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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 10:29

PTCI-TTIP-TAFTA, bref, le grand marché transatlantique

29 Jan 2016

De quoi la déchéance de nationalité est-elle le symbole ?

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On reconnaît que perdre sa nationalité n’arrêtera pas le terroriste-kamikaze puisque de toute façon en se donnant la mort, il la perdra. On convient donc qu’elle sera totalement inefficace pour enrayer le terrorisme. Mais pour la justifier, depuis l’extrême-droite d’où émane cette proposition aux membres du PS qui la soutiennent, en passant par la majorité de la droite, on nous affirme qu’il s’agit avant tout d’un symbole.

Mais le symbole de quoi ? Du refus de céder aux terroristes ? Les Françaises et les Français qui, sans brandir à chaque instant les valeurs républicaines, les pratiquent au quotidien ont montré de mille façons qu’il n’est pas question de céder en rien à l’idéologie mortifère qui anime ces fous de dieu. Et les sacrifices de la Nation qui consent, malgré les choix austéritaires du gouvernement, aux efforts qu’exige la protection des citoyens, illustrent cette détermination.

La déchéance de la nationalité est effectivement un symbole, mais pas celui qu’on veut nous faire admettre. C’est le symbole du renoncement et de l’abandon. Renoncement aux valeurs de la République et à l’une d’entre elle, l’égalité. Abandon d’un héritage, celui des Lumières. Cette mesure est bien dans l’air du temps où triomphent les idées qui se sont opposées à celles des Lumières, où resurgissent les termes du discours de Vichy, où la compétition a remplacé l’émulation, où la concurrence prime sur la solidarité, où l’autre n’est plus regardé comme un humain, mais enfermé dans une catégorie. C’est le triomphe de l’inégalité.

Oui, c’est de l’inégalité triomphante dont la déchéance de la nationalité est le symbole. Inégalité entre Français de souche – comme disent les admirateurs des Le Pen – et Français de papier. Mais au-delà, c’est la marque d’un temps où l’inégalité est à la base des grands choix politiques et économiques. L’inégalité est devenue la caractéristique majeure de notre temps. Jamais on n’a assisté une telle concentration, dans les mains d’une minorité, de la richesse et des moyens de l’accès à la santé, à l’éducation, au bien être, à une vie de qualité. Un processus qui fut un temps interrompu a repris son cours. De nouveau, les riches deviennent toujours plus riches et les autres voient leur condition se dégrader toujours plus. Jamais il n’y a eu autant de richesses accumulées ; jamais elles n’ont été aussi inéquitablement réparties.

Il ne s’agit pas d’un phénomène naturel, qui serait cyclique en quelque sorte. Il s’agit d’une volonté politique. L’idée développée dans des cadres supranationaux comme l’Union européenne ou l’Organisation Mondiale du Commerce que tous les actes de la vie doivent être soumis à la logique du profit a été voulue, négociée et décidée par nos gouvernements successifs. Un monde où la concurrence de tous contre tous appliquée dans des conditions d’inégalité croissante a été mis en place par la volonté de ceux qui nous dirigent et qui obéissent aux ordres du monde des affaires et de la finance.

La lâcheté de la plupart de ceux qui nous représentent et de tous ceux qui nous gouvernent, obsédés par leur unique souci de faire carrière et ayant renoncé à se battre pour des valeurs dont ils se gargarisent, a fait le reste.

La déchéance de la nationalité n’est pas un symbole. C’est un symptôme. Celui d’un mal majeur : l’inégalité. Et la volonté de l’entretenir.

