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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 10:15

Défilé antinucléaire "raté" à Narbonne

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/02/13/97001-20150213FILWWW00148-manifestation-antinucleaire-contre-un-train-fantome.php
  • Par LeFigaro.fr a
    • Publié le 13/02/2015
       
Environ 40 personnes se sont réunies ce matin devant la gare de Narbonne à l'appel du réseau "Sortir du nucléaire", pour dénoncer le passage d'un convoi d'uranium, qui n'est pas venu. "Nous menons une opération d'information pas un mouvement coup de poing", a déclaré Didier Latorre, membre du réseau "Sortir du nucléaire".

Ce train, à destination de l'usine de transformation d'uranium d'Areva-Malvési, sur la commune de Narbonne, était attendu en gare à 7H ce matin. Le convoi ne s'est toutefois pas présenté à la gare de Narbonne. Personne à la SNCF n'était immédiatement disponible pour réagir. De son côté, la porte-parole du site de Malvési n'a pas souhaité donner de précisions sur ce convoi.

Construite en 1959, l'usine d'Areva-Malvési transforme entre 12.000 et 14.000 tonnes d'uranium naturel par an et emploie près de 300 personnes. "Nous recevons environ une dizaine de convois de ce type chaque année", a expliqué une porte-parole du site. L'uranium transformé à Malvési est ensuite acheminé vers le site de Tricastin (Drôme) pour y être enrichi.

L'uranium transporté provient de Namibie et avait atteint l'Europe via le port de Hambourg (Allemagne) lundi, selon le mouvement "Sortir du nucléaire".

AccueilDes militants antinucléaires manifestent contre un train fantôme à Narbonne

Environ 40 militants antinucléaires se sont réunis ce vendredi matin devant la gare de Narbonne à l'appel du réseau "Sortir du nucléaire", pour dénoncer le passage d'un convoi d'uranium. Un train qui n'est tout simplement pas venu. Les militants ont alors mené une opération de sensibilisation.

  • Z.S. avec AFP
  • Publié le 13/02/2015 |
  • Narbonne (Aude) - Manifestation d'antinucléaires à la gare de Narbonne - février 2015. © France 3 LR
© France 3 LR Narbonne (Aude) - Manifestation d'antinucléaires à la gare de Narbonne - février 2015.

Une quarantaine de militants du réseau "sortir du nucléaire" et du parti occitaniste audois, Païs Nostré ont manifesté en gare de Narbonne, dès 7h00 du matin. Ils attendaient le passage d'un convoi de 14 wagons de minerais d'uranium namibien qui ne s'est pas présenté.

Nous menons une opération d'information pas un mouvement coup de poing", a déclaré Didier Latorre, membre du réseau "Sortir du nucléaire".


Ils en ont alors profité pour mener une opération de sensibilisation. Objectif : attirer l'attention de la population sur les dangers potentiels des convois de minerais d'uranium qui traversent régulièrement la ville de Narbonne pour être transformés dans l'usine Areva-Malvési.

On nous dit que c'est de l'uranium brut mais il est déjà concentré à 80%. Quand il arrive ici, il a subi un premier traitement chimique. Clairement, c'est radioactif, aucune dose de radioactivité est anodine.", déclare Didier Latorre, membre du conseil d'administration du réseau national "sortir du nucléaire".








Eric Delaunay, directeur du site Areva-Malvési de Narbonne assure lui que les "concentrés sont très faiblement radioactifs".
Vidéo:

En savoir plus sur l'usine d'Areva-Malvési

Construite en 1959, l'usine d'Areva-Malvési transforme entre 12.000 et 14.000 tonnes d'uranium naturel par an et emploie près de 300 personnes.
"Nous recevons environ une dizaine de convois de ce type chaque année", explique une porte-parole du site.
L'uranium transformé à Malvési est ensuite acheminé vers le site de Tricastin (Drôme) pour y être enrichi.
L'uranium transporté provient de Namibie et avait atteint l'Europe via le port de Hambourg (Allemagne) lundi, selon le mouvement "Sortir du nucléaire".

En gare de Narbonne, le convoi d'uranium tant attendu n'a pas pointé son nez

Le 13 février à 08h10 par FF

 http://www.lindependant.fr/2015/02/13/en-gare-de-narbonne-le-convoi-d-uranium-a-du-retard-le-comite-s-impatiente,1991491.php

Les militants sont une soixantaine ce matin depuis l'aube. Les militants sont une soixantaine ce matin depuis l'aube. PHOTO/FF

C'est un comité d'accueil un peu spécial, on s'en doute : "Sortir du Nucléaire" attend de pied ferme ce vendredi matin depuis l'aube, ce convoi chargé d'uranium en provenance de Hambourg, à destination de Malvézi.

Prévu pour 7 h ce matin, le train, cet après-midi, n'était toujours pas passé.  "Sortir du Nucléaire" , qui a rassemblé une soixantaine de militants n'avait pas prévu d'organiser d'action "musclée" au passage du train, mais plutôt de sensibiliser les voyageurs, nombreux habituellement à cette heure de pointe.  Au passage du train, à l'aide d'un équipement spécialisé, la radio activité devait  être mesurée et annoncé au public. Les militants brandissaient ce matin une banderole et tentaient de sensibiliser la population- plutôt pressée à cette heure là de la journée- sur leur opinion face "au danger représenté par la poursuite des activités nucléaires" en France.

Ce convoi vient de Namibie  et après avoir traversé la Russie, le  chargement est arrivé au port de Hambourg le week-end dernier à bord du navire le Bright Horizon, de la compagnie MACS.  Aucune nouvelle de ce convoi "fantôme" n'était apportée à la connaissance du public en fin d'après-midi. 

Ce sont 14 conteneurs de concentré de minerai d'uranium qui ont ensuite été chargés sur des wagons, direction l'usine de la Comurhex ( Areva) à Malvézi. Le train a quitté Hambourg lundi soir à 18 h 30 et a traversé l'Allemagne. En gare de Narbonne, la présence policière est minimale.

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Published by - dans Atome
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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 19:08

Barrons la route à l'uranium !Convoi d'uranium en route pour Malvési - Rassemblement en gare de Narbonne vendredi 13 février à 7h

 

La totalité de l’uranium utilisé dans les centrales nucléaires françaises est importée de l’étranger et est acheminée en France par bateau. Si une partie de cet uranium - en provenance du Niger et du Canada - arrive dans les ports du Havre et de Fos-sur-mer, un travail d’enquête nous a permis de découvrir que de nombreuses cargaisons d’uranium destinées à la France arrivent dans des ports allemands comme celui d’Hambourg.

Venu de Namibie, et après avoir traversé la Russie, un chargement est arrivé au port d'Hambourg ce week-end, à bord du navire "Bright Horizon" appartenant à la compagnie MACS  

Après déchargement au port, les 14 conteneurs de concentré de minerai d’uranium ont été chargés sur des wagons, pour rejoindre, par le train, l’usine Areva-Comurhex de Malvési, près de Narbonne, qui est la porte d'entrée de l'uranium en France et traite un quart de l'uranium utilisé dans le monde. Parti du port de Hambourg à 18h25 hier soir, ce convoi traverse actuellement l'Allemagne. Il devrait arriver demain, mercredi 11 février, à la frontière française et rejoindre Narbonne vendredi 13 tôt dans la matinée

Le Réseau "Sortir du nucléaire", SDN11 et SDN34 appelle à un rassemblement en gare de Narbonne pour "accueillir" comme il se doit ce convoi mortifère. RDV ce vendredi 13 février en gare de Narbonne à 7h.

Contacts :
Michel 0613914953
Didier 0638819806




Pourquoi se mobiliser contre ce transport ?

L’extraction de l’uranium est l’une des activités les plus polluantes au monde. En Namibie, le minerai est principalement extrait dans une mine géante à ciel ouvert, ce qui disperse des poussières radioactives sur toute une région.

L’uranium contenu dans ces wagons va ensuite être transformé, enrichi, utilisé dans des centrales (ou pour fabriquer des armes), générant à la fin des tonnes de déchets dangereux et ingérables. Voilà le prix de notre gaspillage énergétique !

Enfin, même si l’uranium contenu dans ces wagons n’est pas encore enrichi, il ne s’agit pas de transports anodins : chaque convoi dégage plusieurs milliers de milliards de becquerels !


Quel trajet les trains d’uranium empruntent-ils ?

Les cargaisons d’uranium acheminé en France via l’Allemagne mettent en moyenne 4 jours pour arriver à l’usine de Malvési (2 jours en Allemagne - 2 jours en France) et empruntent l’axe Woippy (Metz) – Dijon – Lyon - Miramas – Montpellier – Béziers - Narbonne et traversent les départements de : Moselle, Meurthe-et-Moselle, Haute-Marne, Côte d’Or, Saône-et-Loire (ou Ain selon le trajet emprunté), Rhône, Drôme, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Aude.

Voir la carte simplifiée du réseau SNCF ici


Comment les reconnaître ?

Les conteneurs d’uranium sont transportés sur des wagons plateaux. Les trains en comportent souvent au moins une bonne dizaine. Ici le convoi transporte 14 conteneurs de différentes couleurs.


Il ressemble à ça.

Et ils comportent toujours deux logos : un losange radioactif et une plaque orange symbolisant le danger, commençant par UN ou 70 suivi d’un n° à 4 chiffres, ici 2912

 

Organiser une vigie

Pourquoi organiser une vigie ?

Secret et opacité sont les maîtres mots de l’industrie nucléaire, qui fait tout pour cacher ces transports à haut risque. L’organisation de vigies nous permet de collecter des informations sur la fréquence, les horaires et trajets précis, la composition de ces convois, et ainsi de pouvoir les mettre en lumière et s’y opposer.

En pratique comment ça se passe ?

Les vigies s’organisent facilement et vous n’avez pas besoin d’être nombreux. Il vous suffit de constituer quelques équipes de 2 militants qui se relaieront pour attendre le passage du convoi et collecter les informations utiles.

