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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 08:06

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SIONISME ET ANTISÉMITISME : DES JUMEAUX POLITIQUES RACISTES

mercredi 10 février 2016 par J-Big

Traduction d’un texte de J-Big = Jews for Boycotting Israeli Goods, association de Juifs britanniques soutenant l’appel palestinien à BDS

Le mouvement pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens lutte contre l’occupation israélienne, la colonisation des territoires arabes par Israël et son système d’apartheid. La campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) vise l’état d’Israël, les institutions et les entreprises israéliennes complices des crimes d’Israël. BDS est devenu, pour des gens de divers horizons, un moyen efficace d’exprimer leur mobilisation humanitaire et antiraciste en solidarité avec la Palestine.

Constatant la force de BDS, les défenseurs d’Israël accusent régulièrement le mouvement d’antisémitisme. Ils utilisent leur arme favorite pour intimider et faire taire les détracteurs d’Israël, y compris des antisionistes juifs, qui sont considérés comme des « Juifs atteints de haine de soi. »

Cet exposé a été écrit par et pour des militants de BDS, pour expliquer comment l’accusation d’antisémitisme s’applique au sionisme lui-même. En effet, ils sont des jumeaux politiques racistes. Comprendre leur interdépendance aidera à renforcer le mouvement BDS et à élaborer une stratégie.

L’antisémitisme présenté comme éternel

Le sionisme a toujours fait valoir que l’antisémitisme était inné chez les non-Juifs et qu’il persisterait donc toujours. Selon Leo Pinsker, le fondateur du mouvement Hovevei Zion (les Amants de Sion) au 19ème siècle, « la judéophobie est une maladie mentale. En tant que maladie mentale, elle est héréditaire, et en tant que maladie transmise depuis deux mille ans, elle est incurable. » Sur cette base, l’antisémitisme ne pouvait pas être éliminé, donc le combattre était inutile.

Le fondateur du sionisme politique, Theodor Herzl, a écrit dans son journal de 1895 : « A Paris … j’ai constaté qu’il était inutile et vain d’essayer de « combattre » l’antisémitisme ». Il a aussi écrit que « les antisémites seront nos amis les plus fiables, les pays antisémites nos alliés » , c’est-à-dire en encourageant l’immigration juive en Palestine. Selon Jacob Klatzkin, rédacteur en chef entre 1909 et 1911 de Die Welt, le journal sioniste officiel : « Nous sommes … naturellement des étrangers. Nous sommes une nation étrangère parmi vous, et nous voulons le rester. »

Les sionistes de la première heure ont accepté les stéréotypes qui étaient répandus à l’époque : que les Juifs, en particulier les Juifs d’Europe de l’Est, étaient rétrogrades. On considérait qu’ils étaient devenus arriérés parce qu’ils n’avaient pas de patrie, donc leur installation en Palestine les élèveraient et les purifierait. Par exemple, Pinhas Rosenbluth, devenu plus tard Ministre de la justice d’Israël, a écrit que la Palestine était « un établissement de fumigation de la vermine juive. » Considérant les Juifs comme de la « poussière humaine », les sionistes ont voulu les sauver par la aliyah (« ascension », c’est-à-dire l’immigration sur l’ancienne terre d’Israël (Eretz Yisrael).

Les sionistes, tout comme les antisémites européens, étaient d’avis que les Juifs n’étaient pas à leur place et qu’on devait les aider ou même faire pression sur eux pour qu’ils quittent l’Europe. Mais la plupart des Juifs rejetaient cette idée. En 1897, le premier Congrès sioniste a dû partir de Munich et s’installer à Bâle, en Suisse, parce que les Juifs, à Munich, considéraient le sionisme comme antisémite et craignaient qu’il ne porte atteinte à leurs droits civiques en Allemagne.

Le soutien antisémite à la création d’un Etat Juif

Le sionisme a toujours dépendu du soutien des élites antisémites. Avant même que des organisations sionistes juives se soient développées, le sionisme politique a été encouragé par des impérialistes européens du 19ème siècle comme Lord Palmerston, Lord Shaftesbury, Benjamin Disraeli et Ernest Laharanne, secrétaire de Napoléon III. Beaucoup de chrétiens croyaient que l’immigration juive en Palestine entraînerait la Seconde Venue du Christ, indiquée dans la prophétie biblique. De manière plus pragmatique, une future patrie juive représentait pour eux un avant-poste impérial britannique : « un “ petit Ulster juif loyal ” dans une mer d’arabisme potentiellement hostile », selon le premier gouverneur militaire de Jérusalem.

