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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 03:48

15 avril 2016

Le CRS, la jeune femme, le coup de pied et la viralité

De nouvelles manifestations contre la réforme du code du travail ont eu lieu le 14 avril à Paris, à Nantes ou à Montpellier. Dans la capitale, une manifestation non autorisée, essentiellement composée de lycéens, est partie de la place de la République pour aller place de Stalingrad, dans le 19e arrondissement, et ensuite repartir vers Bastille, lourdement encadrée par la police tout du long.

Un parcours chaotique pour un cortège de 1 700 personnes où beaucoup d'incidents ont éclaté : jets de projectiles contre les très nombreux CRS, charges et tirs de gaz lacrymogènes en retour, dégradations de matériel. Quatre manifestants et sept policiers ont été blessés.

Le photojournaliste Jan Schmidt-Whitley a immortalisé et résumé la situation tendue en une image. Il était dans le 19e arrondissement lorsque le cortège a été bloqué par les policiers et que des personnes extérieures à la manifestation, assises en terrasse notamment, se sont retrouvées au milieu de la panique.

Une jeune femme s'avance vers un groupe de CRS. Un des hommes sort du groupe et lui donne un coup de pied, assez gratuitement. La scène est aussi filmée.

La jeune femme en question, Tamara, n'était pas une manifestante. Elle a expliqué ce qu'il s'était passé à Buzzfeed :

« J’étais au café Le Conservatoire, avenue Jaurès. Les lycéens avaient fini par charger après avoir été bloqués pendant quarante minutes par les CRS. Forcément, les policiers ont chargé en retour, et toutes les personnes qui se trouvaient en terrasse et d’autres personnes pas du tout impliquées dans la manif, se sont retrouvées au milieu de tout ça.

Ils ont lancé leurs lacrymogènes sans réfléchir sur les personnes en terrasse vu que les lycéens ont vite reculé. Alors j’ai gueulé sur eux en disant aux CRS qu’ils s’en prenaient à n’importe qui, sans réfléchir. Là, je me suis pris un coup violent et non justifié. »

Elle se dit « encore choquée » et prévoit de porter plainte. Le photojournaliste Jan Schmidt-Whitley lui a donné « le PDF avec [ses] photos pour soutenir sa plainte ».

« Oui, elle a insulté les CRS, mais elle n’a rien fait de dangereux et surtout ce n’est pas une manifestante. »

Le 24 mars, un policier avait été filmé en train de frapper un lycéen lors d'incidents en marge d'une manifestation lycéenne à Paris. Il sera jugé pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours. L'IGPN annonçait, quelques jours plus tard, la création « d'un outil recensant, par convention, les blessures sérieuses, les blessures graves et les décès de particuliers survenus à l’occasion ou à la suite de l’exercice des missions de la police nationale », afin « de combattre l’idée trop généralement reçue que les blessures sérieuses ou graves, voire les décès, sont synonymes d’illégitimité de l’usage de la force ou des armes ».

Mèmes partout, justice nulle part

La pose du CRS du 19e arrondissement est très précise, son corps est parfaitement découpé au premier plan. Elle est facile à détourer avec Photoshop. Comme nous sommes en 2016, l'image est devenue un mème dès qu'elle est apparue sur les réseaux. Sa viralité est extrême, comme si c'était une façon de se défouler numériquement.

Certains détournements sont drôles, d'autres pas vraiment, vous pouvez les voir en recherchant #PoseTonCRS.

La photo de Jan Schmidt-Whitley rejoint la lignée d'autres clichés de policiers à la main trop lourde devant des manifestants, clichés qui deviennent, à force de partages, des symboles antiautoritaires. Elle nous a fait penser à deux récentes, en particulier.