- Étape n° 1 : se placer dans un lieu avec une bonne visibilité, à l’extérieur des installations de la SNCF, muni(e) d’un appareil photo, d’un papier, d’un stylo et d’une montre ;
- Étape n° 2 : au moment du passage d’un train, repérer si celui-ci correspond au descriptif puis identifier la plaque ou l’autocollant indiquant la radioactivité situé à l’arrière et/ou sur les côtés ;
- Étape n° 3 : faire des photos ;
- Étape n° 4 : relever le N° à 4 chiffres du bas de la plaque orange située à l’arrière et/ou sur les côtés et/ou à l’avant, c’est le plus important et il se nomme le code ONU
- Étape n° 5 : noter le lieu, la date et l’heure de visualisation du convoi (veillez donc à avoir l’heure avec vous) ;
- Étape n° 6 : transmettre ces informations à votre contact.


Organiser une action

Pour informer la population et dénoncer ces transports radioactifs, vous pouvez organiser des présences devant les gares, distribuer des tracts aux usagers, coller des affiches ou mettre en place toute action qui vous parait pertinente. Contactez-nous pour en discuter ! Et retrouvez des idées et des conseils ici pour organiser votre action.


Mettre en place une journée de formation et de discussion sur les transports radioactifs

Afin de mettre en place ou de renforcer des dynamiques locales contre ces convois, et de constituer des équipes de vigies et de personnes prêtes à agir, nous mettons en place des journées de partage d’information et de formation à la surveillance et à l’action contre les transports radioactifs dans les secteurs de Metz, Dijon, Lyon et dans les Bouches-du-Rhône ou le Gard. Contactez-nous pour discuter de vos besoins, nous élaborerons ensemble le programme.


Commander dès maintenant du matériel de campagne !

Nous mettons à votre disposition, des tracts, affiches, banderoles, autocollants... pour être visible et ne plus laisser ces trains passer inaperçus ! Commandez-les dès maintenant sur notre boutique militante.


Contacts

Si vous êtes disponibles, merci de nous contacter à cette adresse : mobilisations@sortirdunucleaire.fr
ou sur le 0685230511 (Laura) ou 0760150123 (Mélisande)

Bernard Laponche : “Il y a une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe”

Propos recueillis par Vincent Remy Publié le 18/06/2011. Mis à jour le 11/08/2014


 http://www.telerama.fr/monde/bernard-laponche-il-y-a-une-forte-probabilite-d-un-accident-nucleaire-majeur-en-europe,70165.php

 

Bernard Laplonche - Photo : Pierre-Emmanuel Rastoin pour Télérama
Physicien nucléaire, polytechnicien, Bernard Laponche est formel : la France est dans l'erreur. Avec le nucléaire, elle s'obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète. Alors que d'autres solutions existent, grâce auxquelles les Allemands ont déjà commencé leur transition énergétique.

Il est des leurs. Enfin, il était des leurs. Polytechnicien, physicien nucléaire, Bernard Laponche a participé, dans les années 1960, au sein du Commissariat à l'énergie atomique, à l'élaboration des premières centrales françaises. La découverte des conditions de travail des salariés de la Hague sera pour lui un choc : il prend conscience du danger de l'atome, qu'il juge moralement inacceptable. Dès les années 1980, Bernard Laponche, désormais militant au sein de la CFDT, prône la maîtrise de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables. Les décennies suivantes lui ont donné raison. Mais la France, seul pays au monde à avoir choisi l'option du tout-nucléaire, s'obstine dans l'erreur, déplore-t-il, et s'aveugle : énergie du passé, sans innovation possible, le nucléaire ne représente pas seulement une menace terrifiante, pour nous et pour les générations qui suivront ; il condamne notre pays à rater le train de l'indispensable révolution énergétique.

 On présente toujours l'énergie nucléaire comme une technologie très sophistiquée. Vous dites qu'il s'agit juste du « moyen le plus dangereux de faire bouillir de l'eau chaude » (1) . C'est provocateur, non ?
Pas vraiment... Un réacteur nucléaire n'est qu'une chaudière : il produit de la chaleur. Mais au lieu que la chaleur, comme dans les centrales thermiques, provienne de la combustion du charbon ou du gaz, elle est le résultat de la fission de l'uranium. Cette chaleur, sous forme de vapeur d'eau, entraîne une turbine qui produit de l'électricité. L'énergie nucléaire n'est donc pas ce truc miraculeux qui verrait l'électricité « sortir » du réacteur, comme s'il y avait une production presque spontanée...

Pourquoi cette image s'est-elle imposée ?
Les promoteurs du nucléaire ne tiennent pas à mettre en avant la matière première, l'uranium. C'est lié au fait qu'à l'origine le nucléaire était militaire, donc stratégique. Et puis en laissant penser que l'électricité est produite directement, ils lui donnent un côté magique, ainsi qu'une puissance trois fois plus élevée, car c'est la chaleur produite que l'on évalue, pas l'électricité. Or les deux tiers de la chaleur sont perdus, ils réchauffent l'eau des fleuves ou de la mer qui sert à refroidir les réacteurs.

La centrale de Grafenrheinfeld, en Allemagne. - Photo : Jürgen Nefzger

Parlons donc du combustible...
Ce sont des crayons d'uranium, de l'uranium légèrement enrichi en isotope 235, pour les réacteurs français. La fission est une découverte récente (1938) : un neutron tape un noyau d'uranium qui explose, produit des fragments, donc de l'énergie, et des neutrons, qui vont taper d'autres noyaux – c'est la réaction en chaîne. La multiplication des fissions produit de la chaleur. Or les fragments de la fission sont de nouveaux produits radioactifs, qui émettent des rayons alpha, bêta, gamma... A l'intérieur des réacteurs, vous produisez donc de la chaleur, c'est le côté positif, mais aussi des produits radioactifs, notamment du plutonium, le corps le plus dangereux qu'on puisse imaginer, qui n'existe qu'à l'état de trace dans la nature. On aurait dû s'interroger dès l'origine : ce moyen de produire de l'eau chaude est-il acceptable ?

Cette réaction en chaîne, on peut tout de même l'arrêter à chaque instant, non ?
Dans un fonctionnement normal, on abaisse les barres de contrôle dans le cœur du réacteur : elles sont constituées de matériaux qui absorbent les neutrons, ce qui arrête la réaction en chaîne. Mais il faut continuer de refroidir les réacteurs une fois arrêtés, car les produits radioactifs continuent de produire de la chaleur. La nature même de la technique est donc source de risques multiples : s'il y a une panne dans les barres de contrôle, il y a un emballement de la réaction en chaîne, ce qui peut provoquer une explosion nucléaire ; s'il y a une fissure dans le circuit d'eau, il y a perte de refroidissement, la chaleur extrême détruit les gaines du combustible, certains produits radioactifs s'échappent, on assiste à la formation d'hydrogène, cet hydrogène entraîne des matières radioactives et peut exploser.

“Puisque le point de départ, c'est la création
de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe
est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique
les moyens de sa propre destruction.”

Mais on multiplie les systèmes de protection...
Vous avez beau les multiplier, il y a toujours des situations dans lesquelles ces protections ne tiennent pas. A Tchernobyl, on a invoqué, à juste titre, un défaut du réacteur et une erreur d'expérimentation ; à Fukushima, l'inondation causée par le tsunami. Au Blayais, en Gironde, où la centrale a été inondée et où on a frôlé un accident majeur, on n'avait pas prévu la tempête de 1999. Mais on a vu des accidents sans tsunami ni inondation, comme à Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979. On peut aussi imaginer, dans de nombreux pays, un conflit armé, un sabotage... Puisque le point de départ, c'est la création de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique les moyens de sa propre destruction.

Y a-t-il eu des innovations en matière nucléaire ?
Aucun progrès technologique majeur dans le nucléaire depuis sa naissance, dans les années 1940 et 1950. Les réacteurs actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950. En plus gros. Les réacteurs, l'enrichissement de l'uranium et le retraitement, sont des technologies héritées de la Seconde Guerre mondiale. On a juste augmenté la puissance et ajouté des protections. Mais parce que le système est de plus en plus compliqué, on s'aperçoit que ces protections ne renforcent pas toujours la sûreté.

On a du mal à croire qu'il n'y ait eu aucune innovation majeure...
Si, le surgénérateur ! Avec Superphénix, on changeait de modèle de réacteur. Et heureusement qu'on l'a arrêté en 1998, car il était basé sur l'utilisation du plutonium. Le plutonium est un million de fois plus radioactif que l'uranium. Comment a-t-on pu imaginer faire d'un matériau aussi dangereux le combustible d'une filière de réacteurs exportable dans le monde entier ?

Nicolas Sarkozy affirme que si l'on refuse le nucléaire, on doit accepter de s'éclairer à la bougie. Qu'en pensez-vous ?
Il est lassant d'entendre des dirigeants qui n'y connaissent rien continuer à dire n'importe quoi. Nicolas Sarkozy ne croit pas si bien dire ; un jour, et pourquoi pas dès cet été, les Français s'éclaireront à la bougie : comme nous sommes le seul pays au monde à avoir choisi de produire 80 % de notre électricité avec une seule source, le nucléaire, et une seule technique, le réacteur à eau pressurisée, si nous sommes contraints d'arrêter nos réacteurs, nous retournerons à la bougie ! Pas besoin d'une catastrophe, juste un gros pépin générique, ou une sécheresse et une canicule exceptionnelles. Car on ne peut pas faire bouillir l'eau des rivières. En revanche, si l'on décidait de sortir du nucléaire en vingt ans, on pourrait démultiplier notre inventivité énergétique pour justement éviter la bougie.

Les défenseurs du nucléaire disent qu'en France, avec notre nouveau réacteur, l'EPR, que l'on construit à Flamanville, on arrive à un risque quasi nul...
Chaque pays assure que ses réacteurs sont mieux que les autres. Avant Fukushima, le discours des Japonais était le même que celui des Français. On en est déjà à cinq réacteurs détruits (Three Mile Island, Tchernobyl, et trois réacteurs à Fukushima) sur quatre cent cinquante réacteurs dans le monde, des centaines de kilomètres carrés inhabitables. La probabilité théorique, selon les experts de la sûreté nucléaire, devait être de un pour cent mille « années-réacteur » [une année-réacteur, c'est un réacteur fonctionnant pendant un an, NDLR], voire un million d'années-réacteur pour un accident majeur, type Tchernobyl ! La réalité de ce qui a été constaté est trois cents fois supérieure à ces savants calculs. Il y a donc une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe.