De tels motifs politiques justifient la fameuse « Déclaration de Balfour » de 1917, le Ministre des Affaires étrangères britannique, Arthur James Balfour (un sioniste chrétien), se disant favorable à « la création en Palestine d’un foyer national pour le peuple Juif. » Tous les autres peuples ont été considérés comme appartenant aux « communautés non-juives. »

La seule opposition au sein de son cabinet est venue de son unique membre juif, Edwin Montagu, qui a averti que le plan mènerait à une discrimination envers les non-Juifs en Palestine et envers les Juifs ailleurs.

Dix ans plus tôt, en tant que Premier ministre, Balfour avait promu la Loi sur les étrangers de 1905, dont le but était d’empêcher l’immigration de réfugiés juifs qui fuyaient les pogroms tsaristes en Russie. Il voulait plutôt qu’ils aillent en Palestine. Il a mis en garde contre « les maux indéniables qui se sont abattus sur le pays [la Grande-Bretagne] à cause d’une immigration qui a été en grande partie juive. »

Affaiblir un boycott anti-Nazi

Les sionistes ont souvent fait valoir que seul leur propre état peut protéger les Juifs des agressions antisémites. D’ailleurs, au début du Troisième Reich, les Nazis et les organisations sionistes partageaient la même vision sur la séparation juive.

En essayant de séparer les Juifs du reste de l’humanité, les sionistes ont fait des choix destructeurs.

Quand l’Allemagne nazie a promulgué des lois antisémites et encouragé les agressions physiques sur les Juifs, la diaspora juive, dans d’autres pays, a organisé une campagne efficace pour un boycott international. De grands rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses villes du monde. Aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens, des grands magasins ont annulé des commandes de produits allemands et trouvé d’autres fournisseurs.

Pour vaincre le boycott, le régime nazi avait pour complice l’Organisation Sioniste Mondiale (OSM). Dans l’Accord de transfert (Haavara) de mars 1933, l’OSM s’est activement opposée au boycott ; en contrepartie, les Nazis ont laissé certains Juifs riches et leurs biens partir en Palestine. La valeur du transfert s’est élevée à l’équivalent d’au moins 30 millions de dollars de biens allemands, faisant ainsi d’Hitler un important soutien économique du projet sioniste. L’accord devait « porter un coup au cœur du boycott anti-Nazi mené par des Juifs », d’après l’historien Edwin Black. 13 Des membres du Congrès juif mondial ont voulu continuer le boycott, mais la direction du Congrès n’a pas tardé à se joindre à l’effort de l’OSM pour l’affaiblir.

Le sionisme tire avantage de l’antisémitisme en Pologne

Au milieu des années 30, le gouvernement polonais a aussi pris des mesures contre les Juifs du pays en promulguant des lois inspirées des Lois raciales de Nuremberg de l’Allemagne nazie. Par exemple, de nouvelles lois ont posé des restrictions à l’abattage kascher du bétail et exclu les Juifs de certaines professions. Le régime polonais a aussi négocié avec la France pour fonder une « colonie juive » à Madagascar et pouvoir y envoyer des Juifs polonais. 14 Ces mesures ainsi que l’antisémitisme de l’Eglise catholique ont renforcé le mouvement sioniste polonais.

Betar, un mouvement sioniste révisionniste de droite qui s’opposait aux syndicats, a travaillé avec des antisémites dans l’armée polonaise à partir de 1930. Des officiers haut-gradés ont entraîné en secret les recrues de Betar, dont la plupart a immigré en Palestine avant la fin de la décennie pour y rejoindre les forces armées sionistes. Néanmoins, le sionisme polonais a rencontré une forte opposition de la part du Bund, parti socialiste juif laïc, qui avait beaucoup plus d’influence que les autres partis juifs de Pologne.

