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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 07:27
Loi Travail : non, merci !

Travail forcé et exploitation coloniale : souvenons-nous !

Il y a soixante-dix ans, le 11 avril 1946, après de nombreux atermoiements, l’Assemblée nationale constituante votait enfin la proposition de loi de Félix Houphouët-Boigny tendant à la suppression « immédiate » du travail forcé dans les colonies françaises.

« L’exploitation [coloniale] a été perpétrée si souvent (…) avec une telle cruauté, par l’homme blanc sur les populations arriérées du monde, qu’on fait preuve (…) d’une insensibilité totale si on ne lui accorde pas la place d’honneur chaque fois que l’on parle du problème colonial. » Karl Polanyi (1944)

Il y a soixante-dix ans, le 11 avril 1946, après de nombreux atermoiements, l’Assemblée nationale constituante votait enfin la proposition de loi de Félix Houphouët-Boigny tendant à la suppression « immédiate » du travail forcé dans les colonies françaises. Quelques jours auparavant, ce député était intervenu à la tribune pour dénoncer la situation des « indigènes » toujours soumis à des formes exceptionnelles et particulièrement brutales d’exploitation. Usant d’une anaphore qui lui a permis de brosser un tableau précis des pratiques coloniales, il déclarait : « il faut avoir vu ces travailleurs usés, squelettiques, couverts de plaies, dans les ambulances ou sur les chantiers ; il faut avoir vu ces milliers d’hommes rassemblés pour le recrutement, tremblant de tout leur corps au passage du médecin chargé de la visite ; il faut avoir assisté à ces fuites éperdues (…) vers la brousse ; (…) il faut avoir vu ces théories d’hommes, de femmes, de filles, défiler silencieusement, le front plissé, le long des chemins, qui mènent au chantier. (…) L’indigène ne peut plus comprendre ni admettre ce servage, cent cinquante après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et cent ans après l’abolition de l’esclavage. »

Précision essentielle : ce travail forcé – tâches de construction, transport de marchandises, entretien des agglomérations… - est imposé de façon autoritaire et souvent violente aux autochtones qui n’ont commis ni crime ni délit. En effet, les hommes et les femmes visés ne sont pas des individus condamnés à une peine privative de liberté prononcée par un tribunal, à laquelle viendrait s’ajouter celle des travaux forcés ; cette obligation concerne les populations civiles de l’empire dont les membres sont « sujets indigènes », soit l’écrasante majorité des individus. Légitimé et défendu, sous la Troisième République, par de nombreux hommes politiques, juristes et professeurs d’université notamment, le travail forcé a, sous différentes formes, été la règle dans les possessions françaises jusqu’à son abolition tardive le 11 avril 1946.

Ainsi fut construit, par exemple, le chemin de fer destiné à relier Brazzaville à Pointe-Noire, sur la côte atlantique. Bilan de cet “exploit”, réputé témoigner de la glorieuse « mise en valeur » du Congo français : 17000 morts « indigènes » pour la réalisation des 140 premiers kilomètres et un taux de mortalité sur ce chantier de 57% en 1928. Qui a livré ce dernier chiffre ? Un anticolonialiste farouche ? Non, le ministre des Colonies, André Maginot, dans une déclaration faite devant une commission ad hoc de la Chambre des députés. L’entreprise chargée des travaux ? La Société de construction des Batignolles dont la prospérité est en partie liée aux nombreux contrats remportés dans les possessions françaises. Son héritier et successeur n’est autre que le groupe bien connu aujourd’hui sous le nom de SPIE-Batignolles. En 2013, Jean Monville, ancien PDG de ce groupe, rappelait benoîtement « la fierté de ce qu’on avait fait dans le passé, de notre professionnalisme et de notre engagement dans nos “aventures” d’outre-mer ». (Le Monde, 21 mai 2013). Nul doute, les descendants de ceux qui sont morts à l’époque apprécieront la délicatesse de ces propos.