Une innovation majeure pourrait-elle vous conduire à revoir votre jugement ?
Je ne vois pas de solution dans l'état actuel, non pas de l'ingénierie, mais de la connaissance scientifique. Je ne dis pas qu'un jour un savant ne trouvera pas un moyen d'utiliser l'énergie de liaison des noyaux de façon astucieuse, qui ne crée pas ces montagnes de produits radioactifs. Mais pour le moment, il n'y a pas !

Pourquoi vous opposez-vous à Iter, expérience sur la fusion menée à Cadarache, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ?
La fusion, c'est l'inverse de la fission. On soude deux petits noyaux, deux isotopes de l'hydrogène, le deutérium (un proton et un neutron) et le tritium (un proton et deux neutrons), et cette soudure dégage de l'énergie. Mais il faut arriver à les souder, ces noyaux ! Dans le Soleil, ils se soudent du fait de la gravitation. Sur Terre, on peut utiliser une bombe atomique, ça marche très bien. L'explosion provoque la fusion des deux noyaux, qui provoque une seconde explosion beaucoup plus forte : c'est la bombe à hydrogène, la bombe H. Pour une fusion sans bombe, il faut créer des champs magnétiques colossaux afin d'atteindre des températures de cent millions de degrés. Iter, à l'origine un projet soviétique, est une expérience de laboratoire à une échelle pharaonique, des neutrons extrêmement puissants bombardent les parois en acier du réacteur, ces matériaux deviennent radioactifs et doivent d'ailleurs être remplacés très souvent. Je ne suis pas spécialiste de la fusion, mais je me souviens que nos deux derniers Prix Nobel français de physique, Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, avaient dit qu'Iter n'était pas une bonne idée. Ils prônaient les recherches fondamentales avant de construire cet énorme bazar. Personne n'a tenu compte de leur avis, et nos politiques se sont précipités, sur des arguments de pure communication – on refait l'énergie du Soleil – pour qu'Iter se fasse en France.

Pourquoi ?
Parce que les Français veulent être les champions du nucléaire dans le monde. Les Japonais voulaient Iter, mais leur Prix Nobel de physique Masatoshi Koshiba a dit « pas question », à cause du risque sismique. Je pense que ce projet va s'arrêter parce que son prix augmente de façon exponentielle. Et personne ne s'est posé la question : si jamais ça marchait ? Que serait un réacteur à fusion ? Comme disent les gens de l'association négaWatt, pourquoi vouloir recréer sur Terre l'énergie du Soleil puisqu'elle nous arrive en grande quantité ?

Que répondez-vous à ceux qui pensent que l'impératif du réchauffement climatique, donc la nécessaire réduction des émissions de CO2, nous impose d'en passer par le nucléaire ?
Tout d'abord, on ne peut pas faire des émissions de CO2 le seul critère de choix entre les techniques de production d'électricité. Faut-il accepter qu'au nom du climat, tous les cinq ou dix ans, un accident de type Fukushima se produise quelque part dans le monde ? Ensuite, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a montré que si l'on voulait tenir nos objectifs de réduction des émissions de CO2, la moitié de l'effort devait porter sur les économies d'énergie. Pour l'autre moitié, le recours aux énergies renouvelables est essentiel, la part du nucléaire n'en représentant que 6 %. Il faut donc relativiser l'avantage du nucléaire.

“Comme on a fait trop de centrales, il y a eu
pression pour la consommation d'électricité,
en particulier pour son usage le plus imbécile, le
chauffage, pour lequel la France est championne.”

Vous avez commencé votre carrière au CEA et avez été un artisan de cette énergie. Que s'est-il passé ?
J'ai même fait une thèse sur le plutonium, et je ne me posais aucune question. Tout est très compartimenté au CEA, je faisais mes calculs sur la centrale EDF 3 de Chinon, n'avais aucune idée des risques d'accident ni du problème des déchets. Je travaillais avec des gens brillants. Et puis j'ai commencé à militer à la CFDT, après 68, et on s'est intéressé aux conditions de travail des travailleurs de la Hague. Je me suis aperçu que, moi, ingénieur dans mon bureau, je ne connaissais rien de leurs conditions de travail, et que les gens de la Hague ne savaient pas ce qu'était un réacteur nucléaire. On a donc écrit, en 1975, un bouquin collectif qui a été un best-seller, L'Electronucléaire en France. Le patron du CEA de l'époque a d'ailleurs reconnu la qualité de ce travail. Pour cela, j'ai travaillé pendant six mois à partir de documents américains, parce qu'en France il n'y avait rien. La CFDT a alors pris position contre le programme nucléaire. J'ai commencé à travailler sur les alternatives au nucléaire et, en 1982, je suis entré à l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie.

Cela fait trente ans... Que prôniez-vous à l'époque ?
Mais la même chose qu'aujourd'hui : économies d'énergie et énergies renouvelables ! Les principes de l'électricité photovoltaïque, donc des panneaux solaires, étaient déjà connus. Aujourd'hui, on ne parle que de l'électricité, mais ce qu'il faudrait d'abord installer partout, c'est des chauffe-eau solaires ! Rien de plus simple : un fluide caloporteur circule dans un tube sous un panneau vitré, et permet d'obtenir de l'eau à 60 degrés. L'Allemagne, pays moins ensoleillé que la France, a dix fois plus de chauffe-eau solaires. Dans le Midi, il n'y en a pas, ou si peu !

Cela ne demande pas beaucoup d'innovation...
L'innovation permet avant tout de réduire les coûts. L'éolien, sa compétitivité face au nucléaire est acquise. En ce qui concerne le photovoltaïque, les Allemands anticipent des coûts en baisse de 5 % chaque année. Il y a beaucoup de recherches à faire sur les énergies marines, les courants, l'énergie des vagues, la chaleur de la terre avec la géothermie. Les énergies renouvelables, sous un mot collectif, sont très différentes, et peuvent couvrir à peu près tous les besoins énergétiques. Les Allemands estiment qu'elles couvriront 80 % des leurs d'ici à 2050. C'est plus que crédible, à condition de toujours rechercher les économies d'énergie.

Photo : CC by HeyRocker (www.flickr.com/photos/heyrocker)

Le fait qu'on ait produit de l'électricité à partir du nucléaire à un coût modique, ne prenant pas en compte les coûts du démantèlement et de la gestion à long terme des déchets radioactifs, a-t-il pénalisé les énergies renouvelables ?
Oui, et comme on a fait trop de centrales nucléaires, il y a toujours eu pression pour la consommation d'électricité, et en particulier pour son usage le plus imbécile, le chauffage électrique, pour lequel la France est championne d'Europe. On construit des logements médiocres, l'installation de convecteurs ne coûte rien, cela crée du coup un problème de puissance électrique globale : en Europe, la différence entre la consommation moyenne et la pointe hivernale est due pour moitié à la France ! Résultat, l'hiver, nous devons acheter de l'électricité à l'Allemagne, qui produit cette électricité avec du charbon… Hors chauffage, les Français consomment encore 25 % de plus d'électricité par habitant que les Allemands. Qui n'ont pas seulement des maisons mieux isolées, mais aussi des appareils électroménagers plus efficaces, et qui font plus attention, car l'électricité est un peu plus chère chez eux.

“Les Allemands étudient des réseaux
qui combinent biomasse, hydraulique, éolien,
photovoltaïque. Ils réussissent la transition
énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée.”

Quelles sont les grandes innovations à venir en matière d'énergie ?
Les « smart grids », les réseaux intelligents ! Grâce à l'informatique, on peut optimiser la production et la distribution d'électricité. A l'échelle d'un village, d'une ville ou d'un département, vous pilotez la consommation, vous pouvez faire en sorte, par exemple, que tous les réfrigérateurs ne démarrent pas en même temps. Les défenseurs du nucléaire mettent toujours en avant le fait que les énergies renouvelables sont fluctuantes – le vent ne souffle pas toujours, il n'y a pas toujours du soleil – pour asséner que si l'on supprime le nucléaire, il faudra tant de millions d'éoliennes... Mais tout change si l'on raisonne en termes de combinaisons ! Les Allemands étudient des réseaux qui combinent biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque. Et ils travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l'éolien, la nuit, on pompe l'eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour... C'est cela, la grande innovation de la transition énergétique, et elle est totalement opposée à un gros système centralisé comme le nucléaire. Le système du futur ? Un territoire, avec des compteurs intelligents, qui font la jonction parfaite entre consommation et production locale. Small is beautiful. Les Allemands réussissent en ce moment cette transition énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée. C'est cela, le principal : il faut prendre la décision. Cela suppose une vraie prise de conscience.

Comment expliquez-vous l'inconscience française ?
Par l'arrogance du Corps des ingénieurs des Mines, d'une part, et la servilité des politiques, de l'autre. Une petite caste techno-bureaucratique a gouverné les questions énergétiques depuis toujours, puisque ce sont eux qui tenaient les Charbonnages, puis le pétrole, et ensuite le nucléaire. Ils ont toujours poussé jusqu'à l'extrême, et imposé aux politiques, la manie mono-énergétique.

Cela vient de notre pouvoir centralisé ?
Complètement ! Dans les années 1970, un chercheur suédois a écrit une étude sur le fait que le nucléaire marche dans certains pays et pas dans d'autres. Et il en a conclu qu'une structure politico-administrative autoritaire et centralisée avait permis qu'il se développe dans deux pays : l'URSS et la France. Pour de fausses raisons – indépendance énergétique, puissance de la France –, on maintient le lien entre le nucléaire civil et militaire – le CEA a une branche applications militaires, Areva fournit du plutonium à l'armée. Ce complexe militaro-étatico-industriel fait qu'ici on considère madame Merkel comme une folle. Au lieu de se dire que si les Allemands font autrement, on pourrait peut-être regarder… Non, on décide que les Allemands sont des cons. Nos responsables claironnent qu'on a les réacteurs les plus sûrs, que le nucléaire c'est l'avenir, et qu'on va en vendre partout. C'est l'argument qu'on utilise depuis toujours, et on a vendu péniblement neuf réacteurs en cinquante ans, plus les deux qui sont en construction en Chine. Ce n'est pas ce qui était prévu… En dix ans, les Allemands, eux, ont créé près de 400 000 emplois dans les énergies renouvelables.

