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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 10:07

Protester par-delà l'illégalité. Le mouvement des Faucheurs volontaires d'OGM en France

Antoine Bernard de Raymond 1 Gilles Tétart 2

1 RiTME - Risques, Travail, Marchés, Etat

2 LEA - L'équipe alimentation

Résumé : A partir du cas du mouvement des Faucheurs Volontaires d'OGM, créé en 2003 en France, cet article étudie la question des mouvements sociaux procédant à des actions de destruction de biens. Cette question est abordée à partir de l'approche en termes de cadrage des mouvements sociaux. L'article montre que l'articulation entre cadrage et actions ne va pas de soi et constitue un travail spécifique et, en l'occurrence, que le cadrage « désobéissant » de ces actions par les opposants aux OGM n'avait rien d'évident a priori. En outre, le maintien durable d'un cadre « désobéissant » engage toute une série d'épreuves de réalité, qui mettent en jeu aussi bien l'organisation du mouvement que le jugement de différents publics (justice, médias, opinion). L'article montre finalement que la réussite d'un mouvement social n'implique pas nécessairement un « alignement de cadres » et une forme de conformisme vis-à-vis des normes dominantes, et que peuvent ainsi coexister durablement actions radicales et négociation avec les pouvoirs publics. Depuis 2003, le mouvement des Faucheurs Volontaires appelle tout citoyen à la « désobéissance civique » contre les OGM. Au-delà de ce mouvement, des destructions d'OGM, individuelles ou collectives, publiques ou clandestines, ont lieu régulièrement en France depuis 1997 (Bernard de Raymond, 2010 ; Bonneuil, 2010). Ces destructions s'inscrivent elles-mêmes dans un vaste mouvement de protestation contre les OGM, incarné par des organisations aux modes d'action et aux buts très divers. Ce mouvement de protestation a connu un certain succès, puisqu'aujourd'hui, et depuis 2008, il n'existe plus de cultures commerciales d'OGM en France. Comment un mouvement tel que celui des Faucheurs Volontaires at -il pu se maintenir aussi longtemps dans l'espace public, en dépit de multiples procès et condamnations civiles et pénales ? Comment s'inscrit-il dans un espace hétérogène de contestation ? A partir du cas des OGM, cet article pose la question des actions directes contre les biens dans les mobilisations, et de leur articulation avec un certain mode d'expression, la « désobéissance civique ». En effet, cette articulation ne va pas de soi. Dans le cas des OGM, la désobéissance civile ne constitue pas un point d'émergence de la mobilisation mais une solution adoptée par un mouvement dans un contexte de durcissement des sanctions pénales prononcées à son encontre. Les travaux récents sur la désobéissance civile () ont tendance à faire apparaître ce mode d'action comme une forme de protestation s'imposant d'emblée aux acteurs et non comme le résultat possible d'une dynamique mobilisatrice. Cet article montre que la double articulation entre action et mode d'expression, entre action et cadrage de l'action, constitue un travail spécifique, dont l'aboutissement n'est pas donné d'avance, et qui conditionne le maintien durable d'actions radicales.

-Note sur la presse scientiste, par l'administration du blog:

Le journalisme de propagande de Jacqueline Charpentier est formidable :,l'article du jour ne propose pas même une matière informative ,il a la façon simpliste et opiniâtre de régler une fois pour toute le problème du paludisme ....

http://actualite.housseniawriting.com/sante-actualite/2015/11/24/des-moustiques-genetiquement-modifies-pour-combattre-le-paludisme/10830/

Des moustiques génétiquement modifiés pour combattre le paludisme

Publié par : Jacqueline Charpentier Date: 24 novembre 2015

Des moustiques ont été génétiquement modifiés pour résister au parasite du paludisme. Cela permettra d’éradiquer le paludisme dans certaines régions une bonne fois pour toutes.

Les humains contractent le paludisme via des moustiques qui sont infectés par des parasites de type Plasmodium. De précédents travaux avaient démontré qu’on pouvait modifier génétiquement des moustiques pour qu’ils rejettent le parasite P. falciparum. Mais les chercheurs ne pouvaient pas garantir que les gènes résistants allaient se propager dans toute la population. Dans des travaux publiés dans Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs ont utilisé une méthode controversée appelée Gene Drive pour s’assurer que les moustiques OGM passent bien leurs gènes résistants à leurs portées. Le résultat ? Un gène qui pourrait se propager dans la population sauvage de manière foudroyante.

