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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 09:21

Publié le 06 août 2015

L'APRES PETROLE

À Bure, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, cela fait vingt ans que les opposants luttent contre le projet Cigéo qui prévoit l’enfouissement profond des déchets nucléaires les plus radioactifs de l'Hexagone. Depuis ce lundi, ils reçoivent le renfort de quelques centaines de militants venus de France et d’Europe. Pendant une semaine, ils sont rassemblés dans un camp, situé sur un terrain privé, à quelques kilomètres du futur centre de stockage. L'objectif : relancer la lutte locale. Reportage.

Des dizaines de tentes colorées ont poussé au milieu des bottes de paille. Et les toits pointus de plusieurs chapiteaux se devinent entre les arbres. Dans le plateau du Barrois, niché entre la Meuse et la Haute-Marne, l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois, un terrain privé de huit hectares acheté par un groupement de militants, a été transformée en lieu de réflexion et d’échanges.

"L’objectif est de trouver tous ensemble des manières de résister à des grands projets d’aménagement du territoire issus du capitalisme et imposés de façon autoritaire", explique Yann, l’un des participants au camp. Parmi ces projets jugés "inutiles", il y a bien sûr l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le barrage de Sivens, le Center Parcs de Roibon, la voie ferrée Lyon-Turin… et aussi le projet Cigéo d’enfouissement profond de déchets nucléaires à Bure, près duquel le camp s'est installé lundi 3 août.

C’est en effet dans ce village de 93 habitants que l’État prévoit de stocker jusqu’à 80 000 m3 de déchets radioactifs ayant une durée de vie estimée entre quelques milliers d’années et plusieurs centaines de milliers d’années. Ces "colis" seront enfouis dans des couches d’argile, à 500 mètres sous terre, pendant au moins 120 ans.

S'ils ne représenteront que 0,2 % du volume des déchets nucléaires produits, ils concentreront 98 % de la radioactivité émise par ces résidus. Actuellement, les déchets radioactifs issus de l'industrie nucléaire sont stockés en surface. Les plus radioactifs d'entre eux se trouvent à La hague, Marcoule et Cadarache.

"C’est parce que ce projet est emblématique du système contre lequel on se mobilise que nous avons choisi de venir à Bure", poursuit John, un autre participant au camp. "Cela fait un an qu’on prépare l’événement avec un collectif de soixante personnes, issues de mobilisations et d’horizons différents, en collaboration avec les associations locales. L’idée était aussi de venir renforcer la lutte locale."

Une lutte qui a commencé il y a plus de vingt ans, en 1994, quand les premières explorations géologiques ont démarré, mais qui s’est quelque peu essoufflée avec les années. En 2000, un laboratoire de recherche a été créé en plein milieu des champs de céréales par l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) afin d'effectuer des tests. Depuis, 1,5 km de galeries souterraines ont été creusées, et un rapport des scientifiques de l’Andra a conclu en 2005 à la possibilité de confiner durablement la radioactivité dans la roche argileuse de Bure.

En juin 2006, le Parlement a voté une loi validant le stockage profond comme solution à la gestion des déchets radioactifs à long terme. Elle autorisait également la poursuite des études à Bure et précisait que le projet développé par l’Andra devrait être réversible. C’est-à-dire qu’il sera possible de revenir sur la décision d’enfouir les déchets et de les récupérer.

Début juillet, coup de théâtre à l'Assemblée. L'amendement Cigéo actant la réversibilité du projet mené à Bure a été adopté dans le cadre de la Loi Macron (article 201), dans un hémicycle désert et avec le recours à l'article 49-3. Auparavant, 28 tentatives - répertoriées par l’association Mirabelle Lorraine Nature environnement, opposée au projet, avaient été menées pour le faire passer.

Les questions sensibles sur la possibilité de récupérer les déchets enfouis, sur le délais, ou le coût d'une telle opération, ont ainsi été évitées. "Toutes ces questions méritaient un vrai débat, qui a été escamoté" a déploré Denis Baupin, député EELV de Paris. Les élus écologistes avaient écrit au Conseil constitutionnel "pour attirer son attention sur les différents points d’inconstitutionnalité que pose cet amendement et sur la manière dont il a été adopté". Les Sages l'ont finalement retoqué dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 août. Un nouveau texte devrait être présenté début 2016.

Mais ce passage en force de l’amendement Cigéo a encore attisé le mécontentement des militants opposés au projet. La coordination Bure Stop dénonce ainsi dans un communiqué un procédé "totalement inféodé au pouvoir des lobbies industriels et terriblement méprisant de l’opinion citoyenne".

Une opinion citoyenne qui a été plusieurs fois interrogée sur le projet Cigéo. "Ce qu’il en est ressorti, c’est que la population est intraitable sur la question de la sûreté. Elle veut être rassurée là-dessus", précise Jean-Paul Baillet, directeur général adjoint de l’Andra et directeur du site. Il précise que personnellement, il préfèrerait vivre près d’un site d’enfouissement de déchets radioactifs que près d’un site Seveso 2.

"Par ailleurs, poursuit-il, la population est également consciente des retombées économiques du projet en termes de création d’emplois et d’investissements dans les infrastructures des communes alentour". Jean-Paul Baillet n’hésite d’ailleurs pas à rappeler que tous les maires favorables au projet ont été réélus aux dernières élections.

Un argument qui fait grincer des dents les militants et notamment Xavier, des Bure-hâleurs, un groupe de musiciens militants. Il est né dans la région et s’est installé depuis quelques semaines devant le laboratoire de l’Andra pour manifester de façon pacifique, banderoles et drapeaux à l’appui : "Ici, il n’y a pas que la perméabilité des sols qui est en cause, il y a aussi la permissivité des gens".

Même constat chez John, participant au camp : "La population est écrasée par le projet avec de l’argent public massivement déversé. C’est pourtant révoltant de transformer la Meuse en poubelle nucléaire sans garantie pour les citoyens. Nous, nous demandons l’arrêt total et immédiat du nucléaire".

Jusqu’au 10 août, des débats sur la lutte de territoires, le nucléaire, les migrants et la répression policière, ou encore sur la conférence climatique de Paris (COP 21) sont organisés sur le camp anticapitaliste et antiautoritaire VMC. VMC pour Vladimir, Martine & Co - ou Vladimir Martynenko -, en hommage au conducteur russe de la déneigeuse qui a provoqué le crash de l’avion du PDG de Total, Christophe De Margerie, et qui est toujours en détention à ce jour. "Nous voulions soutenir cette homme qui paye le prix fort alors qu'il était simplement au mauvais moment, au mauvais endroit."

Pour l’heure, l’Andra continue d’étudier la constructibilité du site. Elle doit démarrer sa phase industrielle pilote en 2025. La mise en route officielle est prévue pour 2030 avec des déchets radioactifs à moyenne activité. Les déchets les plus dangereux ne devraient arriver qu’en 2075. Mais la question du coût, entre 16 et 36 milliards d'euros selon les estimations, n'a pas encore été tranchée.

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 04:05

Référence d'alerte N° 004/2015 du 01 08 2015(Next-up News 2951 France Bulletin Alertes Nucléaires (2)

Période d'alerte :En cours

Zone d'alerte:

-Impacté: environnement vallée du Rhône et Camargue à partir de l'aval de l'embouchure de l'Isère.
- Impactées :Centrales Nucléaires de Cruas-Meysse et Tricastin.

Alerte double
1 - Envasement sédimentaire générant des problèmes de prises d'eau de refroidissement nécessitant la construction d'ouvrage d'amenée d'eau par cavitation manométrique dans le lit du Rhône (Long =100m), des suçages et dragages.
2 - Détection de présence anormale de radionucléïdes artificiels dans l'eau et les sédiments du Rhône.

Origine de l'alerte :

Arrêté Inter-Préfectoral du 24 07 2015 construction épi déflecteur eau Rhône pour refroidissement CN Cruas-Meysse.
- Référé 06 11 2013 Next-up organisation contre ASN contre rejets anormaux Tritium CN Tricastin (confirmation).
- Next-up organisation campagnes carottages 2014 et 2015 Rhône, mise en évidence pollution radioactive.
- IRSN Alerte 2015 radioactivité artificielle Rhône à Arles dont Tritium, Césium 137 et Iode 131 (scrams chroniques)

Effets sanitaires :

1 - Diffusion reportage TV sur les causes et constatations de l’envasement sédimentaire brutal du Rhône à partir de
l'aval de l’embouchure de l’Isère, blocages ou difficultés de la navigation fluviale et des ports, engorgement des écluses,
échouages bateaux de croisières et talonages voiliers.
2 - Diffusion reportage sur les importantes opérations de suçage des sédiments, nécessitant en urgence la mise en
œuvre simultanée de front de plusieurs suceuses pour dégager les prises d’eau de refroidissement des centrales
nucléaires (rejets sédiments).
3 - Diffusion du Compte rendu de la réunion de crise inter-Préfectorales du 16 07 2015 avec toutes les parties
CNR-EDF-DREAL-DDT, etc … Mise en place d’un plan d’urgence d’action de 9 dragues et suceuses.
4 - Diffusion de l’Arrêté Inter-Préfectoral du 25 07 2015 autorisant EDF à construire un important épi déflecteur de
cavitation dans le lit du Rhône nécessaire au refroidissement des réacteurs de la centrale nucléaires de Cruas-Meysse.
Ndlr de Next-up organisation : cette décision prise dans l’urgence sans étude sérieuse d’impact et de modélisation
pourrait s’avérer au final totalement contre-productive, le remède étant peut-être pire que
le mal.
5 - Attente résultats judiciaires de la procédure engagée par la CNR contre EDF concernant les responsabilités.
6 - Diffusion CR de l’Alerte de l’IRSN sur la présence anormale et hors normes de radionucléïdes dans le Rhône à Arles.

Même à de faibles doses, l’exposition aux rayonnements accroît le risque de décès par leucémie chez les travailleurs du nucléaire
vivre-apres-fukushima.fr | 26 juillet 2015
Une étude du Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC)-2015
– D’autres études avaient déjà montré que les leucémies des enfants sont plus nombreuses chez les enfants habitant à proximité des centrales nucléaires.
– L’exposition aux examens radiologiques pour diagnostic médical augmente également le risque de cancer...
la suite : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/meme-a-de-faibles-doses-lexposition-aux-rayonnements-accroit-le-risque-de-deces-par-leucemie-chez-les-travailleurs-du-nucleaire/

70 ans après Hiroshima, la science produira-t-elle de nouveaux « fils de putes » ?

Le Monde.fr | 03.08.2015 à 17h17 • Mis à jour le 03.08.2015 à 17h44

Le 16 juillet 1945, à l’issue du premier tir nucléaire grandeur nature, dit « Trinity », au Nouveau-Mexique, le physicien américain Kenneth Bainbridge, responsable de l’essai, avait déclaré à Robert Oppenheimer, patron du projet Manhattan : « Maintenant nous sommes tous des fils de putes » (« Now we are all sons of bitches »).

Trois semaines plus tard, le 6 août, le bombardier américain Enola Gay larguait la bombe « Little Boy » sur Hiroshima, au Japon, qui tuait 80 000 personnes d’un coup.

