structures, à un appel à manifestation [6], et dans un souci d’apaisement, Christine Noiville, l’actuelle Présidente du Haut Conseil des Biotechnologies, s’était engagée à transmettre officiellement et à rendre publique la position d’Yves Bertheau, ce qui n’a toujours pas été fait, officiellement à cause de difficultés procédurales... C’était pour protester contre cette inaction, et contre de « graves erreurs de gouvernance » au HCB, que Patrick de Kochko avait dans un premier temps démissionné de son rôle de vice-président du CEES.
Pour lui, la question n’était plus de savoir si le HCB publierait ou non l’avis divergent de M. Bertheau. L’instance devait, selon lui considérer « une refonte totale de la gouvernance ».

Les sept structures, dont le RSP pour lequel siégeait M. de Kochko, prennent acte de l’inaction du HCB et refusent de « faire partie de cette mascarade, qui veut [nous] faire croire à tous que ces nouvelles techniques de modifications génétiques ne sont que de simples mécanismes naturels de mutation ».

Une instance supposée éclairer le gouvernement sur les questions des biotechnologies à travers le débat contradictoire et dans le pluralisme peut-elle se permettre d’ignorer longtemps cet appel sans remettre en cause toute sa crédibilité ?

[1] Les Amis de la Terre, La Confédération Paysanne, Le Conseil National des Associations Familiales Laïques, La Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, France Nature Environnement, Greenpeace, le Réseau Semences Paysannes, l’Union Nationale des Apiculteurs Français

[2] Inf'OGM, « France – OGM, HCB et société civile : la coexistence est-elle possible ? », Christophe NOISETTE, Pauline VERRIERE, 6 avril 2016

[3] Les Amis de la Terre, La Confédération Paysanne, La FNAB, FNE, Greenpeace, le RSP, l’UNAF

[4] Inf'OGM, « HCB : une neutralité très relative sur le dossier des nouvelles biotechnologies », Christophe NOISETTE, 10 mars 2016

[5] http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-92148QE.htm

[6] Inf'OGM, « France – OGM, HCB et société civile : la coexistence est-elle possible ? », Christophe NOISETTE, Pauline VERRIERE, 6 avril 2016

-Lettre de démission de PDK du Bureau du HCB.

Aiguillon le 9 avril 2016;

Madame Christine NOIVILLE,Présidente du Haut Conseil des Biotechnologies,244 Boulevard Saint Germain,75007 Paris;

Madame la Présidente,

les dernières décisions prises par le Bureau du Haut Conseil des Biotechnologies concernant le dossier brûlant des nouvelles techniques de manipulation génétique m'obligent à vous présenter aujourd'hui ma démission du poste de vice-président du Comité Économique Éthique et Social ,(CEES).

Représentant également l'une des 8 organisations qui ont suspendu leur participation aux travaux du,HCB, il ne m'est plus possible d'observer , sans pouvoir au moins m'y opposer officiellement, ces grandes manœuvres visant à empêcher que les éléments scientifiques apportés par M. Yves Bertheau complètent ceux apportés par le groupe de travail « Pagès,» dans la note transmise par le Bureau du HCB au gouvernement et à la Commission Européenne début février.

