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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 07:27

Bonjour

Nous nous permettons de vous contacter car vous avez signé la pétition contre le projet de règlement européen qui fixe, pour les aliments, des niveaux admissibles de contamination radioactive excessivement élevés. Nous vous remercions tout d’abord de votre participation : plus de 20 000 signatures ont été recueillis à ce jour dont plus de 13 000 sur le web.

Nous souhaitons ensuite vous informer de la date prévue pour le vote du Parlement européen : ce sera le 9 juillet prochain, probablement le matin.

Nous venons de rédiger un courrier à l’attention de chacun des 751 eurodéputés en leur demandant de voter 3 amendements très importants pour notre protection et qui corrigent des incohérences ou des mensonges particulières graves. Il faudrait aller beaucoup plus loin et revoir tout le projet (d’où notre pétition) mais nous sommes malheureusement contraints par la procédure de vote du Parlement. Vous trouverez en pièce jointe et en lien le courrier que leur adressons ce jour.

Nous pensons que les députés seront d’autant plus sensibles à nos demandes que nous serons nombreux à les porter. Si vous souhaitez soutenir notre démarche nous vous invitons à écrire, vous aussi, aux eurodéputés. Le plus vite sera le mieux : dès ce week-end si vous pouvez.

Vous pouvez rédiger votre propre message ou utiliser /adapter le message suivant :

Mesdames et Messieurs les Eurodéputés

Le 9 juillet prochain, vous êtes appelés à voter sur le projet de règlement fixant les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive dans les aliments après un accident nucléaire.

Alors que ce projet concerne la santé de plus de 500 millions d’Européens, il comporte des anomalies majeures. C’est pourquoi je m’associe à la demande que vous a adressée la CRIIRAD.

Je vous serais reconnaissant(e) de bien vouloir m’informer des positions que vous aurez prises ainsi que du résultat des votes.

Je vous en remercie par avance et vous adresse mes très sincères salutations

N’oubliez pas d’ajouter votre nom

Vous trouvez ci-dessous la liste des adresses mail des 74 eurodéputés français, classés par circonscription.

Vous pouvez envoyer votre message à l’ensemble ou choisir vos destinataires.

Merci d’avance à tous ceux qui pourront joindre leurs efforts aux nôtres

Bon week-end à tous, Très cordialement

L’équipe de la CRIIRAD

PS. Des traductions sont en cours pour un envoi ultérieur aux députés des autres Etats membres.

Circonscription Est

dominique.bilde@europarl.europa.eu; arnaud.danjean@europarl.europa.eu; nathalie.griesbeck@europarl.europa.eu; jean-francois.jalkh@europarl.europa.eu; edouard.martin@europarl.europa.eu; sophie.montel@europarl.europa.eu; nadine.morano@europarl.europa.eu; florian.philippot@europarl.europa.eu; anne.sander@europarl.europa.eu

Circonscription Ile-de-France

guillaume.balas@europarl.europa.eu; pervenche.beres@europarl.europa.eu; marie-christine.boutonnet@europarl.europa.eu; jean-marie.cavada@europarl.europa.eu; aymeric.chauprade@europarl.europa.eu; rachida.dati@europarl.europa.eu; marielle.desarnez@europarl.europa.eu; pascal.durand@europarl.europa.eu; eva.joly@europarl.europa.eu; philippe.juvin@europarl.europa.eu; alain.lamassoure@europarl.europa.eu; constance.legrip@europarl.europa.eu; patrick.lehyaric@europarl.europa.eu; christine.revaultdallonnesBONNEFOY@europarl.europa.eu; jean-luc.schaffhauser@europarl.europa.eu

Circonscription Massif central-Centre

angelique.delahaye@europarl.europa.eu; jean-paul.denanot@europarl.europa.eu; brice.hortefeux@europarl.europa.eu; philippe.loiseau@europarl.europa.eu; bernard.monot@europarl.europa.eu

Circonscription Nord-Ouest

nicolas.bay@europarl.europa.eu; steeve.briois@europarl.europa.eu; karima.delli@europarl.europa.eu; sylvie.goddyn@europarl.europa.eu; jerome.lavrilleux@europarl.europa.eu; marine.lepen@europarl.europa.eu; gilles.pargneaux@europarl.europa.eu; dominique.riquet@europarl.europa.eu; tokia.saifi@europarl.europa.eu; mylene.troszczynski@europarl.europa.eu

Circonscription Ouest

jean.arthuis@europarl.europa.eu; joelle.bergeron@europarl.europa.eu; alain.cadec@europarl.europa.eu; yannick.jadot@europarl.europa.eu; marc.joulaud@europarl.europa.eu; gilles.lebreton@europarl.europa.eu; emmanuel.maurel@europarl.europa.eu; elisabeth.morinchartier@europarl.europa.eu; isabelle.thomas@europarl.europa.eu

Circonscription Outre-Mer

louis.joseph.manscour@europarl.europa.eu; younous.omarjee@europarl.europa.eu; maurice.ponga@europarl.europa.eu

Circonscription Sud-Est

mireille.dornano@europarl.europa.eu; michel.dantin@europarl.europa.eu; mireille.dornano@europarl.europa.eu; bruno.gollnisch@europarl.europa.eu; sylvie.goulard@europarl.europa.eu; francoise.grossetete@europarl.europa.eu; sylvie.guillaume@europarl.europa.eu; jean-marie.lepen@europarl.europa.eu; dominique.martin@europarl.europa.eu; renaud.muselier@europarl.europa.eu; vincent.peillon@europarl.europa.eu; michele.rivasi@europarl.europa.eu; marie-christine.vergiat@europarl.europa.eu

Circonscription Sud-Ouest

louis.aliot@europarl.europa.eu; michele.alliot-marie@europarl.europa.eu; eric.andrieu@europarl.europa.eu; jose.bove@europarl.europa.eu; edouard.ferrand@europarl.europa.eu; jean-luc.melenchon@europarl.europa.eu; joelle.melin@europarl.europa.eu; franck.proust@europarl.europa.eu; robert.rochefort@europarl.europa.eu; virginie.roziere@europarl.europa.eu

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-Note "info et action" de l'administration du blog:

Le niveau de radiations dans la zone d’exclusion de Tchernobyl est en hausse!
http://fr.sputniknews.com/international/20150701/1016803540.html

Concrètement ,il a aussi cette cyber action N° 722: Non à la commercialisation d’aliments très contaminés

La Commission européenne veut reconduire les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive adoptés en 1987 sous la pression du lobby nucléaire. Ces limites impliquent des risques sanitaires tout à fait inacceptables : à l’échelle de la France, cette contamination légale pourrait induire des dizaines de milliers de cancers (et bien plus si le pire advenait) sans compter les autres pathologies et la transmission d’anomalies génétiques. Les consommateurs ne pourront pas s’en protéger car ils ne pourront pas différencier les aliments radioactifs des aliments non contaminés.

http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/commercialisation-aliments-tres-co-983.html

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 03:15

L’Europe des affaires se prépare à une catastrophe nucléaire

Par Jean-Marc Sérékian le 23 juin 2015

Dans l’histoire de l’industrie nucléaire, la catastrophe de Fukushima doit être regardée comme un évènement copernicien (1). Elle a changé radicalement la donne des statistiques du risque d’accident nucléaire majeur. Plus rien ne peut plus être comme avant et fort probablement la fusion des trois cœurs constitue un point de rupture, précipitant, sinon la fin rapide de l’imposture, du moins le déclin inéluctable de l’industrie nucléaire, radieuse Bérézina…

De quasiment improbables, les événements majeurs de niveaux 6 ou 7 sur échelle INES (International Nuclear Event Scale) sont devenus fortement probables y compris dans les statistiques officielles. Mais somme toute rien de réellement nouveau, il n’y a qu’une confirmation inutile des craintes depuis longtemps exprimées par les milieux anti-nucléaires et dans le même temps la révélation est faite pour le grand public de l’imposture de l’énergie (nucléaire) « propre » et « sûre » inlassablement martelée par les nucléocrates…

Après Fukushima, la « sûreté nucléaire » se réduit à un oxymore mensonger, l’insécurité nucléaire devient la règle. C’est exactement ce qu’ont parfaitement compris les milieux d’affaire européens.
Avec ses 58 réacteurs sanctuarisés en 2015 par sa loi de « transition énergétique pour la croissance verte« , la France nucléaire fait tâche en Europe. En totalisant presque la moitié des réacteurs, elle représente la principale menace pour l’ensemble du vieux continent. Le big business transnational sur ce territoire d’Europe occidentale en a pris conscience.

Le risque est immense. Que faire pour préserver la liberté des affaires et la libre circulation des marchandises en toutes circonstances en l’absence d’une sortie rapide du nucléaire ? Anticiper, normaliser, graver dans le marbre l’état de catastrophe nucléaire !

Calcul du risque, pas moins que « du pile ou face »

En juin 2011, en situation de crise aiguë à Fukushima, deux ex- du nucléaire et de l’EDF passés dans le camp adverse s’étaient risqués à une réévaluation du risque d’accident majeur. A chaud, avec trois nouveaux cœurs de réacteur entrés en fusion, il était urgent en France de faire le point sur la question. Piégés par leur haut niveau d’étude scientifique et la simplicité apparente du calcul du risque, ils s’emmêlèrent les pinceaux et parlèrent de « certitude statistique » (2). Piqués au vif par le titre de l’article paru dans Libération: « Accident nucléaire: une certitude statistique », des statisticiens reprirent les calculs et situèrent sans difficulté l’erreur commise dans l’analyse statistique (3).

A froid en 2015, dans un numéro « spécial nucléaire« , L’Écologiste revient sur le calcul statistique pour les 143 réacteurs encore en fonction en Europe en 2011. Le risque d’un évènement nucléaire majeur dans les 30 ans à venir atteint les 70% (4). On est très loin du discours négationniste officiel. A ce niveau de risque, il ne peut plus être question de « sûreté nucléaire », les inquiétudes des entreprises transnationales confirment et à défaut de sortie rapide du nucléaire, la commission européenne a compris qu’il faut « rassurer les milieux d’affaires »…

Depuis la Catastrophe de Fukushima beaucoup de réacteurs ont été mis à l’arrêt et, dans une sorte de réaction en chaîne pour diverses raisons, beaucoup d’autres vont suivre le même chemin dans la plupart des pays d’Europe. Rentabilité financière en berne de l’atome, réacteurs fissurés et oxymore de la « sûreté nucléaire » se partagent les causes de mise à l’arrêt anticipée et définitive des tranches… Le risque d’accident majeur ne peut que diminuer dans les années avenir. Mais, avec la sanctuarisation de l’atome en France, l’Europe entière vit sous la menace et, pour la bonne marche des affaires, mieux vaut considérer l’accident nucléaire comme une « certitude statistique« , n’en déplaise aux puristes de la spécialité statistique.

Même si la Bérézina nucléaire progresse à marche forcée en Europe, d’ici 2030, avec le noyau atomique français, pour une évaluation du risque à la louche, on est encore dans du pile ou face.

