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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 05:38

 

Vos paris pour dans quinze jours ? Moi, je dirais Fillon-Mélenchon

Alors, une petite idée de ce qui peut se passer dans quinze jours ? Et bien pour ma part, je fais un pari plutôt classique : réveil de l’électorat dans les tous derniers jours, une participation correcte, et les retrouvailles avec les grands corps politiques qui ont toujours façonné la présidentielle, droite contre gauche, donc Fillon contre Mélenchon.

Macron, je n’y ai jamais cru, c’est du bluff médiatique. Une curiosité distrayante qui attire la foule au milieu de la foire, mais rien de solide ni de palpable, avec son En Marche ! qui n’a rien d’un parti politique : ni programme, ni statut, ni instances locales, ni équipe dirigeante. Le mec recrute à droite et à gauche, récupère les Hollandais et flingue Hollande, et toujours pas la moindre idée de ce que serait sa majorité électorale. J’espère de tout cœur qu’il va s’effondrer avant le vote, car sinon ce sera après,… et bien plus douloureux.

Le Pen est sur la pente descendante. Elle apporte quoi de neuf au débat ? Que du rabâché… Leader populaire autoproclamée, cette fille à papa, qui ne vit pas à Hénin-Beaumont mais chez son papa, plane à l’ISF alors qu’elle a passé son temps à faire de la politique. Le FN est très divisé en interne, et la ligne Philippot passe d’autant plus mal qu’elle élimine Jean-Marie et Marion. Et puis voter le Pen comme vengeance réactionnelle (à tout et à rien), c’est une chose, mais le FN n’a aucun allié, et donc il n’a aucune chance de gagner. Fondamentalement, c’est un choix de distraction. Ce sont les autres qui dramatisent sur l’air bien connu « moi, rempart contre Le Pen », parce que ce choix réducteur leur facilite la vie. La société n’est pas lepéniste, arrêtez le délire.

Les choix vont se cristalliser dans les tous derniers jours.

A Droite, Fillon joue la bonne carte : même si tu ne me piffres pas, c’est avec moi que ça passe. Pour le moment, la société française est à droite, bien à droite, et c’est la posture Fillon. Avec son cabinet noir et ses attaques contre les juges, il était out, mais il semble entrer sur un terrain plus logique : tant et tant d’élus ont embauché leur proche famille, alors keep cool. Bref, Fillon est le candidat du parti, et le parti a trop d’enjeux autour de cette victoire attendue. Les soldats vont se remettre en ordre de marche, y compris Juppé, et Fillon a toutes ses chances… Pas pour un score génial : tout se jouera entre 20 à 23% au premier tour. Si le parti s’organise, et il va s’organiser, c’est à portée de main.

Reste à gauche. A eux deux, Hamon et Mélenchon sont à 30%, assez différents, mais sur une ligne politique qui les rapproche : la gauche anti-Hollande. Hamon a un pneu crevé, bientôt deux, et hier il expliquait que s’il est perdant, il appellera à voter Mélenchon, du jamais vu ! Il aurait pu doubler Mélenchon, mais il lui fallait larguer les trois quarts de son programme et dealer avec la hollanderie. Il est resté sur ses bases, et il se fait croquer par Mélenchon. Sa garantie, avec la marque PS, c’était le vote utile, mais le vote utile devient Mélenchon. Lequel met en douce les insoumis et la révolution, pour la jouer pépère la force tranquille. Comme Macron n’est pas de gauche, il reste un gros bloc « de gauche » à 25/30%, et c’est le tremplin pour Mélenchon. 

Dans ce schéma, les gros bataillons du vote Macron partiront chez Fillon au deuxième tour.

Allez, ce n’est pas qu’un pari, car on essaie de raisonner avec une base politique très évolutive. Cette année la présidentielle se joue sur du verglas, il faut faire avec. Pari à froid, car je n’ai pas d’accroche avec Mélenchon et ses options européennes.

Et vous, quelle prédiction ?

Hamon doit céder la place à Mélenchon

http://www.liberation.fr/debats/2017/04/11/hamon-doit-ceder-la-place-a-melenchon_1562006

Patrice Maniglier, philosophe
Le Club de Mediapart · Il y a 13 heures

Par Philippe Marlière

La balle est dans le camp de Jean-Luc Mélenchon : veut-il vraiment faire gagner la gauche ou préfère-t-il camper jusqu’au bout le personnage du “sauveur de la France” ? Veut-il que l’on se souvienne qu’il aura permis de sauver la gauche d’une défaite historique ou que son ego aura épousé jusqu’à la caricature les habits plébiscitaires de la 5ème république ?

