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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 07:50
Un lanceur d'alerte Deutsche Bank refuse récompense 8 millions

Etienne Goetz Le 19/08

Un ancien spécialiste de la gestion des risques a révélé des irrégularités au sein de Deutsche Bank. Il refuse la prime offerte par le gendarme boursier américain, qui n’a pas sanctionné les dirigeants de la banque.

Eric Ben-Artzi vient de refuser la récompense de 8,25 millions de dollars que lui offrait la Securities and Exchange Commission (), le gendarme boursier américain, pour avoir révélé des irrégularités comptables au sein de Deutsche Bank. Ce geste de protestation est dirigé contre le régulateur, qui n'a pas réussi à punir les hauts responsables de l'entreprise au moment des faits, et qui a sanctionné les actionnaires en infligeant une amende à la banque

Deutsche Bank : pourquoi le lanceur d'alerte a refusé 8 millions de dollars

Novethic‎

L’ancien responsable de la gestion du risque du géant allemand de Goldman Sachs, Eric Ben-Artzi qui avait révélé les fraudes comptables de la Deutsche Bank vient de refuser une récompense proposée par la SEC (l’autorité des marchés financiers américains) de 8,25 millions de dollars.

Cela représente 15% des 55 millions infligée en mai 2015 à la banque pour avoir sous-estimé le risque de ses positions sur les produits dérivés. Dans une lettre ouverte adressé au Financial Times vendredi 19 août, Eric Ben-Artzi y explique qu’il ne souhaite pas "participer au vol des gens" qu’il était "chargé de protéger" et que les véritables coupables – les dirigeants de Deutsche Bank et les dirigeants de la SEC (Security Stock Exchange) – n’ont pas été sanctionnés.

Selon lui, les 8 millions de dollars doivent donc être attribués aux vraies victimes de la fraude comptable : les employés, qui sont nombreux à avoir perdu leurs emplois, et les actionnaires, qui ont dû payer l’amende prononcée contre la banque.

Dans sa tribune, le lanceur d’alerte dénonce également les effets néfastes du "revolving door", qui consiste à passer du secteur public au privé. Or, le cas de la Deutsche Bank "va bien au-delà de l'histoire typique puisque des hauts juristes de la SEC occupaient des postes seniors au sein de la banque et passaient de l'une à l'autre, quand bien même des enquêtes sur les irrégularités de Deutsche Bank étaient en cours", explique-t-il.

Il dénonce enfin la différence de traitement entre les banques d’importance systémique – les "too big to fail" – telle que la Deutsche Bank, et les plus petits établissements, dont les dirigeants ont fait les frais de la crise financière.

La Deutsche Bank est actuellement citée dans plusieurs milliers de contentieux.

Béatrice Héraud

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