Normaliser l’état de catastrophe nucléaire

Durant la catastrophe de Tchernobyl, il y eut la très médiatique prestation négationniste sur les risques sanitaire du panache radioactif assumée par le Pr Pellerin, directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI). Le contraste entre les mesures prises en urgence dans les autres pays d’Europe et les propos lénifiants de l’éminent savant émut et révolta la presse et l’opinion publique française… L’affaire est restée célèbre avec le fameux « nuage de Tchernobyl arrêté à la frontière française »… Ridiculisé par cette formule traduisant ses propos, le savant s’énerva et intenta des procès en diffamation à de nombreuses personnes…

Après la catastrophe de Fukushima, les autorités politiques, scientifiques et sanitaires japonaises s’illustrèrent à leur tour par une mesure foncièrement délétère pour la santé publique… Incapables de faire face au risque cancérigène prévisible, inhérent aux radiations ionisantes, ils décidèrent de résoudre le problème en le supprimant par un relèvement arbitraire du seuil d’irradiation acceptable pour les populations civiles. Les enfants ne firent pas exception à la règle, ils se virent eux aussi contraints d’accepter une dose d’irradiation annuelle presque à la même hauteur que celle des travailleurs du nucléaire, 20 millisieverts par an. La décision manifestement criminelle fit scandale dans le pays…

Loin de l’atténuer, l’état de catastrophe nucléaire durable au Japon n’a fait que renforcer l’incurie des élites dirigeantes mise en évidence par l’enquête sur les origines de l’accident. Pour ne point être confronté dans l’urgence à la même situation de gestion négationniste arbitraire de la crise sanitaire, la Commission européenne a préféré anticiper en secret.

Le fantôme Euratome au compteur Geyger de la Criirad

Une rémanence du Traité de Rome hante le vieux continent: Euratome, le pacte faustien de promotion et de prolifération de l’industrie nucléaire en Europe exerce toujours avec la même force son pouvoir de nuisance sanitaire à l’ère du déclin nucléaire…

A l’ombre d’Euratome, la Commission européenne tripatouille en douce les normes pour assurer en toutes circonstances la sérénité du big business agro-alimentaire et l’immunité de l’industrie nucléaire. Mais la Criirad toujours sur ses gardes, s’est immiscée dans les méandres des règlements européens en cours d’élaboration et son compteur Geiger s’est mis à crépiter.

La situation est grave et urgente. Le fantôme Euratome est en train d’inscrire le pire dans le marbre de la loi. En mai 2015, l’association lance une alerte par un communiqué et met en ligne une pétition pour dénoncer une menace sanitaire (5) « La CRIIRAD dénonce le travail scandaleux des experts Euratom et appelle à une mobilisation massive contre le projet de la Commission européenne! »

La Commission européenne a élaboré un projet de règlement fixant les niveaux maximaux admissibles (NMA) de contamination radioactive qui seront appliqués aux aliments en cas d’accident nucléaire. Ce projet est en cours d’examen par le Parlement (pour avis) et par le Conseil de l’Union européenne (pour décision). S’agissant d’un règlement, une fois adopté, il sera d’application directe et obligatoire dans tous les États de l’Union européenne, sans possibilité de modification.

Il faut être en effet spécialiste en matière de radioprotection pour comprendre la signification sanitaire des chiffres et dénicher les subterfuges des experts scientifiques et techniques de la commission européenne.

Les limites inscrites dans le projet de règlement correspondent à des niveaux de risque inadmissibles et font peser sur les enfants la plus lourde part du détriment sanitaire. Le dispositif ne prévoit par ailleurs aucune mesure de protection spécifique ni pour les femmes enceintes (alors que la radiosensibilité du fœtus est largement démontrée) ni pour les femmes qui allaitent leur bébé (alors que des radionucléides comme l’iode radioactif passent facilement dans le lait maternel et que les nourrissons constituent le groupe d’âge le plus vulnérable).

Le communiqué (version longue 4 pages) est à lire dans sa totalité… Traduit en langage simple, les données révélées par la Criirad sont proprement effrayantes, en ne citant que les titres de paragraphe du communiqué: « L’analyse de ce document nous a permis d’identifier toute une série d’erreurs, d’incohérences et d’irrégularités. Elles sont graves et vont TOUTES dans le même sens: minimiser les doses et les risques (ce qui conduit évidemment à fixer des limites de contamination excessivement élevées). Nous présentons ci-après quelques-uns des dysfonctionnements les plus marquants: – Une incohérence majeure et rédhibitoire, – Un énorme mensonge, – Des « oublis » inconcevables, – Des « erreurs » incompréhensibles, – des procédés condamnables, – des négligences coupables, – une expertise a minima, – des choix contestables… Et la liste est encore longue (6). »

Il est clair que depuis l’épopée des « essais nucléaires » le monde vit sous le signe de la menace atomique et croupit sous celui de la contamination radioactive. Comment comprendre la réactivation de ces magouilles sordides à l’ère de la Bérézina nucléaire? Plutôt que de se focaliser sur le risque de catastrophe voire de guerre nucléaire, peut-être faudrait-il se remémorer les pages non officielles de l’histoire contemporaine aux origines de l’Europe des eurocrates… et de la tyrannie actuelle des transnationales…

Big Business après Hitler

Au sortir de la première Guerre mondiale, deux sentences résumaient tous les aspects anthropologiques, politiques et économiques de la guerre moderne: celle de Paul Valery « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas » et celle d’Anatole France « On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour les industries ». La seconde guerre mondiale confirma largement ces deux réalités fondamentales de l’économie contemporaine…

Dans « Big business avec Hitler« , l’historien Jacques Pauwels montre comment les milieux d’affaires américains, industriels et banquiers, ont contribué au triomphe du nazisme en Allemagne et ont pu bénéficier de la main d’œuvre des camps de concentration pour faire de très gros profits dans l’industrie de guerre du Troisième Reich, non seulement avant et pendant le début de la guerre, mais aussi après Pearl Harbour où les États-Unis étaient censés être en guerre contre l’Allemagne: « Business as usual », les affaires sont les affaires (7). Parmi les grandes entreprises étasuniennes bénéficiaires du régime citons: IBM, ITT, Coca-Cola, Ford, General Motors, la Standard Oil, sans oublier les grandes banques… Sans le savoir-faire High Tech de ces grandes firmes et le pétrole américain, la Blitzkrieg (guerre éclair) n’aurait jamais pu être possible…

Après la guerre, ces transnationales collaboratrices avec le régime nazi s’offrirent les services d’historiens réputés pour se faire une image patriotique irréprochable… Mais l’analyse politique de l’historien iconoclaste va plus loin, bien au-delà des bonnes affaires en temps de guerre du « business as usual »… Le Troisième Reich n’a pas été seulement l’horrible régime totalitaire qui a sabré les syndicats, réduit en esclavage les travailleurs européens, inventé les camps de concentration et les chambres à gaz, ce que nous enseigne très bien l’histoire officielle… Le régime nazi, en coopération technique et financière très étroite avec le big business étasunien, a été aussi une étape essentielle dans le développement du capitalisme sous la forme d’une impulsion fulgurante des sciences et techniques industrielles appliquées à la guerre. Il y eut d’une part la montée en puissance et le triomphe des entreprises transnationales étasuniennes et allemandes et d’autre part l’organisation et la généralisation des économies de guerre pérennes avec les complexes scientifico-militaro-industriel et les généreuses commandes militaires d’État, justement aux nouvelles transnationales de l’armement sur l’exemple du 3e Reich…

Ce modèle mortifère de l’économie actuelle en Europe avec le Warfare State perpétuel doit donc beaucoup au Troisième Reich et à ses nombreux alliés du Big Business étasunien. Cette filiation fut en définitive logique voire quasi-mécanique puisqu’après la guerre les autorités occidentales d’occupation de l’Allemagne se livrèrent à une frénétique « chasse aux cerveaux » du régime nazi, non pas pour les juger mais pour les faire travailler à leur compte. Les chercheurs scientifiques et ingénieurs du 3e Reich qui avaient permis sur le plan technique et industriel la Blitzkrieg furent en grand nombre rapatriés aux États-Unis au profit du Big Business. On estime à près de 2000 le nombre de ces experts en industrie militaire, ils constituèrent un véritable trésor de guerre pour les grandes entreprises étasuniennes d’après-guerre. Pour sa part, la France de « La Libération » est fière d’avoir capturé l’ingénieur autrichien Ferdinand Porsche. Rappelons pour la petite histoire que cette prise commando des services secrets français fut faite au nez et à la barbe de leurs concurrents américains. Elle permit de mettre une tête « bien-faite » à la Régie Renault pour relance l’industrie automobile en France (8). Ainsi on peut comprendre que dans un pays dévasté, peuplé d’affamés et de sans-logis, se fut l’industrie automobile qui démarra sur des chapeaux de roues… Avec des chercheurs ingénieurs performants, sélectionnés et dressés pour la guerre moderne par le régime nazi, cela aurait été dommage et contre-productif que de chercher à les reconvertir en jardiniers pacifistes…

Si l’on se souvient aussi que ce même Big business étasunien a encore été le grand bénéficiaire du Plan Marshall dit de « Reconstruction de l’Europe » suivi dans la foulée du déploiement du programme « atoms for peace » sur le vieux continent, une sombre histoire s’éclaire avec le même fil conducteur et les mêmes acteurs, le Big business dans le Big Business; Jacques Pauwels insiste sur les deux sens du mot. Face aux bonnes affaires du grand capital, nous sommes bien peu de chose comme on peut le comprendre aujourd’hui avec le « travail scandaleux des experts Euratom » dénoncé par la Criirad…

Indépendamment de l’immense pouvoir de nuisance des grandes transnationales étasuniennes, on peut attribuer en propre au régime nazi la paternité d’une innovation historique: avoir transformé le crime de masse en activité salariée ordinaire bien rémunérée.

Dans « Ressources inhumaines« , Fabrice d’Almeida, professeur à Paris-II et à l’Institut de France, montre comment les gardes-chiourmes des camps de concentration furent somme toute sur le plan socio-économique de bons pères de famille et les premiers bénéficiaires du modèle de la civilisation des loisirs d’après-guerre (9)… Leur activité fondamentalement criminelle au service du projet nazi était un travail salarié respectable avec avantages et acquis sociaux… Dans les années 1950, Günther Anders faisait cette même constatation à propos d’une grève des salariés d’une usine d’armement nucléaire devenue obsolète et menacée de fermeture. Loin d’avoir la conscience soulagée de ne plus participer à la fabrication d’armes de destruction massive, les travailleurs, en bon pères de famille, s’inquiétaient pour leur emploi et s’opposaient à la fermeture…

Avec ce triste passif historique en arrière-plan pour l’Europe, on peut mieux comprendre les agissements morbides et mortifères de la Commission européenne…

Les eurocrates experts scientifiques et techniques en radiations ionisantes qui s’activent simplement dans des réglementations juridiques sont en quelque sorte comme des salariés de la SNCF qui durant l’occupation veillaient à ce que le remplissage des wagons à bestiaux se fasse en bon ordre sans bousculade et que les convoyages arrivent à bon port en Allemagne… Il y a cependant une différence d’importance à signaler, les employés de la SNCF étaient des subalternes et travaillaient sous la menace SS aidée par la police française, tandis que les eurocrates d’aujourd’hui, constituent une élite à haut niveau d’étude qui travaille de plein gré et légifère en pleine conscience pour le compte du big busines des transnationales.

Comme le note avec stupéfaction la Criirad, « si le besoin journalier en eau de boisson, fixé à 2 litres pour un individu par l’OMS, pose problème dans les calculs pour assurer la libre circulation des biens alimentaires contaminés, il a suffit de le réduire à « une ou deux gorgées d’eau par jour… » C’est ce que sont en train de faire les experts. Ainsi, par ce type d’arrangement, la Commission européenne peut prétendre respecter le seuil de 1 millisievert par an, « énorme mensonge » dit la Criirad.

Faut-il croire que le spectre TTIP/TAFTA soit aussi terrifiant que la police politique du Troisième Reich pour expliquer cette paisible perversité scientifique et technique des eurocrates?