Jean-Luc Mélenchon est en train de commettre la même erreur que Benoît Hamon quand ce dernier était crédité de 17 % des intentions de vote dans les sondages et Mélenchon était redescendu à 9 % (dans les jours qui suivirent la primaire) : il parie sur le siphonnage des voix de son concurrent et son effondrement. Le candidat de "La France insoumise” est peut-être en mesure de siphonner les voix d’Hamon, mais cette tactique ne devrait pas suffire pour se qualifier au deuxième tour (ceci dit, l’hypothèse n’est plus à écarter dans l’atmosphère hautement volatile de cette fin de campagne). Que Mélenchon parvienne à ses fins ou pas, sa démarche est négative car elle ne permettra pas de construire un rapport de force durable contre les forces du capital après l’élection. En outre, on ne bâtit pas une majorité en humiliant un adversaire dont le programme est très proche du sien.

Il est confondant d’entendre les appels condescendants (dernièrement Alexis Corbière) demandant à Hamon de se “désister”. Comme si les conditions politiques et matérielles étaient réunies pour cela ! Autant croire dans le mouvement de nez convulsif de Samantha Stevens qui fera disparaitre magiquement le candidat Hamon, ultime obstacle à la qualification mélenchoniste au second tour. Non, ce que Jean-Luc Mélenchon devrait faire, c’est publiquement s’adresser sans tarder à Benoît Hamon (car le temps presse) pour négocier un accord unitaire d’action politique et de gouvernement. C’est évidemment à celui qui fait la course en tête qu’il revient de faire le premier pas. Cet accord unitaire comporterait à la clé une plateforme programmatique minimale (largement réalisable étant donné les recoupements importants dans ce domaine) et une répartition des rôles pendant et après la campagne.

Si Mélenchon est élu président de la République, il devrait nommer Hamon Premier ministre (ou toute personne proche de lui dans la mouvance socialiste). Ce volet unitaire devrait enfin comporter une ébauche d’accord pour les élections législatives. Ce dernier point est fondamental car à quel avenir serait promis une présidence Mélenchon qui ne pourrait compter que sur un groupe parlementaire maigrelet à l’Assemblée Nationale ? (hypothèse la plus plausible aujourd’hui, que Mélenchon gagne l’élection ou pas) Une fois cet accord à gauche conclu, Mélenchon pourrait poursuivre sa stratégie populiste de gauche, qui consiste à trianguler des thèmes de droite (dont le patriotisme). Il ferait certainement attention de ne plus parler en bien de Bachar el-Assad ou de Vladimir Poutine (le vent ayant tourné depuis quelques semaines, c’est déjà le cas, à quelques rechutes près). Le désaccord sur l’Europe pourrait être résolu, car il apparait patent à tout observateur qui connait bien le mitterrandophile, que Mélenchon n’a aucune envie de sortir de l’Union Européenne.

Avec cet accord, Mélenchon pourrait enfin rassembler la gauche. C’est la condition sine qua non pour envisager sa qualification et sa victoire au deuxième tour. Une entente avec la gauche socialiste et écologiste (et non sa demande de reddition en rase campagne) s’impose d’autant plus aujourd’hui que l’idée même de “vote utile” en faveur d’Emmanuel Macron est en train de perdre du terrain au sein de l’électorat socialiste. Des sondages récents montrent en effet que Jean-Luc Mélenchon battrait Marine Le Pen au deuxième tour. Le rassemblement de la gauche serait a fortiori essentiel dans l’hypothèse d’un duel Macron-Mélenchon car ce dernier ne possèderait pas les réserves de voix à droite que peut espérer son concurrent. La balle est donc dans le camp de Mélenchon : veut-il vraiment battre Le Pen, Fillon, Macron et faire gagner la gauche ou préfère-t-il camper le personnage du “sauveur de la France” jusqu’au bout ? Veut-il que l’on se souvienne qu’il aura permis de sauver les forces progressistes d’une défaite historique dans un contexte politique tendu ? Ou préfère-t-il être remémoré comme celui dont l’ego aura épousé jusqu’à la caricature les habits plébiscitaires de la 5ème république ?

Il faut s’étonner que peu de personnes à gauche, sans doute grisées par des sondages favorables, ne posent le problème - et il est de taille ! - en ces termes. En fait, plus rien ne doit surprendre dans cette campagne électorale intéressante et… dangereuse.

blogs.mediapart.fr

 

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