Réformé mais jamais véritablement supprimé, le travail forcé a ainsi perduré sous la Troisième République, le régime de Vichy et dans les colonies passées aux côtés de la France libre. A preuve, les orientations soutenues par Félix Eboué, gouverneur général de l’Afrique équatoriale française, pendant la Seconde Guerre mondiale. Souvent présenté comme un grand humaniste, qui a toujours défendu les droits de l’homme, Eboué, comme la majorité de ses pairs, ne s’est jamais prononcé dans ses écrits pour l’abolition immédiate du travail forcé. De même les résistants prestigieux qui, à partir du 30 janvier 1944, se réunissent à Brazzaville pour définir la politique à mettre en œuvre dans les territoires d’outre-mer.

Inaugurée par le général de Gaulle, cette conférence doit prendre une décision relativement à cette forme particulière de labeur. En raison de « l’effort de guerre », les représentants de la France libre, rassemblés dans la capitale du Congo français, décident de prolonger le travail forcé pour une durée de cinq ans ! En métropole, ils n’ont de cesse de dénoncer le Service du travail obligatoire (STO) établi par les autorités de Vichy le 16 février 1943 ; dans les colonies, ils trouvent normal d’imposer aux « indigènes » de vingt à vingt-cinq ans reconnus aptes, mais non incorporés à l’armée, un Service obligatoire du travail (SOT). Subtilité des sigles et triomphe du relativisme politico-juridique. De là ces indignations sélectives et hexagonales cependant que dans les possessions ultra-marines la condamnation cède le pas à l’acceptation.

Rares sont ceux qui, comme la philosophe Simone Weil, ont dénoncé « les déportations massives » des « indigènes » et le recours meurtrier au travail forcé en Afrique française et en Indochine. En dépit de ses protestations, exprimées dès 1943 alors qu’elle a rejoint la Direction de l’Intérieur de la France libre dans la capitale du Royaume-Uni, S. Weil n’a pas été entendue. Tout comme André Gide et Albert Londres une quinzaine d’années auparavant. Voilà qui aide à comprendre les lenteurs de l’Assemblée nationale constituante à la Libération.

Joli tableau, n’est-il pas, de la très glorieuse colonisation française toujours présentée, par de nombreux contemporains, comme une entreprise généreuse destinée à apporter la civilisation aux peuples qui en ignoraient jusque-là les bienfaits. Cette sinistre réécriture de l’histoire prospère avec la caution de quelques faiseurs de livres – A. Finkielkraut, P. Bruckner et E. Zemmour, notamment – qui prennent leur ignorance et leurs audaces prétendues pour de brillantes découvertes. Ils n’hésitent pas à se dire amis de la connaissance et de la vérité ; sur ces sujets, comme sur beaucoup d’autres, ils ne sont que de vulgaires idéologues qui traitent les faits établis en chiens crevés. Demeurent de pauvres écholalies qui réhabilitent un discours impérial-républicain forgé sous la Troisième République. Audaces intellectuelles ? Stupéfiante régression et grand retour du roman national.

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Bourdieu au travail

À propos de : Maxime Quijoux, dir., Bourdieu et le travail, Presses Universitaires de Rennes

par Jérémy Sinigaglia , le 15 avril

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L’œuvre de Pierre Bourdieu ne cesse de nourrir les débats intellectuels jusqu’à aujourd’hui. Un ouvrage collectif dirigé par Maxime Quijoux examine la place apparemment marginale du travail dans les travaux du sociologue.

Maxime Quijoux, 2015, Bourdieu et le travail, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 369 p., 20€.

Plus de dix ans après la mort de Pierre Bourdieu, en 2002, son œuvre continue à alimenter la discussion scientifique. L’intense actualité éditoriale des trois dernières années le montre : publication de ses cours au Collège de France, bilans théoriques et méthodologiques, retour critique sur La distinction [1], réflexion sur les usages de ses concepts en sociologie économique ou encore sur la place qu’occupe sa sociologie dans les sciences sociales aujourd’hui. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’ouvrage dirigé par Maxime Quijoux.