JMS, juin 2015

Notes

(1) Jean Marc Sérékian « Radieuse Bérézina » Ed. Golias 2015
(2) Libération, 3 juin 2011 : « Accident nucléaire : une certitude statistique », Bernard Laponche, physicien nucléaire, expert en politiques de l’énergie, Benjamin Dessus Ingénieur et économiste, président de Global Chance.
http://www.liberation.fr/politiques/2011/06/03/accident-nucleaire-une-certitude-statistique_740208
(3) Mediapart « Accident nucléaire: ne pas céder aux faux calculs » Claudine Schwartz (statisticienne) et Jacques Treiner (physicien) démontrent l’erreur de calcul de Benjamin Dessus et Bernard Laponche, qui ont affirmé dans Libération qu’un accident nucléaire majeur en Europe est une «certitude statistique».
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/220611/accident-nucleaire-ne-pas-ceder-aux-faux-calcul
(4) L’écologiste, n° 44, Janvier-mars 2015, Thierry Jaceaud « Comment peut-on encore être pro-nucléaire ? » « La probabilité qu’il y ait un accident majeur en Europe dans les 30 prochaines est de 72%. »
(5) La Criirad, « Pétition contre le projet de règlement européen qui autorise, en cas d’accident nucléaire, la commercialisation d’aliments très contaminés. »
http://criirad-protegeonsnotrealimentation.wesign.it/fr
(6) Communiqué CRIIRAD 21 mai 2015 (version longue) CONTAMINATION LÉGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE : La CRIIRAD dénonce le travail scandaleux des experts Euratom et appelle à une mobilisation massive contre le projet de la Commission européenne !
http://www.criirad.org/aliments-nma-accidentnucleaire/nma_cp-vl_21-mai-2015.pdf
(7) Jacques Pauwels « Big business avec Hitler » Ed. Aden 2013
(8) Historia, juin 2015 « Rémi Kauffer « La course » aux cerveaux allemands »
(9) Fabrice d’Almeida « Ressources inhumaines » Ed. Fayard 2011

Areva : la grande désillusion

Une étude du cabinet Wise-Paris met en lumière la situation d'impasse industrielle dans laquelle est engagée la filière nucléaire et son fleuron, Areva, dont le modèle, créé il y a quinze ans, devait permettre de conquérir le monde.

Energies | 26 juin 2015 | Agnès Sinaï

L'actualité a rattrapé le rapport Nucléaire français : l'impasse industrielle, élaboré par le cabinet WISE-Paris et diffusé le 24 juin par Greenpeace, qui entend faire le point sur "le poids du pari industriel nucléaire de la France à l'heure de la transition énergétique". Commencé à l'été 2014, au moment où l'industrie nucléaire se préparait à afficher sa splendeur à la World Nuclear Exhibition au Bourget, ce rapport mettait le doigt sur l'engrenage industriel de la filière, annonçant les déboires d'Areva.

Quelques mois plus tard, les faits ont confirmé la crise annoncée par ce rapport visionnaire. L'industrie nucléaire française vit en 2015 une crise majeure, marquée par l'annonce des résultats catastrophiques d'Areva, rendus publics début mars 2015. Le groupe a alors confirmé une perte annuelle record de 4,8 milliards d'euros, après quatre années consécutives de déficit, pour un total cumulé de 7,8 milliards d'euros, soit pratiquement l'équivalent du chiffre d'affaires de 2014. Celui-ci connaît, après plusieurs années de relative stagnation, une baisse plus marquée de 7,2%, pour s'établir à 8,3 milliards d'euros. Enfin, le groupe accumule une dette proportionnellement élevée, qui atteint 5,8 milliards d'euros fin 2014, en hausse de 1,3 milliard par rapport à fin 2013.

Le rapport de Wise revient sur les fondamentaux de la stratégie mise en oeuvre depuis plus d'une décennie par la filière. Il en conclut que "les solutions mises en place ne pourront faire l'impasse sur la remise en cause de ces fondamentaux". Pour Yves Marignac, son auteur principal, "ce rapport vient vraiment se confronter à l'idée dominante que le nucléaire comme filière industrielle reste un investissement d'avenir. Cette idée continue de justifier la réinjection de fonds par EDF dans la filière réacteurs d'Areva alors que l'heure est venue d'envisager une profonde réorientation".

Erreurs de stratégie

Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, rappelle le rapport, l'industrie nucléaire française entretient ainsi l'idée que l'énergie nucléaire est la seule susceptible de répondre à des besoins énergétiques mondiaux en forte croissance en produisant massivement de l'énergie non carbonée. Elle a théorisé la reprise des commandes de réacteurs du début des années 2000 comme une formidable "renaissance" du nucléaire, revendiquant d'en occuper le premier plan.

Or, après avoir atteint un pic de 17,6% de la production mondiale d'électricité au milieu des années quatre-vingt-dix, le nucléaire a vu sa part décroître à 10,8% en 2014. Entre 2000 et 2014, la capacité nucléaire en service n'a augmenté que de 7,5%, soit environ sept fois moins vite que l'ensemble de la capacité de production électrique mondiale (si l'on déduit les 48 réacteurs arrêtés durablement au Japon, la capacité nucléaire a même diminué de 6% sur cette période). Ce déclin du nucléaire est appelé à s'accélérer dans la mesure où les nouvelles constructions de réacteurs, entre 65 et 70 selon les décomptes, ne sont actuellement pas assez nombreuses pour compenser les fermetures d'un parc mondial vieillissant.

A l'international, l'industrie française affiche de grandes ambitions, proposant à la fois la construction "clés en mains" de réacteurs par Areva et l'exportation du modèle constructeur-opérateur proposé par EDF. "Pourtant, seules trois unités du réacteur EPR proposé par la France sont en construction dans le monde, en Finlande et en Chine. Aucune autre commande ne leur a été passée depuis huit ans", souligne le rapport.

Faillite technique

Dès lors, la stratégie qui, depuis une quinzaine d'années, vise à exporter le modèle nucléaire français et à trouver à l'international des relais de croissance pour financer le programme électro-nucléaire de l'Hexagone peut être mise en question. De fait, selon le constat d'Yves Marignac, "le programme français ne s'auto-finance plus. EDF est appelé à perdre de plus en plus d'argent avec ses réacteurs. Or, les nombreux échecs à l'international, de l'EPR Olkiluoto-3 en Finlande à Uramin, de 1,5 milliard d'euros engloutis dans le projet Hinkley Point en Grande Bretagne aux 2,7 milliards de pertes sur Constellation Energy aux Etats-Unis, renforcent la charge qu'ils devaient alléger".

La situation n'est pas meilleure sur le deuxième coeur de métier historique du groupe que constitue l'industrie du plutonium, analyse le rapport. Areva connaît un autre échec majeur avec la construction d'une usine de combustible MOX à Savannah River aux Etats-Unis, qui connaît plus de 15 ans de retard et voit ses coûts s'envoler, au point que le projet est aujourd'hui pratiquement abandonné. "Surtout, la poursuite de son activité de retraitement à La Hague connaît, comme pour les réacteurs, des coûts et des besoins d'investissement croissants, alors même qu'EDF use de sa position de seul client pour réduire les prix, menaçant là aussi la rentabilité de l'usine".

Cette situation de faillite technique d'Areva est aussi inquiétante que ses difficultés financières. Elle illustre "une perte de compétence sur ses métiers", estime Yves Marignac. Areva ne pourra éviter à court terme une restructuration drastique, incluant une reprise totale ou partielle de ses activités et une recapitalisation. Reste une butée : "La particularité de l'industrie nucélaire, c'est qu'elle est incapable de penser sa fin. En toile de fond, la France est en train de passer industriellement à côté de la révolution énergétique".

L'Etat appelé à la rescousse

L'Etat, qui a par ailleurs présidé à la création d'Areva dont il détient aujourd'hui également, directement ou via le CEA, 86,5%, porte une part importante de responsabilité dans les orientations stratégiques poursuivies par l'industrie. "L'Etat n'a jamais véritablement réagi, avant le constat que l'on connaît aujourd'hui, aux difficultés croissantes d'Areva. Il revient aujourd'hui au Gouvernement de reprendre son rôle d'Etat stratège pour assumer sa part de l'échec et redéfinir des perspectives réalistes pour l'industrie nucléaire française, en cohérence avec la politique de réduction de la part du nucléaire qu'il définit par ailleurs dans le cadre de la transition énergétique", à l'heure où les énergies renouvelables s'avèrent bien plus compétitives sur le marché international que le nucléaire.

Tout n'est cependant pas perdu pour Areva car un marché d'avenir se profile, celui du démantèlement, qui, selon les chiffres du CEA, visera quelque 300 à 400 réacteurs dans le monde d'ici à 2035.

Agnès Sinaï, journaliste
Rédactrice spécial
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Samedi 4 juillet - des actions ronds-points partout en France pour exiger la fermeture des réacteurs de plus de 30 ans, à commencer par Fessenheim en 2015


-Le 4 juillet le Réseau "Sortir du nucléaire" propose une action nationale d'occupation des ronds-points pour exiger la fermeture des réacteurs de plus de 30 ans, à commencer par Fessenheim dès cette année, et pour dire non au rafistolage des centrales nucléaires, qui pourrait coûter la modique somme de 250 milliards d'euros.

Partout en France, le samedi 4 juillet, rendez-vous sur les ronds-points équipés de banderoles, tracts et drapeaux !
Action rond-point pour la fermeture des centrales de plus de trente ans

4 juillet 2015 - Montpellier (34) - Languedoc-Roussillon

Lieu de rendez-vous :
Rond-point du Géant Casino des près d'Arènes, 17
h.

Occupation du rond-point, diffusion du tract "stop au rafistolage"

Contact organisation :
sortirdunucleaire34@alternatives34.listes.vox.coop

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 08:47

Mange, c’est du radioactif !
https://app.box.com/s/af6mzfim9agft8d6wr45w68x25lqc0t5

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article28660

Il y a quatre ans, juste après Fukushima, l’Union Européenne s’était mise à passer au compteur Geiger les 8 000 tonnes de denrées qu’elle importe chaque année du Japon : poissons à sushi, brocolis, algues pour maki, champignons, thé vert, abricots, etc. En effet, si en temps normal, la réglementation européenne bannit de nos assiettes tout aliment radioactif, en cas de pépin nucléaire, des dérogations adoptées il y a près de trente ans, dans le sillage de Tchernobyl, permettent, dans l’année qui suit la catastrophe, d’importer des produits contaminés, à condition toutefois qu’ils ne dépassent pas un certain seuil. Seuil que la Commission Européenne veut aujourd’hui revoir. Pourquoi ? Pour que l’Europe soit prête en cas d’accident nucléaire sur son propre territoire…

À première vue, il y a du mieux : le projet de règlement est plus précis. Là ou l’on se contentait initialement de fixer des seuils pour deux grandes catégories de radioéléments, ceux à courte et à longue vie, on en compte désormais quatre, du plutonium au strontium, que l’on croise avec cinq catégories d’aliments. En prime, la Commission promet qu’avec ces nouvelles normes, un Européen ne dépassera pas 1 millisieviert par an, la dose maximale de radioactivité, toutes sources d’expositions confondues, considérée comme acceptable pour les populations. Laquelle dose induit un cancer mortel pour 100 000 habitants. Ce qui ne représente guère pour la France que 3 800 décès annuels par cancer radio-induits : une paille !

Mais la Criirad, instance indépendante d’information sur la radioactivité, a refait les calculs de Bruxelles. Et elle constate que dans de nombreux cas on dépasse de 10, voire de 100, la limite de 1 mSv/an ! Selon elle, le projet de règlement présente « incohérences », « oublis » et « mensonges ». Exemple, cette catégorie d’aliments dits « de moindre importance », pour lesquels on tolère des limites jusqu’à 10 fois supérieures aux autres denrées. D’autant plus fâcheux que dans ce panier fourre-tout on trouve les « épices et aromates », véritables buvards à césium, qui augmenteraient à eux seuls la dose « d’environ 20 % ».