Rester plus longtemps au Bureau serait tromper les 19 membres du CEES qui m'ont élu à ce poste ,en leur laissant croire que j'ai une quelconque écoute dans le Bureau que vous présidez ou un ,quelconque poids sur les décisions qu'il prend.,Lors de notre dernière rencontre le 23 mars, vous m'aviez promis, dans un souci d'apaisement et ,pour permettre la reprise des travaux, de transmettre officiellement et rendre public la position ,divergente de M. Bertheau avant la prochaine assemblée plénière du HCB, prévue le 7 avril puis ,annulée la veille.,Nous sommes aujourd'hui le 9 avril et vous ,invoquez ,maintenant de nouveaux problèmes de ,procédure pour interdire la publication et la transmission des commentaires que M. Bertheau vient ,de vous transmettre. A la place, vous proposez de publier sa note de début janvier dont la censure a ,mené à sa démission puis à la suspension des travaux par les 8 organisations. Or, vous ne pouvez ,pas ignorer qu'entre-temps, le gouvernement a pris sa décision sur la base de cette note ,intermédiaire tronquée. Après avoir mis plus de 3 ans pour s'accorder sur une simple lettre de ,saisine, les Ministres de l'Agriculture et de l'Environnement se sont en effet accordés en moins de 3 ,semaines pour lire cette note de 107 pages, en débattre, et s'accorder pour décider d'engager leur ,pays dans la déréglementation de ces nouveaux OGM, sans même attendre que soient menés au ,CEES les débats sur les aspects éthiques considérables et sur les conséquences sociales et ,économiques d'une libération incontrôlée de ces nouvelles plantes OGM bardées de brevets dans ,l'environnement et la chaîne alimentaire.,Comme vous le savez, les conditions de production de cet avis n'ont pas été aux standards ,minimum d'une instance d'évaluation. Le statut et le contenu de ce document ont évolué au gré des ,objectifs du Bureau. Rédigée par le groupe «,Pagès,» puis remise à la mission Houllier en ,septembre sous la forme d'une note non validée par le Comité Scientifique (CS) «,restituant le ,travail de ce groupe,», elle a été présentée comme telle au CS le 16 décembre. Le 18 janvier, une ,fois les débats terminés, le Bureau a subitement décidé que ce travail s'était fait dans le cadre d'une,auto-saisine et qu'il s'agissait finalement de la première étape d'un avis officiel. Cette auto-saisine ,décidée a posteriori a permis au Bureau de rendre public ce document dans la partie «,avis,» du site ,internet, d'en faire la promotion en première page comme «,dernier avis publié,» et de le transmettre,au Gouvernement et à la Commission Européenne comme un avis officiel. Cette «,modification ,ciblée,» du statut de cette note devenue «,avis,» a permis au passage de censurer la position ,divergente de M. Bertheau au prétexte qu'il ne respectait pas la procédure prévue au règlement ,intérieur pour les avis., Or, comment aurait-il pu respecter cette procédure alors ,- qu'il ignorait qu'il s'agissait de produire un avis du CS,? L'ordre du jour de la séance du CS du 16 ,décembre mentionnait,en effet: ,Nouvelles techniques,: discussion de la note synthétique du groupe ,de travail,?,- ,que M. JC Pagès a ouvert cette séance en disant,:,",Ce que je vous propose, Yves a déjà fait quelques remarques, de sémantique et d'autres types de ,remarques sur cette partie là, ce que je vous propose, c'est que vous fassiez remonter vos ,commentaires si vous en avez, ou de souhaits de modifications ou d'amélioration, mais que l'on ne ,les discute pas maintenant, ça n'a pas un intérêt diabolique, de toutes façons, la liste ce n'est pas ,nous qui l'avons fixée, et les questions qui se posent ce n'est pas nous qui les avons fixées non plus. ,Donc je pense que voilà, et là, reprendre ligne par ligne aujourd'hui comme on a pu le faire par le ,passé, c'est pas réellement constructif, surtout sur des questions ou dans lesquelles il n'y a pas de ,réels enjeux,". ,-, que l'auto-saisine du 18 janvier n'existait pas lorsqu'il a soumis sa note de divergence au CS.... le ,17 janvier,?,La démission logique de M. Bertheau et notre réaction collective semble avoir finalement dégradé ,cet «,avis,» en «,rapport provisoire,» aujourd'hui remisé dans l'onglet «,publication,» du site internet,du HCB, j'imagine pour accueillir plus discrètement les points de divergence signalés en janvier que,vous accepterez peut-être de publier un jour.,Vous conviendrez qu'il est impossible d'accepter que, pour la deuxième fois, vous invoquiez une ,raison de procédure pour bloquer de nouveau la transmission des commentaires de M.Bertheau , ,mis à jour à votre demande et alors qu'il n'est plus membre du CS depuis sa démission. Pour finir ,vous proposez de publier la position de M. Bertheau émise le 17 janvier, sans son accord, et alors ,que ce n'est plus un avis mais un rapport provisoire,? Abracadabrantesque! Que d'efforts pour ,masquer les effets non intentionnels et les cibles manquées de ces nouvelles technologies vendues ,comme révolutionnaires par l'industrie mais considérées «,sans réels enjeux,» par JC Pagès.,Peu importe maintenant ce que vous publierez ou non demain, ces graves erreurs de gouvernance ,sont venus justifier des décisions gouvernementales précipitées et dangereuses que je ne peux ,cautionner par mon impuissance à être entendu au Bureau. Je suis convaincu que ce n'est pas les ,quelques mesurettes cosmétiques que vous proposez pour améliorer cette façon navrante de piloter ,le HCB qui répondront «,aux impératifs qui s’imposent,aux instances d’expertise,: pluralisme, débat,contradictoire et ouverture sur la société,», comme vous l'écrivez vous même. Au contraire c'est à ,une refonte totale de la gouvernance de cet organisme «,indépendant,» qu'il faut procéder pour ,permettre l'expression des nombreuses controverses scientifiques sur ces sujets qui engagent toute ,la société et pour traiter les questions éthiques, sociales et économiques avec un peu plus de ,décence. ,Si mon analyse des dysfonctionnements observés au Bureau depuis un an peut y contribuer, je la ,partagerai volontiers avec les autorités concernées. J'aurai ainsi l'impression d'avoir un peu moins ,perdu mon temps.,Je vous prie d'agréer, Madame la Présidente, mes sincères salutations,Patrick de Kochko,vice-président du CEES (février 2015 – avril 2016).