À l’origine de cet ouvrage, il y a un constat, celui d’une « double absence » : « le travail dans la sociologie de Bourdieu et Bourdieu dans la sociologie du travail » (p. 15). Autrement dit, la rencontre ne se serait pas produite entre le sociologue français le plus influent de la deuxième moitié du XXe siècle et le domaine de recherche le plus développé de la sociologie en France à la même période. L’intérêt de cet ouvrage est alors double : d’une part, il consiste à chercher dans l’œuvre de Bourdieu les traces d’une analyse du travail et plus largement les réflexions et outils utiles à l’analyse de ses transformations contemporaines. D’autre part, il réunit une série d’illustrations (et parfois de discussions) empiriques des usages récents des concepts élaborés par Bourdieu pour analyser ce qu’il a nommé lui-même la « double vérité », à la fois objective et subjective, du travail [2].

La sociogenèse d’un « habitus économique »

Comme le note justement Quijoux dans la première partie de l’ouvrage, Pierre Bourdieu propose moins, dans ses premières enquêtes réalisées en Algérie (notamment de Travail et travailleurs en Algérie publié en 1964 avec Darbel, Rivet et Seibel), une sociologie du travail, au sens où elle se développe alors en France (c’est-à-dire pour l’essentiel une sociologie du travail ouvrier industriel), qu’une anthropologie du salariat, cherchant à saisir les conditions sociohistoriques de l’émergence des échanges marchands dans un contexte d’après-guerre marqué par la décolonisation et l’émergence du capitalisme. L’ouvrage contient à ce sujet une conférence de Bourdieu à un colloque organisé par T. Yacine en 1997, dans laquelle il revient de manière très éclairante sur le contexte sociohistorique de ses recherches sur les modalités et les enjeux du passage d’une économie précapitaliste à une économie capitaliste. En faisant la sociogenèse du travail salarié, contre les définitions anthropologiques non historicisées du travail, Bourdieu fournit ainsi des éléments pour rendre compte de la constitution d’un « habitus économique », c’est-à-dire l’ensemble des dispositions à penser et à agir dans le cadre de ces échanges marchands (qu’il s’agisse d’échanger des produits, des services ou de la force de travail), que « la théorie économique a enfermé dans la rationalité intemporelle de l’homo economicus » (p. 128).

Les concepts de reproduction sociale, d’habitus et de champ permettent plus précisément encore de poser la question de la « fabrique du travailleur » (p. 41). Bourdieu fournit en effet des outils pour penser la socialisation professionnelle, en montrant par exemple que l’institution scolaire contribue « à légitimer les trajectoires et les positions sociales » (p. 44) et à déterminer la place dans la division sociale du travail. De ce point de vue, si la division du travail participe clairement de la reproduction des inégalités sociales, l’acquisition de dispositions rationnelles que suppose le salariat en fait paradoxalement « la seule condition d’une transformation de l’habitus, et, par conséquent, d’une possible émancipation » (p. 63). Les contributions de la deuxième partie de l’ouvrage prolongent ce questionnement en revenant sur les apports des enquêtes de la période algérienne. Fabien Sacriste, analysant l’opposition entre travail traditionnel et travail salarié, met l’accent sur la transformation du rapport au temps qu’impose le développement du capitalisme au travailleur : « prévoyance traditionnelle » versus « champ de possibilités ouvertes » (p. 105), cycle versus conjoncture, équilibre versus instabilité. Claude Didry, dans un texte consacré à « l’idée de travail » (p. 113), souligne justement le fait que ce que les recherches de Bourdieu suggèrent, c’est « l’historicité du travail comme activité productive et source d’un revenu régulier » (p. 128).

« Habitus professionnels » et rapports de domination au travail

Les trois parties suivantes constituent des mises à l’épreuve de la théorie de Bourdieu dans différents domaines d’étude. Les contributions montrent que la sociologie bourdieusienne fournit des outils utiles pour penser les trajectoires professionnelles et les rapports de force et de domination au travail.

