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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 05:19

 Et en France !

 

Avant le papier d'El Watan avec l'avertissement d'Olivier Le Cour Grandmaison,voici deux extraits du ballet "LeS DisParuS" de la Cie No MaD,ce spectacle    en représentation actuellement est mené par le chorégraphe Mehdi Slimani :il constitue le premier et unique ballet sur les sombres événements du 17 octobre 1961.

La seconde vidéo a été tournée sur le pont Neuf Saint Michel en hommage aux victimes

-« J’ai souhaité rendre vie, le temps d’un spectacle, aux disparus d’octobre 1961, victime d’une barbarie amnésique ; pour la mémoire… contre l’oubli… leur prêter un corps, leur rendre un nom, pour l’intimité d’une danse, pour une dignité retrouvée. » Mehdi Slimani, octobre 2010

 
  En représentation le 5 nov au centre Culturel Jean Houdremont de la Courneuve. 

https://www.youtube.com/watch?v=6VmeJUbpPdY

https://www.youtube.com/watch?v=503fYU4vYhQ

Rappel :

A qui profite le silence? Maurice Papon et le massacre d'octobre 1961 à Paris 

Le massacre du 17 octobre 1961 à Paris : "ici on noie les Algériens 

 

-Olivier Le Cour Grandmaison

«Le retour de discours apologétiques de la colonisation» 
El Watan - le 01.11.1 6
La publication, il y a quelques jours, d’un texte révisionniste sur les tueries policières du 17 Octobre 1961 a suscité nombre de commentaires.

Olivier Le Cour Grandmaison, qui a travaillé sur cet événement de la Guerre d’Algérie et continue d’œuvrer à révéler les monstruosités coloniales, s’interroge : «Nouvelle écriture de l’histoire ? Non, c’est la poursuite d’une entreprise idéologique de réhabilitation des hommes qui ont combattu celles et ceux qui luttaient pour l’indépendance de l’Algérie dans un contexte politique français marqué aujourd’hui par le retour de discours apologétiques de la colonisation.»

Au sujet des centres historiques qui ont prêté leur concours à cette tentative de réécrire de l’histoire (lire notre édition du 25 octobre), il indique : «Il faut tout d’abord rappeler quelques éléments relatifs au Centre de documentation des Français d’Algérie de Perpignan, au Cercle algérianiste et à certains des signataires qui se présentent comme des historiens soucieux de la vérité et animés par le seul désir de la connaissance.

En effet, les responsables de cette première institution ont approuvé ce texte collectif en apportant à ces derniers une caution prétendument scientifique destinée à renforcer le supposé sérieux académique de leur communiqué portant sur le massacre, par la police française agissant sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon, des manifestants algériens rassemblés pacifiquement à l’appel du FLN, le 17 octobre 1961 à Paris et dans la banlieue parisienne.»

Olivier Le Cour Grandmaison rappelle que le centre perpignanais, «dépourvu de tout comité scientifique, a été salué par certains comme ‘‘le conservatoire de l’Algérie française’’. On ne saurait mieux dire, et cet aveu, qui a le mérite de la sincérité, permet de comprendre les finalités véritables de cet établissement.

Sous une appellation apparemment neutre, destinée à faire croire qu’il s’agit d’un établissement ayant pour vocation de soutenir les recherches sur les Français d’Algérie, prospère une entreprise de réhabilitation du passé colonial de la France conformément aux revendications du Cercle algérianiste dont ce Centre est, en quelque sorte, la vitrine officielle.» Et de rappeler que «ce Cercle, créé le 1er novembre 1973 par d’anciens partisans de l’Algérie française, a notamment pour objectif de ‘‘conserver la mémoire d’une province française’’ et de lutter contre ‘‘l’officialisation du 19 mars 1962’’ ».

On sait qu’en cette année 2016, les Algérianistes ont fait partie de ceux qui ont conspué le président Hollande qui s’est recueilli le 19 mars dernier devant la stèle d’hommage du quai Branly à Paris. «Ses dirigeants ont soutenu l’action de Robert Ménard, maire de Béziers, pour renommer “la rue du 19 mars 1962” et lui donner le nom de “rue du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc,” officier parachutiste qui a participé au putsch des généraux à Alger en avril 1961 et qui fut condamné à dix ans de réclusion criminelle.»

Enfin, Olivier Le Cour Grandmaison souligne que parmi les signataires du texte accusant le FLN d’être responsable de ce qui s’est passé le 17 octobre 1961, figure Maurice Faivre, «général qui a servi cinq ans en Algérie pendant la guerre. C’est le même qui, le 18 mars 2002, a signé le manifeste des 521 officiers généraux dans lequel on peut lire ce passage : ‘‘Nous tenons d’abord à affirmer que ce qui a caractérisé l’action de l’armée en Algérie ce fut d’abord sa lutte contre toutes les formes de torture, d’assassinat, de crimes idéologiquement voulus et méthodiquement organisés.’’ Stupéfiant et scandaleux négationnisme historique !

