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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:27

Vendredi 27 novembre, un hommage national sera rendu aux victimes des attentats terroristes du 13 novembre dernier.

En tant que famille de François-Xavier Prévost, victime de cette tuerie, nous n’y participerons pas.

Nous refusons cette main tendue par les représentants politiques de la France pour plusieurs raisons :

- Parce qu’en France, les attentats perpétrés du 7 au 9 janvier de cette année ont fait 17 victimes,
Que depuis, rien n’a été fait. Si des textes ont été votés, aucun décret d'application n'a encore été publié. Que 10 mois plus tard, les mêmes hommes, sont en mesure de recommencer et faire cette fois-ci, 10 fois plus de morts,

- Parce qu’en France, il est possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie, et de revenir, librement,

- Parce qu’en France, des personnes fichées S (pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » ou visées terroristes) circulent librement, empruntent n’importe quel moyen de locomotion (je pense notamment à l’attentat déjoué du TGV Thalys le 21 août dernier), louent des voitures (les voitures utilisées le 13 novembre pour perpétrer les fusillades dans les rues du 10e arrondissement de Paris avaient été simplement louées), travaillent à nos côtés (je fais ici allusion à l’un des employés de la RATP)…

Il faut rappeler que le recensement de certaines personnes en catégorie S n’entraîne aucune action automatique de coercition, ni même aucune obligation de suivi ou de surveillance par les autorités. Par ailleurs, les fiches S sont temporaires. Si une personne fichée ne commet aucune infraction et se fait oublier, sa fiche est effacée au bout d’un an.

- Parce qu’en France, 89 mosquées sont recensées comme étant radicales, c’est à dire qu’elles appellent ou profèrent la haine. Qu’il a fallu attendre les événements tragiques du 13 novembre pour que se pose enfin la question de leur dissolution.

- Parce qu’en France, un homme ayant perpétré un homicide en 2006, condamné en 2008, est libre en 2013. Parce que ce même homme n’a pas peur de dire à la France entière après avoir hébergé plusieurs jours des terroristes « On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service ». Ben oui…

- Parce que les représentants de l’Etat français ont décidé de mener des raids aériens contre l’Etat Islamiste en Irak puis en Syrie sans se soucier de préserver, avant d’agir, la sécurité de leurs concitoyens.

Alors NON, merci Monsieur le Président, Messieurs les politiciens, mais votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsable de ce qui nous arrive ! C’est plus tôt qu’il fallait agir. Les attentats du mois de janvier auraient dû suffire !

J’APPELLE AU BOYCOTT DE L'HOMMAGE NATIONAL RENDU AUX VICTIMES ET VOUS INVITE A PARTAGER MON STATUT.

-Note "similitude"par l'administration du blog:

Les familles qui n'iront pas aux Invalides mettent en avant des arguments qui sont exactement les mêmes que ceux avancés par Marion Maréchal Le Pen.

L'article sur Rue 89 :

http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/25/attentats-deux-familles-victimes-refusent-participer-a-lhommage-national-262267

Les argument de la FN de PACA
http://actu.orange.fr/video/politique/terrorisme-marion-marechal-le-pen-fustige-la-republique-du-laxisme-et-de-l-excuse-magic_CNT000000fKlM3.html

Malgré cette cette similitude qui est assez troublante en pareil circonstance ,la conclusion pour le père d'une autre victime c'est l’incompétence politique qui est à l'origine de son drame.L'article de ce journaliste est paru sur le huffingtonpost.fr ,et n'a pas été censuré !

Un article sur l'Anastasie dirigée du gouvernement :

Bataclan : Guénolé viré de RMC
Anne-Sophie Jacques | arretsurimages.net | 23/11/2015


http://www.arretsurimages.net/breves/2015-11-23/Bataclan-Guenole-vire-de-RMC-id19477

Guénolé viré de RMC : suite à sa chronique sur les dysfonctionnements de la brigade d'intervention de la police judiciaire lors des attentats du 13 novembre, le politologue et auteur d’une chronique quotidienne sur RMC a été remercié vendredi.