Le premier de ces domaines d’étude, que Bourdieu a largement contribué à alimenter, concerne la sociologie du travail et des professions intellectuelles et artistiques. Nicolas Sembel propose une reconstruction de l’objet paradoxalement « peu visible » (p. 135) du travail enseignant dans une série de travaux de Bourdieu. Il montre que si l’auteur a donné des clés pour analyser le travail enseignant, c’est, d’une part, de manière transversale, en rendant compte du fonctionnement de l’institution scolaire et, d’autre part, de manière plus intime, en disant des choses de son propre rapport « auto-objectivé » à l’école. Wenceslas Lizé et Delphine Naudier analysent ensuite l’activité des intermédiaires culturels (médiateurs, prescripteurs, diffuseurs), dont le développement et la professionnalisation témoignent de la « montée en puissance des intérêts économiques » au sein du champ artistique (p. 160). Ils montrent que le « marché du travail artistique » produit une transformation des habitus professionnels des intermédiaires en tant qu’« opérateurs de marché », mais aussi des artistes qu’ils représentent en les incitant à devenir « entrepreneurs d’eux-mêmes » (p. 166). Partant d’une recherche sur les danseurs contemporains, Pierre Emmanuel Sorignet explique comment la sociologie de Bourdieu l’a conduit à produire une « sociologie de la croyance » (dans la vocation, le talent, etc.) en rupture avec les théories alors dominantes. Marc Perrenoud montre enfin comment, dans ses différentes enquêtes (des musiciens aux informaticiens, en passant par les artisans et les agents de sécurité), il a tenté d’articuler une sociologie du travail interactionniste et une sociologie des biens symboliques afin d’analyser le rapport au travail dans toutes ses dimensions, objectives et subjectives.

La quatrième partie regroupe des textes mobilisant les notions d’habitus et de trajectoire sociale sur des terrains variés. Cécile Rabot analyse la manière dont les bibliothécaires pensent et pratiquent leur travail et identifie un « habitus de bibliothécaire », caractérisant des agents occupant une position dominée à la fois dans les champs littéraire, éducatif et des politiques culturelles. Cet habitus est le produit de socialisations qui renvoient d’une part aux origines et aux trajectoires sociales, et d’autre part aux modes d’organisation du travail des bibliothèques. Yohan Selponi s’intéresse de la même manière aux infirmières scolaires, mettant en lien les habitus des agents et leurs pratiques et investissements professionnels. Le travail de Thibaut Menoux sur les concierges d’hôtel de luxe permet ensuite d’analyser la rencontre entre un habitus de classe très souvent populaire et des situations de travail impliquant l’acquisition de goûts et de dispositions propres à la haute bourgeoisie (« la vie de champagne avec un salaire de bière », p. 258) ; ici c’est la « théorie de la culture » de Bourdieu (légitimation, stratégies de distinction) qui est mise au service d’une sociologie du travail. Rémy Caveng interroge l’existence et les modalités de constitution de « dispositions à la précarité » (p. 267), à partir du cas des travailleurs des entreprises de sondage. Il montre qu’il n’y a pas « d’habitus de vacataires » mais bien des façons différentes de vivre l’instabilité de l’emploi, variant en fonction des ressources et des dispositions que possèdent les agents et se traduisant par des formes d’attachement variables au salariat.