Lire nos archives : Le 6 août 1945, les Américains lancent leur première bombe atomique

Alors que le monde commémore soixante-dix ans plus tard ce drame, nous avons interrogé des chercheurs d’aujourd’hui pour savoir s’ils ont le sentiment que leur discipline, ou d’autres, préparent elle aussi des révolutions potentiellement dangereuses pour l’humanité. Et qui, comme le génie du feu atomique, peuvent être difficiles à remettre dans leur boîte.

Pour cela, nous avons adressé un même questionnaire en sept points, à plusieurs scientifiques exerçant dans des domaines variés. Chaque jour de cette semaine, Le Monde vous publiera un de ces entretiens, qui feront également l’objet, sous une forme résumée, d’une double page dans le quotidien du 8 août.

  1. Premier chapitre - Noel Sharkey, spécialiste de l’intelligence artificielle : « Lorsque des machines répondront à des algorithmes secrets, personne ne pourra prédire l’issue d’un conflit »

A venir : Michel Mosca sur l’informatique quantique, Rob Carlson sur les biotechnologies, Emmanuelle Charpentier sur la génétique…

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 11:14

Sécheresse et canicule : le nucléaire fait souffrir les cours d’eau

Cet été, de nombreux départements sont touchés par la sécheresse. Ces épisodes climatiques extrêmes, susceptibles de se multiplier dans les années à venir, aggravent les impacts des centrales nucléaires sur les cours d’eau. Mais pour EDF, les intérêts financiers priment sur la protection des écosystèmes aquatiques.

Des centrales nucléaires gourmandes en eau

Une centrale nucléaire a besoin d’eau en permanence pour évacuer la chaleur produite par la réaction nucléaire, et ce même à l’arrêt.

  • En bord de mer ou sur les cours d’eau à fort débit, les centrales fonctionnent en circuit "ouvert" : chaque réacteur prélève près de 50 m3/seconde pour ses besoins en refroidissement. L’eau est ensuite rejetée à une température plus élevée. C’est le cas, par exemple, à Fessenheim.
  • Sur les cours d’eau où le débit est plus faible, elles fonctionnent en circuit dit "fermé" : chaque réacteur pompe près de 2 à 3 m3/seconde dont une partie est ensuite évaporée dans les tours de refroidissement, formant un panache blanc caractéristique ; le reste est ensuite rejeté. Les deux tiers de l’énergie produite par une centrale sont perdus sous forme de chaleur. Celle-ci sera elle-même évacuée sous forme de vapeur d’eau (qui constitue elle-même un gaz à effet de serre) et/ou viendra réchauffer les cours d’eau [1].

Des dérogations sur mesure pour les étés chauds Le fonctionnement des centrales en été exige donc un débit suffisant. D’où certains arrangements pour conserver suffisamment d’eau dans les fleuves !

  • En cas de sécheresse, on préfèrera vider le lac de Vassivière (Limousin) pour que la Vienne continue à refroidir la centrale de Civaux.
  • Cette question peut même prendre une dimension internationale : en avril 2015, François Hollande a négocié avec la Suisse pour qu’en cas de sécheresse, le débit du Rhône à la sortie du Lac Léman reste suffisant pour refroidir les 14 réacteurs français situés au bord du fleuve !

Surtout, ces rejets d’eau chaude ne font pas le bonheur des milieux aquatiques. En 100 ans, la température du Rhin a augmenté de près de 3°C, notamment à cause de la centrale de Fessenheim. Ces rejets thermiques agissent comme une barrière qui réduit considérablement les chances de survie des poissons grands migrateurs, comme les saumons et truites des mers. Leur impact est d’autant plus important en période de fortes chaleurs, avec des fleuves au débit réduit et à la température en hausse.

La loi fixant des limites au réchauffement des fleuves, EDF peut se voir contrainte de réduire la puissance de certains réacteurs et pourrait théoriquement être conduite à les arrêter en cas de trop forte chaleur. Mais il faut bien faire tourner les climatiseurs, et tout arrêt de réacteur représente un manque à gagner d’un million d’euros par jour pour EDF… si bien que l’électricien n’a jamais cessé d’intervenir pour modifier la législation et obtenir des dérogations !

Ainsi, pendant la canicule de 2003, un grand nombre de centrales ont bénéficié de dérogations successives. Dans les années suivantes, chaque centrale a eu droit à une réglementation ad hoc plus souple, avec par exemple une température limite en aval à ne pas dépasser basée sur une moyenne de 24h. Et si, en cas de "canicule extrême et nécessité publique", les limitations habituelles ne peuvent être respectées, un décret de 2007 autorise à modifier encore les conditions de rejets thermiques ! Les poissons apprécieront...

Une pollution chimique et radioactive accrue en cas de sécheresse

En temps normal, les sites nucléaires sont autorisés à rejeter dans l’eau d’importantes quantités de substances radioactives (tritium, carbone 14... qui s’accumulent dans la végétation aquatique) et surtout chimiques : bore, hydrazine, phosphate, détergents, chlore, ammonium, nitrates, sulfates, sodium, métaux (zinc, cuivre…).. La chaleur favorisant la prolifération des amibes, EDF a tendance à utiliser encore plus de produits chimiques en été, notamment pour éviter que les tours de refroidissement se transforment en foyers de légionellose.

Or lorsque le débit des cours d’eau se réduit, la concentration des substances polluantes augmente. En 2012, des militants ont illustré cette faible dispersion en versant dans la Garonne en étiage bas un colorant qui, faute d’un courant suffisant, se diluait à peine.

Plus de centrales le long d’un fleuve signifie plus de rejets. Le Rhône et la Loire refroidissent respectivement 14 et 12 réacteurs. Selon des études menées par EDF, si plusieurs sites procédaient simultanément à des rejets chimiques en période d’étiage sévère de la Loire, leur impact cumulé serait désastreux pour l’environnement. La législation impose aux centrales situées sur le même bassin versant de se concertent entre elles avant d’effectuer ces rejets… mais les agents de la centrale nucléaire de Belleville (Cher), interrogés en 2014, étaient incapables de dire si et comment EDF mettait en oeuvre cette concertation au niveau local et national [2] !

Certes, en-dessous d’un débit particulièrement bas, les rejets chimiques dans les cours d’eau sont interdits. Ces substances sont alors stockées dans de grands réservoirs en attendant des conditions plus propices. Mais ces stockages précaires ne permettent de tenir que quelques semaines. Bien que la situation ne se soit encore jamais présentée, EDF pourrait être contrainte d’arrêter les centrales si la sécheresse perdure alors que ces réservoirs sont pleins. Dans tous les cas, ces substances seront relarguées plus tard dans l’année. Or un grand nombre de communes prélèvent leur eau potable dans les cours d’eau, comme Agen (Lot-et-Garonne), à seulement 20 km en aval de la centrale nucléaire de Golfech. Et bien des agriculteurs utilisent cette eau polluée pour arroser leurs cultures…

Des nuisances croissantes avec le réchauffement du climat

Le changement climatique promet la multiplication des épisodes extrêmes (notamment sécheresses et canicules) et risque d’aggraver la pression sur les cours d’eau. Plutôt que d’accumuler dérogation sur dérogation au mépris des écosystèmes aquatiques, EDF ferait mieux de se rendre à l’évidence : à terme, bon nombre de centrales ne pourront plus produire d’électricité. Des études prédisent une baisse de débit d’étiage des fleuves de 20 à 40 % d’ici à 2050 [3] , mais il ne sera sans doute pas nécessaire d’attendre cette date ; dès 1995, les commissaires-enquêteurs en charge de l’enquête publique pour la centrale de Civaux avaient émis un avis défavorable, estimant que les rejets prévus n’étaient pas compatibles avec le débit de la Vienne.

Les centrales côtières, quant à elles, seront confrontées à un autre problème : certaines risquent d’être menacées par la montée des eaux, comme Gravelines (construite sur un polder) ou le Blayais (déjà inondée lors de la tempête de 1999).

Loin de constituer un atout dans la lutte contre le changement climatique, dans un monde qui se réchauffe, le nucléaire constitue un risque supplémentaire dont il est urgent de se débarrasser !

Quand il fait chaud, on arrose Fessenheim !

Fin juillet 2003, pendant la canicule, on frôle les 49°C à l’intérieur de la centrale de Fessenheim. Or, pour des raisons de sécurité, la température ne doit pas dépasser 50°C dans le bâtiment abritant le réacteur, pour ne pas fragiliser certains équipements. Plutôt que d’arrêter la centrale, EDF décide « à titre expérimental » de brumiser le toit pendant 4 jours, prélevant plus de 200 000 litres d’eau dans la nappe phréatique en pleine période de restriction de la consommation d’eau !

À lire également :

Henry Chevallier, "Le nucléaire et l’eau", revue "Sortir du nucléaire" n°37, janvier 2008

[1] Par exemple, un réacteur d’une puissance électrique de 800 MW comme ceux de Fessenheim doit évacuer en permanence 2400 à 2500 MW thermiques.

[2] Cette infraction a notamment fait l’objet d’une plainte en justice

[3] Lire l’article de Sciences et Avenir de juillet 2015 : Fleuves à sec, centrales assoiffées

-Point sur les normes maximales admissibles de contamination radioactive dans les aliments (NMA) en cas de catastrophe nucléaire",de la CRIIRAD.

Cher signataire de la pétition,

Dans le cadre du projet de refonte du règlement Européen sur les normes maximales admissibles de contamination radioactive dans les aliments (NMA) en cas de catastrophe nucléaire, la CRIIRAD a conçu trois amendements qui ont été débattus le 9 Juillet au matin par les Eurodéputés, ceux-ci ayant ensuite procédé à leur vote.

La mobilisation a porté ses premiers fruits, puisque notre proposition relative aux aliments de « moindre importance » a été adopté. Nous vous remercions chaleureusement pour votre soutien qui a fortement contribué à ce résultat !

Mais les deux autres votes sont décevants car les amendements concernant la réduction par 10 du niveau de contamination dans les aliments et par 100 dans l’eau de consommation ont été rejetés.

Certains députés, comme madame Griesbeck du groupe ALDE, nous ont expliqué les raisons de leur vote et nous avons répondu à leurs arguments (voir notre site, ou le lien http://www.criirad.org/aliments-nma-accidentnucleaire/2015-07-24_reponse-a-griesbecb.pdf ). Nous espérons que d’autres auront la même démarche.

Le vote du Parlement Européen ne constituait qu’une étape. Le Conseil de l’Union est maintenant susceptible de tout remettre en cause, en tenant compte ou pas des résultats du vote du 9 juillet.

Il est par conséquent primordial non seulement de poursuivre ensemble la mobilisation, car nous en avons vu l’efficacité, mais de l’étendre et la faire connaître dans tous les pays européens !

Vous pouvez nous aider de plusieurs manières :

  • Si vous souhaitez distribuer la pétition plus largement sur des salons ou dans tout autre lieu, nous pouvons vous adresser une version imprimable de la pétition.
  • Plusieurs d’entre vous ont déjà proposé de collaborer au travail de traduction. Certains textes existent maintenant en Allemand, Anglais, Catalan, Espagnol, Portugais et sont en ligne. Des propositions de traduction en Danois, Suédois, Néerlandais et Polonais et en Esperanto nous sont parvenues. Mais il nous manque toujours une solution pour les autres langues : Finnois, Grec, Hongrois, Norvégien, Roumain, Slovaque, Tchèque etc… Nous réitérons donc notre appel à compétence pour toutes ces langues.
  • Nous avons besoin d’identifier les associations de tous les pays Européens qui militent dans le domaine de l’alimentation, de l’environnement et de la santé. Merci de nous mettre en relation si vous disposez de tels contact, ou de leur faire passer l’information et en leur demandant de la relayer.