Adieu RMC. Le politologue Thomas Guénolé a été viré vendredi de la chaîne où il tenait une chronique quotidienne dans Bourdin direct depuis mars dernier. En cause : sa chronique du 17 novembre sur les défaillances de la brigade d'intervention de la police judiciaire lors des attentats du 13 novembre. Comme nous le racontions ici, Guénolé assurait que "les brigades d’intervention manquaient gravement d’hommes et de moyens" et que "plusieurs policiers n’avaient ni gilets pare-balles lourds, ni casques lourds".

Selon lui – et La Lettre A d’où il tirait ses informations – seuls trois fonctionnaires étaient de garde ce soir-là à la BRI. Or, comme nous l’expliquait le secrétaire général adjoint et porte-parole du syndicat Unite SGP police FO, Nicolas Comte, 12 fonctionnaires étaient également d’astreinte. Ces derniers ont par ailleurs obligation d’habiter à proximité du siège de la police judiciaire. La chronique de Guénolé avait suscité de vives réactions et notamment de la part de Marie-Emmanuelle Assidon, conseillère spéciale du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve mis en cause par le politologue.

Contacté par @si, Guénolé confirme son licenciement : "le directeur de la rédaction de RMC Philippe Antoine m’a téléphoné vendredi, et dimanche soir j’ai reçu un mail me confirmant que j’étais viré. Mais comme je n’ai pas reçu de courrier formel, je me suis tout de même rendu dans les locaux de la radio ce matin histoire de ne pas être en faute. On m’a refusé l’accès au plateau. Je peux donc dire officiellement ce matin que j’ai été viré de RMC."

Guénolé en profite pour revenir sur notre article qu’il juge abusif : "j’ai signalé trois fonctionnaires de garde et vous évoquez 12 fonctionnaires supplémentaires d’astreinte. Je ne vois pas en quoi mon information est erronée. De garde et d’astreinte, ce n’est pas la même chose. De même, je dis dans ma chronique que si ces accusations de dysfonctionnement sont fausses, elles doivent faire l’objet d’une commission d’enquête parlementaire pour laver de tout soupçon les dirigeants de notre police et des services secrets ainsi que le ministre de l’Intérieur. C’est bien la preuve que je ne considérais pas ces accusations comme vérifiées." La preuve aussi que RMC n'a pas apprécié.


Moi, père d'une victime, je n'irai pas aux Invalides
Éric Ouzounian, Journaliste, écrivain, auteur de documentaires | huffingtonpost.fr | 27/11/2015

http://www.huffingtonpost.fr/eric-ouzounian/moi-pere-dune-victime-je-nirai-pas-aux-invalides_b_8653672.html

Ma fille est morte au Bataclan le 13 Novembre, elle avait 17 ans.

Je n'irai pas à l'hommage qui sera rendu aux victimes à 10h30 aux Invalides parce que je considère que l'État et ses derniers dirigeants en date portent une lourde responsabilité dans ce qui s'est passé.

Une politique désastreuse a été menée par la France au Moyen-Orient depuis plusieurs années. Nicolas Sarkozy a largement contribué à la chute du régime de Khadafi en envoyant l'armée française combattre en Libye, en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qui interdisaient toute intervention au sol. Or, plusieurs sources affirmaient à l'époque que les Forces Spéciales étaient « en apesanteur » et avaient œuvré sur le terrain. La Libye n'était pas ennemie de la France, Nicolas Sarkozy avait reçu Khadafi avec les honneurs d'un chef d'État, et ce pays est devenu depuis un cauchemar chaotique où circulent librement armes et combattants.