Des moustiques OGM qui combattent le parasite du paludisme

Ces travaux suggèrent que nous sommes très proches de créer des candidats de Gene Drive qu’on pourra utiliser dans notre vie quotidienne selon Kevin Esvelt, un ingénieur évolutionnaire à l’université d’Harvard qui étudie le Gene Drive dans la levure et les nématodes. Pour Anthony James, un biologiste moléculaire de l’université de Californie et l’un des auteurs du papier, ce progrès pourrait signifier la fin d’une quête de 30 ans pour éradiquer totalement le paludisme.

James et son laboratoire ont minutieusement construit des outils moléculaires pour atteindre cet objectif. Ils ont développé des techniques pour créer des moustiques transgéniques, qui est déjà un exploit et ils ont isolé les gènes qui confèrent une résistance au P. falciparum. Mais James avait un problème pour propager les gènes à grande échelle.

La création d’un Gene Drive existe depuis une décennie, mais le processus est d’une lenteur monumentale. Mais en janvier 2015, les biologistes du développement Ethan Bier et Valentino Gantz de l’université de Californie ont contacté James avec une découverte stupéfiante. Ils avaient créé un Gene Drive dans des mouches à fruits et ils se demandaient si le même système pourrait fonctionner dans les moustiques. James s’est jeté sur cette opportunité.

Le CRISPR-Cas9 monte en puissance

Bier et Gantz ont utilisé un système de modification de gène appelé CRISPR-Cas9 pour créer un Gene drive. Ils ont inséré des composants, permettant d’encoder les gènes, qui étaient conçus pour provoquer une mutation spécifique dans les mouches à fruits. Le système CRISPR-Cas9 a copié cette mutation d’un chromosome à l’autre. James a utilisé ce système dans les moustiques pour introduire 2 gènes qui étaient résistants au paludisme.

Les moustiques génétiquement modifiés ont passé les gènes résistants à 99 % de leur portée. Ils n’ont pas encore démontré que tous les insectes étaient résistants au parasite de la malaria, mais ils ont démontré que la portée avait bien les gènes modifiés. C’est un développement significatif selon Kenneth Oye, un scientifique politique qui analyse les études émergentes au MIT. Les choses évoluent à toute vitesse dans ce secteur.

Le Gene Drive, une modification génétique très controversé

D’autres équipes développent des Gene Drives qui pourraient contrôler le paludisme. Une équipe de l’Imperial College London a développé un Gene Drive basé sur le CRISPR pour l’A. gambiae. Ce dernier est une espèce de moustique qui transmet le paludisme en Afrique subsaharienne. Le Gene Drive du groupe désactive les gènes qui sont impliqués dans la production d’oeufs chez les moustiques femelles. Et cette technique permet de réduire la population des moustiques. Mais Oye note que ces avancées technologiques surpassent déjà les législations en vigueur pour utiliser le Gene Drive afin de modifier des populations entières. Et les Genes Drives sont controversés parce qu’ils peuvent modifier tout un écosystème à la vitesse de l’éclair.

Avant de se précipiter sur le Gene Drive dans ce domaine, Oye espère que les chercheurs vont étudier les impacts sur le long terme tel que leur stabilité et le risque que les gènes se transmettent à d’autres espèces sans oublier les méthodes de contrôle. Pour leurs travaux de moustique génétiquement modifié, les chercheurs ont utilisé une espèce de moustique provenant du sous-continent indien. De cette manière, si le moustique OGM s’échappait du laboratoire, alors les dégâts seraient très réduits puisqu’il ne pourrait jamais se reproduire avec les espèces natives du continent américain selon Esvelt. James prédit qu’il leur faudra un an pour préparer les moustiques pour des tests sur le terrain, mais il n’y a aucune urgence pour le moment. Il ajoute : On ne va rien faire tant qu’on ne pourra pas gérer et contrôler entièrement le processus. On ne va rien faire d’insensé.

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