En dehors des écologistes, personne, y compris à gauche, ne remet en cause le nucléaire...
Les choses évoluent vite. Fukushima ébranle les pro-nucléaire honnêtes. Je pense que la décision allemande aura une influence, pas sur nos dirigeants actuels, mais sur nos industriels et aussi sur les financiers. Ils doivent se dire : vais-je continuer à mettre mes billes dans un truc comme ça ? Il y avait jadis l'alliance Areva-Siemens pour proposer des réacteurs EPR, mais Siemens en est sorti depuis des années. On peut toujours se rassurer en pensant que les Allemands se trompent, mais on peut difficilement soutenir qu'ils aient fait ces dernières décennies de mauvais choix et que leur industrie soit faiblarde...

Les écologistes peuvent-ils peser sur les socialistes ?
Bien sûr. Déjà, en 2000, tout était prêt pour l'EPR, mais Dominique Voynet, ministre de l'Environnement, a dit à Lionel Jospin : « Si tu fais l'EPR, je démissionne. » C'est la seule fois où elle a mis sa démission dans la balance et l'EPR ne s'est pas fait à l'époque. Je travaillais auprès d'elle comme conseiller sur ces questions, j'ai pondu trois cent cinquante notes. Il y avait une bagarre quotidienne entre le ministère de l'Environnement et le ministère de l'Industrie, qui se moquait complètement de la sécurité. Malheureusement, l'EPR est reparti avec Chirac en 2002. Et il va nous coûter très cher. En un demi-siècle, on a gaspillé l'énergie, on a fait n'importe quoi. Il est urgent de choisir une civilisation énergétique qui ne menace pas la vie.

(1) Titre d'une contribution dans les pages Rebonds de « Libération » (24 mars 2011).

 

Transition énergétique : ouverture des débats au Sénat sous haute tension ?

L'examen du projet de loi sur la transition énergétique débute aujourd'hui au Sénat en séance publique. Les corrections apportées en commission, notamment sur la réduction de la part du nucléaire, cristallisent les débats.

Neuf cent vingt amendements ont été déposés en vue de l'examen, en première lecture au Sénat, du projet de loi de transition énergétique. Le texte, adopté le 14 octobre par l'Assemblée nationale, a déjà été largement amendé en commission sénatoriale. Au point de vider de sa substance l'un des trois grands objectifs inscrits dans le texte, sur la réduction progressive de la production nucléaire, et d'empêcher une adoption rapide du projet de loi en cas d'échec de la commission mixte paritaire. Plusieurs élus verts et socialistes ont d'ores et déjà annoncé qu'ils s'opposeraient à ce texte revu et corrigé par les sénateurs, à l'instar du député Jean-Paul Chanteguet (PS, Indre).

Le nucléaire au cœur des crispations

Ce projet de loi, qui tend à réorienter la politique énergétique française, visait une réduction de moitié de la consommation énergétique finale en 2050 (par rapport à la référence de 2012), l'atteinte du facteur 4 mais aussi l'abaissement de 75 à 50% de la part du nucléaire dans le mix électrique d'ici 2025. Les sénateurs, en commission, ont supprimé cette échéance, pour la remplacer par l'expression "à terme". Autrement dit "aux calendes grecques", réagit Roland Courteau, sénateur socialiste de l'Aude. "Si on ne fixe pas un objectif à 2025 pour mobiliser les acteurs publics, on ne rééquilibrera pas le mix énergétique". Selon lui, l'abaissement de la part du nucléaire est nécessaire pour permettre l'essor des énergies renouvelables.

Les sénateurs sont également revenus sur le plafonnement de la production nucléaire pour y intégrer la capacité du futur EPR de Flamanville. Le gouvernement a déposé des amendements pour revenir sur ces deux modifications majeures.

Les principales modifications apportées en commission

Les autres titres sur les transports, l'économie circulaire, la rénovation énergétique, les énergies renouvelables ou la gouvernance ont été également retravaillés par les commissions du développement durable, des affaires économiques et des finances du Sénat. La plupart des sénateurs estime avoir conforté les ambitions du texte, et les avoir enrichies, notamment sur la lutte contre la précarité énergétique, les plateformes territoriales de la rénovation, les énergies renouvelables ou la mobilité.

Pourtant, au chapitre bâtiments, les sénateurs sont revenus sur certaines ambitions, comme la performance énergétique des bâtiments publics neufs ou encore la rénovation des bâtisses anciennes, antérieures à 1948.

Concernant les énergies renouvelables, les sénateurs ont souhaité réintroduire les zones de développement de l'éolien (ZDE) et le seuil de cinq mâts par parc. Ils ont également levé l'interdiction des cultures énergétiques dans les méthaniseurs, introduite lors des débats à l'Assemblée nationale. Les élus de la seconde chambre sont également revenus sur la définition de la puissance installée, qui devient la "puissance active maximale injectée au point de livraison". Ils ont également souhaité recentrer la contribution au service public de l'électricité (CSPE) sur le financement des seules énergies renouvelables et plafonner les charges, pour chaque filière, à leur niveau actuel.

S'ils ont conservé les principaux outils de gestion de la politique énergétique (PPE et stratégie carbone), les sénateurs ont souhaité exclure le méthane agricole des objectifs de réduction des émissions à gaz à effet de serre et décliner ces objectifs par gaz.

Sur le volet transports, France nature environnement (FNE) regrette la suppression de l'obligation pour les entreprises de faire des plans de mobilité des salariés.

D'autres surprises devraient apparaître lors des débats en plénières. Un amendement vise à éloigner les éoliennes à plus de 10 km des bâtiments classés (contre 500m aujourd'hui). Un autre prévoit que le gouvernement s'engage à explorer le potentiel en hydrocarbures non-conventionnels.

         
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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 09:26

La cour d'appel de Paris a relaxé mercredi le président de l'Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme, qui était poursuivi en diffamation par Areva qu'il avait accusé de corruption au Niger.

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Le 11 décembre 2012, dans un communiqué, l'Observatoire du Nucléaire avait fait état d'une contribution d'Areva au budget national nigérien d'environ 26 millions d'euros, dont 15 millions auraient été directement affectés à l'acquisition d'un avion pour le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

areva_uranium-travailleur-africain.jpgMahamadou Issoufou, qui est ingénieur des mines, a été directeur national des Mines au ministère des Mines et de l'Industrie (1980 à 1985) puis  jusqu'en 1991 salarié de la filiale Somaïr-Areva successivement comme secrétaire général, directeur des exploitations puis directeur technique de la Société des mines de l'Aïr (Samaïr, filiale d'AREVA). Au Niger, ancienne colonie française, Areva exploite la mine d'uranium d'Arlit source de pollution radioactive des territoires et des ressources en eau ainsi que de contaminations des populations et dégradation des traditions culturelles et modes de vie.

Peu de temps après la révélation/dénonciation de l'Observatoire du nucléaire, Mr Zakari Oumarou, président du groupe parlementaire du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNSD, au pouvoir), avait confirmé à l'AFP qu'Areva avait accordé au Niger une aide budgétaire de 26 millions d'euros, dont une partie a été affectée pour l'achat d'un avion présidentiel.

"Il s'agit donc clairement d'une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva" avait accusé l'Observatoire du nucléaire.

Pdg-Areva_Luc-Oursel_President-Niger_Mahamadou-Issoufou.jpgAreva, offusqué, avait contesté cette accusation de corruption et assigné en justice.

(sur la photo : Le président du directoire d'Areva et membre de son comité exécutif de 2011 à 2014 , Luc Oursel - aujourd'hui décédé - en compagnie du Président du Niger Mahamadou Issoufou)

Le 7 février 2014, les juges de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait estimé que l'utilisation du terme corruption ne faisait manifestement preuve d'aucune prudence. Et en première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait donc condamné le Président de l'Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme, à 1.000 euros d'amende avec sursis et lui avait ordonné le retrait des propos litigieux ainsi que la publication d'un communiqué judiciaire sur le site internet de l'Observatoire du nucléaire. Les documents produits par M. Lhomme ne lui permettraient nullement de conclure à la corruption alléguée, ni au fait qu'Areva aurait acheté un avion au président du Niger, avait alors estimé le tribunal.

L'Observatoire du nucléaire avait alors annoncé qu'il ferait appel de ce jugement affligeant mettant gravement en cause la liberté d'expression et le droit de contester les méfaits des entreprises du lobby nucléaire.

Aujourd'hui , ce 21 janvier 2015, la cour d'appel de Paris relaxe des faits de diffamation à l'encontre d'Areva, le président de l'Observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme.

Rappel de l'affaire : http://observ.nucleaire.free.fr/accueil-proces-areva.htm 

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note :

1- En 2012, le Programme des Nations unies pour le développement a considéré le Niger comme le pays le moins développé au monde dans son rapport annuel, lui attribuant un indice de développement humain de seulement 0,304.

2- Selon divers médias tel "Le Point" , le gouvernement français a décidé début 2013 l'envoi  prochain des forces spéciales de l'armée "pour assurer la sécurité des principaux sites d'exploitation d'uranium de l'entreprise française Areva au Niger".

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 08:12

Préfectures du 93/77: Pour la vérité sur la radioactivité et les pollutions du Fort de Vaujours

A quelques kilomètres de Paris, le long de la promenade de la Dhuis et sur les communes de Courtry, Coubron et Vaujours, trône le Fort de Vaujours.

Cette ancienne fortification militaire a été utilisée de 1951 à 1997 par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) pour y développer les détonateurs des bombes atomiques de l'armée Française.

Pendant des années, le CEA a pratiqué sur le site des essais nucléaires dits sous-critiques (ou tirs “froids”). Ces tirs consistaient à l'explosion de bombes atomiques factices construites autour de sphères d'uranium 238. Ces tirs ont été réalisés à l'air libre aussi bien qu'en salles de tirs.