La dernière partie réunit des contributions portant sur les formes contemporaines de la domination au travail. Laurence Proteau s’intéresse aux logiques du sens pratique policier, c’est-à-dire à la manière dont « se fabrique l’habitus de policier dans l’ordinaire des relations de travail » (p. 289). Elle met notamment l’accent sur les conditions de la transformation des « dispositions socialement acquises en habitus professionnel » (p. 290) et plus largement de l’adhésion, plus ou moins consciente, à un ensemble de valeurs et de pratiques. De la même manière, Lucie Goussard montre que le degré d’ajustement des cadres aux injonctions managériales, caractérisant le « nouvel esprit du capitalisme », varie selon le type et le volume de capitaux possédés. Cet élément étant corrélé à la position sociale d’origine des agents, les cadres d’origine populaire se trouvent souvent être les plus vulnérables. Au croisement de la sociologie du travail et de la sociologie des mouvements sociaux, Sophie Béroud interroge la pertinence du concept de « champ syndical », invitant à intégrer à l’analyse les propriétés et les relations des agents et des organisations qui agissent dans cet espace, mais aussi à retracer la genèse de cette activité sociale particulière et les conditions de son autonomisation. Enfin la contribution de Michael Burawoy propose une réflexion sur la notion de domination au travail, partant d’une lecture critique des écrits du marxiste Antonio Gramsci (en particulier ses réflexions sur l’hégémonie et la fabrique du consentement) et de « La double vérité du travail » de Bourdieu (mettant l’accent sur la domination symbolique comme nécessaire dissimulation de l’exploitation du travail). L’auteur, jugeant le premier trop optimiste et le second trop pessimiste quant aux possibilités d’émancipation, propose sa propre théorie du changement social. Selon lui, la mystification de l’exploitation est moins ancrée que ne le dit Bourdieu et dans certaines conditions, les individus peuvent être amenés à prendre conscience de leur domination et à la contester.

Le « champ du travail », un concept heuristique ?

Un autre intérêt de l’ouvrage est la proposition théorique de Maxime Quijoux consistant à analyser le travail comme un champ (p. 54 et sq.). La notion de « champ du travail » n’apparait pas chez Bourdieu, mais l’auteur revendique légitimement un travail d’interprétation des textes, s’appuyant d’ailleurs sur Bourdieu lui-même pour s’autoriser cet exercice (p. 21). On peut néanmoins s’interroger sur le caractère opératoire de ce qui peut apparaître comme un usage « mou » du concept de champ, dont l’intérêt tient au fait qu’il permet de penser les relations sociales de manière située. Car de quoi parle-t-on ? De quel « travail » ? Peut-on vraiment parler du « travail » en général, indépendamment de la manière dont cette notion se décline dans des espaces sociaux concrets ? Selon Bourdieu, un champ est avant tout un domaine de la vie sociale qui s’est progressivement autonomisé (toujours relativement), constituant une sorte de microcosme. Autrement dit, les champs correspondent à des ensembles d’activités précis et situés socialement : les activités économiques, artistiques, intellectuelles, etc. Dans chacun des champs correspondants, on trouve effectivement du travail.

La notion de travail apparait ainsi très largement transversale aux différents champs qui composent l’espace social et se pose en des termes qu’il est difficile de considérer a priori comme équivalents. Par ailleurs, définir le travail comme un champ supposerait de pouvoir en déterminer l’enjeu central, ce pour quoi les agents entrent dans des relations de coopération et de concurrence. Cela supposerait aussi de pouvoir définir les frontières de cet espace, de déterminer les droits d’entrée, le capital spécifique à ce champ, etc. De la même manière qu’on observe bien, dans les différents chapitres de l’ouvrage, que la notion d’« habitus professionnel » (p. 51-54) n’est intéressante que lorsqu’elle est associée à un espace d’activité précis (l’habitus professionnel de l’enseignant, du policier, du peintre, etc.), on peut penser qu’il en va de même pour la notion de « champ du travail » : elle n’est intéressante que si elle permet de rendre compte de relations objectives et de situations concrètes de travail.

En conclusion, cet ouvrage collectif, qui évite le double écueil de l’exégèse et de l’orthodoxie théorique (même si les réflexions sur les limites du cadre conceptuel élaboré par Bourdieu sont au final assez rares), présente donc l’intérêt principal de montrer la diversité des usages des concepts de Bourdieu pour étudier le travail dans ses différentes dimensions. Il apparaît ainsi que la question de départ est en partie rhétorique puisque, de fait, cette « double absence » n’est qu’apparente.

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