Le réquisitoire de Christiane Taubira contre la déchéance de nationalité

Le Monde.fr | 31.01.2016 à 22h32 • Mis à jour le 01.02.2016 à 06h31 | Par Thomas Wieder

C’est un texte écrit dans le plus grand secret par Christiane Taubira, imprimé discrètement en Espagne, acheminé sur des palettes opaques et présenté aux librairies comme un « livre sous X » pour réduire les risques de fuites. Intitulé Murmures à la jeunesse, cet essai d’un peu moins de 100 pages, mis en vente lundi 1er février et tiré à 40 000 exemplaires, expose les raisons pour lesquelles l’ex-garde des sceaux est opposée à l’inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution. La date de sortie ne doit rien au hasard, quatre jours avant le début de l’examen du projet de loi constitutionnelle à l’Assemblée nationale.

Le contact avec l’éditeur, Philippe Rey, remonte au 10 janvier. Huit jours plus tard, le bon à tirer est donné. Christiane Taubira a souhaité aller vite, afin que le livre paraisse à la veille du débat parlementaire sur la déchéance de nationalité. Le tout dans le plus grand secret. Seul François Hollande se voit adresser un jeu d’épreuves, vendredi 22 janvier, cinq jours avant que ne soit rendue publique la démission de Mme Taubira. A cette date, le livre est déjà imprimé. La quatrième de couverture témoigne d’ailleurs de l’emballement des événements des derniers jours : Mme Taubira y est encore présentée comme « garde des sceaux et ministre de la justice ».

Lire aussi : Christiane Taubira : « Je choisis d’être fidèle à moi-même »

« Un pays doit être capable de se débrouiller avec ses nationaux »

S’il ne se réduit pas à cela, le premier tiers du livre ayant pour thème le défi terroriste en général, ce sont évidemment les pages consacrées à la déchéance de nationalité qui seront lues avec le plus d’attention. Une vingtaine de pages au total, au fil desquelles Mme Taubira expose un à un ses arguments. « L’inefficacité » de la mesure, d’abord, en raison de ses « effets nuls en matière de dissuasion ». Mais, plus fondamentalement, l’enjeu symbolique. « Osons le dire : un pays doit être capable de se débrouiller avec ses nationaux. Que serait le monde si chaque pays expulsait ses nationaux de naissance considérés comme indésirables ? Faudrait-il imaginer une terre-déchetterie où ils seraient regroupés », demande l’ex-garde des sceaux. Et l’auteur de poursuivre :

Réquisitoire implacable contre la déchéance de nationalité, vademecum précieux pour tous ceux qui, à l’orée du débat parlementaire, voudront brandir des arguments contre le projet de révision constitutionnelle, le texte de Christiane Taubira est un acte politique fort, et sans doute inédit, écrit par une ministre en exercice dont on imagine mal, à sa lecture, qu’elle ait pu imaginer un seul instant rester membre du gouvernement après l’avoir publié.

Lire aussi : Christiane Taubira : les coulisses du départ

Pas une diatribe contre Hollande et Valls

Il ne faut toutefois pas faire dire au texte ce qu’il ne dit pas, et ceux qui pourraient s’attendre à une diatribe véhémente contre François Hollande et Manuel Valls en seront pour leur frais. Car sur ce plan-là, Christiane Taubira reste prudente. Y affleurent, ici ou là, son malaise vis-à-vis de la philosophie sécuritaire du gouvernement et sa nostalgie d’une gauche au pouvoir oublieuse de ses ambitions sociales, l’auteure prend soin, en particulier dans la postface, de rendre hommage au président de la République, dont elle salue de façon appuyée l’attitude qui fut la sienne dans les minutes et les heures qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015.

En ceci, Christiane Taubira se démarque assez clairement de certains de ses prédécesseurs qui, tels Cécile Duflot ou Arnaud Montebourg, n’avaient pas hésité, après avoir quitté le gouvernement, à s’opposer de façon frontale au chef de l’Etat. Bien au contraire : en prenant soin de ménager M. Hollande, Mme Taubira semble apporter un démenti à tous ceux qui l’imaginent déjà se lancer dans une primaire à gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017.

Lire aussi : Le départ de Taubira, ou l’arroseur arrosé

  • Rédacteur en chef - chef du service France

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