Les débris et éclats d'uranium causés par les explosions à l'air libre étaient projetés bien au delà de l'emprise du fort. Lors des gros tirs, certains débris ont été retrouvés par le CEA à plus d'un kilomètre du fort.

Lors des explosions en casemates de tir, les éclats d'uranium et autres déchets étaient évacués à grandes eaux dans des puits dit de "lavage" profonds de plusieurs dizaines de mètres. 14 de ces puits ont été recensés sur le site.

Une contamination des sols en matières uranifères (Uranium 238 entre autres) a été confirmée en 2001 par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité), la SUBATECH et par le CEA lui-même qui a reconnu que certains ouvrages contaminés avaient été noyés dans le béton compte tenu de l’impossibilité de les décontaminer.

Rappelons que l'Uranium 238 est un toxique chimique qui présente une très forte radiotoxicité par inhalation. Ainsi une exposition par contamination interne peut avoir sur le long terme des effets sur la santé sous la forme de cancers et de leucémies.

Suite à ces découvertes, entre 2001 et 2002, une dépollution sur seulement 0,22% de la surface du fort fut réalisée par l'Etat français : une campagne d'assainissement très limitée compte tenu des coûts astronomiques qu'impliquent ce genre de travaux.

Pour preuve de l'insuffisance des campagnes de dépollution de l'époque, en mai 2011, une mesure de radioactivité, 33 fois supérieure à la norme, a été relevée dans l'enceinte du fort de Vaujours sur un point chaud détecté par la CRIIRAD en 2001.

A cette pollution exceptionnelle en proche banlieue, s’ajoutent des risques non moins importants liés à la présence d’explosifs en subsurface, de pollutions aux métaux lourds (Arsenic, Mercure, Amiante, Cuivre, Plomb, Tungstène, Zirconium, etc.) ainsi que des pollutions chimiques (Dioxine, PCB, Perchlorate d’ammonium, etc).

Suites aux pressions et à la mobilisation de l'époque, les préfectures ont décidé, en date du 22 Septembre 2005, de frapper le site de servitudes; ainsi l’arrêté préfectoral précise que « Les terres issues de travaux de terrassement, construction ou modification du terrain doivent être stockées sur le site même ». Il précise également : « un usage résidentiel, des activités agricoles, des activités entraînant la présence régulière d’enfants, les établissements recevant du public et les lieux de rassemblement de personnes (parc public, camping, aire de spectacle, …) sont proscrits. »

Cette activité nucléaire et chimique passée peut-elle expliquer pourquoi les taux de décès par tumeurs sont anormalement élevés sur la ville de Courtry ?

En effet, selon l'Agence Régionale de Santé d'Ile-de-France, dans le cadre de la signature du Contrat Local de Santé de la communauté d'agglomération : tandis que les taux sont de 36% pour les hommes et 26% pour les femmes en Seine et Marne, les taux de décès par tumeurs sont de 52% pour les hommes et 49% pour les femmes à Courtry.

De plus, en 2000, un médecin généraliste de Coubron, signalait dans la presse que les maladies thyroïdiennes sur le secteur avaient doublé en dix ans.

Depuis 2010, le site de 45 hectares est la propriété de la société BP PLACO (Placoplâtre), filiale du groupe St-Gobain, et de la Communauté d'Agglomération de Marne et Chantereine.

Placoplâtre souhaite détruire le fort et extraire des millions de m3 de terres potentiellement contaminées afin d'y ouvrir une carrière de gypse (pierre à plâtre) à ciel ouvert. La Communauté d'Agglomération de Marne et Chantereine (CAMC), propriétaire de 11 hectares, souhaite y implanter une zone d'activité économique.

Mise à jour du 18/01/2014 : Ajouts et précisions à la demande de la CRIIRAD

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 05:37

Le journal de l'environnement

 

Nucléaire: l’ASN déplore des manques législatifs et humains

Le 20 janvier 2015 par Stéphanie Senet

 
La centrale du Tricastin inaugurera la série des quatrièmes visites décennales
La centrale du Tricastin inaugurera la série des quatrièmes visites décennales

 

Lors de ses traditionnels vœux à la presse, l’Autorité de sûreté nucléaire a montré que la possible prolongation de la durée de vie des centrales nécessitait des adaptations importantes. Un message à l’attention du gouvernement et des parlementaires.

 

Au lendemain des propos de la ministre de l’écologie, soutenant le déploiement d’une nouvelle génération de réacteurs nucléaires, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a tenu à préciser les priorités stratégiques à venir de la sûreté nucléaire en France.

Pierre-Franck Chevet a rappelé que la possible prolongation de la durée de vie des réacteurs représentait l’enjeu principal en matière de sûreté, rappelant à ceux qui ne l’auraient pas compris que ce prolongement n’était pas acquis. «Un travail de très grande ampleur s’annonce avec le lancement des 4e visites décennales, à l’occasion desquelles l’ASN pourra examiner, au cas par cas, le prolongement de leur fonctionnement au-delà de 40 ans», a-t-il affirmé. Le programme de l’ASN se trouve ainsi rempli jusqu’à 2025.

Si l’avis générique sur la prolongation de la durée de vie des centrales existantes est attendu pour 2018, il sera précédé, dès la fin 2015, par la liste des principales orientations à suivre, ainsi que le niveau d’exigences retenu par l’ASN pour chacune d’entre elles. Par exemple, les exploitants devront renforcer la sûreté des installations existantes au regard de ce qui se pratiquera avec l’EPR de Flamanville et son core catcher (système de récupération du corium lors d’une fusion accidentelle d’un réacteur nucléaire).

 

26 visites décennales en 5 ans

La longue série des visites décennales, réacteur par réacteur, devrait quant à elle démarrer en 2020 avec l’examen de la centrale de Tricastin, suivie par celle de Fessenheim quelques mois plus tard. «Si nous avons eu des réunions avec EDF, aucun dossier de démantèlement n’a été ouvert à ce jour, que ce soit à Fessenheim ou ailleurs», rappelle Pierre-Franck Chevet. Au total, 26 réacteurs feront l’objet de ce diagnostic décennal entre 2020 et 2025.

 

Manque de moyens humains

Le président de l’ASN a insisté sur le manque de moyens de cette autorité administrative indépendante face au vaste chantier qui s’ouvre. «Alors que 500 personnes de l’ASN et 500 personnes de l’IRSN[1] sont chargées du contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, il faudrait 200 personnes supplémentaires pour mener à bien les visites décennales. Ce qui représente environ 50 millions d’euros», plaide Pierre-Franck Chevet.

 

Un nouveau mode de financement à l’étude

Pour l’heure, le gouvernement n’aurait donné son feu vert qu’à 30 personnes de plus pendant trois ans. «Un décalage énorme par rapport aux besoins en matière de sûreté», insiste le patron de l’ASN. Une note d’espoir: la possible réforme du mode de financement de cette autorité administrative indépendante. Si elle bénéficie aujourd’hui d’un budget fixé par l’Etat à partir des versements des opérateurs (576 M€ en 2014 par exploitant), demain les taxes sur les installations nucléaires de base pourraient lui être directement préaffectées (ainsi qu’à l’IRSN), sous le contrôle du seul Parlement. «C’est déjà le cas de nombreuses autorités européennes de sûreté», souligne Pierre-Franck Chevet; comme en Belgique, Espagne et au Royaume-Uni en effet, selon un rapport du sénateur Michel Berson de juin 2014. Pour l’instant, le projet de loi de finances 2015 impose au gouvernement de remettre aux parlementaires un rapport sur cette réforme au plus tard le 1er octobre prochain (art 90). Bercy n’est pas favorable à un accroissement du budget de l’ASN. D’autant moins qu’une récente mission d’évaluation de l’autorité française, conduite par l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), n’a pas été convaincue de la nécessité de renforcer sensiblement ses équipes.

 

Deux projets de loi en cours

Commentant le projet de loi sur la transition énergétique, dont l’examen va démarrer au Sénat, le président de l’ASN a souligné l’importance de l’inscription du principe de «démantèlement immédiat des installations nucléaires arrêtées». «Le démantèlement n’est certes pas immédiat puisqu’il peut prendre plusieurs dizaines d’années mais sa préparation doit être lancée rapidement, dans les deux ans suivant la fin de l’exploitation d’une installation.»

Au sujet du projet de loi Macron, et son article 54 qui élargit les compétences de l’ASN à l’appréciation de la sûreté des installations nucléaires vendues à l’export, Pierre-Franck Chevet a déclaré: «Nous craignions d’avoir un rôle commercial, incompatible avec nos missions, mais la réécriture de cette disposition, en commission spéciale, ne nous pose pas de problèmes». La dernière rédaction ouvre seulement la possibilité à l’ASN de remplir cette compétence, sans obligation aucune. Un peu sur le modèle de ce que le gendarme du nucléaire français a déjà réalisé pour le compte de la société Atmea.

 

La sécurité orpheline des sources radioactives

L’ancien directeur général de l’énergie et du climat s’est dit, en revanche, très préoccupé par l’absence de contrôle et de sanctions d’éventuels actes malveillants utilisant des sources radioactives. «C’est un sujet orphelin, qui doit être inscrit dans la loi sur la transition énergétique, la loi Macron ou une éventuelle loi sur la sécurité suite aux attentats», a-t-il précisé. Il existe des milliers de sources sur les chantiers, utilisées pour vérifier les soudures notamment, qui génèrent un rayonnement ionisant en dehors de tout contrôle. Dans les mains de terroristes, elles pourraient faire «des dégâts considérables».

 

 

 

 

 



[1] IRSN: Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 10:32

http://images.lindependant.fr/images/2015/01/13/la-journaliste-scientifique-viviane-thivent-livre-un_508283_516x343.JPG?v=1

Narbonne : la Comurhex, "une si discrète usine" dans le magazine XXI



  Le 13 janvier à 17h13 par C. L. | Mis à jour le 13 janvier
La journaliste scientifique Viviane Thivent livre un reportage très complet. La journaliste scientifique Viviane Thivent livre un reportage très complet. PHOTO/NARBONNE JEROME LEHUBY

Dans son numéro 29 qui vient de paraître, la revue XXI propose un intéressant reportage sur l’usine Comurhex de Narbonne. Dans un article intitulé “Une si discrète usine”, la journaliste scientifique Viviane Thivent remonte le temps pour rappeler la création de cette usine qui est la porte d’entrée de l’uranium en France.

