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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 07:10

Abstention, la grande peur

mercredi 2 décembre 2015
par Patrick Mignard

Mais qui a peur au juste de l’abstention ? Et pourquoi ? L’abstention n’est pas, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les politiciens, une marque de désintérêt de la chose publique… elle peut, certes, l’être, mais par les temps qui courent, elle signifie tout autre chose… le refus de jouer un jeu aux dés pipés et qui n’offre aucun avenir citoyen.

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29969

n’est pas, contrairement à ce que l’on nous raconte une manière de « faire participer les citoyens aux décisions politiques, aux affaires publiques », elle est simplement une manière de déléguer des pouvoirs à des hommes et femmes désignés par des appareils politiques pour détenir, user et conserver le pouvoir. Les partis politiques sont devenus de simples syndicats d’intérêts permettant la promotion sociale de leurs dirigeants (des exemples ? Des noms ?). Les programmes et objectifs politiques sont, de fait, inexistants, ces partis se contentant de gérer un système économique où seul l’intérêt financier est pris en considération au mépris de l’intérêt général.

Que les politiciens tiennent à ce que les citoyens votent, on peut le comprendre, il y va de leur survie, de leurs intérêts. Les discours pseudo civiques des politiciens nous culpabilisent pour nous faire voter : la démocratie, celles et ceux qui sont morts pour elle, l’avenir de nos enfants, de la planète, etc. En réalité ils se moquent pas mal de tout ça… il suffit de voir ce qu’ils font, une fois au pouvoir. Si à une époque lointaine – au début de la République (encore que !...) le fait de déléguer à des représentants pouvait avoir une signification réelle, deux siècles de ce fonctionnement nous ont conduit à la catastrophe : guerres, répression, exploitation, destruction des conquêtes sociales, des services publics, échec de l’intégration républicaine, avec en bout de course ce qui nous « pend au nez »… l’arrivée d’un néofascisme au pouvoir.

L’abstention n’est que le produit d’une désespérance face à la cupidité, la trahison et la corruption d’une classe politique qui ne s’intéresse qu’à ses propres intérêts. Aujourd’hui, de plus en plus de citoyens font le raisonnement suivant : « À quoi bon voter pour, finalement, toujours les mêmes ou leurs clones. Les problèmes ne seront pas résolus. Voter pour ces gens par peur du néofascisme ne règle rien, ne résout rien car c’est rapporter à plus tard la même question. Voter c’est finalement se soumettre. On ne vote plus pour quelque chose, mais contre quelqu’un : la démocratie ne peut pas fonctionner ainsi ».

Le premier degré de la prise de conscience citoyenne est de ne pas donner une légitimité à une classe politique qui, dans son ensemble, a failli.

Patrick MIGNARD
30 novembre 2015

- Naomi Klein essayiste et activiste :: « Cette manifestation est un geste de défi » sur http://altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29959

" Naomi Klein est l'une des critiques les plus populaires et les plus écoutées de la mondialisation néolibérale et des régressions autoritaires qui l'accompagnent. Après La Stratégie du choc sur le capitalisme du désastre, qui prospère sur les violences infligées aux sociétés (cataclysme, putschs, effondrements politiques…), elle a publié en 2014 Tout peut changer, qui décrit à quel point le dérèglement climatique impose une épreuve vitale au système capitaliste."(Médiapart)

29 novembre, la République placée en garde à vue

Comme d'autres anonymes, Andréa Fichot, avocat au Barreau de Paris, a bravé l'interdiction pour participer ce dimanche 29 novembre à la manifestation contre l'Etat d'urgence. Interpellé par les forces de l'ordre, il raconte les événements place de la République et ses 23 heures de garde à vue.

Je ne suis pas communiste, je ne suis pas écologiste. Pourtant, échaudé par l’appel de Manuel Valls aux députés afin qu’ils ne soulèvent pas l’inconstitutionnalité manifeste de la loi sur l’État d’urgence, choqué par la facilité avec laquelle la France compte s’affranchir de la Convention européenne des Droits de l’Homme, je me suis retrouvé place de la République, dimanche 29 novembre, aux côtés des militants du NPA pour manifester contre l’État d’urgence. J’ai assisté dans le cortège aux affrontements entre casseurs et forces de l’ordre ; et je l’ai suivi quand il s’est désintéressé de ces scènes où policiers et jeunes cagoulés aiment à jouer à la guerre, pour continuer à faire entendre son principal slogan : « État d’urgence, État policier, on ne nous enlèvera pas notre Droit de manifester ».

Je l’ai suivi jusqu’à cette souricière mise en place par les policiers qui, sans doute déçus d’avoir si peu interpellé de « black bloc », comme ils les appellent, ont trouvé en ce cortège pacifique et bien organisé, une cible facile, avec des vieux, des couples, des mères de famille, des militants qui ne se cagoulent pas, qui ne brûlent pas leur affaires pour se camoufler, et qui n’ont pas de sérum anti lacrymogènes. Il est 15h45 quand nous sommes définitivement bloqués et que commence officiellement, comme nous l’apprendrons plus tard, notre garde à vue. Perchés sur une corniche surplombant le cortège qui s’est transformé en môle, deux policiers en civil se révèlent à leurs collègues et quittent nos rangs. Les interpellations commencent.

Les vieux militants conseillent aux manifestants du dimanche comme moi de former une chaîne bras dessus bras dessous pour ne pas faciliter le travail des policiers, sans toutefois opposer de résistance offensive. Nous sommes environ 200 dans cette souricière avec paraît-il, Olivier Besancenot dans le lot. Je ne le vois pas. J’ai su plus tard qu’il faisait partie des derniers du groupe et que les policiers n’avaient pas osé l’interpeller. Notre nombre décroit assez vite à mesure que les forces de l’ordre extirpent sans ménagement un à un les manifestants. Puis la nuit tombe. Des manifestants sont reconduits dans le môle par les policiers. Plus de cars disponibles. Au bout de 3 heures dans le froid, la plupart d’entre nous sont volontaires pour être interpellés.

