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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 08:40

Editorial

France, pays des droits de l'homme ?

01 Décembre

Jeanne Emmanuelle Hutin

Ils sont là, à nos frontières, dans le froid et le dénuement. Les réfugiés fuient les crimes et la terreur dont ils souffrent depuis plus de quatre années en Syrie, en Irak...

Mais l'humanité désarmée des réfugiés se heurte aux barricades de la peur. Et la France, pays des droits de l'homme, se ferme. Alors qu'elle devrait être la première à étendre son manteau protecteur sur les épaules transies de ceux qui cherchent asile et protection.

Entendre même un Premier ministre dire que l'Europe ne peut plus recevoir de réfugiés, car les peuples ne le supporteraient pas, est un scandale : sur les 4 millions de Syriens fuyant la barbarie, environ 700 000 cherchent refuge en Europe (1), un continent d'environ 500 millions d'habitants !

Les pays européens sont-ils donc incapables d'accueillir ces personnes dont le nombre équivaut à la population d'une grande ville ? Cela, alors même que le Liban reçoit plus de 1,5 million de réfugiés syriens, l'équivalent de plus d'un quart de sa population.

La France est d'autant plus mal placée pour donner des leçons qu'elle accueille très peu de réfugiés syriens. En 2014, elle n'accordait protection qu'à 2 015 Syriens tandis que l'Allemagne en protégeait... 25 000 (2) ! La France laisse quasiment tout le poids de ces réfugiés aux autres pays. On le découvre en Suède, où les 9,5 millions de Suédois sont, en proportion, ceux qui accueillent le plus de réfugiés.

Réfugiés, un devoir d'humanité

Mais la Suède arrive à saturation sur le plan pratique : logement, éducation... Elle a donc demandé l'aide des autres pays européens : seule l'Allemagne a répondu. À cause de l'absence de solidarité des pays européens et de l'arrivée de 80 000 réfugiés en deux mois, l'inquiétude a gagné la population et les politiques. Résultat, la Suède vient de durcir l'accueil des réfugiés. Ce pays, modèle en Europe, commence à construire des camps. L'attitude et la démission de la France ont aussi donné un signal de repli et de refus aux pays européens situés aux frontières de l'Europe, encore plus seuls face au flot grandissant des migrants.

Comment s'étonner alors que les propagandes contre les réfugiés prennent le dessus ? Dans ces jours d'hommages aux victimes du 13 novembre, il faut regarder les choses en face : ceux qui ont commis ces attentats étaient des enfants de France, de Belgique et non des réfugiés !

Balayons donc devant notre porte au lieu d'accuser les étrangers : « N'inversons pas les choses. On accuse les réfugiés d'être des terroristes alors qu'ils sont les victimes des terroristes. Ils ont vécu des choses abominables. Beaucoup d'enfants et d'adolescents arrivent seuls, sans famille. Ne pas répondre à leurs besoins humains, c'est manquer d'humanité », explique George Joseph, responsable de Caritas en Suède.

La France est-elle encore le pays des droits de l'homme ? Son refus de prendre sa part dans la crise des réfugiés en fait douter. L'ignominie de Calais, où on laisse des gens « vivre » dans la boue et le froid, est une honte pour la République !

C'est un effondrement humain et moral que vit notre pays. Il est contraire aux aspirations des Français manifestées après les attentats du 13 novembre. Agiter le drapeau français, c'est bien. Vivre les valeurs universelles de laFrance, en accueillant ceux qui demandent asile et protection, c'est mieux. C'est surtout être fidèle à notre humanité.

(1) Sources HCR

(2) Sources Eurostat, 12/05/2015

Pour la levée de l'état d'urgence

Appel des 333 pour la levée de l'état d'urgence

Pour la levée de l’état d’urgence

Après les assassinats barbares commis à Paris le 13 novembre, François Hollande et le gouvernement de Manuel Valls ont décidé « l’état d’urgence », présenté par les sommets de l’Etat comme la réponse à la terreur, à la peur et au désarroi répandus dans le pays, comme la mesure adaptée « pour combattre les terroristes » et « protéger les Français », comme condition de « la sécurité, la première des libertés ».

A leur demande, les 19 et 20 novembre, l’Assemblée nationale puis le Sénat, ont à l’unanimité des groupes politiques qui la composent (à l’exception de six députés qui ont voté contre et une abstention ; et l’abstention de douze sénateurs) ont voté la prolongation de l’état d’urgence et aggravé les dispositions liberticides de la loi de 1955 qui date de la guerre d’Algérie.

Avec l’état d’urgence, ce sont, en réalité, les libertés de tous qui se trouvent dangereusement restreintes et menacées.

Ainsi :

  • Tout individu peut être suspecté en fonction « de son comportement ».
  • « L’assignation à résidence » — l’interdiction d’aller et venir, de se déplacer librement — ne « doit pas viser uniquement les activités dangereuses avérées », mais aussi « les menaces fondées sur des présomptions sérieuses ».
  • Les « perquisitions administratives » deviennent la règle et relèvent de la décision des préfets, représentants directs du gouvernement, en dehors de tout cadre judiciaire.
  • La place du pouvoir judiciaire comme garantie des libertés est bafouée.
  • La mise sous contrôle d’Internet doit permettre au ministre de l’Intérieur de « prendre toute mesure pour assurer l’interruption de tout service de communication en ligne ».

Menace contre les libertés individuelles, l’état d’urgence aboutit à un renforcement considérable du caractère autoritaire de la Ve République.

Mais ce sont aussi les moyens d’action, d’organisation, d’expression, sur le terrain social et politique – qui concernent syndicats, partis, associations – qui sont remis en question.

Ainsi :

  • Le pouvoir se réserve le droit d’interdire tout rassemblement sur la voie publique, ou toute manifestation pour « raison de sécurité ».
  • La loi prévoit la possibilité de « dissoudre les associations ou groupements de fait qui participent, facilitent ou incitent à la commission d’actes portant une atteinte grave à l’ordre public ».

Les notions introduites dans la loi — « comportement », « trouble à l’ordre public », « raison de sécurité », « atteintes graves à l’ordre public » — permettent les interprétations les plus extensives et présentent le risque de mettre en cause très largement tout un chacun.

Sous couvert de combattre « le terrorisme », l’état d’urgence fait peser un danger sérieux sur nos libertés démocratiques, individuelles, sociales et politiques et sur la démocratie.

En conséquence, nous, signataires de cet appel, en appelons à tous nos concitoyens pour exiger, au nom de la liberté, de la démocratie, de la République, la levée immédiate de l’état d’urgence.

Pour tout contact :

Jacques Cotta, tel. 06 19 84 80 60

Maurice Stobnicer, 06 87 87 95 02

Mail : appel-levee-etat-urgence@orange.fr

Les 333 premiers signataires:

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