Elle raconte surtout le parcours de ceux qui se sont mis en travers de cette « si discrète usine », notamment Sandrine Camps et son époux, anciens riverains, qui en 2004 ont vu les boues de la rupture d’une digue du site s’écouler jusqu’à leur jardin. Le début d’un long combat.

Viviane Thivent fait parler tour à tour le couple, d’autres riverains, mais aussi l’actuel directeur de l’usine, ou encore Jacques Bascou et Maryse Arditi. Elle est aussi allée voir des spécialistes de la Criirad (commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) mais aussi de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) qui ont tous effectué des mesures et études sur le site narbonnais.

La journaliste a aussi rencontré d’anciens salariés de l’entreprise et des sous-traitants qui imputent leur maladie, une leucémie, à leur travail dans l’usine. Pour deux personnes, « leur maladie professionnelle liée à la radioactivité a été reconnue. Après leur décès », écrit-elle. Elle détaille également les mesures prises pour accroître la sécurité du site et « démystifier » l’activité de l’entreprise qui fait partie aujourd’hui du groupe Areva. Régulièrement l’entreprise connaît des mobilisations des militants antinucléaires qui dénoncent le transport routier de matière radioactive.

 

-NUCLEAIRE

Les suites de Tchernobyl en Corse : Terre à terre du 17 janvier 2015 - France Culture. Avec : le Dr Denis Fauconnier et Marie-Antoinette Fauconnier
http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-le-blues-des-experts-3-les-suites-de-tchernobyl-en-corse-2015-01-17  

Pour écouter :
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4986737  
Pour écouter: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4986737  

Plainte d'Areva contre Liberté d'Expression des antinucléaires (point info du 15/01/2015)
http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?newsletter/2015/01/14/News-sp%C3%A9ciale-n%C2%B0-1-%3A-Plainte-d-Areva-contre-la-Coordination-antinucl%C3%A9aire-du-sud-est  

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 08:45

 Atteinte à la Liberté d'Expression : AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est ! Nous ne nous laisserons pas bâillonner ! Appel à soutien

Au_quotidien.jpg.jpgLe site internet de la Coordination Antinucléaire du Sud-Est vient d’être informé ce mardi 6 janvier 2015 d’une plainte en diffamation d’Areva contre nous pour un reportage* mettant en cause la pénétration du lobby nucléaire auprès des élus. Cette atteinte à la liberté d'expression se produit alors que le crime nucléaire sanitaire se poursuit et que se meurent à petit feu des milliers d’enfants et d'adultes à Fukushima et ailleurs, ici et au Niger. Une tentative de museler les opposants et toute contestation au moment même où le groupe Areva est en décrépitude financière et où les incidents radioactifs se multiplient dans ses installations en France. La Coordination lance un appel à soutien.

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Communiqué de Presse du 9 janvier 2015

LIBERTE D’EXPRESSION MENACEE

AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est ! Nous ne nous laisserons pas bâillonner !

Le site internet de la Coordination Antinucléaire du Sud-Est vient d’être informé ce mardi 6 janvier 2015 d’une plainte en diffamation d’Areva pour un reportage* mettant en cause la pénétration du lobby nucléaire auprès des élus alors que le crime nucléaire sanitaire se poursuit à Fukushima et en vallée du Rhône.

Defendons_la_liberte_d__expression.jpg.jpgPar cette attaque en justice, le géant du nucléaire veut faire taire la contestation au moment même où le groupe Areva est en décrépitude financière (-52% de sa valeur en Bourse) et industrielle (échec de l’EPR en Finlande, investissements hasardeux, réduction de ses ventes de Mox notamment au Japon, mis en cause dans des financements de budget étranger,…), où les incidents se multiplient dans ses installations en France et alors que se meurent à petit feu des milliers d’enfants et d'adultes (recensés ou pas encore) à Fukushima et ailleurs, comme au Niger.

La Coordination Antinucléaire du Sud-Est qui regroupe, en dehors de tout parti politique, des citoyens qui agissent pour l’arrêt immédiat et inconditionnel du crime nucléaire pour des raisons sanitaires et de santé publique, dénonce

. la guerre idéologique fanatique que les tenants de la destruction atomique mènent contre une pensée libre et contre le peuple, l’arrogance et l’impérialisme du lobby nucléaire et de sa caste dirigeante,

. les atteintes à la santé et à la vie des populations et la contamination des territoires par les rejets radioactifs dans l’air et dans l’eau de chacune des 125 installations nucléaires civiles auxquelles s’ajoutent les Installations Nucléaires de Base secrètes militaires disséminées sur le territoire français. Atteintes voulues, répétées et quotidiennes, telle la fabrication par Areva de l’uranium « appauvri » radioactif, sans doute utilisé dans les armes de guerre.

. l’exploitation colonialiste des travailleurs et ressources du Niger ainsi que la contamination radioactive des territoires de vie et de culture des populations touareg et autres de ce pays,

. le noyautage des institutions, de l’État, et des assemblées élues par un groupe d’intérêts privés et leurs relais idéologiques pour imposer un ordre dominant et un état de terreur nucléaire sur le pays et la planète,

La Coordination antinucléaire du Sud-est rappelle qu’il n’y a pas de dose de radioactivité artificielle inoffensive.

La Coordination antinucléaire du Sud-est appelle à la Solidarité

. toutes les personnes éprises de liberté et attachées au droit d’expression et de critique,
. tous les collectifs, et groupes, et organisations

. à s’opposer à cette atteinte à la liberté d’expression,

. à adresser à la Coordination des messages de soutien : sudest.antinucleaire@free.fr

. à soutenir la défense en justice de la Coordination antinucléaire du Sud-est : bouton "Je soutiens" ci-bas

. à manifester directement son indignation auprès des pouvoirs et de Areva par les voies que chacun-e déterminera

( Monsieur Philippe Varin Président du Conseil d’Administration d'Areva 1, place Jean-Millier 92084 Paris-La Défense cedex Tél : 01.34.96.00.0001.34.96.00.00 Fax : 01.34.96.00.01  - 1er Ministre Manuel Vals : 57 Rue de Varenne, 75007 Paris http://www.gouvernement.fr/contact/ecrire-au-premier-ministre - Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes 14, avenue Duquesne 75350 PARIS 07 SP Tel : 01 40 56 60 00 )

. à faire connaître partout cet autre versant des atteintes à la liberté d'expression en France

. à signer la pétition en ligne sur cyber@cteurs :  ici

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. soutien financier (remboursé en cas de retrait de plainte par Areva et non procès) : à adresser à CAN 180 chemin de la Parisienne
84740 Velleron - France ou clic sur ce bouton :

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Contact :  sudest.antinucleaire@free.fr

* l'article du 27 juillet 2014 (déjà) et qui met Areva hors de lui et méchant :   http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2014/07/27/Avignon-%3A-les-%C3%A9lus-EELV-ne-condament-pas-la-convention-que-signe-la-municipalit%C3%A9-avec-Areva

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 09:36

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/themes/123Ice/img/topphoto.jpgRéjouissant : Areva s'effondre financièrement en France et dans le monde à -52,03 % fin 2014. C'est la chute finale...

2014_Areva_chute-cours-boursier.jpgAreva (groupe nucléaire public-privé) s'effondre et finit son année boursière en chute de -52,03% (le cours de l'action n'est plus qu'à 9,12 euros fin 2014). C'est le résultat de difficultés financières nées de gabegie et d'acquisitions-spéculations hasardeuses, de fiascos techniques à répétition (EPR Finlandais, EPR de Flamanville notamment), de la régression du marché de la destruction atomique avec aussi l'arrêt du "marché japonais" depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima. Toute la presse économique et financière s'inquiète, et l'Etat avec elle, de ce "grand bond en arrière". Pour les citoyens qui luttent contre les passéistes de l'atome, c'est une bonne nouvelle qui devrait conduire à l'abandon immédiat de cette aberration criminelle.

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" Le titre du géant français du nucléaire Areva s'effondre mercredi matin à la Bourse de Paris après l'abandon d'un de ses objectifs 2014 et la suspension de ses perspectives financières pour les deux années à venir. " : les journaux financiers ne peuvent que constater, ce 19 novembre 2014, l'effondrement d'un mythe savamment entretenu depuis cinquante ans par les pouvoirs en place avec la complicité des élus et des médias. C'est qu'à la clôture de la Bourse, Areva vient d'annoncer officiellement qu'elle abandonnait ses perspectives financières pour au moins les deux années à venir (2015 et 2016). La gestion prévisionnelle de l'une des plus grandes organisations de destruction humaine a du plomb dans l'aile.

Et d'avouer ce que les antinucléaires conséquents disent depuis plusieurs années : " les retards, à la fois de l'EPR de Flamanville, mais aussi du projet vitrine à l'international du groupe: l'EPR finlandais" (l'Expansion du 11 novembre 2014 ) illustrent l'entêtement idéologico-capitaliste de la secte du "corps des mines" qui dirige et noyaute la politique française depuis des décennies. Précision aussi apportée dans un communiqué de presse par le chef de file de la destruction atomique Areva : "... la suspension de nos objectifs est motivée par "le glissement du redémarrage des réacteurs japonais, la révision des hypothèses de calendrier de lancement de nouvelles constructions de réacteurs, l'atonie persistantes du marché des services à la base installée, y compris en France..."  

