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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 07:07

19,2%, 7.011.856 voix (provisoirement), quel beau résultat !

Surtout, si on pense à la campagne de désinformation systématique menée par l’essentiel des médias, campagne relayée par presque tous les autres candidats. Un homme de talent et de cœur, un authentique humaniste en phase avec son temps et les défis auxquels l’humanité est confrontée a emporté la conviction de bien des scepticismes et a suscité des adhésions enthousiastes et une nouvelle confiance dans l’engagement politique. Cette campagne n’a pourtant pas atteint son objectif, le deuxième tour. Quel dommage !

Les gens dont toute la vie fut guidée par les idéaux de , peu importe dans quel cadre partisan ils ont inscrit leur engagement, savent, comme le disait le grand Jaurès, que « L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir. » Comme me l’écrivait un ami, cette nuit : « on continue ».

Et c’est à la lumière de cette détermination, qu’il faut se tourner vers l’avenir non sans porter un regard lucide sur les raisons de cet échec.

Si l’idée d’un mouvement populaire hors parti apporte incontestablement la réponse appropriée au désaveu justifié des partis politiques dont les modes de fonctionnement remontent au XIXe siècle et dont la principale tare est d’avoir professionnalisé l’engagement politique, il demeure que la manière dont fut engagé le processus de constitution de la a inutilement heurté des militants hostiles à bon droit à cette conception typique de la Ve République d’une relation entre un homme et le peuple. L’auto-proclamation n’appartient pas aux valeurs de gauche. La fut perçue au départ comme une adhésion a une personne, même si elle est très vite devenue une adhésion à un projet et il faut savoir gré à Jean-Luc d’avoir tout fait pour corriger l’impression première. Mais des dégâts manifestement irréparables avaient été commis. Quel dommage !

La colère, forte, profonde, légitime, qui parcourt les rangs des Insoumis et qui se comprend, s’est parfois, et trop souvent, traduite par des comportements individuels excessifs, voire dogmatiques, agressifs et intolérants. Ce qui a desservi cette candidature, alors qu’il s’agissait d’attirer avec douceur bien des esprits troublés et désemparés par une gauche officielle dont ils découvraient enfin qu’elle n’est plus à gauche. Cela demandait du doigté, du tact, de l’intelligence. Pas des comportements et des propos de brutes sur les marchés et sur les réseaux sociaux. Des comportements qui ont écarté beaucoup de gens de bonne volonté. Quel dommage !

Sur des dossiers délicats, où les émotions sélectives organisées par la corporation médiatique étouffent la lucidité et la rigueur, il fallait un discours approprié. Jean-Luc Mélenchon ne disait rien d’autre que ce qu’Hubert Védrine et Dominique de Villepin disent, à leur manière, sur les rapports avec la Russie. Mais la façon de l’exprimer, trop souvent à l’emporte pièce, du candidat de la France Insoumise, a desservi un projet diplomatique qui réclame un langage adéquat. Même sur le mode de la rupture, les relations internationales exigent une approche toute en nuances tant la complexité des dossiers est grande.

Enfin, la soirée électorale du premier tour est un échec dans l’échec pour la France Insoumise. Cédant aux conspirationnistes de son entourage et à ses propres humeurs, Jean-Luc Mélenchon a raté une occasion médiatique majeure de mettre la FI en position pour les législatives.

Refusant d’accepter des résultats qui, à l’évidence, ne pouvaient plus modifier l’ordre des pourcentages obtenus, ouvert aux avis mal éclairés de conseillers aveuglés par une suspicion infondée, il a envoyé une image troublée et créé beaucoup de confusion.

Au lieu de se réjouir du résultat obtenu, au lieu de centrer son propos sur l’exercice de pédagogie politique dans laquelle il excelle pour expliquer le refus de donner un mot d’ordre pour le second tour, au lieu d’ouvrir des perspectives pour les législatives qui sont aujourd’hui le prolongement naturel de l’action entamée, il a adressé un message confus et embarrassé sur une hypothétique incertitude du résultat final. Quel dommage !

On ne peut en rester là. Quand on est porteur d’une telle espérance quand on rassemble, comme les deux candidats qui précèdent, plus de 7 millions de soutiens, on n’a pas le droit à de telles erreurs. Il faut corriger le tir.

Il y a urgence à expliquer que, précisément, la France Insoumise, n’est pas un parti traditionnel ; que Jean-Luc Mélenchon n’est pas ce chef dont parlait cette nuit ce pathétique Julien Dray et qu’il y a une vraie légitimité à s’interroger sur cette impasse de la Ve République qui consiste à pousser les gens à voter pour quelqu’un dont on rejette le projet afin de s’opposer à quelqu’un d’autre dont le projet ne vaut pas mieux. On ne peut plus se laisser enfermer, à chaque scrutin présidentiel, dans l’obligation de choisir entre la peste et le choléra.

Les 7 millions d’électeurs et d’électrices de Jean-Luc Mélenchon sont des personnes responsables qui savent ce qu’elles doivent faire. Elles n’ont pas besoin de mots d’ordre ; elles ne veulent plus de cette vieille pratique détestable des partis traditionnels qui se prétendent propriétaires des soutiens qui leur ont été, temporairement, accordés.

Raoul Marc JENNAR

- Et Gilles :

La gauche à 25%...

Il y avait hier le sourire au Parti socialiste après la magnifique victoire de Bruno Hamon à 6,1% sur Nicolas Dupont-Aignant à 4,9%...  Allez, mieux vaut en rire…

Respect pour les chiffres, respect pour les électeurs, regardons les choses en face et prenons le temps d’y réfléchir. Avec une participation qui fait le plein, la gauche a fait 25%. Une bérézina.

On pourra parler des heures et des heures des causes, des coups tordus, des malentendus, mais le résultat est là : seulement 25% de suffrages pour la gauche. C’est attristant, consternant, ça renvoie à de lourdes responsabilités vers les leaders, les uns et les autres, la cible est large, très large. Oki, on verra tout ça plus tard.

Mais en attendant, arrêtons-nous sur ce chiffre de 25% qui marque un terrible échec collectif, et ne faisons pas comme si nous étions déjà demain, avec des projets magnifiques propres à enflammer les meetings. La gauche est en rade, et pour longtemps.

Elle ne s’en sortira pas par ce piège que sont les présidentielles, mais en définissant une idéologie et un programme, et s’inscrivant dans le terrain de l’action sociale, en France et à l’étranger.

Elle ne s’en sortira pas par ces illusions que sont les gonflettes de Facebook, Youtube et Tweeter, mais par des vraies rencontres, des vraies discussions, entre de vrais gens qui s’écoutent et se parlent, et agissent là où se crée la solidarité.   

Elle ne n’en sortira pas, dans un monde fait de dominations, sans une réflexion saine sur la politique internationale, fondée sur l’égalité et la solidarité entre les peuples et les êtres humains. Tous égaux et solidaires, oki ?

Ce soir, nous sommes politiquement et socialement parterre, et parterre un jour de pluie froide. On n’est pas le matin du printemps de je ne sais quoi, comme chante l’autre phraseur, non, on patauge dans la mouise, et on n'a pas fait avancer d'un centimètre la cause des plus démunis. Et on ne fera pas confiance à ceux qui nous amenés là pour nous en sortir.

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