Au printemps 2013, la jeunesse de Turquie manifestait, d'abord contre la rénovation du parc Gezi, à Istanbul, puis contre l'ensemble de la politique du gouvernement. Lors d'une manifestation à Istanbul, Ceyda Sungur, une jeune chercheuse, reçoit un jet de lacrymogène à quelques centimètres de son visage, alors qu'elle ne fait rien. La photographie, surréaliste, sera rapidement dupliquée en mèmes numériques, posters, stickers et même en un panneau géant avec un trou à la place de la tête, pour que chacun puisse s'immortaliser sous les lacrymogènes, comme Ceyda Sungur.

En 2011, un groupe d'étudiants manifeste dans l'université de Davis, en Californie, dans le cadre du mouvement #Occupy. La police leur demande de quitter les lieux. Face à leur refus, un des policiers se balade devant le groupe assis par terre, et les arrose nonchalamment de gaz lacrymogène orange.

Là encore, une scène surréaliste, photographiée sous plusieurs angles. Elle donna lieu à son lot de copies virales et d'actes de vengeance. Des hackeurs ont réussi à identifier le policier et ont diffusé ses coordonnées électroniques et téléphoniques, ce qui lui a valu des dizaines de milliers de mails et d'appels d'insulte (le policier en question a reçu un chèque de 38 000 dollars pour « les blessures psychiques subies », plus que les 30 000 dollars reçus par chaque personne qu'il avait nonchalamment gazée). L'université, elle, a dépensé 175 000 dollars depuis 2011 pour « tenter d'effacer du Web toute mention de son nom en lien avec du gaz lacrymogène », selon le Sacramento Bee. En vain, parce que Internet n'oublie jamais.

Luc Vinogradoff

appel : http://stoprepression.unblog.fr/

Un article sur l'annonce de la volonté de prolonger l'état d'urgence http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/04/20/le-gouvernement-veut-prolonger-l-etat-d-urgence-de-deux-mois_4905227_3224.html
Un article qui s'inquiète de l'impunité des forces de l'ordre et sur la force disproportionnée parfois utilisée (flash-ball notamment) http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/14/violences-policieres-un-rapport-denonce-un-risque-d-impunite-des-forces-de-l-ordre_4882121_1653578.html

Les pétitions :
Pour exiger la transparence sur les violences policières : https://www.acatfrance.fr/action/violences-policieres---exigeons-la-transparence
Pour que le gouvernement reconnaisse et condamne les violences policières :
https://www.change.org/p/pour-que-le-gouvernement-reconnaisse-les-violences-polici%C3%A8res
Pour la fin des violences des CRS sur les jeunes :
https://www.change.org/p/manuel-valls-premier-ministre-jeune-manifestant-pass%C3%A9-%C3%A0-tabac-par-des-crs-stop-aux-violences-polici%C3%A8res

L'appel (à signer aussi) paru dans le journal Libération le lundi 18 avril 2016 : "Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable"
http://www.liberation.fr/debats/2016/04/18/un-pouvoir-qui-matraque-la-jeunesse-est-faible-et-meprisable_1446973

Rejoindre le mouvement Nuit Debout : www.nuitdebout.fr

Rejoindre le petit groupe qu'on est en train de former pour mettre en oeuvre des comités locaux d'expression :
Les articles de mon blog pour comprendre la dynamique :
Sur l'opinion publique et l'intérêt des comités locaux d'expression https://eduquemoipartout.wordpress.com/lopinion-du-jeudi/les-gens-lopinion-les-politiques/
Une analyse intitulée "l'heure de foutre le boxon!" https://eduquemoipartout.wordpress.com/lopinion-du-jeudi/lheure-de-foutre-le-boxon/
Un rêve d'une élection présidentielle sans candidat https://eduquemoipartout.wordpress.com/lopinion-du-jeudi/pour-une-election-presidentielle-sans-candidat/
Et le questionnaire pour s'engager dans les comités : https://docs.google.com/forms/d/1jjzNPWK0gFDB67X3ErYKBwpJSFHedvhzifpxXl_zfWI/viewform

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