De l’Holocauste au « Nouveau Juif »

Le sionisme était une force politique minoritaire chez les Juifs européens jusqu’à ce que six millions d’entre eux soient tués par les Nazis. Avec l’Holocauste, les initiatives des sionistes en vue d’obtenir un soutien international pour la création d’un état juif en Palestine se sont intensifiées. La plupart des réfugiés juifs voulaient fuir en Europe de l’Ouest ou aux Etats-Unis mais les contrôles aux frontières (avec le soutien des organisations sionistes) les en empêchaient, et ils ont donc migré en Palestine.

La colonisation sioniste a dépendu d’institutions racistes qui existent toujours aujourd’hui. L’Agence juive promeut l’immigration des Juifs en Israël. Le Fonds national juif attribue toujours les terres israéliennes exclusivement à des Juifs.La Histadrout (souvent définie à tort comme un « syndicat ») est en réalité une entreprise qui promeut « la main-d’œuvre exclusivement hébraïque ». La « Loi du retour » israélienne offre la citoyenneté à tous les Juifs, d’où qu’ils viennent.

Les milices sionistes ont attaqué les civils palestiniens dans les années 40 jusqu’à la déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. En 1947 et 1948, cette campagne de terreur a expulsé plus de 700 000 Palestiniens de leurs foyers. Plusieurs massacres ont fait fuir des Palestiniens paniqués de leurs terres.

Un « état d’urgence » officiel a empêché des réfugiés d’exercer leur droit de retour, violant ainsi jusqu’à ce jour le droit international. La colonisation sioniste ne s’est pas arrêtée à l’occupation des terres du peuple indigène. Plutôt que d’exploiter leur main-d’œuvre, le sionisme a tout fait pour les expulser ou les éliminer, comme les colons européens l’avaient fait avant en Amérique, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Le sionisme a fait en sorte de remplacer la population indigène par des colons, « les Nouveaux Juifs ». Ce projet doublement raciste a discrédité la solidarité ouvrière considérée arriérée, et a voulu remplacer la culture yiddish des immigrés par une culture complètement inventée. L’écrivain israélien Amos Oz explique : « Il y a même des nouvelles berceuses et des nouvelles « légendes anciennes » qui ont été faites par des écrivains enthousiastes », et qui glorifient par exemple l’appropriation des terres par les colons par le biais du travail agricole (comparer les deux affiches).

En tant qu’idéologie fondatrice du colonialisme juif en Palestine, le sionisme a été adopté par de nombreux Juifs, perçu comme une voie vers l’utopie socialiste basée sur le travail collectif et les communautés idéalistes des kibboutz. En réalité, ils ont du faire un choix : soit rompre avec le sionisme, soit accepter son caractère colonial et raciste.

Les avenirs des Juifs : solidarité de classe contre colonialisme de peuplement

(NDLR:Rechercher les images correspondant au titres ci-dessous en cliquant sur :sionisme et antisémitisme : des jumeaux politiques racistes )

Politiques racistes de droite

Comme dans les années 30, le sionisme et les politiques racistes de droite continuent de converger. Sur la scène politique américaine, il y a une alliance entre les sionistes juifs et les sionistes chrétiens fondamentalistes, bien plus nombreux. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, une grande partie des 40 millions d’évangélistes chrétiens croient qu’un « retour » des Juifs en Palestine annonce la Seconde Venue du Christ, l’Armageddon, puis l’Enlèvement de l’Eglise, quand les croyants seront sauvés. Celui qui ne croit pas en cette prophétie, même parmi les Juifs, seront envoyés en enfer. Depuis le 11 Septembre, les sionistes chrétiens considèrent aussi Israël comme une première ligne de défense contre la soi-disant « menace islamiste ».

Les sionistes juifs exploitent cet appui, même quand il est associé à un antisémitisme flagrant. Selon le pasteur John Hagee, président de la Convention baptiste du Sud, « Adolf Hitler était un « chasseur » envoyé par Dieu, chargé d’accélérer la volonté de Dieu de faire recréer par les Juifs un état d’Israël. »

Néanmoins, le soutien de Hagee à Israël a été salué par la Ligue anti-diffamation, dont le but est de combattre l’antisémitisme. De même, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a déclaré, s’exprimant lors d’un rassemblement des Chrétiens unis pour Israël, le lobby de Hagee fort d’un million de membres : « La bonne nouvelle, c’est qu’Israël n’est pas seul ; il a votre soutien ».

