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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 06:43

Le monde d'après : la révolution viendra des jeunes... et elle est déjà commencée !

par Pierrick Tillet - Le monde du Yéti

Les vieux croûtons de la génération soixante-huitarde fatiguée — dont je suis ! — passent leur retraite à espérer la révolution qui mettra un terme à leur vieux monde d’avant délabré. Et si, à leur insu, cette révolution était déjà largement entamée par leurs propres enfants ?

« La révolution, elle est là ! » m’a e-mailé ma petite dernière de vingt berges en m’envoyant un lien vers une enquête de l’agence américaine Bloomberg sur le comportement des jeunes d’aujourd’hui.

Sous l’effet de la crise qui les tient sous le joug de l’austérité et de son absence d’horizon — entrée tardive dans la vie active, contrats et boulots précaires, manque d’argent, désillusion — les jeunes de la génération dite des “millennials” (nés entre 1980 et 2000) ont profondément changé de mode de vie par rapport à leurs aînés des années 80.

Vers un nouveau “collectivisme” ?

Finis le job d’avenir, le plan de carrière assuré, la famille “moderne”, la grosse télé plasma, la belle bagnole qui vous classe… Bonjour l’aventure, la coloc, les événements de groupe, les voyages, la musique et les films en streaming, l’économie “partagée”… En bref, les services et les loisirs plutôt que la consommation matérialiste effrénée du monde d’avant.

Bien évidemment, l’agence Bloomberg, rempart zélé du vieux système de valeur consumériste, tente de voir dans ces changements de comportement une opportunité de récupération et de profits pour l’économie capitaliste.

Rien n’est pourtant moins sûr. Fauchés comme les blés, nos “millennials” sont devenus des rois de la débrouille et du tout gratuit ou presque. S’ils font le bonheur de sociétés nouvelles

Le monde d'après : la révolution viendra des jeunes... et elle est déjà commencée !

par Pierrick Tillet - Le monde du Yéti

(Blablacar, Rbnb), ils sont aussi devenus champions des échanges commerciaux non marchands (couchsurfing, logiciels libres, échanges peer to peer…)

En bientôt une décennie, les nouveaux comportements de la jeune génération se sont enracinés dans des habitudes sociales et collectives — collectivistes ? — qui n’a plus rien à voir avec le mode de vie individualiste de la génération précédente. Et les gourous du monde d’avant auront bien du mal à ramener ce troupeau rétif entre les barbelés de leurs Marchés en perdition.

Plus de jeunes que de vieux sur les champs de bataille

Les grognards de la génération 68 ne manquent pas de stigmatiser le manque d’engagement des jeunes pousses, leur apolitisme, leur abstentionnisme forcené, leur apparente indifférence à la vieille machinerie démocratique.

Paix à leurs vieilles artères, car les jeunes d’aujourd’hui n’ont juste plus rien à faire de leurs critères dépassés et d’une démocratie galvaudée qui se donne comme leaders des petites frappes avérées (Sarkozy) et des crétins consommés (Hollande). Leur révolution, les “millennials” la mènent d’abord dans leur coin, en marge d’un vieux monde dont ils n’attendent plus rien.

Les taxer d’indifférence ou de désengagement est faire preuve d’une sacrée myopie. Il y aujourd’hui bien plus de jeunes sur les champs des luttes que de révolutionnaires à cheveux gris. Ce sont les jeunes qui animent les fameuses ZAD (Zones à défendre), cauchemars des lobbies industriels, des syndicats cacochymes façon FNSEA et des politiciens corrompus. Ce sont les jeunes qui paient déjà, à Sivens ou à Notre-Dame des Landes, le plus dur tribut à ces luttes (RIP Rémi Fraisse).

Lumières et Terreur

En réalité, tout semble réuni pour que nous soyons déjà entrés dans une période révolutionnaire cruciale. Les vraies révolutions n’ont rien de ces brusques bouffées de colère romantique façon “Grand soir”, ni d’un savant complot idéologique mené par quelques leaders emblématiques.

Les révolutions commencent toujours par une lente maturation des esprits et des comportements, par la montée d’une insupportable exaspération à l’égard des mondes morts, et parce que la nature a horreur du vide : un monde mort et méprisé par ceux qui sont censés l’animer finit toujours par être remplacé. Le propre d’une révolution, c’est quand le peuple échappe à l’emprise de ses vieilles élites décaties.

Les nouveaux leaders n’apparaissent qu’après, toujours après, pour le meilleur et parfois pour le pire. Car comme toutes les révolutions, la prochaine sera chaotique, avec sa part de Lumières et de Terreur, d’illuminations et de ténèbres. Rappelez-moi donc l’âge d’autres jeunes Français en colère, ces kamikazes partis de leurs banlieues en jihad contre la vieille civilisation occidentale qu’ils exècrent ?

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