François Hollande et Laurent Fabius se sont ensuite acharnés contre Bachar El Assad, poussant inlassablement les puissances occidentales à intervenir militairement pour renverser le régime syrien, alors que celui ci n'était pas l'ennemi de la France. Les frappes prévues furent annulées in extremis lorsque Barack Obama refusa d'engager les États-Unis dans cette aventure.

Cette ingérence de la France dans les affaires intérieures de pays souverains a été menée avec l'argument selon lequel les dirigeants syriens et libyens massacraient leur peuple. Certes. Comme Saddam Hussein et Muammar Khadafi, Bachar el Assad est un dictateur sinistre de la pire espèce. Mais il n'est pas plus exécrable que ceux actuellement au pouvoir au Qatar et en Arabie Saoudite, avec lesquels la France entretient d'excellentes relations diplomatiques et commerciales, et qui ont financé Daesh.

Cette érosion de la compétence politique est dramatique pour notre pays. Les derniers présidents ont agi avec une légèreté inconcevable, portés par des vues à court terme. Mais cet aspect n'est pas le seul en matière de responsabilité du monde politique.

Depuis plusieurs décennies, la République a laissé se développer des zones de désespoir, que le philosophe Jean-Paul Dollé nommait avec la justesse qui le caractérisait: "Le territoire du rien". Un urbanisme inhumain, sans lieux de loisirs, de culture, sans écoles dotées de moyens à la hauteur de l'enjeu, au sein duquel aucun sentiment humaniste et citoyen ne peut éclore. "Cités Dortoirs", "Quartiers sensibles", les termes ont évolué mais le problème demeure et le personnel politique l'a toujours traité avec indifférence. Raymond Barre promit "d'enrayer la dégradation physique et sociale des grands ensembles". Bernard Tapie fut ministre de la ville, Nicolas Sarkozy annonça un plan Marshall des banlieues et nomma Fadela Amara Secrétaire d'État chargée de la politique de la ville. Patrick Kanner l'est aujourd'hui et perpétue quarante ans d'échec.

Le divorce entre les français et leurs dirigeants est accompli, le contrat social est rompu, le gouffre entre le peuple et les élites est béant. Les atteintes importantes aux libertés publiques, votées avec empressement par l'Assemblée Nationale, ne régleront rien. L'extrême droite pourra toujours surenchérir et les assassins franchir les frontières.

La France est incapable de proposer un avenir à sa jeunesse, l'Europe est incapable de dépasser son actuel enlisement dans le libéralisme. Nos élus sont incapables de proposer une vision politique. Nos intellectuels, à de rares exceptions près, sont incapables de sortir de leur lucratif état d'histrions médiatiques. Je suis atterré par mon pays dévasté et je suis dévasté par la mort de ma fille.

Les paroles de "Mourir à Paris"

Les Bérurier Noir publient le cri "Mourir à Paris" après les attentats

En un instant tout est parti
Les assassins sont dans Paris
Chargés d'une haine inassouvie
Propagateurs d'une tyrannie

En un instant bref de la vie
Tout est parti, tout est fini
Pourquoi, comment, se sont-ils dits
L'image provoque une telle tuerie ?

Pour les profanes ou les prophètes
Où sont les dieux, où est la fête ?
La lumière douce de l'amitié
A disparu dans l'encrier

Prédicateurs de malheur
Fabrication de la terreur
Ni dieu ni maître ni feu ni fer
Pourquoi les hommes font-ils la guerre ?

Miroir des conflits du Levant
Déracinement de nos enfants
Les va-t-en guerre, aux dents de sang
Se foutent des peuples innocents

Démocratie ou barbarie
Que reste-il de nos vies ?
Ni soumission ni inconscience
Lève le crayon de l'espérance (bis)

Il n'y a pas de guerres saintes
Il n'y a pas de guerres justes
Il n'y a que des guerres sales
Aux frappes chirurgicales

Il n'y a pas de guerres saintes
Il n'y a pas de guerres justes
Il n'y a que des guerres lâches
La souffrance des otages

Il n'y a pas de guerres propres
Il n'y a pas de guerres justes
Demande à tous ces morts
Quel était donc leur tort ?