Comme aux Etats-Unis, des groupes racistes européens associent l’antisémitisme et le soutien au sionisme.Dans toute l’Europe, la plupart des grands partis racistes sont antisémites, islamophobes et pro-sionistes. Les membres de la Ligue de défense anglaise expriment des opinions antisémites tout en agitant le drapeau d’Israël. Israël a aussi le soutien de Robert Zines, député européen letton du Parti pour la patrie et la liberté, qui a l’habitude de participer à la marche annuelle en mémoire des vétérans SS qui gardaient des camps d’extermination. De même, en Pologne, le parti Droit et justice compte des antisémites pro-israéliens. Michal Kaminski, député européen, soutient pleinement Israël tout en défendant « la bonne réputation de Jedwabne », une ville où des centaines de Juifs ont été brûlés vifs dans une synagogue en 1941.

Equation raciste : sioniste = juif

Le soutien occidental à Israël repose sur bien plus qu’une connivence avec l’antisémitisme. Israël a prouvé son utilité pour étouffer les aspirations nationalistes arabes au contrôle démocratique du Moyen-Orient et de ses ressources naturelles, surtout depuis la guerre de 1967. Les méthodes anti-insurrectionnelles israéliennes ont été largement utilisées par les armées occidentales, par exemple en Irak et en Afghanistan. L’armée israélienne a transformé le Moyen-Orient en un laboratoire pour étendre au niveau mondial des systèmes de surveillance, de contrôle et d’armement. La domination impérialiste associe de près les puissances occidentales à l’état colonial israélien. Régulièrement, l’Occident demande aux Palestiniens « de reconnaître Israël comme un état Juif », assimilant ainsi un peuple à un état. Le Comité américain pour les affaires publiques israéliennes (AIPAC), appelé « le lobby juif » par ses sympathisants, a encouragé cet amalgame.

L’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) a aussi encouragé un amalgame semblable. D’après ce qu’on appelle sa « définition opérationnelle de l’antisémitisme », on pourrait qualifier d’antisémitisme le fait de dénier « au peuple juif son droit à l’autodétermination, notamment en affirmant que l’existence d’un Etat d’Israël est le résultat d’une action raciste ». Depuis que cette définition a été rejetée par le Syndicat britannique des universités et des collèges (UCU), les sionistes font campagne pour que les universités désapprouvent le syndicat. Cela prouve une fois de plus que ce sont les sionistes, et non leurs détracteurs, qui continuent à assimiler leur projet colonial à tous les Juifs. En revendiquant être l’« état des Juifs », Israël implique tous les Juifs dans ses guerres, son occupation, son vol des terres, ses expulsions et ses autres crimes.

A l’image de cette équation, des défenseurs malavisés des Palestiniens ont attribué leur oppression à une conspiration juive internationale, à la « puissance juive », à « un esprit juif », etc. Le journaliste d’extrême-droite Israël Shamir véhicule ces éléments de l’antisémitisme européen traditionnel, soi-disant pour soutenir les Palestiniens. Ces explications occultent l’origine de l’oppression des Palestiniens. Paradoxalement, elles font admettre la revendication sioniste de représenter tous les Juifs et « les valeurs juives ».

Des commentateurs et des militants palestiniens de premier plan rejettent ces soutiens qui nuisent à la cause palestinienne. Des dizaines d’entre eux, dont Ali Abunimah, Joseph Massad, Omar Barghouti et Rafeef Ziadeh, ont dénoncé ceux qui rendent les caractéristiques « juives » responsables de l’oppression des Palestiniens. Comme l’a fait remarquer le Comité national palestinien de BDS, « assimiler Israël au judaïsme mondial … est en soi antisémite ».

C’est une équation qui stéréotype les Juifs, menace leurs droits civiques et met en danger leur identité nationale dans les pays où ils vivent. Elle vient des antisémites qui considéraient les Juifs comme un peuple étranger qui n’avait pas sa place en Europe et avait besoin d’avoir sa propre patrie. Cette équation est contredite par les nombreuses personnes d’origine juive qui soutiennent activement les droits civiques des Palestiniens et jouent un rôle central dans la campagne BDS.