A bientôt donc pour de nouvelles informations, notamment pour vous informer des prochaines échéances.

Nous comptons bien évidement à nouveau sur votre soutien dans cette nouvelle phase !

Bien cordialement,

Sécheresse: les arbres en perdent l’appétit du CO2

Le 31 juillet 2015 par Romain Loury

Sites & Sols

Les arbres mettent de 2 à 4 ans à récupérer d’une sécheresse, révèle une étude américaine publiée jeudi 30 juillet dans Science. Peu pris en compte par les modèles climatiques, ce phénomène pourrait diminuer les capacités de stockage du carbone, renforçant ainsi le réchauffement climatique.

Conséquence directe du réchauffement, les sécheresses devraient devenir plus fréquentes au cours du XXIe siècle. Parmi ses premières victimes, les arbres: en Californie, qui traverse sa 4e année consécutive de sécheresse, 12,5 millions d’entre eux sont morts en 2014. Même situation en Amazonie, où l’on observe depuis 2000 une baisse de l’indice de végétation sur plus de deux tiers de sa surface.

Or même chez les arbres qui ne meurent pas, la sécheresse entraîne un fort ralentissement de la croissance dans les années qui suivent. Déjà observé sur quelques espèces, notamment suite à la canicule européenne de 2003, le phénomène concerne l’ensemble du globe, comme le révèle une étude menée par l’équipe de Stephen Pacala, de l’université de Princeton (New Jersey).

-9% la première année post-sécheresse

A l’aide d’une base de données regroupant des mesures de cernes d’arbres, l’International Tree Ring Data Bank, les chercheurs ont analysé la croissance des arbres de 1.338 sites de l’hémisphère nord, afin d’estimer l’effet de la sécheresse dans les années qui suivent. Résultat, les arbres mettent de 2 à 4 ans à retrouver leur rythme de croisière. Leur croissance est diminuée de 9% la première année, de 5% pendant la deuxième année.

Il ne s’agit là que d’une moyenne: dans de rares cas, notamment certaines régions du bassin méditerranéen et de Californie, les arbres sont au contraire stimulés au cours des années qui suivent une sécheresse. Pour les autres zones, c’est dans les régions déjà arides que l’effet de la sécheresse se prolonge le plus, là où les arbres sont déjà soumis à un fort stress hydrique.

Comment expliquer ces effets retardés? Selon les chercheurs, elle pourrait engendrer une perte des feuilles et/ou des réserves en sucres, voire les rendre plus vulnérables aux organismes pathogènes. Autre possibilité, elle endommagerait le système vasculaire de l’arbre, qui rencontrerait des difficultés à faire circuler l’eau une fois celle-ci revenue.

Entre deux sécheresses, des arbres à la peine

Peu pris en compte par les modèles climatiques, cet effet serait loin d’être négligeable. D’après les calculs effectués par les chercheurs, il équivaudrait, pour les forêts du sud-ouest des Etats-Unis, à une baisse de 3% des capacités de stockage de carbone sur un siècle. Soit l’équivalent d’un quart des émissions annuelles des Etats-Unis.

«Le fait que les températures continuent à augmenter suggère que l’ouest des Etats-Unis va connaître des sécheresses de plus en plus fréquentes et sévères, réduisant fortement la capacité des forêts à pomper du carbone de l’atmosphère (…) Et si les forêts ne sont plus aussi efficaces pour utiliser le CO2, les changements climatiques pourraient s’accélérer», explique William Anderegg, co-auteur de l’étude.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 08:29

« La Commission des Finances de l'Assemblée

Le "Grand carénage" d'EDF est du bidon. La preuve par Cruas

Par admin le mercredi 22 juillet 2015, 12:45 - National

Annoncé à grand renfort de propagande, le "Grand Carénage" des centrales atomiques d'EDF devait assurer la poursuite des réacteurs pour dix ans de plus. Pour quelques milliards d'euros par tête de pipe on allait voir ce qu'on allait voir. Las! Le "GC" du réacteur nucléaire n°4 de Cruas en Ardèche tourne au fiasco après son deuxième arrêt en urgence quelques mois seulement après son redémarrage.

__

C'était dans la poche, c'était du tout cuit. Tout avait été cogité et pensé, bien planifié et bien maîtrisé. On jouait sur du velours. Déjà dans les hautes sphères on se frottait les mains, salivant à l'idée qu'en changeant de la tuyauterie et la plupart des pièces d'un réacteur nucléaire - à l'exception tout de même de la pièce principale, la cuve, et de l'enceinte de confinement garante d'une sécurité aléatoire qui elles ne sont pas changeables - on prolongeait encore de dix années chaque réacteur délabré et en fin de vie. Et on produisait produisait produisait encore et toujours plus de kwh nucléaires, de profits et de déchets mortels. Tout en empêchant le développement conséquent d'autres sources d'énergies. Il faut bien faire la bombe.

On avait réussi à vendre cette fable aussi bien au gouvernement qu'à l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et ça faisait plaisir à voir ou bien froid dans le dos, c'est selon, tous ces sourires goguenards des confrères nucléaristes dominants. Pour quelques milliards d'euros - la plupart empruntés car à EDF on est au bord de l'asphyxie financière tout de même - Rossinante devenait un pur-sang.

Pourtant ces travaux ne pourront jamais répondre au délabrement des centrales atomiques.

Faire tourner les réacteurs nucléaires pour trente années de plus : démoniaque !

Les réacteurs nucléaires qui auraient du être mis au rebut déjà au terme des 25 ans initiaux (soit pour les premiers autour de 2005) mais qui avaient déjà été prolongés à 30 ans, non sans risques et incidents à répétition mais pour leur amortissement financier, retrouvaient sur le papier une jeunesse à faire pâlir le moindre Tepco nippon.

Las! le sacro-saint "retour d'expérience" commence à virer au fiasco. Et le rêve de faire turbiner chaque réacteur pour trente années supplémentaires s'envole. Notamment celui du Directeur Délégué à la Production Ingénierie du groupe EDF (par ailleurs Président de la courroie de transmission SFEN) qui présentait récemment devant une commission d'enquête parlementaire le « Grand Carénage » en affirmant aux élus : " Des investissements sont donc nécessaires autour de trente ans. Une fois réalisés, ils permettent de fonctionner techniquement pendant environ trente nouvelles années ". Sans évidemment demander l'avis aux français s'ils veulent poursuivre dans la voie suicidaire du nucléaire.

Loin de la coupe aux lèvres.

Générateurs de vapeur, turbines, transformateurs, échangeurs, etc..., ce sont plusieurs éléments et pièces qui sont donc en cours de remplacement sur de premiers réacteurs en déliquescence et mis à l'arrêt. Celui de Cruas (1) en Ardèche, le n° 4 connecté au réseau le 1er octobre 1984, est un pionnier en la matière et mal lui en a pris. Il est bien loin de ce qu'affirmait EDF devant les parlementaires : « D'un point de vue technique, j'ai confiance que 100 % de nos réacteurs peuvent aller jusqu'à 60 ans » (Dominique Minière, Directeur Délégué à la Production Ingénierie du groupe EDF).

Commencé en mars 2014 le "carénage"de Cruas s'est achevé fin juin 2014 soit en à peine 4 mois. Rapide, trop rapide techniquement et humainement selon les spécialistes. Et mauvais, très mauvais pour la balance commerciale et "l'indépendance" du pays car l'essentiel des grosses pièces, les Générateurs de vapeur, proviennent... du Japon et sont fabriqués par Mitsubishi à Kobe. Les GV pèsent 300 tonnes et mesurent plus de 20 mètres de long chacun. Rien que pour le réacteur n°4 la facture voisine les 140 M€. EDF a fait le choix de se fournir au Japon, peu rassuré, après les défauts rencontrés pour l'EPR de Flamanville, sur les fabrications françaises notamment d'Areva.

Et la roulette-russe atomique du grand rafistolage commence ...

Augmentation dangereuse de la température. Le 17 juin 2014, suite à un arrêt qualifié de "maintenance et rechargement" du réacteur n°4, pour une modification du circuit d’alimentation de secours des générateurs de vapeur, on constate qu'un ventilateur du système de ventilation des locaux électriques tourne à l’envers rendant indisponible différents systèmes importants pour la sûreté, dont le système de ventilation. Une augmentation dangereuse de la température se produit. (7)

Arrêt d'urgence du réacteur. Le 28 juin 2014, alors que redémarrait le réacteur n°4 suite à un arrêt qualifié encore une fois de "maintenance et rechargement" , un défaut électrique lors de la réalisation d’un essai périodique déclenche par erreur le circuit d'injection de sécurité (servant au refroidissement du cœur du réacteur) ce qui entraîne l'arrêt en urgence du réacteur.(6)

Défaillance simultanée de plusieurs capteurs de mesure de pression au niveau de la turbine. Le 4 août 2014, après le redémarrage du réacteur 4 suite à un arrêt qualifié encore une fois de "maintenance et rechargement" des produits de fission nucléaire, les gaines des crayons radioactifs situés dans le cœur du réacteur, qui constituent la première barrière de confinement entre les produits radioactifs et l’environnement, sont menacées. Des défaillances simultanées de plusieurs capteurs de mesure de pression de la turbine entraînent une sur-augmentation en flèche de la puissance du réacteur. C'est l'emballement. Alors que les essais préalables ne sont pas terminés la puissance nominale de fonctionnement du réacteur dépasse ses 90% (5). Cet "incident" été classé au niveau 1 sur l'échelle INES.

Circuit défaillant de contournement de la turbine. Quelques mois plus tard, le 25 novembre 2014, la sûreté de l'installation est menacée. Cette fois-ci par l’indisponibilité partielle du circuit de contournement de la turbine du réacteur n°4. Ce circuit de contournement permet de limiter la pression dans le circuit secondaire et de contrôler le refroidissement du circuit primaire en rejetant la vapeur directement dans l’atmosphère. (4) Cet "incident" est classé au niveau 1 sur l'échelle INES.

Coupure intempestive de l'alimentation des systèmes de sauvegarde. Le 30 mars 2015 pendant 3 heures les systèmes de sauvegarde du réacteur n°4, utilisés en cas d’incident ou d’accident pour refroidir le cœur du réacteur, ne sont plus alimenté que par une seule source électrique. A partir de 23h et jusqu'au petit matin, EDF n'est plus capable de rétablir l’alimentation via le réseau électrique national. (3) Cet "incident" a été classé au niveau 1 sur l'échelle INES.