NOTE "Anastasie"qui Influencerait massivement les comportements politiques et civiques des utilisateurs connectés aux réseaux sociaux,par l'administration du blog.


« Changez votre photo de profil » : Facebook et le bleu-blanc-rouge en un clic

Il est temps de s’interroger sur l’influence des réseaux sociaux dans l’orientation de nos comportements politiques, estime le chercheur en neurosciences Romain Ligneul.

Romain_Ligneul Neuroscientifique. | rue89.nouvelobs.com | 17/11/2015

Vendredi soir, les informations mises en ligne sur les réseaux sociaux dépassaient en cadence et parfois en pertinence celles offertes par les grands médias télévisuels et radiophoniques. Par le biais des échanges constants et des débats rendus possibles sur la Toile, « l’humanité connectée » est sans doute une humanité plus soudée et plus forte contre la peur.

A ce titre, il serait donc difficile de reprocher à Facebook d’avoir demandé avec insistance à chacun de ses utilisateurs parisiens et franciliens de se signaler en sécurité le soir du 13 novembre.

Cependant, l’engagement de Facebook est allé plus loin, puisqu’à cette fonctionnalité exceptionnelle s’en est ajoutée une seconde dont l’utilité civique et la portée sociétale posent autrement question.

« Changez votre photo »

Pour la première fois, les utilisateurs ont ainsi eu l’opportunité de superposer à leur photo de profil le drapeau d’une nation.

Déjà expérimentée au moment de l’adoption du mariage pour tous aux Etats-Unis avec le célèbre gay flag multicolore, cette fonctionnalité doit nous interpeller au-delà des divergences sur le sens politique, culturel et social associé au drapeau lui-même.

Le simple fait que Facebook propose de recouvrir nos photos d’une teinte bleu-blanc-rouge facilite grandement la décision de l’utilisateur d’adopter ce code couleur en réaction aux attentats de Paris.

Il est difficile de déterminer si ce choix entre en concurrence directe avec le recours à d’autres symboles, comme la devise de Paris « fluctuat nec mergitur » ou cette tour Eiffel noire sur fond blanc (évoquant l’emblème peace & love autrefois coloré). Il est en revanche clair que cette initiative renforce de facto la présence du drapeau français sur le réseau social.

Sur le plan linguistique, on constate que le message d’incitation utilise l’impératif (« Changez votre photo »), ce qui doit nous faire prendre conscience que la tragédie actuelle donne l’occasion à Facebook de tester l’adoption, par ses utilisateurs, de comportements suggérés par l’entreprise elle-même. Par ce biais, elle obtient une information précieuse quant à l’influence directe qu’elle peut espérer exercer sur tel ou tel utilisateur.

« Votre soutien à la France et aux Parisiens »

En outre, alors que la mise en ligne spontanée d’un drapeau de la France peut revêtir une multitude de significations (élan nationaliste, expression de solidarité, symbole de résistance, etc.), l’injonction de Facebook contribue en quelque sorte à fixer cette signification : il s’agit de « montrer votre soutien à la France et aux Parisiens ».

Bien qu’une majorité d’internautes adhère sans doute à cette interprétation, on ne peut ignorer qu’une fraction de la population attribue à ce même symbole une connotation guerrière ou un message politique particulier.

Sans spéculer sur les intentions de Facebook et sur l’utilisation effective de ces données, on peut néanmoins indiquer le potentiel que recèlent les données obtenues via cette fonctionnalité nouvelle.

Tout d’abord, et contrairement à ce qui est rendu possible par l’analyse automatisée d’images, Facebook récolte ici une donnée binaire extrêmement fiable.