Pour pousser la Commission à revoir ce projet, la Criirad a lancé une pétition en ligne. Il y a urgence, ces nouvelles normes doivent être adoptées cet été, lors du Conseil des ministres européens. Les eurodéputés n’ayant, selon le traité Euratom, qu’un avis consultatif à donner. L’avenir est (ir)radieux !

Le Canard Enchaîné N° 4936 du 3 juin 2015

A revoir Pièces à conviction : "Fukushima, vers une contamination planétaire ?"
http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-3/pieces-a-conviction/pieces-a-conviction-du-mercredi-26-fevrier-2014_534425.html

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 08:09

La 9e conférence d’examen du TNP vient de se terminer, sans consensus, à New York

Les armes atomiques sont désormais plus menaçantes encore.

Les commentaires seront peu médiatisés en France. Stratégiques, techniques, politiques ou moraux, ils émaneront de celles et ceux qui se sont déjà résolument engagés pour vivre dans un monde débarrassé des armes nucléaires. Si par accident ces commentaires prenaient trop de place, nul doute que les représentants de l’état réciteraient alors leur crédo sur ces armes de non-emploi, sur leur sécurité absolue qui interdit tout accident, et sur les efforts que la France fait pour réduire son arsenal au strict minimum !

Les Etats dotés d’armes nucléaires, qui à l’instar de la France ne veulent pas s’en débarrasser, ont imposé au reste du monde leur vision d’une sécurité internationale construite sur la menace permanente. C’est inacceptable ! Le Chef de l’Etat et le gouvernement doivent changer d’attitude. Devant la mobilisation internationale grandissante, la parole de la France ne peut rester figée dans une rhétorique datant de la guerre froide!

La délégation du Mouvement de la Paix salue l’initiative de l’Autriche, qui entraine derrière elle 107 pays convaincus de renforcer l’arsenal juridique pour condamner la fabrication, les essais et la détention d’armes nucléaires.

Cet engagement de l’Autriche, devenu à New York l’Engagement Humanitaire, et l’accueil de la Palestine comme Etat partie au traité sont pour l’instant les points positifs de cette conférence. Une lueur d’espoir somme toute, après quatre années de travail intense au sein de la campagne ICAN pour obtenir l’interdiction des armes nucléaires!

Loin d’être démobilisée par une stratégie diplomatique qui place la France du mauvais côté de l’Histoire, la délégation du Mouvement de la Paix appelle la population française à poursuivre ensemble les actions, pour qu’enfin les armes atomiques soient, au même titre que les autres armes de destruction massive, interdites et éliminées.

La délégation du Mouvement de la Paix

le 02 juin 2015

Contact :

Michel Dolot : michel.dolot@mvtpaix.org

Nathalie Gauchet : nathalie.gauchet@mvtpaix.org

Télécharger le communiqué

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 17:35

Tricastin : nouvel arrêt en urgence du réacteur n°4 de la centrale atomique

Par admin le vendredi 29 mai 2015, 23:56 - Tricastin e jeudi 28 mai 2015 vers 14h15, la centrale nucléaire du Tricastin a du arrêter en urgence son réacteur n°4 à la suite d'une surchauffe anormale détectée par les appareils de contrôle. Cet arrêt à chaud non-programmé et en urgence (scram) est le second en cinq mois sur le même réacteur. Une forte présomption de rejets d’iode 131 se fait jour.

__

L'organisation Next-Up, en contact avec le CAN84 (Collectif antinucléaire de Vauluse), a envoyé, après l’étude des vents sur la zone, une équipe NBC (Nucléaire Bactériologique Chminique) dans le secteur de la centrale nucléaire dans la soirée du 28 mai et la nuit du 29 mai. De premières mesures radiologiques de contrôle ont été effectuées non sans mal du fait de la présence de véhicules du "Peloton Spécialisé de Protection de la Gendarmerie" (PS PG) patrouillant à l’extérieur du site nucléaire y compris sur les chemins publiques des terres agricoles jouxtant le site atomique.

Afin de ne pas subir un contrôle intempestif qui aurait empêcher de mener à bien les relevés de possibles relâchement de radioactivité l'équipe s'est éloignée et positionnée à environ 6 Km (site surplombant de 232 m l’église à La Garde Adhémar) afin d’observer la situation au téléobjectif et réaliser les premières mesures radiologiques surfaciques de contrôles. A cette distance et compte-tenu des faibles vents elles se sont toutes avérées identiques au bruit de fond de ± 0,12 µS v/h. Ce qui n'a pas été le cas au plus proche de la centrale.

Après minuit les mouvements des véhicules gendarmesques ayant fortement diminué, une nouvelle approche du réacteur n°4 a été réalisée avec succès dans sa zone nord-est par un faible vent sud-est et malgré les systèmes de vision nocturne thermique dont sont équipés le PS PG. Les mesures radiologiques se sont révélées toutes "positives", jusqu’à 4 fois le bruit de fond, soit ± 0,48 µSv/h.

Au 29 mai 2015, si le type de contamination radioactive notamment gazeuse et la quantité des radio-contaminants n’ont pas encore évaluées et nécessitent des contrôles complémentaires et comparatifs, une forte présomption de rejets d’iode 131 (ayant une 1/2 durée de vie de 8 jours) est à craindre. Inquiétant d'autant plus que si dans les quelques centaines de mètres de la zone nord-est du réacteur n°4 aucune habitation ne s'y trouve, en revanche l’autoroute A7 la traverse avec un passage de plus de 70 000 véhicules jours.

Il ne fait aucun doute que l’autoroute A7 et ses utiliateurs ont pu être impactés par les gaz radioactifs rejetés par la cheminée de rejets atmosphériques, et potentiellement par les dégazages des soupapes de sûreté du circuit secondaire, voire de celles du pressuriseur du circuit primaire si il y eu saturation.

En effet, lors d’une montée anormale en température (avérée ou détectée par erreur) la procédure d'arrêt d'urgence (scram) conduit, afin de limiter les contraintes (pressions) sur la cuve du réacteur et sur les tuyauteries et une possible accumulation d’hydrogène en amont des soupapes de sûreté, à des rejets atmosphériques.

Ainsi pour conserver l’intégrité du circuit primaire contre les surpressions, des dispositifs, tel le circuit de décharge, comportent des soupapes de sûreté pour le pressuriseur, dont chacune a une capacité de décharge de 300 tonnes/heure de vapeur saturée à 176 bars. Cette vapeur hautement radioactive est condensée et refroidie dans des Réservoirs de Décharge du Pressuriseur (RDP) autant qu'il est posible de le faire.

Dans le même temps, afin de préserver l’intégrité cette fois-ci des Générateurs de Vapeurs (GV), existe aussi sur le circuit de vapeur secondaire d’autres
soupapes qui, elles, se déchargent directement dans l’atmosphère (photo réacteur n°4 du 29 05 2015 01h12). Or, il s'avère qu’en fonction de la porosité
des échangeurs des GV, cette vapeur est toujours plus ou moins radioactive. Nul ne l'ignore parmi les spécialistes atomistes, qu'il soient exploitants de centrales atomiques ou chargés de contrôle telle l'ASN.

Cette situation s’est déjà produite à plusieurs reprises, notamment le 31 décembre 2014 et au début 2015 et déjà sur le réacteur n°4. Le CAN84 et l'organisation Next-Up qui avaient révélé cette sale histoire avaient été contesté par EDF. Pourtant en février 2015, dans un aveu tardif fait en Préfecture de la Drôme, EDF reconnaissait enfin avoir procédé à des rejets radioactifs sans en informer la population et les salariés.

Ce qui se passe depuis le 28 mai à la centrale nucléaire du Trication ressemble à un sordide remake. Il est grand temps que l'ASN décrète la mise à l'arrêt définitif de la centrale atomique du Tricastin.

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Next-Up Organisation recherche un médecin en activité pour effectuer, avec elle, des tests indicatifs sur des résidents vivant en proximité du site nucléaire avant de les orienter vers les organismes et institutions habilitées. Merci de prendre contact : infos@next-up.org

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photos : next-up organisation

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 07:11

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COP21 : quelle peut-être la contribution du Japon, 4 ans après Fukushima ?

Evelyne Dourille-Feer

Docteur en économie, Economiste au CEPII spécialiste Japon

Si les chocs pétroliers des années 1970 ont frappé de plein fouet l’économie japonaise, ils ont eu le mérite de stimuler la mise en place de vigoureuses politiques énergétiques. Outre la diversification des sources d’énergies fossiles et de leur provenance ainsi que l’accroissement des stocks stratégiques de pétrole, ces politiques ont surtout permis au Japon d’améliorer son intensité énergétique(1) de 40% entre 1973 et 2009 pour devenir le pays au plus bas niveau de consommation d’énergie primaire par unité de PIB(2).

Les politiques énergétiques japonaises ont commencé à intégrer la dimension du réchauffement climatique à partir des années 1990. Leur volontarisme sur le dossier climat s’est concrétisé par la signature du Protocole de Kyoto en 1997 selon lequel le Japon s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6% entre 1990 et 2012. Toutefois, son désengagement du Protocole pour la deuxième période 2013-2020, annoncé en 2010 lors de la COP16 de Cancun, a ébranlé la conviction que le Japon pouvait jouer un rôle de leader en matière climatique.

Fin avril 2015, la proposition du gouvernement japonais de réduire de seulement 25,4% les émissions de CO2 entre 2005 et 2030, a provoqué une immense déception en Europe.

Alors que les efforts d’économies d’énergies, dopés par la diffusion des TIC (technologies de l'information et de la communication), montaient en puissance depuis le début des années 2000, l’accident nucléaire de Fukushima est venu rebattre les cartes économique et énergétique tout en fragilisant les efforts de lutte contre le réchauffement climatique.

Fin avril 2015, la proposition du gouvernement japonais de réduire de seulement 25,4% les émissions de CO2 entre 2005 et 2030, a provoqué une immense déception en Europe. Cet objectif pourra-t-il être révisé à la hausse compte tenu de la nouvelle politique énergétique de Shinzo Abe et des contraintes post-Fukushima ?

Le choc « Fukushima »

En 2010, le Japon avait enregistré le taux de croissance du PIB réel le plus élevé du G7 (+4,7%), loin devant l’Allemagne (+3,9%) qui avait pourtant subi une contraction similaire de son économie en 2009. Après ce rebond exceptionnel, les perspectives de croissance en 2011 étaient moins dynamiques (+1,8% à 2%), mais la triple catastrophe du 11 mars 2011 dans la région du Tohoku – tremblement de terre, tsunami et accident nucléaire – a plongé le Japon dans « la crise la plus grave depuis la seconde guerre mondiale »(3).

Or, après un recul de 0,5% seulement du PIB réel en 2011, l’économie japonaise a rebondi en 2012 et 2013 à un rythme annuel supérieur à 1,5% pour se contracter très légèrement en 2014 à cause de l’augmentation de la TVA. Néanmoins, une reprise soutenue de la demande domestique se profile pour l’année 2015. Le choc Fukushima a-t-il pour autant été absorbé ?

La part du nucléaire dans la production électrique totale est passée de 29% à 11% entre 2010 et 2011 pour devenir nulle à partir de mi-septembre 2013.