2014_Areva_chute-cours-boursier.jpgMauvaises nouvelles pour les investisseurs, bonne nouvelle pour les peuples : le titre du groupe plongeait il y a un mois après l'ouverture: -18,49% (09h34) à 9,83 euros, soit son plus bas niveau depuis juin 2012.  Et Areva contraint de préciser ne plus pouvoir garantir pour 2014 son objectif d'un cash flow opérationnel "proche de l'équilibre".  Le pot aux roses est découvert et l'Etat actionnaire ayant débarqué le président du conseil de surveillance, Pierre Blayau, peu après le départ pour maladie du président du directoire Luc Oursel, nomme l'ancien patron du groupe automobile PSA Philippe Varin à la tête du futur conseil d'administration du groupe et un changement du "mode de gouvernance". Un choix cornélien se pose alors : on en profite pour tourner la page, sortir du conservatisme, se tourner vers l'avenir, tenter d'assurer la protection sanitaire du pays et de sa population, lancer un grand plan de formation-reconversion des salariés et créer des milliers d'emplois ou bien on ponctionne encore les français pour renflouer la gabegie de quelques entêtés en col blanc et poursuivre le crime sanitaire ?

L'année 2014 d'Areva se termine sur un beau - 52,03% de perte de son action boursière. Les spéculateurs n'auraient-ils plus eux-mêmes confiance dans cette monstruosité ?

Un air de décrépitude flotte sur les cocottes-minute nucléaires au son d'une mélodie internationale de circonstance : " c'est la chute finale..." .

Mais attention la bête blessée peut n'en être que plus dangereuse. Et si l'arrêt immédiat du nucléaire peut ouvrir la porte à une transition énergétique, l'inverse n'est pas vrai : une transition énergétique n'est pas une garantie de l'arrêt du nucléaire. Aux citoyens conscients et dignes, qui refusent les compromissions libérales de couloirs et la complicité dans le crime sanitaire, de ne pas baisser la garde et d'accentuer leur engagement pour arrêter immédiatement la main des criminels. Sans leur laisser aucun répit.

2015_Voeux-CAN84.jpg

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 10:36

http://www.cyberacteurs.org/images/logo2.gifcyberaction : Pas d'argent pour le nucléaire – arrêtons Bruxelles !

cyberaction N° 670: Pas d'argent pour le nucléaire – arrêtons Bruxelles !

[ 216 participations ] 
hhttp://www.cyberacteurs.org/cyberactions/pas-argent-nucleaire-arretons-bruxe-874.html

 

cyberaction mise en ligne le samedi 27 décembre 2014


En partenariat avec : notre partenaire allemand EWS Schönau

Elle sera envoyée à : Madame la Secrétaire Générale de la Commission Européenne

Elle prendra fin le : mardi 31 mars 2015



Le groupe Électricité de France (EdF) veut construire en Angleterre, à Hinkley Point, l'une des plus grandes centrales nucléaires du monde. Ce projet n'est toutefois finançable que s'il est massivement subventionné par le gouvernement britannique, ce qui constitue une très nette violation de la loi européenne sur la protection de la concurence.

Plus d'infos

La Commission Européenne précédente a autorisé ces aides à l'énergie atomique dans son avant-dernière séance.

Cette décision scandaleuse est la porte ouverte à la construction de nouvelles centrales nucléaires en Europe. Le gouvernement autrichien veut porter plainte auprès de la Cour de Justice de l’Union Européenne, le distributeur électrique Schoenau a directement déposé un recours auprès de la Commission Européenne.

Tous les citoyens de l’UE peuvent déposer un recours officiel devant la Commission Européenne (sans frais occasionnés) pour contester cette décision.
Au printemps nous avions déjà mené campagne sur ce sujet aux côtés de notre partenaire allemand EWS Schönau fournisseur d'électricité verte indépendante créé à l'initiative de parents contre le nucléaire,engagés pour la transition vers 100 % d'énergies renouvelables.
http://www.cyberacteurs.org/archives/bilan.php?id=709  

Si la pression exercée par les citoyens européens est plus forte que l’influence du lobby nucléaire, nous pourrons amener la Commission fraîchement nommée à revenir sur cette mauvaise décision. Nous vous proposons de soutenir leur recours et d'exigez avec nous : Pas d'argent pour le nucléaire – arrêtons Bruxelles !

En savoir plus
http://www.ews-schoenau.de/campagne/informations.html

 

Texte de la cyberaction proposé

Madame la Secrétaire Générale,

Avec sa décision « Support SA.34947 » du 8 octobre 2014, la Commission Européenne a autorisé des allocations d'État au profit d'une nouvelle centrale nucléaire à Hinkley Point, en Angleterre.

Ce n'est que par ces subventions que la construction de réacteurs atomiques non rentables devient possible. Sont ainsi reportés sur les citoyens et les citoyennes les coûts exorbitants mais également les immenses dangers de cette technologie à haut risque, tout comme la question sans réponse de l'élimination des déchets. Simultanément, cette garantie d'allocation défavorise et freine les énergies renouvelables qui représentent une option respectueuse du climat et des consommateurs.

En tant que citoyen/citoyenne de l'Union Européenne, je ne suis pas prêt/e à accepter cette décision.
Raison pour laquelle je me joins par la présente au recours posé par l’entreprise Elektrizitätswerke Schoenau Vertriebs GmbH du 28/11/2014 et vous demande expressément de révoquer la décision relative au support SA.34947.

Veuillez agréer, Madame, l'expression de mon grand respect.

 
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 09:33

http://www.sortirdunucleaire.org/squelettes/images/bandeau-bure1.png10 décembre 2014 :
Nouvel échec des contorsionnistes du cirque CIGÉO :
ils n’ont pas réussi à entrer dans la loi Macron

 

Après avoir tenté en vain de glisser le projet CIGÉO (projet d’enfouissement des déchets radioactifs en couche géologique profonde à Bure) dans le projet de "loi de transition énergétique pour la croissance verte", les relais politiques de l’industrie nucléaire ont tenté de le faire passer en douce au sein du projet de "loi pour la croissance et l’activité". Grâce à la mobilisation des opposants au projet, le gouvernement a été à nouveau contraint de reculer.

Les alliés d’EDF & co n’auront pourtant pas économisé leurs efforts. Prestidigitation, boniments, maquillage, hypnose, ventriloquisme : nous décryptons quelques-unes des contorsions intellectuelles des partisans du grand cirque CIGÉO.

La pression concertée fait à nouveau reculer le gouvernement

Au milieu de plus d’une centaine d’articles de loi sans aucun lien avec le nucléaire, on trouvait jusqu’à début décembre un article n°72, relatif à la "Procédure d’autorisation des centres de stockage en couche géologique profonde - CIGÉO".

La coordination Bure-Stop, le Réseau "Sortir du nucléaire" et les Amis de la Terre sont immédiatement montés au créneau de concert dès qu’il a été révélé, courant novembre, que les pro-nucléaire essayaient de faire passer en douce le projet CIGÉO dans la "loi pour la croissance et l’activité" pilotée par le ministre de l’économie Emmanuel Macron.

Alertés par les associations, quelques élus écologistes ont relayé la pression sur le gouvernement, indiquant que les députés EELV voteraient automatiquement contre cette loi si elle prévoyait la mise en œuvre de CIGÉO.

Face à cette pression concertée des associations antinucléaires et des élus écologistes, Bercy déclarait le 4 décembre à Libération que l’article incriminé "est supprimé dans la version préparée pour le conseil des ministres" du mercredi 10 décembre.

Restons cependant vigilants car de nombreux élus continuent de tenir l’autorisation de CIGÉO pour une évidence et une formalité qui sera vite réglée (comme en témoigne un amendement au Projet de Loi de Finances Rectificatives 2015, qui détaille les retombées fiscales pour les communes concernées et reconduit l’enveloppe de 60 millions d’euros destinée aux départements de Meuse et Haute-Marne pour faire passer la pilule).

Et les partisans de CIGÉO ont plus d’un tour dans leur sac pour faire passer ce projet, même si les ficelles de ces numéros d’illusionniste sont grosses !

Jugez plutôt...

Prestidigitation : faire disparaître 18,5 milliards d’€ de coûts gênants

Selon l’étude d’impact du projet de loi Macron, "Le coût du projet a été estimé entre 13,5 et 16,5 Milliards d’euros en 2005 sur la durée totale d’exploitation (€ courants 2003), coût qui fait l’objet d’une actualisation suite à l’approfondissement du travail technique."

PDF - 2.9 Mo

Étrangement, il n’est nulle part question du "chiffrage intermédiaire" réalisé par l’Andra quatre ans plus tard, en 2009, et qui se montait à 35 milliards d’€, soit au bas mot 18,5 milliards de plus.

Lorsque cette estimation avait fuité dans la presse, elle avait donné lieu à d’intenses polémiques publiques et de virulentes attaques en coulisse contre l’Andra de la part d’EDF, du CEA et d’Areva. Ces derniers étant les producteurs de déchets, c’est eux qui sont censés mettre la main au porte-monnaie pour financer leur "gestion". En 2010, lors d’une audition parlementaire, André-Claude Lacoste, alors président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, avait ainsi "regretté que ces dissensions entre les producteurs [de déchets nucléaires, c’est-à-dire EDF, le CEA et Areva] et l’Andra aient pris publiquement un tour acrimonieux". [1]

Le député Christian Bataille, qui est pourtant un des principaux VRP du nucléaire à l’Assemblée nationale et a donné son nom à la loi de 2006 sur l’enfouissement des déchets nucléaires, notait également "les effets délétères, sur le processus, encore fragile, de création du stockage, des déclarations médiatiques de certains producteurs [de déchets nucléaires], apparemment disposés à sacrifier l’intérêt général sur l’autel des intérêts de leur entreprise. Il s’est ému d’un tel comportement de la part de responsables nationaux." Il se livrait par ailleurs à cette intéressante remarque : "ces entreprises publiques sont devenus des sociétés cotées en bourse, avant tout intéressées à maximiser leurs profits, et susceptibles, d’ici vingt ou trente ans, de passer sous contrôle privé"...

PDF - 503 ko

Alors que lesdits producteurs de déchets nucléaires se livraient à une "remise en cause [de] la capacité de l’Andra a réaliser les travaux nécessaires", André-Claude Lacoste les remettait à leur place, estimant "que les difficultés rencontrées par les industriels sur un certain nombre de projets […] devraient les inciter à faire preuve de plus de modestie." On ne saurait mieux dire, au vu des explosions budgétaires encourues par EDF et Areva sur les chantiers des EPR de Flamanville (Normandie) et Olkiluoto (Finlande).