21% de mes contacts l’ont fait

Un clic sur le bouton « Essayer » se traduit immédiatement par l’apparition d’un 1 dans une colonne quelconque de leur base de données. Etant dénuée de toute ambiguïté, cette information constitue donc un pivot utile pour l’exploration et l’analyse de l’énorme masse d’informations que Facebook recueille chaque jour à notre sujet (conversations, publications, contenus partagés, etc.).

Notons également qu’étant appliquée aux photos de profil – qui sont publiques – la même information peut simultanément être analysée par des tiers, gouvernementaux, commerciaux ou autres.

De plus, il faut tenir compte du fait que nos données ne sont pas seulement traitées à l’échelle individuelle. Certes, chaque utilisateur suit ou non la recommandation de Facebook en son for intérieur, et pour des raisons et des motivations qui lui sont propres. Mais les analyses effectuées ne se restreignent pas à l’individu lui-même : le plus souvent, c’est en réalité le réseau social des individus qui est analysé.

Ainsi, quel que soit notre choix, Facebook peut calculer très facilement la proportion de contacts ayant souscrit à cette option, et il y a tout autant d’informations – si ce n’est plus – dans cette proportion que dans nos choix individuels. Par exemple, si j’ai choisi de ne pas souscrire à cette option, 21% de mes contacts l’ont fait. Cela signifie probablement que je ne suis pas farouchement anti-France et encore moins pro-djihad.

Qui vous influence ?

Ce chiffre est une signature de mon milieu socioculturel ; une proportion de 70% suggèrerait un milieu social plus enclin au sentiment national voire au nationalisme politique, tandis qu’une proportion de 0% pourrait refléter l’appartenance à un milieu radicalisé… Une information finalement précieuse pour les dispositifs de surveillance automatisés récemment mis en place dans le cadre de la loi relative au renseignement.

Enfin, on relèvera que la souscription à cette option s’opère par le biais d’un clic au bas de la photo de profil d’un individu spécifique de notre liste de contacts. Par conséquent, en optant pour cette fonctionnalité, vous permettez à Facebook de savoir qui vous influence.

Avez-vous pris votre décision en constatant le choix de votre oncle, de votre meilleur ami, ou d’une connaissance du sexe opposé dont vous allez fréquemment consulter le profil ? Qui a le plus d’influence sur le réseau ?

A n’en pas douter, la décision de certaines personnes pèse plus que d’autres. Certains auront amené 30 personnes à se « convertir » au bleu-blanc-rouge, là où d’autres n’en auront amené que une ou deux. Ici encore, l’information recueillie est extrêmement fiable. Dans le futur, verrez-vous plus souvent les publications de la personne la plus apte à « convertir » les membres de son cercle social ?

Exiger une transparence des algorithmes

On sait depuis longtemps que Facebook filtre les publications qui s’affichent sur notre mur en fonction de nos affinités et de divers autres paramètres opaques, en dépit du contrôle proposé aux utilisateurs. Comment l’entreprise va-t-elle utiliser les nouvelles données ici discutées ?

Il est désormais avéré que la manipulation des contenus disponibles sur la Toile exerce une influence considérable sur les opinions et les intentions de vote des citoyens.

Une étude parue cette année dans la prestigieuse revue PNAS indique par exemple qu’en manipulant le référencement de sites d’information politique dans un moteur de recherche comme Google, il est possible de modifier jusqu’à 20% des intentions de vote.

Jusqu’à preuve du contraire, ni Facebook ni Google ne pratiquent ce type de manipulation volontaire et ciblée des sources d’information proposées à leurs utilisateurs, mais compte tenu de l’importance croissante de ces plateformes dans le débat public, il semblerait judicieux d’inciter nos gouvernants à exiger une transparence totale des algorithmes [PDF] de référencement et de « sélection intelligente » des contenus utilisés par ces entreprises.

