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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 10:22

 

Txetx Etcheverry, libéré : « Nous étions là pour retirer ces armes à ETA "

 
 
Par , publié le .

Les cinq personnes interpellées vendredi à Louhossoa lors d’une saisie d’armes d’ETA ont été libérées et placées sous contrôle judiciaire. L’un d’eux, Txetx Etcheverry, s’exprime.

Arrestations au Pays basque : "Txetx" Etcheverry témoigne - Sud Ouest.fr

 

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Un des penseurs français de la non-violence, Jean-Marie Muller, revient sur la théorie de la non-violence, dans un dialogue amical avec Juliette Rousseau.
 


Philosophe et écrivain, Jean-Marie Mullerr est membre-fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN). Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la non-violence dont Stratégie de l’action non-violente (Le Seuil, Livre de Poche) et le Dictionnaire de la non-violence (Le Relié Poche).

Cette tribune est une réponse au texte de l’activiste Juliette Rousseau, « La non-violence doit accepter la pluralité des formes de lutte », publiée le 18 novembre 2016 sur Reporterre.


« La pluralité des formes de lutte » dans une même campagne d’action pose de vrais problèmes mais ce ne sont pas ceux qui sont envisagés dans la tribune de Juliette Rousseau. Sur le plan pratique de l’efficacité, l’expérience montre que la lutte violente et la résistance non-violente procèdent de logiques stratégiques sensiblement différentes et, pour une part, contradictoires. La difficulté est donc bien réelle de les articuler et de les concilier.

A travers ses quatre-vingt dix livres en langue anglaise, le leader indien Gandhi nous présente la non-violence dans toute sa richesse et dans toute sa complexité. A le lire, il devient clair que si le mot « non-violence » est formellement négatif, il ne signifie pas que la non-violence est la négation de la violence, mais qu’elle se trouve dans un rapport d’opposition réelle à la violence, c’est-à-dire que sa visée est d’en détruire les causes et les conséquences. Le non que la non-violence oppose à la violence est un non de résistance. En définitive, la non-violence n’est pas tant le refus de la violence que la lutte contre la violence.

Plus que quiconque, Gandhi a conscience qu’il serait insensé de prétendre vivre une non-violence ab-solue (c’est-à-dire, selon l’étymologie de ce mot, dé-liée de la réalité) ; la non-violence de l’homme ne peut être que re-lative (c’est-à-dire re-liée à la réalité). « Tant que nous sommes des êtres incarnés, affirme-t-il, la non-violence parfaite n’est qu’une théorie comme celle du point ou de la ligne droite d’Euclide, mais nous devons nous efforcer de nous en rapprocher à chaque instant de notre vie [1]. » Mais si la non-violence ne peut être absolue, elle doit être radicale (du latin radix qui signifie racine), c’est-à-dire qu’elle doit s’efforcer de déraciner la violence, de la faire dépérir en détruisant ses racines culturelles, idéologiques, sociales et politiques.

« Là où il n’y a que le choix entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence »

Gandhi écrit encore : « Je crois vraiment que là où il n’y a que le choix entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence. (...) C’est pourquoi je préconise à ceux qui croient à la méthode de la violence d’apprendre le maniement des armes. Je préférerais que l’Inde eût recours aux armes pour défendre son honneur plutôt que de la voir, par lâcheté, devenir ou rester l’impuissant témoin de son propre déshonneur. Mais je crois que la non-violence est infiniment supérieure à la violence. (...) Je ne suis pas un visionnaire. Je prétends être un idéaliste pratique [2]. »

En janvier 1942, devant le Comité du Congrès de toute l’Inde réuni à Wardha, Gandhi justifie le choix de la non-violence qu’il propose à l’Inde en affirmant : « La non-violence (ahimsa) m’est un credo, le souffle de ma vie. Mais je ne l’ai jamais proposée à l’Inde comme un credo ou d’ailleurs à quiconque sauf, à l’occasion, lors de conversations informelles. Je l’ai proposée au Congrès comme une méthode politique destinée à résoudre des problèmes politiques. Il est possible que ce soit une méthode nouvelle, mais elle n’en perd pas pour cela son caractère politique. » C’est cette méthode politique que les militants de la non-violence s’efforcent de mettre en œuvre dans les luttes d’aujourd’hui. Sans arrogance, mais avec conviction et détermination.

[1] Gandhi, All Men are Brothers, Ahmedabad, Navajivan Publishing House, 1960, p. 119.
[2] Gandhi, The Collected Works of Mahatma Gandhi, Ahmedabad, The Publications Division, Ministry of Information and Broadcasting, Government of India, Vol. 18, 1965, p. 131.

 
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Lire aussi : Nuit debout : comment être offensif ensemble, sans idéaliser la violence ni la non-violence ?

Source : Courriel à Reporterre

Desssin : © Le Poisson/Reporterre

- Les « artisans de paix » sont libérés - Reporterre

 
20 décembre 2016
 

Txetx (Jean-Noël) Etcherverry, Michel Berhocoirigoin, Michel Bergougnian, Béatrice Molle-Haran, et Stéphane Etchegaray, viennent d’être libérés mardi 20 décembre en fin d’après-midi. Ils devront se soumettre à un contrôle judiciaire.

Les cinq personnes avaient été interpellées dans la nuit de vendredi 16 décembre à samedi, à Louhossoa (Pays basque), alors que, dans une démarche de paix, ils tentaient de rendre inutilisable le stock d’armes de l’organisation séparatiste basque, ETA, avant de le remettre ultérieurement aux autorités françaises.

Un fort mouvement de mobilisation pour les soutenir et les faire libérer s’est engagé dès samedi.

  • Source : Reporterre

 

le contrôle extrapolé à tout un chacun    :L’état d’urgence, laboratoire du contrôle de la population

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