En 2011, le Japon a résolu remarquablement vite les problèmes de rupture des chaînes d’approvisionnement des secteurs automobiles et électroniques liés aux destructions d’usines dans les régions dévastées ainsi que les problèmes de transport et d’approvisionnement en essence. Il a également réussi le tour de force de gérer la pénurie d’électricité liée à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, puis au non-redémarrage de centrales nucléaires en inspection, sans « black out » moyennant des économies d’énergies. La part du nucléaire dans la production électrique totale est passée de 29% à 11% entre 2010 et 2011 pour devenir nulle à partir de mi-septembre 2013. Ce bouleversement du mix énergétique a eu d’importantes retombées économiques tant au niveau de la balance commerciale que des politique énergétiques.

Quatre années de balance commerciale déficitaire

Alors que les centrales nucléaires fermaient les unes après les autres, les centrales thermiques à énergie fossile sont montées en puissance. Les importations de pétrole et, surtout, de gaz naturel liquéfié ont augmenté mais celles de charbon sont restées relativement stables. Ainsi, la part du pétrole dans les importations totales en valeur est passée de 15,5% à 17,5% entre 2010 et 2013 pour retomber à 16,1% en 2014.

Entre 2010 et 2014, la facture énergétique japonaise est passée de l'équivalent de 129 à 206 milliards d’euros.

Dans le même temps, celle du GNL bondissait de 5,7% à 9,1%. Ce poids élevé du pétrole dans les importations s’explique par la diversité de ses usages car les centrales thermiques nippones n’en consomment qu’environ 15%. Après Fukushima, la part du gaz destinée à la production électrique a encore augmenté (72% en 2012 contre 65% en 2010).

Mais l’alourdissement de la facture énergétique japonaise entre 2010 et 2014, de 17,4 à 27,7 trillions de yen (soit respectivement 129 et 206 milliards d’euros), provient davantage de la hausse des prix des énergies fossiles que du gonflement des quantités importées. En effet, une étude de Bernard Laponche(4) montre que la modification du mix énergétique sur la facture énergétique japonaise (substitution au nucléaire) n’a représenté que 5% de la hausse de cette dernière en 2011 et 21% en 2012.

Il n’en demeure pas moins que les importations d’énergie ont contribué à faire basculer la balance commerciale dans le déficit à partir de 2011(5). En mars 2015, elle a enregistré son premier excédent mensuel depuis juin 2012 grâce à la progression des exportations et à la contraction des importations. Cette contraction provient en majeure partie de la baisse des prix du pétrole et du GNL en Asie.

La catastrophe du 11 mars 2011, outre la baisse de la bourse, a provoqué des mouvements spéculatifs sur le yen conduisant à son appréciation par rapport au dollar et à l’euro. Par la suite, le yen est resté fort jusqu’à la mise en place de la politique monétaire ultra expansive de Shinzo Abe en 2013. Si la facture des importations a été soulagée par le yen fort, la compétitivité des exportations en a été affaiblie. Inversement, la baisse du yen d’environ 30% par rapport au dollar et à l’euro, entre fin 2012 et fin 2014, a contribué au renchérissement du coût des importations d’énergie.

Suite à l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, le gouvernement a fait volte-face et annoncé en 2012 son objectif de sortie du nucléaire avant 2040.

Le changement du cap énergétique post-Fukushima

En juin 2010, le gouvernement du Parti Démocrate du Japon avait adopté un « Plan stratégique énergie » visant à augmenter la part des énergies à faible émissions carbone et à abaisser la dépendance énergétique alors que la production d’électricité était dépendante à 61% des énergies fossiles importées. Dans la consommation totale d’énergie, les énergies fossiles importées représentaient même 82%. L’objectif du Plan était de faire passer, entre 2010 et 2030, la part du nucléaire dans le mix électrique de 29% à 50% et celle des énergies renouvelables de 10% à 20%.

Suite à l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, le gouvernement a fait volte-face et annoncé en 2012 son objectif de sortie du nucléaire avant 2040. Les projets de construction de centrales nucléaires ont été gelés et leurs plans d’exportations revus à la baisse. Les normes de sécurité ont été durcies et gérées par la nouvelle Autorité de Régulation Nucléaire (ARN)(6). Ces mesures ont allongé les délais de redémarrage des centrales ou conduit à envisager leur démantèlement.

Afin de compenser le déficit de production électrique, il a été décidé de développer les énergies renouvelables. Un soutien particulier a été accordé au solaire en obligeant les dix grandes compagnies d’électricité régionales, détentrices des réseaux électriques, à racheter l’énergie solaire à un tarif très avantageux pour les producteurs (40-42 yen/kWh). Toutefois, pour résoudre rapidement les pénuries d’électricité pénalisantes pour l’industrie, certaines normes environnementales de production des centrales thermiques ont été allégées. La production électrique de ces centrales est très vite montée en puissance ainsi que leur consommation d’énergies fossiles.

Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation des citoyens et des industries à la sobriété énergétique ont été lancées parallèlement à des programmes de soutien aux technologies d’optimisation de l’efficacité énergétique. Entre 2010 et 2013, l’équivalent de près de la moitié des capacités nucléaires a été comblée par des économies d’énergie (efficacité et sobriété énergétique)(7). De leur côté, les collectivités territoriales ont multiplié les initiatives en direction des économies d’énergie, notamment les projets de villes économes en énergie grâce aux « smart grids » et au développement de technologies vertes.

Le retour du nucléaire avec Shinzo Abe

Lorsque Shinzo Abe est arrivé au pouvoir fin 2012, la production électrique dépendait à 88% des énergies fossiles, soit bien plus encore que lors du premier choc pétrolier (76%). Cette dépendance était préoccupante non seulement pour l’équilibre de la balance commerciale mais aussi pour la sécurité énergétique menacée par l’instabilité géopolitique des régions ou des routes d’approvisionnement du pétrole et du gaz naturel (Moyen-Orient(8), détroit d’Ormuz et de Malacca, etc.).

De surcroît, le prix de l’électricité(9) avait augmenté de 20 % et les émissions de GES avaient progressé de 16% dans le secteur de l’électricité entre 2010 et 2012. Toutefois, le niveau des émissions totales de GES en 2012 était proche de celui atteint en 2007, après une augmentation continue des GES depuis 1990.

Dès sa campagne électorale, Shinzo Abe n’avait pas caché sa volonté de réactiver le nucléaire qui avait le mérite de permettre l’accroissement de l’indépendance énergétique, la réduction de la facture énergétique, la baisse des prix de l’électricité et la réduction des émissions de GES. Le « Nouveau Plan stratégique énergie 2014 »(10) a réaffirmé les objectifs de sécurité des approvisionnements et d’efficacité énergétique, de préservation de l’environnement et de sûreté de l’énergie. Toutefois, le chiffrage des objectifs à vingt ans du mix énergétique a été repoussé à 2015 face aux incertitudes sur l’avenir du nucléaire.

Selon les calculs du METI, alors que le nucléaire reviendrait à 10,1 yen /kWh à l’horizon 2030, l’hydroélectricité atteindrait 11,0 yen, le solaire 12,5-16,4 yen...

Le METI(11), à la suite d’une série de consultations d’experts sur la politique énergétique, a laissé filtrer une première ébauche de chiffrage de l’autosuffisance énergétique et du mix électrique souhaités pour 2030 : l’’objectif est de porter l’autosuffisance énergétique de 6,3% en 2012 à 24,3% à l’horizon 2030. Outre la poursuite des politiques d’efficacité énergétique, le mix électrique évolue. La solution du retour au nucléaire est privilégiée. Bien que la part des énergies renouvelables double, les énergies fossiles devraient avoir encore un poids prépondérant même s’il est prévu de diminuer la dépendance aux centrales électriques à charbon.

En 2030, la part du nucléaire dans le mix énergétique électrique pourrait ainsi atteindre 20 à 22%. Cette volonté gouvernementale d’accroître autant le nucléaire répond non seulement aux contraintes d’autosuffisance énergétique et d’émission de GES mais aussi à l’impératif de baisse des coûts de l’électricité. Selon les calculs du METI, alors que le nucléaire reviendrait à 10,1 yen /kWh à l’horizon 2030, l’hydroélectricité atteindrait 11,0 yen, le solaire 12,5-16,4 yen, les éoliennes(12) 13,9-21,9 yen et la géothermie 19,2 yen(13). Comme le développement de l’hydroélectricité semble atteindre des limites, le nucléaire apparaît comme très compétitif car les coûts de démantèlement des centrales ou des retombées d’un accident possible ne sont pas intégrés.

La volonté gouvernementale de redonner une place importante au nucléaire risque de casser la dynamique des énergies renouvelables.

Néanmoins, l’objectif de la part du nucléaire fixée pour 2030 dépasse les capacités potentielles existantes(14). La construction de nouveaux réacteurs nucléaires et/ou la prolongation de la durée de vie des centrales au-delà des 40 ans règlementaires pourraient s’avérer nécessaires(15). Fin mai 2015, aucun réacteur n’était actif. Trois centrales avaient obtenu le feu vert de la NRA, mais leur redémarrage était freiné par les oppositions locales. La centrale Sendai 1 de la Kyushu Electric pourrait être la première à redémarrer avant la fin juillet 2015.

La volonté gouvernementale de redonner une place importante au nucléaire risque de casser la dynamique des énergies renouvelables. Avant Fukushima, les plans de développement des énergies renouvelables étaient embryonnaires. Alors que l’hydroélectricité représentait 3% de la consommation d’énergie et 8,5% de la production d’électricité en 2010 ; les autres énergies renouvelables y contribuaient respectivement pour 1% et 1,1%. Le gouvernement envisage de porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 24% environ en 2030 contre 11% enregistrés en moyenne de 2000 à 2010(16).

L'État japonais a abaissé à 27 yen/kWh le prix de rachat du solaire.

En 2013, le Japon était devenu le deuxième investisseur mondial en énergies renouvelables derrière la Chine. Ses efforts se sont focalisés sur l’énergie solaire dont la capacité installée est passée de 2,5 GW à 23 GW entre 2010 et fin 2014. Néanmoins, vers la fin 2014, l’Etat a réduit les volumes d’achat obligatoires d’énergie solaire par les compagnies électriques et abaissé à 27 yen/kWh le prix de rachat du solaire.

A ce prix, les investissements dans le solaire deviennent peu rentables alors que, de surcroît, des compagnies électriques commencent à refuser des contrats d’achat de solaire. Ce revirement politique risque de faire dérailler l’essor du solaire japonais, parvenu au troisième rang de la production mondiale, et techniquement très avancé. De façon plus générale, c’est le développement des énergies renouvelables qui pourrait être remis en cause.

Comme les chances de révision à la hausse de son premier objectif de réduction des émissions de GES sont faibles, le Japon ne sera pas un leader dans ce domaine.

Le Japon a rempli son engagement de réduction des GES de 6% entre 1990 et 2012 grâce à des rachats de crédit carbone et à la plantation de forêts. Comme les chances de révision à la hausse de son premier objectif de réduction des émissions de GES de 25,3% entre 2005 et 2030 sont faibles, il ne sera pas un leader dans ce domaine alors que l’UE annonce -40% pendant la même période et les Etats-Unis -26% à -28% entre 2005 et 2025.

Toutefois, le Japon peut apporter une importante contribution à la COP 21 tant au niveau de ses technologies d’efficacité énergétique ou de ses pratiques de sobriété énergétique qu’à celui de ses technologies solaires (fermes flottantes par exemple) et de ses avancées dans le secteur de l’hydrogène (véhicules à hydrogène, technologies de stockage). Les expériences décentralisées d’économies d’énergie originales tels le recours aux smart grids dans plusieurs villes ou le plan à 10 ans pour décarboner la ville de Tokyo(17) fournissent également des pistes intéressantes.