Un peu plus patriotes qu’avant

Il est indéniable que les réseaux sociaux et plus généralement Internet peuvent avoir un impact positif sur le progrès politique et culturel de nos sociétés, en stimulant les débats directs entre citoyens et en leur offrant de nouveaux moyens d’expression. Cependant, les risques de dérive ne sont pas absents et l’opportunité offerte par Facebook de superposer en un clic le drapeau de la France à nos photos de profil présente ainsi un risque potentiel.

D’une part, en facilitant et en encourageant la décision d’arborer les couleurs bleu-blanc-rouge, cette fonctionnalité nouvelle amène de nombreux utilisateurs à effectuer un choix. Or, si un choix résulte évidemment de nos opinions préalables, on sait depuis plus de 50 ans que les êtres humains ajustent également a posteriori leur opinions, de manière à ce qu’elles soient plus en accord avec les choix effectués.

Ce phénomène s’appelle la résolution de dissonance cognitive et il implique que si l’on « force » (ou que l’on incite fortement) les individus à effectuer un choix, on les force également à justifier ce choix, pour eux-mêmes et vis-à-vis des autres ; de sorte qu’après avoir arboré les couleurs bleu-blanc-rouge, chacun aura tendance à être – en moyenne – un peu plus patriote qu’avant.

D’autre part, on sait aussi qu’aucun individu n’échappe aux pressions de conformité sociale : chacun se construit dans le rapport à l’autre. Des expériences célèbres ont même montré que deux lignes de grandeur manifestement différentes ont tendance à être jugées de taille égale si plusieurs personnes affirment qu’elles le sont (c’est l’expérience de Asch).

Rester lucide

Enfin, les travaux très influents de Zajonc ont clairement démontré que le simple fait d’être exposé répétitivement à une image donnée (telle que le drapeau français) a tendance à favoriser les sentiments positifs et à diminuer les sentiments négatifs que nous éprouvons à son égard.

A l’heure où la société française cherche son unité et la réponse appropriée à l’agression qu’elle vient de subir, il est essentiel de rester lucide sur la manière dont l’opinion publique se construit et s’oriente au sein des réseaux sociaux, et donc sur Facebook.

Quand bien même le lecteur de la présente analyse serait certain de ne pas être personnellement impliqué par les faits ici évoqués, il est néanmoins utile de rappeler que ces derniers – parce qu’ils s’appliquent à l’échelle d’une population entière – joueront à n’en pas douter un rôle causal important dans les mois et les années qui viennent.

Cet article a bénéficié des commentaires précieux de Clio Coste et Guillaume Dezecache, également docteurs en sciences cognitives.

Après les attentats : la Réaction qui vient

En janvier dernier, le président et ses ministres commémoraient « l’esprit de Charlie », onze mois plus tard, ils sont l’esprit de police. Gouvernement, parlementaires: tous prétendent commander aux événements ; ils ne font que s’y soumettre car ils ont peur.

Si les attentats particulièrement meurtriers du vendredi 13 novembre 2015 à Paris ne sauraient être confondus avec les attaques multiples perpétrées le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis par les terroristes d’Al Qaida en raison de l’ampleur des secondes, du nombre de victimes – 3000 morts et plus de 6000 blessés – et de la diversité des objectifs visés, leurs effets politiques s’en rapprochent. En quarante-huit heures, le chef de l’Etat et le gouvernement ont adopté la rhétorique guerrière et sécuritaire de la droite et de l’extrême-droite, et repris à leur compte plusieurs de leurs propositions. Hier, ils les jugeaient inefficaces, attentatoires à des dispositions majeures et pour cela contraires à certains engagements internationaux de la France comme la Convention européenne des droits de l’homme. Aujourd’hui, ils en font la synthèse. Cette involution spectaculaire nous renseigne sur la solidité de leurs convictions et de leurs principes ; ils n’en ont aucun car ils sont prêts à tout pour restaurer leur popularité et conserver le pouvoir. Sans doute se croient-ils grands, ils ne sont que des habiles qui manœuvrent au jour le jour. En janvier dernier, le président et ses ministres commémoraient « l’esprit de Charlie », onze mois plus tard, ils sont l’esprit de police.