En des termes plus euphémisés, les signataires du communiqué minimisent le nombre de morts algériens lors des rassemblements du 17 octobre 1961, avec la caution de J-P. Brunet. De plus, ils entendent faire porter la responsabilité des affrontements et des victimes au FLN pour mieux dédouaner M. Papon et les policiers qu’il dirigeait.»

Walid Mebarek
 
 
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Du même auteur
De la difficulté d’être avocat dans l’Algérie coloniale
Christian Phéline. Historien, auteur de Les avocats «indigènes» dans l’Algérie coloniale : «Une montée progressive qui reste très minoritaire»
Henri Pouillot. Militant des droits de l’homme : «Le colonialisme n’a toujours pas été reconnu comme un crime contre l’humanité»
Gilles Manceron. Historien : «Une manœuvre d’arrière-garde à traiter par le silence et le mépris»
-Note "déclenchement à la Toussaint et documentaire Clémence / La sœur des frères/Hollande et les supplétifs"ajoutés par l'administration du blog:

Discours lors de la journée nationale d'hommage aux Harkis ...

 

La «Toussaint rouge», début de la guerre d'Algérie | Slate Afrique

www.slateafrique.com/6144
 

D’abord prévu pour le 15 octobre, le déclenchement de l’insurrection n’a finalement lieu que le 1er novembre et, fête des morts chez les Européens oblige, prendra vite le nom de «Toussaint rouge».

C’était il y a 62 ans. Le 1er novembre 1954, une poignée d’activistes algériens déclenche ce qui va devenir la Guerre d’Algérie, l’un des conflits de décolonisation parmi les plus longs et les plus meurtrier du XXe siècle.

Un peu partout dans ce qui représentait alors trois départements français (contrairement à la Tunisie et au Maroc qui n’étaient pas la France mais des protectorats français), des bombes éclatent, des récoltes sont incendiées, des poteaux électriques et téléphoniques sont sciées et quelques commissariats sont attaqués ou font l’objet de rafales d’armes automatiques. Au total, ces premiers actes armés, une trentaine au total, font sept morts, dont l’instituteur Guy Monnerot tué dans les Aurès en même temps qu’un caïd local, c'est-à-dire un représentant de l’administration coloniale auprès des «musulmans» (lesquels ne jouissaient pas de la citoyenneté française).

Sept années et demi plus tard, le 5 juillet 1962, l’Algérie devient indépendante et «awel novambar», le premier novembre, sera dès lors un jour férié pour les Algériens.

Défilés militaires, programmes télévisés spéciaux (dont des «opérettes révolutionnaires» ainsi que quelques films de guerre rediffusés à l’envie), commémorations en tous genres sans oublier les réceptions officielles organisées à Alger mais aussi à l’étranger (par les ambassades) marquent une journée particulière dans la longue liste des dates emblématiques de ce que les Algériens appellent «la Révolution» ou «la Guerre d’indépendance» et que les Français désignent par «Guerre d’Algérie».

Les «neuf historiques»

Pourtant, nombreux sont les Algériens, jeunes ou plus âgés, qui savent peu de choses de ce que fut l’acte liminaire de la Thawra (Révolution). L’une des raisons est liée au fait que l’insurrection fut organisée par neuf hommes, «les neuf historiques» dont ceux qui survécurent au conflit furent tous après l’indépendance, à une exception près, des opposants au régime de Houari Boumediene (au pouvoir de 1965 à 1978, date de sa mort) et même de Chadli Bendjedid (1979-1992). Difficile, en effet, de parler de l’action déterminante d’hommes dont le nom a longtemps été absent et interdit des manuels scolaires algériens…

 

Montage de photos d'archives de huit des neuf "chefs historiques" du FLN (Front de Libération nationale) initiateurs du déclenchement de l'insurrection en Algérie le 1er novembre 1954. AFP

Dans les faits, tout commence en mars 1954 quand Mohamed Boudiaf (dans l’opposition dès 1963, assassiné en 1992 à Alger) crée le Comité révolutionnaire d’union et d’action (CRUA) avec Hocine Aït Ahmed (actuel dirigeant du Front des forces socialistes, FFS), Ahmed Ben Bella (ancien président de l’Algérie entre 1963 et 1965, déposé par Boumediene, il sera longtemps interné avant de prendre le chemin de l’exil), Krim Belkacem (assassiné en 1970 à Francfort) , Mostefa Ben Boulaïd (mort au maquis en 1956), Larbi Ben M’Hidi (exécuté sans jugement par l’armée française en 1957), Rabah Bitat (plusieurs fois ministre sous Boumediene), Mourad Didouche (mort au maquis en 1955) et Mohamed Khider (assassiné en 1967 à Madrid).

À l’époque, le mouvement nationaliste est divisé. Un violent conflit oppose le leader historique Messali Hadj au Comité central de son parti, le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Pour les «neufs», l’objectif est de forcer le destin en renvoyant dos-à-dos les partisans de Messali, accusé de culte de la personnalité, et les «centralistes» menés par Hocine Lahouel. D’abord prévu pour le 15 octobre, le déclenchement de l’insurrection n’a finalement lieu que le 1er novembre et, fête des morts chez les Européens oblige, prendra vite le nom de «Toussaint rouge».