Autres Sources ,cette fois sur le financement de la COP21:

Climat : des ONG dénoncent le financement de la COP21 par des « champions de la pollution »
http://www.lemonde.fr/climat/article/2015/05/27/climat-des-ong-denoncent-le-financement-de-la-cop21-par-des-champions-de-la-pollution_4641937_1652612.html

Hollande pollue la COP21 et le climat des négociations

vendredi 29 mai 2015
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Par Maxime Combes

En confiant une partie du financement de la conférence de l’ONU sur le changement climatique à des champions de la pollution, François Hollande et Laurent Fabius polluent les préparatifs de la COP21 et sabotent sa crédibilité. Une décision absurde pour qui annonce vouloir une conférence « historique » !

Au lendemain du festival de Cannes, François Hollande et le gouvernement ont déroulé un tapis rouge pour les champions de la pollution que sont les énergéticiens Engie (ex-GDF Suez) et EDF, le constructeur automobile Renault-Nissan et l’avionneur Air France, ou encore pour la banque d’un monde qui pollue davantage BNP-Paribas, le faux-nez du lobby français favorable aux gaz des schiste Suez Environnement, le fabriquant de pneus Michelin, la filiale de Veolia qu’est le Syndicat des eaux d’Ile-de-France, etc. Une décision vivement contestée par Attac France, les Amis de la Terre, Corporate Europe Observatory, 350.org, le WECF dans ce communiqué. En proposant à des champions de la pollution de financer la conférence de l’ONU sur le changement climatique, le gouvernement offre sur un plateau, et à très bon prix, la possibilité à ces multinationales climaticides d’opérer de véritables opérations de greenwashing : aucune entreprise ne débloque des financements sans obtenir un retour sur investissement, notamment en termes d’image. Contre quelques euros, et avec l’onction de François Hollande et du gouvernement, voilà quelques champions de la pollution en mesure de faire croire qu’ils agissent pour le climat alors que tout montre le contraire. Pourtant, cela ne viendrait à l’idée de personne de sensé de faire financer une conférence internationale sur le tabagisme à des cigarettiers, pas plus que de confier le respect du Code de la route à des chauffards.

Le gouvernement justifie ce choix en affirmant qu’il fallait « réduire le plus possible l’addition pour le contribuable ». Les données montrent le contraire : l’organisation de la COP21 doit coûter 170 millions d’euros. Le gouvernement veut que 20 % de ce budget, soit 34 millions d’euros proviennent d’entreprises privées. À titre de comparaison, le budget du prochain Euro2016 de football en France est de 1,7 milliard d’euros, dont environ 700 millions d’euros – 40 % du budget – proviennent de fonds publics. Pour l’Euro2016, le contribuable paiera donc 4 fois le budget de la COP21, et près de 20 fois le montant que le gouvernement voudrait récupérer pour la COP21 via les champions de la pollution. Avoir décidé de confier 20 % du financement de la COP21 à des multinationales privées est donc un choix politique, fondamentalement idéologique, qui ne répond aucunement au besoin de réduire les dépenses publiques. Si François Hollande et le gouvernement français voulaient réellement organiser une COP21 « historique » à Paris, ils auraient pu aisément trouver les 34 millions d’euros manquant dans le budget public dédié à l’Euro2016 ou, mieux encore, en luttant efficacement contre l’évasion fiscale mise en œuvre par les grands groupes désormais sponsors de la COP21 (IKEA, LVMH, BNP-Paribas notamment).

Autre argument avancé par le gouvernement : ces financements privés permettent d’impliquer des multinationales dans la préparation de la COP21 et de les conduire à modifier leurs systèmes de production de façon à ce qu’ils émettent moins de gaz à effet de serre. Ainsi, pour le secrétaire général de la COP21, Pierre-Henri Guignard, la question n’est pas de savoir combien d’entreprises polluantes financent la COP21, mais combien d’entre elles auront réduit leurs émissions après la COP21 (cité par France Info – Mercredi 27 mai - 15h15). Autrement dit, le gouvernement offre une campagne de greenwashing aux champions de la pollution et espère que ces derniers réduiront d’eux-mêmes leurs propres émissions. Sans exiger aucun engagement ferme de leur part. L’État, pourtant actionnaire majoritaire d’EDF et très significatif d’Engie, aurait pu exiger de ces entreprises qu’elles s’engagent, a minima, et avant de financer la COP21, à se retirer de tous les projets de centrales à charbon dans lesquelles elles sont impliqués aux quatre coins de la planète. Il n’en est rien : le gouvernement fait donc sponsoriser la COP21 par des entreprises dont il cautionne la construction de centrales à charbon, les plus polluantes de la planète. C’est absurde et révélateur des inepties inconséquentes du gouvernement en matière de climat.

Dès mars 2014, le RAC, le CRID et Attac-France envoyaient une lettre ouverte au gouvernement l’invitant à tirer les leçons des conférences passées – notamment celle de Varsovie en 2013 où le sponsoring des entreprises privées avaient pollué la COP19 – et à « dépolluer les négociations climatiques ». Alertes inlassablement répétées à chacune des rencontres entre le gouvernement et les ONG. En réponse, le gouvernement et le secrétaire général de la COP21 avaient promis qu’ils se limiteraient à des entreprises « climato-compatibles » (voir ici). Manifestement, nous n’avons pas la même définition de ce qui est compatible avec le climat. Outre les charbonniers Engie et EDF, le gouvernement a sollicité le sponsoring de Suez-Environnement qui milite activement (tout comme Engie) pour l’exploitation des hydrocarbures de schiste en France via le Centre pour les hydrocarbures conventionnels créé il y a peu : si le gouvernement était intègre, tant en matière de comptabilité climatique que d’hydrocarbures de schiste, pourquoi n’a-t-il pas a minima exigé que Suez-environnement quitte ce lobby pro-gaz de schiste qui promeut une énergie climaticide ?

Plus grave que le greenwashing des multinationales ou l’incohérence du gouvernement en matière de climat : par ses choix de sponsoring, François Hollande et Laurent Fabius viennent de prendre la décision de polluer les six mois de préparation qu’il reste avant la COP21. Et ce au détriment de la qualité et de la sérénité des débats et des négociations. Ennuyeux alors qu’ils annoncent partout qu’ils veulent faire de la COP21 une « conférence historique ». Laurent Fabius, qui va présider la COP21, et François Hollande qui se présente comme le meilleur ambassadeur du climat (voir ici), vont porter ces décisions comme un boulet d’ici à la COP21. Plus un seul article, plus un seul commentaire ou analyse des négociations ne pourra omettre que la COP21 est financée par des entreprises qui ne sont pas nettes sur le plan du climat. Pour quelques millions d’euros, François Hollande et Laurent Fabius viennent donc de polluer l’intérêt général de la lutte contre les dérèglements climatiques par les intérêts privés et le greenwashing de quelques entreprises problématiques.

C’est extrêmement grave. Au moment où les voix sont nombreuses à appeler à une mobilisation générale des forces citoyennes, sociales, économiques et politiques pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique, les choix de sponsoring du gouvernement sabotent la crédibilité de la COP21 et l’adhésion du plus grand nombre : si des entreprises qui sont des pollueurs notoires peuvent se payer des opérations de greenwashing sur le dos de la COP21, quel message délivre le gouvernement envers des citoyens préoccupés par le chômage, la précarité et leur avenir ? Que cette conférence est une nouvelle mascarade dont il faut se désintéresser ? C’est le risque majeur que viennent de prendre François Hollande et Laurent Fabius. Ce n’est en tout cas pas ainsi qu’ils vont susciter l’adhésion du plus grand nombre. Qu’aurait fait un gouvernement réticent à s’engager dans la lutte contre les dérèglements climatiques si ce n’est décrédibiliser la COP21 en la faisant financer par des entreprises dont les business plan les rendent incompatibles avec le climat ? Le gouvernement français vient de s’engouffrer dans la même voie que celle prise par le gouvernement polonais lors de la COP19, en 2013, de très sinistre mémoire. Une conférence qui avait vu les ONG, associations, mouvements sociaux et syndicats quitter les négociations avec fracas (voir ce texte) pour dénoncer la mainmise des intérêts privés et des lobbies sur la conférence. Bis repetita à Paris ?

Face à l’inconsistance de François Hollande et du gouvernement, il n’y a pas beaucoup d’autres choix que d’opposer la détermination des mobilisations citoyennes. À l’appel de la Coalition climat 21, qui regroupe l’ensemble des ONG, associations, mouvements sociaux et écologistes, syndicats engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques, 1 000 initiatives pour le climat vont être organisées le week-end des 30 et 31 mai. Occasion de dire avec fermeté qu’il est grand temps de dépolluer le climat et la lutte contre les dérèglements climatiques : bloquons les entreprises climaticides et les gouvernements qui leur offre des opérations de greenwashing à bon prix !

blogs.mediapart.fr

Non ! Les sponsors privés de la COP21 ne sont pas climato-compatibles !

mercredi 27 mai 2015, par 350.org, Attac France, Corporate Europe Observatory, Les Amis de la Terre, WECF

Énergéticiens fossiles et fissiles, compagnie aérienne, constructeurs automobiles : la liste des mécènes de la 21e Conférence de l’ONU sur le climat (COP21), rendue publique aujourd’hui, comprend des multinationales françaises qui ne sont pas compatibles avec le climat. Les Amis de la Terre, Attac France, le Corporate Europe Observatory, WECF et 350.org dénoncent l’incohérence du gouvernement et redoutent que les négociations se retrouvent aux mains des pollueurs.

Alors que la France s’apprête à accueillir la COP21 supposée résoudre la crise climatique, le gouvernement donne la mesure de la sincérité de son engagement en dévoilant aujourd’hui son choix de mécènes. « La majorité des entreprises choisies émettent massivement des gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, comme EDF ou Engie dont les émissions provoquées par leurs centrales à charbon équivalent à elles seules à près de la moitié des émissions de la France [1]. Alors que le gouvernement avait assuré rechercher des entreprises à la réputation sans faille, bon nombre d’entre elles sont impliquées dans des projets nocifs pour les populations, leurs conditions de vie et de travail. Mettre la conférence climat la plus importante de notre décennie sous le patronage d’entreprises climato-incompatibles n’est pas de bon augure » condamne Malika Peyraut, des Amis de la Terre. Parmi la vingtaine d’entreprises qui composent la première liste de « sponsors », on retrouve notamment Air France, entreprise aéronautique opposée à la réduction des émissions dans le secteur de l’aviation, l Renault-Nissan, fabricants d’automobiles extrêmement polluants, Suez Environnement connue pour sa participation au lobby pro-gazdeschiste français [2].

Les entreprises mécènes de la COP apporteront des contributions financières et en nature alors que la grande majorité de leurs activités sont extrêmement polluantes et que certaines de leurs propositions sont en fait de fausses solutions aux conséquences environnementales et sociales désastreuses. Ainsi en est-il de BNP-Paribas, qui en plus d’être la première banque française en termes de soutien au charbon entre 2005 et avril 2014, refuse obstinément de quitter les paradis fiscaux et mettre fin à ses pratiques d’évasion fiscale. « Le gouvernement offre sur un plateau et à très bon prix la possibilité à des multinationales climaticides de verdir leur image alors que l’intérêt général nécessite de ne pas polluer les négociations sur le changement climatique avec les intérêts particuliers que ces entreprises représentent » dénonce Maxime Combes, d’Attac France. « Confierait-on la lutte contre le tabagisme aux cigarettiers ? Pourquoi le fait-on alors pour le climat ? », demande-t-il.

