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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 07:07

La CACG condamnée pour sa mauvaise gestion du barrage de la Gimone (82)

COMMUNIQUE DE PRESSE

6 Janvier 2016

Condamnation de la

Compagnie d’aménagement des côteaux de Gascogne (CACG)

pour sa mauvaise gestion du barrage de la Gimone (82)

Le tribunal correctionnel de Montauban vient de condamner la compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) à 5000 euros d’amende à la demande de nos associations de protection de la nature et de l’environnement. Il était reproché à la compagnie de ne pas respecter les débits minimums à restituer à la rivière Gimone en aval du barrage, alors même que c’est le motif même de son aménagement. Ces infractions graves ne sont pas nouvelles pour le porteur du projet de barrage de Sivens, mais elles sont enfin sanctionnées. Explications de FNE et de FNE Midi-Pyrénées.

L’exploitation critiquable d’une retenue gérée par la CACG et ses impacts environnementaux

La vallée de la Gimone connaît chaque été d’importantes sécheresses conduisant à des assecs du cours d’eau, en raison de prélèvements massifs et non soutenables pour l’agriculture intensive développée sur ce territoire.

Afin de soutenir ces prélèvements massifs, la CACG s’est vu concéder en 1989, l’aménagement et l’exploitation d’un barrage, pour assurer en tout temps, les débits minimums permettant d’assurer la vie du cours d’eau et les divers usages de l’eau en aval (irrigation, industrie, énergie).

Malgré les engagements de la compagnie et le cadre réglementaire gouvernant l’exploitation de ce barrage, la CACG n’a pas respecté pendant de nombreuses années ces obligations de restitution de débits à la rivière, conduisant à la dégradation du milieu année après année. Verbalisée par la police de l’eau, aucune suite pénale n’a été engagée par le parquet à l’encontre de la CACG.

C’est dans ces conditions que nos fédérations d’associations, particulièrement investies sur la gestion quantitative totalement déséquilibrée de l’eau dans le bassin Adour-Garonne, ont cité la CACG directement devant le tribunal correctionnel de Montauban afin qu’elle réponde enfin de ses actes de gestion illicite.

Pour Raymond Léost, responsable du réseau juridique de FNE : « Ces faits ne devaient pas restés impunis alors qu’ils ont duré plusieurs années et que la CACG société parapublique exploitant de très nombreux ouvrages hydrauliques, doit enfin se montrer exemplaire au plan environnemental dans l’intérêt de tous les usagers de l'eau, et non des seuls agriculteurs. Il faut saluer le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Montauban.»

La CACG empêtrée dans plusieurs affaires environnementales

La Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne est une société d’économie mixte composée majoritairement d’élus locaux, qui exploite plusieurs dizaines de retenues dans le Sud-Ouest. Elle se vante sur son site internet « d’une excellence maîtrise des problématiques environnementales […] dans le domaine de l’eau ».

En réalité, plusieurs procédures judiciaires sont en cours à son encontre en plus de la présente condamnation. Une plainte portée par nos associations est actuellement en cours d’enquête concernant des faits de destruction de zones humides et de déboisement sans autorisation sur le chantier de Sivens. Elle est également appelée devant le tribunal d’instance de Tarbes le 19 janvier prochain pour ne pas avoir respecté pendant plusieurs années une fois encore, les débits minimums sur le Midour, une rivière gersoise.

D’après Thierry de NOBLENS, président de FNE Midi-Pyrénées : « La CACG est contrairement à ce qu'elle affirme, loin d’être exemplaire en matière de gestion quantitative de l'eau. Ses négligences dégradent la qualité de nos rivières et contribuent aux risques de non atteinte du bon état des eaux fixé par la directive cadre sur l'eau. Nous resterons donc très vigilants à l'avenir. »

Raymond Léost, responsable du réseau juridique de FNE : « Nous veillerons à ce que toutes les infractions commises par la CACG soient sanctionnées »

Eau

Barrages hydroélectriques: la biodiversité en péril

Le 07 janvier 2016 par Romain Loury

Les barrages hydroélectriques pourraient détruire la biodiversité des grands bassins fluviaux: dans une tribune publiée ce jeudi 7 janvier dans la revue Science, des biologistes tirent la sonnette d’alarme et demandent que les projets soient mieux évalués.

A eux trois, l’Amazone, le Mékong et le Congo renferment environ un tiers des espèces de poissons d’eau douce au niveau mondial, dont la plupart sont endémiques. Or selon Kirk Winemiller, de l’université Texas A&M à College Station, et ses collègues, ces trois grands fleuves font l’objet de plus de 450 projets de barrages hydroélectriques.

Des projets qui, bien qu’ils répondent à de réels besoins énergétiques, présentent «des bénéfices économiques surévalués, et des effets à long terme sous-estimés sur la biodiversité et la pêche», estiment les chercheurs. Entrave à la migration des poissons, les barrages perturbent leur cycle de vie. Résultat: faute de captures suffisantes, de nombreux pêcheurs seraient obligés de se reconvertir à l’agriculture.

Un risque de déforestation

Publiée en 2012, une étude australienne révélait ainsi que les 88 projets prévus d’ici 2030 sur la portion thaïlandaise du Mékong entraîneraient une hausse de 19% à 63% des surfaces agricoles, au détriment des forêts. Pas évident que le bilan carbone de ces énergies renouvelables soit si positif.

Outre leur impact sur la biodiversité, les barrages pourraient favoriser l’érosion du littoral. Alors que 90% du sable marin provient des montagnes, via les fleuves, on estime que la moitié ne parvient désormais plus à la mer. Et ce du fait des barrages, mais aussi de la canalisation des fleuves et des prélèvements de sable directement dans les cours d’eau, explique l’océanologue Christian Buchet dans son récent «Livre noir de la mer».

Les barrages ont aussi des effets de plus longue portée: en bloquant les sédiments, ils diminuent l’écoulement des nutriments, avec des effets néfastes sur les écosystèmes des deltas, des estuaires et jusqu’en mer. Avec des effets là aussi sur les pêcheries, une fois de plus au risque d’inciter à la déforestation côtière.

Des évaluations superficielles

«Plusieurs pays en développement des zones tropicales ne disposent pas de protocole d’évaluation des projets hydroélectriques, et nombreux sont ceux à exempter les petits barrages (moins de 10 Mégawatt) de tout processus de décision», expliquent les chercheurs.

«Même lorsqu’une évaluation d’impact environnemental est effectuée, des millions de dollars sont dépensés dans des études sans aucune influence, car elles sont souvent menées à terme alors que la construction est déjà en cours», concluent-ils, appelant à des analyses au niveau du bassin, et pas seulement locales .

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