Nous sommes pour beaucoup conduits à Bobigny où nous sommes de nouveau parqués pendant plus de 3 heures dans le garage ouvert du commissariat, dans le froid, sans eau, sans nourriture, sans possibilité d’aller aux toilettes depuis plus de 6 heures, gardés par des membres de la BAC qui semblent presque nous en vouloir de ne pas être des « black bloc » mais des bobos parisiens qui n’avaient rien d’autre à faire de leur dimanche. Je suis jeune avocat et conseille à la plupart de mes co-gardés à vue, de ne pas répondre aux questions des policiers et d’user poliment de leur Droit au silence pour ne pas s’auto-incriminer, même si je leur précise que le Parquet ayant l’air d’être particulièrement sur les dents, cela pourrait conduire à une prolongation de garde à vue au delà de 24 heures. Je tâche de rester mesuré dans mes conseils, n’étant au fond qu’un débutant.

À 22h45, soit plus de 7 heures après le début de ma privation de liberté, on me notifie mon placement en garde à vue, ce qui est une aberration de la procédure pénale. On nous expliquera ensuite que des circonstances insurmontables ont fait que l’on n’a pas pu nous notifier notre garde à vue, et donc nos Droits avant cette heure tardive. C’est l’interprétation de la Préfecture de police et du Parquet, mais quand on est capable d’interpeller 200 personnes qui n’opposent aucune résistance, on est capable de leur notifier leurs Droits, de les nourrir et les les autoriser à faire leur besoin, État d’urgence ou pas. Nous sommes tous poursuivis pour « attroupement non armé », c’est-à-dire qu’on nous reproche d’avoir violé l’interdiction de manifester édictée par la Préfecture de police. Le Parquet sait donc qu’il n’y a aucun casseur parmi nous. Il a quand même décidé de tous nous placer en garde à vue, probablement sur ordre du ministère de la Justice pour rassurer les Français en faisant du chiffre : « On a arrêté des gens ».

Après encore une heure d’attente, nous sommes dispatchés dans différents commissariats, tous menottés, quel que soit le sexe ou l’âge. Je ne serai relâché pour ma part que 23 heures après le début de ma garde à vue, avec cinq autres participantes, dont une mère de famille et sa belle fille. Après au mieux le désintérêt des grands médias suscités par ces événements, au pire l’amalgame opéré avec les casseurs, je tenais à témoigner pour rappeler aux Français cette vérité crue : Sur plus de 300 gardes à vues prononcées, à 16 heures le 30 novembre, seules 9 ont été prolongées.

La veille, tandis que la plupart des « black bloc » s’évanouissaient dans la nature et qu’on s’émouvait de bougies piétinées, des manifestants pacifistes, dont c’était l’honneur de défendre les libertés et Droits fondamentaux en ces temps troublés, ont été réprimés puis mis aux arrêts pendant 24 heures par un gouvernement socialiste.

06 décembre 2015

Régionales premier tour : la démocratie prend le bouillon

http://yetiblog.org/index.php?post%2F1523

par Pierrick Tillet - Le monde d'après

Faut-il s’en étonner, la démocratie a encore pris le bouillon lors de ce premier tour des Régionales. Grand vainqueur une fois de plus, l’abstention : env. 50 %.

Ce qui revient à diviser par deux le score des listes arrivées en tête pour connaître leur véritable impact dans le pays.

Imaginez, les partis de pouvoir obtiennent respectivement le soutien de 13,5 % des inscrits pour le groupe de droite (LR and co), 11,35 % pour le groupe de (fausse) gauche (PS et satellites). Soit, pour les partis dits de gouvernement, un total misérable de moins d’un quart de la population en âge de voter.

Ne parlons même pas des “idiots utiles”, EELV et le FDG, complètement dans les choux à moins de 3% chacun. Mais là, pas d’étonnement non plus.

Le FN, grand triomphateur médiatique de la soirée, aurait pourtant grand tort de pavoiser. Dans une élection où sa position d’opposant énervé lui a très certainement valu de faire le plein des voix, il ne recueille le soutien que de 15,3 % de la population.

Une faillite démocratique qui ne touche pas que la France

Qu’on évite, je vous prie, de nous servir la sauce réchauffée de l’abstention irresponsable, la ritournelle faisandée des « qui ne vote pas consent » ou « doit fermer sa gueule ». Nous autres, les abstentionnistes militants, bien plus nombreux que vous, on se fout de vos leçons de morale à deux balles. La comédie a assez duré, nous ne jouons plus.

Ne venez pas nous dire que l’on se désintéresse de la politique, c’est faux. Quand le sujet est important, la plupart d’entre nous montons au taf : 30,6 % d’abstention seulement au référendum de 2005, 28 % au dernier référendum danois du 3 décembre sur l’Union européenne.

Car le phénomène du ras-le-bol de la comédie démocratique pipée ne touche pas que notre pays. Lors des dernières élections législatives portugaises, l’abstention dépassa les 40 %. En Égypte, pire encore, ils ne furent que 26,5 % d’électeurs à se mobiliser pour adouber la bande du général al-Sissi installée d’autorité sur les ruines de la révolution arabe.

Alors oui, on sait, les résultats n’empêchent pas les rescapés morveux de régner et de parader. Mais ceux-ci devraient prendre garde que plus de la moitié de leurs administrés les tiennent pour des imposteurs, des crétins et des malfaisants. Dans un système entièrement bâti sur la confiance et sur ses apparences, ça la fout très très mal.

Et devrait se payer un jour.

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