Le gouvernement a fixé l’objectif de la part du financement privé de la COP21 à 20 % du budget global. « 20 % de financement privé, c’est plus que ce qui s’était fait à la COP19 à Varsovie en 2013. Or, à Varsovie, les associations, mouvements sociaux et syndicats avaient quitté les négociations pour dénoncer la mainmise des négociations par les intérêts privés et les lobbies. On ne peut pas négocier un accord sur le climat avec ceux qui sont responsables du changement climatique : les États doivent écouter les intérêts des citoyens, et non les intérêts privés des lobbies et des multinationales. » observe Pascoe Sabido, du Corporate Europe Observatory. En proposant cette liste noire de sponsors, le gouvernement s’éloigne du signal qui devrait être donné lors de la COP21 : pour résoudre la crise climatique, il s’agit de mettre fin à l’ère des énergies fossiles, en rejetant les fausses solutions comme le nucléaire et en repensant nos modes de consommation et de production.

P.-S.

Photo : JuergenGER, licence Creative Commons CC0 / Domaine public.

Note de l’administration du blogue : Nicolas Hulot,l'envoyé de Hollande ,réclame une Organisation mondiale de l'environnement
http://www.rtl.be/info/magazine/science-nature/climat-l-envoye-de-hollande-reclame-une-organisation-mondiale-de-l-environnement-727017.aspx

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 06:53

Arrêter le Nucléaire, c'est possible

Vendredi 29 mai

19h Le Garage, 9 grand-rue Sainte Catherine au Pouget (34)

Arrêter le nucléaire, c'est possible. Pourquoi ? Comment ?
Soirée informative animée par Sortir du Nucléaire 34 avec le soutien de l'association Ad Populum.
Entrée libre, buvette, petite restauration.

Contact :
hepa34@orange.fr

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 06:43

CONTAMINATION LÉGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE

La CRIIRAD dénonce le travail scandaleux des experts Euratom et appelle à

une mobilisation massive contre le projet de la Commission européenne !

Le projet de règlement européen

La Commission européenne a élaboré un projet de règlement fixant les Niveaux Maximaux Admissibles (NMA) de contamination radioactive qui seront appliqués aux aliments en cas d’accident nucléaire. Ce projet est en cours d’examen par le Parlement (pour avis) et par le Conseil de l’Union européenne (pour décision). Les limites sont fixées pour 4 groupes de radionucléides et 5 catégories d’aliments, eau potable incluse. Aucune modification n’a été apportée aux valeurs établies en 1987-1989. Si les niveaux de contamination mesurés dans les aliments n’excèdent pas les NMA, ils pourront être librement commercialisés au sein de l’UE ou à partir de pays tiers.

Des niveaux de risque inacceptables

Si l’on en croit la Commission européenne, le projet garantit le respect de la limite maximale de dose efficace de 1 mSv/an (une limite qui correspond à un niveau de risque déjà élevé).Cette affirmation est totalement fausse. Les vérifications conduites par la CRIIRAD font apparaître des doses de l’ordre de 10 fois supérieures (et jusqu’à 100 fois pour des scénarios pénalisants)et montrent que les enfants paieront le tribut le plus élevé.

Une accumulation d’anomalies gravissimes et orientées

La CRIIRAD a procédé à l’analyse du rapport scientifique qui valide le choix de Niveaux Maximaux Admissibles de contamination radioactive. Daté de 1998, ce document a été rédigé par les experts officiels de la Commission (experts dits Euratom car membre du groupe d’experts établi en application de l’article 31 du traité Euratom).

L’analyse critique a permis à la CRIIRAD d’identifier toute une série d’erreurs, d’incohérences et d’irrégularités. Elles sont graves et vont TOUTES dans le même sens : minimiser les risques et aboutir à la fixation de limites de contamination excessivement élevées. Les dysfonctionnements les plus marquants sont détaillés dans la version longue du communiqué. Un seul exemple est développé ci-après mais il s’agit d’une incohérence majeure, rédhibitoire, entre la conception des limites et le champ d’application du règlement qui les édicte.

En effet, de l’aveu même des experts, les Niveaux Maximaux Admissibles du règlement européen ont été définis pour l’impact d’un accident lointain, survenant à plus de 1 000 km des frontières de l’Union européenne. Partant de ce postulat, les experts ont considéré que la contamination ne toucherait qu’une faible part de la ration alimentaire des consommateurs européens (10% des aliments solides, 1% de l’eau potable). Problème : le règlement s’applique à tous les accidents nucléaires majeurs et en premier lieu à ceux qui surviendraient en Europe ! Mais dans ce cas, les hypothèses de calcul ne tiennent plus : le pourcentage d’aliments contaminés serait bien plus élevé ce qui impose des limites beaucoup plus basses ! Il faut : soit revoir à la baisse, et de façon drastique, les NMA ; soit rédiger un second règlement applicable aux accidents susceptibles d’affecter fortement les Etats membres de l’UE. C’est urgent : plus de 42% des 438 réacteurs électronucléaires en fonctionnement dans le monde sont implantés en Europe. La probabilité que le prochain accident nous concerne est donc très élevée.

Vu le nombre et la gravité des anomalies identifiées, il importe que toutes les responsabilités soient établies, tant au niveau des experts, que de la Commission, tant au niveau des élus que des Etats membres. Un courrier a été adressé au Commissaire européen en charge de la santé publique et de la sécurité alimentaire, afin d’obtenir communication descoordonnées des experts Euratom à l’origine de l’expertise de 1998 et de l’avis favorable de 2012. Diverses actions sont également en préparation, en premier lieu en direction du Parlement européen, le vote de la commission ENVI devant intervenir le 26 mai prochain.

Appel à mobilisation

La CRIIRAD appelle tous les citoyens européens à se mobiliser pour défendre leur santé et celle de leurs enfants. Elle les invite à s’informer et à signer, et diffuser, la pétition demandant une refonte complète, transparente et démocratique de la réglementation applicable en cas d’accident.

Signature en ligne à : http://criirad-protegeonsnotrealimentation.wesign.it/fr

Voir le dossier complet : http://www.criirad.org/aliments-nma-accidentnucleaire/sommaire.html

Commission de Recherche et d’Information Indépendantes

sur la Radioactivité

CRIIRAD

29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50

asso@criirad.orgwww.criirad.org

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 05:45

Incendies à Tchernobyl : la radioactivité remise en circulation

Le 28 avril 2015, quasi 29 ans après l’explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl, un important feu de forêt s’est déclenché autour de la centrale. Cet incendie comportait un risque de redistribution d’une partie de la radioactivité contenue dans les sols sur de larges zones.

Un incendie gigantesque

Il ne s’agit pas du premier incendie en zone contaminée ; d’autres sont déjà survenus en 1992, 2002, 2008 et 2010. Mais celui-ci est le plus important depuis 1992.
Selon le Ministre de l’Intérieur Arsen Avakov, 400 hectares seraient concernés mais la situation serait sous contrôle. Mais selon Greenpeace Russie, le feu s’étalerait en réalité dans un rayon de 30 km autour de la centrale et les images satellites laisseraient supposer qu’il touche en réalité 10 000 hectares.

Quels risques ?

Le feu n’a pas atteint la centrale accidentée elle-même, qui contient encore 97 % des éléments radioactifs présents dans le combustible nucléaire. Mais ces incendies, en eux-mêmes, constituent déjà une menace.

En effet, une partie importante des radioéléments expulsés lors de l’explosion du réacteur sont toujours présents dans les sols et les végétaux (il faut 300 ans pour que la radioactivité du césium 137 et du strontium 90, les radioisotopes les plus répandus, soit divisée par mille). Ces incendies, en réduisant la végétation et l’humus en fumées ensuite emportées par les vents, remettent en circulation une partie des éléments radioactifs qu’elles contiennent.

Ainsi, selon les travaux d’une équipe de chercheur du Norwegian Institute for Air Research [1], les trois feux de forêt précédents ont déjà relâché de 2 % à 8 % du seul césium 137 présent dans les sols… soit 500 000 milliards de becquerels répandus sur une vaste zone s’étendant jusqu’à la Turquie et la Scandinavie !

Certes, la dose moyenne de radioactivité reçue à Kiev suite à ces trois incendies est très faible. Mais cette moyenne cache des disparités importantes. Il se peut que certaines personnes, suite à ces incendies, aient inhalé ou ingéré des micro-particules radioactives dont l’action à l’intérieur de l’organisme est suffisante pour provoquer à terme des cancers et autres pathologies.

Concernant l’incendie de fin avril 2015, il n’y a cependant pas lieu de craindre une contamination semblable à celle du panache radioactif qui s’est répandu sur l’Europe en 1986 : le risque concerne avant tout les régions les plus proches des zones contaminées. La CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) a ainsi souligné dans un communiqué que l’Europe occidentale n’était pas concernée, les vents étant dirigés vers le Nord et l’Est. Elle indique également que les réseaux officiels de balises de mesure de la radioactivité situés en Ukraine, en Finlande, dans les Pays Baltes et en Russie ne montraient pas de valeurs moyennes plus élevées que d’habitude. Toutefois, elle déplore l’absence de mesures spécifiques dans les régions susceptibles d’être les plus impactées. Par ailleurs, aucune mesure n’est mise à disposition pour le Belarus, pays le plus contaminé par Tchernobyl et voisin immédiat de la centrale [2] .

Un risque croissant

Quel que soit leur impact, la fréquence de ces feux de forêts risque malheureusement de s’accroître. En effet, selon les chercheurs Tim Mousseau et Anders Møller, la décomposition de l’humus et du bois mort est ralentie en zone contaminée [3], laissant s’accumuler des quantités plus importantes de bois sec. Ce phénomène pourrait être imputé à la vulnérabilité des insectes et micro-organismes à la radioactivité.

Par ailleurs, le changement climatique laisse craindre une multiplication des épisodes de forte chaleur et de sécheresse propices aux incendies. Lors des incendies de 2010 – qui avaient par ailleurs menacé le site nucléaire de Mayak [4], la sécheresse était déjà en cause.

Ces phénomènes viennent rappeler que la catastrophe n’est toujours pas terminée et qu’elle continuera de sévir encore longtemps…

[1] http://www.newscientist.com/article/dn26933-rise-in-wildfires-may-resurrect-chernobyls-radiation.html#.VUCgIWbhVz1

[2] Lire le communiqué de la CRIIRAD

[3] http://www.livescience.com/44318-chernobyl-trees-barely-decomposed.html

[4] http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-et-contamination

Incendie de forêt autour de Tchernobyl : menace de retombées radioactives sur l'Europe

Par admin le samedi 2 mai 2015, 14:35 - International -

Depuis le 28 avril (29 ans et 2 jours après le début de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl du 26 avril 1986) un incendie a débuté et fait rage non loin de la centrale nucléaire, dans un secteur toujours contaminé de 300 hectares. Les arbres en feu, irradiés, relâchent d'importantes fumées radioactives qui sont transportées au gré des vents sur l'ensemble de l'Europe. Les images satellites laisseraient supposer qu’il touche en réalité 10 000 hectares. Danger mortel... Pour l'IRSN :"En France, on peut s'attendre à un triplement de la radioactivité. Le collectif antinucléaire de Vaucluse a mis en place un site de mesure de la radioactivité au pied du Mont Ventoux.

lien de la vidéo : https://www.youtube.com/embed/U-c25VBhkE4 ou https://youtu.be/U-c25VBhkE4

La zone d'exclusion de 30 km autour de la centrale nucléaire de Tchernobyl est couverte de forêts. Depuis le 28 avril plus de 300 hectares non loin de la centrale accidentée et recouverte d'un sarcophage en béton fissuré, risque de provoquer une nouvelle contamination radioactive. La région où se propage l'incendie de forêt est contaminée depuis 29 ans par les radiations notamment de césium 137 et elle le restera encore longtemps. Il faut 300 ans pour que la radioactivité du césium 137 et du strontium 90, les radio-isotopes les plus répandus, soit divisée par mille, ce qui signifie qu’il sera encore préoccupant pendant au moins un siècle. On est loin du compte. Et la présence d'Américium 241 (durée mortelle de 432,2 ans) et de Plutonium (durée mortelle de 373 000 ans) accentue encore les atteintes sanitaires et environnementales pour des centaines de milliers d'années.