Samedi 18 juillet 2015, vers 19 heures, c'est à nouveau la mise à l’arrêt du réacteur atomique n°4. EDF ne laisse rien filtrer et tente de rassurer « Cet arrêt, de courte durée, est programmé afin de réaliser des interventions sur différents matériels situés en salle des machines » (11). Plus vague que cela, tu meurs et, au passage, le nucléariste s'assoie allègrement sur la loi TSN (Transparence et Sécurité du Nucléaire) qui stipule que "Toute personne a le droit, dans les conditions définies par la présente loi et les décrets pris pour son application, d'être informée sur les risques liés aux activités nucléaires et leur impact sur la santé et la sécurité des personnes ainsi que sur l'environnement, et sur les rejets d'effluents des installations" . A noter que le réacteur n°1 est lui aussi en arrêt "programmé" pour ... des opérations de maintenance.

Après le grand-carénage/rafistolage du réacteur n°4 : l'ASN se sent un peu grugée et panique

L'avis de l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) est tranchant. Tirant le bilan de l'année écoulée (2014), elle constate que "le site devra ... progresser en matière de préparation des interventions de maintenance et de maîtrise des "non-qualités" de maintenance. ("non-qualités" : terme pudique des nucléocrates pour désigner les défauts, manquements, failles, erreurs et autres défaillances mettant en danger la centrale atomique, les salariés , la population voisine et les territoires alentours). L’ASN a également relevé des écarts en matière de surveillance des activités confiées à des intervenants extérieurs."

Et de préciser qu'on est bien loin à Cruas de l'idyllique paradis atomiste vanté par les élites : " En matière de protection de l’environnement, l’ASN considère que la centrale nucléaire de Cruas-Meysse est en retrait par rapport à l’appréciation générale portée sur EDF. L’ASN constate que l’année 2014 a révélé des lacunes en matière de rigueur, aussi bien dans la gestion des déchets, l’exploitation des aires d'entreposage que dans la gestion des rejets. Ceci s’est notamment matérialisé par la déclaration d’environ trois fois plus d’événements significatifs pour l’environnement que les précédentes années. Le site devra porter ses efforts sur la culture environnementale de ses équipes et sur le respect des exigences réglementaires associées. Enfin, la gestion insatisfaisante des déchets dans l’installation grève également la prévention du risque d’incendie du fait d’une gestion inadéquate des charges calorifiques." (2)

Comme par exemple ce 11 mars 2014, l'ouverture intempestive de la porte d'accès au "puit de cuve" du réacteur n°4. Là, comme d'habitude, l’accès au local « puits de cuve » qui présente potentiellement un haut niveau d'irradiation doit, pour des raisons impérieuse de sûreté, être fermé lorsque la température du circuit primaire de refroidissement est supérieure à 90°C. Mal en a pris aux prestataires extérieurs qui devaient effectuer un contrôle télévisuel : l’accès au puits de cuve a été ouvert de 13h30 à 16h alors que la température n'était pas redescendue sous la barre des 90°. Cet "incident" est, lui aussi, classé au niveau 1 sur l'échelle INES.(8)

Les autres réacteurs n°1,2 et 3 de la centrale atomique de Cruas (notre photo : état délabré de l'enceinte de confinement du réacteur n°2 de Cruas) n'ont pas été en reste en matière d'incident à risques pour la sécurité du site nucléaire et des territoires alentours. (9) Toutes les personnes qui passent dans les environs de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse peuvent se rendre immédiatement compte de l’état de fonctionnement de la centrale nucléaire par rapport aux comparatifs des panaches des tours de refroidissement. (Un reportage filmé vient d'être réalisé dans des conditions difficiles et est accessible aux seuls abonnés de NU-organisaton; il devrait être prochainement libéré en consultation libre. )

Afin, une fois encore, de minorer les coûts d'entretien classique et de ce grand rafistolage, EDF met la pression sur les délais de réalisation. Il faut faire vite car chaque jour d'arrêt de tranche coûte... un million d'euros ! Et en faisant appel à la sous-traitance plus malléable et moins bien formée, comme le dénonçait déjà en son temps la Fédération CGT de l'énergie : "voilà plus de 10 ans que la Division de la Production Nucléaire (DPN) a fait le choix d’externaliser la maintenance des arrêts de tranche à hauteur de 80 %... sans se préoccuper des conséquences ni sur la vie des personnels ni sur l’état réel de l’outil de production ". (10)

A telle enseigne que l'ASN précise et dénonce une situation inadmissible et dangereuse sur 2014 : " le site continue de présenter des fragilités en matière d’accès des travailleurs dans les zones présentant de forts enjeux dosimétriques. Par ailleurs l’ASN considère que le niveau de propreté radiologique n’a pas été satisfaisant lors de la visite décennale du réacteur 3. Du point de vue de l’hygiène et sécurité au travail, l’ASN constate qu’après des résultats encourageants en début d’année en matière d’accidents du travail, le taux de fréquence et le taux de gravité se sont dégradés à partir de l’été."

Grand rafistolage : de Charybde en Scylla pour quelques milliards d'euros de plus

Ainsi les réacteurs nucléaires rafistolés ne connaîtront véritablement aucune amélioration de leur sûreté car face au processus de destruction de l'atome aucune sécurisation technique ne peut exister. Conclusion : des sommes colossales auront été gaspillées en vain, le prix du kwh d'électricité nucléaire continuera de grimper (EDF demande au gouvernement une augmentation des tarifs de 50%) , les souffrances humaines s'aggraveront, de nouvelles contaminations quotidiennes atteindront la population et les terres cultivables, un accident majeur liquidera tout avenir.

En projetant la réalité de l'écart de coût subit par l'EPR de Flamanville (prévisionnel x3) le coût prévisionnel du "grand carénage" annoncé par les spécialistes d'EDF à hauteur de 55 milliards d'ici 2025 risque fort de voisiner les ... 150 milliards. A ce jour la Cour des comptes table déjà sur le double de ce qu'a annoncé EDF soit 110 milliards.

Il fallait s'y attendre : dans "grand carénage" il y a carénage, un terme emprunté à la marine. Histoire de prévenir que tout le monde serait mené en bateau.

__

photos DR et nextup organisation

(1) La centrale atomique de Cruas comporte 4 réacteurs à eau sous pression d'une puissance de 900 Mwe chacun. Les réacteurs n°1 et 2 constituent l'installation nucléaire de base (INB) n°111, les réacteurs n°3 et 4 constituent l'installation nucléaire de base (INB) n°112.

(2) http://www.asn.fr/L-ASN/ASN-en-region/Division-de-Lyon/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Cruas-Meysse

(3) http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Double-alimentation-electrique-permanente-des-systemes-de-sauvegarde-du-reacteur-n-4

(4) http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-partielle-du-circuit-de-contournement-de-la-turbine

(5) http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Depassement-du-gradient-de-montee-en-puissance-du-reacteur-4

(6) http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-d-une-conduite-a-tenir-prevue-par-les-specifications-techniques-d-exploitation

(7) http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-d-une-mesure-compensatoire-prevue-par-un-accord-de-l-ASN

(8) http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Ouverture-de-la-porte-d-acces-au-puits-de-cuve

(9) http://www.asn.fr/L-ASN/ASN-en-region/Division-de-Lyon/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Cruas-Meysse/%28rub%29/103392

(10) Les sous-traitants de l’industrie nucléaire subissent 80 % de l’exposition à la radioactivité sans suivi médical adéquat. Ils dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et cadences insoutenables qu’ils subissent ainsi que la mie en cause de la sécurité.

(11) http://www.ledauphine.com/ardeche/2015/07/20/centrale-nucleaire-l-unite-n-4-en-arret-programme

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 05:07

La Commission des Finances de l'Assemblée Nationale dresse un bilan catastrophique de Areva. La CAN-SE publie la vidéo des débats internes.

mercredi 15 juillet 2015, 10:50 - National

C'est un amoncellement de gabegie financière, technique, technologique, commerciale, organisationnelle, prospective que la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale, réunie le 8 juillet, vient de révéler dans un rapport. Il confirme en tout point qu'il faut mettre un terme immédiat au nucléaire et ne plus s'entêter avec cette industrie mortifère. La Coordination antinucléaire du sud-est met en ligne la vidéo des débats internes à la Commission.

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L'industrie du nucléaire est dans le rouge, mais ses ravages s'accroissent

dimanche 12 juillet 2015, 18:28 - Savoir et Comprendre

Non seulement les victimes de la barbarie nucléaire sont beaucoup plus nombreuses qu’officiellement reconnues, mais en plus la descendance des victimes est cruellement touchée. Et l'humanité, ou ce qu'il en restera, aura à en gérer les séquelles pendant des dizaines de millénaires...

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ASTRID les années 2015-20 sont décisives, ne laissons pas faire ça ! (mise à jour juillet 2015)

samedi 11 juillet 2015, 23:55 - Marcoule

La construction à Marcoule (vallée du Rhône-Gard) du réacteur Astrid se prépare discrètement, même s’il prend du retard. Pour l’instant le budget pour l’étude préliminaire est assuré jusqu’en 2015, l’Avant Projet Détaillé (APD) est programmé de 2016 à 2019 pour aboutir à une décision de construction, mais pour l’instant sans financement pour cette étude. Gageons que les nucléocrates du CEA saurons imposer la décision de poursuivre dans cette voie si nous n’y prenons pas garde.

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EDF menace l'Etat Belge si il révèle l'accord secret de la prolongation des réacteurs nucléaires du pays. La CAN-SE publie l'accord secret.

samedi 11 juillet 2015, 06:00 - International

La dictature nucléariste contre les peuples et la démocratie s'étale au grand jour. EDF, co-actionnaire avec GDF-Suez (devenu Engie) du réacteur nucléaire de Thiange 1, exploité par Electrabel, menace la Belgique et les parlementaires si ils divulguent un accord secret passé pour prolonger au-delà de l'admissible la durée de vie du réacteur nucléaire. La France a-t-elle aussi signé de tels accords, secrets ou pas, sur le dos du peuple et du pays ? Que les bouches s'ouvrent ! Nous publions l'accord secret .

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Déchets nucléaires mortels : introduits dans la "loi Macron" et passés en force par la procédure du 49-3

vendredi 10 juillet 2015, 10:30 - National

Après plusieurs tentatives tordues pour valider l'enfouissement des déchets nucléaires mortels produits jour et nuit par l'industrie de la destruction atomique, le gouvernement et des élus l'imposent par la procédure du 49-3 dans la loi du banquier "Macron". Un coup de force contre les générations futures qui illustre le noyautage des institutions par le lobby nucléaire et la complicité des élus.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 11:18

08h47 15 juil. 2015

Droit nucléaire : l’amendement Cigéo et la Charte de l’environnement

L’insertion d’un amendement dit « Cigéo » au sein de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a suscité une vive controverse. L’occasion d’examiner quel est le contenu exact de cet amendement qui tend à permettre la mise en service du centre de stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde, à Bure. Car le droit nucléaire pose de nouveau la question du sens et de la portée du droit des générations futures, consacré par la Charte de l'environnement. Un enjeu important pour l'évolution du droit de l'environnement.

Au terme de l’examen en lecture définitive à l’Assemblée nationale, du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, le député François Brottes a introduit un amendement dit « Cigéo », du nom du projet tiré de l’acronyme « centre industriel de stockage géologique ». Cet amendement a vocation, principalement, à permettre la mise en service industrielle du centre de stockage de déchets radioactifs en couche géologique, à Bure. (Meuse/Haute-Marne).

