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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 03:29

Communiqué de presse.

La section LDH de Saint-Pons-de-Thomières /Hauts- Cantons est fortement préoccupée
par la crise des migrants. Elle estime que la concession d'une sous traitance Turque de ce désastre humanitaire n'est pas tolérable.

Notre section demande aux dirigeants européens de respecter la déclaration universelle des droits de l'homme en affirmant que:

-" devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays".

-Et que "toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d'un État".

Fait à Saint-Pons-de-Thomières ,le 10 mars 2016.

La Déclaration universelle des droits de l'homme |

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. ... Article 15. 1. Tout individu a droit à une nationalité.

Ce que coûte la crise des réfugiés et la lutte contre le terrorisme à l’Europe (et ce que reçoit la France)..

Migrants: "Quand on ferme une route, elle se déplace"

Par Sabine Syfuss-Arnaud

Voir tous ses articles

Virginie Guiraudon, directrice de recherche au Centre d’études européennes de Sciences Po (CNRS/Sciences Po Paris) évoque la crise des migrants, en cette journée de sommet extraordinaire EU-Turquie, alors que les Européens patinent et qu’Angela Merkel est isolée.

Alors que se tiennent ce mois-ci deux Conseils européens sur les réfugiés, un extraordinaire aujourd’hui 7 mars et un autre la semaine prochaine, les 17 et 18 mars, êtes-vous inquiète?

Oui, très. Il y a encore entre 1.000 et 2.000 arrivées par jour de réfugiés en Grèce. La crise humanitaire est plus que prévisible. On a déjà enregistré davantage d’entrées qu’en 2015 à la même époque, et il y en aura plus encore au printemps et en été, où les arrivées par bateau vont se multiplier avec le beau temps. Surtout si la situation en Syrie ne s’améliore pas! N’oubliez pas qu’il y a presque 7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie. Et que tous les camps sont débordés en Jordanie, au Liban, en Turquie.

Et ce que l’on omet souvent de mentionner, c’est que les Syriens ne sont pas seuls à fuir les conflits et à arriver en Grèce. Il y a aussi beaucoup d’Irakiens, d’Iraniens, de Kurdes, d’Afghans, beaucoup d’autres nationalités massées aux frontières. Je n’ai pas d’indicateurs pour me dire que les chiffres actuels vont baisser. C’est malheureusement plutôt le contraire!

Fermer la route des Balkans, comme cela est proposé par les 28, est-ce la solution, et qu’est-ce que ça veut dire concrètement?

Il y a environ 14.000 personnes à la frontière entre la Grèce et la Macédoine. En fait concrètement, si à Bruxelles on parle de « fermeture », en fait il s’agira plutôt d’un « déplacement ». C’est ce qui se passe depuis de nombreuses années: quand on ferme une route, elle se déplace. Il y a 10 ans, les flux migratoires allaient vers les Iles Canaries, puis ils sont allés vers l’Espagne, puis vers Lampedusa, puis vers la Grèce via la Turquie. Il s’agit d’un déplacement toujours plus à l’Est.

D’ores et déjà, le gouvernement bosniaque a compris que son pays serait la prochaine destination. Il a déclaré qu’il accueillerait un certain nombre de migrants, mais qu’il ne pourrait pas en accueillir énormément. Le problème de ces pays dans les Balkans, c’est qu’ils ne font pas partie de l’Union européenne, qu’ils n’ont signé ni les accords de Schengen ni ceux de Dublin, et que malgré tout, on leur demande de protéger leurs frontières contre les arrivées vers l’Espace Schengen! Alors même qu’ils n’ont pas forcément les moyens administratifs et logistiques pour le faire. De plus, ça ne me paraît pas très original comme solution de dire: on va fermer une frontière. On sait bien que s’ouvrira aussitôt une autre route, plus à l’Est.

Berlin paraît seule sur la scène internationale. Est-ce votre analyse?

L’Allemagne a la voix la plus forte. Elle est aussi la plus mobilisée dans la crise des réfugiés. Elle est, en outre, le pays qui compte le plus grand nombre de bureaucrates et de hauts fonctionnaires qui planchent sur ces questions. Mais elle est assez isolée. En fait, elle est la seule qui continue d’essayer de trouver une solution européenne. Elle a beau être très volontariste, toute seule, il est difficile de faire avancer les choses. Elle espérait davantage de ses partenaires, notamment de ses grands voisins. Mais, la Grande Bretagne est engluée dans le Brexit. C’est dommage, parce que par le passé le Royaume Uni a accueilli beaucoup d’Afghans. C’est un pays où l’intégration par le travail est plus facile, et où les communautés font jouer la solidarité. Mais aujourd’hui le débat sur le référendum parasite tout le reste... La France, elle, est complètement passive. Le président Hollande a déclaré vendredi que nous allions accueillir 30.000 personnes, mais cette promesse a déjà été faite à l’automne. Et à ce jour seul 300 réfugiés sont arrivés.

