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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 12:57

SANTÉ : DES MOUSTIQUES TRANSGÉNIQUES A ST BARTHÉLEMY ...ET SI C’ÉTAIT VRAI ?

(St Barth magazine :)

https://www.facebook.com/407270129322670/photos/a.483273105055705.1073741825.407270129322670/678514135531600/

Disséminer des moustiques transgéniques pour lutter contre la dengue et le chikungunya à St Barthélemy, tel est le projet qui a été présenté aux élus en décembre dernier, par la société britannique Oxitec. La démarche nécessitant des agréments nationaux, le dossier est remonté en début d'année aux Ministères de la Santé et de l'Environnement.
Dans un courrier en date du 17 juin, adressé à Joel Gustave, responsable de la lutte anti vectorielle au sein de l'ARS, le Ministère de la santé répond par la négative, mais laisse une porte entrouverte, sous condition d'une autorisation de mise sur le marché délivrée par l'union européenne.

Après la dissémination de moustiques transgéniques sur les Iles Caïman, en Malaisie et au Brésil, le laboratoire Oxitec a porté son attention sur St Barthélemy. Si les discussions avec d'autres pays et territoires sont nombreuses -des pourparlers sont d'ailleurs engagés avec la partie hollandaise de l'île voisine de St Martin -, le choix de notre île pour reconduire le projet n'est toutefois pas anodin. La caractéristique insulaire est un argument indéniable pour circonscrire la dissémination du moustique génétiquement modifié. A ce raisonnement logique s'ajoutent certainement la bonne santé budgétaire de la Collectivité qui permettrait le financement d'une telle initiative, ainsi que les latitudes qu'offre le statut de PTOM de l'île dans les domaines tel que l'environnement. Ce type de demande appliqué à la Guadeloupe n'aurait d'ailleurs eu aucune chance d'aboutir.
L'épidémie de "Chik" est actuellement en recrudescence aux Antilles. On recense 650 cas à St Barthélemy, 3500 à St-Martin et 46 000 en Guadeloupe. Le gouvernement se dit "mobilisé"! Force est de constater que les moyens de lutte anti-vectorielle ont leur limite. Toute alternative à l'utilisation de pesticides, dont les effets peuvent s'avérer toxiques, notamment pour les abeilles, n'est donc pas à écarter. Les gestes les plus simples autour des habitations demeurant toujours les plus efficaces.
Selon certains observateurs, l'utilisation de l'OGM à St Barthélemy, au-delà du cadre évident de santé, pourrait-être un enjeu touristique à travers une amélioration de la qualité de vie.
D'aucuns, séduits par cette sorte de contrôle des naissances pour les insectes et par son caractère réversible n'y voient aucun danger pour l'environnement, sinon un atout dans la lutte anti-vectorielle. D'autres, méfiants face au spectre inquiétant qui accompagne les innovations génétiques, ne semblent pas prêts à ouvrir la boîte de Pandore.

Mais comment ça marche ?
Créé par la société Oxitec, OX513A est un moustique transgénique issu de la souche d’Ædes ægypti. A la différence de la souche "sauvage", celle-ci a été modifiée génétiquement rendant les moustiques dépendants à un antibiotique, la tétracycline. En l'absence de cette substance, les moustiques sont incapables de survivre.
Le principe est le suivant : Plusieurs centaines de milliers de moustiques mâles transgéniques sont lâchés dans la nature. Ils s'accouplent avec les femelles sauvages et transmettent à leur progéniture un gène qui entrave leur développement. Leur descendance meurt donc vers la fin de son stade larvaire. Quant aux insectes lâchés, ils ne peuvent, en raison de leur genre, servir de vecteurs à la maladie puisqu'ils ne piquent pas. Seules les femelles piquent. Elles ont besoin de repas sanguin pour assurer le développement des œufs avant chaque ponte, qui a lieu tous les trois à quatre jours.
L'objectif est de réduire (voire éteindre) cette population de moustiques, vectrice de la dengue et du chikungunya sur l'île. Au bout de six mois, une réduction drastique de 79% à 90% de la population de moustiques sauvages est observée.
Cette technique « réversible » fonctionne comme un insecticide vivant, car les moustiques sauvages reviennent lorsque l’on arrête de traiter la zone. L'aspect réversible, qui devrait rassurer de nombreux sceptiques, implique aussi une production continue et donc un intérêt financier pour le laboratoire.