Aux rares députés qui ont émis des réserves ou des critiques sur la réforme de la loi du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence, Manuel Valls n’a pas hésité à répondre sans susciter le moindre tollé : il faut « bâtir des dispositifs rapides et efficaces, alors pas de juridisme ». Le respect de la légalité et de principes essentiels ? Autant d’obstacles maintenant inutiles qui doivent céder devant la gravité de la situation et la nécessité d’agir au plus vite, selon lui. Et pour éviter la censure probable, par le Conseil constitutionnel, de quelques mesures, le même récidive au Sénat en déclarant : « Je suis dubitatif sur l’idée de saisir [le Conseil constitutionnel] car il y a toujours un risque. » Aveu remarquable mais sinistre. Il prouve que le gouvernement, dont les membres répètent de façon pavlovienne : « République » et « Etat de droit », assume publiquement la violation de règles fondamentales. Renforcer les prérogatives exorbitantes du ministre de l’Intérieur et des forces de l’ordre ; telle est leur seule préoccupation. De même les parlementaires qui ont approuvé le projet de l’exécutif. Tous sont d’accord : le texte voté doit échapper aux mécanismes juridiques susceptibles d’entraîner l’annulation de certaines de ses dispositions et des procédures qu’il autorise. Beautés de l’Etat de droit !

Analysant l’inflation des législations antiterroristes adoptées avant les attentats du 13 novembre 2015, la juriste du Collège de France Mireille Delmas-Marty constatait qu’elles multipliaient dangereusement les « pratiques dérogatoires (…) au profit de pouvoirs de plus en plus larges confiés à l’administration ou à la police, constituant un véritable régime de police qui ne dit pas son nom. » La loi qui vient d’entrer en vigueur et l’état d’urgence établi pour trois mois précipitent le mouvement : triomphe de l’exception légalisée et soustraite à la Constitution. Et triomphe de l’extrême-droite et de la droite dont plusieurs éléments programmatiques – la déchéance de la nationalité notamment – ont été défendus par le chef de l’Etat en personne. « Un bon coup » aux dires de certains conseillers de l’Elysée qui se réjouissent de mettre ainsi leurs adversaires en difficulté. Mais quel est le coût politique de ce « coup » ? Exorbitant. En agissant de la sorte l’exécutif et la majorité socialiste qui le soutient aveuglément légitiment les propositions sécuritaires du Front national et des Républicains, et accréditent l’idée que leurs dirigeants respectifs apportent de justes réponses aux menaces présentes. Les principaux intéressés ne s’y sont pas trompés. « Quand vous voyez un président de la République tourner le dos à toutes les idées qui étaient les siennes et reprendre les mesures du FN, il y a un côté étonnant, un hommage au FN, qui se trouve crédibilisé » déclare Marine Le Pen. Beau résultat, assurément.

Enfin, celles et ceux qui, au Parti communiste et à Europe écologie, se sont érigés en vigies chargées de dénoncer les dérives droitières de ce gouvernement dans le domaine économique, social et environnemental, ils ont, au pire, voté avec la droite et l’extrême-droite parlementaire la prolongation de l’état d’urgence et l’aggravation des dispositions de la loi d’exception du 3 avril 1955, au mieux se sont abstenus. L’histoire retiendra que six députés seulement s’y sont opposés. Hier les premiers, certains d’entre eux du moins, n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger les orientations libérales de l’exécutif et de sa majorité. Et les mêmes entendaient combattre le programme du Front national et certaines propositions des Républicains jugés, entre autres, liberticides et pour cela inacceptables.

