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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 12:26

 Les voleurs de maca

Frédéric PRAT, 16 février 2017

Au Pérou, les ressources végétales sont strictement interdites d’exportation si elles ne sont pas transformées. Pourtant, la quasi totalité des récoltes 2013 et 2014 de maca, un tubercule réputé pour certaines vertus thérapeutiques, a été illégalement achetée aux producteurs par des négociants chinois pour que la Chine produise elle-même cette plante sur laquelle elle a déposé une dizaine de brevets pour la modifier génétiquement. Et la Chine produit aujourd’hui trois fois plus de maca que le Pérou... sans aucune contrepartie pour le Pérou.
Par ailleurs, au début des années 2000, la compagnie américaine Pure World Botanicals a obtenu deux brevets pour s’assurer un monopole d’utilisation de cette plante aux États-Unis, fermant de fait le marché aux paysans péruviens.
Ce film illustre ces cas de biopiraterie [1]. Il documente le pillage du maca, mais aussi la réaction du Pérou qui a mis en place un Institut national de lutte contre la biopiraterie (Indecopi), doté de deux missions : surveiller les dépôts de brevets dans le monde et recenser les connaissances traditionnelles sur la biodiversité du territoire [2]. L’Indecopi a montré que les propriétés du maca étaient connues depuis des siècles et a fait annuler ces brevets.
Enfin, ce film détaille le partenariat d’une entreprise française avec les indiens Ashaninka, pour commercialiser des extraits issus de leurs ressources, après accord et négociation du partage des bénéfices [3].
Une intervention d’Inf’OGM après projection de ce film est visible sur notre site [4]

« Pérou : La nouvelle loi de la jungle », film de F. Reinhardt, R. Vargas, P. Simon et L. Fossart, ARTE GEIE et Découpages – 2015, 24’

[1voir notre dossier Inf'OGM, « Biopiraterie : comment en sortir ? », Charlotte KRINKE, Frédéric PRAT, 16 février 2017

[4Inf'OGM, « Biopiraterie et savoirs des peuples (vidéo) », Frédéric PRAT, 28 novembre 2016

-Sur le meme thème :

-Accès aux ressources génétiques : les procédures de partage des avantages sont dévoilés 

-et La bible de la biopiraterie

Charlotte KRINKE, 16 février 2017

En 1992, les ressources génétiques, dont la plupart se trouvent dans les pays en développement, quittent le patrimoine commun de l’humanité et entrent dans le giron des souverainetés nationales. Désormais, les entreprises ne peuvent plus y avoir libre accès sans avoir à redistribuer une partie des bénéfices qu’elles peuvent en tirer. Posés par la Convention sur la diversité biologique (CDB), ces principes constituent la base sur laquelle un partage équitable des avantages issus de la biodiversité et des connaissances devait s’organiser.
Presque dix ans après la signature de la CDB, P.W. Johnson revient sur le phénomène de la biopiraterie [1] en proposant un nouvel éclairage de cette notion et de celle de biocommerce éthique. Analysant les enjeux de la biopiraterie et les textes juridiques pertinents, P.W. Johnson montre comment la lenteur des États pour traduire les principes de la CDB dans leurs législations nationales a laissé aux entreprises une latitude pour les interpréter et mettre en place des partenariats avec les communautés autochtones. Mais il montre que les relations entre les entreprises et les producteurs et communautés locales sont plus ou moins étroites et horizontales selon leur taille. P.W. Johnson propose aussi une évaluation de la pertinence des labels et des systèmes de garantie pour garantir le respect de ces nouveaux principes et des pistes pour élaborer des modèles de préservation et de partage des savoirs liés au vivant.

La bible de la biopiraterie

 

-Note "Par contre ",par  l'administration du blog,il y a ce texte adopté définitivement mercredi 15 février 2017 ,qui"fait suite aux rachats de crus prestigieux ou de terres céréalières par des investisseurs français ou étrangers, notamment chinois. "

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 15.02.2017

Le Parlement français s’accorde pour limiter l’accaparement des terres agricoles

Le Parlement français a définitivement adopté, mercredi 15 février, la proposition de loi destinée à lutter contre l’accaparement des terres agricoles par des investisseurs français ou étrangers, notamment chinois, et à préserver le modèle français d’exploitation familiale, après un ultime vote du Sénat.

Une commission mixte paritaire (7 députés et 7 sénateurs) a approuvé la mise en place d’ici trois mois de nouveaux outils pour mieux appréhender les cessions partielles de parts sociales en faveur d’une meilleure transparence des ventes de terres agricoles.

Le texte vise à assurer une meilleure transparence des cessions de parts ou actions de sociétés détenant du foncier agricole. Les acheteurs seraient obligés de déclarer leur acquisition même s’ils prennent moins de 100 % des parts, ce qui était jusqu’à présent le niveau obligeant à une déclaration et ouvrant la voie à une préemption possible.

Pour l’initiateur de ce texte, le député Dominique Potier (PS), l’accaparement des terres agricoles « constitue une menace pour les exploitations familiales et l’installation des jeunes agriculteurs en renchérissant le prix des terres et en limitant le foncier disponible à l’achat ».

Rachats par des investisseurs chinois

Le texte adopté définitivement mercredi fait suite aux rachats de crus prestigieux ou de terres céréalières par des investisseurs français ou étrangers, notamment chinois. Et notamment du rachat, au printemps 2016, de 1 700 hectares de terres de qualité dans l’Indre par des investisseurs chinois à des prix deux fois supérieurs à la moyenne. Les vendeurs avaient, par un artifice juridique, échappé à l’examen de ces ventes par la société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) de la région Centre.

Aussi, le texte adopté renforce à la fois les pouvoirs des Safer, qui disposent déjà d’un droit de préemption lors d’une cession, et l’encadrement juridique, afin de maîtriser la spéculation et d’éviter la financiarisation des terres agricoles par des sociétés d’investissement.

L’accord trouvé en CMP porte, par ailleurs, sur la mise en place d’une exception à l’interdiction faite aux collectivités territoriales d’utiliser des produits phytopharmaceutiques classiques lorsque la survie d’une espèce végétale est en jeu et qu’aucune solution alternative n’existe.
 
 
 
Source: Le Monde

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