BDS : contre le sionisme et l’antisémitisme

Comprendre que le sionisme et l’antisémitisme sont des jumeaux politiques racistes (parfois même des partenaires dans le crime) conforte l’appel palestinien à BDS. Ses objectifs antiracistes (la libération de l’occupation, la justice pour les réfugiés à qui on refuse le droit de retour et l’égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël) sont mieux servis en ciblant Israël en tant qu’état raciste aligné sur les intérêts politico-économiques des puissances occidentales.

Publié en Janvier 2013. La version diffusée sur le site jews4big.wordpress.com contient les notes avec les références.

Autres lectures sur le sionisme et l’antisémitisme

Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah. La guerre israélo-arabe des récits, Sinbad, Actes Sud, 2007

Edwin Black, The Transfer Agreement : The Dramatic Story of the Pact between the Third Reich and Jewish Palestine, Macmillan, 1984

Lenni Brenner, Le sionisme à l’ère des dictateurs, 1983

Norman Finkelstein, L’Industrie de l’Holocauste, La Fabrique, 2001

David Landy, Jewish Identity and Palestinian Rights, Zed, 2011

Antony Lerman, The Making and Unmaking of a Zionist, Pluto, 2011

Francis Nicosia, The Third Reich and the Palestine Question, Taurus, 1985
Aki Orr, The unJewish State : The Politics of Jewish Identity in Israel. London, Ithaca, 1983
Yakov Rabkin Au nom de la Torah : Une histoire de l’opposition juive au sionisme, Presses de l’Université Laval,‎ 2004
John Rose, The Myths of Zionism, Pluto, 2005
Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard,‎ 2008
Nathan Weinstock, Le Sionisme, faux messie, Paris, 1969

JEWS FOR BOYCOTTING ISRAELI GOODS (J-BIG)
Nous sommes des Juifs résidant au Royaume-Uni qui soutenons l’appel palestinien à la campagne boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour qu’Israël rende compte des décennies de violation du droit international. J-BIG fait partie de Boycott Israel Network (www.boycottisraelnetwork.net).

https://jews4big.wordpress.com

jews4big@gmail.com

Traduction par Elodie C. pour BDS France

Version originale du texte :

https://www.dropbox.com/s/qmtr7750m1h5g3u/2013-01-15-jbig-briefing-web.pdf

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      Communiqué de l’AFPS, mercredi 16 mars 2016

      La méthode est éprouvée. Un matin des Palestiniens découvrent un panneau annonçant une nouvelle confiscation de terres pour permettre une avancée de la colonisation.

      Ce fut le cas le 15 mars lorsque des Palestiniens de la vallée du Jourdain sont tombés sur un panneau affichant un document daté du 10, annonçant la confiscation de 234 hectares entre Jéricho et la Mer morte. Information par ailleurs diffusée par la radio militaire israélienne et confirmée par l’ONG israélienne « La Paix maintenant » et son observatoire de la colonisation.

      L’événement coïncidait avec l’annonce par Israël d’une « reprise du dialogue avec l’Union européenne » suite à une conversation téléphonique entre Netanyahou et Federica Mogherini, responsable de la diplomatie européenne.

      Les voleurs, comme chacun sait, étant amateurs de procédure ont pris soin de signer l’avis de confiscation du nom d’un responsable répondant au titre ronflant de "superviseur de la propriété de l’Etat et des propriétés abandonnées en Judée et Samarie". Superviseur en chef des terres volées de Cisjordanie.

      234 hectares, c’est la plus grande confiscation de terres depuis deux ans qui vient s’ajouter à celle de 154 hectares de terres cultivables en janvier, toujours dans la région de Jéricho.

      Ainsi le gouvernement israélien conduit-il méthodiquement le dépeçage de la Palestine, se sachant assuré d’une totale impunité. On n’ose attendre les réactions françaises après les propos du Premier ministre Valls au dîner du CRIF assimilant ignominieusement antisémitisme et antisionisme (entendre par là critique politique de l’Etat d’Israël) et annonçant des dispositions taillées sur mesure pour museler le mouvement de solidarité avec la Palestine dans la future loi « Egalité et citoyenneté ».

      Sur le terrain, on voit mal pourquoi les autorités israéliennes renonceraient à poursuivre et amplifier leurs exactions alors que l’Union européenne renonce à demander réparation pour les destructions d’habitations, d’écoles, de bâtiments agricoles qu’elle a financés.