Cet amendement n’a pas été réellement discuté puisque le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur le texte par application de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Le texte a donc été adopté sans débat en séance publique. Et ce, alors même que ce qu’il est convenu d’appeler « l’amendement Cigéo » aurait sans doute mérité un débat parlementaire approfondi.

La demande d’autorisation de création du centre de stockage sera instruite en 2017. Pour mémoire, l’article 3 de la loi n° 2006-739 du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs prévoyait que la demande d’autorisation de création du centre de stockage de Bure devait être instruite en 2015 :

« 2° Le stockage réversible en couche géologique profonde. Les études et recherches correspondantes sont conduites en vue de choisir un site et de concevoir un centre de stockage de sorte que, au vu des résultats des études conduites, la demande de son autorisation prévue à l'article L. 542-10-1 du code de l'environnement puisse être instruite en 2015 et, sous réserve de cette autorisation, le centre mis en exploitation en 2025 ; »

Or, ce calendrier ne peut plus être respecté. L’article 201 de la loi « Macron », dans sa rédaction issue de l’amendement Cigéo reporte donc cette procédure d’instruction de 2015 à 2017.

Le principe de réversibilité du stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde. La disposition la plus importante de l’article 201 de la loi Macron est sans aucun doute celle qui comporte la définition du principe de réversibilité du stockage en couche géologique profonde. L’article 12 de la loi n° 2006-739 du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs avait créé, au sein du code de l’environnement, un article L.541-10-2 lequel détaille les conditions requises pour l’autorisation de création d’un centre de stockage souterrain dont la suivante :

« le Gouvernement présente ensuite un projet de loi fixant les conditions de réversibilité »

La définition des conditions de réversibilité du stockage restait donc à faire pour permettre l’engagement de la procédure d’autorisation. C’est précisément l’objet de l’amendement Cigéo. A sa suite, la loi « Macron » augmente l’article L.541-10-2 du code de l’environnement des dispositions suivantes, destinées à définir le principe de réversibilité.

La réversibilité est désormais définie de la manière suivante :

« La réversibilité est la capacité, pour les générations successives, à revenir sur des décisions prises lors de la mise en oeuvre progressive d’un système de stockage. La réversibilité doit permettre de garantir la possibilité de récupérer des colis de déchets déjà stockés pendant une période donnée et d’adapter l’installation initialement conçue en fonction de choix futurs. »

Il s’agit d’une définition « en entonnoir », la première phrase étant bien plus ambitieuse que la deuxième. Aux termes de la première, la réversibilité s’applique à toute décision relative au stockage. Aux termes de la deuxième, la réversibilité suppose uniquement la récupération des colis de déchets « pendant une période donnée » et l’adaptation de de l’installation. Mais l’installation elle-même n’est donc plus réversible. L’existence même du centre de stockage est conçue de manière définitive et non réversible.

Surtout, il faut prêter une grande attention aux termes « pendant une période donnée ». Non seulement le législateur ne définit pas cette période et confie ainsi le soin de le faire au pouvoir réglementaire mais, de plus, elle signifie que l’Etat accepte l’hypothèse que des colis de déchets ne puissent être récupérés.

L’article L.541-10-2 ainsi modifié par l’article 201 de la loi « Macron » précise ensuite que des « revues de la mise en œuvre du principe de réversibilité » seront organisées « au moins tous les dix ans » :

« Le caractère réversible d’un stockage en couche géologique profonde doit être assuré dans le respect de la protection des intérêts mentionnés à l’article L. 593-1. Des revues de la mise en œuvre du principe de réversibilité dans un stockage en couche géologique profonde sont organisées au moins tous les dix ans. »

Enfin, l’article L.541-10-2 précité organise une « phase industrielle pilote » :

« L’exploitation du centre débute par une phase industrielle pilote permettant de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l’installation, notamment par un programme d’essais in situ. Tous les colis de déchets doivent rester aisément récupérables durant cette phase. La phase industrielle pilote comprend des essais de récupération de colis de déchets. »

Le principe de réversibilité du stockage de déchets radioactifs ne s’applique donc pas à l’existence même du centre de stockage et se traduira, d’une part par une revue décennale, d’autre part par une phase industrielle pilote. Cette dernière est destinée à produire des informations que n’importe quel exploitant d’une ICPE aurait été contraint de fournir avant même de demander l’autorisation d’exploiter son installation. Le droit nucléaire, qui ne cesse de déroger au droit de l’environnement, permet ici cette production d’information après l’autorisation de création.

L’enjeu du droit des générations futures. L’objet de la présente note n’est pas l’historique ni l’exégèse de ce droit mais il convient de souligner que le droit des générations futures est déjà mentionné à l’article 28 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 :

« Article 28. - Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures. »

Par ailleurs, dans notre bloc de constitutionnalité actuel, la Charte de l’environnement du 1er mars 2005 précise :

« Qu'afin d'assurer un développement durable, les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins, »

En France, c’est sans doute le droit nucléaire qui a été le premier confronté à la problématique de la conciliation entre le droit des générations futures et l’activité de stockage de déchets radioactifs.

S’agissant de cette activité, la question se pose donc de savoir si cette activité est conforme aux droits des générations futures ou si, à l’inverse, revient à leur imposer une contrainte – le financement et la prise en charge des risques liés à ces déchets – pour les besoins d’une production d’électricité dont profite la génération actuelle.

En réponse, l’article 1er de la loi n° 91-1381 du 30 décembre 1991 relative aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs, dispose :

« La gestion des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue doit être assurée dans le respect de la protection de la nature, de l'environnement et de la santé, en prenant en considération les droits des générations futures. »

Le droit nucléaire prévoit donc de « prendre en considération » les « droits des générations futures » sans préciser ce que cela suppose exactement.

L’amendement Cigéo défendu par François Brottes tente de « renverser » le débat. L’exposé des motifs de cet amendement indique en effet : « La responsabilité de la Nation est de trouver une solution pérenne de gestion des déchets hautement radioactifs, sans quoi nous hypothéquerions l’avenir des générations futures ». Ainsi, la création du centre de stockage de Bure ne serait pas contraire mais conforme au droit des générations futures car il serait irresponsable de leur déléguer le soin de trouver une solution pour le stockage de ces déchets.

L’argument est contestable. Car l’amendement Cigéo permet la création d’une activité industrielle sans disposer dès à présent des données requises sur sa sûreté et son coût, ce qui ne paraît pas très conforme au principe responsabilité. Une analyse que partage le Gouvernement puisqu’une phase industrielle pilote est créée, précisément, pour réunir ces données. Surtout, le Gouvernement avait dénoncé le dépôt, non pas simplement d'un amendement mais d'un projet de loi. En commission spéciale, le député Arnaud Leroy a d'ailleur pu rappeler qu'il serait préférable d'examiner le dossier du stockage des déchets radioactifs au moyen d'une proposition ou d'un projet de loi.

L’enjeu de la participation du public. L’amendement Cigeo réduit les hypothèses de participation du public.

En premier lieu, l’article 201 de la loi « Macron » rend inutile l’organisation d’un nouveau débat public par la commission nationale du débat public. Il modifie en effet l’article L.541-10-2 du code de l’environnement de manière à ne pas imposer de débat public en cas d’autorisation nouvelle (rendue nécessaire par une modification notable par exemple). Dans le même sens, il permet à l’enquête publique d’être organisée non plus cinq ans comme c’est la règle pour toutes les autres activités industrielles mais dix ans après la tenue du débat public.

En deuxième lieu, l’article 201 précité soumet la création du centre de stockage à une procédure assez originale. En effet, la lecture du compte rendu des débats de la réunion du 9 juillet 2015 de la commission spéciale de l’Assemblée nationale révèle que des données importantes comme le coût du stockage des déchets sont encore manquantes.

Ainsi le président Brottes a pu déclarer :

« En d’autres termes, nous prévoyons une phase industrielle pilote afin de progresser par étapes et exigeons la possibilité de récupérer les déchets par cycles de dix ans. Nous proposons ainsi une sorte de cahier des charges qui nous permettra d’évaluer le coût de ce stockage. Si, après le travail de l’ASN, cette approche s’avère ne pas être la bonne, la phase pilote nous permettra de trancher. »

Or, une fois terminée la phase industrielle pilote, le centre sera déjà autorisé de telle sorte que le public ne sera pas consulté de nouveau.

Lors de la réunion du 9 juillet 2015, le président Brottes a également pu déclarer :

« Par ailleurs, ils [les amendements] prévoient une phase industrielle pilote qui permettra de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l’installation. Il s’agit donc bien d’une démarche progressive, qui se nourrira des observations de l’ASN. Nous ne prétendons pas avoir trouvé le Graal. Nous définissons un cadre, l’exigence de récupération de colis – qui a des conséquences sur le coût de la phase pilote –, et une phase pilote destinée à en mesurer les effets réels en matière de sûreté et de coût. Il s’agit donc de franchir une étape dans une démarche pragmatique, et non de prendre une décision définitive ».

Il est donc acquis que ce n’est après création du centre et après organisation d’une phase industrielle pilote que les « les effets réels en matière de sûreté et de coût » seront connus. Il est donc à craindre que l’information délivrée au public lors de l’enquête publique préalable à l’autorisation de création du centre soit particulièrement lacunaire et fondée sur des hypothèses. Ce qui n’apparaît pas conforme aux exigences de participation du public définies à l’article 7 de la Charte de l’environnement.

Arnaud Gossement

Selarl Gossement Avocats

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 09:34


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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 08:29

Sur le vif

Par Denis Sieffert - Suivre sur twitter - 14 juillet 2015

La perle de François Hollande

On attendait François Hollande sur la Grèce, mais c’est à propos de l’accord sur le nucléaire iranien que le Président a eu la sortie la plus inattendue, dans ce très insipide entretien du 14-Juillet conduit par Claire Chazal et David Pujadas. Une vraie perle en réalité. Voulant justifier l’interdiction faite à l’Iran de posséder la bombe, il a mis en garde contre les risques de « prolifération ». « Si l’Iran a la bombe, a-t-il dit, l’Arabie saoudite et Israël voudront la bombe… » Feignant d’ignorer qu’Israël possède déjà plusieurs centaines de têtes nucléaires.

Comme on pouvait le prévoir, François Hollande ne s’est pas privé de faire valoir son bilan dans le dossier grec. « Je ne dis pas que c’est la France qui a gagné », a-t-il dit. Mais, visiblement, il le pense très fort… Sur le fond, il s’en est tenu à une langue de bois impeccable. Non, la Grèce n’a pas été humiliée, « l’humiliation aurait été que la Grèce soit licenciée » de la zone euro. Et non, le couple franco-allemand n’a pas été « affaibli ». On aura tout de même compris sur qui la France a fait pression à Bruxelles. « J’ai dit à Alexis Tsipras : "Aide-moi à t’aider." » Mais rien sur le contenu d’un « accord » qui dépouille pourtant la Grèce économiquement et politiquement.

Pour le reste, rien de neuf. Il sera candidat en 2017 s’il inverse la courbe du chômage. Sans que l’on sache très bien s’il s’agit de la baisse réelle du chômage ou du « ralentissement de la hausse »… Finalement, les mauvaises langues diront que l’information la plus importante est venue tout près de la conclusion de cet entretien plus rituel que jamais lorsqu’en réponse à une question, il a affirmé : « Je suis un homme de gauche »

Nota Bene :

Photo : ALAIN JOCARD / AFP

Note "fabuleuse "de l'administration du blog:merci à Fred !