Quels sont les risques?
La stratégie qui consiste à utiliser des moustiques transgéniques dans le but de contrôler les vecteurs de maladies infectieuses suscite naturellement l'appréhension, voire, à l'instar de certaines ONG, l'opposition. Pour répondre à ces interrogations délicates, nous avons rencontré à St Barthélemy en mai dernier, Richard Adey, chargé du développement de cette technologie pour le laboratoire Oxitec. L'homme, rôdé à ces interventions, a fourni des arguments persuasifs aux inquiétudes de ses détracteurs.
Sur la biodiversité, R.Adey indique que les moustiques Aedes aegypti ont un rôle mineur dans l'écosystème et ne constituent pas une part significative du régime de leurs prédateurs. Leur disparition temporaire ou même définitive n'aurait donc pas d'impact sur la biodiversité. Les moustiques génétiquement modifiés, en raison de leur faible longévité, n'apporteront également aucune modification.
Sur le plan de la santé, en dépit des 0,1% de femelles libérées lors de la dissémination, le manager d'oxitec affirme qu'il n'y a aucun danger pour l'homme ou les animaux. Les moustiques mâles ne piquant pas, les introduire dans l'écosystème ne présenterait donc aucun risque de santé. De plus, comme leur progéniture meurt, aucun moustique génétiquement modifié ne s'installe dans la nature.
Quant à la crainte que la niche écologique laissée par une éventuelle élimination des moustiques Aedes aegypti soit occupée par des espèces plus invasives à l'instar du « moustique-Tigre » (Aedes albopictus), vecteur de la dengue et du chikungunya, R. Adey , rappelle que la méthode est réversible.
Nous n'oublierons toutefois pas, au terme de ce chapitre, que le risque zéro n'existe pas !

Quid de St Barthélemy?
Disséminer à St Barthélemy le moustique OX513A pour lutter contre la dengue et le chikungunya est encore envisageable. Si le laboratoire britannique obtenait une autorisation de mise sur le marché délivrée par l'union européenne (ce qui prendra un certain temps), il aurait l'approbation nécessaire pour mettre en œuvre la technologie sur l'île.
Le cas échéant, la décision finale appartiendra en dernier ressort, aux élus de la Collectivité. Si la question n'est pas à l'ordre du jour, les quelques conseillers sondés, qui n'étaient pas tous au courant du projet, se sont montrés assez sceptiques face à la technologie.
L'espoir est donc mince pour Oxitec!
Outre les terrains scientifique et idéologique, l'hypothèse d'un moustique transgénique à St Barthélemy se jouera sans aucun doute au niveau de l'opinion publique.

-Pour contre balancer cet article, voir aussi : http://www.infogm.org/5914-zika-republique-dominicaine-veut-pas-moustique-OGM-OMS-demande-plus-etude

-A contrario,la Commission de l'UE confirme à Sylvie Goddyn ,députée ENF(Front National),qu'aucun animal génétiquement modifié (GM) et/ou de produits dérivés,n'est (jusqu'à maintenant) autorisé .

Questions parlementaires – Parlement européen

  • Thème : interdire l'importation du saumon transgénique (question avec réponse)

Question avec demande de réponse écrite à la Commission

Article 130 du règlement

Sylvie Goddyn (ENF) - E-004240-16

Après les autorités sanitaires américaines, ce sont les autorités canadiennes qui viennent d'autoriser la mise sur le marché d'un saumon génétiquement modifié qui a pour particularité de grandir deux fois plus vite que le saumon naturel.

Ce saumon transgénique, surnommé «Frankenfish» ou «saumonstre», est le premier animal génétiquement modifié déclaré propre à la consommation humaine.

Tout comme aux États-Unis, les autorités sanitaires canadiennes ont refusé de l'étiqueter comme OGM, au motif qu'il ne présenterait pas de danger en matière de santé et de sécurité.

Les consommateurs ne seront donc pas libres d'opérer un choix entre saumon transgénique et saumon naturel, alors même que son innocuité est loin d'être prouvée et que des souches non stériles qui s'échapperaient mettraient en danger l'écosystème marin.

1. Face à cette menace pour la santé humaine et la biodiversité marine, la Commission compte-elle réagir en interdisant l'importation de saumon transgénique?

2. L'accord économique et commercial global, signé le 26 septembre 2014 entre l'Union européenne et le Canada, permettra-t-il seulement de s'opposer à ces importations?

Réponse donnée par M. Andriukaitis au nom de la Commission - 14 juillet 2016

La Commission confirme qu'aucun animal génétiquement modifié (GM) et/ou produit dérivé n'est autorisé dans l'UE, donc aucune importation d'animaux GM et/ou de produits dérivés n'est autorisée. Cette situation ne sera pas affectée par l'entrée en vigueur de l'accord économique et commercial global entre l'UE et le Canada (AECG).

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2f%2fEP%2f%2fTEXT%2bWQ%2bE-2016-004240%2b0%2bDOC%2bXML%2bV0%2f%2fFR&language=FR

(extrait de la veille juridique d'Inf'OGM, merci à Pauline)

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