Près de 200 hommes combattent sur le terrain avec le soutien d'un hélicoptère et de deux avions An-32. Toutefois un scientifique ukrainien dénonce l'absence de moyens de protection, notamment de masques, pour les secouristes. Leurs organes de respiration ne sont pas protégés, "ils se servent tout simplement de pelles pour abattre les flammes et aspirent cette fumée", a déclaré, selon Interfax-Ukraine, Sergui Azarov, un responsable de l'Institut public des études nucléaires.

Déjà de précédents feux de forêt (1992, 2002, 2008 et 2010) avaient provoqué l'équivalent de 8% de radiations supplémentaires à celles émises en 1986 lors de la catastrophe à la centrale nucléaire. Soit 500 000 milliards de becquerels répandus sur une zone s’étendant jusqu’à la Turquie et la Scandinavie.

L'incendie actuel est plus grave encore. Il risque de diffuser encore plus de radiations dans l'air. " Beaucoup dépend de la direction du vent. (…). Les flammes pourraient atteindre les secteurs les plus radioactifs, notamment la Forêt orange située près du réacteur", a indiqué Timothy Mousseau, professeur de biologie à l'Université de Caroline du Sud (Etats-Unis) à la chaîne de télévision RT.

Cette fumée est radioactive et si les incendies continuent de se propager, notamment vers le nord, la situation risque d'empirer. "C'est un problème international qu'il faut régler. Il faut décontaminer tout le territoire au lieu de s'attaquer uniquement aux régions proches du réacteur" re-précise le scientifique. Il fait ainsi écho indirectement à ce que proclament et exigent depuis la catastrophe nucléaire les professeurs Bandajevsky et Nesterenko de Gomel et de l'institut Belrad qui mesurent les effets monstrueux sur la santé des gens et notamment des enfants et bébés. Ces deux scientifiques et leurs équipes tentent, malgré l'omerta et le dénigrement systématique de leurs travaux par l'AIEA (Agence Internationale pour la promotion de l'Energie Atomique civile) et les pays nucléarisés, de venir en aide concrètement aux victimes ignorées et méprisées par les autorités.

Comme à l'accoutumée, les organes officiels et les responsables nucléaires dont le "service ukrainien des Situations d'urgence" annoncent à la population que les fumées radioactives n'auront pas d'incidence sur le niveau du rayonnement radioactif permanent (appelé "bruit de fond") dans la région. Et selon eux le sarcophage qui couvre les débris du quatrième réacteur de la centrale ne serait pas menacé non plus... Ils continuent à radoter et rabâcher leur litanie obscurantiste et fanatique et leur coup du "nuage radioactif qui s'arrête aux frontières". Les images satellites laisseraient supposer que l'incendie touche en réalité 10 000 hectares.

Tchernobyl se trouve à 100 km de Kiev (2,758 millions d'habitants) et à environ 700 km de Moscou (11 millions 500 000 habitants) et de Varsovie (1,700 millions d'habitants). Et moins de 2000 km de la France. L'explosion qui a détruit le 4e réacteur de la centrale de Tchernobyl dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, a provoqué la contamination radioactive d'une zone de 160.000 km² dans le nord de l'Ukraine, l'ouest de la Russie et le sud-est de la Biélorussie. Des produits radioactifs ont été rejetés dans l'atmosphère, formant des nuages radioactifs qui ont survolé toute l'Europe et provoqué la contamination de plusieurs pays dont la France et principalement la vallée du Rhône et la Corse.

Le sarcophage en béton et acier, haut de 50 m, a été construit "en urgence" en novembre 1986 sur la centrale accidentée qui contient encore 97 % des éléments radioactifs présents dans les éléments fissiles atomiques. Afin de limiter les fuites radioactives, de rassurer les populations, de dire qu'il n'était pas question d'évacuer au delà d'un rayon de 30km, de permettre que le commerce et l'économie continuent de tourner malgré les victimes immédiates et à venir et la contamination des denrées, de tenter de montrer que le nucléaire pouvait être maîtrisé. Depuis 3 ans déjà des travaux de construction d'une nouvelle enceinte de confinement (4) au-dessus de la centrale de Tchernobyl se déroulent en Ukraine car le premier sarcophage se fissure de toute part.

Les fumées de l'incendie actuel remettent en circulation des masses de gaz radioactifs et de particules mortelles qui, inhalées ou ingérées, ont une action destructrice à l’intérieur de l’organisme provoquant, à plus ou moins court terme, des cancers ciblés sur le foie, les poumons et d'autres pathologies cardiaques, intestinales, neurologiques, osseuses. Y compris des malformations sur les bébés à naître et des avortements forcés.

Selon Philippe Renaud, spécialiste de la radioactivité dans l’environnement à l’IRSN : "En France, on peut s'attendre à un triplement de la radioactivité"

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Des mesures préventives à adopter

Dans la situation actuelle, et compte-tenu de la loi du silence imposée par la techno-structure militaro-industrielle nucléaire mondiale et nationale, seules des mesures indépendantes citoyennes peuvent permettre de faire circuler l'information en temps réel et ainsi de prendre les mesures de protection indispensables. Dans l'immédiat il s'agit d'éviter de se promener sous la pluie qui entraîne vers les sols les particules radioactives, de ne pas consommer de légumes à larges feuilles qui présentent plus de surfaces d'exposition aux retombées radioactives, de ne pas consommer de champignons (il vous suffirait aujourd'hui d'ingérer 100 grammes de champignons pour avoir une exposition supérieure à celle d'un pompier ukrainien actuellement en train de circonscrire l'incendie.) et baies des bois qui emmagasinent plus la radioactivité.

Un spot citoyen de mesure de radioactivité est mis en place par le CAN84

Le collectif antinucléaire de Vaucluse a mis en place un spot de surveillance et de mesures, jour et nuit, de la radioactivité au pied du Mont Ventoux. A ce jour (samedi 2 mai 2015) les mesures de radioactivité enregistrées à partir de 2 compteurs geiger : un quartex (Criirad année 1987) et un compteur Gamma-scout* homologué (n° 60986) et calibré en capacité de détecter les ondes alpha-bêta-gamma (tube de mesure à fenêtre Geiger Müller pour rayons alpha-beta-gamma), à options discriminantes par type de rayonnement, par mesures exactes de 0,01 µSv/h à 5.000,00 µSv/h, donnent les mesures journalières "gamma" suivantes (2) :

- 29 avril 2015 : 0,12-0,14 µSv/h (vent sud-sud est) / - 30 avril 2015 : 0,11-0,13 µSv/h (vent sud-sud est) / - 1er mai 2015 : 0,13-0,15 µSv/h (vent sud est) / - 2 mai 2015 : 0,09-0,11 µSv/h (vent sus-sud est) / (3)

Nous invitons les détenteurs de matériel de mesure de radioactivité non-assujettis à l'industrie nucléaire à nous transmettre leur localisation géographique, le type d'appareil et les mesures horaires constatées afin de briser l'omerta du lobby nucléaire et de permettre aux habitants d'agir en toute indépendance pour la sauvegarde de leur santé et de leur vie.

suite des mesures de radioactivité : 3 mai 2015 : 0,12-0,14 µSv/h (vent sud-sud est) / -4 mai 2015 : 0,11-0,16 µSv/h (vent sud est -est) / - 5 mai 2015 : 0,12-0,15 µSv/h (vent sud est -est) - 6 mai 2015 : 0,12-0,19 µSv/h (vent nord - nord est) - 7 mai 2015 : 0,15-0,17 µSv/h (vent nord) - 8 mai 2015 : 0,12-0,15 µSv/h (vent nord-ouest) - suite des mesures ici

__

données techniques : http://www.gamma-scout.com/FR/Technische-Daten.php

(2) nombre d'impulse minute/ micro sievert heure (soit le nombre de désintégration atomique)

(3) le rayonnement radioactif permanent - appelé "bruit de fond" - dans la région du Mont Ventoux se situe, en fonction des conditions climatiques et du régime des vents, entre 0,07µSv/h et 0,14 µSv/h

(4) 180 millions fournis majoritairement par l'Union européenne et les pays du G7, s'ajoutent aux 350 millions d'euros promis en novembre par la Berd. Il manque toujours en réalité 85 millions d’euros dans le budget immédiat, Du fait des nombreux soubresauts politiques en Ukraine et les difficultés techniques sur le terrain, initialement prévue pour 2012, puis pour 2015, l’achèvement de la réalisation de la nouvelle chape est dorénavant prévu pour 2017. Son coût total a également évolué, passant de 1,5 milliard d’euros à 2,1 milliards après une analyse technique menée entre 2013 et 2014,

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 07:28

6/05/2015

Des dauphins échoués au Japon, victimes de Fukushima ?

Dauphins échoués sur une plage au Japon. Photo AFP

Depuis plus d'un mois, de nombreux échouages de dauphins se produisent sur les côtes japonaises, où des centaines de mammifères ont été retrouvés morts.

Près de 160 dauphins d'Electre (Peponocephala electra – espèce menacée de dauphins des eaux tropicales et subtropicales qui évoluent en eau profonde) s'étaient échoués le 10 avril, une plage du Japon, dans la localité d'Hokota, dans la préfecture d'Ibaraki, à 100 kilomètres au nord-est de Tokyo. Les habitants et les garde-côtes avaient tenté de les secourir.


Une centaine de dauphins s'échouent sur une... par lemondefr

Empoisonnement par radiation

Le phénomène inquiète les scientifiques qui ont voulu enquêter pour essayer de l'expliquer. Selon les sites internet Fukushima Diary et Japan Safety, trente chercheurs japonais ont ainsi autopsié 17 de ces animaux retrouvés morts sur une plage non loin du site de la catastrophe nucléaire Fukushima. Les scientifiques du Muséum national des sciences, affirment n'avoir rien vu de pareil : les poumons de ces dauphins étaient blancs, ce qui, selon eux, est une indication du manque de sang acheminé vers les organes, dû à un empoisonnement par radiation.

Les radiations, causes des maladies ischémiques

D'après Yuko Tajima, qui dirige les recherches, "les poumons de la majorité d'entre eux étaient blancs pour cause d'ischémie, une maladie vasculaire qui diminue l'apport sanguin vers un organe. Non traitée, elle peut mener à la mort". La scientifique japonaise ajoute qu'il a été démontré que les radiations ionisantes à petites doses et sous certaines conditions sont considérées comme étant un des mécanismes de base des maladies ischémiques. Les risques de cancer provoqués par les effets des radiations ont été révélés après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, et récemment, on a découvert que le risque de maladie ischémique lié aux radiations serait statistiquement plus grand que le nombre de cancers. En 1990, le ministère de la santé biélorusse avait déjà dévoilé dans un rapport l'aggravation du nombre de personnes affectées par ces maladies: "Le nombre d'adultes atteints par les maladies ischémiques cardiaques est de 2 à 4 fois plus élevé en comparaison avec les années précédentes".

On peut donc s'attendre à ce type de constatations dans la région de Fukushima dans les années à venir.

Cathy Lafon

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