Les moyens militaires dont disposent les insurgés sont alors faibles pour ne pas dire insignifiants. D’ailleurs, nombre d’entre eux sont très vite arrêtés et certains resteront en prison jusqu’à l’indépendance. Il n’empêche, un brasier était allumé qui devait, entre autre, conduire à la fin de la Quatrième république et au retour du Général De Gaulle au pouvoir en 1958. Le 1er novembre 1954 constitue ainsi l’acte de naissance du Front de libération national (FLN) qui va mener l’Algérie à l’indépendance. Et il faut relire son appel au peuple algérien diffusé quelques jours après le début de l’insurrection. Dans ce texte fondateur, «l’indépendance nationale» fait figure d’objectif de même que le «respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions» et la «réalisation de l’Unité nord-africaine dans le cadre naturel arabo-musulman».

Un aveuglement français

 

 

 

Côté français, ces événements passent presque inaperçus. Il faut dire qu’ils vont aussi à l’encontre d’une certitude partagée par de nombreux hommes politiques et journalistes. Dans un contexte international et régional d’ébullition anti-coloniale (Vietnam, Tunisie, Maroc,…), tous sont persuadés que «l’Algérie ne bougera pas» et que les massacres de Sétif et Guelma pendant le Printemps 1945 (plusieurs milliers de musulmans tués après avoir réclamé l’indépendance et s’être attaqués à des Européens) dissuaderont pour longtemps les «musulmans» d’avoir recours à la violence pour améliorer leur sort et encore moins pour réclamer l’indépendance.

Un homme, pourtant, a vu venir cette insurrection. Il s’agit de Jean Vaujour, directeur de la Sûreté en Algérie. En poste dès 1953, bien informé, recoupant les rapports de police faisant état d’un activisme suspect de la part de «séparatistes», anciens membres de l’Organisation secrète (OS, à ne surtout pas confondre avec l’OAS) – mise en place par les nationalistes algériens à la fin des années 1940, elle préparait la lutte armée avant d’être démantelée par la police française – il alerte en vain ses supérieurs à commencer par François Mitterrand, alors ministre de l’intérieur.

Ironie de l’histoire, Jean Vaujour racontera plus tard que ses services avaient même fabriqué et fourni des bombes bruyantes et inoffensives à des réseaux qu’ils avaient infiltrés! Il faudra attendre plusieurs mois avant que les autorités françaises prennent la mesure de la gravité de la situation en engagent des moyens considérables pour en finir avec «la rébellion».

Une histoire que le cinéma n’a toujours pas racontée

Comme nombre d’épisodes de la Guerre d’Algérie, le 1er novembre 1954, et avec lui la crise politique qui a mené à l’éclatement du MTLD et à la naissance du FLN reste encore à raconter au cinéma (mais aussi à travers la littérature). On imagine une fresque historique mettant en présence les «neuf historiques», leurs doutes, leurs rivalités déjà naissantes, l’aveuglement et la désinvolture des autorités gouvernementales à Paris cela sans oublier le rôle influent de Nasser ou les calculs politiciens de Charles de Gaulle.

Un point de départ pourrait être la fameuse photo de six d’entre eux (les six historiques) prise quelques temps avant le déclenchement de l’insurrection. Pourtant rien de tel n’existe encore. Rien à voir avec les centaines de films américains qui traitent de la guerre au Vietnam (et qui commencent à raconter – certes, à leur façon - celle d’Irak).

Côté français, la Guerre d’Algérie reste un thème à manier avec précaution. On imagine mal, y compris en 2011, c’est-à-dire cinquante ans après l’indépendance, des producteurs prendre le risque de mettre en scène des personnages historiques du FLN. Et quand le 1er novembre est mentionné, c’est toujours de manière anecdotique, pour ne pas dire ridicule, comme en témoigne un passage du film «Le grand Charles» qui traite de l’itinéraire de Charles de Gaulle. La séquence consacrée au 1er novembre 1954 met ainsi en scène l’attaque du bus où se trouvaient le caïd et l’instituteur Monnerot.

Des têtes de Talibans

Les maquisards (qui s’expriment en arabe marocain…) y ont des têtes de Talibans, notamment leur chef, barbu et coiffé d’un chèche noire, ce qui, outre le caractère anachronique du raccourci, en dit long sur la manière dont, en France, on représente souvent le FLN…

Côté algérien, et malgré une profusion de scénarios, c’est une question de manque de moyens mais aussi de circuits de distribution quasiment inexistants. Longtemps considéré comme une priorité – à condition de ne pas aborder les thèmes déplaisants au pouvoir en place -, le cinéma algérien est dans un état d’agonie prolongée.

Peu de producteurs, des salles en déshérence et une disparition progressive du savoir-faire, ce cinéma a un besoin urgent de projets pour raconter à son peuple une autre histoire que celle qui peut lui parvenir du nord de la Méditerranée. Dans quelques années, peut-être, sera annoncé un film ayant pour titre, «les neufs historiques»…

Par Akram Belkaïd

Clémence / La sœur des frères on Vimeo

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