Grèce : c’est « La Cigale et la Fourmi », version non censurée

On en est témoin tous les jours, ce qui se passe en Grèce créé du débat en France, avec des prises de la webosphère qui se distinguent de celles des grands médias. La revue Vacarme vient de mettre en ligne sur son site un texte collectif qui regarde la crise grecque avec les yeux de Jean de La Fontaine, en particulier de « La Cigale et la Fourmi ».

« C’est en apparence une leçon cynique, mais aussi pleine de bon sens : les vrais travailleurs n’ont pas à payer les fautes de ceux qui font bombance, n’est-ce pas ? Sauf qu’il pourrait être utile de rappeler aussi la version non-censurée de la fable. Car qu’est-ce qui se cache sous la jolie métaphore de la fourmi “ Vous chantiez, j’en suis fort aise : Eh bien ! dansez maintenant ” ? »

Ce qui se cache, donc, c’est :

« que les premiers touchés ne seront pas les cigales qui ont le plus chanté — celles-ci, grâce à l’aide des fourmis, ont déjà mis à l’abri leurs capitaux en Allemagne, à Londres ou au Luxembourg —, mais celles d’entre les cigales qui n’ont jamais su ou pas encore pu chanter — les cigales pauvres et retraitées qui n’auront plus du tout de retraite et les bébés cigales pauvres qui périront de malnutrition dans leurs pauvres lits déglingués de bébés cigales — la mortalité infantile est déjà remontée en flèche depuis cinq ans en Grèce, mais on n’a sans doute encore rien vu »

Vacarme continue :

« Une telle version réaliste de la fable qui se rejoue sous nos yeux est assez terrible en elle-même mais riche en enseignements. Elle a en particulier le mérite de mettre à nu la vérité, non seulement du Fonds monétaire international (FMI) qu’on connaissait déjà, mais de l’Union européenne (UE), de l’Eurogroupe et de la Banque centrale européenne (BCE) : les institutions européennes sont aujourd’hui aux mains des plus froids de tous les monstres froids. Dans l’asphyxie programmée des Grecs, il y a en effet quelque chose du retour d’une violence archaïque, il y a du Attila.

Quand les Huns arrivaient devant une nouvelle ville, ils laissaient toujours le choix aux habitants de se soumettre ou d’être entièrement massacrés. [...] Nulle rationalité économique ici qui exigerait au contraire de prendre soin de son débiteur et non de le tuer si l’on veut qu’il rembourse au moins une faible partie de ses dettes, puisque davantage est impossible et que tout le monde le sait depuis le départ. »

Néanmoins, la logique des créanciers, n’est pas non plus celle d’Atilla.

« À certains égards, un tel traitement réservé aux Grecs pour avoir d’abord voté Syriza puis avoir voté non au référendum, est toutefois plus doux qu’autrefois : on ne va pas les massacrer, on va simplement les laisser mourir hors des nouvelles frontières de l’Europe fourmi, et on ne va pas tous les laisser mourir — seulement les plus pauvres.[...] C’est cela qui est le plus effroyable dans ce que l’Eurogroupe est en train de faire subir aux Grecs : quand a-t-on déjà vu dans l’histoire une institution politique, même inachevée comme l’est l’UE, expulser ses propres concitoyens. »

D’où une leçon qui dépasse largement le cadre de la seule crise grecque :

« L’ennemi principal d’aujourd’hui n’est pas l’exploitation et l’impérialisme, mais l’expulsion des unfits et le sécessionnisme des plus riches. Quand on commence par trouver juste d’expulser en masse ses étrangers indésirables, il est logique de trouver un jour légitime d’expulser ses propres concitoyens indésirables. À moins que quelque chose s’arrête et que nos dirigeants européens prennent conscience qu’il existe d’autres fables, par exemple “Le Lion et le rat” ou “La colombe et la fourmi”. Mais lisent-ils La Fontaine ? »

Yanis Varoufakis sur l'Eurogroupe et sur sa démission

14 JUILLET 2015 | PAR MONICA M.

http://arretsurinfo.ch/interview-de-yanis-varoufakis-sur-leurogroupe-et-sur-sa-demission/

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Interview-de-Yanis-Varoufakis-sur-l-Eurogroupe-et-sur-sa-demission-34004.html

http://www.legrandsoir.info/yanis-varoufakis-sur-l-eurogroupe-et-sur-sa-demission.html

Interview de Yanis Varoufakis (traduit par mes soins) accordée à la revue Newstatesman avant que Tsakalotos et Tsipras ne partent à Bruxelles négocier avec les créanciers de la Grèce.

Cette interview est édifiante et instructive à plusieurs égards. Elle montre le fonctionnement proprement insupportable de l'UE et de la Zone Euro, et elle révèle que Varoufakis avait un autre plan que la majorité du gouvernement pour affronter l'Hydre, ce qui l'a conduit à démissionner après le référendum.

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Harry Lambert: Alors comment vous sentez-vous?

Yanis Varoufakis: Je me sens au dessus du monde - Je n'ai plus à vivre à travers un agenda de folie, qui est absolument inhumain, juste incroyable. J'ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Je suis aussi soulagé de ne plus avoir à subir cette incroyable pression de devoir négocier pour une position que je trouve difficile à défendre, même si je me suis arrangé pour forcer l'autre partie à acquiescer, si vous voyez ce que je veux dire.

HL: A quoi cela ressemblait-il? Aimiez-vous quelque aspect de tout ça?

YV: Oh oui beaucoup de choses. Mais l'information qui arrive, qui confirme vos pires craintes...voilà qu'il est en votre "pouvoir" que cela vous soit dit directement, et que ce soit comme vous le redoutiez - la situation était pire que vous l'imaginiez! Ainsi, ce fut bon après de n'être plus aux premières loges.

HL: De quoi parlez-vous?

YV: L'absence complète de tous scrupules démocratiques, de la part des supposés défenseurs de la démocratie européenne. La très claire compréhension d'autre part que nous sommes sur la même course analytiquement - bien sûr cela n'arrivera plus à présent. Avoir ces vraies figures de pouvoir qui vous regardent dans les yeux et disent "Vous avez raison dans ce que vous dites, mais nous allons vous croquer de toute façon.”

HL: Vous avez dit que les créanciers vous contestaient parce que vous avez parlé économie dans l'Eurogroupe, ce que personne ne fait. Qu'est-il arrivé lorsque vous l'avez fait?

YV: Ce n'est pas que ça n'allait pas – c'est qu'il y avait un refus total de s'engager dans des argumentations économiques. Refus total. … Vous avancez un argument sur lequel vous avez réellement travaillé - pour être sûr que c'est logiquement cohérent - et vous rencontrez des regards vides. C'est comme si vous n'aviez pas parlé. Ce que vous dites est indépendant de ce qu'ils disent. Vous auriez pu aussi bien chanter l'hymne national suédois - vous auriez eu la même réponse. Et c'est saisissant, pour quelqu'un qui est habitué aux débats académiques. … D'ordinaire l'autre partie participe toujours et là il n' y avait aucune participation du tout... Ce n'était même pas de l'ennui, c'est comme si personne n'avait parlé.

HL: Quand vous êtes arrivé, début février, il n'a pas pu y avoir une position commune?

YV: Il y avait des personnes qui étaient sympathiques à un niveau personnel - ainsi, vous savez, derrière les portes fermées, sur une base informelle, notamment avec le FMI [HL: “Aux plus hauts niveaux?” YV: “ Aux plus hauts niveaux, aux plus hauts niveaux”]. Mais ensuite dans l'Eurogroupe, quelques mots gentils et c'est tout, retour derrière le parapet de la version officielle.

[Mais] Schäuble était d'une grande cohérence. Son option était “Je ne suis pas en train de discuter le programme - il a été accepté par le précédent gouvernement et nous ne pouvons pas permettre à une élection de changer quoi que ce soit. Parce que nous avons tout le temps des élections, nous sommes 19, si à chaque fois qu'il y a une élection quelque chose change, les contrats entre nous ne voudraient plus rien dire”.

Aussi à ce point il ne me restait plus qu'à me lever et à dire: “Bon peut-être que nous ne devrions plus jamais organiser des élections dans les pays endettés”, et il n'y a pas eu de réponse. La seule interprétation que je puisse donner c'est “Oui, ce serait une bonne idée, mais elle serait difficile à mettre en application. Donc soit vous signez sur la ligne en pointillé, soit vous sortez.”

HL: Et Merkel?

YV: Vous devez comprendre que je n'ai jamais rien eu à faire avec Merkel, les ministres des finances parlent aux ministres des finances, les premiers ministres parlent aux chanceliers. De ce que je comprends, elle était très différente. Elle tentait d'apaiser le Premier Ministre (Tsipras) – elle disait “Nous trouverons une solution, ne vous inquiétez pas, je ne veux pas qu'il arrive quelque chose de d'horrible, faites juste votre travail et travaillez avec les institutions, travaillez avec la Troïka; il ne peut pas y avoir d'impasse ici.”

Ce n'est pas ce que j'entendais de la part des mes interlocuteurs - à la fois de la tête de l'Eurogroupe et du Dr Schäuble, ils étaient très clairs. A un certain point il me fut signifié sans équivoque “C'est un cheval et soit vous l'enfourchez, soit il est mort”.

HL: Quand était-ce?

YV: Au début, au tout début (ils se sont rencontrés la première fois début février)

HL: Pourquoi avoir traîné jusqu'à l'été?

YV: Nous n'avions pas d'alternative. Notre gouvernement a été élu avec le mandat de négocier. Aussi notre premier mandat a été de créer l'espace et le temps pour avoir une négociation et obtenir un nouvel accord. C'était notre mandat - notre mandat était de négocier, pas de nous battre à sang avec nos créditeurs.

Les négociations ont pris du temps, parce que l'autre partie refusait de négocier. Elle insistait sur un "accord exhaustif", ce qui signifiait qu'elle voulait parler de tout. Mon interprétation est que quand vous voulez parler de tout, vous ne voulez parler de rien. Mais nous avons continué comme ça.

Et ils n'avançaient aucune proposition sur quoi que ce soit.. Laissez-moi vous donner un exemple. Ils avaient dit que nous avions besoin de toutes les données sur la fiscalité. Nous avons passé beaucoup de temps à tenter de collecter les données, à répondre aux questionnaires et à nous réunir pour fournir les données.

Ce fut la première phase. La seconde phase, c'est quand ils nous ont demandé ce que nous comptions faire avec la TVA. Ils rejetaient notre proposition mais ne voulaient pas énoncer la leur. Avant que nous puissions avoir une chance de trouver avec eux un accord sur la TVA, ils voulurent bifurquer sur une autre question, comme la privatisation. Ils nous ont demandé ce que nous voulions faire à propos de la privatisation, nous avons avancé quelque chose, ils l'ont rejeté. Puis ils se sont tournés vers un autre sujet, comme les retraites, puis les marchés, les relations au travail et toutes sortes de choses. C'était comme un chat qui se mord la queue.

