Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 04:30

Et de deux ! Après le glyphosate, le 2-4 D est classé comme « possible cancérogène » par l’OMS

http://www.amisdelaterre.org/Et-de-deux-Apres-le-glyphosate-le.html

Après avoir classé le glyphosate comme « cancérigène probable », voici que le Centre international de recherche sur les cancers (CIRC) qui dépend de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), vient de publier les résultats de son évaluation : le 2-4 D est classé comme « possible cancérigène »

Egalement...

OGM, pesticides, sécurité alimentaire, nanotechnologies : santé, environnement (...)

Fusion monstre Monsanto/Syngenta : Monsanto propose 45 milliards de dollars (...)

Est-ce que le glyphosate favorise la résistance aux antibiotiques (...)

Poulets, boeuf, porc, OGM : ce que vous cuisine le TAFTA !

Salon de l’A-agriculture : industrialisation et intérêts financiers (...)

Pour rappel, le 2-4 D était un des composants de l’Agent Orange utilisé comme défoliant pendant la guerre du Vietnam. C’est donc loin d’être un produit anodin.

Bien sûr, comme pour le glyphosate, les industriels ripostent avec le groupe de travail sur le 2-4 D (2-4 D task force). Un de leur argument laisse rêveur : « Aucune agence de réglementation pour la santé et la sécurité ne considère le 2-4 D comme cancérigène ». [1]

Lorsque les autorités allemandes (BfR) furent chargées par la Commission européenne d’évaluer le glyphosate, elles se contentèrent de commenter les études faites… par les industriels (Glyphosate european task force), au lieu de mener leurs propres études indépendantes [2]. On peut donc se poser des questions sur les agences de sécurité en question …

Ces deux décisions de l’OMS arrivent juste après que Dow Chemical ait lancé son nouveau pesticide l’Enlist Duo, un mélange de … glyphosate et de 2-4D, destiné à des plantes agricoles modifiées génétiquement pour tolérer à la fois le glyphosate et … le 2-4 D !

En effet, de plus en plus d’herbes sont devenus tolérantes au glyphosate et plus particulièrement au Roundup de Monsanto, répandu massivement, année après année en particulier sur les champs de maïs et de soja GM. Les agriculteurs doivent constamment augmenter les doses pour essayer de tuer les « mauvaises » herbes, quand ils ne doivent pas, dans certains cas, désherber… à la main !

Les plantes GM, tolérantes au Roundup (Roundup Ready ou RR), sont une débâcle agronomique. Des dizaines et des dizaines d’herbes sont aujourd’hui tolérantes et survivent même à de très fortes doses de glyphosate. Au lieu de tirer les leçons de cet échec retentissant, Dow se lance dans la même impasse avec son 2-4 D. Ce produit est présenté aux agriculteurs, comme la « solution » face au problème des herbes tolérantes au Roundup…

Et dans quelques années ?

Les scientifiques estiment que les risques sont « en fait très élevés » que le nouvel OGM de Dow ne déclenche une nouvelle génération de super mauvaises herbes qui résistent à la fois au Roundup et au 2,4-D. La réponse des agriculteurs sera certainement la même que pour l’apparition de la résistance au Roundup : ils épandront des volumes encore plus importants. Les scientifiques prévoient donc que les volumes de 2,4-D vont exploser dans quelques années, après l’introduction des nouvelles semences sur le marché.

Dans une étude qui vient juste d’être publiée par un groupe de chercheurs sous la direction de David A. Mortensen, expert des cultures de l’Université d’Etat de Pennsylvanie, il est clairement démontré que de nouvelles plantes tolérantes aux herbicides mènent l’agriculture des Etats-Unis tout droit vers une dépendance toujours plus forte aux produits chimiques agricoles.

Pas la peine de s’inquiéter nous disent Dow et Monsanto qui affirment qu’il est extrêmement improbable que des herbes survivent à deux herbicides différents qui les attaquent simultanément par deux méthodes entièrement différentes.

Les auteurs de l’étude mettent en pièce cet argument. Ils répliquent que la résistance à deux herbicides ou plus n’est pas du tout un événement rare. Sur le plan général, il n’y a pas moins de 38 espèces de « mauvaises herbes » de 12 familles différentes qui présentent des résistances à deux herbicides ou plus. « 44% d’entre elles sont apparues depuis 2005 ».

On comprend peut-être mieux pourquoi Monsanto veut racheter Syngenta, le numéro un mondial des produits agro-chimiques [3]. Lorsque les mauvaises herbes survivront à la fois au glyphosate et au 2-4 D, Monsanto aura besoin de toute une palette de pesticides à sa disposition pour préparer les nouveaux OGM tolérants au glyphosate, au 2-4 D et à ces autres herbicides, …

Pour Tom Philpott : Il est particulièrement remarquable que le nouvel OGM ne soit pas le signal d’une concurrence entre les deux titans Dow et Monsanto, mais bien la preuve d’une collusion entre les deux firmes. Elles prévoient de se donner mutuellement les licences des traits du 2,4-D et du Roundup pour que chacune produise ses OGM multi-traits ». De la même façon, Monsanto travaille avec BASF pour mettre au point des OGM tolérants au glyphosate ET au dicamba.