Aujourd’hui, ils ont scellé, par leur vote, une union nationale sécuritaire comme il n’y en a pas eu depuis longtemps et ils ajoutent, par leur confusion politique, à la régression et à la réaction générales. Ils prétendent offrir une alternative aux partis traditionnels de gouvernement, on découvre qu’elle n’est que de pacotille car ils épousent lâchement la vague sécuritaire au lieu de lui résister. Plus elle s’élève, plus ils tremblent, plus elle grossit, plus ils cèdent, plus elle gronde, plus ils sont inaudibles car leurs voix ne sont que galimatias incohérents et sans principe. De même leurs justifications gênées et dérisoires livrées après qu’ils se soient joints à la meute des élus qui crie : « sécurité, sécurité, sécurité ! »

Jamais dans un passé récent des décisions aussi graves et aussi lourdes de conséquences pour les libertés individuelles et collectives n’auront été approuvées avec une telle célérité par les parlementaires de droite comme de gauche désireux d’en finir au plus vite. Etrange précipitation qui révèle ceci : tous prétendent commander aux événements ; ils ne font que s’y soumettre car ils ont peur. Peur de perdre le pouvoir, peur d’échouer à le conquérir à quoi s’ajoutent calculs électoraux indexés sur une frénésie sondagière qui est aussi moutonnière, désir de ménager l’avenir et, plus encore peut-être, leur avenir dans les institutions de la République. Tels sont quelques-uns des ressorts inavouables de ces comportements collectifs faits de l’agrégation de petites réactions individuelles qui pavent la voie à la grande Réaction qui vient.

Les élus communistes ont certainement appris l’histoire mais ils viennent de faire la démonstration qu’ils n’apprennent rien de l’histoire et tous répètent les erreurs du passé sans avoir mené le moindre baroud d’honneur dans leur Assemblée respective. Le 12 mars 1956, les députés du PC approuvaient les pouvoirs spéciaux défendus par le très socialiste Guy Mollet qui entendait disposer des moyens nécessaires pour « prendre toutes mesures exceptionnelles en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens, et de la sauvegarde du territoire. » En des termes moins euphémisés, il s’agissait de défendre l’Algérie française en menant une guerre impitoyable contre les « terroristes » du FLN. Ainsi fut fait.

Le 20 novembre 2015, Eliane Assassi, présidente du groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) au Sénat, tente d’expliquer les positions diverses – approbation ou abstention – de ses membres en déclarant : « une écrasante majorité de Français sont pour plus de sécurité. » Et pour conclure cette élue emploie l’une de ces formules creuses mais obscures qui envahit la novlangue politique contemporaine : « on essaie de faire société. » Qu’est-ce à dire ? Mystère ! Dérisoires efforts rhétoriques et remarquable soumission aux opinions communes et aux passions collectives du moment : la peur, la colère, l’indignation. Celles-là mêmes que flattent depuis des années, avec les résultats que l’on sait, les démagogues du Front national et les dirigeants des Républicains auxquels s’ajoute désormais le Premier ministre chargé de mettre en œuvre les orientations hâtivement décidées par le Chef de l’Etat.

Le propre des événements est d’agir comme d’excellents révélateurs, pour le meilleur ou pour le pire. Les réponses qui viennent d’être apportées par le gouvernement et les parlementaires aux massacres du 13 novembre 2015 disent la puissance de la réaction politique à l’œuvre et de la régression démocratique qui nous est imposée. Dans la seconde moitié du XXe siècle et nonobstant des circonstances différentes, elles n’ont qu’un précédent connu ; la guerre d’Algérie et son arsenal de législations d’exception. Le renforcement des dispositions de la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence actualise ce passé qui continue ainsi d’affecter gravement notre présent et notre condition de citoyen.

La réaction qui vient ? Sur le terrain sécuritaire, elle a déjà remporté une bataille majeure. L’hiver politique qui s’annonce risque d’être rigoureux et fort long ; il faut l’affronter sans attendre.

O. Le Cour Grandmaison, universitaire. Dernier ouvrage paru : L’Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, Fayard, 2014.

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