-COMMUNIQUÉ DE PRESSE Rassemblement devant le GEVES le samedi 9 avril 2016 (La Pouëze - 49),

Pour un moratoire sur la culture et les essais de Colza et Tournesol rendu tolérants aux pesticides : : ce sont des OGM cachés!

Angers,le 9 avril 2016.

Le 5 avril 2015, des faucheurs et des faucheuses sont venu-e-s neutraliser des essais de colza sur les terres du GEVES dans le but de dénoncer l’absence de transparence concernant les cultures ou les essais de variétés rendues tolérantes,aux herbicides(VRTH),réaffirmer l'obtention nécessaire et urgente d’ un moratoire sur ces variétés (quel que soit le mode d’obtention), faire reconnaitre enfin ces variétés comme les OGM qu'ils sont. Ces demandes restant sans réponse jusqu’à présent, nous avons invité d’autres organisations sensibles à,ces questions à nous accompagner pour demander des nouvelles. Le GEVES, organisme public administré par le ministère de l'Agriculture et l’INRA est installé depuis 2008 à la Pouëze. Il est,c,h,a,r,gé,de,t,e,st,e,r,e,t,d,’,i,n,s,c,r,ire,l,e,s,va,r,i,é,t,é,s,v,é,g,é,ta,l,e,s, a,u, c,a,t,al,o,gue,f,r,a,n,ç,ais.,En,ta,n,t,q,ue,«,s,i,m,p,l,e,e,x,é,c,u,t,a,n,t,»,,,il,t,e,ste,e,t,i,n,s,c,r,it,é,gal,e,me,n,t,l,e,s,pla,n,t,e,s,g,éné,tiqu,e,m,en,t,mo,d,if,ée,s,p,r,opos,ée,s,p,ar,l,e,s,f,r,m,e,s,s,e,m,e,n,c,i,ère,s, privées,c,omme,P,io,ne,e,r,,,B,A,S,F,,M,o,n,sa,n,to,,S,y,n,g,en,ta,,Limag,r,ai,n ,...,I,l,c,o,n,sti,t,ue,ai,n,si,u,n,d,e,s mail,l,o,n,s,de,la,c,h,aî,n,e,d,u,b,la,n,c,h,ime,n,t,e,t,d,’,a,c,c,e,pta,b,ilité,d,e,s,O,GM,e,n,F,r,a,n,c,e,. À ce titre, et bien qu’il souligne agir dans un «,cadre réglementaire,», nous l’interpellons une,nouvelle fois.,Le but du rassemblement du 9 avril est de demander au GEVES s’il continue de tester des variétés,OGM, qu’elles soient ou non reconnues comme telles par la législation. Nous leur proposons d'annoncer publiquement ce jour-là que leur institut refusera désormais de tester les variétés rendues tolérantes aux,pesticides, entre autres des colzas et des tournesols de type Clearfield ou ExpressSun. Selon le ministère de l’Agriculture en 2014, 17 000 ha de colza et 110 000 ha de tournesol génétiquement mutés pour être rendus tolérants à un herbicide ont été semés en France, sans étiquetage ni évaluation sanitaire et environnementale. Par ailleurs, un article récent du journal Le Monde souligne la publication début mars des statistiques ministérielles sur la consommation de produits phytosanitaires dans le secteur agricole qui montrent une hausse de 9,4,% par rapport à 2013, qui avait déjà connu elle-même une,augmentation de 9,%,!

Quant aux volumes bruts des ventes (en tonnes), le constat est plus sévère encore : les agriculteurs ont acheté 16,% de produits phytosanitaires en plus en 2014. Et en 2013, 92,% des 2,950 points de surveillance de la qualité de l’eau laissaient apparaître, au moins un pesticide1).