Aujourd’hui, les ventes de glyphosate augmentent. Les ventes de 2-4 D vont exploser et les OGM qui contiennent plusieurs traits génétiques sont de plus en plus chers. Que du bonheur pour les caisses !

Mais malheur pour l’environnement et pour les humains : le glyphosate est un produit probablement cancérigène et le 2-4 D un produit possiblement cancérigène.

Est-ce que cela sera suffisant pour arrêter l’échec agronomique que sont les OGM et la chimie massive ? Cela dépend aussi beaucoup de nous citoyens !

En savoir plus

Cet article reprend un article important et plus complet sur ce même thème : « Après le Roundup, le 2,4-D ! Un autre raz de marée chimique pourrait inonder les Etats-Unis ! » http://www.amisdelaterre.org/Apres-...

Notes

[1] Reuters

[2] Glyphosate cancérigène ? Quand l’industrie dicte ses propres évaluations !

[3] Fusion monstre Monsanto/Syngenta : Monsanto propose 45 milliards de dollars !

Rédigé le 23 juin 2015

Pesticides: le 2,4-D, cancérogène possible

Le 24 juin 2015 par Romain Loury

Risques & Santé, Santé publique, Sites & Sols, Sites et sols urbains, Politique & Société, Recherche

Après le Glyphosate, le 2,4-D, nouveau pesticide réputé cancérigène.
DR

Désherbant disponible en jardinerie et largement utilisé en agriculture, l’acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D) vient d’être classé «cancérogène possible pour l’homme» par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), a annoncé celui-ci mercredi 23 juin.

«Depuis son introduction en 1945, le 2,4-D a été largement utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes en agriculture, en foresterie et en milieu urbain et résidentiel. Les expositions professionnelles au 2,4-D peuvent survenir lors de la fabrication comme de l'application, et la population générale peut être exposée par le biais des aliments, de l'eau, de la poussière ou d’applications résidentielles, et pendant la pulvérisation», rappelle le Circ, branche cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Stress oxydatif

Composant de l’agent orange utilisé lors de la guerre du Vietnam, le 2,4-D vient d’être classé «cancérogène possible pour l’homme», intégrant ainsi le groupe 2B défini par le Circ, «sur la base d’indications insuffisantes chez l'homme et d’indications limitées chez l’animal de laboratoire». Selon plusieurs travaux, le 2,4-D induirait un stress oxydatif, voire une immunodépression. «Cependant, les études épidémiologiques ne mettaient pas en évidence de hausses importantes ou uniformes du risque de lymphome non hodgkinien ou d'autres cancers», note le Circ.

Après le glyphosate, rebelote?

Après la récente classification en groupe 2A («cancérogène probable pour l’homme») de l’herbicide glyphosate (Round Up), pour lequel la ministre de l’écologie Ségolène Royal s’est engagée à obtenir le retrait des jardineries avant janvier 2016, voici un nouveau pesticide, très répandu, mis en cause par l’OMS. Sans oublier que les deux substances sont déjà accusées d’être des perturbateurs endocriniens.

Pour le porte-parole de Générations futures, François Veillerette, «un désherbant dont on sait qu’il est possiblement cancérigène n’a rien à faire dans la gamme de pesticides utilisés pour désherber des espaces publics ou privés». L’association «demande le retrait de la mise en marché des herbicides à base de 2,4-D, dont beaucoup de formulations sont encore autorisées pour les jardiniers amateurs», ajoute-t-il dans un communiqué.

pesticides persistants

Outre le 2,4-D, la monographie du Circ, publiée dans le Lancet Oncology, porte sur deux autres pesticides, à savoir les insecticides lindane et DDT, respectivement classés en groupe 1 («cancérogène pour l’homme») et en groupe 2A («cancérogène probable pour l’homme»). Bien que d’usage interdit ou limité dans la plupart des pays, ces deux substances persistent dans l’environnement, et leurs effets sanitaires continuent à se faire sentir. Selon une récente étude, les femmes fortement exposées au DDT in utero dans les années 1960 auraient 4 fois plus de risques de souffrir d’un cancer du sein 50 ans plus tard.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

  • : Le blog des empêcheurs de tourner en rond
  • Contact

                                                           
Vous êtes ici dans une 
ZONE HORS AGCS et SANS OGM


Petit mémo : L’AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services est un accord signé lors de la création de  l’OMC (organisation mondiale du commerce) en 1994. Il vise à libéraliser progressivement tous les services des états membres : éducation, santé, culture, recherche…ainsi que l’énergie et l’environnement. Tous les aspects de nos vies sont mis à la vente. Les besoins de l’être humain et toutes formes d’activité humaines sont redéfinis comme des services commercialisables.

Rechercher

contact