      La question posée aujourd’hui à la France, comme aux autres pays de l’Union européenne, est de savoir si oui ou non elle donne son feu vert à Netanyahou pour poursuivre une politique qui mène au chaos. S’y opposer au contraire suppose de prendre sans délai des sanctions effectives contre l’Etat d’Israël comme autant de mesures d’urgence pour laisser une chance à la paix.

      Le Bureau national

    • Note "George Orwell,"de l'administration du blog, le 21 mars 1940 George Orwell publie l'article «“Mein Kampf” d’Adolph Hitler» sur la respectabilité dans la brutalité ,la rigidité d’esprit, la puissance émotionnelle,du chef du parti Nazi !

      Version imprimable de Mein Kampf (Orwell)

      George Orwell

      Mein Kampf d’Adolph Hitler

      New English Weekly, 21 mars 1940

      (Traduction d’Anne Krief, Michel Pétris et Jaime Semprun
      in Essais, articles, lettres, tome 2, éditions de l’EDN)

      Pour mesurer à quelle vitesse la situation évolue, il suffit de se reporter à la version non expurgée de Mein Kampf qui avait été publiée il y a seulement un an par Hurst et Blackett dans une perspective prohitlérienne. La préface et les notes du traducteur étaient rédigées dans l’intention évidente d’atténuer la brutalité du livre et de présenter Hitler sous un jour aussi aimable que possible. Car à l’époque, Hitler était encore un homme digne de respect. Il avait écrasé le mouvement ouvrier allemand, et pour l’en remercier, les classes possédantes étaient prêtes à lui pardonner à peu près n’importe quoi. La gauche et la droite s’accordaient sur l’idée très superficielle que le national-socialisme n’était qu’un nouvel avatar du conservatisme.

      Puis, brusquement, on s’est avisé que Hitler n’était pas si respectable que ça. En conséquence, le livre de Hurst et Blackett est reparu sous une nouvelle jaquette où l’on expliquait que tous les bénéfices tirés de la vente seraient versés à la Croix-Rouge. Pourtant, le seul contenu de Mein Kampf rend difficile à croire qu’un quelconque changement soit intervenu dans les opinions et visées de Hitler. Quand on compare les déclarations qu’il faisait il y a environ un an et ce qu’il disait quinze ans plus tôt, on est frappé par sa rigidité d’esprit, par la façon dont sa vision du monde est réfractaire à toute évolution. C’est l’idée fixe d’un monomane, que ne sauraient remettre en cause les aléas tactiques d’une politique de force. Il est probable que dans l’esprit de Hitler, le pacte germano-soviétique n’est guère qu’un simple aménagement du calendrier qu’il avait établi. Le plan exposé dans Mein Kampf prévoyait d’écraser d’abord la Russie, avec l’intention implicite de se retourner ensuite contre l’Angleterre. Il s’est trouvé qu’il a fallu commencer par s’occuper de l’Angleterre, parce que la Russie était plus facile à acheter. Mais le tour de la Russie viendra dès que le sort de l’Angleterre aura été réglé – c’est ainsi, sans nul doute, que Hitler voit les choses. Les événements suivront-ils bien ce cours, c’est évidemment une autre question.