Nous sentions, le gouvernement sentait, que nous ne pourrions arrêter ce processus. J'ai suggéré depuis le début: voici un pays qui est en échec, qui est en échec depuis longtemps. … Nous avons certainement besoin de réformer ce pays - nous sommes bien d'accord. Parce que le temps presse, et parce que durant les négociations la Banque Centrale serrait les liquidités [sur les banques grecques] afin de nous pressurer, de nous abattre, j'ai constamment proposé à la Troïka cette chose simple: “ mettons-nous d'accord sur deux ou trois réformes importantes comme le système de taxes, la TVA, et mettons-les en application immédiatement. Et vous relâchez les pressions sur les liquidités de la BCE. Vous voulez un accord exhaustif, continuons à négocier– et en même temps laissez-nous introduire ces réformes au parlement par un accord entre vous et nous. ”

Et ils ont dit “Non, non, non, ce doit être une revue exhaustive. Rien ne peut être mis en oeuvre si vous osez introduire une législation. Ce sera considéré comme une action unilatérale inamicale dans le processus d'obtention d'un accord”. Et alors bien sûr quelques mois plus tard, ils ont raconté aux médias que nous n'avions pas réformé le pays et que nous avions perdu du temps! Et ainsi… [rires] nous étions fixés, en un sens, en un sens important...

Ainsi au fil du temps les liquidités ont presque complètement fondu, et nous avons fait défaut, ou quasi-défaut auprès du FMI, ils ont introduit leurs propositions, qui étaient absolument impossibles, totalement non viables et toxiques. Ils ont donc différé et ont présenté un type de proposition que vous faites à l'autre partie quand vous ne voulez pas d'accord.

HL: Avez-vous essayé de travailler avec des gouvernements d'autres pays endettés?

YV: La réponse est non, et la raison en est très simple: depuis le début ces pays particuliers ont été clairement les plus énergiques ennemis de notre gouvernement. La raison, bien sûr, était que leur plus grand cauchemar était notre succès: si nous parvenions à négocier un meilleur accord pour la Grèce, cela pourrait les détruire politiquement, car ils devraient expliquer à leur peuple pourquoi ils n'ont pas négocié comme nous étions en train de le faire.

HL: Et avoir un partenariat avec des sympathiques partis, comme Podemos?

YV: Non pas vraiment. Je veux dire nous avons toujours eu de bonnes relations avec eux, mais ils ne pouvaient rien faire - leur voix ne pouvait jamais pénétrer dans l'Eurogroupe, où siégeait le ministre des finances de leur pays, qui était le plus inamical. Le plus qu'ils pouvaient faire était de se prononcer en notre faveur, ce qu'ils ont fait.

HL: Et George Osborne? A quoi ressemblaient vos échanges avec lui?

YV: Oh très bons, très plaisants, excellents. Mais il est hors de la boucle, il ne fait pas partie de l'Eurogroupe. Quand je lui ai parlé à certaines occasions vous pouvez voir que c'était très sympathique. Et si vous regardez Le Télégraphe, les plus grands supporters de notre cause ont été les Tories! Du fait de leur Euroscepticisme, et ce n'est pas juste de l'Euroscepticisme; c'est une conception de la souveraineté du Parlement - dans notre cas, il était très clair que notre parlement était traité comme un déchet.

HL: Quel est le plus gros problème avec le fonctionnement de l'Europgroupe?

YV: Il y a eu un moment où le président de l'Eurogroupe a décidé de s'opposer à nous et de nous faire taire et il a dit que la Grèce se dirigeait vers la sortie de l'eurozone. Il existe une convention selon laquelle les communiqués doivent être unanimes, et le Président ne peut pas juste convoquer une réunion de l'Eurozone et exclure un Etat membre. Et il a dit “Oh je suis certain de pouvoir le faire”. J'ai donc demandé un avis juridique. Cela a créé des remous. Après 9-10 mn la réunion s'est arrêtée, les participants se sont parlé, ont téléphoné, puis un éventuel expert s'est adressé à moi pour me dire “L'Eurogroupe n'existe pas légalement, il n'y a aucun traité qui régit ce groupe”.

Ainsi, nous avons un groupe inexistant qui a l'immense pouvoir de déterminer la vie des Européens. On ne peut rien lui répondre, vu qu'il n'existe pas légalement; aucune note n'est prise; et c'est confidentiel. Ainsi, les citoyens ne savent jamais ce qui s'y dit. Ce sont des décisions de vie et de mort, et aucun membre ne doit répondre à qui que ce soit.

HL: Est-ce que ce groupe est contrôlé par des attitudes allemandes?

YV: Oh vraiment complètement. Pas par les attitudes, par le ministre des finances de l'Allemagne. C'est comme un orchestre bien accordé dont il est le chef. Tout se passe dans la tonalité. Il y a quelques moments où l'orchestre est désaccordé, mais il intervient pour tout réaccorder.

HL: N'y-a-t-il pas de pouvoir alternatif dans ce groupe, est-ce que les Français peuvent combattre ce pouvoir?

YV: Seul le ministre des finances français a émis quelques sons différents de la ligne allemande, et ces sons étaient très subtils. Il a utilisé un très judicieux langage, pour ne pas sembler s'opposer. Et en dernière analyse, quand le Dr Schäuble répondait et déterminait la ligne officielle, le MF français s'inclinait toujours à la fin et acceptait.

HL: Parlons de votre background politique, et de votre ouvrage sur Marx en 2013, quand vous disiez:

La sortie d'un Grec, d'un Portugais ou d'un Italien de l'Eurozone conduirait bientôt à une fragmentation du capitalisme européen, apportant un sérieux surplus de récession dans la région à l'est du Rhin et au nord des Alpes, tandis que le reste de l'Europe serait pris dans le piège d'une stagflation vicieuse. Qui selon vous bénéficierait de ce développement? Une gauche progressive, renaissant de ses cendres tel un Phénix des institutions publiques européennes? Ou les Nazis d'Aube Dorée, les néofascistes, les xénophobes et les filous? Je n'ai absolument aucun doute sur ce qui sortirait d'une désintégration de l'eurozone”.

Un Grexit inévitablement aide Aube Dorée, vous croyez toujours ça?

YV: Je ne crois pas aux versions déterministes de l'histoire. Syriza maintenant est une force dominante. Si nous nous arrangions pour sortir du pétrin, et réaliser proprement un Grexit, il serait possible d'avoir une alternative. Mais je ne suis pas certain que nous le dirigerions, car diriger le collapse d'une union monétaire demande une grande expertise, et je ne suis pas certain qu'en Grèce nous puissions le faire sans aide extérieure.

HL: Vous devez avoir pensé à un Grexit depuis le premier jour

YV: Oui, absolument.

HL: ...Des choses ont-elles été préparées?

YV: Oui et non. Nous avions un petit groupe, un "cabinet de guerre" dans le ministère, d'à peu près cinq personnes qui travaillaient là dessus en théorie, sur papier. Mais c'est une chose de le faire au niveau de 4-5 personnes, c'est une autre chose de le préparer pour le pays. Pour préparer le pays, une décision exécutive devait être prise, et elle ne l'a jamais été.

HL: Et la semaine dernière, est-ce une décision à laquelle vous avez pensé?

YV: Mon idée était que nous devions soigneusement ne pas l'activer. Je ne voulais pas me mettre aux prophéties auto-réalisatrices. Je ne voulais pas ressembler à celui qui comme dans l'histoire de Nietzsche, finit par être fixé par l'abîme qu'il a fixé trop longtemps. Mais je croyais aussi qu'au moment où l'Eurogroupe fermerait les banques, nous devrions lancer le processus.

HL: Bien. Ainsi il y avait deux options - un Grexit immédiat ou imprimer des IOUs et prendre le contrôle de la Banque Nationale de Grèce (précipitant potentiellement mais non nécessairement un GREXIT)?

YV: Sûrement, sûrement. Je n'ai jamais cru que nous irions droit vers une nouvelle monnaie. Mon idée était - et je l'avais proposée au gouvernement - que s'ils fermaient nos banques, ce que je considérais comme un mouvement agressif d'un pouvoir incroyable nous devrions répondre agressivement mais sans dépasser les points de non retour.

Nous sortirions nos propres IOUs, ou même annoncerions que nous sortirions notre propre liquidité euro-dénommée. Nous réduirions les obligations grecques 2012 ou l'annoncerions; et nous prendrions le contrôle de la Banque de Grèce. C'était le triptyque, les trois choses, que nous pourrions faire si la BCE fermait nos banques.

… J'avais alerté de Cabinet que cela allait arriver, dans le but de nous amener à un accord humiliant. Quand ça s'est passé - et plusieurs de mes collègues ne pouvaient croire que ça allait arriver - ma recommandation de répondre "énergiquement" a été rejetée.

HL: Comment cela s'est-il passé?

YV: Sur six personnes nous étions une minorité de deux. . … On a fermé les banques en accord avec la BCE, ce à quoi j'étais opposé, mais je l'ai fait parce que je suis un joueur d'équipe, je crois en la responsabilité collective.

Et puis le référendum est arrivé, et le référendum nous a donné une impulsion formidable, qui aurait dû justifier une réponse énergique contre la BCE, mais le gouvernement décida que la volonté du peuple, ce sonore "NON", ne donnerait pas son énergie au plan énergique.

Au lieu de cela, il conduirait à des concessions majeures vers l'autre partie: la réunion des leaders politiques, notre premier ministre acceptant la promesse que quoi qu'il arrive, quoi que l'autre partie fasse, nous ne répondrions pas en des termes de défi. Et cela signifie essentiellement que vous cessez de négocier.

HL: Vous ne pouvez pas avoir beaucoup d'espoir maintenant, que ce plan soit meilleur que celui des dernières semaines, si ça ne fait qu'empirer?

YV: Si ça ne fait qu'empirer. J'espère que notre gouvernement insistera sur la restructuration de la dette, mais je ne vois pas comment le ministre allemand des finances pourrait signer une telle chose lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe. S'il le fait, ce sera un miracle.

HL: Exactement – parce que, comme vous l'avez expliqué, votre moyen de pression est arrivé à ce point?

YV: Je le pense, oui. A moins qu'il [Schäuble] reçoive ses consignes de la chancelière. Il reste à voir si elle fera un pas vers ça.

(passage sur Piketty)

HL. Revenons à la crise. J'ai vraiment compris peu de choses de votre relation avec Tsipras.

YV: Je le connais depuis fin 2010, car j'étais un critique proéminent du gouvernement à cette époque, même si j'avais été proche de lui à une autre époque. J'étais proche de la famille Papandreou - je le suis toujours d'une certaine façon -– mais je devins proéminent (…)

Je faisais quelques vagues alors, et Tsipras était un très jeune leader essayant de comprendre ce qui se passait, la nature de la crise, et comment il pourrait se positionner lui-même.

HL: Avez-vous un souvenir de la première rencontre?

YV: Oh oui. C'était fin 2010, nous étions trois, nous allions à une cafétéria, dans mon souvenir il n'était pas au clair dans ses idées sur la drachme versus l'euro, les causes de la crise, et j'avais exprimé des points de vue sur ce qui allait arriver. Et un dialogue a commencé qui a continué pendant des années. Je crois que je l'ai aidé à se former un point de vue sur ce qui devrait être fait.