Bien entendu, ces pesticides se retrouvent ensuite dans la chaîne alimentaire.

Dans le cadre de la désobéissance civile et non-violente ,les faucheurs et faucheuses volontaires et les très nombreuses oppositions citoyennes ,légitimes et argumentées

NI,O,G,M,,Q,U,EL,Q,UE, S,OIT,L,E,U,R,M,O,DE,D,’,OBTE,N,T,I,ON, NI PESTICIDES DA,N,S,N,OS,C,H,A,M,PS,ET,N,OS,A,SS,IET,T,ES,Les Faucheurs volontaires d'OGM

Contact presse,

1), Des pesticides en doses toujours plus massives ... - Le Monde

Vidéo du 5 avr. 2015 - Des faucheurs d'OGM détruisent une parcelle d'essais de colza obtenu par mutagénèse a été détruite à La Pouëze-,

VIDEO. Des faucheurs d'OGM détruisent une parcelle de colza ...

Article du Haut Anjou.com -Sur le rassemblement du 9 avril au GEVES pour un moratoire sur la culture et les essais de Colza et Tournesol rendu tolérants aux pesticides.

La Pouëze : nouvelle action des faucheurs d'OGM

Un an après la destruction d'essais de colza sur les terres du Geves, les Faucheurs volontaires d'OGM du Maine-et-Loire sont venus samedi 9 avril à la Pouëze. Ils ont demandé en vain l'arrêt des tests sur les variétés rendues tolérantes aux herbicides. Le dialogue avec le Geves a bien eu lieu...

Que retenir de cette rencontre ? Des échanges parfois tendus et une surprise sous la forme d’un gâteau d’anniversaire en carton. Un rappel du passage des faucheurs venus voilà un an déjà - le 5 avril 2015 - neutraliser des essais de colza sur les terres du Geves. Un geste symbolique pour indiquer que les faucheurs font parfois le choix de la désobéissance civile. « Notre but était de dénoncer l’absence de transparence et d’obtenir un moratoire sur ces variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH). » Une action qui avait amené le Geves à porter plainte contre les 60 faucheurs d’OGM. Interrogé sur les suites judiciaires, les Faucheurs ne se font guère d’illusions. «On a reçu des convocations. Sur les 60 participants 50 ont été entendus dont une vingtaine en Maine-et-Loire. On ne sait rien sur la suite. On se doute qu’ils veulent noyer le poisson, que cela ne fasse pas de bruit, que rien ne bouge.»

Arnaud Deltour, dg du Geves et Fabien Masson, directeur du site de la Pouëze, ont également rappellé aux 30 faucheurs présents que tout avait déjà été dit entre faucheurs et Geves, lors d’une première réunion le 18 juin 2013 au siège du Geves à Beaucouzé. Pour se faire entendre, les Faucheurs volontaire du Maine-et-Loire souhaitent une autre tribune. «On aimerait avoir comme interlocuteur un représentant du Ministère de l’agriculture.» Cela semble être mission impossible.

Voici les derniers liens et articles parus aujourd’hui suite à l’envoi du CP sur la démission du HCB des 7 associations :

ACTU ENVIRONNEMENT : HCB, 7 associations démissionnent

http://www.actu-environnement.com/ae/news/haut-conseil-biotechnologies-hcb-sept-associations-demissionnent-26598.php4

LA FRANCE AGRICOLE

http://www.lafranceagricole.fr/actualites/nouveaux-ogm-sept-organisations-claquent-la-porte-du-haut-conseil-des-biotechnologies-1,0,1036691869.html

FRANCE INFO
http://www.franceinfo.fr/fil-info/article/ogm-sept-associations-de-la-societe-civile-claquent-la-porte-du-haut-conseil-des-biotechnologies-781977
 
NATURA SCIENCES
http://www.natura-sciences.com/agriculture/nouveaux-ogm-demission-hcb940.html

TERRE NET

http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/sept-associations-de-la-societe-civile-claquent-la-porte-du-hcb-205-118616.html

NOTRE TEMPS

http://www.notretemps.com/sante/ogm-sept-organisations-quittent-le-haut,i112512

SUD OUEST

http://www.sudouest.fr/2016/04/13/ogm-sept-organisations-quittent-le-haut-conseil-des-biotechnologies-2329921-706.php

http://tre.emv3.com/HM?b=qUXHagGUjXjkkHezCjxd4xcHQ3DWmd2b5-CmPolQPpBKCoK8604cY4Sz3xL-0Af5&c=CO3JUwPuXeh1risMY2WycA

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