      Supposons que Hitler parvienne à réaliser son programme. Ce qu’il prévoit, dans une centaine d’années, c’est un immense État où deux cent cinquante millions d’Allemands disposeraient de tout l’« espace vital » désirable (État qui s’étendrait donc plus ou moins jusqu’à l’Afghanistan), un effrayant empire à la population décervelée où toute la vie se réduirait à former les jeunes gens à la guerre et à mettre au monde toujours plus de chair à canon. Comment Hitler a-t-il pu donner à un projet aussi monstrueux un début de réalisation ? Il ne suffit pas de dire qu’à un moment de sa vie, il a reçu l’aide financière des magnats de l’industrie lourde qui voyaient en lui l’homme capable d’écraser socialistes et communistes. Car ces magnats ne l’auraient jamais soutenu si son programme n’avait pas déjà rallié un grand nombre de partisans. Il est certain qu’avec ses sept millions de chômeurs, l’Allemagne était un terrain rêvé pour les démagogues. Mais Hitler ne l’aurait jamais emporté sur ses nombreux rivaux sans cette fascination exercée par sa personnalité, qui transparaît même à travers le style maladroit de Mein Kampf et qui est assurément des plus prenante si l’on écoute ses discours. Je me dois de signaler que Hitler ne m’a jamais inspiré de véritable aversion. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir (jusque-là, je le tenais, à tort mais comme la plupart des gens, pour quantité négligeable), je me suis souvent dit que je le tuerais certainement si l’occasion m’en était offerte, mais je me suis trouvé incapable d’éprouver la moindre animosité personnelle à son égard. Le fait est qu’il a quelque chose d’envoûtant ; on le sent sur les photographies. À cet égard, je recommande tout particulièrement la photo qui figure en tête de l’édition Hurst et Blackett, où l’on voit Hitler au tout début des Chemises brunes (1). Il a le visage pathétique d’un chien battu, le visage d’un homme victime d’intolérables vexations. Un visage où l’on retrouve, en plus viril, l’expression que d’innombrables peintres ont prêtée au Christ sur la croix, et il ne fait guère de doute que c’est ainsi que Hitler se voit lui-même. On ne peut qu’émettre des hypothèses sur ses raisons personnelles d’en vouloir au monde entier. Mais le tort qu’on lui a fait est bien là, perceptible. Hitler est le martyr, la victime ; Prométhée enchaîné à son rocher, le héros avide de sacrifice qui livre à mains nues un combat sans espoir. S’il tuait une souris, il arriverait à lui donner les apparences d’un dragon. On a le sentiment, comme avec Napoléon, qu’il se bat contre le destin, qu’il ne peut pas gagner – et que pourtant, d’une certaine façon, il le mériterait. Une telle pose exerce, bien sûr, un violent attrait : la moitié des films qu’on peut voir tournent autour de ce thème.

      Par ailleurs, il a compris la fausseté de la conception hédoniste de la vie. La quasi-totalité de la pensée occidentale depuis la dernière guerre, la totalité en tout cas de la pensée « progressiste », a toujours implicitement supposé que l’être humain ne désirait rien d’autre que le bien-être, la sécurité et l’absence de souffrance. Une telle conception de la vie ne laisse aucune place à des valeurs telles que le patriotisme ou les vertus guerrières. Le socialiste qui surprend ses enfants à jouer avec des petits soldats a généralement un haut-le-corps, mais il est incapable de trouver un substitut aux soldats de plomb. Des pacifistes en plomb ne seraient guère attrayants. La désolation intérieure qui est celle de Hitler lui fait ressentir avec une force exceptionnelle cette vérité que l’être humain ne veut pas seulement le confort, la sécurité, la réduction des heures de travail, l’hygiène, le contrôle des naissances et, d’une manière générale, tout ce qui est conforme au bon sens. Il lui faut aussi, par moments en tout cas, la lutte et le sacrifice, sans parler des drapeaux, tambours et autres démonstrations de loyauté. Quelle que soit leur valeur en tant que doctrines économiques, fascisme et nazisme sont, du point de vue psychologique, infiniment plus pertinents que n’importe quelle conception hédoniste de la vie. Et cela vaut probablement aussi pour le socialisme militarisé de Staline. Les trois grands dictateurs ont, tous trois, consolidé leur pouvoir en accablant de maux les peuples qu’ils gouvernent. Alors que le socialisme, et même le capitalisme sur un mode moins enthousiaste, disait aux gens : « Je vous offre du bon temps », Hitler leur disait : « Je vous offre la lutte, les périls et la mort », avec ce résultat qu’une nation tout entière s’est jetée à ses pieds. Le temps viendra peut-être où ces hommes en auront assez et changeront d’avis, comme on l’a vu à la fin de la dernière guerre. Au bout de quelques années de sang et de famine, « Le plus grand bonheur pour le plus grand nombre » est un bon mot d’ordre, mais en ce moment on lui préfère : « Plutôt une fin effroyable qu’un effroi sans fin. » Aujourd’hui que nous sommes en lutte contre l’homme qui a forgé ce dernier slogan (2), nous aurions tort d’en sous-estimer la puissance émotionnelle.

      Notes

      1. La photo en question (N.d.E.).

      2. Cette phrase a en fait été prononcée le 12 mai 1809, sur la place du marché d’Arneburg, par Ferdinand von Schill, chef des partisans prussiens en lutte contre Napoléon. (N.d.T.)

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