HL: Qu'est-ce que ça fait maintenant, après 4 ans et demi, de ne plus travailler à ses côtés?

YV: Je sens que nous sommes très proches. Notre séparation a été extrêmement amicale. Il n'y a jamais eu de problèmes entre nous, jamais, jusqu'à ce jour. Et je suis très proche d'Euclid Tsakalotos.

HL: Et vous allez encore parler avec eux cette semaine?

YV: Je n'ai pas parlé avec le premier ministre cette semaine, mais je parle à Euclid, oui, et je le considère comme très proche, et vice versa. Je ne l'envie pas du tout (Rires).

HL: Seriez-vous choqué si Tsipras démissionnait?

YV: Rien ne me choque ces jours-ci. - notre eurozone est un lieu très inhospitalier pour les gens bien. Je ne serais choqué pas choqué même s'il restait et acceptait un mauvais accord. Parce que je peux comprendre qu'il se sente une obligation envers le peuple qui le soutient, nous soutient, ne laissons pas ce pays devenir un état en déroute.

Mais je ne vais pas trahir ma propre vision, construite en 2010, selon laquelle ce pays doit arrêter de prolonger et de feindre. Nous devons arrêter de contracter de nouveaux emprunts en feignant avoir résolu nos problèmes alors que nous ne l'avons pas fait et que nous avons même rendu notre dette moins soutenable en acceptant plus d'austérité qui ne pouvait qu'écraser l'économie et que nous avons détourné le fardeau sur les moins nantis, créant une crise humanitaire. C'est quelque chose que je ne vais pas accepter. Je ne vais pas participer à ça.

HL: Question finale: Resterez-vous proche de personnes avec lesquelles vous avez négocié?

YV: Hum, je ne suis pas sûr. Je ne vais pas donner de noms juste pour ne pas détruire leurs carrières [Rire.]

http://www.newstatesman.com/world-affairs/2015/07/yanis-varoufakis-full-transcript-our-battle-save-greece

Ecoutons Jaurès, lucide et donc prémonitoire :

France, L’Europe telle qu’elle se fait Ajouter un commentaire

« Tant que le prolétariat international ne sera pas assez organisé pour amener l’Europe à l’état d’unité, l’Europe ne pourra être unifiée que par une sorte de césarisme monstrueux, par un saint empire capitaliste qui écraserait à la fois les fiertés nationales et les revendications prolétariennes. » (1898)

Le saint empire capitaliste existe, c’est l’Union européenne, qui écrase les fiertés nationales et les revendications prolétariennes. IL FAUT SORTIR DE L’UE

Perte de souveraineté : la France doit cesser sa passivité

France, L’Europe telle qu’elle se fait Ajouter un commentaire

Voir http://www.marianne.net/agora-perte-souverainete-france-doit-cesser-sa-passivite-100235468.html

Note "CP-Grèce du NPA",relayé par l'administration du blog:

Le 15 juillet 2015

Décidément, ils n'aiment pas que les peuples les contredisent. Encore plus rapidement qu'ils ne l'avaient fait pour le NON français en 2005, les voila qui veulent imposer aux Grecs ce que ceux-ci viennent tout juste de refuser.

COMMUNIQUÉ DU NPA

NON à l'accord Tsipras - UE,
solidarité avec les travailleurs et le peuple grecs

Après 17 heures de réunion, le 13 juillet, un accord a finalement été annoncé par les dirigeants de la zone euro concernant la Grèce. Alexis Tsipras a finalement capitulé face aux exigences brutales de la Troika. Des mesures draconiennes devront être votées par le parlement grec d’ici mercredi, comme préalable à un nouveau « sauvetage » de l’économie grecque. Cela inclut la mise en place d’un fond de vente d’actifs publics pour 50 milliards d’euros, sous la tutelle de l’Union Européenne, afin de forcer la Grèce à rembourser la dette au fur et à mesure qu’elle privatise ses actifs.
En plus des réformes plus dures concernant le système de retraites, l’augmentation des impôts, la privatisation de l’électricité (qui avait été refusée par le gouvernement grec jusqu’à maintenant), ainsi que des mesures dans le secteur financier et fiscal, une nouvelle réforme du droit du travail toucherait les conventions collectives et faciliterait les licenciements massifs.
Avec la mise en place du fonds de 50 milliards d’euros pour piloter d’ultérieures privatisations et organiser la cession massive d’actifs, la Grèce va payer ses dettes, de façon à garantir de nouvelles possibilités d’endettement. Le cycle austérité-endettement n’est donc pas près de finir. Il s’agit d’un saut qualitatif dans les privatisations, puisque sous les gouvernements sociaux-démocrates et conservateurs, Athènes n’avait privatisé ces dernières années que pour 5 milliards d’euros. La seule concession qui a pu être obtenue par Tsipras, c’est le fait que ce fonds de privatisation n’aura pas son siège au Luxembourg, comme voulait au départ l’Eurogroupe, mais en Grèce. Il n’en reste pas moins qu’il sera sous le strict contrôle de la Troïka.
En acceptant un programme austéritaire encore plus dur que celui qui a été rejeté, dimanche 5 juillet, par 61% de l’électorat grec le gouvernement grec enterre lui-même le résultat du référendum, qu'il avait pourtant organisé de sa propre initiative.. La Troïka a voulu ainsi imposer une sorte de « punition » suite à l’appel au référendum et à la victoire du "Non" il y a une semaine. En Grèce, la mobilisation commence à s’organiser, avec des manifestations contre l’accord et pour le respect du choix démocratique exprimé par le « non » au référendum. La jeunesse de Syriza a d’ailleurs exprimé son opposition à cet accord et appelle à manifester contre ce « coup d’Etat ».
Le NPA dénonce le rôle joué par le gouvernement Hollande dans l'imposition de cet accord sous prétexte de combattre « l’intransigeance allemande ». Le NPA exige l’annulation immédiate de la dette grecque, illégitime, insoutenable et odieuse, à commencer par la part de cette dette détenue par la France.
Il sera du côté de tou-te-s celles et ceux qui, dans les rues jusqu’aux parlements des différents pays européens, s’opposeront à un tel accord qui ne vise pas autre chose que le pillage de la Grèce et sa mise sous tutelle de la Troïka. Il appelle à rejeter et combattre cet accord et à se mobiliser en solidarité avec les travailleurs et le peuple contre l'austérité.

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 15:13

Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 933 associations et 60 000 personnes
Agréée pour la protection de l'environnement
http://www.sortirdunucleai
re.org

Communiqué de presse - 10 juillet 2015

Loi Macron et 49-3 : le gouvernement enterre les déchets nucléaires... et le débat démocratique !

Le Réseau "Sortir du nucléaire" exprime son indignation devant le déni de démocratie survenu hier lors de l’adoption de la Loi Macron. Par la voix du député de l’Isère François Brottes, le gouvernement a accepté dans la loi un cavalier législatif facilitant l’implantation de CIGÉO, ce projet d’enfouissement en profondeur des déchets les plus radioactifs, puis adopté l’ensemble de la loi en court-circuitant le débat parlementaire par le recours au 49-3.

L’enfouissement des déchets, sujet grave qui impactera une région entière pour des milliers d’années, vient donc d’être validé en quelques heures, devant une audience restreinte et sans débat, aux termes d’interminables manoeuvres de la part de députés à la botte de l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). De manière spécieuse, sachant que CIGÉO va coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros, le député a justifié ce choix d’accélérer la procédure par le prétexte des difficultés financières d’Areva !

Ce passage en force se situe dans la droite ligne du déni de démocratie dont ont fait preuve l’Andra et les autorités depuis des années : mépris des conclusions du débat public de 2005, qui refusaient l’enfouissement ; mépris de l’opposition légitime d’un grand nombre d’habitants de la région et des résultats sans appel d’un référendum citoyen il y a quelques années, mépris des générations futures qui devront supporter les conséquences désastreuses de l’implantation de CIGÉO… Il en va malheureusement de même pour l’ensemble de l’industrie nucléaire : EPR imposé sans débat préalable, promesse électorale bafouée sur la fermeture de Fessenheim...

Un coup tordu pour éviter un débat parlementaire

Alors même que la loi de 2006 sur les déchets radioactifs prévoyait une procédure législative spécifique pour définir les conditions de l’enfouissement et le concept de "réversibilité", le gouvernement et les parlementaires pro-CIGÉO ont réalisé là un inacceptable passage en force qui leur permettra de sauter cette étape. L’autorisation de construire CIGÉO sera donnée sans demander l’avis des parlementaires, contrairement à ce qui était prévu initialement.

L'article 201 de la Loi Macron impose, sans discussion, sa propre définition de la réversibilité : il s'agirait d'une possibilité de revenir à tous moments sur les décisions antérieures. Cette définition est tellement vague que chacun pourra mettre ce qu'il veut derrière et qu'elle pourrait affranchir l’exécutif et la technocratie de tout regard législatif et citoyen pour modifier l’inventaire des déchets, la durée d’exploitation, la fermeture partielle et définitive des galeries tout au long de l’exploitation de CIGÉO...

La Loi Macron entérine aussi la "phase pilote" plébiscitée par l’Andra, qui n’est autre qu’une manière de commencer l’enfouissement par petit bout pour mieux faire passer la pilule. Sur l’issue de cette phase, aucune date, aucun cahier des charges : l’Andra a les coudées franches et... le flou dont elle a besoin pour travailler toute seule dans son coin, sans regard démocratique extérieur.

CIGÉO doit être empêché à tout prix

CIGÉO est un projet imposé dangereux, inutile et hors de prix, qui doit absolument être empêché.. S’il venait à être construit, la France pourrait devenir la poubelle nucléaire de l’Europe, en vertu de la directive européenne qui autorise le stockage de déchets d’autres États-membres.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" souhaite vivement que le Conseil Constitutionnel retoque cet article 201 et réaffirme sa détermination à empêcher l’implantation de CIGÉO et son soutien aux actions qui seront mises en oeuvre contre ce projet.

Texte de la loi : http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta-pdf/2934-1-art_49-3.pdf

Communiqué de la Coordination Bure Stop : http://www.sortirdunucleaire.org/CIGEO-a-la-sauce-49-3-le-comble


Contacts presse :
02 43 94 72 88
juriste : 07 62 58 01 23

Chargée de communication : 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur notre site : http://www.sortirdunucleaire.org/Loi-Macron-et-49-3-le-gouvernement-enterre-les

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Nucléaire : de la mine aux déchets, nous sommes tous concernés ! 
http://groupes.sortirdunucleaire.org/Tous-concernes

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 06:56

Vous trouverez dans cette note préliminaire de la CRIIRAD un premier niveau d’information sur les votes des eurodéputés.

La CRIIRAD a besoin de plus de temps pour vérifier les traductions et analyser les interventions des porte-paroles.

Un document plus complet vous sera accessible d’ici 10 jours.

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Petit mémo : L’AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services est un accord signé lors de la création de  l’OMC (organisation mondiale du commerce) en 1994. Il vise à libéraliser progressivement tous les services des états membres : éducation, santé, culture, recherche…ainsi que l’énergie et l’environnement. Tous les aspects de nos vies sont mis à la vente. Les besoins de l’être humain et toutes formes d’activité humaines sont redéfinis comme des services commercialisables.

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