Les Européens peuvent-ils compter sur la Turquie, surtout après les atteintes ostentatoires aux Droits de l’homme?

La situation des Droits de l’homme y est désastreuse, qu’il s’agisse de la presse ou de la situation des enseignants-chercheurs. Il faut aussi songer à sa situation intérieure. La Turquie a accueilli plus de 2 millions de réfugiés syriens, dont 1,5 million ne sont pas dans des camps, mais répartis dans les villes et les campagnes. C’est une situation compliquée pour le pouvoir.

Sur la scène internationale, s’agissant de la gestion de la crise des réfugiés, la Turquie veut beaucoup plus que les 3 milliards d’euros que l’Union européenne lui a promis. Elle veut surtout que l’Allemagne lui mange dans la main et que l’UE fasse allégeance. Sur le plan symbolique, il y a beaucoup en jeu pour Erdogan qui veut montrer qu’il a repris la main, que les Européens ont besoin de lui.

L’UE est dans la même situation qu’elle a pu l’être avec la Libye au temps de Kadhafi ou qu’elle l’est aujourd’hui avec le Maroc: ce sont des pays qui ne sont pas dans l’Union européenne, mais à qui on demande de jouer le rôle de la frontière de l’Union européenne.

C’est une rente géographique pour la Turquie. Elle peut décider: « j’ouvre, je ferme, je laisse partir, je contrôle -ou pas- ma frontière vers la Grèce ». Elle peut en jouer très longtemps comme l’avait fait la Libye et comme le fait encore le Maroc pour pouvoir négocier autre chose.

C’est une espèce de délégation de souveraineté qui se monnaie. Si la Turquie l’accepte, elle le fera au prix fort. Bien plus fort que ce que les conclusions des sommets auront énoncé officiellement.

Le droit d'asile remis en question, par Cécile Marin

Réfugiés : l'ONU rejette -- en pure perte -- l'accord UE/Turquie - Chroniques du Yéti

> Signez la pétition d'Amnesty international



Les barbelés, les gaz lacrymogènes, les conditions épouvantables de vie aux frontières ne suffisaient pas : les dirigeants européens franchissent un nouveau cap pour « trouver une solution » à la crise de l’accueil des réfugiés.

L’Union européenne est sur le point de conclure, le 18 mars, un marchandage honteux avec la Turquie : elle prévoit de renvoyer vers ce pays les migrants, et les réfugiés syriens, qui ont tenté de rejoindre l’Europe en traversant la mer Egée. En échange, pour chaque Syrien ainsi renvoyé, elle accepterait un autre réfugié syrien depuis la Turquie.

Pour le dire autrement un réfugié syrien ne pourra être accueilli en Europe que si un autre réfugié syrien a risqué sa vie en mer. En contrepartie, l’Union européenne ferme les yeux sur les violations des droits humains des réfugiés en Turquie.

Les réfugiés deviennent donc l'objet d'un marchandage.

S’ils signent cet accord, les dirigeants européens mettent en péril le droit de solliciter l’asile. Pourtant, ce droit est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et les Etats européens sont tenus de respecter la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés. Ils foulent aux pieds les principes et les valeurs de l’UE en mettant en place des expulsions collectives à ses frontières.

La France, qui se proclame terre d’asile, ne peut pas accepter de signer un tel accord.

Notre pays doit, à ce moment précis, porter haut les valeurs de protection, d’accueil et de solidarité avec toutes celles et ceux qui fuient les persécutions et les conflits.

Avec nous

A L'ATTENTION DE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

Monsieur le Président de la République,

Avec l’ensemble des dirigeants européens, vous vous apprêtez à signer un accord honteux avec la Turquie, qui fait des réfugiés un objet de marchandage.

Ce projet d’accord, présenté comme une réponse à la crise des réfugiés, est en réalité attentatoire à la dignité humaine, et contraire aux obligations internationales des pays de l’Union Européenne (UE) en matière d’asile.

L’UE, prix Nobel de la paix, et la France qui se proclame « Terre d’asile », se déshonoreraient et renonceraient à leurs propres valeurs.

La France a aujourd’hui un rôle déterminant à jouer : rappeler les principes qui font de l’UE un espace de sécurité, de liberté et de justice.

Je ne veux pas que mon pays se compromette en signant un tel accord.

Monsieur le Président de la République je vous demande de renoncer à signer ce
t accord avec la Turquie.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

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