En 2012, l’Andra était censée actualiser son chiffrage en 2013. En 2013, elle était censée l’actualiser pour l’été 2014. En décembre 2014, non seulement l’Andra n’a toujours pas de chiffre, mais elle compte débourser une grosse somme pour qu’on l’aide à compter : elle vient de lancer un appel d’offre européen pour une mission estimée à 600 000 euros... destinée à chiffrer les coûts de Cigéo !

Boniments : agiter l’emploi comme produit d’appel

L’étude d’impact du projet de loi précisait :

"S’agissant d’un des plus grands projets d’infrastructure d’ici 2025 l’article a donc un impact significatif au niveau économique et en terme d’emplois. Ce projet contribue à la consolidation de la filière nucléaire, qui en assure le financement. […] au-delà de la phase de construction, la mise en exploitation du centre de stockage représente un projet à même de générer une activité industrielle et de génie civil de très grande ampleur, dont l’ordre de grandeur en emplois est de 100 000 ETP.an, dont de l’ordre de 2 000 pendant la durée de la construction de 2020 à 2025, sous réserve de l’obtention des autorisations requises." [nous soulignons]

C’est donc le prétexte de l’emploi, usé jusqu’à la corde, qui est utilisé pour "justifier" l’insertion de CIGÉO au pied-de-biche dans la loi "pour la croissance et l’activité". Selon cette logique délirante, ne faudrait-il pas alors s’évertuer à produire toujours plus de déchets nucléaires, puisque leur "gestion" créerait des emplois ?

Maquillage : embellir un nombre d’emplois dérisoire

Le site officiel www.cigeo.com de l’ANDRA annonce :

"Cigéo est un projet industriel structurant pour le territoire. Il sera construit et exploité sur plus de 100 ans. Entre 1 300 et 2 300 personnes travailleront à la construction des premières installations de Cigéo sur la période 2019-2025. Après la mise en service du Centre, entre 600 et 1 000 personnes travailleront à la fois à son exploitation et sa construction (qui se poursuivra en parallèle)."

Utiliser une "loi pour la croissance et l’activité" comme cheval de Troie pour faire passer en force un GPII (Grand Projet Inutile Imposé) controversé qui créerait, selon ses promoteurs eux-mêmes, à peine quelques centaines d’emplois dans la durée : voilà qui a dû paraître, même aux fins stratèges à la solde de l’industrie nucléaire au sein de l’appareil d’État, difficile à faire avaler aux parlementaires et au public.

Mais comme l’alibi de l’emploi était la seule justification pour insérer CIGÉO dans ce projet de loi, le volume d’emplois prévisionnel a été délibérément présenté de façon trompeuse. Au moins deux médias (Le Monde et Actu-environnement) se sont ainsi laissés piéger, Le Monde parlant avec une ironie involontaire de "confusion sur les emplois créés"... Les deux articles citent en effet "100 000 emplois ETP / an" ou "ETP par an".

En réalité, il est bien écrit "100 000 emplois ETP.an" (et non pas "ETP/an" ni "ETP par an"). L’usage d’une unité de compte très peu usitée, relativement technique et facilement mal comprise n’est pas innocent : il permet d’afficher un gros chiffre qui en jette, tout en troublant les esprits. Il est habilement question de "générer une activité de très grande ampleur", pour orienter l’interprétation spontanée du chiffre donné ensuite...

Effet recherché par les rédacteurs de l’étude d’impact ? Peut-être quelque chose comme : "ouaw, cent mille emplois à temps plein par an avec CIGÉO !!" Les lobbyistes du nucléaire le savent bien : plus c’est gros, plus c’est sensationnel et plus ça passe (dans les médias). Une règle qu’appliquait par exemple l’ex-PDG d’EDF Henri Proglio, prophétisant en 2011 que la sortie du nucléaire menacerait 1 million d’emplois, soit dix fois plus que le nombre d’emplois directs et indirects de la filière nucléaire évalués par deux parlementaires pro-nucléaire dans un rapport sénatorial [2] .

Hypnose : paralyser les capacités de calcul les plus élémentaires

Que signifie "100 000 emplois ETP.an" ? C’est la même chose que "l’équivalent de 100 000 années de travail à temps plein au total pendant toute la durée du projet", ce qui est fondamentalement différent de "l’équivalent de 100 000 postes à temps plein par an sur toute la durée du projet".

En outre, l’étude d’impact se garde bien de préciser que la durée d’exploitation de CIGÉO serait supérieure à 100 ans selon l’ANDRA ; c’est que cette information aurait donné à certains l’idée de faire les petits calculs suivants.

Rapportés à cette durée de 100 ans, "100 000 ETP.an" équivalent à... seulement 1000 emplois à temps plein par an - en moyenne - si on se fie aux prévisions officielles, qui sont en la matière systématiquement surestimées. À raison de 35 milliards d’euros de coût prévisionnel, selon le "chiffrage intermédiaire" effectué par l’Andra en 2009, avec CIGÉO la création d’un seul emploi durable à temps plein reviendrait au moins à 35 millions d’euros.

CIGÉO pourrait donc, plus opportunément, faire l’objet d’une "loi pour la croissance DES COÛTS de l’activité". Bravo CIGÉO !

Ventriloquisme : faire parler la marionnette "Débat public"

Nous n’y reviendrons pas ici en détail, un "débat public" bidon était organisé par l’État en 2013 pour tenter de faire accepter le projet CIGÉO aux populations. La mobilisation des associations locales, avec l’appui du Réseau "Sortir du nucléaire", a permis de faire échouer lamentablement cette mascarade.

Dans l’étude d’impact du projet de loi Macron, nous lisons cette affirmation d’une incroyable impudence :

"Cet article fait suite au débat public qui s’est tenu en 2013 sur le projet de centre de stockage réversible en couche géologique profonde Cigéo. Il permet notamment de répondre à l’une des principales attentes exprimées lors du débat public consistant à intégrer, au démarrage de l’installation, une phase industrielle pilote qui doit permettre de tester la faisabilité des conditions de stockage et le cas échéant de les adapter." [nous soulignons]

Selon l’analyse approfondie de l’association MIRABEL LNE, sur les 1508 questions, 497 avis, 154 cahiers d’acteurs et 24 contributions recueillies par la CPDP (Commission Particulière du Débat Public) en 2013, la notion de réalisation d’un démonstrateur (phase pilote) n’a été en réalité que très vaguement abordée dans une unique question, aucun avis, un seul cahier d’acteur et deux contributions.

Comme le notait très justement la Coordination Bure-Stop, cette phase pilote est une "supercherie créée de toutes pièces PAR les opérateurs du nucléaire POUR les opérateurs du nucléaire, lors du débat public de 2013. Ces nouvelles dispositions de phase test se fondent sur des conclusions tronquées du débat public 2013. La demande de phase pilote y a été émise par les opérateurs du nucléaire (dont l’IRSN) et non par le public. Elle se réclame de plus d’une conférence de 17 citoyens sortis du chapeau après la clôture officielle du débat public. Ce pseudo démonstrateur serait en fait une installation nucléaire de base qui, sous couvert d’expérimentation, commencerait à stocker de vrais colis de déchets. Pas de vraie différence avec le projet CIGÉO si ce n’est un redécoupage pour faciliter sa mise en œuvre en deux temps."

Tout est dit...

Enterrer CIGÉO

Il aurait été inacceptable que les prochaines étapes et la définition du projet CIGÉO soient votées au détour d’une loi fourre-tout. La question des déchets radioactifs est trop grave et mérite un vrai débat de société.

Devant la volonté répétée du gouvernement de faire l’économie d’un tel débat et d’imposer coûte que coûte le projet controversé d’enfouissement des déchets radioactifs, le Réseau "Sortir du nucléaire" reste vigilant : après la loi de transition énergétique et la loi Macron, le projet CIGÉO refera-t-il surface au détour d’un autre projet de loi ?

Dangereux, ruineux et - comble de l’absurde - localisé sur une zone au potentiel géothermique très important, CIGÉO doit être abandonné. Pour éviter d’avoir à gérer pendant des millions d’années l’héritage toxique des déchets radioactifs, l’urgence n’est pas de chercher à tout prix à les glisser sous le tapis, mais bien d’arrêter d’en produire.

Notes

[1] Cette citation, comme les suivantes, est issue de : Christian Bataille et Claude Birraux, Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, Rapport sur l’évaluation du plan national triennal de gestion des matières et déchets radioactifs - Compte rendu des auditions, Tome 2.

[2] Rapport sur l’aval du cycle nucléaire, Tome II : les coûts de l’électricité, Christian Bataille et Robert Galley, 1999, p. 46.

INFO FRANCE 2.

Révélations sur les méthodes d’optimisation fiscale d’EDF.

Grâce à des filiales au Luxembourg et en Irlande et à une participation dans une entreprise implantée aux Bermudes, l'entreprise soustrait plusieurs millions d’euros à l’impôt qu’elle doit payer chaque année en France. 

http://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/info-france-2-revelations-sur-les-methodes-doptimisation-fiscale-dedf_768541.html
Des révélations électriques. "L’Oeil du 20h" a enquêté sur les pratiques fiscales d'EDF. Et peut révéler que l'électricien français, fleuron de l’industrie française, détenu à 84% par l'Etat, est adepte de l'optimisation fiscale. Par le biais de filiales installées au Luxembourg, en Irlande et d’une participation dans une entreprise située aux Bermudes, l’entreprise parvient à soustraire à son impôt plusieurs millions d’euros chaque année.

Les menaces de Michel Sapin 

Il y a un mois, alors que l’Europe était secouée par les révélations du Luxleaks, Michel Sapin avait pourtant adressé un avertissement aux multinationales qui fuient la fiscalité française. "L’optimisation fiscale (...) des entreprises qui, légalement, trouvent des solutions pour ne pas payer, ou payer très peu d’impôts, ce n’est plus acceptable", avait martelé le ministre des Finances en déplacement à Bruxelles. Il n'a pas souhaité répondre aux questions de "L'Oeil du 20h" sur les pratiques d'EDF en la matière. Finalement, les services de Bercy on finit par répondre mardi qu'ils n'avaient pas de connaissances techniques sur les filiales d'EDF au Luxembourg, en Irlande et dans les Bermudes .

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